LA MORT BLANCHE
Finlande, hiver 1939-1940
La file ininterrompue de soldats s'étirait sur des kilomètres, tel un long ruban noir. La neige les ralentissait et ils avançaient péniblement. Quelques tanks rugissaient au milieu de cette marée d'hommes. Les hommes trébuchaient, ils avaient froids. L'hiver ne leur laissait aucun répit. Les températures étaient glaciaires, la neige tombait sans aucune interruption. Les doigts, les orteils, le nez : tout ce qui dépassait était gelé. Pourtant, la patrie d'où venait ces hommes n'était pas plus chaude. Mais les hivers russes paraissaient bien doux en comparaison de celui-ci. Car ce n'était pas le froid qui accablait le plus les soldats. Le paysage était magnifique. Les arbres qui poussaient partout autour étaient recouverts de neige, semblables à d'immenses fantômes. La forêt était partout. Un silence quasi absolu régnait, seulement troublé par le chant de quelques oiseaux, le passage rapide d'un animal au loin et la lente et pénible marche des hommes. Le flot d'humains s'écoulait lentement au milieu de ce silence. Personne n'osait parler, personne n'osait briser cet étrange calme. Tout semblait si paisible, presque mort. De légers flocons descendaient lentement du ciel dans un ballet hypnotisant. Ils se déposaient doucement sur les épaules des hommes, dans leur cheveux, en silence. Silence. Tel était le maître mot. Tout semblait endormi, mort. Le temps n'existait plus. Tout était figé et les hommes semblaient marcher éternellement, vers quoi ? ils ne sauraient le dire.
« Ils marchent vers leur mort, tous ! Aucun ne ressortira vivant d'ici, j'en fais le serment. Je ne les laisserai pas continuer à fouler ma terre comme ça ! » pensa silencieusement l'homme. Il regardait sans un bruit le long serpent noir qui s'étirait sous ses pieds. Nul ne l'avait vu. Il se fondait, invisible dans la neige. Mais lui les voyait, il les voyait même très bien. Les hommes avançaient lentement. Très lentement. Tant mieux. La neige l'aidait. Aucuns des hommes ne levait la tête. Tous marchaient, la tête courbée, fixant le sol et leurs pieds trébuchants. Aucune couleur nulle part. Le noir des arbres et le blanc de la neige immaculée. Le gris du ciel. Les seules taches de couleur dans cette étrange carte postale étaient les étoiles rouges peintes sur les flancs des tanks. La colonne poursuivait son avancée. « La mort sera votre seule destination. » murmura l'homme, en silence. Toujours en silence, il sortit son fusil et le chargea. Silencieusement, il choisit sa victime. Un soldat comme les autres. Rien ne le différenciait. Si ce n'est que lui ne se coucherait pas ce soir. Il tira.
La détonation claqua au milieu du silence. Une première, puis une autre d'un autre côté puis encore une autre. Un premier homme s'effondra, ses camarades se précipitèrent avant de tomber à leur tour, fauchés par les balles. En une seconde, tout le calme, l'harmonie, de l'instant précédent avait disparu. Les hommes criaient, courant en tous sens pour tenter de trouver un abri. Mais où s'abriter ? Certains avaient dégainé leur arme, prêts à venger leurs camarades. Mais où tirer ? Les tireurs restaient invisibles. Parfois, on apercevait un mouvement dans une direction. Tous les soldats faisaient alors feu. Mais impossible de dire si la cible avait été atteinte. S'éloigner des rangs c'était se faire aussitôt abattre par l'un de ces invisible tireur. Le chaos était total. Un tank arriva et commença à tirer dans l'orée des bois un peu au hasard. Couverts par son feu nourri, des soldats s'élancèrent à l'assaut de la colline d'où était parti le premier coup de feu. Quand ils y arrivèrent enfin, rien. Des traces dans la neige montrait qu'un homme s'était tenu là. Quelques cartouches vides restaient, abandonnées. Deux fines traces parallèles partaient dans les bois. De toute évidence, l'homme ne les avait pas attendu. Le tireur invisible s'était évaporé au milieu des arbres. Comme il le faisait toujours depuis le début de l'invasion.
