Hermione haletait. Le front en sueur, elle grimaçait à chacun de ses pas, son bandage déjà imbibé de son propre sang. De toute évidence, se battre le lendemain de son réveil, n'était pas une brillante idée. Mais rien ne l'aurait convaincue d'en faire autrement. Alors qu'elle restait en retrait dans le hall, et qu'elle était entrée il y avait moins d'une minute, elle avait dû se rendre à l'évidence. Ils avaient largement sous-estimé l'ampleur de la situation. Dissimulée dans l'angle d'un couloir, sa baguette recroquevillée contre elle, elle avait déjà dû désarmer et stupéfier pas moins de cinq hommes, tandis que Katherine, Rosalie, Drago, Ron et Harry, avaient dû en éliminer presque dix chacun pour seulement pouvoir entrer. Car oui, leur quantité était plus qu'affolante. Ils étaient des centaines, et grouillaient de partout à l'étage, galvanisés par la peur et l'imminence de leur attaque. De toute évidence, quelque chose ne s'était pas passé comme prévu, car leur infiltration, loin d'être discrète, ne se résumait plus qu'à un esclandre collectif.
Un peu partout, on entendait des sorts et des explosions résonner dans le Manoir déjà en piteux état, le transformant en victime principale des maléfices évités de justesse et des départs de feu magique. Blaise et Terrence, toujours au cœur de la bataille dans les étages supérieurs, avaient réussi à dégager le hall pour faire entrer leurs amis. Mais quand un fidèle tombait au sol, au moins trois nouveaux apparaissaient, plus enragés que jamais. Aussi, on les entendait hurler sorts après sorts sans prendre le temps de respirer, les visages couverts d'éclaboussure du sang de leur ennemis. Mais Kai, Scoprius et le Maître n'étaient pas avec eux. Et dans une moindre mesure, cela rassura les sorciers, toujours à couvert au rez de chaussé. Au moins, une partie de leur plan avait marché. Désormais éloignés des combats de premières lignes, ce n'était plus qu'une question de temps avant que le Maître ne confronte Grindelwald. Du moins, l'espéraient-ils...
- Katherine, combien de ton côté ? Demanda Ron en sécurisant le couloir adjacent à l'entrée.
- Sept du côté droit de l'escalier. Peut-être dix à gauche.
Positionnée avec les garçons, derrière un mur parallèle au séjour, l'esprit de la jeune femme bouillonnait à mesure que ses mains crépitaient de magie mortelle. Ils étaient trop nombreux pour les éliminer un par un, c'était évident. Et déjà, elle pouvait entendre les pas frénétiques de tous ceux qui étaient en route pour les exterminer. En faire tomber quelques-uns pour entrer avait été relativement simple, mais faire face à tout un escadron, à seulement six baguette, relevait du suicide. Paniquée, elle regarda Rosalie et Hermione, positionnées en face d'elle, dans l'embouchure de l'autre couloir de l'entrée. Ils n'avaient réussi qu'à prendre les dix premiers mètres du séjour, et déjà leurs respirations s'essoufflaient. Autant dire que s'ils voulaient s'en sortir en vie, ils allaient devoir changer de stratégie.
- On doit bouger avant qu'ils ne se regroupent ! S'exclama Harry en se recroquevillant pour éviter un sort.
- On sera à découvert ! C'est impossible !
Katherine les entendait hurler pour couvrir les détonations d'explosions, et malgré cela, elle n'arrivait pas à trouver une seule de leurs idées malignes. S'ils bougeaient, ils se feraient canarder comme des lapins, mais s'ils restaient là, leurs ennemis finiraient par les acculer dans l'entrée et ils seraient pris au piège. Sans prêter plus attention à leur débat, la jeune femme analysa la situation. A l'heure actuelle, seuls quelques fidèles arrivaient à les ternir en retrait depuis les escaliers, à l'autre bout du grand séjour. Au milieu des deux fronts, ne restait qu'un no-man's Land jonché de corps encore tièdes. Avec un peu de chance, ils pourraient venir à bout de cette vingtaine d'homme, mais là encore, les tuer un à un leur ferait perdre un temps précieux, durant lequel d'autre troupes ennemies se réuniraient. Ce serait une boucle sans fin. Un cercle vicieux qui ne laisserait aucun vainqueur.
