Préparez-vous ! Vous risquez d'être surpris XD !


Ginny crut bien ne jamais pouvoir fuir Tom de la soirée, et pourtant, c'est à peine si elle réalisa enfin sa chance quand elle réussit à atteindre le bar sans se faire rattraper par ses mains autoritaires. Depuis plus d'une heure déjà, il ne la lâchait pas, l'entraînant de sa poigne forte et intransigeante sur ses talons, à la rencontre de tous les invités les plus riches et populaires de la soirée. Bien entendu, elle ne pouvait le planter devant tous, au beau milieu de son heure de gloire et pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Sourire et badiner, avec autant d'hypocrisie, avait un côté affreusement malsain à ses yeux. Même Tom le portait sur lui. Ce faux rire, cet intérêt caché, cette magnificence électrique qui attirait l'attention. Oh oui il était beau, lisse, et parfait. Personne n'aurait pu dire le contraire ce soir, pas même elle. Et pourtant, elle en était presque écœurée. Elle savait pertinemment que ce n'était qu'un rôle, une comédie grotesque pour assurer sa future ascension au pouvoir. Même elle passait son temps à faire des courbettes et des compliments qu'elle ne pensait pas. Mais c'était si ennuyeux, si bas et sot... personne ne devrait avoir à lécher des bottes pour se faire une place dans ce monde, alors voir le futur Seigneur des Ténèbres être rabaisser à ça ? Elle savait bien qu'il était parti de rien. Elle savait que chaque pas était pour lui une avancée de géant dans sa quête de pouvoir. Et pourtant elle ne s'était jamais imaginée le voir faire. Sourire, rire, conseiller, écouter dans le seul et unique but d'avoir des contacts, des moyens, de la notoriété... Elle l'avait toujours vu prendre ce qu'il voulait quand il le voulait, aussi bien dans cette époque que dans le futur, mais toute évidence, elle avait oublié qu'ici, le grand Tom Jedusor n'était rien d'autre élève, un orphelin sans famille ni nom, un inconnu talentueux certes, mais toujours un inconnu.

Du coin de l'œil, elle le vit en grand débat avec le rédacteur en chef de la Gazette. Alors qu'elle avait feint un sourire radieux pour la énième fois, elle n'avait pu s'empêcher de frissonner en voyant les grands yeux bruns de cet homme se poser sur ses courbes avec luxure et envie. La main de Tom ne l'avait alors jamais autant rassuré de la soirée, mais elle n'avait pas pu se convaincre à rester davantage. Pas quand le nom de Grindelwald fut le premier mot qu'elle entendit sortir de la bouche de ce journaliste lubrique. Tom lui ferait sans doute payer sa disparition aussi soudaine, mais dans l'instant, cela lui importait peu. Ses pieds souffraient dans ses talons trop hauts, ses poumons peinaient à inspirer dans sa robe trop serrée et par-dessus tout, son abdomen hurlait sous la compression du sortilège. Magnus s'agitait en elle. Elle pouvait le sentir, mais plus encore, elle pouvait presque sentir sa colère à travers sa magie. Son fils luttait contre elle et son sortilège. Tout comme elle sentait que plus le temps passait, plus l'étau se resserrait autour d'elle. S'il continuait ainsi, elle ne donnait pas plus d'une heure au sort avant de se rompre, pas plus qu'elle ne se donnait un demie heure avant de craquer. C'était à peine si elle parvenait encore à respirer sans tendre les coutures de sa robe, et elle savait déjà que Jedusor n'allait pas tarder à la rejoindre. Pressée et essoufflée, elle mit plus d'une minute avant de finalement repérer Hermione, assise dans un coin, un immense sourire aux lèvres. Ses joues roses, et ses cheveux légèrement défait lui parurent étrange dans de telles circonstances, mais davantage quand elle vit que la cause de son fou rire n'était autre qu'Abraxas à ses côtés. Figée dans sa surprise et son incompréhension, elle hésita à les rejoindre, mais ce fut la seconde de trop. Alors qu'elle restait immobile, elle senti son poignet frissonner au contact d'une peau qu'elle ne connaissait que trop bien, et pourtant si peu. Elle n'eut pas même le temps de se retourner vers lui, qu'elle était déjà entraînée fortement dans l'ombre d'un mur et qu'elle entendit ses lèvres lui susurrer à l'oreille.

