Ginny expira profondément à son arrivée en haut de la Tour D'astronomie. Elle était essoufflée, affaiblit, mais plus encore, elle était véritablement hors d'elle. Sa colère, qui n'avait cessé de croître depuis cette après-midi, s'était transformée en un véritable brasier haineux, si bien qu'elle se demanda bien comment elle arrivait ne pas littéralement exploser en flammes mortelles. Son cœur, son cerveau, ses convictions ainsi que tout ce pourquoi elle se battait, bouillonnait désormais dans son sang outré, liqueur incandescente de sa haine. Une haine qui n'avait pas de mot, et dont la force lui avait fait gravir les marches de la tour avec plus de rapidité qu'elle ne l'aurait cru possible. Ses jambes douloureuses n'avançaient plus que grâce à elle, réduisant sa fatigue à un simple détail. Même Magnus n'osait plus s'agiter dans son ventre, presque effrayée par les émotions meurtrières de sa mère. Des émotions qui floutaient sa vue, altéraient sa pensée, et empoisonnait son cœur... des émotions qu'elle n'avait pas ressenties depuis longtemps... Alors qu'elle passait la porte de la tour, le crépuscule l'enveloppa de son manteau d'hiver, la faisant frissonner dans sa tourmente. Pour autant, il ne parvînt pas à calmer ses ardeurs, ni même les feus qui brûlaient dans ses iris. Des feus qu'on aurait cru capable d'incendier le monde entier, pour ne laisser que mort et désolation dans des fumées toxiques. Des feus qui ne représentaient cependant qu'un dixième de ceux qui brûlaient déjà son âme.

Alors qu'elle s'avançait, elle senti sa poitrine s'alourdir, signe de sa proximité avec son dieu, mais aussi son démon le plus mortel. Jedusor était là. A sa vue, elle expira davantage, comme pour se calmer, et retrouver son masque de marbre. Mais c'était impossible. Elle savait que lui donner rendez-vous dans son état était dangereux, voire irresponsable. Mais il avait franchit une limite. Une limite qui déversait en elle, la rage des Reines trahies. La Rage d'une Dark Lady. Il se tourna vers elle à son entrée, à la fois soulagé de la voir, et exigent d'explication. Une journée entière passée sans elle, lui avait semblé interminablement long mais aussi particulièrement frustrant. Il ne croyait pas un mot des dires d'Hermione ou de Drago. Pour autant, il ne put que constater sa pâleur maladive. Une pâleur qui l'inquiéta bien moins que l'éclat de son regard.

- Où étais-tu aujourd'hui ? Demanda-t-il d'entrée.

- Ce n'est pas l'objet de ma venue.

Son ton n'avait jamais été aussi froid, et franc à son égard, fronçant ses sourcils de méfiance, mais aussi de curiosité.

- Mais c'est l'objet de ma question. Répondit-il. Réponds-moi.

- Non.

La dureté de sa réponse le figea de stupeur. Jamais, elle ne lui avait dit non.

- Excuse-moi ?

C'est là qu'elle s'embrasa, relâchant enfin cette haine qu'elle avait contenu en elle depuis des heures. Alors qu'elle s'avançait face à lui d'un pas vif et tranchant, elle s'exclama dans son venin, un rictus d'horreur sur le visage.

- Je ne te dirais rien. Cingla-t-elle. Pas avant que tu m'aie dit pourquoi tu donnes du Sang de Vélane à Blaise !

Sa sommation le prit de court, autant que ses mots. Elle savait. Et sa réaction lui sembla presque plus étrange que sa découverte. Le regard en furie, elle paraissait prête à lui lancer un sort, les mains recroquevillées autour de sa cape, comme pour ne pas céder à cette envie. Pantois, il la voyait comme jamais auparavant : Menaçante. Cette audace durcit ses traits dans son orgueil outré, et il s'avança à son tour, réduisant le peu d'espace qui les séparaient. Pour la première fois, leur connexion vibra de leurs colères mutuelles, et électrisa l'air autour d'eux comme un orage sur le point d'éclater. Mais aucun d'eux ne baissa la tête, comme deux tyrans en désaccord mais bien trop fières pour s'écraser. Leurs regards s'affrontèrent dans leur silence, intoxicant leurs souffles désormais mélangés, de vapeurs létales.

