La première chose que Ginny sentie sous elle, fut du gravas. Des petits bouts de murs, de cailloux et de poussière, qui s'enfonçaient dans la chair tendre de son dos. D'abord confuse, c'est cette simple sensation, cette irritation, qui la sortie de ce qu'elle aurait qualifié d'un sommeil profond. Ensuquée, elle perçue un courant d'air qui la fit frissonner, avant que le poids de son corps ne lui fasse réaliser qu'elle était allongée au sol. Elle ne comprit pas immédiatement ce qui lui était arrivé, comme si son esprit se trouvait plus endoloris que ne l'étaient ses membres. Mais un autre poids l'éveilla. Un poids léger mais qui trônait sur sa poitrine, dans de petits mouvements timides. Magnus. A sa réalisation, elle sursauta tout en se redressant dans une nausée, et se tourna vers son fils. Il lui souriait de ses joues roses, tandis que ses petits yeux en amandes brillaient plus que jamais. Il était sain et sauf, toujours emmailloté dans ses couvertures, et cela suffit à apaiser son cœur battant. Du moins, jusqu'à qu'une voix résonne devant elle.
- Ginny ?
Elle releva la tête, surprise, et vit, les yeux étonnés de Ron. A moitié couché lui aussi, et le visage marqué par sa confusion toujours plus grande, il la regarda comme le plus beau cadeau du ciel. Un regard réciproque. Mais en moins de quelques secondes, ses plus grandes peurs la ressaisirent et ses souvenirs affluèrent. De ce qu'elle savait, les fidèles de Grindelwald avaient pénétré l'Aile Nord du Château. Une aile qu'il était supposé défendre au prix de sa vie. Très vite, l'angoisse et le soulagement qu'elle ressenti simultanément à la vue son frère en vie, lui fit monter de grosses larmes aux yeux. Elle ne savait pas ce qui était arrivé, ni comment ils se trouvaient là. Mais s'en ficha. Son frère était vivant. Son fils aussi. Et c'est tout ce qu'elle réussit à voir pour l'instant. Très vite, Ron se redressa dans ses grimaces de fatigues, avant de précipitamment enlacer sa sœur et son neveu, son souffle encore haletant à travers ses exclamations inespérées.
- Oh Merlin ! Merlin ! Tu... tu... tu vas bien ! Vous allez tous les deux biens !
- Et toi ?! Demanda-t-elle en l'examinant. Tu...
- On s'est fait assaillir par les fidèles... Dit-il perdu dans ses souvenirs. Je... j'ai été touché. J'étais mort.
- Qu... quoi ? Bafouilla-t-elle.
Son frère ne put lui donner plus de réponses. A vrai dire, il n'en avait pas lui-même. Ses derniers souvenirs se résumaient à un éclaire vert foudroyant, qui l'avait frappé en plein de la poitrine alors qu'il tentait de repousser les assauts toujours plus féroces de ses ennemis. Son dernier regard s'était alors porté sur Harry, qui l'avait vu tomber dans une expression d'horreur, avant que tout ne s'obscurcisse tout aussi soudainement. Bien qu'il ne comprenne pas souvent la totalité tout ce qu'ils leur arrivaient de vivre, il ne lui avait fallu pas longtemps avant de se rendre à l'évidence. La mort avait un goût particulier en bouche. Aussi, Ron ne comprenait pas comment il pouvait vivre à cette heure. Pas plus qu'il ne comprenait ce qui était arrivé après sa mort. Mais ce n'était pas important. Pas pour le moment.
Alors que lui et Ginny se retrouvaient, ils perçurent d'autres gémissements plaintifs résonner à leurs côtés. D'abord celui de Blaise, qui cracha du sang au sol tout en se redressant. Puis de Drago, dont les cheveux blonds s'étaient couverts du gris volatile de la poussière. Et enfin de Harry, qui sursauta si violemment en sentant les rayons du soleil sur son visage, qu'il chercha sa baguette dans un réflexe offensive. Oui, ils étaient tous là. Tous vivants. Et en les voyant, Ginny put sentir un sanglot lui prendre la gorge d'assaut. Ce pouvait-il qu'elle ait réussi ? Qu'elle ait arrivé à convaincre l'Esprit du Temps de les épargner ? Sa mémoire était fébrile, et son pouls palpitant. A cet instant, elle ne savait même pas si ses pensées étaient en ordre, mais elle s'en ficha. Alors qu'ils se regardaient tous entre eux, un sourire illumina son visage et elle se précipita sur eux, étouffant Drago de ses bras dans le bruits sourd de ses pleurs de joies, tandis que son frère et Harry aidèrent Zabini à se tenir debout. De toute évidence, ses béquilles n'avaient pas été du voyage.
- Seigneur merci... Souffla-t-elle. Tu es vivant.
- Je... je crois.
- Drago ? Ginny ?
Cette voix, Ginny et Drago crurent bien ne jamais plus l'entendre, et pourtant elle s'éleva à leurs côtés. Son haut imbibé de sang, et ses cheveux en bataille, Hermione boitilla devant eux, le visage figé dans une terreur et une incompréhension les plus totales. Ses yeux écarquillés sur l'effroi de ses souvenirs, elle frissonna sous la chaleur étouffante du mois de mai. De ce qu'elle savait, ces derniers instants ne se résumaient qu'à une douleur sans fin, et une mort froide et silencieuse sur des dalles de marbres brisées. Et pourtant, elle se tenait là, debout et vivante. Un miracle qu'elle ne sut s'expliquer, et qui défia les limites de son savoir dans la plus douloureuses des migraines qu'elle ait jamais eues. A sa vue, le Malfoy eut un temps d'arrêt, comme incertain. Mais très vite, son cœur le rappela à lui et il accourut vers elle, l'enlaçant désespérément dans ses sanglots. Ginny, quant à elle, les regarda à bout de souffle, et ne put plus résister. Une main plaquée sur la bouche, et les yeux tournés vers les cieux, elle éclata dans un sanglot plus fort encore. Elle était là. Hermione était là. L'Esprit avait tenu parole et l'avait relâché. Elle était sauvée. Ils étaient tous sauvés. Et à en juger par l'absence de leurs enfants, eux aussi devaient être rentrés chez eux. Comme ils auraient toujours dû l'être.
