Et me revoilà avec une commande ! De Queenie-sama qui m'a demandé de faire un OS avec un couple dont un des personnages serait un OC de sa fic. Voici donc un Rufus/Winona. Ne vous en faites pas, y'a pas besoin de connaitre sa fic pour comprendre. La première partie du texte, celle en italique, est un extrait d'un article sur l'hypermnésie que j'ai trouvé sur internet intitulé "hypermnésie : quand l'excès de mémoire devient maladif". Vous allez comprendre pourquoi.

Bonne lecture !


L'hypermnésie, du grechuper, au-dessus, etmnesis, mémoire, se caractérise par une mémoire prodigieuse. Les processus de mémorisation sont complexes ; les scientifiques expliquent en partie ce phénomène par une transformation très rapide de la mémoire à court terme en mémoire à long terme, dont la conservation, par définition, est meilleure.

Il convient de différencier deux types de mémoires très performantes :

L'hypermnésie ou mémoire épisodique : elle concerne les souvenirs biographiques. L'hypermnésique pourra se remémorer toute sa vie (ou presque). Par exemple, savoir ce qu'il mangeait tel jour, même temporellement lointain.

La mémoire eidétique ou mémoire photographique : elle en appelle davantage aux sens. Musiques, odeurs ou images sont parfaitement gravées dans la mémoire, en dehors de tout contexte précis.

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L'hypermnésie paraît une merveilleuse arme : l'agenda devient inutile, le travail optimisé… D'une manière plus générale, une réflexion permanente permet de traiter rapidement une situation complexe et d'en entrevoir tous les tenants et aboutissants. Et pourtant, l'hypermnésie s'accompagne, d'autant plus que le sujet est inconscient de ses capacités hors normes, de troubles diversement prononcés.

Anxiété et agressivité s'expliquent par la peur du « bug » intellectuel, qui conduirait à la perte de tout ce qui est stocké dans la mémoire. La résurgence permanente des souvenirs mène également à une vision émotionnelle des événements passés. Un traitement contre l'angoisse pourra alors être prescrit. Dans les situations extrêmes, en cas de sous-utilisation de la mémoire surpuissante, peuvent apparaître en outre d'autres symptômes, comme la paranoïa, la frigidité ou l'impuissance. Un suivi psychologique devient alors nécessaire.

Le poids de la mémoire n'est pas facile à porter. Pour quiconque en douterait, La Petite Chartreuse de Pierre Péju constitue une lecture de choix. Le protagoniste de ce roman, libraire hypermnésique, retient mot par mot des passages entiers de ses œuvres favorites. Étienne Vollard est incapable de se départir d'une mémoire omniprésente et de la mélancolie envahissante qui en découle. Oublier peut parfois sauver.


Je me souviens. De tout. De rien. Ma mémoire absorbe chaque détail de chaque évènement marquant ou non et le grave à jamais dans mon esprit. Et je me souviens. Depuis que j'ai cinq ans environ et que ma mémoire s'est mise en place. Je me souviens de tout. De la gifle de père reçue ce jour-là. De la colère, de la honte, de la gêne, de mère qui détourne le regard et de la douleur cuisante dans ma joue. J'étais déjà un poète, pas un guerrier. A la guerre, je préférais les ballades. Une honte pour ma famille. Je suis devenu le mouton noir, la chose à cacher. Celui qui décevait sans arrêt. Jusqu'à ce fameux jour où père, ivre, a tenté de me tuer. Il a manqué de réussir. Si ma magie ne s'était pas révélée…

Toujours est-il que je me souviens. Oublier est un verbe qui me reste inconnu. Quelque chose dont je ne peux que saisir le concept. Ma magie et ma mémoire sont certes prodigieuses. On m'envie. Imbéciles. Ils me voient profiter de ma mémoire pour me jouer des règles trop strictes de ma guilde. On m'admire, on me jalouse. Mais on ignore le prix que je dois payer. Ces migraines atroces qui me vrillent le crâne, tous ces souvenirs que je dois sans cesse reclasser, actualiser, ressasser, la chronologie que je dois retrouver… Comme j'envie les autres qui sont capables de ne pas se souvenir. D'oublier comme ils disent, ces choses si gênantes de leur passé. Comme un père qui ne vous aimait pas, une mère que vous dégoûtiez le fait d'être un enfant non désiré et haït… Mon corps et mon esprit s'en souviennent et tous les matins, je peux voir la cicatrice que mon père m'a faite quand il a tenté de me tuer lorsque j'étais enfant. Cette immense brûlure qui me dévore la moitié du visage et que je cache sous un masque. Non, l'oubli est une maîtresse qui ne me permettra sans doute jamais de partager sa couche. Je le regrette surtout le soir quand je me réveille en nage, paniqué et sûr d'avoir tout oublié. Forcément, ma mémoire est la seule chose qui est vraiment spéciale chez moi. Alors je passe de longues heures dans le noir, seul, à repasser et classer mes souvenirs, les relier entre eux et à tenter de garder une chronologie cohérente. Ou simplement à ramper quand plus personne ne me regarde jusqu'à mon lit pour me rouler en boule dans un coin et attendre que la migraine provoquée par toutes ces informations s'apaise. Donc oui, si on me le proposait, je me débarrasserai avec plaisir de ce trop plein d'informations. Toutefois…

Je me souviens d'un ange rencontré par le plus délicieux des hasards. Un ange qui m'a fait tomber avant de m'aider à me relever. Un ange à la délicate peau blanche et aux splendides cheveux roux et noirs. L'unique personne à avoir jamais contemplé ma faiblesse et soulagé mes angoisses.

-Rufus ?

Je gémis sous ma couette. Elle est là, tout près. Et moi j'agonise dans mon coin. Oui j'ai plus ou moins annulé notre rendez-vous parce que je ne me sentais pas bien. Trop mal au crâne. Pourtant, quand je pense à elle, ma tête se fait plus légère. J'oublie un instant mon angoisse de ne pas me souvenir et laisse mon tri de côté. Je rampe hors de ma couette pour la voir entrer dans ma chambre. Elle ne dit rien, ne bronche pas en me voyant sans mon masque. Cette affreuse cicatrice qu'une dame aussi délicate qu'elle ne devrait pas avoir à souffrir de voir.

-Winona, je réussis à souffler malgré mon mal de tête trop tenace.

Elle vient s'asseoir sur mon lit, à côté de moi et joue avec mes cheveux. Elle ne dit pas un mot et me laisse poser ma tête trop remplie sur ses jambes. Elle est la seule à savoir et à m'apaiser quand je souffre. Rassuré par sa présence, je cesse de penser à ma mémoire trop active. Je me laisse bercer par mon ange et arrête de ressasser le passé. De toute façon, que je me souvienne de tout ou pas, elle m'aime. Rien n'est plus important à mes yeux.


J'avoue, je ne pouvais pas résister. Depuis que j'ai vu Rufus, je me demande ce qu'il cache sous son masque. Bref...

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