Aussi, il fallait frapper un grand coup. Les faire tous tomber une seule fois, profiter de leurs gains de temps pour monter à l'étage, et retrouver leur Maître. Mais encore fallait-il trouver un moyen de se débarrasser d'eux. Dans l'adrénaline de son sang, Katherine pensa à invoquer un Feudeymon mais se ravisa bien vite. Un feu Magique incontrôlable pourrait détruire le château en quelques minutes. Alors qu'elle se crut dans l'impasse, la jeune femme eut cependant une idée. Le regard fixé sur ses mains crépitantes, son cœur bondit de peur comme d'excitation. Bien qu'elle cherchât un autre moyen, elle devait se rendre à l'évidence : elle avait le pouvoir de tous les éliminer d'un seul coup. Le pouvoir de faire couler leur sang sans les toucher, et de torturer leurs âmes d'un regard. Un pouvoir qu'elle n'avait quasiment pas exploité depuis son évasion du Château d'Ecosse, et qui l'effrayait, mais qui pouvait tous les sauver. Un pouvoir de mort, en échange de leurs vies. Sa malédiction bénite. Sans plus de réflexion, Katherine déglutit dans son silence. Il était temps de voir jusqu'à quel point sa lignée était puissante.
- Harry, il faut allez chercher Tom et Ginny ! S'écria-t-elle alors brusquement en interrompant leur débat agité.
- Qu... Quoi ?! S'écria Ron débecté.
- T'es complètement folle ! Ils vont se faire massacrer !
- Non ! J'ai un plan ! Tu dois me faire confiance !
Le survivant hésita quelques secondes, paniqué, mais se résigna malgré lui sous le regard inquisiteur de la Jedusor. Alors qu'il tournait les talons et courait entre les premiers cadavres, il jeta cependant un dernier regard à Drago, qu'il vit se décomposer dans sa stupeur et sa peur grandissante. Peut-être valait-il mieux qu'il parte en effet, car bien qu'il ignorât ce que Katherine envisageait, il fut presque heureux de ne pas avoir à y assister.
Ginny aurait probablement trouvé cela étrange de participer au premier affrontement entre Albus Dumbledore et Tom Jedusor. Mais les circonstances, ne lui laissèrent pas le temps de s'en rendre compte. Devant elle, se jouait une scène tout aussi historique que tragique, dont elle était la première spectatrice et actrice. Tom, en sueur, s'acharnait à tenter de désarmer son professeur. Mais sa magie était puissante. Peut-être même trop pour lui, qui n'avait pas encore les pouvoirs de Voldemort. Mais malgré cela, il ne s'avouait pas vaincu, rendant sort pour sort avec autant de force et de détermination que son corps en contenait. A tel point que Dumbledore lui-même, en semblait quelque peu surpris. Oui, Tom n'abandonnerait pas. Et elle non plus. Son fils emmailloté contre elle et serré à une main contre sa poitrine, elle s'évertuait à lancer autant de sorts qu'elle le pouvait, cherchant sans cesse à percer les défenses de leur adversaire. Mais la tâche était rude, si ce n'est impossible malgré tous leurs efforts. Et pendant un instant, elle dût bien reconnaître que Dumbledore n'avait pas volé sa réputation. Le battre semblait inconcevable.
- Renoncez ! S'écria-t-il alors entre deux maléfices. Je ne veux que l'enfant.
Mais il n'eut qu'un Avada pour seule réponse de Tom, qu'il dévia d'une facilité presque effrayante avant de le réattaquer de plus belle dans une explosion inattendue. Se couchant presque au sol, ils ne purent éviter l'onde de choc, et se retrouvèrent projeter dans les broussailles du fossé. Sonné, Tom déglutit dans sa haine, une migraine fulgurante le saisissant après sa chute. Ginny, protégée par les incantations préservant son fils, n'en mena malgré tout pas large non plus, son arcade salement balafrée et en sang. Pourtant, il la vit se redresser malgré ses blessures, un feu incandescent en elle. Elle n'était pas prête à laisser tomber. Tom la regarda alors dans sa tourmente, fière et impressionné, mais il déglutit. Il ne doutait pas de ses capacités, mais devait se rendre à l'évidence. Dumbledore était bien trop dangereux.
- Va rejoindre les autres. Lui dit-il alors en se levant à son tour.