- Qu'est-ce... qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda Hermione d'une voix blanche sans arriver à retrouver ses esprits.
- Je ne sais pas. Mais je m'en fiche. Tu es vivante ! Tu es vivante... souffla le blond sans la lâcher.
Il disait vrai. Mais à cet instant, Hermione ne savait même plus ce que cela voulait dire. Elle ne put donc s'accrocher qu'à lui, son seul pilier capable de lui faire garder les pieds sur terre. Sa tête contre sa poitrine, elle inspira son odeur autant que ses poumons le lui permirent. Elle ne voulait pas resombrer dans cette douleur, qui lui semblait encore ancrée dans chaque parcelle de son être. Elle ne voulait pas retrouver ce silence, cette solitude infernale qui l'avait entraîné au fond des enfers. Car elle savait qu'elle n'y survivrait pas une seconde fois.
- Où... où on est ?
Drago voulut répondre mais n'en eut pas la moindre idée. Sans desserrer son étreinte, il leva son regard par-delà sa bien-aimée, cherchant à comprendre où ils pouvaient être, mais très vite, ses yeux s'écarquillèrent d'eux-mêmes sur le paysage qui s'offrit à lui. Brusquement tétanisé, il bafouilla dans son apnée. Et tous l'imitèrent très vite à la rencontre de ce qu'ils virent devant eux.
Les Mangemorts de Voldemort, ainsi que les combattants de l'Ordre du Phoenix.
Ils étaient tous là ; Tous agglutinés dans la cour Principale de Poudlard, alors que déjà, un murmure sourd montait depuis leurs rangs. Les visages de leurs amis, frères d'arme, ennemis et connaissances se bousculèrent dans la masse pour les fixer de leurs regards anxieux. Ceux des parents Malfoy, Narcissa et Lucius, qui se mirent à détailler leurs fils sans comprendre pourquoi il enlaçait une sang de Bourbe. Ceux d'Arthur et Molly Weasley, qui ne savaient plus quoi penser devant leurs fils aidant un Zabini, ou leur fille portant un enfant inconnu contre elle. Celui de Bellatrixe, qui observait la scène avec une frénésie et une attente effrayante. Ainsi que ceux de Neville, Dean, Luna et de tous les autres, qui contemplaient leurs héros avec gravité et incompréhension. Leurs traits, marqués par la fatigue et la douleur, affichaient la même stupeur que ceux des cinq sorciers. Ils ne comprenaient pas ce qui étaient arrivé, et eux non plus. Effarés, ils se regardèrent tous de nouveaux, comme pour s'assurer qu'ils ne rêvaient pas. Mais ce n'était pas le cas. Ils n'étaient plus en 1945. Et ils n'étaient pas non plus enfermés dans une dimension parallèle. Poudlard était bien là, devant eux, en guerre et à moitié détruit. Exactement là où ils l'avaient laissé, il y a de ça plus d'un an maintenant. Une année, qui ne s'était écoulée que pour eux...
- Harry ? Lança alors brusquement Neville depuis la foule. Tu... tu as gagné ?
Les sorciers le regardèrent sans comprendre. Après ce qu'ils avaient vécu, ils en auraient presque oublié ce qui s'était déroulé dans leur propre époque. Et pourtant, la réalité du présent, les rattrapa bien vite. Ils firent tous volte-face dans le silence quasi mortuaire qui s'éleva, et virent alors ce qu'ils avaient tous redoutés. Le corps de Voldemort, toujours allongé au sol un peu plus loin d'eux. Un corps inanimé et à la pâleur effrayante.
Ils ne comprirent pas immédiatement ce que cela signifia. Ils avaient passé tellement de temps les uns avec les autres, à s'entraider, se soutenir et se sauver, que les frontières qui les séparaient jadis, leur semblaient aujourd'hui relever du mirage. Aussi, dans leurs habitudes, ils s'attendirent tous à voir le Mage Noir se lever, gronder narquoisement et leur faire remarquer que sans lui, ils n'auraient pas survécu. Mais il n'en fit rien, et resta à terre. D'abord une dizaine de seconde, puis une minute. Des instants pendants lesquels la rousse avait resserré son fils contre elle, et s'était mise à prier, sans parvenir à ôter une nouvelle inquiétude de la saisir. Mais cela ne servit à rien. Sous leurs yeux, Lord Voldemort, Le Mage Noir Immortel, resta bel et bien, pour la première fois de sa vie, mort...
A cette réalisation, et comme si son cœur se déchirait dans sa poitrine, Ginny poussa un cri d'horreur qui pétrifia ses amis et l'assemblée de Sorciers derrière eux. Une assemblée, qui ne comprit pas pourquoi la Cadette Weasley, les héros de guerres Gryffondors, ainsi que deux héritiers Serpentard, se précipitèrent tous d'un même mouvement vers ce qui semblait être la dépouille du Seigneur des Ténèbres. Horrifiée, et incapable de croire en la raideur des membres de son Maître, Ginny s'agrippa à lui. Il ne pouvait pas être mort. Il le ne le pouvait pas ! L'esprit avait juré ! Il ne pouvait pas être resté là-haut, coincé entre l'Espace et le Temps, condamné à une éternité de souffrance divine. C'était impossible. Elle ne pouvait pas l'avoir perdu, lui et Tom, dans la même seconde. Elle ne voulait pas le croire... Aussi, dans sa détresse, elle le secoua et hurla tout son souffle dans des pleurs, cette fois de désolation et déni, auxquelles se mêlèrent celles de son fils. Tout autant pétrifiée qu'elle, Hermione chercha désespérément un signe de vie auquel se rattacher. Elle essaya même de conserver un battement de cœur, eut-il été le plus minime... mais rien n'y fit. Voldemort restait mort malgré leurs prières. Le souffle coupé, elle se redressa en titubant, et ne put que se tenir à Drago pour rester debout. Ce dernier, ainsi que Blaise, Harry et Ron, ne surent quoi dire devant la dépouille. A vrai dire, ils n'arrivaient tout bonnement pas à y croire. Était-ce possible ? Voldemort pouvait-il vraiment mourir ainsi ? Ici ? Un mage qu'ils avaient tous haïs au moins une fois dans leur vie, et qui malgré tout, ne les avaient jamais abandonnés même dans les pires situations. Non, cela ne se pouvait pas. Ils l'avaient vu trahir la mort tant de fois. Que ce soit à travers ses horcrucx et même depuis la prison d'un Esprit Supérieur, il avait toujours su retrouver son chemin vers la vie. Vers eux... Et ils s'attendaient à ce qu'il continue aujourd'hui. Et pourtant...