- Je peux savoir à quoi tu joues ?!

Son ton n'était soudainement plus aussi mielleux, et dans sa confusion, Ginny ne sut si elle en était inquiète ou soulagée. Alors qu'elle lui faisait face, elle vit son regard s'animer des flammes de son ardeur, et lutta pour ne pas se laisser rougir devant lui. Elle détestait le Tom docile et savait pourquoi ; il ne ressemblait en rien au diable qui se tarissait sous sa peau. Un diable qui l'avait poussé au péché et qui, bien trop souvent en ces temps troublés, lui manquait à s'en arracher le cœur.

- Je prenais juste un peu l'air. Souffla-t-elle.

- Plus tard. Cingla-t-il. Les ministres ne sont pas tous arrivés, alors tien toi à carreaux.

- C'est ridicule. Dit-elle à voix basse. Tout ça, cette réception, ces invités... c'est grotesque.

- Pour arriver au sommet, on rampe, on s'agenouille et on baisse la tête. Soit certaine que quand les rôles seront inversés, chacune de ses fêtes ridicules, comme tu dis, en aura largement valu la peine.

La haine habitait son être. La haine de devoir agir de la sorte ? Ou peut-être celle de le faire devant elle ? Elle ne savait pas et dans l'instant, ne chercha pas à savoir. Elle comprenait ses agissements, elle comprenait son dur labeur... mais n'avalait pas l'idée de le voir plier l'échine de la sorte. Peut-être qu'elle aussi, avait une fierté de Dark Lady après tout ?

- Si vous le dite maître...

- Maintenant ne t'éloigne plus. C'est compris ? A moins que tu n'aimes attirer à ce point l'attention.

Son ton changea en moins d'un souffle, laissant transparaître une jalousie naissante et abusive qui laissa la jeune femme brusquement incertaine. Leurs corps, presque pressé l'un contre l'autre pour ne pas être vu, s'attirait dans une aura dangereuse, à tel point que même Magnus s'agita, galvanisé par la magie de son père. La gorge sèche et le regard fuyant, Ginny ne put cependant retenir sa langue.

- Je croyais que c'était ce que tu voulais. Que j'attire l'attention. A moins que ça ne te dérange ?

- Ne dis pas de bêtise.

- Alors que dois-je dire ?

Il la regarda, les joues et les yeux en feu, à tel point qu'elle fut presque surprise de ne pas déjà voir Poudlard en cendre. Il se retenait corps et âme pour ne pas craquer, tous deux le sentaient. Et plus les secondes s'écoulaient, plus elle le voyait risquer de céder. Pour autant, elle ne trouva pas la force de bouger, comme paralysée par ses pires démons. A la place, elle le regarda se torturer, essayant tant bien que mal d'ignorer ses propres douleurs et le poids de son corps plus serré contre le sien. A ce stade, on aurait pu les prendre pour deux adolescents en train de batifoler dans un coin. Or, il ne s'agissait que d'un roi encore inconnu et d'une reine déchue, luttant contre l'appel du destin. Un destin qui déjà, mélangeait leurs souffles, dans leur proximité tentatrice et dangereuse.

- Ne dis rien. Souffla-t-il finalement.

C'est ce qu'elle fit. Pendant plusieurs secondes, puis une minute, seul le silence de leurs deux cœurs battants résonna entre eux. Des instants interminables, qui furent pourtant, les seuls reposants, de leurs semaines de folie. D'une certaine manière et dans l'ombre totale de la fête bondée, ils étaient seuls au monde, à l'abri dans cette bulle de tentation mortelle qui n'appartenait qu'à eux. Ils semblaient enfin reprendre leurs souffles, pour la première fois depuis des jours. Une respiration commune, qui les désespéra plus que jamais par ce qu'elle déclencha en eux. Ils se sentirent éveillés, engourdi et pourtant plus vivant qu'ils ne l'avaient été, plongé dans cette tension électrisante et grisante de satisfaction. Ils se sentaient complet. A deux. Et si Tom cherchait encore à comprendre ce qui pouvait provoquer pareil démon en lui, Ginny dû retenir ses larmes. La force de l'attraction qu'ils y avaient entre eux s'étaient accentuée. Plus qu'elle ne l'aurait cru possible. Même Magnus s'agitait une peu plus en elle à la proximité de son père, et c'était à se demander comment un aussi grand sorciers tel que Tom pouvait manquer la détection de son sort. Peut-être était-il tellement submergé par leur propre magie, qu'il ne voyait pas la sienne ? Elle n'était pas sûr, mais savait pertinemment une seule et unique vérité. Celle de sa faiblesse. A tel point, qu'en fermant les yeux un instant, elle put presque le voir Lui, son maître, son mari…

