Bonjour Bonjour !
Et de deux fics postés le même jour (l'autre étant sur le fandom de HP)
Cela faisait un moment que je l'avais écrite, mais j'ai mis du temps à l'envoyer à ma chère correctrice que j'adore ^^
Je vous la poste de suite en espérant qu'elle vous plaira.
Bonne lecture et dites moi ce que vous en avez pensé !
PSs : - Comme toujours Mille Mercis à ma correctrice attitrée qui, ne l'oublions pas poste de fics plus géniales les unes que les autres ! Vraiment merci isatis2013, pour ton soutien sans faille :)
- Merci aussi à ceux/celles qui laissent des commentaires à chacun de leur passage, même si je ne réponds pas, cela me touche énormément. je suis contente de voir que mes histoires plaisent à certain(e)s Encore MERCI à vous ^^
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Par delà les mots...
Harold Finch observait la pluie tomber dans les rues de New York par une des nombreuses fenêtres de l'immense bâtisse dans laquelle il se trouvait. Il ne savait pas vraiment depuis combien de temps il observait la pluie, quand un énième soupir lui échappa. Il aimait observer le monde qui l'entourait. Observer les gens autour de lui. Cela lui avait été bien souvent utile par le passé.
Tout avait commencé par hasard : observer les oiseaux. Les observer et apprendre à les reconnaître grâce à son père. Observer son père disparaître peu à peu sous ses yeux, sans rien pouvoir faire pour empêcher cela. Observer le monde changer, évoluer, en bien ou en mal. Observer de plus près le monde via les humains qui le composaient. Nathan, Grace, Will... Des hommes, des femmes, des enfants...Pourtant cela ne lui avait pas permis de sauver ceux à qui il tenait...
L'informaticien changea de poste d'observation, dégourdissant par la même occasion ses jambes restées trop longtemps sans bouger. Il avait observé Carter, Fusco, Elias, Root, Shaw...Il avait observé la machine tout en la laissant faire de même avec lui. Elle apprenait de lui et lui d'elle. Plus qu'il n'aurait pu le penser au départ. Il était une part d'elle, plus qu'il ne l'imaginait et elle était une part de lui. Plus qu'elle ne le pensait et plus qu'il ne voulait l'admettre.
Pourtant il y avait bien une personne qu'il observait, encore et encore, sans pour autant pouvoir le cerner pleinement. Malgré le temps qu'il avait déjà passé à l'observer minutieusement. Il avait même l'impression que ce dernier évoluait plus vite que quiconque. Plus il en apprenait sur lui et plus il voulait en découvrir à son sujet. John Reese demeurait encore un mystère à ses yeux. Malgré tout ce temps... Encore aujourd'hui il pouvait passer des heures à observer son associé. Le suivre sur les écrans. Marchant à ses côtés. Déambulant dans les rayonnages de la bibliothèque. Mangeant avec lui dans leur planque. Jouant dans le parc avec Bear. Observer Reese était devenu, au fil des mois, son plus grand passe-temps. Divertissant, intriguant, palpitant... L'observer faisait battre son cœur comme jamais il n'avait battu. Le sortant peu à peu de sa léthargie. L'emmenant loin des ténèbres de silence dans lequel il s'était cloîtré bien des années auparavant. Observer Reese revenait à observer une petite lueur dansant sous ses yeux.
Au final, observer Reese lui faisait du bien. Autant de bien que de mal. Comme le papillon tournoyant autour de la flamme d'une bougie, au risque de se brûler les ailes. Au risque de finir consumé par cette dernière. Finch continuait d'observer cette flamme qu'était Reese, au risque de disparaître à son tour... tel le papillon en quête de sa lumière, de sa liberté...
Finch s'éloigna finalement de la fenêtre alors que 20H sonnait. Il savait pertinemment qu'il ne recevrait aucun numéro dans la soirée désormais. Il vérifia les gamelles de Bear avant de mettre son manteau. Il se dirigea vers les escaliers d'un pas lent. Une fois tout fermé, il put enfin quitter l'immense bâtisse à l'abandon. Il quitta la ruelle sombre avant de monter dans sa voiture. Il prit la direction de la planque qu'ils utilisaient comme base secondaire en cas de besoin.