Ils furent tous si bouleversés par ce drame, qu'ils n'entendirent pas le brouhaha de plus en plus fort s'élever depuis les rangs des Mangemorts, ni même les exclamations timides de victoire venant de l'Ordre. Leurs amis attendaient une confirmation de sa mort, la fin de la guerre et des cris de joie, mais la scène à laquelle ils assistaient, ne trouvait pas le moindre sens à leurs yeux. Seul Neville sembla ne rien voir de tout cette incohérence, et déclara avec force.
- Il a gagné ! Harry, tu as gagné !
Cette délivrance que le Survivant entendit dans la voix de son ami, l'insupporta plus qu'il ne l'aurait jamais cru possible. Il admettait, qu'aucun d'eux ne puisse comprendre leur réaction, mais ne chercha pas à le tolérer. A vrai dire, il en fut incapable à cette heure où les battements de son cœur résonnaient dans les hurlements de Ginny. Car les choses avaient changé. Il avait changé. Et Voldemort aussi. Il n'était plus ce monstre qu'il avait combattu il y a un an. Il était devenu un père, et un mari pour son amie, et un membre de leur équipe. Ils avaient combattu ensemble, côte à côte dans un respect que nul n'aurait jamais soupçonné. Et ils avaient tellement cherché à se garder en vie après tant d'année à vouloir se détruire, que jamais plus Harry ne pourrait le détester comme par le passé. Ils n'étaient pas devenus amis, mais juste égaux. Et cela suffisait pour que sa "victoire" lui laisse le goût le plus ignoble en bouche.
- Harry, tu as...
- La ferme Neville ! Tonna-t-il tout aussi fortement.
Le Londubat, ainsi que tous les membres de l'Assemblée, le regardèrent bouche bée, à tel point que nul ne sut quoi répondre dans les deux clans. A la place, ils virent Hermione prendre Magnus dans ses bras, et Blaise attraper Ginny par la taille pour qu'elle lâche le corps froid de leur Maître. Mais elle se débattit, hurla plus fortement encore avant de s'effondrer à genoux, dans ses bras. Une scène tout aussi déchirante qu'incompréhensible pour eux, qui ne les émut pas, mais au contraire, attisa les restes de leurs haines.
- Voldemort est mort ! S'écria un homme en retrait.
Un cri qui fut repris et amplifié dans une clameur commune et transcendante. Rapidement les mangemorts s'agitèrent à leur tour et commencèrent à déserter les lieux face à leur défaite. Des fuites que les membres de l'Ordre et les élèves combattants, ne purent tolérer dans leur soif de vengeance. On entendit alors des sorts se lancer, ainsi que d'autres combats éclater. Une situation qui n'allait pas tarder à déraper d'avantage, et qui les menaçaient tous désormais. Paniqués, Harry, Ron et Drago se précipitèrent dans la foule houleuse, baguette en main, tandis que Blaise essayait en vain de calmer Ginny. Mais Hermione, elle, ne put pas bouger. Magnus pleurant dans ses bras, elle fixait le corps de cet homme qu'elle avait haïs et admiré. L'homme qui lui avait sauvé la vie, et donné la mort pour les sauver tous, dans l'éclat fière de son dernier regard. Elle ne chercha pas à essuyer ses larmes sur ses joues ; pour la simple et bonne raison, qu'il méritait que son élève, son amie, sa fidèle, le pleure. Inconsciemment, sa main vînt se poser sur son bras marqué. Un symbole de son allégeance, qui risquerait bien de causer sa perte dans son présent. Mais elle s'en ficha. Ce qu'ils diraient d'elle lui était égale. Elle ne regrettait rien. Ni son changement de camps, ni sa dévotion, ni son admiration pour le Seigneur des Ténèbres. Un Mage qu'elle n'hésitait pas à qualifier de Maître, et dont elle n'aurait jamais honte.
- Gin, je t'en prie, calme-toi ! Paniqua Blaise.
- Non ! Non !
La jeune femme hurlait encore, incapable de se lever tandis que Blaise s'alarmait des débordements qui s'intensifiaient dans leurs dos. Il ne faudrait que peu de temps aux membres de l'Ordre et aux mangemorts pour comprendre que quelque chose était arrivé. Pour comprendre que tout avait changé. Et pour les qualifier de traîtres des deux côtés.
- Il faut partir ! Ça va dégénérer !