- Je te conseille de changer de ton. Dit-il alors.

- Et moi je te conseil de me répondre ! S'emporta-t-elle tout aussi durement. Pourquoi donnes-tu du sang de Vélane à Blaise ?

- Il avait mal. C'est un antidouleur. Fin de l'histoire.

- Fin de l'histoire ?! Hurla-t-elle. C'est une drogue !

- Si ton ami est trop faible pour résister à son addiction, je ne vois pas en quoi j'en serai responsable !

- C'est toi ! C'est toi qui l'as poussé à en prendre ! C'est toi qui l'as rendu accro !

L'air grondait autour d'eux, révélant cette haine sourde au grand jour dans le froid de décembre. Aucun d'eux n'arrivaient désormais à penser. Seul leurs mots, les percutaient.

- Quand bien même, c'est lui qui revient tous les soirs pour avoir sa dose ! Dit-il presque nonchalamment. Alors ne m'accuse pas !

- Oh bien sûr ! Tu ne te vois que comme un sauveur qui l'a épargné de ses souffrances, où avais-je la tête ?

- Change de ton !

- Pourquoi ?! Dit-elle alors. Hein ? Parce que je suis ta fidèle ? Parce que tu pourrais me tuer ? Parce que je devrais avoir peur de toi ?

Elle le défiait ouvertement, enterrant son autorité sous ses cris accablant et la tension de tout son être. Mais elle faisait une erreur, car déjà, il pouvait sentir son corps frissonner d'une de ses colères dévastatrices. Une colère qu'elle regretterait amèrement de devoir affronter.

- Crois moi... tu ferais mieux de te taire. Souffla-t-il.

- Fais-moi taire alors, parce que je n'en ai pas l'intention ! Claqua-t-elle. Tu t'es servi de Blaise ! Dis-moi pourquoi ?

- Je n'ai aucun compte à te rendre ! S'exclama-t-il.

- Blaise est ma famille ! Hurla-t-elle scandalisée. Tout comme Hermione et Drago ! Leurs problèmes sont mes problèmes !

- Vous êtes mes fidèles avant tout, ne l'oublie pas !

- Oh tu crois ça ? C'est vrai, j'avais oublié que tu étais incapable de comprendre le sens du mot Famille !

Ces mots lui firent voir rouge, blessant son cœur et son orgueil, alors que sa baguette atterrissait instinctivement dans sa main, prête à en découdre. Mais Ginny ne recula pas devant cette menace grandissante, le défiant un peu plus de son regard acéré. Elle savait que ces mots étaient injustes à son égard, mais ne l'avait-il pas été suffisamment pour les mériter ?

- Comment oses-tu ?!

- Je pourrais te retourner la même question. Dit-elle. Depuis le début, nous te sommes loyaux ! Depuis le début, nous t'accompagnons dans tes plans les plus dérangés, mais tu ne cherches qu'à nous détruire pour ta petite satisfaction personnelle !

- Ce sont de belles paroles venant de la bouche d'une menteuse telle que toi ! Railla-t-il presque amusé.

- Pardon ?

- Dis-moi où tu étais aujourd'hui !

- J'étais malade !

- Et je suis censé te croire sur parole ? Là est le problème ma chère Ginerva, c'est que je ne crois plus le moindre mot qui pourrait sortir de ta jolie petite bouche. Rendre Blaise accro était une aubaine pour moi, car un drogué est souvent prêt à tout pour sa dose, même à révéler ce que toi et tes amis me cachez depuis le début ! Dit-il d'un sourire effrayant.