- C'est hors de question !
- Tu n'as pas le choix !
- C'est inutile Ginny. Reprit Dumbledore en le regardant tout deux mal en point. Magnus est le seul capable de mettre un terme à cette guerre. Je ne m'arrêterai pas.
- Vas-y. Insista-t-il les dents serrés.
Ginerva le regarda à la fois ahurit et désemparée. Elle savait que la meilleure des choses à faire aurait été de partir sur le champ, et de mettre son fils en sécurité. Mais au fond d'elle, elle ne pouvait pas ignorer le fait que laisser Tom affronter Dumbledore, reviendrait à le laisser se faire tuer. Elle aurait voulu parler, trouver une solution, mais là encore, elle n'en eut pas le temps et vit leur Professeur lever sa baguette pour répliquer de nouveau. Son mouvement fut si rapide et décisif, qu'aucun d'eux n'aurait jamais pu lancer un Protego à temps ; et pourtant, ils en virent un se dresser devant eux. Un dont la puissance rayonna avec force, et étonna les Sorciers qui surpris, virent Harry sortir de nul part. Le souffle court, le survivant se dressa fièrement devant son futur Mentor, le visage impassible. Là encore, on aurait pu rire à l'idée que le grand Harry Potter, cherche à empêcher Dumbledore d'achever Tom Jedusor. Et pourtant, c'était bien ce qu'il avait fait. Sans se défaire de son calme, on vit le Professeur sourire au nouveau venu.
- Harry Jonhson ? Je ne pensais pas vous trouvez ici, vous aussi.
- Non, Monsieur. Mon nom est Harry Potter.
- Harry Potter ? Dit-il surpris dans l'éclat de ses lunettes.
- Oui. Et je regrette, mais je ne peux pas vous laisser les tuer.
- En toute honnêteté, j'aimerai autant éviter avoir à le faire.
- Alors laissez-les partir ! Magnus n'est qu'un enfant, il ne mérite pas d'être utilisé comme une arme ! S'écria-t-il.
- Je le sais bien. Mais une guerre implique des sacrifices.
A ces mots, Harry ne put qu'esquisser un triste sourire. Lui, mieux que quiconque, savait ce que cela faisait d'être le sacrifice d'une Guerre. D'être l'Enfant Prodigue, la seule arme capable de mettre un terme au règne d'un Mage Noir. Et même s'il savait que Dumbledore n'avait pas de réelles mauvaises intentions, il ne souhaitait son destin à personne.
Sans rien dire, il jeta un coup d'œil à Tom et Ginny, qui ne l'avaient pas lâché du regard depuis son arrivé. Un seul échange, qui suffit à les mettre d'accord dans leur silence.
- Vous savez, j'ai beaucoup réfléchi. Et j'ai compris pourquoi vous craignez Grindelwald. Dit-il alors plus fort.
- Grindelwald est une menace pour notre monde.
- Il n'y a pas que ça ! Vous étiez pareils fut un temps. Vous aviez la même quête. Et vous vous ressemblez encore aujourd'hui, malgré tous vos efforts pour le combattre. C'est là la raison pour laquelle vous le craignez. Peut-être même que c'est aussi pour ça que vous refusez de l'affronter.
- Il n'est pas judicieux de parler de choses dont on ignore tout Monsieur Potter. Dit Albus d'un ton soudainement beaucoup plus grave.
- C'est vrai. Mais vous vous trompez. J'en sais bien plus que vous ne le pensez. Et c'est pour ça que je ne vais pas vous laissez faire.
Harry leva alors sa baguette, mais contrairement à ce qu'anticipa Dumbledore, ce n'est pas lui qui l'attaqua. Aussi, il ne put contrer le sort détourné de Tom, accompagné d'un Chauvefurie endiablé de Ginny. Une combinaison qui le prit au dépourvu suffisamment longtemps pour permettre à Harry de lui lancer un Stupéfix, qui l'expédia une dizaine de mètre plus loin, assommé. Mais il aurait été idiot de penser qu'il s'agissait d'une victoire. Car ils savaient tous pertinemment que cela ne suffirait à pas l'arrêter. Sans perdre une seconde, les trois sorciers s'élancèrent alors vers le Manoir sans un regard en arrière. Il était temps de mettre un terme à ce chaos.
