Texte surprise ! Bonjour mes amours ! Et ouais, je ne suis pas morte, j'étais juste... plus trop dans Fairy Tail. Mais mon copain est en train de se refaire la série et... J'ai eu un retour d'inspiration. Voici donc un texte tout chaud sur Cana avec une pincée d'idées ésotériques.

Je tiens à préciser que le texte fait écho à la fin de ma fic Bébé ? ! et risque de vous spoiler un élément de la fin.

Bonne lecture !


On héritait bien plus de la famille qu'on ne pouvait pas le voir. Ça ne se limitait pas à la couleur des cheveux ou à une fossette. Il ne s'agissait pas seulement des chansons qu'on avait entendues quand on était enfant, des mélodies qui berçaient nos nuits sans qu'on s'en rende compte, des années après avoir cessé de les écouter. Ce n'était pas non plus telle odeur qui agissait comme une madeleine de Proust ou un son…

On héritait aussi des malédictions et des secrets de famille. Cana l'avait vu maintes et maintes fois quand elle voyait des gens qui lui demandaient de leur tirer les cartes. On voyait l'histoire des parents et bien souvent, cela se répétait.

On avait beau cacher aux enfants certains secrets, cela se transmettait dans l'inconscient familial, quand bien même l'enfant était adopté ou né plusieurs générations après ce secret.

Combien de parents avaient donné à leurs propres enfants le nom d'un aïeul que personne n'avait jamais mentionné ? Combien de schémas s'étaient répétés sans personne pour les comprendre ? Combien de nœuds, de secrets et de fardeaux inconnus transmettait-on à ses enfants alors qu'on leur souhaitait tout le bonheur qu'on n'avait pas eu ?

Longtemps cette idée avait hanté Cana. Elle avait craint d'être une mère célibataire, comme sa mère et sa grand-mère avant elle. Et peut-être, en remontant son arbre généalogique, il y en aurait eu d'autres. Des non-maris partis, inconnus, envoyés à la guerre, morts de différentes façons… Toujours elle avait senti dans sa famille une espèce de séparation entre les femmes et les hommes.

Les hommes partaient et les femmes restaient là, à faire leur vie sans les attendre avec pour seuls compagnons certaines addictions…

Quelque part, c'était l'histoire du monde. Celle qu'on refusait de dire.

Les choses ne s'étaient pas arrangées quand elle était tombée enceinte d'un inconnu, suite à une soirée trop arrosée et une capote qui craque. Comme quoi, ça n'arrivait pas qu'aux autres.

Elle aurait pu avorter. Prendre une petite pilule et pouf ! Plus de bébé ! Elle avait déjà vu comment ça se passait, tenu la main à des inconnues qui lui avaient demandé de l'aide. Elle avait déjà nettoyé le sang qui coulait, pour que personne ne sache, consciente que chaque coup de serpillère enterrait un peu plus un secret de famille qui passerait peut-être de générations en générations, jusqu'à ce que quelqu'un ne défasse le nœud.

Ou elle aurait pu confier le bébé à une famille en manque d'enfants. Le bébé aurait été heureux, choyé et quelque part, bien plus mérité.

Elle en avait pleuré d'angoisse, à l'idée de reproduire encore ce schéma, de condamner son enfant, sa fille, elle le sentait, elle le savait que c'était une fille, à subir la même chose…

Elle avait tenté d'étouffer ce sentiment mais après avoir vu tellement de nœuds dans les familles, d'en avoir défait… Elle avait décidé qu'elle voulait toucher à son propre nœud et d'essayer de le défaire.

Ça avait été long et solitaire. Elle n'était pas sûre que les autres puissent comprendre, elle avait le sentiment d'être dans un autre monde, de toucher des choses que personne n'aurait pu comprendre parce qu'ils n'avaient pas le même chemin, la même spiritualité qu'elle. Elle s'était posé beaucoup de questions, s'était littéralement cassé les ongles sur ce nœud compliqué par des générations de tabous.

Combien de fois s'était-elle réveillée paniquée, hantée par cette question « où est papa ? » en sachant pertinemment que ce n'était pas elle qui se la posait mais le fantôme d'une interrogation transmise de mère en fille. Des cernes s'étaient creusés et tout le monde s'était inquiété mais elle n'avait rien dit. Ils n'auraient pas pu comprendre.

Elle ne leur souhaitait pas. Elle était au courant de choses qui étaient bien souvent lourdes à porter. C'était son chemin. Et si quelqu'un de la guilde choisissait d'arpenter un chemin similaire, soit. Mais c'était leur choix et elle aurait été là pour les épauler et échanger avec eux, en égaux.

Lentement, pendant que son ventre commençait à s'arrondir, elle avait senti en elle le nœud commencer à devenir plus lâche et à se défaire. Et à défaut d'avoir pu le défaire totalement, au moins elle léguerait à sa fille un héritage un peu moins lourd.

Sa fille. Sa petite lumière, sa Mavis. Le nom s'était imposé sur ses lèvres si fortement qu'elle n'avait jamais douté de ce choix alors qu'elle essayait de se remettre de son long accouchement. Elle avait juste senti quelqu'un par-dessus son épaule, quelqu'un de lumineux qui regardait sa fille et elle avait entraperçu le chemin lumineux qui l'attendait.

Bien sûr, il y aurait des zones d'ombre et de doute. Des gens riraient d'elle ou tenteraient de fouler ses rêves. Mais Mavis regarderait par-delà le moment présent, par-delà le voile pour voir arriver les jours meilleurs. Sa Mavis serait elle-même quand les autres se masqueraient, toujours à tenir bon et à croire en ses rêves.

Sa Mavis qui lui avait déjà montré la voie pour devenir quelqu'un de meilleur.

C'est à ce moment-là que Cana avait senti le nœud se défaire. Un nœud si familier que pendant un instant, elle avait senti un vide avant que l'amour pour sa fille, et la gratitude d'avoir reçu un tel bonheur, balayent tout.

Peu importait les héritages inconscients que l'on portait. Chacun était libre de tout poser au bord du chemin avant de recommencer à avancer, droit vers ses rêves, droit vers son bonheur.

C'était ça l'esprit de Fairy Tail.


Un jour, je redeviendrais régulière pour poster... En attendant :

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