Coucou ! Alors oui j'ai un peu de retard XD je m'en excuse sincèrement. Ce n'est pas toujours facile d'écrire en ce moment, mais je ne vous oublie pas au contraire ! C'est enfin les vacances alors j'espère pouvoir vous publier minimum deux chapitres cette semaine, histoire de me rattraper un peu !
J'espère en tout cas que ce chapitre vous plaira ! Donnez moi vos avis dans les commentaires ! Et merci à tous ceux qui me suivent malgré mes retards de délais et mes fautes d'orthographes ! XD
Gros bisous à vous ! A très vite je l'espère !
- Je sais que j'ai déjà demandé, mais on va où comme ça ?
- Vous le saurez bien assez tôt. Soupira Orion, en évitant les racines d'un arbre imposant. Arrêtez de poser des questions et avancez.
- La dernière fois qu'on a été convoqué dans la forêt interdite, Jedusor nous y a torturé. Désolé de ne pas être très confiant. Dit Hermione en s'accrochant, inquiète, à la cape de Drago.
- Ne vous en faîte pas. Dit Arias en souriant dans le l'obscurité de la nuit. Vous n'avez rien à craindre.
- Vraiment ? Demanda Blaise.
Le Lestrange lui jeta un coup d'œil en coin qui le fit frémir, son sourire étant toujours plus large et menaçant. Pourtant, autre chose y brillait ce soir. Une sorte d'euphorie macabre, qui rappela aux trois jeunes sorciers l'étincelle de Kai à ses heures les plus sombres. Une étincelle de mort. Un frisson les parcourus malgré eux, et déjà le pire infiltrait leurs esprits troublés.
- Vraiment. Insista-t-il.
Le comportement des mangemorts les avaient inquiétés toute la journée. Bien entendu, la disparition d'Harry et Ron avait fait pas mal de remue-ménage dans le château, provoquant interrogatoire de la part des aurores et le suspend de plusieurs heures de cours, mais autre chose les avait préoccupés. Quelque chose qui de toute évidence, avait poussé Jedusor à les rassembler ce soir. Incertains, ils avaient coopéré sans poser de question, mais chaque pas ne faisait que leur rappeler la dangerosité de leur position. La dernière fois, cette convocation leur avait coûté cher, et même s'il y avait peu de chance que Tom ai fait le rapprochement entre eux et leurs amis en cavale, il n'en restait pas moins le risque qu'il veuille en savoir plus. Et qu'il prenne donc les mesures nécessaires à sa quête de réponses. Les mains tremblantes, et la bouche sèche, les serpentards avancèrent silencieusement dans le froid transcendant de la nuit, le son insupportable de leurs chaussures sur les feuilles mortes emplissant leurs oreilles. Cette soirée était étrangement calme dans la forêt Interdite, à croire que toute vie l'avait quitté et que les bois eux-mêmes savaient ce qu'il se tramait. Très vite, ils gravirent le même talus que celui de la nuit de leur teste, et sans grande surprise, ils virent que l'assemblée des mangemorts y était réuni. Regroupés au milieu de torches vacillantes, tous encapuchonnés jusqu'au cou, ils attendaient que leur maître arrive. Car étonnement, ce soir Jedusor ne pavanait pas entre eux. Et c'est bien son absence, qui ne fit qu'inquiéter d'avantage les sorciers.
- Qu'est-ce qu'on fait là ? S'impatienta Drago.
Orion le regarda presque gêner. De toute évidence, lui non plus aurait préféré être ailleurs ce soir, mais les ordres étaient les ordres. Et mieux valait ne pas jouer avec le feu, au vu de l'objet de ce rassemblement.
- On attend. Dit-il. Le maître ne va pas tarder.
- Où est-il ?
- Tu poses trop de question Mélors. S'exclama brusquement Jedusor en perçant le silence de la nuit.
A son arrivée, l'entièreté des fidèles baissèrent instantanément la tête, le cœur saisi de peur et d'angoisse. Devant eux, leur maître arriva à grand pas, sa cape volant autour de lui dans le vent muet de la nuit. Il arborait un sourire plus inquiétant que celui de Lestrange et déjà les sorciers se sentirent frissonner. A leurs côtés, Orion et Arias s'aplatirent d'une courbette respectueuse, qu'ils imitèrent sans grande conviction.
- Tout est prêt maître.
- Excellent, je veux que tout soit parfait ce soir.
