Bonjour Bonjour !
Et une nouvelle fic que je m'empresse de vous poster !
Une petite histoire sana prétention, juste une idée qui m'étais venu...
J'espère qu'elle vous plaira, ne serait-ce qu'un peu.
Bonne lecture et dites moi ce que vous en avez pensé !
PSs : - Comme toujours Mille Mercis à ma correctrice attitrée qui, ne l'oublions pas poste de fics plus géniales les unes que les autres ! Vraiment merci isatis2013, pour ton soutien sans faille :)
- Merci aussi à ceux/celles qui laissent des commentaires à chacun de leur passage, même si je ne réponds pas, cela me touche énormément. je suis contente de voir que mes histoires plaisent à certain(e)s Encore MERCI à vous ^^
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Á fleur de peau
Reid tournait en rond dans son appartement. Il ne savait plus vraiment depuis combien de temps il était réveillé... Un fois arrivé à la hauteur de la bibliothèque, Spencer fit de nouveau demi-tour. Il se demanda alors s'il s'était vraiment couché cette nuit-là... Était-il là, à tourner en rond, parce qu'il ne trouvait pas le sommeil ou bien parce qu'il n'avait même pas prit la peine de se mettre au lit sachant qu'il ne pourrait fermer l'œil ? Il reprit finalement sa marche à travers le salon, bien trop fatigué de réfléchir.
Il devait suffisamment réfléchir comme ça pour continuer et se fatiguer inutilement. Réfléchir dans le métro. Réfléchir au boulot. Réfléchir dans l'avion. Pourquoi devrait-il encore réfléchir quand il était enfin chez lui ? Pourtant, bien malgré lui, les rouages de son cerveau se remettaient une nouvelle fois en marche... Plus il tentait de mettre de l'ordre dans ses pensées, plus il se perdait dans celles-ci. Plus il tentait de mettre un nom sur ce qu'il ressentait et moins il comprenait. Plus il essayait d'aller de l'avant et plus il se sentait perdu, seul. Pourquoi était-il si seul d'ailleurs ? Cette solitude lui fit soudain peur. Il secoua finalement la tête, chassant cette pensée, avant de reprendre une nouvelle fois sa marche. Un seul mot résonnait encore dans sa tête : pourquoi ?
Après de multiples allers-retours dans son salon, Reid fut surprit par le son de l'horloge. Il tourna la tête vers cette dernière. 4 h 00 du matin. Le jeune homme soupira faiblement... Bientôt il pourrait aller au boulot et ainsi étudier de nouveaux dossiers. S'il s'y prenait bien, il pourrait arriver à occuper son esprit assez longtemps pour ne pas réfléchir sur autre chose. Se concentrer sur le boulot et seulement le boulot. Mettre tout le reste de côté pour quelques heures tout du moins... C'était déjà ça après tout.
Il reprit sa lente marche dans son salon, reprenant ainsi son incessant va-et-vient. Une heure après, il se dirigea vers sa chambre, puis la salle de bains. Une bonne demi-heure plus tard, il tournait la clé dans la serrure avant de se diriger vers les escaliers. Quelques secondes plus tard il quittait son immeuble en direction du bureau du FBI. En chemin, il passa instinctivement sa main sur la pliure de son bras gauche...
- Non, murmura Reid pour lui-même. Je n'en ai pas besoin. Pas encore... ajouta-t-il dans un souffle. C'est fini tout ça maintenant.
Quand il quitta l'ascenseur, une fois parvenu à son étage, Spencer ne fut pas surprit par le silence qui y régnait. Il se doutait bien qu'à cette heure-ci, peu de personne seraient présentes et que les va-et-vient des autres personnes seraient peu nombreux.
Il s'installa à sa place habituelle avant de commencer à travailler sur les dossiers posés sur son bureau depuis quelques jours maintenant. De la paperasse, cartes, rapports à signer... mais cela l'occupait ne serait-ce que quelques heures. Toutes distractions étaient bonnes à prendre pour le génie de l'équipe de profiler.
Peu à peu, alors qu'il faisait glisser son stylo sur des feuilles blanches, Reid commença doucement à se détendre. Sa respiration se fit bien plus calme, au point qu'à l'arrivée de Hotch, celui-ci ne vit aucun signe de tension chez le plus jeune membre de son équipe. Hotchner le salua rapidement avant de monter s'enfermer dans son bureau. Il observa de longues minutes Reid par la fenêtre. Sans même s'en rendre compte, le chef de l'unité esquissa un sourire. La vue du plus jeune, son visage détendu ou sérieux, le calmait toujours, l'apaisait... Il détourna finalement son regard avant de prendre place derrière son bureau.