Une fois garé en bas de l'immeuble, l'informaticien ne quitta pas de suite l'habitacle dans lequel il était. Il avait l'impression que tant qu'il resterait ici, il pourrait échapper à la réalité du monde extérieur. Cette réalité qu'il n'était pas encore tout à fait prêt à affronter. Cette douloureuse réalité qu'il se refusait obstinément d'observer. Il leva les yeux vers le haut de l'immeuble, fixant le dernier étage. Avec résignation, il se décida enfin à sortir de sa voiture et à commencer sa lente progression vers l'appartement le plus haut. L'ascenseur lui sembla plus rapide que d'accoutumée. Il savait parfaitement que cela n'était qu'un tour de son esprit fatigué. Après tout, il n'avait pas vraiment envie de franchir le seuil.
C'est pourtant ce qu'il fit quelques minutes après. Il n'alluma aucune lumière, même après avoir refermé la porte derrière lui. Malgré la pénombre de la pièce, il voyait parfaitement l'intérieur et ceux grâce à la douce lumière de la pleine lune, haute dans le ciel. Il avança finalement, traversant la pièce, le cœur lourd. Plus sa progression se faisait et plus l'envie de fuir s'emparait de lui. Plus vive que la veille. Il s'arrêta finalement à côté d'un lit. Le même genre de lit que l'on pouvait trouver dans toutes les chambres des hôpitaux. Les lèvres pincées, le cœur serré, il pouvait de nouveau observer le visage serein de John Reese. Il vérifia les constances de son agent avant de reporter de nouveau toute son attention sur l'homme profondément endormi tout près de lui...
John Reese, sûrement la personne qu'il aimait le plus observer dans ce bas monde. Sûrement la seule personne dont il était sûr de ne jamais se lasser de son observation et sûrement la personne qui l'avait aussi le plus observé depuis sa naissance. Hormis la machine bien évidemment. Il leva lentement une de ses mains qu'il fit doucement glisser sur le visage de l'ex-agent. En le voyant ainsi, son cœur se brisa un peu plus. Il entrouvrit les lèvres, mais aucun son n'en sorti. Il se laissa finalement tomber, comme la veille, dans le fauteuil juste derrière lui. Dans ce silence, seul le "bip" des machines résonnaient tristement dans la pièce. Un son qui résonnait bien douloureusement aux oreilles de l'informaticien.
- Je vous demande pardon... John, articula péniblement Finch.
Ce fut les seuls mots qu'il prononça de la soirée et de la nuit. Quand le soleil commença enfin à se lever le lendemain, l'informaticien avait une nouvelle fois passé la nuit à observer le visage endormi de celui qu'il aimait tendrement depuis un moment maintenant.
Il ne savait pas vraiment, d'où lui venait le courage, jour après jour, mais il se leva une nouvelle fois de son poste d'observation avant de se diriger vers la salle de bains. Un rapide brin de toilette et un costume propre et repassé, et il était prêt pour une nouvelle journée. Une de ces journées où dès le réveil, on sait que rien ne va bien se passer. Une de ces journées interminable dont on ne voit pas le bout, qu'importe à quel point on souhaite voir sa fin arriver. Une de ces journées où on a l'impression de ne rien contrôler et de n'être qu'une marionnette que quelqu'un contrôlerait d'on ne sait où.
Alors qu'il allait se réinstaller près de son agent endormi, Finch reçut un message. Il consulta alors son portable, le souffle court. Il soupira faiblement en se rendant compte que ce n'était que le lieutenant Carter qui cherchait à le joindre. Il ouvrit le message et put ainsi lire :
N'oubliez pas de manger !
Il sourit faiblement devant ce message attentionné du lieutenant à son égard. Il jeta un rapide regard circulaire dans la pièce avant de s'avancer vers la table basse. Il s'empara alors d'une pomme se trouvant dans la corbeille à fruits.
- Cela devrait faire l'affaire, remarqua-t-il pour lui-même, n'ayant personne pour lui répondre de toute façon.
Il reporta finalement son regard sur le corps de Reese. Cela faisait maintenant cinq jours qu'il dormait paisiblement. Cinq jours que Finch n'avait pas pu observer la moindre expression sur le visage de son agent. Cinq jours qu'il n'avait pas vu le regard rieur de son partenaire. Cinq jours qu'il n'avait plus entendu la voix de son ami. Cinq jours que celui-ci ne l'avait plus taquiné. Cinq longs jours sans pouvoir sentir le regard de celui qu'il aimait plus que tout glisser sur lui. Cinq jours si proche et si loin de celui qu'il voulait protéger plus que quiconque. Cinq jours qu'il ne cessait de regretter de n'avoir rien pu faire quand Reese avait le plus besoin de lui...