- Maître... Souffla Hermione. Sous votre respect, que se passe-t-il ce soir ?
Il sourit franchement, presque fière de lui, avant de s'avancer vers ses mangemorts sans répondre. Une ambiance lourde pesait autour d'eux, plus étouffante que d'habitude. Ils savaient ce qu'il se préparait, et le redoutait. Dans un raclement de gorge, Jedsuor dit d'une voix forte, qui résonna parmi les arbres.
- Mes chers fidèles, je vous remercie d'être présent ce soir. Mais nous savons tous, que ce n'est pas pour le plaisir.
Il marqua une pause redoutable, tandis que déjà, sa baguette jonglait entre ses doigts. Il voyait bien la terreur dans leurs regards, et s'en délectait. Il aimait cette sensation. Il aimait, les avoir pendus à ses lèvres, dans l'espoir d'une grâce qu'ils n'auraient jamais.
- J'attends de vous un comportement exemplaire, comme vous attendez de moi que je vous guide vers un futur meilleur. Mais aucun de nous ne pourra remplir ses obligations si l'incompétence et la stupidité, prenne le dessus. Claqua-t-il. Aussi, ce soir il y a eu un changement de programme. Nous devions célébrer l'intégration de nos trois nouvelles recrues, mais ce ne sera pas tout. Ce soir sera également une leçon, pour tout le monde. Apportez-le.
Les mangemorts se scindèrent brusquement en deux groupes, dévoilant dans l'ombre un corps inconscient sur le tapis de feuille mortes, à moitié recouvert d'un sac se fondant dans la nuit. Ordonné d'un simple coup d'œil, c'est Abraxas qui alla saisir l'inconnu par la taille pour le relever, et déjà on put ressentir la crainte et l'effroi dans les rangs resserrés et tremblants. Pas un souffle plus fort que l'autre n'osa détourner l'attention de Jedusor de sa proie du jour, et c'est dans un sourire euphorique, qu'il la vit tomber à genoux devant lui, la baguette du Malfoy sous la gorge. Oui, ce soir serait une leçon pour tout le monde. Une leçon que personne n'oublierait.
Sans se défaire de sa joie macabre, il se tourna vers les trois sorciers, dont les regards étaient désormais fixés sur cet otage. Aucun d'eux ne sût comment réagir face à ce qu'il se préparait, comme aucun d'eux n'osait admettre l'évidence de leur rôle.
- Tu demandais la raison de mon retard. Dit Jedusor en s'adressant directement à Drago. Ce soir, nous avons un invité.
Ses mots, comme leur soudaineté, stupéfièrent l'assemblée dont un vague murmure s'éleva. On vit les visages inquiets et incertains des mangemorts avant qu'une autre figure encapuchonnée ne sorte de l'orée des bois, instaurant par la même occasion un silence curieux. Une figure encadrée de cheveux roux, et dont le regard suffit à faire pâlirent les trois sorciers qui faillirent tourner de l'œil.
- Ginny ?!
La Wealey s'avança sous les yeux incrédules de ses amis, sans pour autant pouvoir s'attarder sur eux. Elle aurait voulu avoir le temps de les prévenir mais s'était sans compter Tom et ses jeux de pistes mystères. Comme toujours, il voulait avoir trois coups d'avances et sa petite mise en scène, en était un aperçut. Les lèvres serrées d'impatience, Jedusor la fixa intensément, et déjà le brasier de ses pupilles sembla enflammer la forêt des feux de l'enfer. Il savait les risques qu'il encourait de la faire venir ici, mais à cette heure, il n'en avait que faire. Seuls comptaient sa victime à la merci de ses doloris les plus vicieux, et le reflet incandescent du feu sur la peau de lait de la jeune femme.
- Ginerva. Dit-il en la voyant lui faire face.
- Tom.
- C'est quoi ce délire ?! S'alarma Blaise paniqué.
- Elle n'a rien à voir avec tout ça ! Renchérit Drago.
- Du calme, du calme. Dit-il lentement dans un sourire à peine dissimulé. Comme je l'ai dit, Ginerva est notre invitée ce soir. Elle a choisi de venir.
- Ginny, c'est quoi cette histoire ?
- Vous n'avez pas à vous en faire pour moi. Dit-elle en allant à leur côté. Je ne suis que spectatrice.
- Ginny... S'il te plaît, tu... tu n'as pas à être là. Tu n'as pas à voir ça. Souffla Hermione en passant de son amie à l'otage dans un frisson horrifié.