Hermione se tourna vers lui, et perçut très clairement les cris de vengeance qui s'élevaient à leurs côtés. Elle aurait être d'accord avec lui. Elle aurait dû le dire qu'il fallait transplaner dès maintenant. Partir ! Pourtant, son esprit ne parvenait toujours pas à s'ancrer dans la réalité. Quelque chose agitait son cerveau, dans ses tourments et sa douleur. Quelque chose qu'elle n'arrivait pas à décrire, et qui la laissait là, prostrée et immobile. Du moins, jusqu'à ce qu'elle ne sente un mouvement. Il fût si léger et fugace, qu'elle n'y crut tout d'abord pas. Mais il se répéta, ce mouvement... Cette sensation. D'abord incertaine, elle regarda Blaise et les autres qui ne semblèrent pas réagir, avant de réaliser qu'elle seule l'avait senti. Ce frémissement, cette chaleur, ce picotement de vérité sur sa Marque des Ténèbres. Étonnement, elle ne crut pas à un rêve ou à une hallucination. A vrai dire, ce fut tout l'inverse. L'appel s'intensifia, irradiant alors tout son bras, et comme secouée par une décharge électrique, son esprit s'éclaircit violemment.
Ils étaient tous bêtes.
- Ginny, est-ce que tu le sens ? Demanda-t-elle brusquement.
- Qu... quoi ?
- Le Maître ! Est-ce que tu le sens ?!
La jeune femme balbutia entre ses larmes, avant de chercher en vain ce poids au fond de son cœur. Ce lien plus rigide et solide que le monde lui-même, et qui l'avait guidé au tréfonds de l'âme de son Maître. Mais à cette heure, elle pouvait le sentir. Il n'en restait rien.
- Non. Souffla-t-elle d'une voix blanche. Non, je...
- Alors il avait raison... conclut Hermione dans un éclaire de lucidité.
- Mais de quoi tu parles ? S'étonna Blaise.
- Du Maître ! Au début j'ai cru qu'il m'avait marqué uniquement pour sceller mon allégeance, mais j'avais tort ! Et il savait ! Il savait que je ne lui étais pas exclusivement fidèle ! Il y avait plus !
- Plus ?
- Oui ! Plus !
La Granger sourit de toute ses dents. La vérité lui paraissait tellement évidente, qu'elle s'étonna de ne jamais y avoir pensé. Pourtant la réponse était sous ses yeux depuis le début. Sur son bras plus précisément. Pressée, elle donna Magnus à Blaise qui la regarda sans comprendre, avant qu'elle ne saisisse sa baguette et ne la pointe directement sur le cœur de Ginny.
- Qu'est-ce que tu fais ?!
Mais elle ne lui répondit pas. A la place, Hermione ne récita que quelques syllabes magiques. Des syllabes qui obsédait son cerveau depuis son réveil sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Une formule. Très courte, mais interdite, oubliée et puissante, liée à la magie des Horcrucxs. La formule permettant de compléter une âme divisée. Voldemort était malin. Il avait toujours su que l'Esprit ne le laisserait jamais partir. Aussi, il avait dû trouver une faille. La seule capable de le ramener, et qu'Hermione serait en mesure de comprendre au moment opportun.
- Il savait que je te suis autant fidèle qu'à lui. Toi, ma Dark Lady. Souffla Hermione à la jeune femme. Et il t'a intégré à ma Marque. Il savait que je comprendrais quoi faire pour le ramener. Pour le compléter.
Comme elle l'espérait, le bout de sa baguette scintilla. Ce ne fut que bref, mais l'effet fut instantané. Comme plongée loin du chaos qui régnait tout autour d'eux, Ginny crut bien que sa poitrine se trouait sous ses yeux ; comme si elle se vidait de substance pour ne laisser qu'un immense vide. Mais cela ne dura qu'une seconde, et quelque chose d'autre la combla. Une respiration qui n'était pas la sienne. Des battements de cœurs qui n'étaient pas les siens. Avant que deux paupières ne s'ouvrent brusquement.
Celles de Voldemort.
Voldemort prit une inspiration nouvelle sur le monde. La première d'une autre vie, d'une autre âme et d'un autre avenir. La première qui ne serait que le commencement de sa nouvelle destinée. Au début, il ne comprit pas où il se trouvait. Son esprit divaguait entre flottement éternel, torture et douleur, manque et deuil, avant que son corps ne s'apaise lui-même de ses tourments. Pour autant qu'il s'en souvenait, jamais il n'avait éprouvé un tel sentiment. Celui d'être complet. Certes, la plupart de ses horcrucxs avaient été détruit, mais il pouvait le sentir. Quelque chose de plus vivait en lui. Quelque chose qu'il n'avait jamais eu auparavant, mais qui suffisait aujourd'hui. Un sentiment de plénitude et de paix. L'obscurité des abysses ne l'effrayait plus, ni même les tours sadiques des Dieux. Il se sentait loin d'eux désormais. Loin d'eux, et en sûreté dans des bras qu'il n'avait pas chéri assez longtemps. Puis, très vite une lumière aveuglante l'éblouie. Une lumière qui le ramena si violemment sur Terre, qu'il en eut la nausée. D'abord essoufflé dans son réveil, il se redressa sans voir ce qui l'entourait, presque sourd et aveugle. Mais un toucher le fit frissonner. Et une voix. Puis un bruissement de cheveux. Il ne sut pas combien de temps il mit avant de retrouver la totalité de ses sens, mais n'eut besoin d'aucun d'eux pour reconnaître la douceur de la peau de Ginerva. Sa Ginerva.
Quand son visage lui apparut enfin, rougie de larme et de désespoir, il ne put poser de mot sur le bonheur qui le saisit. Jamais il n'en avait connu de tel. Il sentait ses bras s'accrocher à son cou, son odeur enivrer son cœur et ses pleurs de soulagement contre lui. Des sursauts incontrôlés qui le prirent aux tripes sans qu'il ne puisse lutter contre. En parallèle, des brides de nouveaux souvenirs se mirent à se jouer devant ses yeux. Il se vit en haut de la tour d'astronomie de Poudlard, avec elle en son centre, pâle et vêtue d'une tenue d'infirmerie ; puis dans ses bras, plus belle que jamais, à une réception de Slughorne. Et enfin, il put entendre ses cris de douleur, alors qu'elle gisait au sol, son énorme ventre de femme enceinte devant elle. Des souvenirs nouveaux et ancien à la fois. Des souvenirs qui appartenaient à un autre lui. A Tom. Et oui, il n'avait jamais rien ressenti de tel.