- Si tu crois ça, tu te trompes !

- Dans ce cas ne me mens pas !

- J'étais malade ! S'exclama-t-elle hors d'elle. Et si je dois te le dire sous Veritaserum pour que tu y crois, alors soit ! Mais je te défends d'utiliser ma famille pour me manipuler !

- Tu n'es pas en mesure de me dire ce que je dois faire Ginerva. Au cas où tu l'aurais oublié, toi et ta chère petite famille m'appartenez, et ce n'est qu'une question de temps avant que je ne découvre ce que vous me cachez.

Il crachait ses mots avec une telle conviction, que ce n'est qu'à cet instant que la jeune femme commença à mesurer leur gravité. Blaise n'avait pas fait que lui parler du sang de Vélane ; il lui avait aussi fait part de ses peurs. Des peurs qu'elle comprenait désormais fondées, face à Jedusor. La peur d'être découvert... la peur de se faire prendre. La gorge serrée, elle jeta un coup d'œil à sa main, contractée et tremblante autour de sa baguette vrombissante de magie. Il luttait pour ne pas s'en servir contre elle. C'était évident. Elle aussi se retenait pour ne pas saisir la sienne, et pourtant, l'envie ne lui manquait pas. Les lèvres pincées, elle chercha à respirer, à se calmer pour ne pas se trahir un peu plus, mais comment aurait-elle pu ? Tom l'avait trahi aujourd'hui. Plus qu'elle ne l'aurait cru possible. Il s'en était pris à son ami, son frère, son compagnon, son fidèle... faisant de lui la victime d'une machination odieuse, infâme et cruelle. Une machination qui retournait son sang dans ses veines. Et pourtant, le Zabini n'avait pas cherché à rejeter la faute sur le mage Noir. A la place, il avait pleuré de honte, crié de douleur sous le poids de la culpabilité et l'avait supplié de lui pardonner, lui promettant mille sacrifices pour se racheter. Il avait craint sa foudre, son dégoût et même son rejet, mais comment aurait-elle pu lui infliger pareil châtiment ? Elle aimait Blaise, et la simple idée de le savoir si torturé valait déjà bien plus de doloris qu'il n'en méritait. Non, sa haine était allée ailleurs. Car pour elle, il avait peut-être sa part de responsabilité, mais n'était certainement pas l'investigateur de son triste sort. Le seul véritable responsable se trouvait sous ses yeux, et cela, Ginny en avait bien conscience. Le rendre accro au Sang de Vélane était bas, même pour Jedusor, à tel point qu'un dégoût l'envahissait désormais à chaque regard pour lui. Un dégoût, mais aussi une tristesse. Car, il n'était jamais simple d'aimer un homme qui n'arrivait qu'à vous décevoir.

- Crois ce que tu veux. Souffla-t-elle alors, la voix vide. Mais n'oublie pas ceci ; personne ne s'en prend à ma famille sans en payer le prix.

- C'est une menace ?

Elle fin sourire la saisit. Non, ce n'en était pas une, mais une promesse. Une promesse qu'elle avait bien l'intention de tenir. Pas seulement pour elle, ou pour ses amis, mais aussi pour lui. Car, il avait beau peut-être l'ignorer aujourd'hui, mais un jour ils deviendraient tous sa famille. La seule qu'il aurait jamais... son futur. Un futur qu'elle devait préserver de la menace qu'il représentait.

- Non... c'est un conseil. Dit-elle. Mais sois en sûr, la prochaine fois que je vois Arias tourner autour de Blaise, je te le renvoie dans une boîte. Quitte à en payer les conséquences, je ne reculerais devant rien. Pas même toi.

- Ne te surestime pas.

- Et toi ne me sous-estime pas !