Le temps commença à passer lentement et, au final, toute l'équipe se trouvait désormais présente. Morgan s'éclipsa rapidement dans le bureau de Garcia, Rossi dans le sien et J.J., elle, était au téléphone avec un agent d'un autre état. Emily venait de finir de remplir un dossier et s'adossa à son siège. Elle soupira faiblement avant de se tourner vers Reid dont le bureau jouxtait le sien. Elle le regarda alors sans vraiment le voir, perdue dans ses pensées... Sentant finalement un regard sur lui, Reid finit par lever soudainement les yeux, croisant alors le regard de Prentiss.
- Quoi ? Demanda le génie un peu plus durement qu'il ne l'aurait voulu.
Emily sursauta à cette question inattendue, revenant alors à elle.
- Rien, répondit Emily, j'étais dans mes pensées, répondit simplement la jeune femme tout en esquissant un léger sourire.
- Ok... répondit le plus jeune légèrement sur la défensive.
Jennifer arriva finalement pour le plus grand plaisir de la brune qui ne savait pas vraiment comment réagir à ce qui venait de se passer.
- Je viens de voir Hotch et on doit partir en début d'après-midi, expliqua J.J.. En attendant, voilà le dossier. Spence, il faudrait que tu vois pour préparer un début de profil géographique pour tenter de déterminer la zone de confort du tueur.
- Bien, je m'y mets de suite.
En voyant une nouvelle fois le regard de Prentiss sur lui, Reid ajouta :
- Je vais dans la salle de réunion. J'aurais plus de place, préféra-t-il ajouter comme excuse avant de se lever.
- Bien sûr, répondit J.J.. Préviens-moi si tu as besoin de quelque chose.
Reid repoussa sa chaise avant de s'éloigner de ses coéquipiers. Une fois dans la salle de réunion, il put se mettre au travail. Rossi, sur le pas de la porte de son bureau, n'avait rien loupé de l'échange entre Reid et Prentiss, ni de l'annonce de leur nouvelle affaire. Il frappa au bureau voisin du sien.
- Entrez, entendit alors Rossi.
L'agent entra dans le bureau de Hotchner.
- Je suis à toi dans deux secondes, dit Hotch sans même lever les yeux vers l'arrivant.
- Tu as parlé à Reid ? Demanda Rossi sans attendre.
- On se parle tous les jours je te signale, répondit Hotch tout en continuant de signer des papiers.
- Ce n'est pas ce que je sous-entendais, et tu le sais parfaitement d'ailleurs ! Rétorqua l'écrivain et agent.
Hotchner reposa enfin son stylo avant de fermer le dossier et de lever les yeux vers son coéquipier et ami de longue date.
- Je sais. Mais je ne vois pas ce que je pourrais lui dire, vois-tu.
- Je ne sais pas moi, ironisa Rossi, ce que tu ressens pour lui par exemple ? Conclut-il finalement, faisant de nouveau soupirer Hotchner. Il a besoin de quelqu'un, reprit Rossi, et ce quelqu'un ne peut être que toi ! Tu le sais mieux que personne. Et il n'y a pas que pour lui que ce serait bien. Pour toi aussi... ajouta Rossi d'une voix plus douce. Il serait grand temps que tu acceptes... tenta une nouvelle fois Rossi.
- Ça suffit David ! Le coupa Hotchner. Je l'ai parfaitement accepté, mais ce n'est pas pour ça que je dois le lui imposer, rétorqua Hotch.
- Toujours aussi têtu à ce que je vois... marmonna David.
Pendant ce temps, Reid était en train de finir de cartographier la zone quand Prentiss entra dans la pièce.
- Je viens te donner un coup de main, dit la jeune femme en s'approchant du tableau sur lequel Reid avait déjà bien avancé.
- Pas besoin, je sais me débrouiller tout seul je te signale, trancha Reid.
- Je sais... répondit Emily après quelques secondes. Je te connais Reid, je sais parfaitement que tu peux...
Reid se tourna brusquement vers sa coéquipière, coupant cette dernière dans sa phrase.