- Tu es à moi Ginerva. Souffla-t-il alors d'une voix rauque en attrapant son poignet avec une étonnante délicatesse.

Elle sentait qu'ils devaient se détacher. Partir chacun de leur côté au risque de ne jamais plus pouvoir le faire. Pourtant, elle n'en trouva pas la force.

Elle était fatiguée.

- Oui maître.

Sans lutter, elle le laissa la guider hors de l'ombre, sa main accrochée à son bras et le cœur si confus, qu'elle ne vit pas Hermione et Drago la regarder avec plus d'inquiétude que jamais.


Katherine se mordit la langue. Sûrement un peu trop fort. Alors qu'elle reprenait son souffle, le goût de son propre sang se répandit dans sa gorge sèche, humidifiant pour la première fois en trois jours ses lèvres gercées. Trois jours à se retourner sur elle-même sur sa paillasse, le ventre en feu et le corps presque mort. Ses ravisseurs avaient décidé de la laisser mourir, du moins c'est ce qu'elle avait cru. Ses visites et repas s'étaient espacés, ses rations d'eaux avaient diminués et très vite, ses seuls visiteurs s'était limité à des rats, en bien meilleur santé qu'elle. Au vu de la dégradation de sa situation, ses espoirs s'étaient peu à peu éteints eux aussi. Elle avait cessé de se tordre le cou pour toucher du bout de la langue le filet d'eau qui coulait depuis sa lucarne contre le mur, en temps de pluie. Elle avait arrêté de compter les secondes insupportables qui s'écoulaient dans sa journée. Elle avait laissé tomber ses tentatives d'exercices pour retrouver un peu de motricité au niveau de jambes. Et en un sens, oui, elle avait cessé d'essayer de survivre. La fatigue et le temps avait finalement eu raison de son feu, le réduisant à des braises, puis à de simples cendres noirâtres. Des cendres qui recouvraient son corps décharné aujourd'hui, à tel point que sa propre mère ne l'aurait probablement pas reconnue. Puis, l'infâme cracmol était réapparut après trois jours sans nouvelles. Elle avait cru à un peu de répit et d'eau, mais aurait finalement préféré qu'il ne revienne jamais. Après crachats et insultes, il l'avait détaché, et traîné dernière lui dans la crasse et la saleté de son donjon. Il la traitait comme un cadavre, et même elle devait reconnaître qu'elle n'était presque plus que ça. Perdu entre inconscience et cauchemar, elle s'est vu être conduite dans une salle inconnue. Son geôlier ne prit même pas le temps de la rattacher, et la laissa là, au sol, sans plus de mots mais avec un sourire effrayant aux lèvres. Elle aurait voulu se lever, mais toutes ses tentatives se soldèrent par un échec ridicule. Aussi elle ne réussit qu'à ramper jusqu'à la porte, mais ne put pas même s'accrocher à cette dernière, et retomba contre la pierre.

Dans son dos, un éclat de rire glaçant retentit alors. Elle ne s'était pas même rendu compte qu'elle n'était pas seule. Pourtant, elle n'eut pas le temps d'essayer de le découvrir. Une main saisit ses cheveux avec violence, lui arrachant un cri rauque. Soulevée de terre, et debout pour la première fois en plusieurs semaines, elle en eut presque le vertige. Dans son dos, l'homme ricana, s'agrippant un peu plus à sa chevelure pour la traîner en arrière et la balancer méchamment contre une table.