- Si. Je le dois.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ?! Murmura Drago déboussolé. Tu es folle.
Elle comprenait leur peur, et leur incompréhension. Elle-même redoutait de commettre une erreur ce soir, mais elle n'avait pas le choix. Son frère et Harry s'étaient sacrifiés pour leurs enfants, et ses amis s'étaient sacrifiés pour elle. Tous y avaient laissé quelque chose. Et aujourd'hui, c'était son tour de faire preuve de courage. C'était son tour de se sacrifier pour ceux qu'elle aimait. C'était son tour de faire sa part du plan. Elle savait que Jedusor attendait d'elle des preuves de sa bonne volonté, mais l'épouvantard ne le satisferait pas. Il voulait la voir à l'œuvre. Il voulait la voir agir. Et venir ici ce soir était le début de tout. Tout en avalant la boule de plombs qui lui tombait dans la gorge, elle fit de son mieux pour sourire à ses amis, pour leur faire comprendre que tout irait bien, et les rassurer. Mais elle-même n'en était pas certaine. Elle ne put donc leur dire que ces mots, qui pour elle, expliquaient tout.
- Je vous le dois.
- Bien. S'exclama Jedusor trop heureux. Maintenant que nous sommes tous présents, commençons.
D'un coup de baguette, le sac de l'otage vola au loin, dévoilant le visage tuméfié et ensanglanté d'une figure vaguement familière et pourtant lointaine. Celle de Cornic. Agenouillé devant son maître, le Serdaigle grimaça douloureusement, éblouis par la vive lueur des torches. Sans comprendre, il regarda autour de lui, les yeux plissés sous ses arcades gonflées, et se figea d'horreur devant son bourreau souriant. Baguette en main, et prêt à lui faire payer ses erreurs commises à la hauteur de leurs gravités, il s'impatientait presque. Pétrifié dans un gazouillement de salive sanglante, Cornic tenta de supplier mais ne put que s'étouffer dans sa bave et ses sanglots. Une scène pitoyable et sans nom que peu des sorciers présents ne purent supporter sans détourner le regard. Et encore, ce n'était rien. L'état de Cornic n'était qu'un début, et alors que Jedusor tournait autour de lui comme un vautour, tous savaient que le pire était encore à venir.
- Alexender Cornic. Dit-il. Serdaigle. Premier de sa classe. Mais aussi, un fière et loyale serviteur depuis bientôt presque un an.
- Ma... Maître... gazouilla-t-il au sol.
- Mais aujourd'hui, il a commis une erreur. Continua-t-il. Je sais qu'on pourrait lui trouver des circonstances atténuantes, et même des excuses. Je pardonne les imprévus, et ce qu'on ne peut pas contrôler. Mais pas la stupidité et l'orgueil. Or, c'est bien ça qui l'a conduit à commettre cette erreur. Ainsi donc, je ne le pardonnerai pas ce soir.
- Vous allez le tuez ? Demanda Blaise d'une voix blanche.
- Non. Ce serait bien trop facile. Dit-il dans un rire glaçant. A la place, je vais le punir.
Sa déclaration ne soulagea personne, et sembla presque décevoir Arias, contrarié de ne pas voir la mort sourire ce soir.
- Je vais lui donnez la leçon qu'il mérite pour qu'il ne commette plus d'erreur. Pour qu'aucun de vous ne commette plus d'erreur. Au stade où nous en sommes, je ne peux plus tolérer votre stupidité. Chaque pierre sur notre route peut nous faire tomber ! Et je n'ai pas besoin que vous en rajoutiez ! Je veux que vous pensiez et réfléchissiez ! Je n'ai pas besoin de moutons ignares dans mes rangs ! Je veux des soldats, des stratèges ! Des serviteurs compétents et intelligents ! S'exclama-t-il enragé.
L'échos de sa voix dans la nuit sonnait comme une double menace et déjà, plus personne n'osait le regarder en face, par crainte d'être le prochain. Même Ginny fixait le sol avec intensité, l'échine tremblante. Il était étrange de voir les débuts maléfiques de son futur mari, mais encore plus de constater la ferveur destructrice qui habitait son être. Pourtant, à cet instant, il ne semblait pas se voir comme le bourreau qu'il était, mais comme un juge.