- Tu me connais ? Arrête de faire comme si tu savais tout de moi ! S'emporta le jeune homme. Tu veux juste...
- Qu'est-ce qui se passe ici ? Reid ?
- Quoi ? Répondit froidement Reid en se tournant vers la seconde entrée de la pièce.
Voyant le visage de Hotch, Reid se détendit soudainement. Toute sa colère se volatilisa comme par magie en voyant le visage de son supérieur. Pourquoi s'était-il ainsi emporté déjà ? Il regrettait déjà de s'être ainsi énervé contre sa collègue. Il savait parfaitement que Prentiss n'était en aucun cas la cause de sa souffrance. Au contraire, elle devait même s'inquiéter pour lui... sincèrement. Comme les autres membres de l'équipe et lui, il tentait de les repousser. Encore une fois, il tentait de bâtir un mur entre lui et les autres. Mais pourquoi déjà ? Pourquoi agissait-il de la sorte en fait ? Reid n'en était plus vraiment sûr...
- Je suis désolé, s'excusa sincèrement Reid en se tournant vers Emily. Je ne voulais pas...
Reid s'interrompit, ne sachant pas vraiment quoi ajouter d'autre.
- Je sais, ne t'inquiètes pas pour si peu, tenta Emily en souriant. Je ne t'en veux pas.
- Reid, tu viens avec moi, dit Hotch avant de tourner les talons.
Reid hésita un court instant avant de se mettre en marche. Hotchner lui fit signe de passer devant lui. Il referma la porte derrière lui et prit finalement place à son bureau.
- Je suis désolé, commença Reid. Je ne voulais pas m'emporter, mais...
- Je sais, Reid, mais je pense que tu devrais rentrer te reposer un peu, remarqua le chef de l'unité.
- Quoi ? Non, je peux rester. Je veux rester ! Paniqua quelque peu Reid en pensant au fait qu'il serait de nouveau seul avec ses pensées s'il venait vraiment à rentrer chez lui.
- Peut-être mais...
- En plus on doit bientôt partir, tenta Reid.
- Reid, commença Hotch d'une voix plus douce, tu as besoin de...
- De venir, le coupa le plus jeune, tentant le tout pour le tout. S'il vous plaît, l'implora alors le petit génie. J'écouterais ce que vous direz et...
- Compris. Mais une fois de retour tu prendras du repos.
- Obligé ? Demanda Reid tout en connaissant déjà la réponse, mais peu ravi de cette demande.
- Oui, mais on en reparlera à notre retour. Pour le moment, va donner un coup de main à Emily, ajouta-t-il.
- Bien, répondit Reid. Encore une fois je suis désolé. Je ne voulais pas vous décevoir.
- Tu ne m'as jamais déçu Reid. Jamais.
Le faible sourire de Reid lui fit mal au cœur. Un sourire emplit d'une telle tristesse, d'une telle douleur... et il ne pouvait rien faire pour l'aider. Cela le rendait malade. Il aurait tellement voulu lui venir en aide et se sentait si impuissant.
Reid rejoignit finalement Prentiss pour finir le profil géographique... enfin, ce qu'il pouvait faire au vu du peu d'informations qu'ils possédaient pour le moment.
Comme prévu, le jet de l'équipe décolla en début d'après-midi pour arriver en fin d'après-midi. Le vol se passa dans le calme. Reid s'isolant peu après le briefing. Personne ne coupa le fil de ses pensées et il passa le vol seul, sous le regard quasi permanent de son chef d'équipe.
Toute l'équipe se joignit au reste des agents du commissariat du coin. Un nouveau briefing d'une petite heure eu lieu, et l'équipe put se mettre à étudier les indices du nouveau meurtre. Une nouvelle femme, blonde, la trentaine, avait été retrouvé, allongé, sur un des bancs du parc, les yeux bandés. Ce n'est qu'à plus de 22 h que Hotch demanda à tout le monde de rentrer à l'hôtel pour une bonne nuit de repos. La journée du lendemain risquait d'être longue et, avec la cadence du tueur qui augmentait, une nouvelle victime risquait d'être retrouvée rapidement.
Reid passa une grande partie de la nuit à étudier le dossier, en long en large et en travers. Il relisait encore et encore les mêmes phrases qu'il connaissait pourtant déjà par cœur. Il se coucha à près de 3 h du matin, et au réveil, il eut la désagréable impression d'être plus fatigué maintenant que la veille au coucher. Il se prépara rapidement avant de partir chez le légiste.
