Chapitre 3 : Retour à la réalité

Ce chapitre est donc à la suite du réveil miraculeux d'Ellanor. Je vous annonce que je vais jouer avec une ellipse temporelle pendant les prochains chapitres, car je ne me voyais pas décrire toute la rééducation qu'elle va subir à cause de (quand même) 6 mois de coma. Mine de rien, ça laisse des marques X') Sans parler du traumatisme moral qu'elle a subi…bref beaucoup de choses à voir XD On se retrouve en bas ;)

RAR :

Elely : Merci à toi, c'est très gentil ^^ j'espère que ce chapitre te plaira tout autant )

Elodie94 : Tes pauvres pieds X') Mais je t'avouerai très franchement qu'être aussi attendue est très flatteur, et motivant ! ^^ Merciiiiiiii :3
C'est gentil à toi, j'ai vraiment essayé de retranscrire le plus fidèlement possible ce que ressentirait une personne dans cette situation, mais c'est pas toujours évident XD C'est bien pour ça que j'ai été si longue d'ailleurs ^^ OUI ELLE EST ENFIN RÉVEILLÉE, ALLÉLUIA ! Il était temps, la pauvre bichette, elle en bave déjà pas mal. Je donne pas cher de la peau d'Alessandro quand il se retrouvera devant notre bande en colère, il a intérêt à courir trèèèèèès vite et trèèèèès loin XD
Aaaaah, Fabrizio Escalus…. Mais qu'est-ce qu'il fout, bon sang ? Mystère…
Voilà le coup de tonnerre, j'espère qu'il te plaira ;)


Réveillée. Après 6 mois de sommeil comateux, Ellanor s'était enfin réveillée. La joie qui transperça Mercutio à ce moment-là fut…indescriptible. Incapable de parler, les mots bloqués dans sa gorge par l'émotion, il ne pouvait que serrer la main de sa sœur dans les siennes, ou l'embrasser doucement sur la joue ou dans les cheveux. Bouleversé, il tremblait de tout son corps et pleurait sans pouvoir s'arrêter, sans même s'en rendre compte, malgré le léger sourire qui ourlait ses lèvres. Il aurait voulu la bercer, la tenir contre lui le plus possible, mais avec tous ses fils encore posés sur elle, il n'osait pas. Alors il commença, tant bien que mal, à chuchoter des mots incohérents, sans suite, juste pour qu'elle entende sa voix. Au fur et à mesure, la panique refluait des yeux bleus de la jeune fille, laissant place à une légère angoisse et à une tendresse profonde. Elle entrouvrit la bouche et essaya de parler, mais pas un son ne franchit ses lèvres et elle sentit ses prunelles se mouiller de larmes. De nouveau cette panique qui arrivait. Mais Mercutio se rapprocha d'elle, se perchant sur le lit avant de se pencher sur elle pour parler à son oreille sans cesser de la câliner :

-Tout va bien chérie, tout va bien…Je suis là, c'est fini, tout va bien. Ma toute belle, ma princesse, je suis là, avec toi. Tout va bien…Ca va aller, tu es en sécurité. Chhhhht….

Il continua ainsi jusqu'à ce qu'elle se calme, jusqu'à ce qu'elle cesse de trembler et que les larmes disparaissent de ses yeux. Il n'y a qu'à ce moment-là qu'il se recula doucement, lui embrassant la joue avant de sourire tendrement :

-Ca va aller. Tu vas t'en sortir, c'est juste une question de temps. Tu es restée endormie très longtemps, c'est pour ça que tu as du mal à parler. Mais ça va revenir très vite. Je te le promets.

Il resta près d'elle malgré les demandes des infirmiers qui voulaient s'occuper d'Ellanor, mais il refusa catégoriquement de bouger. Alors il resta assis sur le lit, à lui tenir la main et à la rassurer du regard et de la voix jusqu'à ce qu'elle s'apaise totalement et qu'ils se retirent, après lui avoir retiré tout ce qui n'était plus nécessaire. Un silence s'installa, mais loin d'être gênant ou désagréable, il était presque apaisant, relaxant. Au bout de plusieurs minutes, il murmura avec un sourire :

-Attends que les autres l'apprennent…On ne va plus les tenir. On avait tellement hâte de te voir éveillée, si tu savais… Tu nous as manqué, Ella…Tu m'as manqué...