- Pour avoir fait preuve de stupidité, d'orgueil et de légèreté, pour avoir désobéit et mal exécuté mes ordres, pour avoir laissé les deux Griffondors sous ta surveillance te filer entre les doigts, Alexender Cornic, je te condamne à cinquante Doloris. Mais ce n'est pas moi qui te les infligerais, c'est vous tous. Deux Doloris chacun, et pas de désistement ou vous subirez le même sort.
La sentence stupéfia l'assemblée d'horreur, tandis que les quatre sorciers oublièrent de respirer. Ils n'avaient pas mal entendu. Cornic allait être puni ce soir parce qu'Harry et Ron avait fui, et qu'il aurait dû les en empêcher. Il allait être puni, à cause d'eux... La surprise et le choc écarquillèrent leurs yeux d'un sentiment qu'ils n'avaient encore pas ressenti jusque-là : la culpabilité. Devant eux, un innocent allait se faire torturer du pire châtiment qui soit, et tout ça parce que leurs amis avaient pris la route. Jamais ils n'auraient cru que Jedusor irait aussi loin, et pourtant, sa baguette était déjà levée au-dessus du Serdaigle résigné. Et ils ne pouvaient rien faire pour l'en empêcher ; pire encore, ils allaient devoir y participer.
Devant les regards angoissés de ses troupes à l'idée de torturer leur camarade, Jedusor fit un signe de tête à Arias, qui de tous, était bien seul à n'avoir aucune pitié. Trop heureux et honoré d'être le premier choisi par son maître, il lança le sortilège si rapidement que les cris de Cornic couvrirent la fin de son sort. De cris qui emplirent la forêt avec une telle violence, qu'on les entendit résonner jusque dans les os des mangemorts. Le corps parcourut de spasmes et de convulsions nerveuses, le pauvre garçon semblait vouloir s'arracher la peau à main nue, chose qu'il commença à faire déjà le deuxième doloris, galvanisé par la jouissance sadique du Lestrange. Sans rien dire, Jedusor regarda son fidèle accomplir sa tâche avec fierté, et ordonna à Abraxas de suivre la marche. Moins enthousiasme et le regard voilé par les souvenirs de sa propre punition, Malfoy obéit malgré tout, tout comme Orion, et les autres.
C'est un véritable défilé qui s'entama alors, réduisant la pauvre carcasse de Cornic à un corps de plus en plus sanglant et décharné. Face à l'horreur, Hermione, Drago et Blaise ne purent plus détourner le regard, comme envoûté par ce qu'ils voyaient. C'était eux. Eux, les vrais responsables, et pourtant un autre payait. Mais parmi eux, seule Ginny comprit la vraie stratégie de Tom. Cette réunion n'était qu'un prétexte. Cornic, n'était qu'un prétexte. Car c'était ça, son véritable teste. Il se fichait d'Harry et Ron. La seule chose qui lui importait était de savoir s'il avait vu juste. S'ils avaient quelque chose à voir avec leur disparition. Torturer un innocent pour faire parler le coupable, était malin, mais pas assez. Il comptait sur leur culpabilité, leur honte et leur bonté pour intervenir, arrêter tout ça et le supplier de l'épargner. Mais malgré son envie de faire taire ces cris, Ginny savait qu'ils ne pouvaient pas se le permettre. Ce jeune serdaigle n'était qu'un dommage collatéral de plus dans cette guerre muette.
Sans détourner le regard, elle attrapa la main d'Hermione cachée dans sa cape et la serra avec force. Bientôt, ce serait leur tour, et ils devaient résister, lutter contre eux même pour leur bien et celui de leur mission. Même si ça signifiait torturer un innocent.
- Je... je ne pourrais pas... murmura Hermione dans un souffle.
Ginny savait qu'ils subissaient tous la vraie torture de Jedusor à cet instant. Et elle savait aussi, qu'Hermione serait celle à souffrir le plus. D'un coup d'œil, elle vit Drago et Blaise, le visage soudainement fermé et dur. Leurs baguettes tremblaient dans leurs poings serrés, mais ils ne se posaient pas de question. Ils avaient déjà torturé un homme pour moins que ça. Hermione, en revanche, ne l'avait fait que pour sauver et venger son fils, mais jamais parce qu'on le lui demandait.
- Tu le dois. Ou on est tous perdu. Je suis désolé, mais tu n'as pas le choix.
- Il est innocent. Siffla-t-elle entre ses dents pour que son amie l'entende par-dessus les cris innommables.
