Et voici la suite ! Le début devait à la base figurer dans Et Sabertooth Alors ? où un dragon aurait fait tomber de la neige en juillet... Et finalement ça ne s'est pas fait mais comme j'aimais le début, je l'ai gardé puis j'ai retiré la plupart des trucs apocalyptiques. J'espère qu'il vous plaira !
N'oubliez pas le projet vidéo pour le 100 ème drabble ! Vous avez le droit de me poser toutes les questions que vous voulez (enfin faut pas non plus que ce soit trop trop personnel), j'y répondrais. Je pensais aussi vous montrer comment je choisissais mes drabbles, ça vous intéresse ?
Et maintenant, petite réponse aux reviews :
Delph-5 : mais non il va pas y toucher !
Guest : Rogue survivra, Sting va juste lui en vouloir parce que cette histoire va rester... un bon moment !
Loupiote : mais j'aime bien embêter Sting... Ça va, aujourd'hui Sting se repose !
Yue-chan : limite ^^ et si, ce genre d'histoire arrive souvent avec eux (enfin tu as vu la bande de fous ? Bon courage pour survivre sans internet ! Et tes questions sont notées ;)
Bonne lecture !
Pieds nus sous la neige, Yuna regardait tomber la neige. C'était beau. Des milliers de flocons qui tombaient doucement sur la ville, jusqu'à étouffer le moindre bruit. La neige… Elle rendait tout tellement beau avec son manteau blanc. Elle recouvrait tout et petit à petit, tout se calmait. Les conversations, les bruits des véhicules, les pas des marchands… Tout semblait revenir aux origines, quand l'homme ne cherchait pas encore à dominer la nature et qu'une sorte de paix régnait encore.
De l'eau coulait de ses yeux et Yuna regardait tomber la neige, pieds nus. Oui, l'ordre de la nature avait disparu, plusieurs siècles auparavant et personne n'avait réussi à le retrouver. Ni les hommes, ni les dragons, trop assoiffés de sang et de pouvoir. Non, leur donner la magie n'avait pas été une très bonne idée dans l'ensemble. Ceux qui l'avaient asservissaient ceux qui n'en n'avaient pas et ceux qui n'en n'avaient pas jalousaient ceux qui en avaient. Où était l'équilibre ? Où était l'harmonie ? Il n'y en avait plus nulle part, ni dans un peuple, ni entre les peuples. Comment s'étonner que la nature se fâche ?
Mère Nature… La Créatrice, la Mère… Elle avait eu tellement de noms autrefois, elle avait été tellement respectée… Et aujourd'hui, on lui riait au nez. On l'ignorait. On la massacrait. Les mages, sans même sans rendre vraiment compte, la détruisaient. Car si on réparait une ville, on ne replantait pas toujours les arbres perdus.
Elle sentait le froid mordre sa peau douce et elle l'acceptait. C'était normal que la nature n'aime pas la neige. De l'eau coulait de ses yeux et Yuna regardait tomber la neige, pieds nus. Vêtue d'une chemise de nuit légère, elle regardait la neige tomber. Elle aimait peut-être la pluie, quand la terre assoiffée la buvait goulument mais elle préférait la neige. Parce que si la pluie était les pleurs des anges et des morts, la neige était leurs caresses. Douce, froide et silencieuse, comme eux. La neige lui rappelait le cycle incessant de la vie. On nait, on grandit, on aime, on déteste et on finit par mourir. Car il faut, pour que le présent devienne passé et que le futur devienne présent, que ceux qui font le présent laissent la place au futur. C'était comme ça. Les choses devaient évoluer et parfois régresser. Telle était la vie. Tel était la leçon qu'elle avait appris des morts. On devait profiter de sa vie ici puis on pouvait gouter à la paix et la félicité éternelle.
Elle entendit au loin un appel. Elle ne bougea pas, continuant de regarder la neige tomber sur la ville. Elle s'était réveillée ici avec les premiers flocons. Elle ignorait pourquoi elle avait tenu à venir ici dans son sommeil. Elle ignorait pourquoi elle restait là, à regarder tomber la neige. Elle était bien ici. En paix. Le monde se parait de son manteau blanc qui apportait encore le silence et la paix. Tout le monde se terrait dans sa maison au chaud, attendant que le soleil perce assez les lourds nuages pour faire fondre la neige et tirer toute la nature de son sommeil annuel.
Il n'y avait guère que cette personne qui s'obstinait à appeler plus loin. Elle cligna des paupières en se rendant compte que c'était son nom qu'on criait. Et subitement, le charme fut rompu. Elle se mit à grelotter, serrant contre elle sa maigre chemise de nuit pour se protéger du froid. Ses pieds étaient engourdis, tout comme ses doigts, les rendant gourds et maladroits. Ses dents s'entrechoquèrent. Froid. Elle devait ressembler à un cadavre, toute blanche ou bleue qu'elle était avec juste ses cheveux roux pour tâcher la neige. Elle n'osait même pas bouger pour se réchauffer.
-Yuna !
Tâche d'encre sur une page encore vierge, Rogue arrivait en courant vers elle. Il ralentit légèrement en la voyant jusqu'à s'arrêter complètement près d'elle. Le froid la faisait pleurer. Son souffle formait des petits nuages blancs qui montaient à la rencontre de la neige tandis qu'elle tombait dans ses cheveux sombres.
Ils se regardèrent un court instant en silence.
-Comment es-tu arrivée jusqu'ici ?
-Je ne sais pas.
Ils parlaient d'une voix basse, comme par crainte des représailles de Mère Nature si on brisait son silence. Il secoua la tête sans réussir à chasser les flocons accrochés à ses cheveux.
-Tu es sortie comme ça ? Sans chaussures ?
Elle ne répondit pas. Il n'y avait rien à dire. C'était plus une constatation qu'une véritable question. Elle se contenta de rester là. De l'eau coulait de ses yeux et Yuna regardait Rogue sous la neige, pieds nus.
Il soupira et retira sa cape. Il l'emmitoufla puis attraper ses doigts. Ses mains chaudes lui firent presque du bien mais ce n'était pas assez. Elle claquait toujours des dents, un peu.
-As-tu fini ce que tu dois faire ici ?
Elle se retourna, regarda tomber la neige une dernière fois. Elle songea à tous ceux qui étaient partis et ceux qui partiraient. Elle songea que la paix de la neige correspondait à celle de la tombe, tout aussi froide. Mais elle, elle n'était pas encore morte. Elle sentait ses mains se réveiller face à la chaleur de Rogue. Son heure n'était pas venue. Il était encore temps pour elle de vivre, de grandir, d'aimer et de détester. Quand l'heure viendra, elle attendra la Faucheuse comme une vieille amie et la laissera la serrer dans ses bras pour une dernière étreinte. Elle le sait.
-Oui.
Il la souleva sans rien ajouter. En silence, il fit demi-tour tandis que la neige effaçait les dernières traces de leur passage. Comme s'ils n'avaient jamais existé. La neige continuerait de tomber, même quand ils ne seraient plus de ce monde. Et alors, ils mêleraient à la neige leurs derniers baisers et caresses à l'intention des vivants qui sauraient voir à travers ce cycle sans fin qu'était la vie.
Rogue ramenait Yuna à la maison.
Alors, qu'en dites-vous ?
Critique/remarque/question/commande/autre ? Ou question ou idée pour la vidéo du 100ème drabble ?
