Joyeux Yule ! En fait, aujourd'hui on fête le solstice d'hiver, le jour le plus court de l'année... Ce devait être celui de Noël mais... par conviction personnelle, Noël est plus un jour de famille tandis que Yule est plus... particulier dira-t-on. Et ce texte se tournait plus vers le solstice que Noël. Donc voilà. C'est un nouveau texte des 52 saveurs.

Vous m'excuserez de ne pas être très bavarde ce soir, j'ai voyagé toute la journée pour aller dans de la famille et je suis fatiguée.

Petite réponse aux reviews :

Krokmou : merci !

Guest : je ne sais pas, je verrai pour le faire ^^

Bonne lecture ! Et joyeux solstice !


Ce que vous avez toujours désiré

-Je peux vous offrir tout ce que vous avez toujours désiré.

Cana s'arrête, ce stupide arbre de Noël qui lui pique la peau dans les bras, son souffle chaud qui forme des petits nuages et son bonnet blanc qui protège sa tête du froid. Ce n'est qu'un homme, un vieil homme à la peau parcheminée, à la voix rauque comme quelqu'un qui a trop fumé, trop longtemps, trop jeune. Un vieil homme à genoux dans la neige.

Il ne passera pas la nuit. Ils le savent tous les deux. Les glaires qu'il chasse de sa gorge se sont teintées de rouge. C'est le réveillon de Noël. La nuit des miracles. Et il va mourir seul ce clochard. Tout seul, dans le froid, pendant que tout le monde se prépare à fêter la naissance d'un gamin né en été. Il va mourir seul parce qu'il a choisi de vivre à l'écart de la société, qu'il s'est battu pour survivre et se démerder. S'il n'avait pas été un clodo, on l'aurait félicité pour ça.

Il va mourir. Et pourtant, il sourit. De ses dents noires, trop mauvaises, pleines de caries et de saloperies. Il sourit parce que la mort est une vieille amie et qu'elle ne lui fait pas peur.

-Tout ce que vous avez toujours désiré, répète-t-il.

Une famille. La réponse brûle les lèvres de Cana. Une vraie famille, de sang. Pas juste celle que la guilde peut lui offrir. Un père, une mère... Voilà tout ce qu'elle voudrait lui répondre. Ou plutôt, ce qu'elle lui aurait répondu. Il y a quelques années. Je voudrais que mon père me remarque enfin. Qu'il cesse un peu de me voir comme un meuble, un truc du paysage. Que je trouve cette étincelle de courage qui me permettra d'aller le voir et de lui dire que je suis sa fille. Juste ça. Pas plus. Juste une famille, c'est ce que je vous demande.

Sa mère était morte. Alors Cana était partie à Fairy Tail. Là où se trouvait Gildarts. Son père. Son géniteur. Et elle s'était retrouvé seule dans la foule. De ceux qui ne bougent pas et qui obligent la foule à se fendre pour l'éviter. Elle s'était retrouvée seule parce qu'elle refusait d'avancer. Tout simplement. Elle stagnait, attendait son père mais ne bougeait jamais.

-Je vais mourir, autant faire profiter quelqu'un de ce pouvoir ma bonne dame.

Il avait fallu beaucoup de choses pour la faire se remettre en marche. Tenroujima. Acnologia. Les sept ans de vide. Lucy qui la pousse. Le blason de la guilde à redorer. Mavis, sa fille. Et Hibiki avec qui une histoire sérieuse comme elle n'en n'a jamais vécue commence à se construire.

Sa famille. Elle était là, sous son nez, à attendre. Et elle, elle regardait ses pieds comme une idiote. Il a fallut qu'elle se remette en marche dans cette foule anonyme, qu'elle relève la tête pour les voir. Et enfin la trouver. Sa famille. Celle de sang, ou presque.

-Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ma bonne dame ?

Elle n'aime pas Noël. Elle ne croit pas en Jésus. Elle n'aime pas cette religion de la douleur. Elle, elle croit qu'on vient sur terre pour être heureux, faire des erreurs, progresser. Elle croit en la réincarnation de l'âme, qu'on ne cesse de grandir sur le plan spirituel. Sa mère est plus grande que sa grand-mère. Cana est plus grande que sa mère. Mavis est plus grande que Cana. Les enfants de Mavis seront plus grands qu'elle. Les choses évoluent avec le temps. Il faut juste faire en sorte qu'elles évoluent bien.

Alors Cana prie. Pas Jésus, pas Dieu, pas Zentopia. Plutôt les dieux de la Nature, ces dieux païens qu'on a tenté de détruire. Comme Noël et ses symboles païens qu'on ne veut pas reconnaitre. Noël, c'est pour effacer le solstice. Le solstice qui est le 21 décembre. C'est la nuit la plus longue de l'année, la dernière fois où la nuit allonge ses longs doigts griffus. Après cette nuit, les jours se rallongent. Et la lumière va revenir. C'est ça qu'elle fête et pas un gamin en couches culottes dans une mangeoire. La vie, la joie et le cycle éternel.

-Attention, je ne peux vous accorder qu'une seule chose.

Mais ça ne l'empêche pas d'apprécier Noël comme une fête de famille. Ils vont tous manger à s'en faire exploser la panse, rassembler à peu près tout Fiore avec tous les amis et la famille qu'ils ont invité, ça va finir en bagarre, on en profitera pour installer les cadeaux ni vu ni connu, on plaisantera sur ce Père-Noël qui a oublié d'enlever un prix et ces lutins stagiaires qui font mal les papiers cadeaux... Ouais, elle n'aime pas Noël pour Jésus. Elle aime Noël pour ses miracles et pour sa festivité.

-Madame ?

Noël est la pire fête pour être seul. Et pour mourir. Et ce qu'elle désire ? C'est un voeu éphémère et qu'elle aura sans doute oublié demain, quand elle se réveillera au chaud, collée contre Hibiki avec Mavis qui râle parce qu'elle fait ses dents.

-La seule chose que je vous souhaite, c'est que vous passiez encore beaucoup de Noël entourés de vos êtres chers.

Et elle reprend sa route. Elle ne se retourne pas pour voir si le miracle a eu lieu. Parce que ce genre de choses ne devrait jamais être un moyen de se faire de l'argent grâce à des croyants crédules. Ce genre de choses devrait être un secret bien gardé et qui fait sourire le coeur.

Et puis, en un sens c'est ça Noël non ?


Bon, je n'ai plus qu'à rusher pour vous faire un texte pour Noël...

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