Le chapitre n'est pas corrigé, j'espère qu'il n'y a pas trop de fautes qui traînent. Bonne lecture !


« Que vous a-t-il dit ?

- Pour la dixième fois, rien ! Je ne sais rien du tout. Il ne m'a pas inclus dans ses plans.

- Quand doit-il venir ?

- Après demain, normalement. »

Le pauvre homme était au bord des larmes. Ses mains grasses se trituraient alors que son regard restait vissé sur une rainure de la table en bois. « Rendez moi mes filles, je vous en prie… »

L'autre se pencha vers lui et un sourire mauvais étira ses lèvres. « Quand notre petite affaire sera conclue. »

Venec avait quitté les bras de son roi bien trop tôt à son goût. Le soleil n'était pas encore levé et la fraîcheur était bien présente dans la villa. Il s'était habillé en hâte avant de descendre l'étage pour récupérer quelques fruits qu'il avait mis dans son baluchon. Alors qu'il vérifiait que sa dague était bien présente à sa hanche, un raclement de gorge se fit entendre derrière lui.

« Vous ne comptiez pas partir sans dire au revoir ? » gronda Kalupso.

Le bandit se retourna, un petit sourire coupable aux lèvres. « Je ne voulais juste pas vous réveiller. »

La jeune femme leva les yeux au ciel à son explication, avant de s'avancer vers lui et de lisser les manches de sa chemise machinalement. « Faites attention à vous.

- Oui. Et vous…

- Je vais veiller sur Arthur. »

Ils se sourirent et l'angoisse qui commençait à tordre leur estomac rendit leurs yeux humides.

« Quand est-ce que vous allez dire à Arthur que vous l'aimez ? »

Le romain devint aussi rouge qu'un poivron et évita autant que possible le regard de son hôte. Puis il soupira.

« Ça ne servirait à rien, honnêtement. Si notre plan réussit, dans trois jours il est de nouveau roi de Bretagne.

- … et ?

- Et il récupèrera sa femme, ses maîtresse, sa vie d'avant. Une vie où j'étais juste un bandit comme les autres. Je n'aurai pas ma place au château.

- Qu'est-ce que vous en savez ? » contesta Kalupso, sidérée par son raisonnement. « Ça m'étonnerait qu'il vous raye de sa vie comme ça.

- Dans le doute, je préfère ne pas me faire d'illusions. »

La romaine afficha une moue boudeuse. « Et si le plan échoue ? »

L'homme réfléchit quelques secondes. « On verra. »

Cette réponse ne la convainquit pas mais elle n'insista pas. Elle préféra prendre Venec dans ses bras. « Vous avez pris assez de nourriture pour la route ? »

Cette fois-ci, ce fut au tour du bandit de lever les yeux au ciel et de répondre, un petit rire dans la voix. « Bon sang, vous êtes pas ma mère. Mais oui, j'ai ce qu'il faut. »

Il se séparèrent et restèrent silencieux quelques secondes, chacun dans ses pensées, avant que Venec ne se reprenne et se dirige vers la grande porte. « Je ne sais pas quand on va se revoir, alors… à bientôt, Kalupso, et prenez soin de vous. »

La jeune fille hocha simplement la tête avant de voir les contours de son ami disparaître dans les première lueurs du point du jour.

Arthur descendit les escaliers en hâte une heure plus tard. Il tomba sur Kalupso qui s'étirait dans un des salons et pesta. « L'abruti, il ne m'a pas réveillé !

- Vous allez le revoir dans quelques jours, de toutes façons. » ria la romaine. « Vous aurez tout le loisir de le chamailler. » ajouta-t-elle avec un regard équivoque. Arthur ne put pas faire semblant de ne pas l'avoir vu et vint s'asseoir à côté de la jeune femme, un tantillet gêné.

« Ça… certaines choses… se voient tant que ça ?

- Il est temps que vous en preniez conscience ! Dès votre arrivée, j'ai senti… comme une alchimie, quelque chose entre vous.

- Ah bon ?

- Oui, du côté de Venec, du moins. Pour vous c'est venu un peu plus tard, quand vous avez commencé à reprendre le dessus. Mais ça n'enlève rien au fait que vous vous tournez autour depuis des semaines sans jamais franchir le pas. » pouffa Kalupso.

« Hm… nous sommes… enfin je suis… sûrement maladroit. » souffla le souverain.

« Comment ça ?

- Et bien, je n'ai pas dû lui faire comprendre mes intentions assez clairement. »

Cette fois, la fille d'Aconia explosa de rire. « Ah non je vous assure qu'il les a très bien comprises ! Bon sang, vous avez beaucoup de compétences tous les deux mais avec l'amour vous êtes un beau duo de bras cassés. »

Le roi sourit au rire de la jeune fille et appuya son menton sur sa main, à moitié affalé sur la table basse. Pensif, il jeta un regard soucieux à son hôte. « Je ne sais pas comment faire, je suis perdu, entre la Bretagne, Lancelot, la Résistance, Venec, les dieux, vous…

- Moi ?

- Oui, vous, il va bien falloir réfléchir à ce que voulez faire avant que je parte…

- Vous voulez dire, choisir entre Rome et la Bretagne ?

- Non euh, enfin, je veux dire… oui, enfin savoir si vous voulez nous rejoindre à Kaamelott si notre plan fonctionne ou… rester à Rome. Ce que je comprendrais parfaitement d'ailleurs, le royaume de Logres ne vend pas franchement du rêve. »

De la joie de la jeune femme ne restait à présent qu'un sourire triste alors qu'elle observait les détails du plafond. Kalupso se fichait pas mal de l'apparence du royaume d'Arthur. La seule chose qui lui vendait du rêve, à elle, c'était d'avoir une famille. Et le roi de Bretagne n'était pas prêt de se débarrasser d'elle.