- Qu'est-ce que tu fais ?! Demanda Drago ahurit à Katherine.
- Ils sont trop nombreux, on ne pourra jamais les vaincre un par un. Dit-elle simplement.
- Et quoi ? Tu veux que Magnus assiste à son premier bain de sang ?!
- Il n'y en aura plus quand il sera là... crois moi.
- Kath...
- Il faut frapper fort ! On n'a pas le choix !
- Mais...
- Maintenant recule ! Reculez tous ! Ordonna-t-elle sans appel.
Katherine ne chercha pas à s'expliquer. A la place, et sans que Drago n'arrive à le retenir, elle n'hésita pas à sortir de l'angle du mur et se dévoila aux nouveaux fidèles qui accouraient déjà devant elle. En première ligne et sans sa baguette, la Jedusor inspira avec force dans un calme étonnant. Rythmés par les battements de son cœur, et comme si elle se délestait du poids de la retenue, elle sentie ses pouvoirs affluer dans ses veines jusqu'à ses paumes. D'abord lentement, ils finirent par l'envahir tel un torrent infernal, courant dans son corps avec une force qui la fit frissonner. A l'image de son père et de ses ancêtres avant lui, on vit un feu insolent habiter son regard, dégageant la puissance destructrice d'une magie à l'état brute. Une magie mortelle, qui fit soudainement reculer les fidèles surpris dans le vrombissement menaçant de l'air qu'elle expirait. Son aura n'était que celle d'une mort certaine ; l'aura de sa lignée, de son sang et de son nom, mêlée à une haine d'une intensité plus redoutable encore. Dans l'extase exquise de sa véritable nature magique, Katherine oublia sa honte et sa pitié, souriant même devant l'effroi de ses victimes. Dans ces instants, elle ne pouvait que comprendre les joies macabres de Kai.
Il était divin de se voir craint.
Sans plus aucune barrière, ni aucune peur, une confiance l'habita. Celle de son imminence. Et alors qu'elle vit de nouveaux fidèles arriver, elle se laissa aller, simplement guidée par un instinct qu'elle ne connaissait pas, mais qui la submergea au-delà de tout. Sans sourciller, elle senti son pouvoir se relâcher par-delà son corps. Comme lors de son évasion, elle senti une vague puissante se dégager d'elle, percutant chacun de ses adversaires dans leurs derniers cris. Peu à peu, ils tombèrent un à un, raide mort avant même de toucher le sol, et en moins de quelques secondes, un nouveau silence retomba dans le séjour du Manoir. Un silence macabre qui imprégna l'air des souffles ultimes de ses victimes, et dont elle se délecta dans sourire carnassier. A cet instant, elle ne trouva aucun mot pour décrire son allégresse. C'était au-dessus de tout, et même de la décence. Mais elle s'en contreficha. Elle avait réussi.
Alors qu'elle se tournait vers sa famille, elle rencontra leurs visages décomposés. Partagés entre la terreur et l'intimidation, eux non plus, ne trouvaient pas les mots pour décrire ce à quoi ils venaient d'assister. Ce n'était pas un massacre. C'était plus que cela. C'était la Mort, à l'état pure. Imperturbable, ils virent Katherine souffler dans un soulagement inattendu. Elle-même n'avait pas été certaine que cela marche, alors à ce point ? Autant dire qu'à ces yeux, c'était la meilleure surprise du jour.
- La voie est libre. Dit-elle alors.
Aucun ne parla, toujours profondément sous le choc. Pourtant, le silence fut bien vite interrompu par l'irruption empressée d'Harry, suivit de Ginny et Tom. Essoufflés, ils apparurent égratignés, et barricadèrent la porte d'entrée de barrière magique, une peur inattendue et immensément grande dans le regard.
- Harry, qu'est-ce que...
- Dumbeldore est là !
- Quoi ?! S'écria Hermione.
- Il m'a traqué ! Déclara Tom sans respirer. Il faut en finir au plus vite ! Ce fou veut Magnus. Et il ne s'arrêtera avant de l'avoir récupérer.