- Je sais. Mais tu dois le faire. Maintenant, ne dis plus rien. Dit-elle en serrant davantage sa main devenue moite d'angoisse. Quand ce sera à toi, redresse les épaules, respire deux fois, et oublie tout.
- Est-ce que c'est un ordre ?
- Oui.
La sentence tomba une seconde fois, mais Hermione ravala ses sanglots et ferma les yeux. Elle savait que Ginny avait raison. Elle savait qu'elle devait le faire.
Alors que les cris s'atténuaient peu à peu à mesure que Cornic tombait dans l'inconscience, les derniers mangemorts finirent leurs tours. Très vite, Jedusor se tourna vers eux, et de lui-même c'est Drago qui s'avança le premier. Le regard froid, sans réfléchir, et sans même regarder sa victime, il lança le sortilège. Une fois, puis deux, devant le sourire satisfait et les yeux perçant du maître des lieux. Blaise le suivit dans son sillage, la figure amère, et vînt enfin le tour de leur amie. Tous la fixèrent intensément. Elle était la dernière à passer. Alors que seule la respiration sifflante de Cornic résonnait dans le silence de la forêt, Hermione s'avança. Comme un automate, elle redressa ses épaules, et respira profondément. Une fois, puis deux. Son esprit s'évapora, oubliant tout ce que la composait autre fois. Ses valeurs, ses espoirs, sa culpabilité, sa conscience... tout disparu pour ne laisser que sa mission, ses enfants, son avenir, et l'ordre de sa Dark Lady. Ses seules raisons de se battre. A cet instant, rien d'autre ne comptait. Rien. A sa grande surprise, elle ne s'entendit presque pas prononcer le sort interdit, et regarda Cornic se tordre de douleur sans sourciller. Une fois, puis deux. Le silence retomba quand sa baguette s'abaissa. L'horreur prit fin. Et Jedusor sourit de toutes ses dents.
- Bravo. Je suis fière de vous ! Mais j'ose espérer ne plus avoir à vous donner cette leçon. Compris ?
- Oui maître. Dit- ils en cœur.
- Bien. Dans ce cas, je suppose que c'est mon tour.
Dans leur effroi, ils avaient oublié de compter. Ils étaient vingt. Deux Doloris chacun n'en faisait que quarante en tout. Laissant libre cours à Jedusor de s'amuser pendant les dix restants. Une constatation qui les surprit autant qu'elle leur glaça le sang. Sans perdre de temps, le maître fit crier le serdaigle plus qu'aucun avant lui, réduisant leur mince soulagement à davantage de terreur. Cependant, au bout d'une dizaine de minute, et au compte de quarante-neuf, il s'arrêta. Les pupilles enflammées par le sang de sa victime, il se tourna vers Ginny, qui n'avait pas bougé depuis de la sentence. Quand leurs regards se croisèrent, il n'y eut besoin d'aucun mot, car tous deux avaient compris ce qu'il attendait d'elle. Oh, bien sûr, elle ne s'était pas attendue à autre chose de sa part. Elle avait compris, lors de leur conversation devant le lac, qu'elle ne s'embarquait pas dans une simple promenade de nuit. Il voulait plus d'elle. Il voulait une preuve. Pas une marque de loyauté, ou une entrée perverse dans son esprit à travers un épouvantard, non, il voulait que ça vienne d'elle. Qu'elle le veuille et plus important encore, il voulait qu'elle le choisisse lui.
Sans prononcer la moindre parole, elle dégaina sa baguette et s'avança face à lui.
Il l'avait mise au défi de venir, et la défiait de nouveau.
Malheureusement pour lui, Cornic n'avait jamais eu la moindre chance.
- Avada Kedavra !
Le sortilège de mort frappa le Serdaigle en pleine poitrine, dont le corps retomba mollement sur le sol. Les yeux grands ouverts, il fixait dans la mort, la baguette qui venait de le délivrer de ses souffrances. Stupéfaits, les mangemorts la regardèrent abasourdies et horrifiés. Mêmes les trois serpentards restèrent pétrifiés devant le meurtre de leur amie. A ce stade, plus personne ne comprenait plus rien, mais Jedusor lui, soupira d'aise. Son sourire n'avait jamais été aussi sincère.
- Mes chers amis, je vous prie d'accueillir comme il se doit nos quatre nouveaux mangemorts !
- Le tuer était vraiment nécessaire ?! S'écria Hermione en débarquant dans la chambre de Ginny en trombe.
