RAR : LoveFic : Merci beaucoup, ça me touche énormément ! J'espère que ce chapitre te plaira autant que les précédents !

Elodie94 : FF serait en pleine crise ? J'avoue que je sais pas pourquoi tu n'as rien reçu…Mais bon, super contente de lire ta review quand même ! Et toujours heureuse de lire que les émotions sont au rendez-vous ! Profite bien de ce chapitre, Bisous !

Mercutio étendit tendrement Ellanor sur le matelas, et la couvrit chaudement pour former comme un cocon autour d'elle. Puis il retira sa chemise et ses chaussures, et se glissa près d'elle sous les draps. Il l'attira dans ses bras, embrassa ses cheveux et la regarda s'endormir peu à peu. Il attendit d'être sûr qu'elle dormait d'un sommeil juste et profond, avant de fermer les yeux à son tour et de s'assoupir, espérant simplement que son ange n'aurait pas de cauchemar, qu'elle pourrait se reposer en paix.

Chapitre 8 : 1er Essai

Le lendemain, Ellanor ouvrit les yeux dans la pénombre de la chambre. Elle n'avait pas bougé de la nuit, ou très peu, ce qui l'avait laissé dans les bras de son frère. Sans remuer, elle écouta la respiration profonde et tranquille du jeune homme, qui indiquait assez clairement qu'il dormait encore. Elle ne voulait pas le réveiller, pensant qu'il avait à nouveau passé la nuit à vérifier qu'elle allait bien. Et elle n'avait pas vraiment tort, car il s'était assoupi tard. Lâchant un soupir, la brunette posa sa main sur celles de Mercutio, jointes devant elle. Il avait fait un cocon de son corps, pour l'abriter et lui faire sentir sa présence. Doucement, craignant de bouger trop vite, elle entremêla leurs doigts, et resta ensuite totalement immobile, calmée. Ella gardait peu de souvenirs de la veille, après sa crise. Elle se souvenait s'être écroulée contre Benvolio, mais après…le trou noir. Mais quelque part, elle se sentait plus calme, plus…sereine. Comme si quelque chose s'était débloqué en elle, alors qu'elle se croyait complètement brisée. Peut-être restait-il un espoir de la sauver, de la récupérer ? Elle ferma les yeux, et somnola jusqu'au réveil de son frère.

Mercutio mit longtemps à émerger, remuant faiblement jusqu'à réussir à ouvrir des yeux embués par le sommeil. Il ne sentait plus son bras, coincé entre le matelas et le corps de sa petite sœur. Le deuxième était passé autour de sa taille pour la tenir contre lui. Grognant légèrement, tel un ours sortant de son hibernation, il enfouit son visage dans les cheveux de la jeune fille, clignant des paupières en la sentant frissonner. Elle était donc réveillée ? Sans se redresser pour ne pas la bousculer, il écarta sa tête des longues mèches brunes, histoire de ne pas en avoir plein la bouche en parlant, et chuchota doucement :

-Ella… ?

Elle remua contre lui, et il esquissa un sourire. Oui elle était éveillée, sinon elle n'aurait pas bougé. Ellanor avait le sommeil très lourd. Il leva la tête, et resserra doucement son bras autour d'elle sans cesser de lui parler :

-Comment tu te sens, petite sœur ?

Elle voulut se tourner pour lui faire face, mais il l'en empêcha en bandant ses muscles sans forcer, juste pour qu'elle ne bouge pas. Alors elle lui répondit, sa main toujours dans les siennes :

-Ca va… Je crois.

-De quoi te souviens-tu ?

Elle haussa les épaules, et baissa les yeux en se roulant en boule comme elle pouvait :

-Je…J'ai dû leur raconter ce qu'il…me faisait…et…Ben était à côté de moi et…

Il lui embrassa le sommet de crâne pour la rassurer, ses mains caressant la sienne avec tendresse. Calmée, elle reprit après une pause :

-Et je…je suis tombée, et il m'a rattrapée. Par contre, après c'est le noir…

Il hocha la tête, et posa un baiser sur ses cheveux avant de lui raconter, à voix basse, ce qui s'était passé après. Il ne parla pas de sa crise, juste de sa fatigue, et de leur soirée. Le jeune homme ne voulait pas la traumatiser plus encore, juste éviter les trous de mémoire trop grands.

Ils restèrent encore un peu à traîner, avant qu'il ne demande, avec une grimace :

-Je t'adore ma belle, tu le sais, mais est-ce qu'on pourrait se lever ? Je ne sais pas quelle heure il est, mais mon bras commence à me faire mal, et c'est pas bon signe…

S'apercevant qu'elle était couchée sur ledit bras, elle écarquilla les yeux :

-Pourquoi tu n'as pas demandé plus tôt ? Grand fou que tu es, tu aurais dû me pousser !