C'est à cet instant que les trois jeunes gens se tournèrent vers le séjour, et sans grande surprise, leurs expressions changèrent du tout au tout. A la fois étonnés, et dégoûtés par l'odeur montante de la Mort, Harry, lui, resta débecté devant Katherine, incapable de comprendre ce qui était arrivé en son absence. Ginny et Tom, quant à eux, ne purent que rester bouche bée devant l'image de leur fille. Elle se tenait droite et fière au milieu d'un véritable cimetière, leur insufflant autant d'inquiétude et que de doutes. Les sourcils froncés, Le Survivant interpella Ron et Drago du regard, mais aucun d'eux n'osa se lancer.
- Comment c'est possible ? Souffla-t-il alors. Vous...
- On en parlera plus tard. Interrompit la Jedusor, soudainement gênée en présence de sa mère. Le temps presse. Il faut partir avant que de nouveaux soldats débarquent.
Katherine les incita alors à la suivre, et dans leur confusion, les mena à travers le champ de morts qui se dressait devant eux. Tout en retenant un haut-le-coeur, Ginny s'efforça de ne pas faire attention aux hommes sur lesquels elle marchait, mais vit Drago la rejoindre, plus pâle encore que sa chevelure, et lui dire ces mots qui ne firent que confirmer ses doutes et ses angoisses.
- Ginny je t'adore, mais ta fille est effrayante.
Voldemort, Scorpius et Kai, se regardèrent essoufflés. Ils avaient gravi plus d'escaliers dans la demi-heure, que dans leur vie toute entière, mais ce qui était certain, c'est qu'ils touchaient au but. Au début, ils devaient admettre que leur plan avait étonnement bien fonctionné. Avec la cape d'invisibilité d'Harry, aucun des fidèles ne leur avaient prêtés la moindre attention. Du moins pendant quelques minutes. Et puis, tout avait dérapé. Dans la confusion la plus totale, ils avaient vu une équipe débarquer en furie dans le Manoir, complètement paniquée. Ils avaient balbutié des inepties incompréhensibles mais la seule chose qui en était ressorti, était qu'ils allaient bientôt se faire attaquer, et que le Ministère les avait trouvés... que Dumbledore les avait retrouvés. D'abord en retrait face à une cohue générale grandissante, il n'avait pas fallu grand-chose avant que tous les regards ne se portent sur Kai et Scorpius, eux, qui avaient passé la nuit en dehors des murs. Et puis un soupçon en menant à un autre, il avait fallu réagir. En quelques instant, ils s'étaient fait démasquer, et le calme relatif du Manoir s'était transformé en un combat à cinq contre un cent. Mais malgré cela, ils n'avaient pas perdu leur plan de vue. D'un seul regard ils s'étaient tous compris, et Blaise et Terrence s'étaient évertuer à dévier les troupes. Désormais à deux contre tous, le temps était venu de rappeler des renforts. Alors que Blaise expédiait un homme par la fenêtre, c'est tout le Manoir qui s'embrasa d'une folle collective, pendant que Voldemort, Kai et Scorpius s'engageaient déjà dans les entrailles du repère. Après avoir quitté la zone de combat, ils n'avaient fait face qu'à quelques équipes solitaires, qui n'avaient pas eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait. Les éliminer s'était avéré relativement simple, mais le plus dur restait encore à venir.
Après plusieurs minutes à serpenter entre les couloirs, et à gravir plus de marches qu'ils n'auraient su en compter, ils étaient finalement parvenus à atteindre l'aile interdite du Château. Celle que s'était réservé Grindelwald en ces lieux, et qu'aucun fidèle n'avait jamais eu le droit de pénétrer. Devant les portes imposantes de cette dernière, Voldemort ne put empêcher un frisson de le parcourir. Le même frisson qu'il avait ressenti en le rencontrant pour la toute première fois dans le futur. Oui... Toute sa vie, il n'avait eu qu'un objectif. Être le plus puissant et redouté de tous les Mage Noir de ce monde. Grindelwald avait tenté sa chance. Il avait même réussi, car jamais l'Histoire n'oublierait son nom. Mais lui... le Grand et Insubmersible Voldemort, avait, au tout début, grandi dans son ombre. Cet homme avait été pour lui un modèle, une source d'inspiration, une légende, qu'il avait dépassé au-delà de toutes ses espérances. Et en ce jour, il allait l'affronter. Or, cette fois-ci il ne serait pas vieux, enchaîné et dévoré par les rats et la folie. Non, il serait au summum de son œuvre. De sa puissance.
