Cet OS a été écrit pour les 24H du Forum Francophone (FoF) qui en célèbrent les dix ans le 14 juillet 2020, sur le thème « trop de choses à faire ». N'hésitez pas à nous rejoindre sur le FoF pour venir discuter et jouer avec nous (lien sur mon profil et dans mes auteurs favoris).

Résumé : le maître d'armes est désœuvré…


« Trop de choses à faire ».

Voilà ce qu'ils lui avaient répondu, tous, lorsqu'il leur avait proposé un petit entraînement à la loyale pour se maintenir en forme.

Trop de choses à faire. Tu parles ! Des empotés, tous autant qu'ils sont, à peine dignes du titre de chevalier dont ils se revendiquent pourtant à la moindre occasion.

Lorsque, ce matin-là, le maître d'armes avait fini par libérer les jeunes classes de son enseignement, lesquelles lui couraient franchement sur le haricot avec leurs questions idiotes et leurs certitudes de tout savoir, il avait bien espéré trouver un adversaire à sa hauteur pour se détendre un peu.

Mais non. Trop de choses à faire. Evidemment.

Des lâches, oui.

Bohort, qui prétendait vaquer à… Allez savoir à quoi, tiens. Une préparation d'un événement stupide, sans doute. Caradoc et Perceval, qui… Non, un adversaire à sa hauteur, il avait dit. Pas les imbéciles les plus inventifs de la planète dès lors qu'il fallait trouver des stratégies pour fuir un combat. Lancelot le péteux, sincèrement convaincu qu'il n'avait besoin d'aucun entraînement, parce qu'il s'entretenait très bien tout seul, merci pour lui. Léodagan, une grande gueule intacte mais qui, comme par hasard, se trouvait toujours une responsabilité militaire à accomplir lorsqu'il lui proposait un affrontement, alors qu'il ne courait pas après le travail d'habitude. Même Calogrenant, pourtant pas le dernier lorsqu'il s'agissait de pérorer sur l'honneur chevaleresque, s'était débiné comme une anguille.

Il avait bien tenté sa chance avec Hervé de Rinel. Ce dernier avait accueilli son invitation avec scepticisme mais avait fini par se laisser convaincre. Quelle idée avait-il eu de l'encourager… Cet imbécile avait passé son temps à hurler des mots guerriers sans queue ni tête en agitant son épée en l'air et en faisant des tours sur lui-même. Le maître d'armes aurait largement pu n'en faire qu'une bouchée mais, quand il n'y avait à ce point aucune résistance en face, ce n'était même pas drôle. Hissée à ce niveau-là, la bêtise était un art, ça l'avait presque rendu admiratif.

Mais son admiration ne l'avait pas occupé bien longtemps. Le maître d'armes s'ennuyait et l'ennui ne lui allait pas bien au teint. Jamais. Ça lui filait une irrépressible envie de provoquer tout ce qui se trouvait sur son passage.

C'est pourquoi il se mit à errer dans la cour puis les jardins, à la recherche d'un réceptacle acceptable pour ses velléités de baston.

C'est ainsi qu'il avisa le roi, au bras d'une charmante jeune fille à qui il chantait selon toute vraisemblance de jolies sérénades. Elle était tellement sous son charme que c'en était presque écœurant.

Voilà, ce fut aussi simple que ça. Le maître d'armes avisa le roi et il fut incapable de s'en empêcher.

Il brandit son épée et avec un authentique mépris pour la frayeur de sa belle, il courut vers leur souverain en hurlant :

« EN GARDE, MINABLE PETITE PUCELLE ! »


Bon voilà, le but n'était pas que ce soit très glorieux mais de s'amuser un peu… On fera mieux la prochaine fois !