- Vous n'auriez rien pu faire, avait marmonné l'ex-agent cinq jours auparavant avant de perdre connaissance et de ne pas se réveiller.
Il le savait déjà pertinemment, mais quand même... C'était à lui de veiller sur la sécurité de son partenaire. John lui-même l'avait déjà appelé son "ange gardien". Il se souvenait parfaitement du sourire qu'avait affiché Reese en prononçant ces quelques mots et de sa voix rieuse à ce moment-là. Un de ses rares moments hors du temps où il avait l'impression qu'un lien invisible le reliait à John. Ce souvenir lui fit, au final, plus de mal que de bien. Il reprit finalement place dans le fauteuil, tout près de John. Il se doutait parfaitement que la machine ne lui enverrait pas de nouveau numéro aujourd'hui non plus. Elle avait dû comprendre depuis longtemps la nature exacte de ses sentiments envers Reese. Bien avant lui-même certainement. Avant même de s'en rendre compte, Harold sombra dans un sommeil profond, mais agité.
Harold Finch pianotait rapidement sur le clavier de son ordinateur, compilant, triant toutes les données concernant leur dernier numéro dont ils venaient de régler le problème. Reese fit alors son apparition ramenant le hacker sur Terre.
- Et voilà, une nouvelle affaire réglée, annonça John une fois que Finch eu posé les yeux sur lui.
- Réglée ? Répéta Finch d'un ton cassant.
- Et bien oui, répondit Reese surprit du ton agressif de son employeur.
- Vous avez tiré sur un innocent, incendié son appartement et avait causé son emprisonnement, je vous rappelle ! s'emporta un peu plus l'informaticien.
- Ok, il a été blessé, mais juste une égratignure. Son appartement est assuré et enfin, le mettre derrière les barreaux était le moyen le plus rapide de le protéger. La preuve, son agresseur s'est montré plus rapidement et Carter a ainsi pu agir. Quelle idée de vouloir le tuer directement dans un commissariat, se moqua Reese, indifférent au regard outré de son employeur.
- Mr Reese ! S'indigna un peu plus Finch devant l'absence de remords de l'ex-agent.
- Quoi ? J'ai fait ce qu'il fallait quand il fallait. Au moins je ne suis pas resté caché derrière les écrans de mon ordinateur, moi ! Vous n'allez pas vous plaindre en plus, rétorqua Reese. J'agirai comme bon me semble d'agir. Je n'aie pas le temps pour écouter vos états d'âme. Vous auriez préféré que je le laisse mourir peut-être ? Quoi qu'il en soit, appelez moi quand le prochain numéro tombera.
Reese quitta la bibliothèque sans laisser le temps à Finch de répondre quoi que ce soit.
Finch bougea dans son fauteuil, le visage légèrement crispé.
Une nouvelle fois, John tentait de le suivre à travers les rues de la ville. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu'ils travaillaient ensemble et pourtant l'ex-agent ne cessait d'enquêter sur lui, malgré ses nombreux rappels à l'ordre. Et pas d'une manière des plus discrètes en plus. Quelques heures plus tard, après avoir semé une nouvelle fois son agent, les deux hommes se retrouvèrent à la bibliothèque.
- Nous avons un nouveau numéro, annonça froidement l'informaticien alors que Reese montait la dernière marche.
- A qui avons nous affaire aujourd'hui ?demanda Reese sans se soucier le moins du monde du ton de l'informaticien.
Une fois les grandes lignes de l'affaire connues, Reese commença à s'éloigner quand Finch l'interpella.
- Combien de temps encore comptez-vous me suivre ainsi, Mr Reese ?
- Jusqu'à ce que je sache toute la vérité vous concernant, répondit simplement Reese.
- Cela ne vous est pas venu à l'esprit que cela ne vous concernait en rien ? Remarqua l'informaticien.
- Vous voulez que je vous fasse complètement confiance, à vous et votre machine, sans rien me dire vous concernant ? Demanda John en retour.