Essayant de ne pas aggraver sa douleur, elle se redressa, libérant enfin le membre engourdi et inerte, avant de pivoter sur les draps pour le regarder, folle d'inquiétude. Son frère s'assit à son tour, et dut utiliser son autre main pour ramener son bras à lui. Des fourmillements ne tardèrent pas à se faire sentir, lui arrachant un grognement de douleur. Il jura, avant de murmurer :

-J'ai l'impression qu'on m'enfonce des millions d'aiguilles dans le bras, c'est horrible…

Et de fait, Ellanor ne pouvait qu'assister, impuissante, à la douleur de son frère qui fronçait les sourcils et grimaçait en essayant de ne pas trop montrer son mal. Elle finit par ne plus supporter ça, et le força à se rallonger :

-Laisse-moi essayer quelque chose, s'il te plait…

Il la regarda, un peu perplexe, mais obéit et se réinstalla sur les oreillers, son bras étendu le long de son flac, inutilisable en l'état actuel. Ses muscles semblaient tressaillir tous seuls, comme si le membre était doté d'une vie propre, indépendant du reste de son corps. Elle s'assit près de lui, et se frotta les mains pour les réchauffer, avant d'entreprendre de le masser délicatement, du bout des doigts d'abord puis plus largement, en utilisant ses paumes et le reste de ses mains. Elle sentait son bras qui bougeait doucement, ce qui donnait une sensation un peu dérangeante, mais plus pour lui que pour elle probablement. Pendant de longues minutes, elle pressa et massa les muscles de son membre, concentrée et un peu inquiète. Le silence s'était installé dans la chambre, seulement troublé par les légers halètements de douleur du bouclé. Mais au bout d'un moment, il ressentit un changement. Son bras avait cessé de bouger, et se détendait peu à peu, comme apaisé par les mains de la jeune fille. Il soupira de soulagement, et lui sourit. Elle avait réussi à rétablir la circulation sanguine du bras, et à retirer cette douleur qui commençait à le rendre à moitié fou. Il remua les doigts, puis plia doucement le coude. Oui, il pouvait à nouveau s'en servir, Dieu merci. Il se redressa en position assise, et embrassa Ella sur le front pour la remercier :

-Tu es un ange, petite sœur… Merci.

Son bras aurait fini par retrouver sa mobilité, mais pas si vite. Il quitta la chaleur des draps, et regarda la jeune fille toujours assise sur le lit :

-Tu viens ? On va manger un morceau, et après on décidera du programme de la journée.

-Tu travailles aujourd'hui ? demanda Ellanor, en le rejoignant à la porte.

-Cet après-midi, oui. Mais je crois que Juliette est en repos, donc tu ne seras pas toute seule.

Elle hocha la tête, et le suivit au salon où ils trouvèrent les autres, déjà levés.

-Bah alors les dormeurs, enfin réveillés ? Fit Roméo, amusé, en les voyant débarquer.

Il se prit une claque à l'arrière du crâne par Mercutio, et éclata de rire.

-Idiot va…murmura celui-ci en secouant la tête avec un sourire.

Il partit vers la cuisine se servir un café, nécessaire pour être d'aplomb pour sa journée, et prépara rapidement la boisson préférée de sa frangine, un chocolat chaud un peu spécial, une recette transmise par leur mère avant sa mort. Il savait qu'Ella adorait ce mélange, et elle n'en avait pas eu depuis longtemps, ça allait la réconforter et lui faire du bien. Tendant l'oreille, il put entendre la discussion animée dans la pièce à côté, Benvolio demandant à la brune comment elle se sentait, puis la conversation devint un peu plus générale, surfant sur le déroulement de la journée. Ellanor, sans travail, allait rester ici pendant le reste des vacances, en attendant de retourner à la fac, du moins c'était le projet. Il espérait de tout cœur que ça se ferait, elle avait besoin de retrouver de la normalité, mais tout ce monde risquait de la perturber…Il allait falloir l'aider à se réhabituer, histoire d'éviter la panique. Autant commencer dès aujourd'hui, peut-être que ça lui ferait du bien ? Et il avait quelques cobayes parfaits dans l'appartement même, pas besoin de chercher bien loin. Il s'affaira à préparer un petit-déjeuner décent pour elle, lui se contentant de son breuvage qualifié « d'infâme » par sa sœur. Ce qui le fit sourire, elle n'avait jamais pu s'habituer à la boisson amère, qu'elle détestait. Il revint dans le salon, un plateau dans les mains, et le mit au milieu de la table, qui se retrouva soudain envahie de victuailles diverses et variées. Enfin, ce n'était pas un festin non plus, il n'avait pas mille choses dans ses placards, mais il pouvait au moins nourrir ses invités ! Il récupéra sa tasse, et but une gorgée de café en fixant Ellanor qui se tortilla, mal à l'aise. Allons bon, qu'est-ce qu'elle avait fait ? Elle attrapa le mug qu'il avait posé devant elle, et y trempa les lèvres, avant d'écarquiller les yeux, émerveillée. Elle connaissait ce chocolat ! C'était celui de sa mère ! Elle sourit et se leva, venant planter un baiser sur la joue de Mercutio qui lui rendit son sourire, caressant ses cheveux au passage. Elle lui souffla un « merci » empli de reconnaissance, les yeux brillants, avant de se rasseoir, toute émue.