- Tu crois peut-être que j'ai eu le choix ?
- Bien sûr que tu l'avais ! S'époumona-t-elle horrifiée. Tu aurais pu lui jeter un Doloris comme tout le monde, ça aurait suffi !
Ginny soupira de fatigue. Elle s'était attendue à la voir arriver tôt ou tard. Drago et Blaise n'auraient pas la foi de débattre sur quelque chose qui avait été nécessaire de faire, mais Hermione, déjà rongée de culpabilité, si. Et elle aurait voulu que ce soit vrai. Elle aurait voulu ne pas avoir le choix. Mais à ce stade, ils ne pouvaient pas se payer le luxe de tout risquer pour un homme qui était déjà condamné à mort. Face au regard blessé et inquisiteur de son amie, la rousse se détourna, suffisamment meurtrie et coupable pour le supporter davantage. Elle savait que son acte la hanterait à jamais, et que ses nuits seraient habitées par les cris, et les yeux vide de vie de Cornic. Mais contrairement à ce qu'espérait Hermione, elle ne regrettait pas ses agissements. Pas quand tout leur avenir en dépendait.
- Ginny... il était innocent.
- Je sais... souffla-t-elle.
- Et ça ne te fais rien ? Demanda-t-elle ahurie.
- Bien sûr que si ! S'énerva-t-elle à son tour. Tu crois que ça m'a fait plaisir de le tuer ?! Tu crois que je n'en ai pas souffert ?! Que ça ne va pas me hanter ?
- Tu aurais pu l'épargner !
- Jedusor aurait douté de mon engagement et de mes capacités ! Il ne m'aurait pas accepté comme l'une de ses fidèles, et notre plan n'aurait pas pu avancer !
Hermione se mordit la lèvre, consciente que ce qu'elle disait était vrai mais pour autant toujours aussi déchirée. La mort de Cornic était un gâchis. Un stupide et écœurant gâchis qui ne faisait qu'ajouter un peu plus de sang sur leurs mains déjà écarlates. Un sang qu'elle avait participé à faire couler, et qui la rendait folle de rage.
- On aurait pu le sauver... Mais on ne l'a pas voulu. Dit-elle d'une voix blanche.
- Non, on ne l'a pas voulu. Tu sais pourquoi ? Parce que le sauver aurait signifié avouer à Jedusor que nous avons aidé Harry et Ron à s'échapper, et qu'il avait raison depuis le début. On serait tous mort à la place de Cornic ! C'était nous, ou lui !
- Comment peux-tu te montrer aussi insensible face à la mort d'un homme ?
Ginny se tu pendant plusieurs secondes, consciente du sens des mots de son amie. Hermione avait tort. Elle n'était pas insensible à sa mort, mais ne pouvait pas se permettre d'y penser. Car cela reviendrait à accepter toute la culpabilité et la douleur qui l'habitait depuis son réveil, et elle ne pourrait pas le supporter. Elle ne pourrait pas y survivre.
- Je le dois. Souffla-t-elle. Pour nous.
- Arrête de dire ça !
- Tu veux que je te dise quoi Hermione ?! S'écria-t-elle à bout. Tu veux m'entendre te dire à quel point je suis désolé, à quel point je regrette, à quel point je me déteste pour avoir pris froidement la vie d'un innocent ?! Tu veux que je pleure ? Que je m'effondre ? Que je te dise que je ne suis qu'un monstre ?! C'est ça ?
Devant un tel regard, Hermione ne sut quoi dire. Une blessure vivait en elle. Une blessure si vive que la douleur l'habitait. Une douleur qui lui arrivait parfois d'oublier, et qui ressorti brusquement à travers l'éclat mort de ses iris déjà rouge de pleures.
- Je... je...
- J'essaie de faire de mon mieux Hermione ! Continua-t-elle le souffle court. Tous les jours ! Tous les jours, j'essaie de me tenir à notre plan ! De garder mon enfant caché, et en bonne santé ! J'essaie de ne pas penser à tout ce qui pourrait mal tourner, à Harry et Ron, à nos enfants, à l'esprit supérieur, à l'homme que j'aime, perdu dans l'espace-temps et à ses cris constants que j'entends à chaque instant ! J'essaie tous les jours du mieux que je peux, alors si pour arriver à nos fins je dois tuer, je le ferais ! Je re-tuerais Cornic dans l'instant même s'il le fallait, parce qu'on n'a pas le choix ! Parce que si on abandonne pour rester clean alors on abandonnera nos enfants ! On les abandonnera égoïstement, car on aura eu trop peur de se salir les mains ! Et je refuse de l'accepter...
