SORCELLERIE

ONE-SHOT SUR 'PIRATES DES CARAÏBES'

Disclaimer: rien n'est à moi.

Genre: surnaturel / tragédie

Rating: T

Pairing: Willabeth (William Turner / Elizabeth Swann)

Résumé: Elizabeth attend patiemment le retour de Will, lorsqu'une étrange femme lui permet d'aller le rejoindre...

Se situe après Pirates 3, ne prend pas en compte Pirates 5

Le soleil déclinait à l'horizon.

Le regard perdu dans le vague, Élizabeth observait ce spectacle en serrant contre son cœur un coffre de bois. C'était le seul moment de la journée où elle se sentait apaisée. Elle savait que dans l'autre monde, son mari pensait à elle en regardant le jour se lever. Elle se sentait alors, pendant quelques secondes, proche de lui. Elle ressentait sa présence et entendait son coeur battre plus fort à l'intérieur du coffre.

Malgré cette communication éphémère avec Will, Élizabeth se sentait terriblement seule. Tout manquait à sa vie. L'amour, la tendresse lorsqu'elle était mal, le soutien lorsque son fils lui causait de l'inquiétude, les étreintes la nuit lorsqu'elle avait besoin de vivre. Elle n'avait rien de tout cela depuis presque trois longues années et il en restait encore sept à passer. Elle doutait y arriver sans devenir folle mais elle n'arrivait pas à quitter cette île où elle avait quitté Will et qui était également le lieu où elle le reverrait. Et puis où aller avec un enfant si jeune? Il lui demandait une attention de chaque instant et elle se devait d'assurer sa sécurité.

Le soir était tombé, le petit William Junior s'était enfin endormi, laissant Élizabeth seule à ses sombres pensées.

Un coup frappé à la porte la fit sursauter. Elle recevait tellement peu de visites que cela l'effraya un peu mais elle ouvrit la porte malgré tout, heureuse au fond d'elle d'avoir une personne à qui parler, peu importe qui.

Une femme brune, aux cheveux démesurément longs et cachant presque son visage mat sans âge, fit son apparition. Elle entra dans la pièce sans parler et tendit à Élizabeth une petite bouteille.

« Contre tous vos tourments. »

La jeune maman regarda la nouvelle venue avec surprise, mais elle se sentait étrangement en confiance, presque... Comme envoûtée. La femme dégageait un mystère qui aurait dû effrayer Élizabeth en temps normal, mais c'était tout le contraire qui se produisait, comme si Elizabeth était déjà sous les effets de la magie de la mystérieuse inconnue. Elle se sentait bien, et d'un geste presque automatique elle se saisit de la bouteille que lui tendait la femme brune. Si cela pouvait réellement apaiser ses tourments il fallait en profiter…

À peine eut t'elle but une gorgée qu'Élizabeth s'écroula sur le sol, inconsciente.

Elle se réveilla avec lenteur et une peur panique la saisit. Pourquoi avait t'elle bu cette étrange potion? Ce n'était pas son genre de faire confiance à des inconnus.

«Élizabeth, ma chérie, n'ai pas peur. Je suis là, tu ne crains rien. »

Fit une voix derrière elle.

La jeune femme se retint de pousser un cri: Will se trouvait à côté d'elle, un doux sourire aux lèvres.

« Non, non c'est un rêve, c'est à cause de cette femme, mais c'est trop cruel je ne veux pas croire que Will est ici alors que c'est faux! »

sanglota t'elle en fermant les yeux.

« Je peux t'expliquer Élizabeth. J'ai demandé à mon père de venir dans ton monde pour te protéger à ma place. Il est définitivement libre, à présent. Mais je l'ai fait pour toi. Il a rencontré une femme aux pouvoirs étranges qui lui a proposé de t'amener jusqu'ici, sur le Hollandais Volant, une journée. Cette femme, une sorcière apparemment, est venue me voir et j'ai accepté la proposition. »

Expliqua calmement Will en posant sa main sur l'épaule de sa femme.