Cinq jours passèrent ainsi et Tom Friedman fut finalement appréhendé. Ils retrouvèrent la dernière jeune femme enlevée avant qu'il ne puisse finir "son œuvre". Traumatisée, mais en vie, elle avait été transporté à l'hôpital le plus proche, avec Reid et J.J.. Quand les deux agents rejoignirent finalement le reste de l'équipe au commissariat, Morgan semblait avoir une discussion plutôt houleuse avec Hotch. Ils rejoignirent Prentiss dans l'espoir d'en savoir plus...
- Il se passe quoi ? Demanda Jennifer en arrivant près de sa collègue.
Emily se tourna vers eux avant de lancer un regard légèrement gêné vers le génie de l'équipe. Il n'en fallut pas plus...
- Qu'est-ce que j'ai encore fait ? Demanda Reid en se tendant légèrement, s'attendant au pire désormais.
Voyant que Prentiss ne voulait pas répondre, Reid soupira avant de s'approcher de la salle où les deux hommes discutaient encore. Reid pu entendre quelques mots en entrant dans la pièce :
- … il se met en danger et l'équipe par la même occasion, s'emportait Morgan.
Au bruit de la porte qui s'ouvrait, l'agent se tut. Les deux regards se portèrent instantanément sur lui. Morgan sembla se calmer.
- On part quand ? Demanda simplement Reid d'une voix neutre.
- Le temps de récupérer nos affaires et on va au jet, répondit Hotchner. Ils n'ont plus besoin de nous.
-Bien, je pars en premier.
Reid fit volte-face, sans laisser la moindre chance à ses collègues de lui adresser la parole. Les deux hommes échangèrent un regard interloqué.
- Je vais lui parler, dit finalement Hotch alors qu'il suivait Reid du regard.
Ce dernier passa près du reste de l'équipe sans un mot ni un regard pour sa "famille". Ils se tournèrent vers leur chef qui sortit finalement de la pièce avant de les rejoindre. Peu après, tout le monde rejoignit l'hôtel, puis leur chambre pour faire leurs bagages.
Hotch, lui, frappa à la porte d'une chambre... Quelques secondes après, Reid la lui ouvrait. La surprise se lut sur le visage du jeune homme et sans qu'il ne le comprenne, Hotch crût déceler un léger soulagement dans le regard du plus jeune. Avait-il rêvé ?
Reid se décala légèrement, laissant ainsi son supérieur entrer dans sa chambre. Une fois à l'intérieur, Hotchner jeta un rapide coup d'œil dans la pièce. Il remarqua rapidement que le sac du plus jeune était déjà fin prêt. Tournant toujours le dos au génie, le chef pouvait tout de même sentir le regard de ce dernier sur lui. En effet, Reid ne le lâchait pas des yeux. Se tortillant maladroitement les mains, il attendait sa sentence : qu'est-ce que son patron avait choisi comme "punition" le concernant ? Il savait qu'il était à l'origine de l'altercation entre lui et Morgan, alors, quel sort lui était réservé ?
Comprenant que Reid ne parlerait pas le premier, Hotch soupira faiblement avant de se tourner, faisant enfin face au plus jeune. Celui-ci retenait presque sa respiration.
- Reid, commença Hotchner d'une voix qu'il voulait la plus douce possible, ça ne peut plus continuer ainsi.
- Je suis viré ? Demanda Reid bien plus durement qu'il ne l'avait voulu.
- Qu'est-ce que tu veux ? Rétorqua Hotch.
- Ce que je veux ? Répéta Reid incrédule.
Reid sembla se perdre dans ses pensées, alors que Hotch gardait le silence. Qu'est-ce que je veux après tout ? Arrêter ce boulot ? Partir loin de tout le monde ? Se demanda le jeune homme. Non, ça, je ne veux pas. Alors, qu'est-ce que je veux vraiment ? Son regard se porta alors sur Hotchner. Il croisa le regard inquiet de ce dernier. Je ne veux pas l'inquiéter comme je suis pourtant en train de le faire... Pas lui. Je ne veux pas le perdre. En aucun cas ! Si je me retrouve seul, de nouveau, je vais recommencer... Je le sens.