Mais quand il crut que rien n'aurait pu égaler cette vague dévastatrice, il ne put qu'admettre son erreur à la vue de son enfant. Magnus était là lui aussi. Petit, frêle, mais à l'aura puissante qui l'émut presque aux larmes.
Puis il les vit tous. Hermione, plus souriante que jamais avec sa marque fièrement dévoilée au monde. Blaise dans ses halètements de stupeur et de soulagement. Puis Drago, Harry et Ron, qui s'étaient retournés brusquement au cri de joie de Ginny, et qui le dévisageait désormais comme le revenant qu'il était. Oui, il les vit tous. Mais ses fidèles aussi. Il ne fallut pas longtemps avant que ces derniers ne scandent en cœur le miracle de sa résurrection, et que les membres de l'Ordre ne se préparent à contre-attaquer. Mais il s'en ficha, et les regarda avec autant d'ignorance que de mépris. Ses souvenirs de cette époque étaient intacts et il sut pertinemment ce qu'ils attendaient de lui. Mais ce siècle, ce présent qu'ils avaient tous quitté avec regret et prié pour retrouver, lui sembla plus fade et amer qu'il ne l'aurait jamais cru. Pour la simple et bonne raison, qu'il n'était plus le même homme.
Et il le comprit davantage dans le regard malicieux de son élève.
- Vous auriez pu laisser une note plutôt qu'un message pareil, non ? Lui dit-elle.
Il sourit, amusé, tout en se relevant sur ses jambes engourdies, aidée par les mains tremblantes de Ginny.
- Cela aurait été bien trop simple. Grimaça-t-il.
- Je ne comprends pas... vous étiez mort ! Dit Blaise dont le menton touchait le sol de surprise.
- J'ai l'habitude de l'être.
- Mais...
- L'esprit n'avait piégé qu'une partie de mon âme. Dit-il enfin. Celle qu'Harry n'avait pas encore réussit à tuer. Il me suffisait donc d'en trouver une autre, capable de me ramener ici et de contrer la Malédiction, comme celle que Ginny avait en moi.
- Alors... tu... tu es toi ? Bégaya la rousse.
- Je suis plus encore. Je suis "nous". Tu as eu une énorme influence sur cette partie d'âme. Plus que je ne l'aurais imaginé à vrai dire... tu l'as rendue, presque humaine.
Ginny ne sut pas vraiment ce que cela voulut dire, pas plus que lui en réalité, mais l'heure des explications devraient attendre. Face à eux, deux armées se faisaient face dans la confusion la plus totale. Deux armées qui n'attendaient que le feu vert de leurs meneurs, pour s'entre-tuer dans leur haine viscérale et leur soif de sang. Mais ni Harry, ni Voldemort ne souhaitaient cela désormais. Calmement, le Maître se détacha de la jeune femme, avant de s'avancer de lui-même devant ses troupes. Sa prestance et la menace de son aura n'avait pas changés, contrairement à son visage rajeuni qu'il avait conservé. Ces nouveaux traits, ainsi que sa colère grondante, ratatinèrent sur eux-mêmes les mangemorts qui étaient restés sur place dans un frisson de peur et d'exaltation confuse. Dans la lenteur mesurée de ses pas, il les toisa un à un, impassible, quoi que quelque peu lasse et ennuyé. Un air que partagea le Survivant quand leurs regards se croisèrent. Tous attendaient d'eux un dernier combat, qui n'aurait jamais lieu.
- Il est en vie !
- Harry, tue-le !
- Maître ! Le Garçon est à votre merci !
Les voix hurlaient et les regards s'échauffaient sous la frustration de leur inactivité. Mais aucun des deux sorciers n'y réagit, si ce n'est dans un grincement de dents amer.
- Il suffit ! Scanda brusquement Voldemort d'un ton sans appel.
- Mais maître...
Dans un réflexe, il fut tenté de lever sa baguette pour faire éternellement taire cette insolence, mais le Lord se ravisa devant une Bellatrixe tremblante. Elle ne devait pas encore mourir. Pas avant qu'elle ne mette au monde Kai. Un rappel qui le contraint à s'abstenir sous le regard soudainement reconnaissant d'Hermione et de Drago, qui se rejoignirent en retrait avec Ginny et Blaise. En voyant leur fille agir de la sorte, les Parents Weasley la fixèrent avec autant d'incompréhension que de peur. Une réaction que Ron comprit dans ses dents serrées, mais qui ne l'empêcha pas de rejoindre sa sœur et de la soutenir face à tous.
- Ginny, Ron... Souffla leur mère désespérée. Venez.
Les mots de Molly les percutèrent douloureusement, à tel point qu'ils ne surent que répondre dans leur culpabilité. Mais pas autant que tous les regards qui se mirent à les observer, eux et Hermione, comme étant d'infâmes traites. Pour autant, aucun d'eux ne s'affaissa sous le poids du remord ou de la honte. Ils auraient souhaité pouvoir leurs expliquer, leur parler, et leur faire comprendre... mais il leur était inutile de croire que cela aurait changé quoi que ce soit. Ron mieux que personne le savait. Il lui avait fallu être enfermé, séquestré, subir plus d'un an de misère, deux voyages temporels et finalement mourir en 1945, avant réaliser la valeur de l'amour de sa sœur pour Voldemort. Un amour réciproque dont il ne doutait plus, et qui avait apporté son neveu dans ce monde. Oui, ils avaient tous subit trop choses pour une seule vie, mais le Wealey ne regrettait rien. A vrai, il se sentait presque reconnaissant de les avoir vécus. Tout comme Ginny et Hermione. Car si leur voyage leur avait appris une chose, c'était bien que l'avenir de leurs enfants avaient un prix. Et ils n'avaient aucune peur de le payer. Sans rien dire, ils gardèrent donc tous la tête haute malgré leur air désolé, et restèrent là, immobiles derrière Voldemort. Dernière leur Maître.
