Bonjour mes amours ! Non, les tomates c'est après le texte ! Mais je suis désolée du retard, il y a eu un décès dans la famille de mon copain et je suis partie en ne prenant que mon Ipad pour ne pas m'encombrer mais je n'arrive pas à passer mes textes de l'Ipad au site...

Autre chose que je vous annonce : je vais prochainement commencer à mettre en ligne des textes personnels sous formes de nouvelles. Ce serait une publication mensuelle de quatre nouvelles. Si Vous voulez en savoir plus ou juste papoter, j'ai créé une page FB et mis le lien du blog dans mon profil. Bon le blog n'est pas tout à fait complet, je m'en excuse. La mascotte et le logo devraient être dévoilés prochainement.

Pour ce qui est de ce texte, c'est un Gavy qui a été écrit à la base pour la GaVy week sur le thème UA (Univers Alternatif). C'est plutôt une sorte de crossover écrit sur le manga Kamisama kiss ou Kamisama Hajimemashita. J'ai essayé de l'écrire de façon à ne pas trop spoiler Kamisama et en expliquant tout. J'espère que ça vous plaira et que vous ne serez pas trop perdus.

Dernière précision: Belno c'est une femme dans Fairy Tail qui est au Conseil. Je ne vous dirais pas pourquoi je l'ai choisie elle, sinon c'est du spoil. Mais elle a un "passé" avec Gajeel.

Bonne lecture !


Levy serra les pans de son manteau sur elle, essayant de se réchauffer. Elle avait froid, faim et mal partout. En plus, son sac pesait une tonne et elle avait l'épaule rouge à force de le trainer partout. Elle aurait voulu s'arrêter dans un coin pour le poser à terre mais elle savait très bien que le froid se faufilerait dans son collant troué pour lui glacer les jambes. Même en remontant ses guêtres, elle claquait des dents.

Il fallait qu'elle trouve un endroit où passer la nuit. A cette pensée, elle se retint de pleurer. Tout allait mal depuis que son père avait perdu son boulot. Il s'était lancé entrainer par des amis dans la boisson et son efficacité au travail avait fini par décliner. Il était à deux doigts de se faire virer quand il s'était blessé à la main avec une machine. Il avait fallu lui amputer trois doigts, lui interdisant de retrouver un jour un travail d'ouvrier. Ça avait alors été une longue descente aux enfers pour Levy. Il passait ses journées à boire et son gosier jamais rassasié avait rapidement avalé leurs maigres économies.

Ne pouvant plus payer leur loyer, un huissier était venu leur demander de quitter l'appartement. Son père était devenu fou et il avait frappé l'huissier qui était revenu plus tard avec des policiers. Son père avait été arrêté et les policiers lui avaient gentiment expliqué qu'ils pouvaient l'aider, elle. La seule condition était de dire que son père la battait. Et alors, la justice ferait son travail et elle serait mise en sécurité.

Elle avait menti. Ce n'était pas bien de mentir à la police. Mais elle avait dit qu'elle était tombée et que son père n'y était pour rien dans tous ces bleus. Ce n'était rien, elle était juste très maladroite. Elle savait que ce n'était pas normal que son père lève la main sur elle, sans raison, et qu'elle avait le droit d'être respectée et mieux traitée. Mais c'était son père. Il avait toujours eu ces problèmes et elle l'aimait quand même ! Pourquoi vouloir le balancer en prison ? Ca n'arrangerait rien, au contraire. Il rencontrerait des gens pires encore et apprendrait d'eux...

Et puis bon, il lui aurait fallu plutôt une cure de désintoxication. La prison n'était pas toujours la solution.

Alors elle était partie. Elle avait rempli un sac de ses maigres affaires et elle avait quitté l'appartement. Son père refusait de se soigner, sa mère de le laisser et Levy de se laisser battre à mort. Ce qui expliquait que maintenant, elle errait dans ce parc sans savoir quoi faire. Elle n'avait pas d'argent pour se payer un hôtel, pas d'amie chez qui aller pour dormir... C'étaient les vacances et tout le monde était parti.

En plus, être une fille faisait d'elle une cible facile. Elle savait qu'elle risquait gros avec son air paumé, toute seule dans les rues, tard le soir. Et si ça continuait, elle allait chopper une pneumonie.

Pour l'instant, l'éclairage public marchait encore. Alors elle pouvait se balader dans ce parc sans trop de danger, pour le moment. Elle voyait les gens venir. Simplement, elle n'osait pas s'arrêter sur un banc pour se reposer et dormir. Trop peur. D'être vue par une personne de sa connaissance, de se faire voler, violer, arrêter...