Elle retomba au sol, dans un bruit de corps sourd et ne put voir que les bottes clouté de son agresseur. Il était grand, et masqué aussi. Deux éléments qui faillirent la faire sourire sur son sort à venir. Le destin n'avait-il donc pas fini de s'acharner sur elle ? Sans grande surprise, il revint à la charge dans un grognement bestial, et cette fois l'attrapa par la taille pour la plaquer sur cette même table dont l'angle colorait déjà de violet les côtes ses côtes à moitiés brisées. Il lui saisit la gorge de sa poigne, réduisant son souffle à des gazouillis inaudibles. Ses oreilles sifflèrent violemment, mais malgré ça, elle jura l'entendre sourire derrière son masque. Allait-il la tuer ? Ici, maintenant ? Elle ne savait même plus si cette idée l'effrayait ou l'impatientait. Mais il décida pour elle. Alors qu'il la relâchait avec tout autant de violence, elle le vit saisir un couteau tordu, à la lame si usée qu'elle se demanda bien à quoi il avait pu autant servir. Mais elle eut rapidement une petite idée. Il entailla sa jambe dans une lenteur cruelle et ricana de la voir aussi déterminée à ne pas hurler. Elle était peut-être presque morte, mais les restes d'une ancienne fierté coulaient encore dans son sang, l'empêchant malgré elle, de se rendre à son créateur.

- Qui sont-ils ? Demanda-t-il alors d'une voix étouffée.

Elle ne comprit pas sa question, ni même l'intérêt qu'il avait à l'interroger alors qu'elle n'était pas sortie dehors depuis une éternité. Pourtant, il ne sembla pas du même avis, et s'évertua à taillader son autre cuisse avec autant de lenteur que la lame le lui permettait encore. Elle ne coupait pas mais déchirait sa peau violacée, lui arrachant des gémissements plaintifs semblable à ceux d'un animal à l'agonie.

- Qui sont-ils ?! Répéta-t-il plus fort. Parle chienne ! Parle ! Que viennent-ils faire ici ?

- Je... je ne sais rien !

- Tu mens ! Tu sais très bien qui ils sont ! Parle !

Il lui asséna un coup de manche en plein ventre, lui brisant sans aucun doute les dernières côtes entières qui lui restaient. Sans abandonner, et toujours persuadé de sa culpabilité, il s'attaqua cette fois à son bras qu'il tordit de moitié pour le balafrer en profondeur.

- Dis-moi !

- Qu...Qui ? Souffla-t-elle à bout.

- Oh ne joue pas à ce petit jeu ! Ils sont venus pour toi ! Tu le sais bien ! Tu es de mèche !

Son cœur s'arrêta un instant dans sa poitrine, et son esprit s'éveilla alors plus en une seconde qu'en plusieurs semaines.

- Quoi ?

- Tes complices ne réussiront pas ! Alors parle !

Des complices. Venus pour elle. Son sang ne fit qu'un tour et déjà l'adrénaline lui donna le vertige. Elle n'était pas seule. Ils étaient revenus. Rosalie ? Terrence ? Cela ne pouvait être qu'eux. Et cela voulaient dire qu'ils n'étaient pas morts. Cette simple découverte lui redonna vie, à tel point qu'elle ne comprit presque plus pourquoi elle restait allongée, sur cette table, une lame plantée dans le corps à écouter son bourreau l'interroger. Elle n'était pas seule, elle n'était pas morte et sa famille non plus. Elle n'avait besoin de rien d'autre pour vivre. Pour survivre. Comme un brasier relancé par une simple étincelle, elle réussit à se retourner si rapidement que son pied vient heurter la joue de l'homme distrait. Plus surpris que sonné, elle le vit essayer de la rattraper mais elle roulait déjà sur elle-même, les joues roses et le souffle court. Elle n'avait pas fait autant d'efforts en plusieurs semaines et pourtant, c'était à peine si Katherine sentait la douleur de ses membres atrophiés. Débout par elle ne sait quel miracle, elle réussit à éviter un Doloris de justesse, qui la fit néanmoins frissonner. L'appel de la magie résonna en elle comme un gong transcendant dont elle avait presque oublié le son. C'est à peine si elle se souvenait de la forme de sa baguette, mais son corps lui, n'avait pas oublié. Alors que l'homme la rattrapait en quelques enjambés pour la saisir et la transpercer de sa lame, elle se senti céder à un barrage muet. Un barrage qu'elle ignorait seulement présent jusqu'alors, et qui pourtant, se déversa si violemment à travers elle, qu'elle en eut le souffle coupé. Tout comme son bourreau. Elle vit se figer dans l'indifférence de son masque, pourtant, elle senti sa main se contracter d'elle-même autour de son bras, comme un réflexe venu d'un corps mort. Il resta ainsi, pendant plusieurs secondes avant que d'un coup d'épaule, elle ne le voit s'écraser au sol, plus raide qu'une statue de cire. Incertaine et dans l'incompréhension de ce qu'il venait d'arriver, elle regarda ses mains d'où des étincelles jaillissaient d'elles-mêmes. Elle avait déjà vu son frère et son père pratiquer de la magie sans baguette. Elle-même y était arrivé plus jeune, à ses heures où elle était tout bonnement incontrôlable. Mais jamais ainsi. Jamais aussi fort, et jamais avec un Avada.

