Bonjour mes amours ! Voici la suite ! Un vieux texte qui trainait sur mon ordi et qui est une sorte d'UA indéfini... J'espère qu'il vous plaira !

Quelques petites nouvelles. Déjà, je voudrais dédicacer ce texte à mon petit hamster Moomin qui nous a quitté mercredi matin... Ce texte n'a aucun rapport avec les hamsters mais je voulais dire un petit mot... Tu me manques ma belle et j'espère que les réserves de graines du paradis des hamsters seront suffisantes pour toi...

Autre nouvelle, il se pourrait que dans deux semaines, il n'y ait pas de drabble. Je compte faire la Sting X Minerva week qui sera du 11 mai au 17 mai. Donc je posterai le drabble de la quinzaine dans trois semaines. Enfin je dis ça, pour le moment j'ai trois textes de prêt. Mais je préfère prévenir.

Autre petite chose qui pourrait vous intéresser : je me tâte mais je pense bientôt poster des nouvelles en ligne pour les vendre. Je suis étudiante, je passe beaucoup de mon temps libre à écrire et ça ne me rapporte rien matériellement. Après, ça ne me dérange pas, j'adore ça. Mais disons que gagner un peu d'argent me permettrait peut-être de moins serrer la ceinture en fin de mois et de ne pas forcément avoir à chercher un boulot qui me prendrait du temps que je pourrais plutôt consacrer à l'écriture... Vous n'êtes pas obligés de les acheter mais je voulais vous en parler, au cas-où ça vous intéresserait. Je vous dirais où et comment trouver ces nouvelles en ligne, quand ce sera fait.

Dernière chose : je vous aime BORDEL ! Voilà c'est dit.

Petite réponse aux reviews :

Firefly : Tu ne pouvais pas résister hein ? C'est exactement ça ^^ Ils sont trop curieux. Oui je le suis ! Je sens que je vais recommencer à écrire sur ce manga !

Bonne lecture !


Yukino n'était guère plus qu'une enfant le jour où il fut enchainé.

Cependant, cette rencontre devait marquer sa vie au fer rouge. Ce jour-là, après des années à se faire ravager par les dragons qu'il dirigeait, ils avaient réussi à gagner et à le faire prisonnier. Comment ? Elle ne le sut jamais. Des milliers d'histoires circulèrent et nul ne put démêler le vrai du faux. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé.

Quoi qu'il en soit, elle se souvenait parfaitement de ce jour-là. Elle venait à peine d'être recueillie par le geôlier après la mort de ses parents et la disparition de sa sœur. Et voilà que cachée derrière une porte, elle voyait cet homme passer avec ces énormes chaines. Autour des poignets, des chevilles et du cou… Il ne pouvait qu'avancer à petits pas, escorté par quatre gardes même à l'intérieur de la prison. Malgré tout, il resta digne et droit, un rictus moqueur sur ses lèvres comme s'il savait qu'il finirait par s'enfuir, peu importe les précautions prises. Ce n'était qu'une question de temps. Et on le mena au fond de la prison, dans de très anciennes cellules. Il fut enchaîné au mur et on ferma la porte.

Après quoi, le royaume finit par l'oublier. Mais elle, jamais. Elle avait croisé son regard aussi rouge que le sang qu'il avait fait couler. Par la suite, ce regard la hanta pendant qu'elle grandissait.

Quand sa maladresse faisait des siennes, que le geôlier l'engueulait et menaçait de la jeter avec les autres prisonniers, elle pensait à lui. Tandis que les cellules se vidaient et se remplissaient, lui restait. Il fut un repère de son enfance solitaire, elle qui avait été Yukino mais n'était plus que la fille du geôlier.

Elle avait huit ans la première fois qu'elle le revit. On fêtait la nuit la plus longue de l'année et l'hiver était rude. Bon nombre de gens du peuple avaient volé pour tenter de survivre et les cellules étaient bien remplies. A force d'aller ouvrir la porte pour récupérer des captifs, le geôlier s'était mis à tousser. Il lui demanda donc d'aller porter un verre de grog à son prisonnier le plus ancien. Après tout, disait-il en se collant près du feu. Ce pauvre type avait au moins droit à ça. Un verre de grog pour la nuit la plus longue.

