Et voici la suite ! Un petit Hibiki/Cana qui trainait depuis longtemps sur mon ordi, que j'ai (enfin) terminé et que je vous met. Parce que je trouve ce couple très mignon.

Avant tout, j'attire votre attention sur le fait que dedans, je parle vraiment de fantômes et d'une autre chose surnaturelle. Si vous n'aimez pas ce genre de choses vous voilà prévenus. Libre à vous d'aller lire ou pas mais quoi qu'il en soit, je vous aurais prévenus. Parce que oui, je crois aux fantômes et ce genre de choses (je tire même les cartes quand on me le demande). Donc je vous demande de faire preuve d'un peu d'ouverture d'esprit en lisant les quelques lignes où sont évoqués les fantômes.

Réponses aux reviews :

Kagami : j'adore casser les mythes aussi...

Loupiote : moi aussi j'ai bien rigolé, étrangement

Bonne lecture !


Hibiki déprimait. Installé sur un muret, à l'écart des autres guildes qui fêtaient la fin du tournoi magique, il broyait du noir. Ca lui arrivait parfois. Depuis la mort de Karen, son aimée, il avait beau essayer de vivre pour elle, parfois il ne pouvait s'empêcher de déprimer. Il avait bien essayé de retrouver quelqu'un mais toutes lui semblaient si… fades par rapport à elle. Pourtant, il connaissait ses défauts aussi bien que ses qualités. Malgré tout… Il manquait quelque chose qui aurait suffit à refaire battre son petit cœur douloureux, de ranimer la flamme qui couvait sous les cendres. Il attendait depuis si longtemps…

-Hé.

C'était une voix douce qui venait de l'interpeler. Hibiki ne sursauta pas. Il avait entendu des pas dans le gravier qui s'approchaient. Il ne se retourna pas. Il voulait être tranquille. Seul avec ses pensées, seul avec son deuil qu'il n'arrivait pas à oublier. Même toutes ces jeunes filles si jolies qui lui tournaient autour n'avaient aucun intérêt pour lui.

Quelqu'un posa une couverture sur ses épaules avec tellement de douceur qu'il ne le remarqua pas tout de suite. Il le s'en aperçut que quand la couverture se retrouva sur ses bras, protégeant son corps de la nuit glacée. Machinalement, il la referma sur lui pour calmer ses tremblements dus autant à la tristesse qu'au froid. Enveloppé dans ce cocon, il se tourna vers la personne qui était venu troubler sa solitude.

-Bonsoir Cana-san.

-Salut Hibiki ! Tu es fâché ?

Il referma un peu plus les pans de la couverture autour de lui, comme pour se couper un peu plus du monde extérieur, là où il serait seul avec sa douleur. Plus près de Karen. Sa si chère Karen qui brillait plus que ses étoiles.

-Non, répondit-il.

Elle n'eut pas l'air vexée de sa réponse laconique. Il enfouit son nez sous la couverture parce qu'il avait froid à cet endroit-là. Elle sentait bon, remarqua-t-il avec étonnement. Un parfum de femme fleuri, le sirop de grenadine, la crème pour bébé et le feu de bois. C'était agréable.

Cana s'installa à côté de lui en silence. Les mains posées à côté de sa taille sur le muret, la tête penchée en arrière, elle contempla les étoiles qui brillaient dans l'air frais. Plus loin, on entendait les gars beugler une chanson à boire. Dans la région, avaient dit les locaux, l'été il faisait très chaud et les nuits en comparaison étaient glacées. Ils n'avaient pas tort. Sans la couverture de Cana, Hibiki aurait attrapé la mort. Quelle idée que de venir fêter la fin du tournoi et le fait d'avoir survécu à la fin du monde ?

-Tu ne veux pas faire la fête ? finit pas demander la jeune mage.

Il ne répondit pas tout de suite. Il laissa sa voix mourir dans l'air frais de la nuit, s'élevant jusqu'aux étoiles. Jusqu'à Karen. Cette nuit était l'une de ses nuits magiques où tout semblait possible. Où la frontière entre les morts et les vivants devenait aussi fine qu'un cheveu, parfois moins. Elle ne disparaitrait totalement qu'à Halloween mais en attendant, ce soir il sentait plus que jamais la présence de cet autre monde. De Karen.

-Est-ce que tu crois aux fantômes Cana-san ? demanda-t-il finalement.

Frémissement. Il sentit que quelque chose dans l'air réagissait à sa question. Quelque chose qui n'était pas du monde des vivants. Quelque chose qui n'aurait pas dû se trouver là. Quelque chose qui allait devenir dangereux s'il continuait. Mais continuer quoi ?

-Ce sont des restes dénaturés des vivants. La jeune femme parlait d'une voix claire et tranquille, comme si trop nommer les choses allaient les affaiblir. Ils te collent à la peau parce qu'ils sont attirés par les émotions trop négatives. Et si tu les laisses trop longtemps, ils dévorent ton âme de l'intérieur.