Elle sourit faiblement et cligna des yeux, incapable de répondre autrement. Elle se sentait épuisée même si elle venait de se réveiller, sans forces comme un nouveau-né. Elle ferma brièvement les paupières avant de les rouvrir, fixant Mercutio avec douceur.

Depuis des années, ils se comprenaient sans avoir à parler, uniquement avec leur regard qui exprimait bien plus que leurs mots. En riant tout bas, il lui embrassa le front, et sortit son portable pour envoyer un message à Roméo, qui transmettrait aux autres :

« Venez à la chambre, il y a du nouveau »

Rien de plus, il voulait ménager son suspense. Et leur tête lorsqu'ils la verraient éveillée le ferait enfin rire, il en était persuadé. Voyant que la jeune fille commençait à fatiguer, il lui serra doucement la main :

-Tu penses pouvoir tenir encore quelques minutes ? Juste pour que les autres te voient…On te laissera tranquille après, c'est promis.

Elle cligna des yeux, et exerça une très faible pression sur les doigts de son frère. Elle ne pouvait pas faire mieux, rester consciente lui demandait toute son énergie. Mais il comprit, et lui sourit tendrement avant de poser un baiser sur sa tempe en caressant ses cheveux.

Ils durent patienter quelques minutes avant d'entendre les conversations inquiètes de leurs amis dans le couloir. Leurs voix résonnaient jusqu'à eux, et on sentait leur préoccupation. Roméo fut le premier à franchir la porte, suivi de sa tendre moitié, puis des deux blonds. Tous se stoppèrent à l'entrée, le temps que Benvolio ferme la porte, puis sans remarquer l'inhabituel ce fut Juliette qui amorça sa phrase :

-Mercutio qu'est-ce que….

Elle ne devait jamais finir sa phrase. Avec un sourire immense, le susnommé s'était légèrement décalé, et Ellanor plongeait son regard clair dans ceux de ses amis. Ils restèrent figés un long moment, totalement bugués, avant que la jeune blonde ne pousse un cri perçant et ne se jette sur le lit pour étreindre sa meilleure amie, pleurant et riant à la fois en bafouillant des mots incompréhensibles :

-Ella, tu es….Réveillée, enfin…Ella, tu…enfin, on pensait que…Mais c'est génial…tu…

Pas très cohérent, mais la nouvelle avait de quoi choquer. Les garçons n'avaient pas bougé, les yeux écarquillés et perdus dans la contemplation du lit. Juliette finit par se redresser, le visage baigné de larmes, mais un sourire lui faisant trois fois le tour de la figure éclairant ses traits. Ellanor ne pouvait pas rendre son étreinte à la jeune fille, mais son léger sourire valait tous les câlins. Les Montaigu et le Capulet restant osèrent enfin approcher, et quand Juliette s'écarta, ils purent profiter du sourire fatigué mais présent de la jeune brune et de l'éclat de ses yeux bleus, qui leur avait tant manqué. Benvolio fut le premier à oser s'asseoir doucement sur le bord du lit, là où s'était tenu Mercutio, et prit délicatement Ellanor dans ses bras. Mais à l'instant où ils se refermèrent, pourtant avec toute la tendresse dont il était capable pour son amie, il y eut un problème. Elle se raidit dans ses bras et se mit à trembler de tous ses membres et à pleurer en silence, visiblement terrorisée. Ben s'en aperçut le premier, et se recula avec inquiétude, les yeux écarquillés :

-Ella… ? Ella, qu'est-ce qu'il y a ?

Incapable de parler, et donc de répondre, elle ne pouvait que pleurer et trembler, de plus en plus fort. Le blond, mortifié de la voir dans cet état, dont il semblait responsable, sollicita Mercutio qui prit sa place et posa son front sur celui de sa petite sœur, lui murmurant des mots rassurants et apaisants. Mais malgré cela, il fallut de longues minutes avant qu'elle ne se calme et qu'elle cesse de paniquer. Car c'était bien de la panique qu'ils avaient perçus dans son regard. Il glissa une main sur sa joue et la caressa doucement, jusqu'à ce qu'elle se détende. Ils ignoraient ce qui avait causé sa réaction, mais ce qui était certain c'est qu'ils devaient le découvrir, histoire d'éviter que ça recommence. Alors il s'assit plus confortablement, et sans cesser de la câliner, il demanda tout bas :

-Ça va mieux Ella… ?

Voyant qu'elle voulait répondre mais n'y parvenait pas, il esquissa un pauvre sourire :

-Cligne des yeux une fois pour dire « oui », et deux pour « non », ok ? Comme ça tu pourras parler un peu, le temps que ta voix revienne.