Elle pensait chacun des mots qu'elle disait, à tel point qu'il faillit presque prendre ses menaces à la lettre. Mais dans son silence, il sourit à son tour. Sa pâleur, sa fébrilité et son état ne lui permettaient que de déballer de belles paroles. Et même si au fond de lui il savait que ce n'était pas le cas, son orgueil le persuadait qu'elle ne faisait que bluffer.

- Fais attention à toi Ginerva. Ton discours est celui de ceux qui meurt bêtement.

- Fais ce que tu veux de moi, ça m'est égale.

- Ne me met pas au défi.

Elle voyait bien qu'il riait d'elle, mais elle n'en avait que faire. Elle seule savait de quoi elle était capable. Elle seule savait ce qu'elle avait enduré, et jusqu'où elle serait prête à aller. Qu'il ne la prenne pas au sérieux, lui importait peu. Les dés étaient lancés. Les mains tremblantes de magie, elle voulut rétorquer ses ultimes paroles, et tourner les talons pour ne plus le voir, mais s'abstînt brusquement dans un halètement de surprise, et étrangement... de douleur. Comme un coup qu'on lui aurait porté en plein ventre, son abdomen se contracta violemment dans une vague terrible, réveillant son fils jusque-là étonnement calme et lui arrachant une grimace stupéfaite. Soudainement fiévreuse, elle senti son souffle s'accélérer dans sa panique, comme si un étau de plomb s'était refermé sur ses poumons, tandis que Jedusor la regardait désormais sans comprendre, le visage empreint d'une inquiétude nouvelle.

- Qu'as-tu ?

Elle voulut se détourner, partir le plus loin possible avant qu'il ne soit trop tard, et garder la face, mais Tom l'agrippa. Il l'accabla de questions qu'elle n'entendit ni ne comprit. Son seul désir était de se détacher et de fuir. Mais sa vue se brouilla devant elle, réduisant le mage noir à une forme floue et vacillante. Les couleurs se mélangèrent et ses sens la trahirent, confondant le sol avec les cieux dans un tournis maladif. Dans sa confusion, elle tenta en vain de fuir mais ne put bouger sans se plier en deux dans un souffle saccadé, et un hurlement à moitié contenu. Son ventre n'était plus que douleur et feu, remontant jusque dans sa poitrine en des flammes dévorantes et insatiable de chaires. A croire que toute sa haine s'était matérialisée dans son propre corps, la condamnant à n'être que cris étouffés devant le Sorcier. Comme une crampe que l'on sent venir, une deuxième vague monta peu à peu en elle, peignant une horreur sans nom et une nouvelle peur sur son visage. Elle n'avait jamais connu ce genre de douleur. Loin d'être semblable au doloris, ou à n'importe quel sortilège de torture, c'était son propre corps qui s'en prenait à elle. Elle pouvait le sentir. C'était elle. C'était Magnus. C'était eux.

- Ginny !

La force des contractions qu'elle subit la fit tomber à genoux, exacerbant sa pâleur déjà cadavérique sous les yeux de plus en plus paniqués de Jedusor. A bout de souffle, elle senti son bracelet vrombir chaudement sur sa peau, symbole de la force magique de son fils, désormais à peine sous contrôle. Désespérée, elle comprit qu'elle avait commis une erreur en venant ici, et en se laissant guider par sa colère. Elle aurait dû savoir que cela suffirait, à réveiller son état, tout comme elle aurait dû se douter qu'aucun artefact magique n'aurait pu l'aider. Face à elle, elle vit Tom s'accroupir, et la retenir contre lui pour qu'elle ne s'écroule pas au sol. Mais son contacte et sa proximité, ne parurent que tout empirer. Dans un élan effrayé, il chercha à dégager son col pour l'aider à respirer, mais sa peau contre la sienne lui laissa une traînée enflammée, les surprenant tous les deux par la douleur qu'elle provoqua.

- Par Merlin, mais que t'arrive-t-il ?!