Inconsciemment, Reid porta une de ses mains à son bras, là où il pouvait parfois encore sentir l'aiguille s'infiltrer en lui, avant que la délivrance de l'oubli ne vienne enfin à lui. Sa main se crispa sur le tissu qui le séparait de sa peau.
Hotchner ne loupa rien de ce qui venait de se passer et comprit de suite qu'elles pensées agitaient le jeune homme.
- Tu as arrêté, n'est-ce pas ? Demanda doucement le plus vieux.
À ces mots, Reid sursauta légèrement avant de lâcher son bras comme s'il venait de se brûler.
- Oui ! Répondit précipitamment le jeune homme. Oui, mais... commença-t-il avant de s'interrompre.
Que se passerait-il s'il avouait en ressentir encore le besoin parfois? Il le décevrait, c'est sûr... il s'était battu contre lui-même, seul, si longtemps, qu'il savait pertinemment que s'il craquait ne serait-ce qu'une fois, il ne saurait pas trouver la force de s'en sortir une nouvelle fois... Tout serait fini et perdu pour lui. Pour de bon. C'était cela qui l'effrayait jour après jour, nuit après nuit, lui faisant peu à peu perdre l'appétit. Le tuant à petit feu...
-J'ai confiance en toi, lui dit alors Hotch, le tirant de ses sombres pensées. Maintenant, comme autrefois, et cela ne changera jamais.
- Comment pouvez-vous dire ça avec autant d'assurance ? Demande Reid, la voix légèrement tremblante.
- Mon instinct, répondit simplement Hotch, comme une évidence.
À ces mots, Reid ne put s'empêcher de sourire. Un léger sourire qui contrastait avec ses yeux si tristes. Hotchner ne savait pas quoi ajouter pour rassurer le jeune homme. Comment lui faire comprendre qu'il ne l'abandonnerait jamais ? Qu'importe ce qui se passerait... Comment lui faire comprendre que son sort lui importait bien plus qu'il ne semblait le comprendre ? Sa dernière discussion avec Rossi lui revint alors en mémoire.
- Un simple geste peut valoir mille mots, tu ne crois pas ? Lui avait alors dit l'écrivain.
Hotchner soupira faiblement en comprenant qu'il n'avait pas vraiment le choix. Il n'avait pas mille moyens de faire comprendre à Reid à quel point il était important à ses yeux.
- Je ferai tout ce que je peux pour t'aider, et je sais que tu vas me demander pourquoi. Voilà ta réponse...
En disant cela, Hotchner avait commencé à s'approcher du plus jeune avant de prendre son visage dans ses mains et de s'emparer délicatement de ses lèvres. Après quelques secondes, alors qu'il comptait mettre fin au baiser, Hotchner eut la surprise de sentir une légère réponse venant de Reid. Bien que surpris, Hotchner en fut surtout soulagé et approfondit un peu plus le baiser, pour le plus grand bonheur du génie.
Quand Hotchner sentit une larme venir toucher sa main, il mit fin au baiser.
- Je suis là pour toi, Reid. Moi, comme le reste de l'équipe, alors... parle-nous. Même si ce n'est que pour te plaindre. Vide ton sac une bonne fois pour toute !
Les larmes que le jeune homme retenait depuis bien des semaines, voir des mois, s'écoulèrent comme par magie. Les quelques mots que venaient de murmurer Hotch furent comme une libération pour le plus jeune. Un peu comme s'il les avait attendu depuis une éternité maintenant. Reid se sentait libéré d'un poids trop lourd pour lui seul.
Il posa alors son front sur l'épaule de son supérieur, avant de se laisser aller à sa douleur. Maladroitement, Hotchner passa une main dans la chevelure du génie. Bien malgré lui, Reid commença à vider son sac. Les mots sortaient tout seul, sans qu'il n'ait besoin d'y réfléchir. Ses craintes de se perdre. Ses doutes de pouvoir aller de l'avant. Sa douleur à se sentir si impuissant. Sa peur d'être rejeté. Ses cauchemars qui le hantaient même de jour. Son dégoût de lui-même. Sa déception de ne pas être capable de demander de l'aide alors qu'il sentait parfaitement qu'il en avait besoin. Tout. Tout ce qui le faisait souffrir se transforma en mots qu'il avait enfin la force de prononcer.
