Et le drabble de la semaine est un Gray/Juvia/Lyon ! On dit merci à An-Tean qui a proposé le numéro de la semaine ! Bravo aux autres pour avoir participé ! C'est marrant, c'est un vieux vieux texte... Enfin vieux... Il vient d'un ancien projet : Gray est parti pendant plusieurs années (ceux qui ont suivi Sans guilde ; avec haine sauront pourquoi) et... forcément, pendant dix ans, beaucoup de choses ont changé. Je voulais faire un truc sur différents couples ou personnages mais j'ai jamais eu le courage de finir... donc j'ai mis ce texte dans Fairy Drabbles. Si ça vous intéresse d'en avoir d'autres...
Petite réponse aux reviews :
GruviaCrazy : merci ! Mais non, ils sont pas tous possessifs... Juste amoureux ? Oh tu sais, l'inceste, tant que ça reste dans la famille... *part très loin* Le dernier yaourt du frigo est réservé à Yuna, sous peine de déclencher la fin du monde. Et pour le coeur de Rogue, c'est encore en guerre pour l'avoir. Mais ! Je voulais adopter Frosch moi aussi...
Taraimperatrice : moi aussi ^^ Je me la mets le matin pour aller en cours (enfin, ça fait partie de mes chansons pour bien commencer la journée).
Lullaby : mais t'en fais pas, c'est pas grave ! Contente de te revoir ! Tu vas bien ? Et si, je réponds à tous les commentaires (enfin j'essaye). C'est comme parler à une star ? Mais non ! J'en suis pas une, loin de là ! On est d'accord, ce film est super ! Oui ! Je l'ai lu et mon dieu, ce que j'ai pu rigoler avec Rogue qui devient fou. Et Gajeel porte le sac de Levy ! Je suis juste surprise que personne n'ai tenté de noyer Orga... Oui ! J'étais très déçu que ce soit dans la tête de Juvia... Mais ne perdons pas espoir ! Tu as raison, ça fait un bon moment que j'ai rien posté sur eux... Je les aime toujours, c'est juste que j'écris surtout sur Sabertooth. Mais je tenterai de glisser un texte sur eux prochainement. Allez, à la prochaine !
Bonne lecture !
Juvia berçait doucement ses enfants. Elle entendait à côté son mari faire les cents pas. Elle comprenait ses raisons. Cette vieille histoire ne cessait de les hanter depuis tout ce temps. Ils avaient beau avoir traversé de nombreux hauts et bas, mis derrière cette histoire, elle s'agitait dans leur placard comme un vieux squelette terrifiant. Juvia comprenait très bien pourquoi sa mère avait autrefois accepté les coups de son mari ivrogne. Parce qu'un enfant avait besoin d'un père autant que d'une mère. Et son père, quand il n'était pas ivre mort, était le meilleur des pères. Avant que la perte de son boulot ne lui donne ce démon.
Avec un soupir, l'ancienne femme de pluie s'assit sur le bord du lit de ses enfants. De faux jumeaux, un garçon et une fille. Elle qui n'avait jamais pu se décider entre un garçon et une fille, elle avait eu les deux. Cela la faisait rire depuis l'échographie qui le lui avait appris. On avait beau dire que seuls les vrais jumeaux étaient vraiment liés, Juvia avait toujours la preuve du contraire. Quand l'avait avait mal, l'autre pleurait. Ils ne supportaient pas l'idée d'être séparés, aimaient s'habiller de la même façon ou de manière complémentaire, se comprenaient d'un regard et finissaient les phrases de l'autre tout aussi naturellement que s'ils l'avaient dit eux-mêmes.
Ils étaient le miroir inversé de l'autre comme aimait le dire son mari. Là où l'un avait les cheveux du père, l'autre avait ceux de la mère. Ils se complétaient de la façon la plus parfaite qui soit. Et comble de l'ironie, ils étaient nés sous le signe des Gémeaux. Leurs petits Gémeaux jumeaux. Ce qu'ils pouvaient les aimer. Eleanor et Ronaele. Ronaele et Eleanor.
Elle les borda encore une fois, comme s'ils en avaient besoin, et lissa de la main un pli imaginaire. Ils dormaient à poings fermés mais de temps en temps dans leur sommeil, leurs petits fronts se plissaient. Pauvres trésors. Ils se faisaient empoisonner par une histoire antérieure à leur naissance.
Juvia se pencha pour déposer un baiser sur leur petit front. Elle ne cessait de se dire qu'elle n'aurait pu être plus heureuse grâce à eux. Ils lui avaient apporté plus d'amour qu'elle n'aurait pu l'imaginer et certains jours, elle en avait presque le vertige. L'amour qu'elle leur portait avait débuté quand elle avait appris sa grossesse et elle ne se voyait pas cesser de les aimer. C'était si beau d'être mère.