Une fois tout le monde rassasié, ils prirent d'assaut la salle de bains, et quand chacun fut prêt, ils se réunirent dans les fauteuils ou le canapé pour discuter de la suite de la journée.

-Je préfèrerais qu'Ella ne reste pas seule…

-Tu as peur que je me perde ? répondit la brune en souriant, roulée en boule dans un fauteuil.

Le jeune homme la contempla, et soupira :

-Tu sais bien que non… Mais tu te sens de rester seule tout l'après-midi ?

Elle resta silencieuse, réfléchissant. Allait-elle supporter de ne voir personne pendant plusieurs heures, jusqu'au retour de son frère le soir même ? Rester seule, sans sortir de peur de se perdre ou de croiser… Se mordant les lèvres, elle les regarda tous avec angoisse.

-Je…Je veux pas être un poids. J'ai pas le droit de vous empêcher de vivre votre vie, avec vos boulots.

Elle se redressa en position assise, et posa les pieds par terre, avant de sourire courageusement, le ventre noué :

-Ça ira…Si je sors pas, je risque rien. Et puis vous pourrez pas rester ici sans arrêt, alors il vaut mieux que je m'habitue dès maintenant à être un peu seule.

Devant leurs regards dubitatifs, elle insista gentiment :

-Ça va aller, je crains rien ici, personne ne peut entrer sans la clef de l'entrée en bas, et Mercutio est le seul à l'avoir. Donc ça ira.

Extérieurement, elle semblait très à l'aise, mais intérieurement elle tremblait pas mal. Elle ne supportait pas l'idée de peser sur les épaules de tous ses amis. Donc elle devait montrer qu'elle pouvait se débrouiller. Et puis, une après-midi, ce n'était pas si long, ça passerait vite. Si elle arrivait à s'occuper un peu, tout irait bien.

Bien qu'ils répugnent à la laisser seule, elle insista jusqu'à ce qu'ils cèdent, à contrecœur. Après un déjeuner rapide, Tybalt fut le premier à partir, suivi par Benvolio qui devait faire l'ouverture de la boutique de photos. Ils hésitèrent à s'approcher d'Ella, craignant qu'elle ne panique, et finirent par simplement la saluer de la main avec un sourire. Elle sentit son cœur se serrer, et déglutit faiblement. Quand accepterait-elle de se laisser toucher sans hurler de peur, sans se raidir ou paniquer à chaque contact ? Juliette l'embrassa et l'étreignit un long moment, comme si elle avait senti ses hésitations, avant de partir à son tour, accompagnée par son fiancé. Elle les regarda partir, puis se tourna vers son frère, soudain moins assurée. Mais c'était elle qui l'avait voulu. C'est elle qui souhaitait retrouver un semblant d'autonomie, qui refusait de se laisser aller. Mercutio se leva, et vint lui embrasser le sommet du crâne.

-Tu es si forte, trésor…si forte, si courageuse.

Il lui sourit gentiment, et alla chercher sa veste en cuir, qui ne le quittait quasiment jamais. Elle ne put s'empêcher de faire une remarque :

-Tu vas mourir de chaud avec ta veste…On est en plein mois d'août !

Il pouffa de rire, mais hocha la tête :

-Je sais…Mais non je n'aurais pas trop chaud. Je la prends juste par habitude, mais je ne la mettrai pas…sauf s'il pleut.

Elle rit doucement, et secoua la tête avant de se lever pour l'enlacer, cachant son visage dans le torse de son frère. Il l'étreignit longuement, la serrant aussi fort qu'il le pouvait. Elle frémit, et chuchota sans bouger :

-T'aime…

Il embrassa ses cheveux, et resta immobile en lui répondant de la même manière :

-Je t'aime aussi ma belle…de tout mon cœur.

Ils se blottirent l'un contre l'autre pendant quelques minutes, avant qu'il ne s'écarte lentement :

-Il faut que j'y aille…Ça va aller ?