- Mon passé, l'endroit où je vis ou bien où je travaille, n'a rien à voir là-dedans. Tout ce que vous avez besoin de savoir concerne les numéros et uniquement les numéros Mr Reese. Retenez le et gravez le dans votre esprit, ajouta Finch d'un ton sans appel.
- Même pas en rêve, répondit Reese. C'est donnant donnant ou rien du tout.
Il quitta la bibliothèque sur ces mots prononcés froidement.
Harold grogna doucement dans son sommeil, le visage un peu plus fermé.
L'informaticien tournait en rond dans la bibliothèque, attendant plus qu'impatiemment le retour de son employé qui prenait son temps pour arriver. Il entendit finalement des pas rapides résonner dans l'escalier et alors qu'il sortait d'un des rayonnages de la bibliothèque, il tomba nez à nez sur Reese de bonne humeur.
- Ça ne peut plus continuer comme ça Mr Reese, l'apostropha Finch.
- Quoi encore ! Répondit John exaspéré
- Quoi encore ? Répéta Finch outré. Vous couchez, cracha l'informaticien, avec notre numéro et vous ne voyez pas où je veux en venir ?! S'indigna Finch.
- C'est bon, ne soyez pas si prude. Ne me dites pas que vous n'avez jamais couché avec quelqu'un ? Se moqua l'ex-agent.
Finch secoua la tête de plus en plus outré par les paroles de Reese.
- Elle est célibataire et était plus que consentante. Quel est le problème alors ? Demanda l'ex-agent.
- Vous êtes là pour la protéger et non pour passer du bon temps, cracha Finch. Dès le début je vous aie bien...
- Cacher des choses ? Le coupa Reese. Je suis plus que fatigué de vos mensonges, de vos cachotteries et de vos règles qui ne riment à rien. Ça ne peut effectivement plus continuer ainsi. Je démissionne, annonça alors Reese de but en blanc,
Reese fit demi-tour tout en ajoutant :
- Oubliez-moi parce que moi, c'est ce que je vais faire vous concernant !
Ces mots claquèrent brutalement aux oreilles de l'informaticien alors qu'il voyait Reese descendre les marches, disparaissant peu à peu de sa vue. Quelques secondes après le silence régnait de nouveau en maître. Finch n'aurait su dire pourquoi, mais il était soulagé. La première pensée qui lui était venu à voir Reese ainsi partir, était "Il est en sécurité maintenant..." Tout semblait sonner si faux dans le comportement et le langage de Reese. Une voix au fond de lui ne cessait de lui répéter que jamais, au grand jamais, le vrai Reese n'aurait agit de la sorte. Jamais il ne l'aurait trahi de cette façon. Jamais il ne l'aurait abandonné, lui ou les numéros. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi ni la raison de son soulagement, pourtant cela lui semblait si naturel. La seule et unique chose qui semblait bien vrai dans tout ça, c'était ce sentiment à savoir Reese loin des dangers des enquêtes liées aux numéros. Reese ne risquait plus rien désormais...
Une larme coula alors doucement sur la joue de Harold. Son visage crispé trahissant sa douleur, se détendit peu à peu. Même dans son rêve Finch se sentit de plus en plus calme, en sécurité, alors qu'une douce chaleur semblait se répandre dans ses veines, le réconfortant peu à peu.
Après de longues minutes, l'informaticien papillonna doucement des yeux. La première chose qu'il vit alors fut le regard de Reese avant de sentir une main enserrant doucement la sienne. Il ne put masquer la surprise ou le soulagement à voir que l'ex-agent avait repris conscience. Il tenta cependant de le masquer, mais trop tard. Reese s'était douté que Finch s'inquiéterait de son état, il le faisait toujours, mais il n'aurait jamais imaginé qu'il le serait autant. Voir alors que Finch tenait autant à lui, lui fit chaud au cœur et il remercia un peu plus le ciel d'avoir fait en sorte que leurs chemins se croisent.
- Bonjour Finch, le salua tout naturellement Reese.
- Bonjour à vous aussi Mr Reese. Ravi de vous revoir parmi nous, dit-il en retirant doucement sa main de celle de l'ex-agent. Je vais immédiatement prévenir le docteur Tillman.