Deux légendes différentes, provenant de deux époques différentes, mais aux aspirations communes. Oui, il rêvait de cette rencontre. Mais ne perdait pas de vu son objectif premier, et avait hâte de voir par lui-même, si le Grand Gilbert Grindelwald serait à la hauteur de sa réputation historique.
Sans sourciller, il leva d'un coup de poignet les barrières de l'entrée et tous les trois s'engagèrent dans son antre. Et le moins qu'ils puissent dire, furent que les appartements du Mage, n'avaient rien de commun avec le reste du Manoir. Débouchant dans un immense couloir, les sorciers en furent presque éblouis. Alors que défilaient devant eux, un sol aux dalles lustrées et brillantes, ils ne virent pas l'ombre d'une poussière. Les fenêtres aux carreaux claires et scintillants, laissaient les rayons de l'aurore éclairer l'entrée de mille feux éclatants, enflammant les murs de teinte rougeoyante et dorée. De même, ils étaient tous intacts, et parsemés de tableaux immenses, aux personnages glorieux et vivants, qui malgré la situation restaient dans leur toile et toisaient les nouveaux venus avec dédain et mépris. Oui, cette aile n'avait rien à voir avec le reste du Manoir. Et cela ne surpris que Kai et Scorpius. A force de vivre dans des conditions de vie rudimentaires et insalubres, jamais ils n'auraient imaginé passer à côté d'un tel endroit tous les jours. Jamais ils n'auraient pu imaginer, que seul une simple porte, séparait leur enfer personnel, du doux paradis qui s'offrait à eux. Bouché bée, les deux sorciers furent incapables de faire le moindre commentaire à ce propos, leurs yeux presque plissé devant tant de lumière et de beauté.
Seul Voldemort ne prêta que peu d'attention aux apparats luxueux des lieux. Lui-même n'avait jamais supporté vivre dans un taudis. Selon lui, cela était grandement néfaste à toute idée constructive. Et ironiquement, Grindelwald devait sans doute partager son opinion.
Toujours sur le quai vive, les sorciers se ressaisirent et s'avancèrent lentement, leurs baguettes prêtent à contre-attaquer le moindre sort ennemi. Mais ils n'en n'eurent nul besoin. Le souffle court, ils se positionnèrent devant la porte principale menant au séjour. La seule issue qui pouvait abriter leur cible du jour. Et alors que Kai et Socrpius attendaient le moindre ordre de la part du Maître, ils ne purent s'empêcher de sursauter brusquement, en voyant cette dernière s'ouvrir d'elle-même face à eux. Un signe évident, que tous les trois comprirent dans leurs sueurs froides. Oui... ils étaient attendus. Une mise en scène, certes, un peu trop Dumbledorienne au goût de Voldemort, mais qui ne le dérangea pas pour autant. Au moins, ils n'auraient pas à faire semblant de se cacher pour entrer. Sans se faire annoncer, le Grand Sorcier ne prit pas la peine d'attendre et se présenta la tête haute ; suivit de près par ses camarades, qui pâlirent un peu plus. Le salon n'avait rien à envier au couloir. Du mobilier de haute facture, d'immense baies vitrés baignés par le soleil du matin, des tapisseries plus vivantes encore que les tableaux, et autant de belles choses qui caractérisait un Mage aussi emblématique que l'était Grindelwald. Un Mage qui, debout au centre de la pièce, ne prit pas la peine de se tourner vers ses intrus. Non, il n'en avait nul besoin. Aussi, il se contenta de soupirer devant sa fenêtre, son visage pâle baigné de lueur. Les sorciers le virent calme, silencieux et aux allures presque inoffensives ; une image étonnante à laquelle aucun d'eux n'était vraiment habituée et qui les firent rester sur leurs gardes. Grindelwald était loin d'être ce qu'il paraissait, et tous pouvaient le sentir jusqu'au fond de leurs os. Son aura, mêlée à celle incontestable de la baguette de Sureaux, faisait de lui quelqu'un de dangereux, mais pas seulement. Il était plus que cela. Et la Gazette le disait très bien elle-même : "il était l'un des sorciers les plus redoutable de cette terre."
Et ce, à juste titre.
- Je suppose que je dois être honoré. Personne n'avait jamais réussi à déclencher un tel chaos dans ma demeure. Dit-il alors, un sourire amusé dans sa voix.