- Ginny... Il y a peut-être...
- Tu as torturé Bellatrixe et Lucius pour Kai. Claqua-t-elle brusquement. Regarde-moi dans les yeux, et dis-moi que tu regrettes.
La soudaineté de sa parole la figea, aussi bien que la réponse évidente qui s'imposa en elle.
- Ils... ils n'étaient pas innocents.
- Donc, tu n'aurais pas tué Cornic pour sauver ton fils ?
- Si... Dit-t-elle. Mais on ne peut pas leur mettre sur le dos tous nos crimes Ginny ! Ils ne sont pas une justification.
- Pas une justification Hermione !
Les joues rouges, Ginny enleva brusquement son t-shirt, ôtant par la même occasion le charme qui dissimulait sa grossesse. Sous les yeux surpris de son amie, elle s'avança en sous-vêtements, le ventre étonnement plus rond. Sans gêne, elle attrapa sa main pour l'y poser, et déjà la Gryffondor pu sentir la vie qui l'habitait. Le souffle coupé, elle ne put en détacher le regard, fasciné et bouleversée par le petit être qu'elle pouvait sentir se développer à quelques centimètres de sa main. Un petit être puissant, dont sa magie rayonnait déjà autour du ventre de sa mère. Une magie si pure et innocente, qu'aucun mot n'aurait jamais pu décrire le sentiment d'Hermione à cet instant. Très vite et sans oser regarder Ginny en face, ses larmes dévalèrent ses joues. Ses émotions allaient un jour finir par la tuer...
- Co... combien de temps avant l'accouchement ? Demanda-t-elle dans un sanglot muet.
- Moins de quatre mois.
- Il grandit vite. Sourit-elle tristement.
- Oui. Mais tu as raison. Ils ne sont pas une justification. Ils sont une motivation.
- Ginny je...
- Je sais Hermione. Je sais. Tu as peur de devenir un monstre...
Elle hocha la tête dans une vague de honte. Elle n'était pas en colère contre Ginny, mais contre elle-même.
- Tu n'en sera jamais un ! Tu es une mère. Et toutes les mères tueraient plus que Voldemort lui-même, si cela pouvait sauver leurs enfants.
- Où est la limite ? Demanda-t-elle désemparée. Si on est prêt à commettre le pire, où est la limite ?
- On se bat pour notre famille. Il n'y a aucune limite.
Trois semaines s'étaient écoulées depuis cette nuit. Trois semaines pendant lesquelles Harry et Ron étaient perdu dans la nature, seuls et livrés à eux-mêmes. Trois semaines que Ginny était officiellement devenue une mangemorte. Et trois semaines qu'Alexender Cornic était lui aussi, porté disparu.
Les aurores avaient tenté d'établir un lien entre lui et les Griffondors. Bien entendu, trois disparitions dans un intervalle de quelques jours semblaient difficilement être une coïncidence, mais ils se trompaient. Et malheureusement, aucun d'eux n'avaient pensé fouiller la forêt interdite, où son corps avait été enterré à la va vite. Bien entendu, à ce stade, il ne devait plus qu'être un amas de chair en putréfaction, rongé par les vers. Pourtant, il n'avait jamais paru aussi vivant dans le château. Les élèves et les professeurs s'interrogeaient, s'inquiétaient et parlaient de lui avec angoisse. Personne ne pensait qu'un élève aussi brillant, avait pu partir du jour au lendemain sans une bonne raison. Et déjà d'étranges regards se tournaient vers la table des serpentards. Tous savaient qu'il s'était rapproché de Tom, mais personne n'osa jamais émettre le moindre soupçon à voix haute, car personne ne voulait être le prochain sur la liste. Ginny tentait tant bien que mal d'ignorer les murmures et rumeurs qui avaient envahi les couloirs. Elle ne voulait pas les écouter, elle ne voulait pas qu'ils lui rappel sans cesse son crime, qui la hantait déjà bien assez. Seul Tom ne semblait pas inquiet. A vrai dire, il ne s'était jamais montré aussi enthousiaste. Il était devenu le meilleur de tout Poudlard, dépassant Hermione de seulement quelques dixièmes de points, mais qui suffisaient à faire son bonheur. Cornic ne le sermonnait plus toute la journée en remettant ses décisions en doute. Ses mangemorts ne l'avait jamais autant craint et respecté. Dumbledore n'était presque plus jamais dans le château depuis la mort de Grindelwald. Et pour couronner le tout, il avait réussi à obtenir ce qu'il voulait : Ginerva.