Reese sourit doucement devant ce qui lui sembla être une tentative de fuite de la part de son patron. Il l'observa alors pendant son appel pour le médecin. Il avait l'impression de ne pas avoir pu poser les yeux sur lui depuis si longtemps. Sa voix résonnait enfin de nouveau à ses oreilles, comme une douce mélodie, le réchauffant, le réconfortant. La présence seule de l'informaticien à ses côtés était le meilleur des remèdes à ses yeux. Reese redevint impassible alors que Finch, ayant fini sa conversation téléphonique, se rapprochait de nouveau de lui.
- Le docteur Tillman arrive de ce pas, le prévint Finch.
- Elle n'avait pas besoin de se presser autant, remarqua John.
Il ne put que difficilement s'empêcher de sourire devant l'air outré qu'affichait désormais son partenaire.
- "Pas besoin de se presser autant" ? Répéta l'informaticien. Mr Reese, commença Finch, vous venez de vous réveiller après cinq jours de coma, remarqua Finch. Il est plus que normal de vérifier que tout va bien et que vous ne garderez aucune séquelle !
- J'ai compris Finch, répondit Reese. Mais moi je me sens plus que bien. Je voulais juste vous rassurer sur mon état de forme.
Devant l'air si sérieux de l'ex-agent, le Hacker se détendit quelque peu. Plaisanter ainsi sur son état ressemblait tout à fait au Reese qu'il connaissait. Celui qu'il avait observé durant des heures. Des jours et même des mois. Il se détendit un peu plus encore.
- Je vais finir par avoir des problèmes de cœur à force avec vous Mr Reese, plaisanta alors Finch.
Et pas qu'au sens propre, pensa l'informaticien. Vous aimer autant n'est pas bon non plus pour mon cœur. Reese sourit devant cette plaisanterie. Finch lui fit le résumé de ses cinq derniers jours et alors que John allait lui poser une nouvelle question, quelqu'un frappa à la porte. L'informaticien alla ouvrir, laissant entrer le docteur Tillman, tant attendu.
- Bonjour docteur, dit-il une nouvelle fois, maintenant de vive voix.
- Harold, John, ajouta-t-elle en se tournant vers son patient.
Elle le rejoignit rapidement.
- Je vous laisse, préféra ajouter Finch avant de s'éclipser sur le balcon.
Reese n'avait pas eu la moindre chance de lui dire que ce n'était pas nécessaire, sa présence ne le gênant nullement, que la porte se refermait déjà derrière l'informaticien. De toute façon, il était sûr que Finch serait tout de même sorti, voulant respecter sa vie privée, ou tout du moins le semblant de vie privée qu'il pouvait avoir.
Finch s'accouda au balcon, fixant sans vraiment le voir, l'horizon devant lui. Un faible sourire apparut alors sur son visage. Reese était enfin sorti d'affaires. Pourtant, quelques secondes à peine après, son sourire s'effaça peu à peu, laissant place à une très grande inquiétude. Oui, Reese était de nouveau hors de danger, mais pour combien de temps au juste ? Combien de temps avant qu'on ne lui tire de nouveau dessus ? Combien de temps avant d'être de nouveau pris dans un carambolage ? Combien de temps avant d'être de nouveau gravement blessé ? Voir même handicapé ? Ou pire, mort ? Un frisson d'horreur parcourut alors l'informaticien à cette sombre, mais pourtant envisageable pensée. " Ça ne peut pas continuer ". Ces mots résonnèrent alors dans son esprit telle une sombre prophétie. En effet, aux yeux de l'informaticien, cela ne pouvait décidément plus durer.
Mettre, encore et encore, celui qu'il aimait plus que tout en danger. Le pousser vers sa mort, en toute conscience des choses, l'informaticien ne pouvait plus l'accepter. Quitte à lui mentir. Quitte à trahir la confiance de ce dernier. Pour le protéger, il était prêt à tout et quand il retourna dans l'appartement, ce fut plus déterminé que jamais.
L'air sérieux que Finch affichait frappa Reese alors que l'informaticien approchait de nouveau de lui. Son cœur loupa un battement pensant comprendre ce que son patron s'apprêtait à lui dire.
- N'y pensez même pas ! Le devança Reese le cœur battant.
Finch se stoppa net, à quelques pas seulement du lit de Reese. Surpris par les paroles de ce dernier. Que pensait-il qu'il allait faire au juste ? Avait-il réellement deviné ?
