Après plusieurs instant de marche, écartant les branches sur son chemin, quel ne fut pas sa surprise en voyant la silhouette d'un immense manoir ce dessiner entre les arbres. La lumière était de plus en plus forte sans pour autant être aveuglante, étant simplement chaleureuse. Probablement que ce manoir était totalement éclairé par les douces lueurs des bougies.
Tout en fixant cette immense bâtisse, construite de pierres noires taillées, aux arches décorant chaque fenêtre et surplombée de statue abîmées par le temps, Encre fini par arriver à ses pieds. Il resta encore un moment à observer l'endroit, regardant les fenêtre pour tenter d'y voir une quelconques traces de vie. Malheureusement, rien ne semblait lui indiquer une présence et un nouvel éclair le fit sursauter.
- Arrêtons nous ici pour la nuit... Je trouverai un arrangement avec le propriétaire plus tard.
Cherchant un instant autour de lui, il fini par trouver les écuries, tirant la longe de son cheval pour le faire suivre. Les lourdes portes en bois étaient fermées d'une planche placée en travers, étonnant le peintre. Qui donc scellerai les écuries alors que le lieu n'abritait que des chevaux ? Est-ce lui qui était trop naïf de laisser son animal sans réellement protection en dehors de chez lui ?
Il secoua le crane, se disant qu'il devait arrêter de ce poser autant de question ainsi. Retirant donc la planche, le peintre poussa l'une des portes, soulevant beaucoup de poussière, le faisant tousser.
- Depuis quand le ménage n'a pas été fait ici ?
Il dut prendre son écharpe pour respirer un peu mieux, observant alors l'intérieur. Il y avait plusieurs boxes, de la paille sec dans chacun d'eux, une légère lumière tamisée éclairait le tout venant d'un chandelier triomphant au centre de la pièce. En dehors de la porte qui ne semblait jamais être ouverte, l'intérieur était relativement bien entretenu...
Encre resta un instant perplexe avant de vouloir avancer. Cependant, son cheval se cambra dans un cri, semblant refuser d'y rentrer. Manquant de tomber au coup sec que cela provoqua sur la longe, Encre s'approcha doucement de son animal pour lui caresser le cou, essayant de le rassurer.
- Nous ne restons que cette nuit... Je vais voir si le propriétaire est chez lui pour lui demander refuge puis je reviens.
Ses mots semblèrent calmer le cheval qui après quelques coups de sabots sur le sol, accepta de rentrer dans l'écurie. L'endroit était assez grand et Encre pu aussi y faire rentrer sa calèche, venant la détacher pour la mettre dans un coin. Il prit tout de même le temps de trouver foin et eau pour son cheval, ouvrant les fenêtre sur les cotés des boxes pour aérer l'endroit avant de repartir.
- Je reviens vite. Dit-il à son animal en sortant de l'écurie.
Dehors, le vent soufflait de plus en plus fort, mouvant les arbres dans un murmure à donner des frissons. Encre n'aimait guère quand la forêt se mettait à chanter ainsi... Elle n'avait rien d'un doux chant, plutôt un requiem apportant avec lui le froid, l'orage et la tempête.
Attrapant son écharpe pour se cacher un peu mieux le cou, le froid venant s'infiltrer dans ses vêtements, le squelette aux os blanc avançait d'un pas décidé vers le manoir. Sur le petit chemin entre celui-ci et l'écurie, Encre observait les alentour, son regard se perdant un instant sur les hais, les fleurs et les arbres.
- Tout est soigneusement entretenu... Marmonna-t-il. Il doit forcément y avoir quelqu'un.
Arrivant finalement devant l'immense porte, le peintre chercha de quoi sonner mais notant l'absence de cloche, il fini par prendre la pièce de métal en forme de tête de cheval sur la porte, venant frapper avec sur le vieux bois. Le bruit sembla résonner dans tout le hall, parvenant aux conduits auditif d'Encre malgré la porte fermée.
Tout en attendant d'avoir une réponse, le mortel se recula un peu, regardant les fenêtres. Certaines étaient ouvertes et les rideaux, qui donnait une sensation d'être d'un tissus luxueux, volaient à travers. Les lumières semblaient aussi danser, le vent devait souffler sur les bougies sans pour autant les éteindre.
- Peut être sont-ils méfiant ? Se demanda Encre.
Alors qu'il allait revenir vers la porte pour toquer, son regard fut attiré par un mouvement à une des fenêtre. Rapidement, il regarda de nouveau, observant les lumières bouger plus vivement avant de s'éteindre.
- ...Est-ce le vent ou une personne ?
Encre commençait à se sentir nerveux, le silence du lieu contrastait avec le bruit du vent dans la forêt tout autour. Un nouvel éclair résonna, faisant glapir le peintre squelettique. Approchant de nouveau de la porte, il tendit la main pour y saisir le morceau de métal et toquer encore une fois.
Les secondes qui suivirent furent identiques aux précédentes, silencieuses, sans réponses tandis que la tempête semblait de plus en plus proche. L'odeur de l'humidité étaient de plus en plus présente, poussant finalement Encre à saisir la poignée pour la tourner. Et à sa grande surprise, la porte s'ouvrit...
- ...Pardonnez moi. S'avança Encre en entrant. Je demande juste asile pour la nuit.
Le peintre pénétra dans le manoir, fermant la porte derrière lui. Face à lui se dressait un immense hall avec plusieurs porte sur les cotés. Des chandelier aux gravures d'or étaient fièrement posé sur de belle table en bois à coté de chaque porte, formant une allée parfaitement éclairée.