Maintenant qu'elle était l'une des siens, il la voyait tous les jours, tantôt pour les réunions journalières que pour leurs entraînements intensifs dans les bois. La voir tuer Cornic l'avait empli d'une euphorie qu'il n'avait jamais connu jusqu'alors, mais la voir s'entraîner, se battre, et mettre ses fidèles à terre avec aisance et grâce... ça, ça n'avait pas de prix. Elle était puissante, plus encore que ce qu'il avait cru. Ses Réductos étaient les plus impressionnants et dangereux qu'il avait jamais vu et son intelligence au combat, était tout simplement remarquable. Il n'était pas difficile de constater son habitude des combats et des tactiques guerrière. Toujours sur ses gardes, sa baguette constamment serrée contre elle, elle ne reculait devant aucun adversaire. Tous ses soldats y étaient passés, mais pas un seul n'avait réussi à la mettre chaos. Tout comme ses trois autres recrues. A croire que ce quatuor était imbattable. Jamais les uns sans les autres, ils se battaient ensemble comme depuis toujours, avec aisance et confiance. Aucun d'eux ne restait à terre très longtemps et quand cela arrivait, Jedusor ne manquait pas leurs regards inquiets et poings serrés. Ils prenaient soin des uns des autres, comme d'une seule et même famille, chose qu'il ne se lassait pas d'observer. Cela l'amusait, comme l'intriguait de plus en plus. Surtout depuis que Ginny avait rejoint la bande. Il avait déjà remarqué à quel point les trois sorciers étaient soudés, mais maintenant, il n'y avait pas d'équivalence. Et il aurait fallu être aveugle, pour ne pas voir qu'en réalité, c'était bien elle, leur point de ralliement.
Et cela, en revanche, l'inquiétait, comme tannait sa curiosité de plus en plus exacerbée. Hermione, Blaise et Drago ne faisaient rien sans un minimum d'approbation de sa part. Parfois, il ne s'agissait que d'un regard, mais il suffisait à les faire démarrer au quart de tours et à obtenir le meilleur d'eux. Ils la fixaient, souvent avec peur et inquiétude, surtout lors de ses combats. Jedusor n'avait manqué aucun de leurs frémissements d'angoisse, ni même leurs pulsions douloureusement contenues. Ils se retenaient pour ne pas aller la défendre contre les sortilèges qu'on lui lançait, et la surprotégeaient à la moindre occasion. Mulciber en avait justement fait les frais à son insu. Malheureusement pour lui, son comportement bipolaire et colérique lui a largement desservi ce jour-là, et pour cause : trop fière pour admettre sa défaite face à la rousse, il s'était mis dans l'idée de la battre à la déloyale en lui jetant un sort dans le dos. Du moins, il avait essayé. Avant même d'avoir pu prononcer le moindre mot, il s'était retrouvé Stupéfié par Hermione, et méchamment détenu par Blaise et Drago. Une scène drôle pour la majorité de ses fidèles mais explicite pour Tom. Sa théorie ne faisait que se renforcer un peu plus chaque jour, et plus le temps passait, plus leurs masques s'effritaient. Ginny n'était pas que leur amie. Oh, non. Elle était bien plus. A tel point que son propre orgueil de Maître s'en voyait menacé. Hermione, Blaise et Drago lui étaient fidèles. Autant que l'était Arias, vis à vis de lui. Et malgré sa fascination, il ne pouvait le tolérer. Lui seul était leur maître à tous, et lui seul connaissait leur véritable faiblesse. La toxicomanie de plus en plus forte de Blaise. Les insomnies et cauchemars évident d'Hermione. Le repliement sur lui-même de Drago. Des sujets sensibles, et qui pourtant étaient la base du plan de Jedusor. Arias, Malfoy et Orion ne les lâchaient pas, et ce n'étaient qu'une question de temps avant que Ginny ne montre des signes de faiblesses elle aussi. Et quand cela arriverait, il serait là, prêt à se servir de toutes les failles au monde, pour assiéger, enfin son pouvoir sur elle. Et donc, sur eux tous.