Si seulement il n'y avait pas eu cette vieille histoire. Gray… Lyon… Malgré son coup de foudre pour Gray, elle s'était laissé conquérir par Lyon. Cette histoire l'avait souvent empêchée de dormir la nuit, la laissant seule et perdue dans son lit trop grand. Maintenant, elle ne pouvait que comparer cela à ses jumeaux. Deux êtres opposés mais complémentaires. Un véritable cauchemar.
Gray, dévoré par la colère suite à de nombreux changements, avait fini par s'éloigner pour prendre du recul et réfléchir. Il avait pris une mission de dix ans, sur un coup de tête. Elle n'avait même pas pu l'accompagner à la gare. Il ne lui avait laissé qu'une lettre, lui expliquant de façon incertaine son choix. Il ne lui avait pas demandé de l'attendre. Il n'avait parlé que de lui, pas d'eux. Elle en avait pleuré toutes les larmes de son corps. Puis la distance avait fait son effet. Elle avait pansé son cœur et permis à Lyon de poursuivre sa cour. Ils avaient fait des sorties, pris des missions tous les deux, étaient allés au théâtre, au cinéma, à des spectacles… Mais il ne l'avait jamais embrassée, trop courtois pour cela. Par contre, il ne cessait d'embrasser ses mains, la faisant sans cesse rougir. Les paumes, les doigts, le dos de la main, parfois le poignet. Jamais plus loin. Tel était le charme du second élève d'Ul. Un prince comme elle en rêvait enfant.
Leur premier baiser avait été parfait. A un pique-nique au bord de la mer, au soleil couchant. Après cinq ans d'attente, elle se résignait. Elle ne pouvait pas passer sa vie à attendre un homme dont elle n'était pas sûre des sentiments envers elle. Son cœur battait moins fort, moins vite pour Lyon mais au moins, c'était réciproque. Il avait toujours respecté ses choix, sans toujours les comprendre. La suite avait été un véritable conte de fées.
Jusqu'au retour de Gray, ce matin. Il était arrivé comme une rose à la guilde, lui avait raconté Lisanna. Il avait regardé sans comprendre tous les changements survenus en dix ans. Les nouveaux couples, ceux qui n'avaient pas tenus. Les mariés, les divorcés. Ceux qui étaient arrivés à la guilde, ceux qui étaient partis. Ceux qui avaient eu des enfants, ceux qui n'en n'avaient pas eu. Ça avait été un choc. Pendant ces dix années, il avait certes pensé à la guilde même s'il ne donnait pas de nouvelles mais ça… Jamais il n'avait songé que les choses pouvaient changer. Et pour cause ! Visiblement, quand Laxus l'avait salué puis avait appelé sa tribu… Oh oui, Gray était parti, la tribu Dreyar-Strauss comptait un futur ange. Maintenant, ils avaient un ange et cinq petits démons. Une fois remis du choc, il avait demandé où étaient les autres. Où était qui, ce qu'ils étaient devenus…
Et Juvia alors ? Elle avait fini par se marier, lasse d'attendre un homme qui ne prenait même pas la peine de lui dire s'il était en vie et s'il l'aimait. Elle en avait choisi un qui convenait à ses sentiments, ils s'aimaient, et à sa raison, elle pourrait toujours compter sur lui. Par contre, la compagne de Laxus avait refusé de lui donner l'adresse de Juvia. Elle ne lui avait même pas donné le nom de son mari. Elle n'avait jamais confirmé ce que le brun avait compris. Le oui elle a épousé Lyon n'avait pas franchi ses lèvres. Et elle avait prévenu son amie dès le départ du mage des glaces, furieux. Mieux encore, elle avait foncé chez elle, pour la prévenir de vis-à-vis et la calmer.
Depuis, Lyon ne tenait plus en place. Gray finirait bien par les retrouver. Pire, quelqu'un de Fairy Tail l'avait vu rôder près de leur appartement. Lyon avait, pour sa belle, quitté sa guilde afin de lui épargner un déménagement alors qu'elle était enceinte. Il ne s'en plaignait jamais et continuait de voir ses anciens coéquipiers. Parfois, Juvia se trouvait monstrueusement égoïste. Alors qu'elle était mariée et mère de deux enfants merveilleux, une petite partie d'elle souhaitait partir avec Gray, balayant dix ans de sa vie comme s'ils n'avaient jamais existé.