Il perdait ses moyens, cela se voyait. Si bien qu'on aurait eu du mal à croire qu'il y a quelques secondes encore, tous deux se déclaraient une guerre muette.

- Je dois partir... souffla-t-elle.

- Dis-moi ce que tu as !

Mais elle ne put répondre, envahit par une troisième vague si forte qu'elle crut bien qu'on lui déchirait les entrailles. Désormais complètement au sol, elle senti les bras de Tom l'entourer alors qu'il s'empressait de jeter un sort d'alerte par-delà la Tour. La situation dérapait. Elle pouvait le sentir, quelque chose se passait. Quelque chose d'anormal qui la faisait désormais frémir. Dans sa peine, la prophétie de Dumbledore résonna en elle, et une sueur froide coula depuis sa tempe. Une main plaquée contre son ventre, elle senti Magnus s'agiter plus que de raison, ne faisant que concrétiser toutes ces angoisses. Et à travers ses gémissements, elle implora milles Dieux de la pardonner pour son inconscience. Pour son orgueil et sa faute.

- Ginny ! Parle-moi !

A cet instant, et pas peur de perdre son fils, elle aurait été prête à tout dire et à tout révéler... mais l'air lui manquait. L'air et la raison. Face à sa respiration de plus en plus fuyante, Tom s'impatienta et réussit à dégrafer sa cape qu'elle serait désespérément contre elle. Une cape qu'elle paniqua de perdre devant lui dans son inconscience de plus en plus forte. Elle pouvait le sentir… Son corps ne lui répondait plus, ses pensées s'effilaient et son secret s'effritait.

- Laisse-moi t'aider !

Il s'écriait, plus alarmé que jamais, et prêt à tout pour lui permettre de respirer de nouveau mais ne put reposer la main sur elle. Dans un écho de magie, une force le repoussa violemment, le projetant au loin contre l'un des murs de la Tour. Une magie qui, lorsqu'il retomba au sol, le pétrifia par sa force et son essence. Figé de stupeur devant elle, il ne sut quoi dire, ébranlé jusqu'au plus profond de son âme, sans pour autant comprendre pourquoi. C'était comme s'il pouvait la sentir battre dans le corps de sa fidèle, puissante, insolente et presque familière. Une force dont la simple présence lui donna des frissons. Muet et absent pendant plusieurs secondes, il s'éveilla fébrilement en entendant Ginny hurler, cette fois, à plein poumons. Un cri de peur et de détresse, qui sembla parcourir Poudlard tout entier, et entailler son cœur si douloureusement, qu'il crut bien ne jamais avoir entendu un son aussi atroce de sa vie. Alors qu'il se ruait vers elle de nouveau, les mains cette fois plus hésitantes, c'est elle qui lui saisit le bras, le souffle court dans ses dernières secondes de conscience. Un touché qui l'électrifia, autant que ses mots.

- Je... je devais le faire.

- Quoi ?

- Je devais le protéger. Je t'en prie... je...

Des larmes se mirent à briller au coin de ses yeux ; de douleur ou de peur, elle-même ne savait pas. Mais ce dont elle était certaine était qu'une page allait se tourner. Une page pour laquelle elle s'était battue pendant des mois, mais qui n'avait désormais plus de sens... et qui allait laisser place, à un chapitre bien plus sombre de leur histoire. Celui de la vérité.

- De quoi tu parles ? Qu'est-ce... qu'est-ce que c'était que ça ?! Qu'est-ce qui t'arrive ?!

Elle chercha ses mots, mais n'en eut plus l'utilité. Derrière eux, et dans un bruit de courses effrénées, apparurent Hermione et Drago. Les joues roses, et le souffle court, ils se figèrent devant la scène qui se joua devant eux. Leur maîtresse à terre, tordue de douleur et Jedusor, paniqué et impuissant. Leurs sangs ne firent qu'un tour à la penser de Magnus, les précipitant vers eux dans un élan horrifié.