Hotchner se doutait depuis longtemps que le plus jeune membre de son équipe se battait contre lui-même, mais il n'aurait jamais imaginé que c'était à ce point-là. Hotchner s'en voulait désormais d'avoir mis si longtemps à réagir et à venir soutenir celui qu'il était pourtant venu à aimer.
- Ne t'en fais pas Reid, tu ne nous perdras jamais. C'est justement parce qu'il tient à toi que Morgan s'est autant emporté tout à l'heure. On tient tous à toi.
Reid commençait peu à peu à se calmer. Enfin, mettre des mots sur ce qu'il ressentait était bien plus libérateur qu'il n'avait pu l'imaginer. Son corps encore légèrement tremblant de toutes ses larmes versées, il appréciait bien plus qu'au début la douce étreinte que lui offrait Hotchner. Il se calma peu à peu, mais n'osait cependant pas bouger, de peur de mettre fin à ce moment qu'il avait tant souhaité : être contre la personne qui faisait battre son cœur comme jamais.
Pourtant Hotchner éloigna doucement son corps du sien. N'osant pas le regarder dans les yeux, Reid se concentra sur ses propres mains. Il ne vit pas alors le léger sourire de son supérieur à le voir si gêné. Hotchner prononça alors les mots qu'il pensait être les plus à même d'aider le jeune homme :
- Je t'aime Reid.
Le souffle coupé par ces quelques mots, Reid n'était pas vraiment sûr de ce qu'il venait d'entendre. Lentement, le jeune homme releva la tête et, devant le doux sourire et le regard rieur de son vis-à-vis, Reid comprit qu'il avait bien entendu. Ce n'était pas un tour de son esprit trop fatigué. Il se rendit compte que les baisers échangés auraient dû le mettre sur la voie, mais là, son cerveau ne semblait plus en mesure d'assimiler quoi que ce soit. Instantanément, le jeune homme rougit, ne sachant plus où se mettre. Hotchner se retint de rire devant cette réaction si inattendue, mais tellement naturelle de la part de Reid.
Ne voulant pas embarrasser le jeune homme plus que nécessaire, Hotchner s'écarta de lui de quelques pas.
- Bien, dit-il finalement après s'être éclairci la voix, je vais moi aussi finir de préparer mes bagages. On se rejoint dans le hall avec le reste de l'équipe.
Devinant parfaitement que sa voix risquait de ne pas vouloir sortir, Reid hocha simplement la tête. Hotchner passa tout près de lui, une légère caresse sur sa main, et le voilà qui quittait la pièce. De nouveau seul, Reid ne put s'empêcher de sourire en repensant aux baisers échangés quelques minutes plus tôt. Il n'y avait pas si longtemps, il était en colère contre Morgan et surtout contre lui-même, et maintenant il se sentait si léger, chanceux et enfin libéré !
Il se laissa tomber sur le lit, avant de porter son index sur ses lèvres.
- Tout semble si irréel, murmura Reid pour lui-même.
Hotchner venait d'entrer dans sa chambre, s'adossant à la porte. Lui, qui pensait garder ses sentiments envers le benjamin de l'équipe pour lui, voilà qu'il l'embrassait. Il lui avait même avoué explicitement ce qu'il ressentait. Au vu de la réaction que le plus jeune avait eu, il se doutait que Rossi devait une nouvelle fois avoir vu juste : en aucun cas il n'imposait ses sentiments au plus jeune, bien au contraire, il devait le libérer des mêmes doutes que lui-même n'avait cessé de ressentir concernant ses sentiments. Si faire le premier pas pouvait aider le jeune homme, alors soit, il le faisait avec joie.
Une quinzaine de minutes plus tard, tout le monde était dans le hall. Quand Reid arriva, il ne manquait que Hotchner. Quasiment tous les regards se posèrent sur lui quand il fit son apparition. Même s'ils ne savaient pas ce qui s'était passé plus tôt, tout le monde remarqua un changement chez le jeune génie.
Ce dernier semblait en effet plus calme, plus serein que ces derniers temps. Son visage n'était plus fermé. Le doute ne se reflétait plus dans ses yeux fatigués. Ses traits semblaient moins tirés. Et surtout son léger sourire gêné à voir tout le monde l'observer et le détailler semblait enfin naturel.
Morgan et Prentiss échangèrent un regard, alors que Rossi esquissait un sourire. Son instinct lui disait que Hotchner n'était pas étranger à cette soudaine métamorphose. Reid s'approcha de Morgan, Prentiss et J.J..