À ses pieds, un long tapis recouvrait le sol, allant jusqu'au fond du couloir pour s'arrêter au pied d'un escalier dont les marches se séparaient en deux chemins. Tout le long, sur les rembarres, d'autre bougies étaient placées, toutes allumée aussi.
- Il y a quelqu'un ? Appela Encre.
Il ne pouvait croire qu'autant de bougie soit allumée si personne ne vivait ici. Il fini par faire un pas en avant, portant une main à son écharpe pour se donner du courage. Le parquet sous le tapis grinçait à chacun de ses pas, le rendant encore plus nerveux.
L'endroit était parfaitement silencieux et Encre avançait en continuant de parler, tentant d'alerter sur sa présence.
- Je cherche un refuge pour la nuit... Je ne suis qu'un humble peintre. J'ai été pris de court par la tempête.
Autour de lui, toujours aucune réponse, aucun bruit. Le vent s'infiltrait par les fenêtres, créant un sifflement qui fit sursauter Encre. Il se tourna par réflexe vers l'une des porte fermée, s'approchant d'elle en entendant le bruit un peu plus fort.
N'ayant aucune réponse et poussé par la curiosité, Encre tendit la main pour venir ouvrir la porte mais alors qu'il avait la main tendue, il se stoppa net. Il se tourna rapidement pour fixer les escalier, ayant eut la sensation qu'on l'observait...
Laissant la porte, il s'approcha des marches, observant vers le haut, cherchant une présence. Il était persuadé qu'on l'observait, sa moelle en était convaincue. Lentement, il monta une première marche, puis une seconde, ne quittant pas le sommet du regard.
- Comment êtes vous entré ? Finit par demander une voix grave et froide, venant de derrière lui.
Se figeant de peur, Encre mit un moment à se retourner. Une personne était derrière lui ? Comment ? Il n'avais rien entendu ! Ni porte, ni fenêtre, ni parquet grinçant.
Finalement, il se tourna lentement, découvrant celui qui avait parlé. En face de lui, un autre squelette se tenait droit, fier. Il portait une cape qui cachait presque tout son corps et son visage mais Encre pouvait percevoir qu'il avait les os noir. Ses pupilles étaient assez étrange, l'une était totalement jaune tandis que la seconde était aussi jaune mais avec du bleu en son centre. Les deux pupilles luisaient dans la pénombre provoquée par le port de la capuche bien qu'on pouvait tout de même distinguer qu'elles reposaient dans des orbites aux couleurs rouge sombre. Enfin, des marques bleu autour des orbites et partant vers le derrière du crane étaient aussi visible mais tout le reste était caché par cette cape noire.
- Je vous ai posé une question. Répéta alors l'inconnu, faisant un pas vers Encre.
Perdu dans ses pensée, le peintre fini par en sortir, venant descendre les marches pour respectueusement s'incliner.
- Pardonnez moi, la porte était ouverte. Expliqua-t-il. Je suis Encre, un humble peintre qui fut surpris par la tempête. Je cherchais un refuge quand votre manoir m'est apparu.
- Il est vrai que la tempête dehors n'était point prévisible. Ironisa le squelette vêtu d'une cape. Que faisiez vous dehors à cette heure. Vous n'êtes qu'un imprudent.
Encre l'écouta avant de gonfler les joues, venant croiser les bras.
- Je ne vous permet pas ! Ma maison ce trouve assez loin de la ville. Je rentrais simplement chez moi après avoir vendu mes toiles !
En face de lui, le squelette aux os noir eut un grand sourire, venant soudainement s'approcher d'Encre, faisant reculer celui-ci qui fut pris de court par la vitesse du déplacement.
- Vous n'avez pas peur d'être tombé chez une personne dangereuse ~ ? Ronronna l'inconnu de sa voix grave, se penchant au conduit auditif du peintre.
- ...Si vous aviez voulu me tuer, vous l'auriez déjà fait. Répondit Encre malgré la peur qui commençait à grimper en lui.
L'inconnu resta un instant silencieux avant de se redresser, venant ouvrir une des portes du couloir. Celle-ci menait vers un immense salon avec une cheminé au fond, divers canapé confortable autour et un piano dans un coin. Mais surtout, ce qui étonna Encre fut la quantité de tableau accroché aux murs. Tous de bels œuvres de peintre plus ou moins reconnu, lui même venant reconnaître certaines toiles.
- Peignez pour moi. Finit par dire l'inconnu. Cela sera votre paiement pour rester ici cette nuit.
Surpris de la demande, Encre fit par sourire, hochant le crane alors que celui en cape venait lui dévoiler un chevalet, de la peinture, une toile et des pinceaux.
- C'est un arrangement qui me va mon seigneur. Répondit le peintre qui se calma un peu.
Il se dirigea vers le chevalet alors que le squelette noir retirait sa cape, dévoilant le reste de son crane qui semblait se finir par de petites fumées volant au gré des vents. Pour le reste de son corps, il était vêtu de vêtements noble, aux tissus cher et bien entretenu. Alors qu'il posait sa cape sur le canapé, Encre put voir ses phalanges, observant qu'elle étaient bicolore, partant de la paume noire avec les deux premières phalanges rouge et la dernière jaune. Le peintre fut sorti de ses pensées alors que le squelette noir s'approcha de lui.
- J'ai hâte de vous voir à l'œuvre. Ronronna-t-il d'une voix véritablement passionnée, semblant aimé voir les gens peintre.
- Je m'y met tout de suite. Sourit alors Encre, heureux de trouver un amateur d'art. Seigneur... ?
- Fallacy. Finit-il par dire, acceptant de se présenter. Appelez moi Fallacy. Montrez moi votre talent, Encre.