- Qu'est-il arrivé ?!

- Elle s'est écroulée au sol !

- Quoi ? Mais... mais comment ? Paniqua Drago.

- Je ne sais pas ! S'impatienta-t-il. Mais il y a quelque chose ! J'ai l'impression qu'une magie la protège et la tue en même temps ! S'exclama-t-il.

Les sorciers se regardèrent entre eux, mais n'écoutèrent plus les dires du Jedusor. Ils n'en avaient plus besoin, l'esprit suffisamment averti pour comprendre qu'ils s'étaient tous leurrés de croire que Dumbledore leur apporterait une solution, et du répit. Magnus était trop fort. Et leur bonne étoile, morte depuis longtemps. Tout en ignorant le mage Noir, Drago releva la tête de la rousse, désormais dodelinant dans le vide. Ses yeux s'étaient fermés sur le visage de son ami, l'apaisant dans ses ultimes douleurs avant de plonger dans une obscurité totale. En la touchant, Drago déglutit. Elle était brûlante d'une fièvre trop dangereuse, aussi bien pour elle que pour l'enfant, ne faisant que pâlir Hermione qui tâta son ventre avec angoisse.

- Dîtes moi ce qui lui arrive ! Maintenant ! Hurla le jeune homme à bout.

Mais aucun d'eux ne parla, trop concentrés et apeurés. Il n'y avait plus de rôles qui tenaient désormais. Seule comptait leur Reine.

- Je veux...

- Silence ! S'exclama brusquement Hermione agacée.

Son ton le laissa pantois, et enragé. Mais elle ne sembla pas même le remarquer. L'œil vif et alerte, la jeune femme se risqua à passer une main sous la cape de son amie. La magie révéla son ventre gonflé à sa main, mais elle le senti si contracté, qu'elle en frissonna d'horreur. Sous ses doigts, elle perçut la force de Magnus et s'effraya de par sa différence de taille. En moins d'une journée, presque deux semaines de grossesse s'étaient écoulées, accélérées par la magie à peine contenue de l'artefact. A cet instant, et dans toute leur impuissance, elle comprit alors qu'il n'y avait plus rien à faire. Le corps de Ginny la délaissait pour se concentrer sur son fils, comme Dumbledore l'avait prédit. Mais ce qu'il n'avait pas prévu, était que cela arriverait aussi vite.

- Hermione ?

La jeune femme regarda Drago, désespérée par l'irréversibilité de la situation, et se tourna vers Jedusor, toujours présent et demandeur de réponses. Il leur fallait prendre une décision. Au plus vite.

- On n'a plus le temps. Dit-elle alors. Son corps est en train de la lâcher !

- Quoi ?! Mais...

- Aide moi à enlever la cape ! Ordonna-t-elle alors.

- Pardon ?! S'horrifia la Malfoy.

- Magnus est en train de la tuer ! Aide-moi à enlever cette foutue cape !

Il n'était plus le temps des secrets, de la contenance ou des plans. Seul comptait leur survie. Une survie qu'il était désormais question de préserver malgré les conséquences qui en découleraient. D'une main fébrile, Hermione et Drago dégrafèrent le reste des pans de la cape pendant du corps désormais inanimé de la Waesley. Un tissu que Jedusor vit briller dans la nuit, et qui ôta les derniers restes de magie de son corps. Des restes qui s'évanouirent quand le vêtement tomba au sol, et dont l'absence révéla l'inimaginable aux yeux de Tom... le secret qu'il avait tant cherché à découvrir, et qui aujourd'hui, le laissa plus choqué et meurtri que n'importe quel mensonge.