« Alors, les pertes ? demanda le commandant.
_6 hommes abattus, 4 blessés et un 5ème dont on ne sait pas encore s'il va passer la nuit.
_Bien, vous pouvez disposer. »
Le soldat salua et se retira. Resté seul, l'homme s'autorisa un soupir. Ce n'était pas très bon tout ça. Pas bon du tout. Certes, les pertes humaines étaient minimes mais ce n'était pas le problème. Le problème, c'était que c'était un seul homme qui avait fait cela. Un homme seul avec un fusil, qui s'était attaqué sans hésiter à leur armée toute entière. Leur armée ! L'armée soviétique, l'une des plus puissantes du monde ! Et il n'était pas le seul. On lui avait rapporté plusieurs autres attaques, au même moment, à différents endroits du convoi. Les pertes étaient minimes, en apparence, mais, ramenées au nombre d'hommes qu'ils avaient en face d'eux, elles étaient conséquentes. En plus, c'était très mauvais pour le moral des troupes. Avancer en se demandant à chaque seconde si un tireur n'est pas embusqué quelque part n'est pas vraiment une bonne chose. Il allait falloir qu'il motive ses troupes. Un bon discours, leur rappeler qu'ils se battent pour la mère patrie, qu'ils ne peuvent pas perdre. Bien sûr qu'il ne pouvait pas perdre ! Eux, les Russes, une des meilleures armées du monde, perdre contre quelques fermiers finlandais ? Impossible ! Lui, le commandant Ivan Braginsky, ne laisserait jamais une chose pareille arriver !
Tino chantonnait doucement tout en nettoyant soigneusement son arme. C'était important de le faire correctement. Il souriait. La vie n'était pas si compliquée pour lui. Tirer sur les soldats russes était d'une simplicité presque enfantine. Avec la pratique, il s'améliorait. Il rechargeait plus vite et il visait mieux. Quand aux tirs des russes, ils étaient si peu précis que ce n'était pas bien compliqué de leur échapper. Son seul souci était l'absence de Berwald. Il était resté en Suède, pays neutre, et s'occupait de gérer avec son frère leur entreprise. Sa présence, grande et muette, manquait terriblement au finlandais. Mais, de toute façon, c'était mieux comme ça : Berwald n'était pas fait pour se battre comme ça. Il était trop grand et pas assez discret. Tino, lui, était plutôt petit, avec un visage souriant. Dans son village, les gens se moquaient souvent en lui disant qu'il était faible et qu'il ressemblait à une femme. Même Berwald l'appelait parfois sa femme ! Mais ce n'était pas méchant, c'était juste sa façon de faire. Il riait intérieurement en pensant à ces moqueries. Qu'est-ce qu'ils diraient aujourd'hui, s'ils le voyaient, les rieurs ? Ils chanteraient probablement un tout autre refrain. C'était la même chose pour les russes. Ils s'étaient attendus à un pays faible et sans défense mais il ne faut pas toujours se fier aux apparences. Beaucoup de russes avaient payé de leur vie cette erreur. Tino n'avait aucun remord à les abattre : ils venaient pour tenter d'envahir son pays et il n'avait pas l'intention de les laisser faire. Il continuerait de les tuer jusqu'à ce qu'ils soient retournés dans leur pays ou qu'ils soient tous morts jusqu'au dernier. Et s'il fallait arriver jusque-là, Tino le ferait sans hésiter.