Lorsque cette dernière osa enfin le regarder, elle comprit qu'il disait la vérité. Un flot d'émotion la submergea et elle se jeta dans les bras de celui qui lui avait tant manqué depuis trois ans.

« WILL! OH MON DIEU WILL! »

s'écria-t'elle, submergée par une vague de bonheur.

Les deux amoureux se serrèrent l'un contre l'autre jusqu'à manquer d'air, avant de s'embrasser avec toute l'ardeur de deux êtres qui ont été privés de ce bonheur-là trop longtemps.

« Élizabeth... Tu es si belle, si douce... Je t'aime tellement... »

murmura Will en caressant le visage de son épouse.

« Moi aussi. Oh Will je suis si heureuse! Il faut que je te dise quelque chose: nous avons un fils, William junior."

« Oh Elizabeth je suis si heureux! »

Répondit Will, fou de joie, en la prenant dans ses bras.

Cependant Élizabeth ne pouvait plus attendre. Elle entreprit de défaire les boutons de chemise de son homme et l'embrassa passionnément.

Au début Will fut un peu surpris, lors de la dernière étreinte qu'il avait vécu avec elle il se souvenait d'une femme douce, aussi l'ardeur dont elle faisait preuve à présent était étonnante mais finalement il se dit que les trois années qu'elle avait passé sans amour pouvait expliquer cette sauvagerie, et il se laissa entrainer dans les délices de la passion.

Ils firent l'amour longtemps. Élizabeth se sentait revivre, renaître. À nouveau elle avait l'impression d'être une femme, belle, désirable. Elle était en vie.

Lorsque leur étreinte fut terminée, elle se leva, tout sourire, avant de constater que Will était soucieux.

« Qu'y a t'il Will? Tu n'es pas heureux? »

Demanda t'elle inquiète.

« La sorcière a dit qu'elle ne pourrait pas renouveler le sortilège. On se reverra dans sept ans! »

Le sourire d'Élisabeth s'éteignit. Elle n'avait pas pensé à ça. Tout à son bonheur elle avait oublié que sa vie monotone l'attendait à nouveau.

Alors qu'elle s'approchait de Will, ne sachant trop que dire, ce dernier poussa un hurlement et s'écroula brutalement sur le sol.

« Will! Will qu'y a t'il? »

Demanda Élizabeth en se précipitant vers lui, effrayée.

Will murmura avec difficulté:

« Mon cœur... Quelqu'un est en train de me tuer... »

« Will, non! Pitié NON!"

Hurla Elizabeth comme dans un cauchemar.

Elle avait l'impression de revivre la même scène que trois ans auparavant. Sauf que cette fois-ci s'il mourrait il ne reviendrait jamais.

Malgré les hurlements d'Elizabeth, Will s'immobilisa. Il était mort.

La jeune femme, ivre de douleur se sentit sombrer.

Elle retrouva progressivement ses esprits et se leva d'un bond. Elle se trouvait dans sa maison comme si rien ne s'était passé.

Pourtant elle était sûre de la véracité de ce qu'elle avait vu.

Les larmes l'étranglant à moitié, elle vit une lettre posée à même le sol.

« L'attendre n'était pas votre destin. Je l'ai tué. A présent il ne ressentira plus la souffrance de votre absence et vous ne souffrirez plus de votre manque de liberté. Je suis désolée. Quant à moi de toute façon j'allais bientôt mourir, désormais je serai Capitaine du Hollandais Volant à sa place. Profitez de votre liberté. »

Élizabeth laissa tomber la lettre. La mystérieuse inconnue avait brisé la malédiction. Elle ne pouvait pas lui en vouloir malgré la douleur, car au fond d'elle, elle se sentait désormais libre. Libérée d'un poids qui aurait fini par la tuer.