Hibiki fixa ses pieds, comme un enfant pris en faute. Perdu. Il était perdu. Son âme était condamnée. Il l'avait compris depuis qu'il avait demandé à une personne qui s'y connaissait en fantômes quand des phénomènes bizarres s'étaient mis à pourrir son quotidien.

Hantise. Tu es hanté par un esprit mauvais. Je peux t'en débarrasser si tu le désires mais il reviendra tant que tu n'auras pas fait ton deuil. Si tu ne veux pas qu'il revienne, tu vas devoir faire un long travail sur toi-même.

Il avait demandé à le faire partir une dizaine de fois avant de se résigner. La hantise se nourrissait de lui mais ne le tuerait pas. Elle avait besoin de lui pour exister et interagir sur le plan physique. Et les mages étaient un met de choix. Une énergie plus intéressante pour eux. Alors elle allait se battre pour le garder et revenir jusqu'à ce qu'on la détruise. Mais si on la détruisait, d'autres risquaient de venir. Alors Hibiki s'était dit que tant qu'à faire, autant garder un mal connu. Il s'en moquait bien que des choses changent de place ou que son four s'allume tout seul. Il s'en fichait aussi que les autres ne comprennent pas son problème. Qu'ils pensent qu'il allait finir par être possédé ou quelque chose comme ça. Plus rien n'avait de l'importance pour lui maintenant.

-Tu en as n'est-ce pas ?

Le ton était accusateur. Il se raidit d'instinct, mal à l'aise. Que pouvait-il faire d'autre ?

-C'est la seule chose qui me reste de Karen.

-Karen hein ? Cana-san devenait moqueuse. Tu considères ça comme un semblant de relation avec une morte ? Laisse-moi te donner un conseil : Laisse-la partir. Ce n'est la faute de personne de si elle est morte. Maintenant, il est temps pour elle de reposer en paix.

-Non !

Il se leva d'un bond. La couverture dérangée glissa de ses épaules sans bruit. Pendant un instant, ils se regardèrent dans le blanc des yeux, pleins de défi. Puis Cana ferma les yeux et soupira. Elle contempla de nouveau les étoiles, dans la même position qu'à son arrivée.

-C'est tout ce qui me reste d'elle, bafouilla-t-il, gêné par le silence.

Il se sentait stupide. Il était ridicule de crier sur une femme qu'il connaissait à peine. Il s'était laissé emporter, ça ne lui ressemblait pas.

-Cana-san, je…

-Ça a été dur pour moi aussi quand ma mère est morte.

Elle continuait de fixer les étoiles. Il n'y avait jamais trouvé la moindre beauté. Ce n'étaient que des boules de gaz qui brulaient. Certaines étaient déjà mortes le temps que leur lumière arrive sur Terre. Quel intérêt, vraiment ?

-Est-ce que tu sais ce que sont les étoiles Hibiki ?

-C'est une immense boule de plasma, de gaz si tu préfères, un peu comme le Soleil. Il y a un équilibre entre deux forces et…

-Ça c'est ce que te diras le scientifique, le coupa la jeune femme. Et le poète ?

-Le poète ? répéta-t-il.

Avait-elle bu plus que de raison ? Pourtant il n'avait pas senti d'alcool dans son haleine. Pourquoi lui parlait-elle de poète ?

-Oui. Un poète te dira que chaque étoile est une personne décédée qui continue de veiller sur nous. Karen est là, quelque part, comme ma mère. Alors tu n'as pas besoin de vouloir garder un truc comme ça avec toi.

Pour la première fois de sa vie, Hibiki contempla les étoiles pour ce qu'elles étaient vraiment. Pour la raison pour laquelle l'Homme aimait les regarder. Parce qu'elles étaient loin et proches. Immuables, rassurantes et tendres. Oui, le poète et le scientifique n'étaient peut-être pas d'accord mais leurs réponses se complétaient. L'un donnait une explication rationnelle, rendant réel ce qui ne semblait pas l'être. Le second apportait du réconfort par un élément de la vie quotidienne. Il s'agissait des deux faces d'une même pièce qu'on nommait réalité. Car la réalité n'existait que grâce à ces deux facettes.

Alors le déclic se produisit. Celui qui lui avait manqué pendant tout ce temps. Il pouvait maintenant accepter la mort de Karen. Il pouvait cesser de haïr le monde de la lui avoir volée.

-Karen est une étoile… Il se mit à sourire. J'avais raison quand je l'appelais mon étoile.

-Oui. Cana se leva tranquillement et épousseta son pantalon. Allez, on retourne voir les autres ?

Il ramassa la couverture tombée à terre, la nettoya puis la plia soigneusement.

-Allons-y Cana-san.

Par-dessus l'épaule de la jeune femme, il eut l'impression d'apercevoir une silhouette dans le noir. Son cœur se mit à battre plus vite. Karen… Elle lui faisait en revoir. Il la regarda un instant puis elle disparut dans les bois. Plutôt que de lui courir après, il se dirigea vers l'immense feu de bois avec Cana. Demain, il demanderait à ce qu'on le débarrasse de sa hantise. Cette fois, ça marcherait. Il le sentait bien.


Voilà. J'espère qu'il vous a plus.

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