Dans un sursaut angoissé elle senti le sort de mort se répandre en elle dans un exquis frisson qu'elle ne sut contenir. Dés semaines qu'elle n'avait pas senti de magie en elle. Dés semaines que son corps se mourrait dans la crasse et le silence de sa cellule. Dés semaines que son feu s'éteignait. Mais il n'était pas mort. Et elle s'en rendait compte aujourd'hui, dans le reflet des étincelles vertes qui se tarissaient peu à peu au creux de sa paume. Jamais son feu ne pourrait s'éteindre. Car il était incarné par la mort elle-même. Une mort qui courrait dans son sang, ses veines et tout son être. Une mort transmise par son nom et qu'elle avait oublié de réveiller en ces heures trop sombres. Une mort qui était son amie, sa force et son pouvoir. Le pouvoir, des héritiers des Salazards, et Jedusor. Celui, qui l'avait sauvé aujourd'hui.

Réveillée de son coma, et plus alerte que jamais, elle récupéra la baguette de son bourreau quand elle entendit une alarme retentir de plus belle entre les murs décrépit. Elle ne sut pas si elle sonnait depuis le début, mais comprit que les pas précipités qu'elle perçut dans les couloirs n'annonçaient rien de bon. Le cerveau en ébullition elle se souvînt cependant des mots du mort. Des complices étaient venus la sauver. Sa famille était là. Pour elle. Tout en ignorant son sang toujours coulant de ses plaies ouvertes, elle s'engouffra dans les couloirs avec plus de détermination et de haine qu'elle s'en serait cru capable. Cette fois, il n'était plus question de pitié ou de plans. Mais de vengeance. Il était temps qu'elle montre au monde la vraie nature d'une femme Jedusor. La vraie nature de la fille de Voldemort.


La soirée touchait à sa fin à Poudlard. Les convives, de plus en plus rares, quittaient la salle de fête, le nez rouge et le sourire aux lèvres. Après plusieurs heures, il ne restait plus grand monde, et seul Sulghorne et quelques invités restaient encore à traîner au bar. Tom et Ginny en faisaient partie, au plus grand bonheur de leur professeur qui, ne les lâchaient plus. Malgré son sourire, la Weasley avait cessé de parler, son cavalier faisant la conversation pour deux. Épuisée par sa soirée, elle restait debout, le regard presque vitreux, et l'esprit plus bouleversé que jamais. Elle qui était venue à cette fête dans l'optique de résister à Tom et lui montrer son indépendance, s'était plantée en beauté. Comme quoi, connaître le futur et le mal qui la rongeait ne l'immunisait en rien. Elle était aussi vulnérable que dans l'univers parallèle, et cette réalité l'avait frappé en plein visage une fois de trop. Elle ignorait s'il s'agissait des hormones ou de la fatigue, mais ce soir, elle avait cessé de se battre. Elle s'était rendue, exactement comme il y a quelques mois. Et elle se détestait pour ça. Elle haïssait l'idée de s'être faite encore avoir, et de n'être, pas plus forte que l'adolescente qui était tombée amoureuse de Voldemort. Car au final, et elle s'en rendait désormais compte, peu importait l'époque ou l'âge, elle serait toujours incapable de lui résister. Il était son maître, son seul et unique amour, et ce, dans toutes les époques de l'histoire du monde : passée, présente et futur… la laissant vulnérable, blessée, et demandeuse malgré tout.