Des mois ! Des mois que les soldats d'Ivan tombaient les uns après les autres. Quand ce n'étaient pas les balles d'un sniper embusqué, c'était le froid ! Ivan n'en pouvait plus. Il aimait ses hommes et les voir mourir ainsi le rendait extrêmement triste. D'autant que ces morts étaient on ne peut plus vaines. Bien sûr, ils avaient rencontré quelques victoires, ils réussissaient parfois à abattre quelques-uns des tireurs, mais à quel prix ? Le russe avait cessé de calculer les pertes à force. Le moral des troupes était au plus bas. On se battait contre un ennemi invisible, qui pouvait se dissimuler derrière le moindre talus. L'armée russe était censée être la meilleure, avec un armement perfectionné, des tanks, pourtant ils se faisaient décimer par une armée composée de fermiers armés de fusils et chaussés de skis. Difficile de maintenir le moral dans ces conditions. Les hommes étaient épuisés, physiquement et mentalement. Cela faisait mal au cœur d'Ivan de voir ça. Il aurait aimé faire quelque chose, mais il ne pouvait rien faire contre cette mort invisible. Il faisait de son mieux pour être aux côtés de ses hommes, pour les soutenir, leur redonner espoir. Mais lui-même n'avait guère plus d'espoir. Néanmoins il tenait bon. Il le devait, pour ses hommes. S'ils voyaient leur commandant effondré, comment auraient-ils la foi de poursuivre ? Il était la seule chose qui les faisaient tenir. C'était un poids lourd à porter mais il n'avait pas le choix. Il le fallait.
Parmi ces snipers, certains s'étaient fait un nom à force et étaient devenus presque des sortes de légendes locales. Ivan avait bien vu ce phénomène, aussi bien parmi les populations finlandaises que parmi ses propres hommes. On murmurait certains noms, on avançait le nombre possible de victimes, des nombres de plus en plus effarants probablement assez loin de la vérité. Ces histoires avaient un poids important sur le moral des hommes : qu'on réussisse à tuer l'une de ces légendes et toute l'armée s'en trouvait brusquement ragaillardie. Et parmi ces légendes se trouvait Tino Väinämöinen. Selon ce qu'on racontait sur lui, c'était un assez jeune homme, plus ou moins une trentaine d'années on n'était pas très sûr du chiffre exact. Il aurait grandi dans un petit village, plus au nord, et serait parti vivre en Suède avant de revenir pour se battre. C'était à peu près tout ce qu'on savait sur lui. On estimait son nombre de victimes entre 300 et 700. C'était très vague et Ivan se doutait bien que le chiffre de 700 était probablement exagéré mais, selon ses estimations, on tournait tout de même autour d'environ 450 victimes. Tout cela pour un seul homme, armé d'un simple fusil et d'un pistolet ! Cela dépassait l'imagination. Ivan devait bien avouer qu'au fond, il admirait cet homme. Néanmoins, c'était un ennemi et un ennemi important. Pour Ivan, c'était même une des cibles prioritaires. Sa mort remonterait considérablement le moral de ses troupes, et le sien par la même occasion, et affecterait celui de leurs adversaires. Le tuer était de la plus haute importance. Le russe avait déjà tenté tant de choses, avec malheureusement peu de succès. Le finlandais parvenait toujours à s'échapper, disparaissant au milieu des bois. Néanmoins, Ivan était confiant : ils finiraient bien par avoir ce fichu sniper !