- Il n'y aura pas de combat. Déclara finalement Harry.
- Quoi ?! S'exclama Neville dépité.
- Maître, il faiblit ! Profitez-en pour le tuer ! Susurra Bellatrixe dans son adrénaline vicieuse.
- Non.
Ce simple mot, bouleversa et outra l'Assemblée des mangemorts dans un choc qu'ils n'auraient jamais cru connaître. Une impression similaire à celle que ressentirent les membres de l'Ordre à cette heure de confusion. Voldemort refusant de tuer Harry Potter ? Était-ce possible ? Ils attendirent une explication, une réponse, un signe qui traduirait de la part de leur Maître une stratégie, ou même une ruse ? Mais ils n'en n'eurent aucune. A la place, le Mage se détourna d'eux pour regarder Harry, son ennemi de toujours, devenu un allié temporaire, pour finalement n'être plus qu'un égal. Peut-être au fond d'eux, ressentaient-ils toujours cette haine et cette rage qui les avaient poursuivis pendant des années et qui les avaient poussés à se tuer ? Peut-être avaient-ils encore cette rancœur, ce désir de vengeance ? Mais ils ne souhaitaient plus la nourrir. Ils voulaient qu'elle meure. Et qu'elle les laisse enfin vivre ; chose que ni l'un ni l'autre n'avait jamais fait, durant tout ce temps passé à essayer de survivre. Ils se regardèrent donc une dernière fois, d'un coup d'œil entendu et solennel, mais qu'ils savaient mutuellement reconnaissant dans leur silence. Aucune parole ne fut nécessaire entre eux. Ils savaient pertinemment que leurs routes se recroiseraient de nouveau ; que ce n'était pas un adieu, ni même un au revoir. Mais juste un entracte dans leurs destins tragiquement entremêlés.
Puis, alors qu'Harry lançait un dernier regard à Ginny, Hermione, Drago et Blaise, il fut surpris de voir Ron embrasser sa sœur et Magnus, pour finalement le rejoindre dans la gravité de sa décision. Ils avaient trop enduré d'épreuves ensemble, pour se séparer aujourd'hui. Aussi, les sorciers comprirent leur volonté, et ne purent pas les blâmer. Tant de souvenirs inattendus, d'amitié étranges, de combats et de drames pour en arriver finalement là. Le choix d'un nouveau départ.
Harry et Ron furent donc les premiers à Transplaner loin du champ de Bataille. Leur départ causa un véritable esclandre, mais personne ne fut là pour la voir. Car quels instants après, c'est Voldemort lui-même, accompagnés de sa nouvelle famille, qui transplana au loin, sans même en regard en arrière.
Épilogue.
- Maman ? S'étonna une voix enfantine.
Ginny sursauta légèrement, sortant alors de ses pensées sous le regard de son fils, assis par terre sur ses pieds. Il la contemplait de ses grands yeux brun plein d'étoile, ses joues roses légèrement salies par la peinture avec laquelle il jouait au sol. Des feuilles de toutes tailles étaient éparpillée sur les dalles de leur terrasse, la majorité peinte fébrilement de ses petites mains colorées. Une image qui attendrit sa mère dans le plus doux des sourires. Sous la légère brise d'été, elle le prit dans ses bras pour le mettre sur ses genoux. Magnus n'avait peut-être que cinq ans, mais était attentif. Il avait l'habitude d'interrompre sa mère dans ses songes. Des instants pendant lesquels il ne comprenait pas son silence, ni même son regard vague perdu au loin.
- Oui chéri ?
- Tu dis rien. Fit-il remarquer boudeur.
- Maman réfléchissait mon amour.
- A quoi ? A ma petite sœur ?
Le sourire de la jeune femme s'élargie à sa remarque. Une main distraitement posée sur son ventre arrondie, elle vit son fils l'imiter et poser ses empreintes de peinture sur sa robe à volant blanc. Des petites traces de mains violettes et jaune, qui la firent éclater d'un rire cristallin. Elle n'était enceinte que de quelques mois, et pourtant, sa sœur obsédait déjà toutes les pensées Magnus.
- Tu penses qu'elle m'entend ?
- Bien sûr !
- Est-ce que tu lui parles ? Demanda-t-il alors.
- Tout le temps !
- Tatie Mignonne aussi ?
Ce simple surnom élargissait toujours le sourire de la rousse. Il était le signe que tous leurs efforts n'avaient pas été vain et que leurs espoirs prenaient enfin vie. Leurs destins s'accomplissaient. Magnus considérait Hermione, Drago et Blaise comme ses oncles et tante. Il passait de bras en bras, dans des éclats de rires attendrissant et des regards gonflés d'amour. Des instants qu'ils chérissaient tous, mais qui n'avaient pas été tout rose au début. Partir loin de Poudlard, du Ministère, de l'Ordre et des Mangemort, aurait pu sembler relativement simple. Pour autant cela ne fut pas le cas. Ils avaient dû essuyer les propos haineux et diffamatoires de leurs anciens amis, qui témoignaient quotidiennement dans la Gazette pour parler des "anciens Héros", devenus les "Nouveaux Traites". Puis ils avaient dû fuir ; toujours un peu plus loin, avec les Aurores à leurs trousses. Harry et Ron n'y avaient pas non plus échappé. Au contraire, ils furent ceux sur lesquels le monde s'acharna le plus. Mais après ce qu'ils avaient enduré, autant dire que cela ne ressemblait qu'à une promenade de santé. Leur souhait était de se faire oublier. De disparaître des mémoires collectives de ce monde. Et bien que cela prendrait du temps, ils savaient tous que les esprits finiraient par se calmer. Après tout, la Guerre était finie. Et Voldemort n'était pas réapparu. Une aubaine pour le Monde Sorcier qui avait pu se reconstruire dans une nouvelle ère, mais dans cette ignorance que nul à part eux, ne pourrait vaincre. Car leur secret ne faisait pas que leur appartenir. Il les protégeait.