Dans un énième soupire, elle vit Hermione la rejoindre, seule, les joues roses et un rire coincé dans la gorge. Elle avait passé la soirée avec Abraxas, et cette constatation n'avait pas eu pour effet de la rassurer. Poliment, elle remercia son professeur aux anges, avant de respectueusement saluer Tom, et d'embrasser son amie sur la joue pour lui dire bonne nuit. Pourtant, elle senti sa main se glisser dans la sienne, dans le bruit sourd d'un froissement de parchemin. Sans rien dire, mais dans un clin d'œil éloquent, la Granger tourna les talons, et se retira sous le regard curieux de sa maîtresse. Cette dernière mit plusieurs minutes avant de pouvoir vérifié sa supposition, Tom s'accrochant toujours à sa taille comme un enfant à son doudou. Pourtant, elle n'avait pas tort. Alors qu'il partait dans un débat mouvementé, elle vit bien un bout de parchemin, déchiré sur le coin d'une table, dont l'écriture bâclée n'était pas celle de son ami, mais celle de Drago. L'esprit lent, la jeune femme mit plusieurs secondes avant de comprendre l'objet de leur réunion ce soir, ainsi que la signature du Malfoy, pour finalement expirer dans un souffle de lassitude et d'exaspération. Comment avait-elle pu passer à côté de l'évidence ? Était-elle aveugle à ce point ? Jamais Hermione ne se serait montrée aussi familière avec Abraxas. Pour la simple et bonne raison, que ce n'était pas lui. Partagée entre le scandale et l'horreur du risque, elle serra furieusement son poing où le papier s'écrasa. Ces deux-là allaient définitivement les faire tuer.

Trop obsédé par sa conversation, Jedusor ne la vit pas se mordre impatiemment la lèvre. Elle voulait partir. Partir le plus loin possible, pour aller hurler sur l'imbécile qui serait le parrain de son fils ! Pourtant, ce n'était pas dans les plans du Jedusor. Après une autre dizaine de minutes, il décida enfin qu'il était temps pour eux de se retirer. Dans d'ultimes remerciements et sourires, ils quittèrent la salle surchauffée, et purent inspirer l'air étonnement froid des couloirs déserts. Il était tard. Ou très tôt le matin selon le point de vue, mais déjà l'appel de son lit faisait frémir la jeune femme. Dans peu de temps, tout serait enfin fini.

- Tu as été parfaite. Lui dit-il alors dans un souffle.

Étonnée d'un pareil compliment, Ginny ne sut pas quoi y répondre. Elle avait tenu son rôle ; avait sourie et s'était montrée charmante, conformément à ses ordres. Aussi, elle ne sut pas si elle devait en être fière. Un soldat l'aurait été, mais pas elle. Car elle n'en était pas un, contrairement à ce qu'il croyait.

- J'espère que cette soirée t'a apporté les renseignements que tu attendais.

- Oh oui, et même plus encore. Dit-il ravi. Mais ne t'en fais pas, tu sauras tout lors de notre réunion demain soir.

- Bien. Souffla-t-elle en refermant ses bras sur sa chair de poule.

Il lui jeta un coup d'œil curieux, mais ne dit rien. Pourtant, au détour d'un couloir, il soupira et se détacha d'elle pour ôter sa propre veste.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Il resta muet mais la couvrit lui-même de son habit, chaud et imprégné de son odeur dangereusement enivrante. Elle le regarda faire, d'abord incertaine avant de déglutir face à sa proximité. Ses mains effleuraient ses épaules dénudées, et dans l'ombre des couloirs, seule se reflétait l'arrête de son nez à quelques centimètres du sien. De nouveau, la situation dérapait, et c'est avec toutes les peines du monde que Ginny réussit à se détacher des yeux de son cavalier. Il perçut sa gêne, comme étonnement, sa douleur. Une douleur qu'il ressentit pour la première dans le fond de ses yeux, et qui le surpris par son intensité. Sans reculer, il caressa sa joue dans un frisson et ne put retenir ces mots, qui le hantaient.