Elle ne broncha pas quand Lyon finit par entrer dans la chambre. Il vint se poster près d'elle, regardant leurs petits anges dormir. Il ne dit rien mais elle le sut. Gray était là. Dans le salon. Elle l'avait senti entrer comme autrefois elle aurait pu dire s'il était ou non à la guilde. Gray-sama…
En silence et après avoir une nouvelle fois embrassé ses enfants, elle se leva et quitta la chambre d'enfants. L'unique endroit du monde où les problèmes des adultes n'auraient pas dû avoir leur place. Et pourtant…
Elle entendit dans son dos un des jumeaux l'appeler et Lyon tenter de rendormir les enfants. Elle ferma la porte pour que sa discussion ne dérange pas le sommeil de ses trésors.
-Gray-sama.
-Bonsoir Juvia.
Ils étaient là, à se regarder, à s'observer. Chacun étudiait l'autre, le comparait à ses souvenirs. Juvia savait ce qu'il voyait. Une femme qui avait cessé d'être une mage le temps que ses enfants grandissent. Une femme qui voulait être présente pour chacun de leurs instants. Elle avait changé et ça ne lui plaisait pas.
-Tu ne m'as pas attendue.
Et voilà, les reproches déjà. Elle ferma les yeux et se raccrocha à la poignée de la porte. Elle luttait contre l'envie de se réfugier dans la chambre de ses enfants, de les serrer dans ses bras et d'oublier toute cette histoire, cachée sous leur couverture à les dévorer de baisers. Mais ça ne marcherait pas. Elle ne pouvait pas faire ça comme elle ne pouvait pas partir avec Gray en laissant ses enfants derrière. Ils n'avaient que quatre ans. Ils ne pourraient pas comprendre. Ils avaient besoin d'elle.
-Juvia va bien, merci de le demander. Comment va Gray-sama ?
-Pourquoi tu es partie avec lui ?
Il y avait de la supplication dans sa voix. Comme ses enfants quand ils réclamaient des friandises alors qu'ils allaient passer à table. Elle baissa les yeux, incapable de soutenir cette comparaison. Non, ses enfants n'y étaient pour rien, elle refusait de les empoisonner avec cette histoire.
-Parce que Juvia en avait assez d'attendre. Juvia ne savait même pas si Gray-sama l'aimait. Si elle l'avait su, elle aurait pu attendre plus longtemps encore. Alors Juvia a fini par accepter l'amour de Lyon. Elle se mit à jouer nerveusement avec son haut de pyjama. Juvia s'est mariée avec Lyon et elle est très heureuse. Mais elle n'a pas oublié Gray-sama, jamais non.
-Alors part avec moi.
Elle cessa de jouer avec son vêtement. La colère flamba en elle. Elle releva la tête, furieuse. Non. Non !
-Non. Son ton était calme mais déterminé. Juvia ne peut pas partir comme ça. Gray-sama l'aurait su s'il ne s'était pas fâché contre Lisanna et que Laxus n'avait pas été obligé de le mettre dehors. Gray-sama. Juvia a deux enfants. Elle les aime plus que tout et son cœur préfère ses enfants à Gray-sama et même à Lyon ! Beaucoup de choses ont changé maintenant. Elle fit un pas vers le mage des glaces. Gay-sama doit l'accepter. Il est parti dix ans. Dix ans ! Beaucoup, beaucoup de choses ont changé et rien ne sera comme avant.
-Alors tu m'aurais épousé si je n'étais pas parti ? M'aimes-tu encore Juvia ?
-Peut-être que Juvia aurait épousé Gray-sama, reconnu-t-elle tout doucement. Peut-être oui. Elle soupira. Surement même. Mais Juvia ne veut pas réécrire le passé avec des si. Non. Juvia ne le veut ni ce soir, ni jamais. Gray-sama. Juvia a eu mal quand vous êtes partis. Elle a pleuré, beaucoup. Mais elle a aussi beaucoup réfléchi. Oui elle aime Gray-sama, peut-être même plus que Lyon.
C'était dur. Elle n'avait dit cela qu'à Lisanna. Ces mots, elle ne les avait prononcé à voix haute que devant elle, quand enceinte elle devait rester aliter pour toute sa grossesse. Aucun homme ne les avait entendus. Jamais.
-C'est très difficile pour Juvia. Mais là, elle a ses enfants. Et elle ne veut pas les laisser. Ils ont besoin d'un père et d'une mère. Ils ont besoin de leur père et de leur mère. Juvia ne peut pas les laisser. Même si elle partait, ce soir avec Gray-sama, ou elle prendrait ses enfants avec elle, ou elle resterait ici avec eux. Mais quelque soit le choix de Juvia, il y a ses enfants, avec elle. Est-ce que Gray-sama le comprend ?
Il baissa la tête. Et tout fut dit.
Oui je sais, vous me détestez pour faire une fin ouverte. Mais la fin, c'est vous qui l'écrivez !
Critique/remarque/question/commande/numéro/autre/tatooooooooooooooo ?