C'est ainsi que Voldemort, Hermione, Ginny, Drago et Blaise, purent cesser de courir et poser leurs valises. Ils leurs avaient semblé naturel de rester les uns avec les autres. Mais plus encore de vivre les uns avec les autres. Avec tout ce qu'ils avaient vécu, l'inverse ne leur avaient pas semblé possible. Ils n'étaient pas que des compagnons de routes. Non ils étaient devenus une famille, et avaient bien l'intention de vivre comme telle. Avec leurs connaissances sur le futur, ils purent donc s'installer sans frayeur dans un Manoir abandonné en Albanie, caché de tous et à l'abris des regards indiscrets. Une immense propriété qu'ils habitaient tous, dans leurs cris, disputes, larmes et rires. Seuls Harry et Ron étaient restés à l'écart. Bien qu'ils leur rendissent souvent visite, ils avaient décidé de quitter le continent pour explorer l'Amérique. Un rêve d'enfant qu'ils s'étaient mis en tête de réaliser malgré les avis de recherche à leur encontre. A croire que ces deux-là ne vivraient jamais sans prendre le moindre risque.
Ainsi, leur vie ne leur avait jamais paru aussi calme et paisible. Ginny élevait son fils en paix, loin de toute la haine qui habitait ce monde, tandis que d'ici peu, leur chère Katherine verrait elle aussi le jour. Une vie de rêve, qu'elle n'aurait pas osé rêver, il y a de ça cinq ans.
- C'est Oncle Blaise ! Il est là ! S'écria brusquement Magnus en sautant des genoux de sa mère pour se ruer vers la porte d'entrée qui s'était ouverte.
- Pas si vite chéri, tu vas tomber !
Mais il était déjà parti, et de ce que Ginny perçue depuis sa chaise, son cri de joie devait être le résultat d'un nouveau cadeau que Blaise lui rapportait de Londres. Depuis leur fuite, le Zabini était le seul à y retourner de manière quotidienne. Avant lui, Hermione et Drago n'y étaient retourné qu'une seule fois. Une seule et unique fois pour le reste de leur vie. Pour leur fils. Il ne leur avait pas été difficile de traquer Bellatrixe une fois là-bas. Aussi, d'un coup de baguette habile, il l'avait plongé dans le coma avant de la ramener ici-même, chez eux, et de la garder inconsciente jusqu'à ce qu'elle ne soit à terme et que Kai ne vienne enfin au monde. Après cela, et comme la Mangemort n'avait jamais eu connaissance de sa grossesse, il l'avait ramené comme si de rien n'était et l'avait laissé, attachée et bâillonnée devant le Ministère de la Magie. A ce qui paraissait, elle purgeait désormais une peine de perpétuité à Azkaban, en entendant le Baiser du Détraqueur. C'était il y a quatre ans. Et après cela, Hermione et Drago ne s'était occupé que de leur fils, leur trésor, qui grandissait aujourd'hui avec autant de joie et d'amour que Magnus.
- Alors comme ça on ne se lève même pas pour m'accueillir ? Dit Blaise en arrivant vers elle avec Magnus dans ses bras, faussement scandalisé.
La jeune femme fit face à son ami, plus souriante que jamais avant de l'enlacer. Deux mois qu'il était parti. Et voilà qu'il était de retour, barbu et plus rayonnant que le soleil. Pour autant, la seule raison de son départ était simple : Luna. Il l'avait revu un an après leur installation définitive, et n'avait plus pût s'en défaire. Tenu par sa promesse qu'il avait fait à Terrence, il voulait offrir à la Lovegood une belle vie. Une vraie vie. Sans guerre, combat ou drame. Dans ce sens, Blaise ne lui avait rien caché de leurs aventures. Une vérité que Luna était bien la seule à connaître en dehors d'eux, et qu'elle avait acceptée avec une facilité surprenante. Elle fut bien la seule de leurs anciens amis à ne pas les juger, et au contraire, fut très heureuse de savoir ce que devenait ses anciens camarades disparus. Aussi, Ginny ne doutait pas qu'ils finiraient mariés avant la fin de l'année, soit juste après qu'Hermione aurait, elle aussi, donné naissance aux jumeaux.
- Dit ça à celui qui m'interdit de bouger. Grinça-t-elle.
- Tu as accouché dans la Chambre des Secrets en 1945 ! Après ça j'aurais cru que le Maître aurait arrêté de te couver ! Rit-il amusé.
- Tu le connais. Soupira-t-elle. Il est incorrigible.
- Je vois ça !
En effet, il l'était. Mais pour autant, Voldemort avait bien changé depuis son retour des morts. Avec sa nouvelle part d'âme, imprégné de la bienveillance de Ginny, et les souvenirs de Tom, il n'avait plus jamais été le même. Habité par plus de compassion et d'amour qu'il ne l'aurait jamais cru possible, il avait promptement décidé d'en finir avec ses désirs de conquêtes et de domination. Aujourd'hui, il ne veillait donc que sur sa famille, cherchant toujours à inventer de nouveaux sorts et à ingurgiter le plus de savoir que le Monde Magique lui-même. Être enfermé dans l'au-delà lui avait ouvert de nouvelles perspectives de compréhension du monde, aussi, il n'en finissait pas d'explorer de nouvelles théories et de faire des expériences. Une passion à laquelle Hermione participait activement, dans son apprentissage toujours plus poussé. Il n'était donc pas étonnant de les voir tous les deux sortir de leurs laboratoires en courant, les murs sur le point d'exploser. Des expériences qui les amusaient tous, dans mesure où ils réussissaient à arrêter leurs incendies à répétition.