Il faisait un temps magnifique malgré les -20° C ambiants. Le soleil se réfléchissait sur la neige et on était obligé de plisser les yeux dès qu'on voulait regarder quelque chose. Ivan se forçait néanmoins à regarder. Il cherchait un mouvement, n'importe quel signe qui aurait pu signifier une attaque, un buisson qui bouge, un cri d'oiseau. Tous ses sens étaient en éveil. Il ne fallait jamais relâcher sa garde, pas une seconde. Sa main était posée sur la crosse de son arme, prête à tirer. Il pouvait sentir toute la tension qui régnait dans l'air. Soudain un coup de feu claqua et un homme s'effondra tout prêt d'Ivan. Celui-ci dégaina son arme et contempla la colline d'où venait le coup. C'était lui, il en était sûr. Il resta immobile, son arme braquée sur la colline derrière laquelle venait de disparaitre l'autre. Il fallait être rapide, précis. Il n'aurait peut-être pas de 2ème chance. Il perçut soudain un mouvement. Sans hésiter il tira. « Touché ! ». Il en était presque sûr mais ne prit pas le temps de s'en assurer. Le russe bondit et s'élança vers la colline. L'autre ne lui tira pas dessus. C'était bon signe ça, très bon signe même. Il atteignit le haut de la colline à temps pour voir une silhouette disparaitre dans les bois. Il tira à nouveau. Avait-il atteint sa cible ? Ivan n'en savait rien. Il se précipita dans les bois, suivant les traces laissées par les skis de l'autre. De jolies auréoles rouges coloraient la neige, preuve que la balle avait atteint sa cible. Il les suivit, gardant la main sur son pistolet. On n'était jamais trop prudent. Soudain, il tomba sur un paquet de neige tout remué. Le tireur avait du tomber. Ses skis étaient abandonnés à côtés. Des traces de pas s'éloignaient dans les bois. Ivan les suivit. Il se sentait comme un chasseur traquant un gibier. L'autre ne pouvait pas lui échapper. Il était blessé, il n'avait plus ses skis. La neige marquait chacun de ses pas, l'empêchant de disparaitre. Trahi par cette même neige qui avaient permis aux tireurs de se dissimuler pour accomplir leur sinistre forfait. Ivan en aurait presque ri. Les traces croisèrent un ruisseau puis disparurent. Ivan réfléchit. L'homme avait dû marcher dans l'eau pour masquer ses traces. Pas bête. Il n'y avait que deux possibilités : ou bien il avait remonté le courant, ou bien il l'avait descendu. Vu l'état du blessé, Ivan aurait parié pour la 2ème solution. Néanmoins, l'autre avait pu penser à ça aussi et remonter exprès. Le russe hésita puis choisit de remonter. Il marcha un temps au bord du cours d'eau. L'eau devait être gelée. Si elle n'était pas glacée, c'était uniquement grâce à la force de son courant. Il commençait à se dire qu'il avait dû faire fausse route. Comment un homme, blessé et épuisé, trouverait-il la force de braver le froid et le courant ? Il s'apprêtait à faire demi-tour lorsqu'il vit soudain quelque chose, accroché à un rocher au milieu de l'eau. Prudemment, il s'avança sur les rochers glissants. Une baignade ne lui faisait pas spécialement envie, surtout vu la température extérieure qui devait avoisiner les -20° C. Il récupéra l'objet. C'était un morceau de tissu, qui avait dû être une poche. Avec se trouvait une photo délavée et légèrement humide. Le russe la regarda pensivement. On y voyait deux hommes, un très grand et sérieux avec des lunettes et un autre, plus petit et plus mince, qui souriait joyeusement à l'appareil. Ils se tenaient la main. Ivan resta un instant là, à contempler cette petite image, pleine de joie et d'insouciance. Puis il se souvint d'où il était et de ce qu'il avait à faire. Il rangea l'image dans son grand manteau et reprit sa marche. Il était dans la bonne direction, cette fois c'était sûr !