Une douche froide leur tomba sur la tête. Si violente et si inattendue, qu'on put presque sentir le choc de la nouvelle résonner dans tout leur être. Comme un écho d'acouphène, les cerveaux d'Harry et Ron répétèrent en boucles ces noms qu'ils s'étaient désespérés de ne plus jamais entendre un jour. Des noms qu'ils avaient cru, à jamais perdu dans les méandres du temps, et qui pourtant, les percutaient en plein visage aujourd'hui. Les sorciers du futur, virent alors leurs traits changer du tout au tout, révélant un autre aspect d'eux, qu'ils n'auraient jamais cru existant. De la joie légère et au soulagement, leurs visages se durcirent dans une surprise si inespérée et fébrile, qu'Harry et Ron semblèrent sur le point de défaillir. Se levant dans un élan incontrôlable, ils fixèrent leurs interlocuteurs d'une intensité si nouvelle, que ces derniers ne surent pas quoi répondre à leur tour. Pourtant, ils en avaient dit assez. Dans leur inertie, Harry et Ron virent les visages de leurs anciens compagnons défilés dans l'adrénaline de leurs souvenirs de détention dans l'autre dimension. Des souvenirs devenus presque flous avec le temps, mais qui, aujourd'hui, n'avaient jamais parus plus net. Magnus et son charisme inégalable, Kai et son regard aiguisé mais joueur, Scorpius et son sourire charmeur de serpentard... des souvenirs, mais aussi des émotions, des peurs et des regrets. Tout cela les frappa en pleine poitrine, coupant leurs souffles dans un halètement effrayé. Ils n'osaient y croire, comme des enfants incertains. Ils n'osaient y croire de peur de perdre cet espoir nouveau ; le même que celui qu'ils avaient ressenti en apprenant que Ginny était enceinte. L'espoir de les retrouver. L'espoir de voir leur famille réunie, cette fois, au complet.

Ils attendirent, dans le silence de leurs souffles accélérés, que les sorciers reviennent sur leurs mots. Comme une blague, ou une incompréhension. Mais ni Rosalie, ni Terrence ne démentirent les propos de Katherine. Et au fond de leurs yeux, ils virent résonner cette vérité... cette vérité si effrayante qu'elle en était à peine croyable, mais qui vivait en eux, avec la même intensité, les mêmes craintes et les mêmes attentes qu'eux.

C'est Harry qui réussit à parler le premier, Ron n'arrivant pas à réaliser ce qu'il venait d'entendre.

- Ils... ils sont là ?! Demanda-t-il désespéré.

- Vous... vous ne le saviez pas ?

- Non ! Répondit cette fois le Weasley. On... on a cherché partout mais... mais on a cru qu'ils étaient rentrés dans leur époque. On a cru qu'on était les seuls...

- Elias est rentré, avec ma mère et Drago mais personne d'autre. Dit Katherine surprise. C'est comme ça que j'ai pu fabriquer mon sortilège. Une magie étrange imbibait leur vêtement. Je m'en suis servi pour les tracer mais mes résultats me conduisaient toujours à la même date. Au début je ne comprenais pas et puis, j'ai dû me rendre à l'évidence. Je ne commettais pas d'erreur. Ils étaient bien en...

- 1944. Comprit Harry.

- C'est pour ça que nous sommes venus. Nous devions les retrouver.

- Vos parents vous ont vraiment laissé partir ? Demanda-t-il les sourcils froncé à cette idée saugrenue.

Cette question les mit soudainement mal à l'aise, les remettant brusquement dans leurs rôles d'enfants sans surveillance.

- Non, mais on devait le faire ! Dit Rosalie. Ma mère voulait partir à ma place, mais il était hors de question que je la laisse se mettre danger. Et c'est le cas pour tous nos parents. Notre époque a besoin d'eux. Et puis on pensait... on pensait pouvoir s'en sortir sans leur aide.

- Et ce fut une grosse erreur. Dit sombrement le Zabini.

- Terrence...