Comme c'était étrange de voir que le temps n'avait pas de prise sur lui et que tandis qu'elle grandissait qu'il demeurait semblable à leur première rencontre. Plus tard, elle apprit que le sang d'un dragon coulait dans ses veines et qu'il vieillissait donc plus lentement que les humains.

Ce jour-là, il ouvrit les yeux tandis qu'elle poussait la lourde porte de sa cellule. Assis à même le sol, les nombreuses chaines qui s'accrochaient à lui l'empêchaient de vraiment bouger. On ne lui permettait de marcher qu'une heure par jour, sous la surveillance étroite de plusieurs gardes et toujours enchaîné.

-Un présent pour la nuit la plus longue, dit-elle timidement selon la formule consacrée.

Elle s'approcha de lui, un peu effrayée pour lui donner son verre. Il le but lentement et elle comprit plus tard qu'il le faisait simplement pour qu'elle reste et rompe un peu sa solitude permanente. Elle se dandina tandis qu'il prenait de son temps sans savoir que ce rituel se répéterait chaque année à partir de maintenant.

-C'est vrai que vous avez tué des dragons ? demanda-t-elle quelques années plus tard, pendant une autre nuit interminable.

Le geôlier était sorti pour boire à une taverne. Il s'était blessé à la jambe en tombant et malheureusement, il s'était réfugié dans l'alcool pour oublier la douleur. Elle craignait qu'il ne finisse par perdre tous ses moyens et s'en prenne à elle. Depuis qu'elle avait commencé à saigner tous les mois, son regard sur elle avait changé.

-Quelques-uns, répondit-il tranquillement. Et des humains. Des petites filles comme toi.

-Pourquoi ?

-Parce que je suis un assassin.

C'était l'un de ses chefs d'accusation. Plus tard, elle devait apprendre qu'en réalité, il avait été mis là pour avoir séduit et défloré la princesse, principalement. Pire, il était même devenu son amant, au nez et à la barbe de tous ces gens chargés de surveiller sa virginité.

-Les gens ne naissent pas en étant des assassins.

-Alors peut-être que c'était mon destin. Je n'ai pas eu de chance.

Et en disant cela, il planta son regard dans le sien. Elle rougit. Il faisait écho à sa malchance en sachant très bien son histoire. Comment ? Elle n'en savait rien. Aussi changea-t-elle de sujet, troublée.

-C'est étonnant que cette solitude ne vous ai pas rendu fou.

Il se mit à rire. Un rire complètement fou qui lui glaça le sang.

-Peut-être que je suis déjà fou. Qui sait ? A force d'entendre les ombres ?

Elle fuit, lui laissant le verre encore à moitié vide. En arrivant dans sa chambre, elle se souvint qu'elle n'avait pas le droit de lui laisser quelque chose. Elle rassembla son maigre courage pour aller le récupérer.

Il avait brisé le verre en terre cuite et testait le tranchant des morceaux sur sa peau. De fait, il avait remonté sa manche et elle put voir de vieilles cicatrices sur son bras. Il avait tenté de s'ouvrir les veines de nombreuses fois de par le passé, bien avant d'être emprisonné. Un appel à l'aide enfermé à jamais dans sa chair.

-Vous ne devriez pas faire ça.

Elle récupéra le morceau qu'il frottait sur sa peau jusqu'à la rendre rouge, poussant du pied les autres débris pour l'empêcher d'en récupérer. Il lui adressa un regard vide.

-Tu ne sais pas ce que c'est d'être seul et d'entendre murmurer les ombres. Non... Tu ne sais pas.

Elle tourna les talons une fois qu'elle eut ramassé les morceaux, gênée. Et il hurla. Elle se mit à courir après avoir fermé la porte. Elle avait déjà entendu des gens un peu fous crier. Mais ça n'avait rien à voir. C'était un hurlement de désespoir, de solitude et de douleur. Et bien qu'elle eut mis son oreiller sur sa tête pour couvrir les oreilles, elle entendit son hurlement résonner dans sa tête.

Après cela, elle tenta d'égayer son emprisonnement. Le geôlier étant souvent saoul, c'était à elle que revenait le travail. A elle d'enfermer et de libérer les gens, même si elle n'avait pas le coeur assez fort pour ça. Et à elle de les nourrir et de nettoyer les cellules. A elle de récupérer les morts de maladie, de vieillisse, de froid et de solitude quand ce n'était pas le mauvais traitement des autres prisonniers.