- Que peut bien être ton secret, Ginerva ?

- Tu serais déçu par la banalité de ma personne. Soupira-t-elle, le cœur étreint par une force insupportable.

- Tu ne peux pas plus te tromper.

- Toi non plus.

- Alors dis-moi. Dit-il, ses mains désormais accrochées à son cou. Dis-moi, ce que je veux savoir. Dis-moi pourquoi je ressens toutes ces... choses pour toi !

- J'imagine que les âmes brisées se reconnaissent entre elles. Soupira-t-elle.

Un silence de vérité résonna entre eux. Leurs âmes s'entendirent alors, et leurs souffles s'arrêtèrent. Il ne fallait pas se leurrer. Ils étaient une évidence.

- Tu ne pourras pas te cacher indéfiniment. Dit-il calmement. Tu le sais, n'est-ce pas ?

- Je sais beaucoup de choses Tom. Mais, je ne suis pas idiote.

Dans un fin sourire, il s'avança, effleurant sa joue de ses lèvres brûlantes pour un déposer un mince baiser qui ouvrit l'enfer sous ses pieds.

- Je l'espère pour toi Ginerva. Je l'espère pour toi. Susurra-t-il à son oreille.

Elle retint son cœur d'exploser, et le regarda se détourner, le regard en feu. Il la mettait en garde, car tous deux savaient qu'elle luttait plus que lui, et qu'il attendrait jusqu'à son dernier souffle pour obtenir ses répondes. Des réponses que seul Magnus, retenait en son sein. Alors qu'il disparaissait au tournant d'un couloir, Ginny retrouva la force de respirer et s'adossa au mur, de peur de flancher. Elle ne pourrait pas tenir indéfiniment, il avait raison. Mais elle ne voulait pas encore y penser, elle ne voulait pas encore imaginer les mesures qu'elle devrait prendre... pas encore, pas maintenant. Or, elle n'avait qu'une seule chose à faire pour le moment. Retrouver cet imbécile de Drago Malfoy et lui faire regretter de ne pas être resté enfermé dans l'univers parallèle.


L'alarme qui hurlait dans ses oreilles, n'était pas dû à sa rébellion. Oh non. Il s'agissait d'une attaque. Une attaque causée par des individus de l'extérieur. Le souffle court, et l'allure toujours boiteuse, Katherine vit mille et un cracmols courir se mettre à l'abris, des sorciers hurler à tout va et des cadavres encore chauds joncher le sol. Dans le sillage des intrus, le doute la saisie cependant. Était-ce bien eux ? Avait-elle raison de se jeter de nouveau dans la gueule du loup ? Elle hésita, collée contre un mur, avant de se figer dans un élan de cruauté inespéré. Le cracmol qui l'avait mal nourri et malmené pendant des semaines étaient là. Oh, elle n'allait pas se priver de se plaisir, maintenant que les rôles étaient inversés. Alors qu'il s'efforçait de prendre la fuite, elle l'assomma d'un Doloris cinglant. Quand il la reconnut, elle put presque voir sa misérable vie défiler sous ses yeux. Une vie de servitude et de monstruosité. Sans lui laisser ne serait-ce que le temps d'une dernière prière, elle le défigura des pires sortilèges que son père avaient jamais inventé. Oh quel délice, quelle jouissance de l'entendre supplier, et de le voir se ratatiner dans ses larmes et son sang. Quelle exquise justice que de le torturer lentement, et de lui ôter les seuls restes de virilité d'un coup de baguette aiguisé. Elle n'avait jamais torturé un homme avant lui. Et se demanda bien pourquoi. Il était évident que Kai n'avait qu'à bien se tenir, car elle aussi avait ça dans le sang ; un talent de souffrance inné transmit par son père, qui elle l'espérait, aurait été fière d'elle à cette heure. Et quand enfin, la masse difforme et gémissante la supplia de l'achever, elle éclata dans un rire effrayant. Elle ne voulait pas le tuer, pas encore, mais le temps lui manquait. Presque déçue, elle attrapa ses joues balafrées et lui sourit de ses dents carnassières, laissant la magie de ses aïeules l'envahirent de toute part, jusqu'à ce que de nouveau le barrage cède. Cette ignominie ne méritait pas de mourir d'un simple Avada prononcé dans un mouvement de baguette, aussi elle n'allait pas se donner la peine de prononcer ces mots pour lui. Le barrage céda une seconde fois, et les yeux du cracmol s'éteignirent d'eux même. Mort sans savoir comment, mais avec pour dernière image celle du visage ensanglanté de sa prisonnière, son corps retomba mollement sur la pierre de son donjon crasseux, seule sépulture qui lui était alors véritablement destinée. Essoufflée dans l'excitation toujours plus grandissante que lui causait la vue du sang, Katherine se détourna sans un regard, un sourire toujours plus grand plaqué sur les lèvres.