Elle cligna une fois, et il hocha la tête, satisfait, avant de redemander :

-Tu te sens mieux ?

« Oui »

Il sourit pour l'encourager, et sa main glissa dans ses cheveux pour continuer ses caresses tendres et rassurantes. Il posa une autre question, les autres suspendus à ses lèvres :

-C'est Ben qui t'a fait peur ?

« Non », puis juste après « Oui »

Il resta interdit quelques secondes, avant de continuer :

-Si ça avait été Roméo, tu aurais eu peur aussi ?

« Oui », puis « non ». De nouveau cette incohérence pour le moins peu explicite. Mais il continua, sans relever :

-Et moi ?

« Non », et elle répéta «non » à plusieurs reprises, avant qu'il ne la calme doucement. Une fois sûr qu'elle n'allait pas s'énerver, il recommença, comme réfléchissant à voix mi basse :

-Donc tu as eu peur de Ben, et ça aurait été pareil avec Roméo ou Tybalt j'imagine…Mais pas moi. Tu ne me repousses pas, mais….

Il s'interrompit, et la regarda avant d'ouvrir de grands yeux. Il la contempla un moment, et vint poser ses lèvres sur son front en un baiser infiniment doux et tendre, avant de caresser ses cheveux et son visage :

-Oh chérie…j'aurais dû comprendre plus vite, je suis désolé. J'ai été un imbécile.

Les autres regardaient le tandem avec des yeux écarquillés et le cerveau tournant à plein régime, essayant de décrypter la dernière phrase, pour le moins sibylline, du brun. Sans s'en rendre compte, il cajola sa sœur et demanda, d'une voix douce :

-Je vais leur expliquer, et je reviens dans quelques minutes, d'accord ? Je serai là, je te le promets.

« Oui »

Mais elle semblait inquiète, et il lui pressa la main pour l'encourager, avant de se redresser et de faire signe aux autres de le suivre. Ils quittèrent la chambre, et il ferma la porte à moitié, avant de se caler dans l'entrebâillement pour qu'elle le voie malgré tout. Ses amis l'entourèrent et faillirent le presser de questions, avant qu'il ne les prenne de vitesse avec un mot. Un seul, lourd de sens et prononcé d'une voix basse et douloureuse :

-SSPT.

Ils en restèrent interloqués. SSPT ? Le Syndrome de Stress Post-Traumatique ? D'où est-ce que Mercutio sortait une chose pareille ? Puis ils réfléchirent, puis Tybalt lâcha un juron avant de secouer ses cheveux :

-Et merde…On aurait dû y penser…

Les regards se posèrent sur lui, hormis celui du brun qui hocha lentement la tête, montrant que le blond avait suivi le même cheminement de pensée que lui. Les autres étant toujours aussi perdus, le Capulet éclaira leur lanterne :

-Vous vous rappelez comment on l'a trouvé ? Et surtout à cause de qui ?

Les regards se firent plus clairs alors que les protagonistes additionnaient deux et deux. Puis ils se regardèrent, et Roméo se frappa le front en soupirant, tandis que les deux derniers blonds fermaient les yeux de tristesse. Le prénom plana entre eux sans que personne ne veuille le prononcer : Alessandro. Cette ordure qui l'avait passé à tabac et laissée pour morte à leur appartement avant de s'enfuir lâchement. Avec un soupir, Mercutio passa ses mains dans sa crinière, et s'adossa au mur proche en fermant à demi les yeux :

-Son dernier souvenir est celui d'un monstre la frappant…Et voilà qu'elle se retrouve entourée d'amis, certes, mais surtout d'hommes…Et pour une raison qui m'échappe, je suis le seul qu'elle ne repousse pas…

-Tu es son frère, intervint Benvolio, se sentant encore coupable de ce qui s'était passé dans la chambre. Jamais tu ne lui ferais du mal, et elle le sait. Même si c'est inconscient, elle le sait. Et tu es probablement le seul à pouvoir l'approcher sans qu'elle ne panique…Ce qui est une bonne chose, vu les circonstances. Elle va avoir besoin de toi. Mais nous, reprit-il après une courte pause, en se désignant avec ses deux amis, nous représentons une menace pour son esprit. Même si elle sait qu'on ne lui fera rien, elle nous…Associe, en quelque sorte, à cette pourriture….Quant à Juliette, c'est une fille, donc Ella ne la voit pas comme un danger potentiel…sans t'offenser, Ju' ! Fit-il en la regardant, un peu inquiet.