- Mr Reese, commença Finch avant de se mettre juste à côté du lit de l'ex-agent, je ne suis pas sûr de comprendre ce que...
- Ne me demandez pas d'arrêter les missions à vos côtés, le coupa Reese.
Devant les paroles de Reese, Finch ne put cacher sa surprise. Comment avait-il pu deviner ses intentions ? Comment s'était-il trahi au juste ?
- Je peux facilement deviner le cheminement de vos pensées Harold, ajouta Reese d'une voix plus douce. Je vous aie suffisamment observé, depuis le temps, pour ça, expliqua-t-il. Et il est hors de question que j'arrête. Hors de question que je vous laisse, conclut-il.
- Mr Reese, commença Finch en cherchant ses mots, je dis cela uniquement dans votre intérêt, pour votre bien et uniquement pour cela. Vous ne pouvez pas continuer ainsi. Vous avez, encore une fois, faillir y passer. À cause de moi, ajouta Finch dans un murmure. Je ne me le pardonnerais jamais si il vous arrivez quoi que ce soit d'autre. Vous en avez assez fait John, ajouta Finch voyant que Reese allait protester.
- Pour mon bien ? Répéta Reese.
- Oui, pour votre bien, approuva l'informaticien. Rien n'est plus important à mes yeux que de vous savoir en sécurité, avoua alors Finch espérant ainsi le faire changer d'avis.
- Très bien, répondit alors Reese.
Finch soupira de soulagement. Cela lui parut pourtant trop facile. Il observa alors la moindre petite expression qu'affichait Reese. Son air déterminé, mais pourtant si calme, ne lui présageait rien de bon. Il fronça légèrement les sourcils, cherchant la vérité derrière son regard si franc.
- Si tout ce que vous voulez c'est mon bien, reprit Reese, alors je suis désolé de vous dire que je ne peux que rester avec vous.
- Comment... commença l'informaticien.
- Si vous m'avez observé autant que je le pense, poursuivit l'ex-agent, alors vous devriez voir que je ne mens pas. Être à vos côtés est tout ce dont j'ai besoin. Pour mon bien, laisser moi rester auprès de vous. S'il vous plaît... le supplia presque Reese du regard.
Ce regard avait toujours eu le don de le désarçonner. Comment pouvait-il le faire douter, en un regard, pour une chose pour laquelle il avait pesé le pour et le contre, encore et encore ? Il était sûr de lui et pourtant, en quelques secondes, Reese avait réussi à faire voler en éclats toutes ses certitudes. Lui seul avait ce pouvoir.
Voyant que Finch doutait peu à peu, Reese décida d'abattre sa dernière carte. Un tout pour le tout des plus risqué. Mais au vu de ce qu'il avait déjà pu observer avant et surtout depuis son réveil, il sentait que c'était le moment ou jamais. Il tendit sa main vers Finch, sans un mot. L'informaticien passa de cette main tendue, au regard de John. Ses yeux, semblaient n'appeler que lui. Sans vraiment s'en rendre compte, Finch attrapa finalement cette main pleine de promesse. Cette main tendue vers un avenir qui semblait n'attendre qu'eux.
Ce n'est que lorsque Reese sourit doucement que Finch se rendit compte de son propre geste. Il tressaillit faiblement à la pression de la main de Reese sur la sienne. Craignant une tentative de fuite de la part de Finch, Reese l'attira doucement à lui, forçant ce dernier à s'asseoir sur le lit. Sans le lâcher pour autant, de son autre main Reese caressa le visage de Finch. Un sourire si pur, si doux, apparut alors sur le visage de l'ex-agent alors que Finch se laissait aller bien malgré lui.
Comment pouvait-il refuser cette douce chaleur ? La main de Reese sur sa joue le réchauffait comme jamais. La présence de l'ex-agent avait toujours eu cet étrange pouvoir sur lui : le rassurer comme rien ni personne d'autre n'aurait pu le faire. Il ferma alors les yeux, doucement, gravant ce moment dans sa mémoire et dans son cœur. Il ne vit pas le sourire soulagé de l'ex-agent. Ce dernier s'approcha de Finch tout en rapprochant ce dernier de lui. Il sentit la surprise chez l'informaticien alors qu'il s'emparait de ces lèvres tant désirées. Un premier baiser enfin partagé auquel l'informaticien ne put résister et auquel il répondit rapidement avec tant de douceur et d'amour que Reese succomba une nouvelle fois à son charme.