Froid. Il avait froid. Respirer lui faisait mal. La tâche rouge sur sa poitrine s'agrandissait lentement tandis qu'il sentait ses forces le quitter. De petites tâches de lumière dansaient devant ses yeux. Il était terrifié. Il ne voulait pas partir, pas ici, pas maintenant ! Il voulait revoir Berwald, sentir de nouveau ses grands bras qui l'enlaçait, entendre de nouveau sa voix rude. Il voulait encore se réveiller à ses côtés le matin, l'embrasser, lui dire qu'il l'aimait. Il ne voulait pas partir, pas abandonner tout ça. Tous ces petits plaisirs : il voulait encore ressentir la caresse du vent dans ses cheveux, la chaleur du soleil sur sa peau. Il voulait encore entendre les oiseaux chanter, il voulait encore sentir l'odeur salée de la mer. Il voulait encore tant de choses ! Il voulait encore vivre. Pourtant la vie le quittait. Lentement mais sûrement, la tâche sur sa poitrine devenait de plus en plus importante. Il sentit des larmes couler sur se joues à la pensée de tout ce qu'il abandonnait. « Berwald… » murmura-t-il. Seul un murmure rauque sortit de ses lèvres. Soudain, il vit une immense silhouette apparaitre au-dessus de lui, entre les arbres. « Berwald ? ». C'était lui ! Il était là. Il venait le chercher ! Tout allait bien aller maintenant. Tout irait bien. Il laissa le sommeil l'emporter, tombant peu à peu dans le noir. Il sentit ses yeux se fermer, sa conscience disparaitre doucement.
Ivan regarda le finlandais étendu à ses pieds. « Berwald ? Je ne sais pas qui c'est mais ce n'est pas moi. ». C'était parfaitement inutile de dire ça, il le savait. L'autre ne parlait probablement pas russe. Une dernière volute de fumée s'échappa entre les lèvres gelées de l'homme puis plus rien. C'était fini. La vie avait quitté son corps. Ivan le regarda pensivement. C'était le petit homme souriant de la photo. Il n'était effectivement pas grand, surtout par rapport au russe. Il avait des cheveux blonds très fins, pleins de neige. Ses yeux étaient fermés. Il était calme, tranquille. On aurait dit qu'il dormait. La trainée rouge le long de on visage attestait que sa première balle l'avait bien touché. La deuxième tâche, énorme, sur sa poitrine était son deuxième coup. Il ne l'avait pas manqué. Il l'avait fait, il avait réussi ! Il avait abattu le tireur invisible, il avait vaincu la Mort Blanche. Il avait vengé les centaines de jeunes hommes tombés sous les balles de ce tueur implacable. Pourtant, quand Ivan le voyait maintenant, il ne pouvait s'empêcher d'être pris d'un doute. L'homme avait une allure tellement angélique, tellement calme. On disait qu'il ressemblait à une femme et ce n'était pas complètement exagéré. Les traits du finlandais était beaux et fins. « Il ne faut jamais se fier aux apparences, décidément. » pensa le russe. Mais peu importe l'allure de l'autre. A présent c'était fini. Son corps allait lentement pourrir, se décomposer. Les vers dévoreraient le joli visage et ne resterait plus que quelques os abandonnés. Ivan, lui, continuerait à mener ses hommes dans cette guerre qu'il devinait déjà perdue. Il mourra avant la fin ou il survivra et retournera en Russie pour mener encore d'autres combats, mener d'autres hommes à la mort. Un jour, il mourra lui-aussi et les vers mangeront son corps comme ils avaient mangé ceux de ces hommes, comme ils mangeront bientôt celui du sniper abattu à ses pieds. C'était ainsi. C'était la vie et ça l'avait toujours été. Ivan n'avait pas peur de la mort. Il l'affrontait en permanence. Un jour, il perdrait et c'était comme ça. Il aurait aimé enterrer le corps du finlandais. Malgré son appartenance au camp ennemi, c'était un soldat extraordinaire et Ivan l'admirait sincèrement. Mais le sol était trop dur et il n'avait pas de pelle. Alors il laissa le corps là où il était, contre cet arbre où l'homme épuisé avait dû s'effondrer. Il partit, fit quelques pas puis retourna vers le corps. Il glissa la photo des deux hommes à l'intérieur du manteau du mort et s'en alla tandis que la neige commençait à tomber, recouvrant lentement le corps de Tino Väinämöinen.
Fin.