Des hurlements et des cris de sorts fusaient depuis les étages inférieurs de la forteresse, signe toujours plus évident que les intrus se rapprochaient d'elle. Pourtant, désormais la peur ne l'habitait plus. La force de la mort coulait dans ses veines, inhibant le moindre doute, et faisant déjà fleurir des étincelles de morts à l'orée de ses ongles. Qui que cela soit, elle n'avait pas peur. Alors qu'elle se rapprochait d'autres sorciers apparurent, et se jetèrent sur elle. Malgré son état, elle les extermina tous en moins de deux coups de baguette, avant d'arriver à l'épicentre des combats. Des individus encapuchonnés avaient pris d'assaut le hall et les entrées extérieurs, piégeant comme des rats le reste des occupants. Pourtant, leur nombre la stupéfia. Ils étaient quatre, et pourtant plus puissants que tous les autres. Outre sa surprise, elle entama à son tour de marquer sa pierre à l'édifice, expulsant le moindre adversaire au tapis avec la rage au ventre. Il en restait peu, mais assez pour la défouler. Cependant, malgré sa force, la fatigue la regagna elle aussi. Alors qu'elle finissait d'achever un homme, un autre l'attaqua par derrière, l'expulsant violemment contre un mur à moitié détruit, qui s'écroula sous la force de l'impact. Le souffle coupé, et la vue brouillée de poussière, elle ne perçut au loin que le début du sort de mort, qu'il ne put finir.

Salement éventré au beau milieu de sa phrase, l'homme tomba au sol dans un bruit de chaires déchirées et se vida de son sang et ses tripes, un pieu toujours planté en plein ventre. Stupéfaite par la violence de ce geste, elle en eut presque un haut le cœur, avant de se pétrifier devant le visage de son sauveur. Il ne s'agissait pas de Terrence, ni même de Rosalie. Non, mais d'un vieux cauchemar qu'elle avait cru oublié depuis longtemps. Pendant plusieurs secondes, elle n'y crut pas, et cligna si fort des yeux, qu'elle pensa bien s'en décoller une paupière. Et pourtant, elle ne se trompait pas. Il s'agissait bien du visage de l'ombre qui avait pesé sur elle et sa famille toute sa vie, réduisant chaque instant de bonheur à de l'angoisse et de la peur. Oui, le visage de cet homme était aussi efficace que son don. Il transformait toute forme de vie en cadavre fumant. Et pourtant, il venait de la sauver. Son oncle, Ron Weasley, venait de la sauver.


Coucou à tous ! Comme vous l'avez vu, beaucoup de rebondissements changent la donne dans notre histoire ! Tout ne vas pas tarder à s'emboîter et à s'accélérer encore ! Ron a sauvé Katherine ? Mais comment savait-il qu'elle était là ? Qu'a-t-il bien pu se passer ? Vous le saurez très vite ne vous en faîte pas ! XD

J'espère en tout cela que cela vous à plût ! Dîtes moi vos réactions dans les commentaires, j'ai très hâtes de vous lire ! Et un immense merci pour vos commentaires, vous n'imaginez pas à quel point vos mots me touchent, et me donne envie de continuer, bien que je sois toujours un peu surprise de voir que vous êtes là, à chaque publication XD En tout cas merci encore, vous êtes les meilleurs.

A très vite, gros bisoussss !

PS : et pour ceux qui me pause la question, mes partiels blancs se sont bien passés, dans la mesure où je n'ai pas rendu feuille blanche XD mdrr c'est un début on va dire, après est-ce que c'est bon signe ? Je ne sais pas ! XD nous verrons bien.