Après ce premier baiser plein de promesses, Reese posa son front sur celui de Finch qui rouvrit finalement les yeux. Était-il en train de vivre le plus beau des rêves ? Devant le regard de Reese, il sut que non, tout ceci était bel et bien réel.
- Vous comprenez maintenant ? Demanda Reese. Je ne peux désormais plus vivre sans vous Harold, conclut Reese comme une évidence.
- Je veux juste... vous protéger, répondit Finch la voix légèrement tremblante.
- Je sais et je veux faire de même avec vous. Je veux sentir, jour après jour, votre regard sur moi. Je m'y suis habitué depuis le temps. Sentir votre présence tout près de moi. Et j'espère sentir votre corps dans mes bras, tout contre moi. Vos lèvres, votre peau, votre souffle... Je veux tout de vous.
Finch frissonna de plaisir à ces mots qu'il espérait sans pourtant vraiment y croire.
- Vous êtes ma raison de vivre Harold. Tout simplement. Sans vous je ne pourrais plus exister...
- John... murmura Finch ému.
- Moi aussi je vous aime, dit alors Reese avant de l'embrasser de nouveau.
Ce nouveau baiser fut accueilli avec plus d'empressement que le premier. Reese posa ses mains sur le visage de l'informaticien, le prenant en coupe, alors que Finch s'agrippait au haut de l'ex-agent, l'attirant autant qu'il put près de lui. Une seule et unique larme glissa sur la joue de Finch avant de finir sa course sur la main de Reese.
Finch mit fin au baiser, reprenant peu à peu son souffle.
- Il va y avoir de nouvelles règles Mr Reese, dit alors l'informaticien de nouveau sérieux.
- Lesquelles ? Demanda Reese comprenant que Finch acceptait qu'il continue de travailler à ses côtés.
- Premièrement, vous serez encore plus prudent. Je ne veux pas vous perdre, avoua Finch.
Reese fut touché par cet aveu qu'il comprenait parfaitement. Lui-même ne pourrait vivre sans celui qu'il aime et connaissant la trop grande sensibilité de son désormais amant, l'imaginer souffrir à cause de lui, lui brisait le cœur.
- Promis, je redoublerais de prudence.
- Bien. Deuxièmement, aucun mensonge ne sera toléré sur d'éventuelles blessures. Aucun mensonge tout court, mais cela était déjà valable avant. Je veux être mis au courant de la moindre blessure vous concernant. Même d'une simple écharde ! Exagéra l'informaticien.
- Compris, répondit Reese ne pouvant s'empêcher de rire légèrement.
- Troisièmement et quatrièmement, soyez prudent ! Répéta Finch pour plus de sûreté. Doublement. Triplement prudent même ! conclut l'informaticien.
Reese se permit de rire franchement devant l'acharnement de Finch pour sa prudence. Finch sourit devant ce rire si franc qui lui avait tant manqué ces derniers jours.
- Compris patron, dit finalement Reese avant de déposer un léger baiser sur les lèvres de l'informaticien, comme pour celer ce nouveau contrat entre eux.
L'ex-agent caressa une nouvelle fois le visage de Finch qui lui sourit tendrement en retour. Il l'attira dans ses bras, dans une étreinte tant désirée de la part des deux hommes.
- Je vous aime John, murmura finalement Finch une fois tout contre Reese, en sécurité. À un point que vous ne pouvez imaginer.
À ces mots Reese resserra son emprise sur le corps de l'informaticien, comme pour le remercier de ses paroles. Il déposa un baiser sur sa tête.
- On a tout le temps pour découvrir l'étendu de nos sentiments respectifs. Tout notre temps, murmura l'ex-agent.
Finch et Reese passèrent le reste de la journée ensemble, la plupart du temps l'un contre l'autre. Deux jours passèrent, après, la machine se permit de rappeler les deux hommes à la réalité : les numéros ne s'arrêtaient jamais de tomber. C'est plus qu'heureux d'être ensemble qu'ils reprirent le travail. Finch veillant un peu plus sur Reese qui, lui, était désormais soucieux de sa propre santé. Son unique but étant encore et toujours de protéger Finch et de rester le plus longtemps possible à ses côtés...