Le Mage ne semblait pas effrayé, ni même se sentir menacé. Un calme étrange l'habitait, ne faisant que glacer le sang de Kai et Scorpius qui déglutirent au son de la voix de leur ancien Maître. Voldemort, lui, ne parût pas plus inquiété. A tel point qu'il répondit, tout aussi nonchalamment que son hôte.
- Vous nous accorder trop de crédit. Vos hommes sont très doués pour s'entre-tuer tous seuls.
Ils entendirent alors un ricanement franc, et devant eux, Grindelwald se décida à leur faire face. Ses mains dans son dos, la posture droite et fière, les traits émaciés et impassibles, il détailla ses invités de son regard bicolore perçant. Or, il ne s'attarda pas plus de quelques instants sur ses anciens fidèles. Non, celui qu'il fixa à en transcender l'âme, fut bel et bien Voldemort lui-même. Il ne fallait pas être devin pour sentir son aura à lui aussi. Une aura puissante, instable et menaçante, étrangement similaire à la sienne, qui l'intrigua dans un tressautement de paupière presque imperceptible.
- Des hommes que vous avez néanmoins choisi pour vous escorter. Fit-il remarquer en désignant le Lestrange et Malfoy.
- Disons qu'ils ont su choisir leur camp.
- Ils sont alors plus bête que je ne le pensais. Soupira-t-il. Mais je dois dire que cela est regrettable. Je croyais avoir vu en eux du potentiel.
- Ne parlez pas trop vite. Gronda Kai sans baisser sa baguette.
Grindelwald ne releva pas la menace de son ton, mais sourit d'avantage, amusé devant leur petit comité, avant de demander.
- Je suis néanmoins curieux. A qui ai-je à faire ? Vous ne travaillez de toute évidence pas pour le Ministère de la Magie. Alors pour qui ? Dumbledore ?
- Je préférerai autant ne pas parler de lui. Cela a tendance à m'agacer.
Sa réponse lui fit échapper un second ricanement, plus effrayant que le précédent mais tout aussi franc.
- Dois-je comprendre que nous avons un ennemi commun ?
- Il n'est pas difficile de l'avoir en ennemi. Mais il n'est pas l'objet de notre venue. Tonna-t-il.
- Alors qu'est-il dans ce cas ? Qu'est-ce qui peut pousser trois sorciers à pénétrer dans un pareil endroit, en sachant pertinemment qu'ils n'en ressortiront pas ? Demanda-t-il en s'avançant face à Voldemort.
- Les reliques de la mort.
A ces simples mots, les sorciers virent le visage de Grindelwald se durcirent, tandis que l'air du salon devînt soudainement plus lourd. Pour autant, il ne dit rien pendant de longues secondes, se contentant de fixer avec toujours autant d'intensité, cet inconnu au regard enflammé, et à la langue trop déliée qui le menaçait ouvertement chez lui.
- Savez-vous seulement de quoi vous parler jeune homme ?
- Plus que vous n'en saurez jamais, j'en ai bien peur.
- Ceci est une affirmation bien présomptueuse. Sourit-il brusquement.
- Je n'aime pas faire traîner les choses. Et je sais que vous êtes en possession de la baguette de Sureaux.
- Dans ce cas, vous êtes aussi bête que les deux hommes derrière vous.
- Vous pensez ?
- Si je suis effectivement en possession de cette baguette, cela voudrait dire que vous n'avez pas la moindre chance contre moi. Pire encore, cela signifierait pour vous, la fin imminente de votre existence.
- Je ne serais pas si sûr de moi, si j'étais vous.
- Tien donc ? Rit-il. Vous allez donc m'attaquer ? A trois contre un ? Cela n'est pas ce que j'appelle un combat à la loyale.
- Malakaï et Scorpius ne prendront pas part au combat. J'entends bien régler ce désaccord seul.
Les intéressés se décomposèrent aux mots de leur maître, mais n'eurent pas même le temps d'y réagir. Le défi était déjà lancé.
- A ce stade, ce n'est plus un désaccord, mais un suicide. Déclara Grindelwald d'un ton léger.
- Dans ce cas, vous n'avez rien à craindre.