Oh ! Elle ne lui apporta pas des vêtements luxueux ni des meubles délicats. Ce fut plus discret. Des plats un peu plus consistants que la bouillie infâme qu'on donnait aux autres, plus qu'un verre d'eau servi de temps en temps, des temps de repas qui duraient un peu plus que les quelques minutes de patience du geôlier, un sourire... A force, elle nota un changement de comportement. Il ne jouait plus la folie et avait cessé d'être arrogant. De temps en temps, elle eut même l'impression qu'il attendait qu'elle vienne, même s'il aurait sans doute préféré se faire arracher tous les ongles plutôt que de l'avouer.

La vie était douce malgré le geôlier qui continuait de boire comme un trou. Toutefois, la fille du geôlier estima qu'il existait un sort bien pire. Et elle se mit à espérer que cela durerait toujours...

Mais ce qui devait arriver arriva. A force de boire, le geôlier finit par faire une bêtise : la porte qui menait à la prison était normalement toujours fermée à clé. Son ouverture devait être surveillée afin que nul complice ne rentre et ne libère un intrus. Cependant, au cours d'une beuverie, il perdit la clé aux jeux. Volée, elle servit à une bande de gens mal famés d'entrer dans la prison pour libérer leurs complices. Et ils étaient nombreux à vouloir visiter les cuisses de la fille du geôlier, celle si près mais si inaccessible. Mieux encore, elle était toujours vierge...

La fille du geôlier se retrouva donc acculée dans un coin par une bande de gars. Elle eut beau tenter de se défendre, à six contre un... Elle crut qu'ils allaient profiter d'elle avant de la tuer ou de la laisser là, à la merci du premier venu... Sauf qu'au moment où tout allait basculer, le chef du groupe, qui comptait bien être le premier à fêter sa liberté retrouvée avec elle, s'effondra, un couteau de cuisine dans le dos.

Les cinq autres se retournèrent comme un seul homme et la jeune fille se laissa glisser par terre, le coeur encore battant. Puis elle vit le quintor se précipiter vers le lanceur de couteau. Et c'est alors qu'elle se rendit compte de qui était son sauveur.

Le tueur de dragons. Il avait réussi à se débarrasser de ses si nombreuses chaînes. Encore plus tard, elle apprendrait que l'une des chaines, que personne ne vérifiait, qui retenait son cou avait fini par céder après des années à l'user. Il avait alors pu rompre la chaine avec les dents qui lui tenaient lieu de crocs et une fois son bras libéré, le reste avait été plus rapide.

La suite fut un combat expédié. Toutes ces années d'emprisonnement n'avaient pas diminué sa force. Il en attrapa un et lui brisa la nuque, comme on casse la nuque d'un lapin. Il tomba à terre, le regard vitreux. Les autres ne tardèrent pas à le rejoindre dans la mort mais la fille du geôlier n'y prêta pas attention, le regard fixé sur le premier mort.

Ensuite, elle leva la tête pour le regarder. Il croisa son regard et vint s'accroupir devant elle. Il aurait pu lui faire subir ce que les autres voulaient lui faire. Mais il se contenta d'effleurer sa joue.

-Tu devrais faire plus attention à toi petite colombe.

Puis il se leva et partit. Elle aurait dû sortir et aller prévenir les gardes. Lancer le royaume entier à ses trousses pour le ramener dans cette cellule sombre. Mais elle n'en fit rien. Il venait de lui sauver la vie. Il avait réussi à recouvrer sa liberté et voilà qu'au lieu de filer tout de suite, il avait fait un détour pour la protéger. Peut-être voulait-il lui dire au revoir à la base.

Elle n'en savait rien. Mais elle ne vint pas lui poser la question. Quoi qu'on en dise, il n'était pas si mauvais. Bien entendu, on découvrirait sa fuite. Peut-être qu'on tenterait de le retrouver et qu'on l'enfermerait à nouveau. Alors qu'il profite de sa liberté, lui qui avait vu derrière la fille du geôlier, celle qui avait été quelqu'un d'autre, autrefois.

Autrefois, on l'appelait Yukino, avant que les portes de la prison ne se referment sur elle aussi. Mais les portes de la prison avaient retenu son nom et elle n'était plus que la fille du geôlier pour la plèbe.


Voilà, j'espère que ça vous a plu. A la prochaine !

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