- C'est la vérité Kathy ! Regarde-nous ! En moins d'une semaine, je me suis retrouvé en cavale, et vous kidnappé et torturé ! On n'a pas tenu deux minutes face aux aurores, et les fidèles de Grindelwald ! On s'est voilé la face. Cette guerre n'a rien à voir avec la nôtre !

La vérité de ses propos était un coup dur à encaisser pour la fierté de leur sang. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Il avait raison sur toute la ligne, les preuves se lisant à travers les blessures encore sanglantes sur leur corps.

- Mais on a encore une chance. Dit la Malfoy pleine d'espoir. Je sens que Scorpius et Kai sont en vie. Et c'est tout ce dont j'ai besoin pour continuer à me battre. Ils sont là !

- Aucun de nous ne quittera cette époque sans eux. Ajouta Katherine.

Harry et Ron les regardèrent, un sourire aux lèvres. Ils étaient plus déterminés que jamais, prêt à tout malgré les épreuves et les drames qu'ils avaient enduré... et à cet instant, ils ne purent que constater leur ressemblance évidente avec leurs parents.

- Une... une piste nous à mener en Ecosse. On pensait les trouver au château mais cette explosion à contrecarrer nos plans... Allez savoir où ils sont maintenant.

- Qu'il soit ici où à l'autre bout du monde, on viendra avec vous. Dit Harry. Magnus, Kai et Scorpius sont importants pour nous aussi.

- Vraiment ?

- Plus que vous ne pouvez croire.

- On leur a fait une promesse, à eux et à nos amis. Souffla Ron. Et rien ne nous empêchera de la tenir... il n'est pas trop tard pour les sauver. Pour sauver notre famille.

Ces mots étaient étranges à entendre de leur part, pourtant, les sorciers ne dirent rien, conscient que naissait en eux, le dangereux espoir qu'ils puisse le penser sincèrement, et qu'ils les croient dans leurs désespoirs. Alors qu'un nouveau silence plus symbolique prenait place, les sorciers sursautèrent brusquement inquiets, au tintement irrégulier qui résonna contre la vitre de la Chaumière. Un hibou porteur d'une lettre, les attendaient devant la fenêtre, le pelage frissonnant et défait par le froid. Un hibou d'Hermione.

- Quelqu'un sait que nous sommes là ? Demanda Terrence surpris.

- Non, mais Hermione a toujours été plus futée que tout le monde. Dit Ron. Ses hiboux nous trouvent toujours.

D'un pas pressé, il ouvrit la fenêtre et se saisit de la lettre, mais une ride creusa sont front et ne fit que s'aggraver à mesure qu'il commença à la lire. Dans le hululement du hibou, il ne dit rien, mais sa pâleur parla pour lui. Son regard sembla paniqué et une chair de poule s'empara de lui. Une peur nouvelle venait de naître. Une peur qu'il avait redouté.

- Ron ? S'inquiéta Harry.

- On... on va devoir faire un détour à Poudlard, avant de partir à leur recherche. Souffla-t-il dépité.

- Quoi ? Pourquoi ?!

Il se retourna vers les sorciers, qui ne comprirent pas ce revirement de situation si soudain, et encore moins ses mots, destinés à Harry.

- C'est le bébé...


Coucou à tous ! Voilà ! Après deux semaines de révisions intensives, je peux enfin me permettre de revenir ! Et comme je vous l'avais promis, beaucoup de choses bougent ! Comme vous avez pu le voir, il n'est plus question de cacher Magnus désormais. L'artefact a échoué, Jedusor l'a découvert, Ginny est mal en point et des vérités et comptes rendu vont être attendus de la part de nos sorciers. D'un autre côté, Ron et Harry savent désormais que Magnus, Kai et Scorpius sont en 1944, mais "où" est une autre question. Plein de rebondissement sont attendus alors tenez vous bien pour la suite !

Merci à vous tous en tout cas pour votre soutient toujours aussi présent !

Je vous donne rendez vous la semaine prochaines ! ;) Gros bisous !