Sans s'arrêter dans un nouveau tour de parc, elle changea son sac d'épaule. Ses pieds lui faisaient mal et elle claquait des dents assez fort pour qu'une personne qui aurait été à côté d'elle l'aurait entendu. Elle tourna subitement la tête en entendant un chien aboyer. Elle tourna la tête. Une femme s'était assise sur la branche d'un arbre et essayait de le chasser. C'était un gros chien efflanqué, sans doute un bâtard, un chien errant. Il s'enfuit quand Levy s'approcha un peu.

-Je crois qu'il est parti. Vous pouvez descendre.

La femme ne se fit pas prier. Malgré son âge mûr, elle était encore agile. Elle glissa de la branche souplement, pliant les genoux pour amortir sa chute. Ses yeux noirs brillaient d'intelligence derrière un gros et long nez que Cyrano de Bergerac n'aurait pas renié. A ses rides, Levy devina qu'elle ne souriait pas souvent. Pourtant, ses cheveux blonds attachés en queue de cheval n'avaient pas commencé à se strier de blanc et Levy ne voyait pas la moindre trace de coloration...

-Merci ma petite. C'est gentil de l'avoir fait partir.

-Je n'ai rien fait.

-J'apprécie quand même l'aide.

Elle souriait d'un air tranquille, comme si elle savait déjà qui était Levy et qu'elles étaient de vieilles connaissances. C'était très étrange. Ce le fut encore plus quand cette femme changea de sujet.

-Je te vois faire le tour du parc depuis un petit moment. Tu es perdue ?

Levy sentit le rouge lui monter aux joues. Etait-elle si repérable que ça ? Elle avait pourtant pris la peine de changer de direction pour ne pas être trop repérable et ne pas sembler trop égarée. Elle essayait de ne pas passer pour une proie facile ! Encore qu'avec son gros sac, elle aurait pu facilement faire mal à quelqu'un en le frappant avec.

-Non je...

-Tu peux aller au temple de Belno pour la nuit. Tu y seras au chaud, tu auras le ventre plein et un toit au-dessus de la tête.

Elle connaissait ce temple. Il se trouvait un peu à l'écart de la ville, bordé par un vieux bois. Il tombait en décrépitude et on le prétendait hanté. Certains étudiants "courageux" allaient là-bas de nuit et revenaient terrifiés avec des histoires abracadabrantes. Levy n'avait pas envie de les vérifier.

-Mais...

La femme déposa subitement un baiser sur son front et Levy sentit une étrange chaleur l'envahir, douce et rassurante. Pendant un instant, elle se souvient de quand enfant, sa mère riait et la berçait tendrement en lui chantant des berceuses pour l'endormir. Elle ferma les yeux et ses souvenirs d'enfance fleurirent dans son esprit, si fort qu'elle se souvient du parfum de sa mère et de l'odeur de la propreté de la maison, encore ordonnée...

-Vas-y. Je te le donne.

Ce n'était pas une si mauvaise idée. Malgré l'état du temple, le toit tenait encore bon. S'il pleuvait, elle y serait au sec. Et à défaut d'un repas chaud, elle arriverait peut-être à se mettre à l'abri des courants d'air. Sans compter que la réputation du temple gardait au loin les toxicos et autres personnages peu fréquentables.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la femme était partie. Une brise légère souffla et joua un instant avec ses cheveux, lui murmurant des encouragements. Elle tenait un papier qui indiquait comment se rendre au temple. Et...

Est-ce que cette femme m'a vraiment offert ce temple ?

Elle n'y comprenait rien et elle tombait de fatigue. Pourtant, son corps se mit en marche pour aller vers le temple. Elle aurait pu trouver un autre endroit, moins loin et plus sûr où dormir. Mais non. Elle devait aller au temple.


Cette personne sentait comme Belno mais ce n'était pas la vieille femme. Gajeel le voyait bien. La gamine frêle qui montait les marches pour se rendre au temple n'avait rien à voir avec l'ancienne déesse de la terre. Ca faisait bien cent ans qu'elle était parti mais le dragon ne s'y tromperait pas. Il avait quand même servi cette harpie pendant plus de trois cents ans...

Quel âge pouvait bien avoir cette humaine ? Si depuis le départ de la vieille, Gajeel notait les prières que les fidèles déposaient au temple, il ne leur prêtait pas attention, quand bien même ils n'étaient plus qu'une poignée. D'un autre côté, l'état du temple et les nombreuses pancartes enjoignant les passants à faire demi-tour, il ne pouvait guère en être autrement...

-Oy Lily. On a de la visite.

L'esprit familier des lieux apparut à côté de lui. Gajeel se détourna, ronchon. Cette fille n'avait pas le droit d'avoir le même genre d'aura que Belno. Il ne le permettait pas. C'était... C'était elle qui avait fait de lui son familier et l'avait chargé de veiller sur le temple tandis qu'elle partait faire un tour en ville ! Rien qu'un petit tour hein ?