- Je suis désolé de mon comportement de ces dernières semaines, commença par s'excuser Reid. Je ne voulais pas vous impliquer dans mes problèmes, mais...
- Tes problèmes sont les notre, beau gosse, le coupa Morgan.
- On est une famille après tout, ajouta J.J. Avant de le prendre dans ses bras.
Cette dernière avait enfin l'impression que son ami, son confident, était enfin de retour parmi eux. Après tant d'attente...
- Tu apprendras que moins tu veux nous impliquer et plus on cherchera à l'être, ajouta Emily alors que J.J lâchait enfin le jeune homme.
Un léger sourire de la part de Reid et l'ambiance tendue du commissariat était enfin bel et bien du passé. Hotchner arriva à son tour. Il remarqua immédiatement le changement d'atmosphère autour des membres de son équipe et en fut plus qu'heureux.
- Bien, dit-il une fois près d'eux. Tout le monde est prêt à retourner à la maison ?
-Oh oui, s'exclama Morgan.
- Moi aussi, ajouta J.J. alors que Prentiss hochait la tête.
- Moi aussi, répondit à son tour le petit génie.
Hotchner se retourna vers lui. Au ton sérieux, bien que légèrement embarrassé, de sa voix, Hotch comprit immédiatement que ce n'était pas à sa question qu'il répondait, mais bien à son aveu d'un peu plus tôt.
Reid détourna immédiatement les yeux de ceux de son patron quand il eut la certitude qu'il avait bien comprit son message, le vrai sens de ses quelques mots. Il rejoignit le reste de l'équipe qui avait commencé à quitter l'hôtel.
- Je te l'avais bien dit, glissa alors Rossi quand Hotch le rejoignit.
- Oui, c'est bon, je sais, répondit Hotch faussement agacé. J'aurais dû t'écouter plus tôt, ça te va ?
- Pour des excuses, tu pourrais faire mieux quand même, mais je m'en contenterais, ajouta Rossi en plaisantant.
Devant le sourire amusé de l'écrivain, Hotchner soupira en secouant la tête de dépit.
- Ne prends pas la grosse tête parce que tu as vu juste une fois, rétorqua le chef de l'équipe.
- Une fois ? Répéta Rossi. Tu veux que je t'énumère toutes les fois où j'ai eu raison, mais que Monsieur n'a pas voulu m'écouter ?
- Mais vas-y ! répondit Hotch amusé.
Le trajet jusqu'à l'avion se fit dans la bonne humeur et une fois dans l'appareil tout le monde prit place avant de vaquer à ses occupations. J.J. S'endormit rapidement sur le canapé. Prentiss en fit de même dans un des fauteuils. Morgan, à ses côtés, avec le casque sur les oreilles, les yeux fermés. En face de lui, Rossi commençait déjà à bosser sur son rapport alors que Hotchner prenait place sur le siège derrière son ami, en face de Reid.
- Tout semble redevenu normal entre vous, remarqua Hotchner.
- Oui, répondit Reid. Enfin, j'espère, ajouta-t-il cependant.
Hotchner ne savait pas vraiment quoi dire, mais se doutait que le plus jeune attendait un mot de sa part.
- Ça te dit de venir chez moi ce soir ? Jack est chez un copain, proposa Hotchner voulant parler loin des oreilles indiscrètes des membres de l'équipe, tout en passant un peu plus de temps seul à seul.
- Si cela ne vous gênes pas, répondit Reid plus qu'heureux, bien que quelque peu embarrassé à cette idée.
- Bien, on fait comme ça.
Un silence s'installa entre les deux hommes, sans que cela ne les gêne vraiment. Pour dire quoi de toute façon ? Ils s'étaient déjà dit le plus important, et ce soir, d'ici quelques heures, ils auraient tout le temps de parler plus longuement. De plus, ce n'était que le début d'une très longue histoire. Ils pouvaient bien prendre un peu de temps pour se découvrir petit à petit, se voir sous un nouveau jour. Prendre le temps de s'aimer était tout ce qui comptait pour eux maintenant, et ils comptaient bien savourer chaque secondes, de chaque jour, de chaque mois... et ce, sans jamais cesser de s'aimer, ne seraient-ce qu'une seconde. Sans jamais se lasser l'un de l'autre.