Grindelwald le vit sourire un son tour, à tel point que Kai et Scorpius déglutirent dans leur silence. Ils connaissaient leur Maître. Mais il connaissait aussi Grindelwald. Et aucun d'eux ne souhaitait assister à ce qui allait se jouer d'ici peu. Un affrontement tout aussi mythique que terrifiant, qui risquait de ne laisser sur son passage que mort et désolation. Soit les slogans respectifs des deux Grands Sorciers, bien trop heureux l'un devant l'autre, pour que cela n'inspire pas une horreur sourde dans les cœurs effrayés de deux jeunes combattants.
- Vous êtes audacieux. Mais je ne connais toujours pas votre nom.
- Vous le connaîtrez bien assez-tôt. Cingla Voldemort en brandissant sa baguette.
- Très bien, alors... épatez moi !
- Blaise ! Terrence !
Les deux Zabini firent volte-face, leurs visages aux traits communs immensément soulagés devant l'apparition de leurs amis, tous sains et saufs. En retrait dans un aile adjacente à l'escalier principal, père et fils s'étaient retrouvés acculés par une dizaine de fidèle ne désirant que de les voir mort. Fort heureusement pour eux, ils ne leur avaient pas fait ce cadeau, et contemplaient à cette heure, leurs corps jonchant le sol taché de sang. Un exploit macabre qui les laissait le souffle court, et les fronts en sueur, devant leurs familles.
- Vous allez bien ? S'inquiéta Hermione.
- Pour le moment. Mais ils ne vont pas tarder à répliquer.
- Attendez… comment vous avez réussi à passer les troupes au rez-de-chaussée ? Demanda Terrence surpris.
- On vous expliquera plus tard. Où sont Kai et Scorpius ?
- Avec le maître à la recherche de Grindelwald. Dans l'aile Nord il me semble.
- Il faut y aller ! Maintenant ! S'exclama Ginny.
- Non, on doit attendre que la voie soit libre. Ce sont les ordres.
- Dumbledore est dehors, et le ministère ne va pas sans doute pas tarder à rappliquer ! On n'a pas le temps de suivre les ordres ! S'énerva Jedusor au bord de l'hystérie.
- Qu... Quoi ?! Dumbledore ? Mais...
- Il vient pour Magnus...
- Il nous a retrouvé ?! Mais comment ?! Paniqua Blaise livide.
- Personne ne m'écoute ou quoi ?! J'ai dit qu'on n'avait pas le temps ! Hurla Tom. Arrêtons de parler, il faut les retrouver au plus vite avant que tout ne dégénère encore plus!
- Il a raison. Appuya Harry à la surprise de tous. Dumbledore ne s'arrêtera pas, il faut se dépêcher.
- Où est l'aile Nord ? S'enquît Hermione en se tenant douloureusement la poitrine.
- Aucune idée, mais j'ai vu où ils se dirigeaient en partant. Suivez-moi. Déclara Terrence en enjambant le reste des corps.
- Attendez ! S'apeura subitement Ron, une boule au ventre. On fait quoi si on tombe sur Grindelwald ?! Non parce que sans vouloir vous effrayer, il a baguette de Sureaux et je doute qu'on puisse rivaliser avec.
- Pour l'amour de Merlin, ce n'est qu'un Mage Noir avec une puissante Baguette ! S'exclama Drago. Rien d'inhabituel pour toi Weasley ! Alors ressaisi toi !
Le jeune homme déglutit, et dû reconnaître qu'il n'avait pas tort. Grindelwald n'avait rien de différent avec Voldemort du temps de la guerre de Poudlard. Et même leurs chances de survies étaient identiques. Soit quasiment nulles.
- Quand tout sera fini, rappelez-moi qu'il faut qu'on se trouve une autre passion, que celle d'affronter des mages Noirs...*
Coucou ! Alors, je publie à une date inhabituelle mais je dois vous faire un aveu... j'ai fini cette fiction. Et je n'ai pas envie de vous faire languir d'avantage alors sachez que d'ici la fin de la semaine prochaine, vous pourrez la lire le grand final (Même si cela me fait très bizarre de le dire -_-''' )
Du coup voilà ! J'espère que ce chapitre vous as plût ! Alléluia, pour le moment, tout le monde est en vie ! (J'ai dit "pour le moment" XD) !
N'hésitez pas à me donner vos avis ! A très vite ;)
Bizzzeee