La blonde secoua la tête et sourit doucement :

-C'est rien, et c'est normal quelque part…Je suis une fille, ça c'est impossible à contredire, ajouta-t-elle en riant faiblement, et Ella est ma meilleure amie…Si je peux rester un peu avec elle, je le ferai sans hésiter une seule seconde.

Ils sourirent tous, plus ou moins facilement, puis les Capulet et Montaigu prirent rapidement congé de leur ami, lui demandant d'embrasser la convalescente pour eux, ajoutant qu'ils reviendraient le plus tôt possible. Il le promit, et retourna à l'intérieur de la petite chambre, où sa sœur, bien qu'épuisée, attendait son retour avec ses yeux grands ouverts, et ne quittant pas la porte du regard. Il sourit, et s'installa confortablement sur le matelas, à ses côtés, avant de la cajoler en murmurant :

-Tu peux dormir tranquille chérie, je suis là… je ne te quitte pas.

Il s'allongea à côté d'elle, essayant de prendre le moins de place possible. Posant sa tête près de son épaule, et son bras autour de son ventre, il lui caressa doucement le coude avant de murmurer des paroles douces et apaisantes jusqu'à ce qu'elle ferme les paupières et se laisse aller au sommeil, appuyant sa tête sur celle de son frère. Elle s'endormit rapidement, épuisée par toutes ces émotions, et rassurée de sentir la présence et l'odeur de son aîné contre elle. Mercutio ne tarda pas à la rejoindre dans les bras de Morphée, prenant enfin un repos plus calme que celui qui l'avait accompagné 6 mois durant.

Le lendemain

Ellanor dormait toujours quand son frère ouvrit les yeux, tout ensommeillé. Le soleil entrait à flot dans la chambre et tombait au pied du lit, et un reflet l'avait arraché à ses rêves. Il grogna faiblement et s'assit en prenant soin de ne pas faire bouger le matelas, et se frotta les paupières pour essayer de se réveiller un peu. Quittant son poste quelques instants, il se glissa dans la salle d'eau pour s'asperger le visage et achever de retirer les brumes qui lui remplissaient la tête. A peu près réveillé, il secoua ses boucles brunes et les remit en place d'une main indolente, avant de revenir dans la pièce principale. Elle dormait toujours…Mais le médecin, passé la veille, lui avait dit que c'était normal. Sa petite sœur sortait d'un coma difficile, elle mettrait du temps à se reprendre pendant quelques jours. Le temps de refaire un peu des forces, suffisantes pour s'éveiller plus rapidement et surtout plus efficacement. Le reste suivrait, mais il était impossible de savoir à quel rythme elle recouvrerait ses esprits, ni combien de temps il lui faudrait pour reparler puis bouger à nouveau.

Il en était là de ses réflexions, et déambulait machinalement dans la chambre quand la porte s'ouvrit sur les infirmières chargées des soins du matin. Il leur céda la place le temps qu'elles accomplissent leur tâche, puis revint veiller l'endormie avec chaleur. Il esquissa un sourire en voyant que d'autres tuyaux avaient été retirés, ce qui allégeait autant l'atmosphère que les bras de sa sœur. Il prit sa position dans le fauteuil qu'il s'était plus ou moins attribué, et cala ses mains autour de l'une des siennes, attendant avec patience qu'elle ouvre les yeux.

Il commençait à se laisser aller à ses pensées quand la porte s'ouvrit encore une fois, lentement. Il tourna la tête, pensant voir le médecin ou un soignant quelconque, mais le nouveau venu le laissa bouche bée un instant, ahuri. Les yeux écarquillés, il fixa l'intrus comme s'il n'en revenait pas, ce qui était à peu près le cas. Lâchant la main d'Ellanor, Mercutio se leva pour faire face, son visage se fermant et se vidant de toute expression alors que sa voix grondait, basse et sourde :

-Que faites-vous ici ?


Alors, qui est le nouvel arrivant selon vous ? ^^ Je vous laisse poster vos réactions en review, j'espère que ce chapitre vous aura plu ! J'ai mis moins de temps que la dernière fois, Hourra pour moi ! Mais je ne pourrais pas prendre un rythme de publication régulier, ceci dû à quelques soucis de santé (rien de grave, promis, mais ça me fait un peu chier, pour rester polie ! XD) En attendant, je vous embrasse très fort ! Bisouuuuuuuuuuus :3