-Elle a la même aura...

Gajeel ne l'écoutait pas. Il continuait de tourner le dos à la nouvelle arrivante. Il ne voulait pas croire ça. Que Belno était partie et ne reviendrait pas. Qu'elle avait cédé son temple à quelqu'un d'autre. Et que cette fille qui montait les marches, visiblement terrifiée, était la nouvelle déesse. Qu'elle allait faire de lui son nouveau familier. Qu'elle essaye.

-Hé ho ? Il y a quelqu'un ?

Encore une étudiante en mal de peur ? Elle claquait déjà des dents. Il la contourna lentement pour passer dans son dos et lui faire peur.

Il s'arrêta avant de la toucher. Elle claquait des dents parce qu'elle avait froid. Il voyait ses ongles violets et les frissons incessants de son corps qui essayait désespérément de se réchauffer, sans avoir vraiment de réserves pour supporter la température. Il remarqua son collant troué et sa veste trop fine pour la saison.

Mais le pire était son odeur. Elle sentait la peur, la douleur et les larmes. Il vit un bleu sur son cou, normalement caché par une écharpe qui avait glissé. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que son père la frappait, depuis un certain temps. Il en avait vu défiler des jeunes maltraités par leur famille. Le temple de Belno était connu pour accueillir ceux qui avaient besoin d'aide. Il y avait même une source d'eau chaude qui aidait à guérir... Mais depuis le temps, l'eau était tellement visqueuse qu'elle en était devenue épaisse.

-T'es perdue ? demanda-t-il.

Il était dans son dos et elle ne l'avait pas entendu. Il l'avait oublié. Ca, la réputation de temple maudit et le fait qu'elle était fatiguée. Elle hurla et se retourna. Elle recula prudemment en le voyant, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus besoin de lever la tête pour le regarder dans les yeux.

-Qui êtes...

-Je vis ici.

Elle était trop terrorisée pour que l'effrayée soit amusant. Encore un peu et elle tombait par terre, épuisée. Dans son état, si elle s'endormait, elle risquait de ne pas forcément se réveiller.

-Je...

-Viens. Tu vas prendre un bain chaud, manger et demain on parlera.

Il s'étonnait de l'aider spontanément, comme ça. Il n'avait pas l'habitude de tendre la main. Mais elle... S'il la chassait comme il avait l'habitude de le faire, elle allait mourir. Et elle sentait comme Belno. Un peu. Il voulait savoir pourquoi.

Comme elle hésitait, il rafla son sac pour qu'elle le suive. Ce truc pesait une tonne. Comment une si petite chose pouvait porter ça ? Elle avait une fourmi dans sa famille ? Vu sa taille, ça lui semblait possible.

Quoi qu'il en soit, il se montrait gentil mais demain, elle dégageait.

Elle ne dégagea pas. Belno lui avait donné le temple. Sans doute en avait-elle assez de le voir tomber en ruine. Il gronda beaucoup au début mais la gamine utilisa ses vacances à travailler d'arrache-pied. Elle se levait tôt, nettoyait, même si souvent elle hurlait en voyant des araignées grosses comme son poing. Ensuite, elle commença à réparer même si elle se prenait quelques fois le marteau sur ses doigts. Elle n'était pas manuelle mais elle faisait de son mieux. Alors il finit par lui confisquer le marteau pour le faire à sa place. Avant qu'elle ne finisse avec les doigts plats.

Normalement, un temple était entretenu par le familier et par le pouvoir du dieu. Il n'y avait plus de temple depuis bien longtemps et Gajeel avait passé des siècles à bouder.

A son plus grand étonnement, les fidèles commencèrent à revenir. D'abord, ce furent des curieux qui avaient entendu que le temple n'était plus hanté. Ensuite, certains laissèrent des prières, des tous petits rien, juste pour voir. Puis ils revinrent pour dire merci. Et confier d'autres prières. Parce que les humains étaient des ingrats.

Il y eut quelques démons qui vinrent aussi, pour voir la nouvelle déesse. Ils commencèrent à rire en voyant cette petite chose si frêle qui tombait par terre dès qu'ils la poussaient un peu. Puis, un démon se prit le sac de la crevette dans la tronche. Et Gajeel n'eut plus à la défendre.

Belno ne reviendrait pas. Pas tout de suite. Elle avait décidé de prendre des vacances et de confier son temple à une intérimaire. Mais tandis qu'il regardait Levy effectuer une danse rituelle devant une foule de fidèles et de curieux, il se prit à souhaiter que Belno repousse encore un peu son retour.

Il ne voulait pas rendre la crevette aux humains. Pas tout de suite. Le temple était trop vide sans son rire...


J'espère que ce texte vous aura plu.

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