- Tonton ! Viens jouer ! S'impatienta soudainement Magnus en lui tirant les poils de barbre.
- Une seconde, petit monstre. Tonton a fait une longue route. Grimaça-t-il en s'asseyant à son tour, ses jambes toujours douloureuse après tant d'années.
- Ton voyage s'est bien passé ? S'enquît Ginny.
- Les aurores sont moins vigilants. Autant dire que ça a été facile de passer les frontières.
- Et Luna ?
- Elle va bien. Elle met au point des plantes magico-médicinales incroyables ! Je suis sûr qu'Hermione les adoreraient ! D'ailleurs où sont-ils tous passé ?
- Hermione et Drago sont partis acheter le premier balai de Kai. Il ne tenait plus en place ! Quant à mon Mari, il a toujours en tête d'inventer sa propre forme de Magie et s'est enfermé toute la journée dans la bibliothèque. Je te laisse imaginer...
- Je vois. Sourit-il heureux. Rien ne change par ici.
- Non, en effet... soupira-t-elle. Et là-bas ? Tout va bien ?
Balise regarda son ami en biais, conscient de sa demande déguisée à travers le ton plus bas de sa voix.
- Le Ministère fait des cérémonies pour les survivants de guerre, et nos visages sont toujours placardés un peu partout en ville.
- Je vois...
- Ne t'en fais pas trop. Il leur fallait des coupables, rien d'autre.
- Oui je sais... et mes parents ? Poursuit-elle plus inquiète encore.
- Je leur ai fait parvenir tes lettres anonymement. Ils ne pourront pas nous tracer.
Ginny déglutit dans son angoisse. Malgré son choix de vie, elle n'avait pu se résoudre à abandonner complètement sa famille derrière elle. Aussi, elle leur faisait transmettre quelques nouvelles, à chaque fois que Blaise rentrait au pays. Il ne s'agissait que d'écrits brefs, des photos de son fils, ainsi que des excuses la plupart du temps. Mais cela suffisait à apaiser son cœur. Tout comme elle savait au fond d'elle, que même si ses parents ne la comprenaient pas, ils étaient néanmoins rassurés de la savoir vivante, quelque part dans le monde.
- Merci. Souffla-t-elle reconnaissante.
- Je t'en prie Gin.
- Oh ! S'exclama-t-elle brusquement. J'ai failli oublier, mais j'ai reçu une lettre de Ron et Harry il y a tout juste deux jours !
- Tien donc ? Ricana-t-il doucement. Ils ne se sont pas fait pourchasser par un troll cette fois ? Parce que je te préviens, il est hors de question que Drago et moi on re-transplanent en urgence pour sauver leurs fesses !
- Non, pas cette fois ! Soupira-t-elle amusé. Mais ils ont décidé de revenir en Europe. Ils seront même là pour l'anniversaire de Kai le mois prochain !
- Vraiment ?!
- Oui ! Ils veulent revenir pour se rapprocher des enfants. Et d'après ce que j'ai compris, ils risquent de venir accompagnés. Conclut Ginny, un sourire malicieux au coin des lèvres.
- Accompagnés ?! Ma parole, ils n'ont pas perdu de temps là-bas ! Se moqua-t-il à la fois surpris et outré.
- Ne soit pas mesquin ! C'est une bonne chose ! Ils méritent de fonder leurs familles eux aussi.
- Tant qu'ils ne nous ramènent pas des trolls, ils ont mon entière bénédiction !
Elle sourit à son rictus, avant de voir son fils détaler de nouveau vers l'entrée, où les cris de joie enfantins de Kai résonnaient déjà.
- Tu as intérêt à leur avoir pris un cadeau à eux aussi. Dit-elle à Blaise en le voyant se lever.
- Mais enfin chère Lady, je suis leur cadeau !
Elle le vit s'engouffrer dans le salon, et entendit les exclamations de surprise de ses amis comblés. Puis, Kai et Magnus se mirent à courir en direction du jardin, un nouveau balai en main. Les portes de la bibliothèque claquèrent depuis l'étage, au moment où la voix de leur Maître s'éleva pour leur demander de faire moins de bruit pendant ses recherches. Et la petite Katherine donna un léger coup de pied depuis le ventre de sa mère.
Oui, à cet instant, Ginerva Molly Weasley Jedusor ne regretta rien de ce qu'elle avait enduré. Et elle remercia même L'Esprit du Temps. Elle ignorait s'ils avaient réussi à restaurer l'ordre naturel des choses, mais avait au moins une certitude. Elle n'aurait pas pu rêver d'un plus bel avenir.
FIN.
Que dire si après avoir terminé un histoire pareille ? Une histoire de plus de deux ans, qui m'a accompagné où que j'aille. Une histoire que j'ai imaginé il y a des années de cela, et que je n'aurais jamais cru voir le jour. Une histoire que vous avez lu, et qui je l'espère, vous aura accompagné vous aussi. Je n'ai pas envie de laisser un grand message larmoyant, car restons réaliste, ce n'est qu'une histoire, mais l'impacte qu'elle a eu sur ma vie lui est loin d'être minime. Votre impacte en particulier.
Toi, lecteur qui me lit, je ne saurais jamais te montrer l'ampleur de ma reconnaissance à ton égard. Tu m'as offert le plus cadeau qu'un auteur peut rêver. Tu m'as accompagné, soutenu, et tu ne m'as pas abandonné. Je n'avais jamais connu une telle chose auparavant, moi qui écrit depuis plus de 10 ans, à l'abri des regards du monde. Mais c'est vrai. VOUS m'avez permis d'exaucer mon plus beau rêve. Et pour cela, merci. Et merci encore.
Je ne sais pas si je republierais d'aussi grandes fictions, mais je risque sûrement de revenir avec de plus petits contenus. J'espère que vous serez là.
A très vite, peut-être. Et encore merci.
Je vous aime.
SunsetNO.