Elle hocha la tête et grimaça un sourire, un peu perdue, mais voulant faire bonne figure devant son frère. Elle survivrait pendant quelques heures, pas vrai ? Il lui colla une pichenette sur le front, ébouriffa ses cheveux et enchaîna :

-Tu as un double des clefs à côté de la porte, si jamais tu veux sortir. L'interphone est le même que…que chez toi. Je serai de retour vers 19h je pense, s'il n'y a pas trop de monde. Et si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi, d'accord ?

Il était plus inquiet qu'il ne le montrait, craignant qu'il ne soit trop tôt pour sa sœur de rester seule. Elle sourit doucement et le poussa vers la porte :

-Ne t'inquiète pas, je crains rien… Maintenant file ou tu vas finir par être en retard.

Il fronça les sourcils, un peu interloqué de se faire pousser hors de son propre appartement, et le lui fit comprendre de manière assez cocasse, la faisant rire. Il lui tira la langue avant de partir, fermant la porte à clef derrière lui.

Et le silence tomba dans la pièce. Un silence si lourd qu'Ellanor tressaillit, très mal à l'aise. Qu'est ce qui lui avait pris de faire ça ? Pourquoi leur avait-elle dit qu'elle dit qu'elle pouvait rester seule ? Elle se mordit les lèvres, et fit demi-tour pour aller se poster à la fenêtre. Elle voulait voir son frère partir…et en même temps pas. Se sentant soudain terriblement seule, elle attendit quelques minutes, mais Mercutio avait déjà filé. Elle gémit, courut jusqu'à la chambre, et s'enfouit dans les oreillers en pleurant. Pendant plusieurs minutes, incapable de se calmer, elle laissa couler ses larmes et retint juste ses lourds sanglots, presque silencieuse. Vilaine habitude qui remontait, faire le moins de bruit possible… Au bout d'un moment, l'odeur de son frère, toujours présente sur la taie d'oreiller et dans les draps, parvint à l'apaiser, au moins un peu. Elle était en sécurité, ne risquait rien. Soufflant lentement, elle prit le temps de se reprendre, le visage blotti dans la chaleur du lit.

Après de longues minutes passées, noyée dans l'odeur réconfortante de son frère, Ella se redressa, et exhala un soupir fragile. Elle devait s'occuper l'esprit, sans quoi elle allait craquer. Lentement, elle se mit debout, et gagna d'abord l'armoire où elle piocha une des nombreuses chemises du jeune homme. Elle en prit une, de cette couleur violette vibrante qu'il affectionnait, et l'enfila, respirant le col avec émotion. Elle se sentait déjà mieux. Remontant les manches pour découvrir ses mains (Mercutio avait les bras plus longs qu'elle, et cela donnait à la jeune fille une allure curieuse) elle la boutonna à demi et noua le bas sur son ventre. Ainsi parée, elle se rendit dans la cuisine et entreprit de faire la vaisselle, puis le ménage entier de l'appartement. Elle avait besoin de s'occuper, histoire de ne pas trop penser à sa solitude nouvelle. Elle épousseta, rangea, lava et récura les pièces du sol au plafond. Pour tromper le silence, elle alluma la petite chaîne Hi-Fi de son frère, et lança la musique. Un fond sonore diffus mais agréable, qui donnait une allure bienfaisante à l'endroit.
Le ménage terminé, elle s'attaqua à la cuisine. Elle prépara plusieurs plats, salés, sucrés, gâteaux et deux ou trois autres surprises avec les ingrédients que le jeune homme gardait dans ses placards. Il allait être sacrément surpris en rentrant ! Elle fredonnait au rythme des chansons que diffusaient les haut-parleurs, et esquissait même quelques pas de danse, réflexe conditionné par ses années d'entrainement. Pendant que les plats finissaient de cuire les uns derrière les autres, Ellanor fit craquer ses articulations et commença à s'échauffer les muscles, prête à danser un peu. Elle s'inquiétait de son niveau, avec son coma tout son corps s'était affaibli, et elle craignait de ne plus être capable de réaliser les mouvements qu'elle avait appris et perfectionné. Elle changea de CD, puisant dans les siens, que son frère avait récupéré, et lança le ballet de Tchaïkovski « le Lac des Cygnes », son préféré. Au rythme entêtant des instruments, elle commença de lents mouvements d'échauffements, maitrisant chacun de ses gestes, retrouvant le plaisir simple de la danse. Bon, elle ne se ferait pas tout de suite le « pas de deux du cygne noir » hein, mais si elle pouvait effectuer quelques exercices pour se remettre dans le bain, ce serait un bon début. Elle s'étira, les yeux clos, puis après encore quelques minutes de ce manège, tenta un grand écart au sol. Sans forcer, juste pour voir où elle en était, en douceur, les jambes devant et derrière son buste. Mais elle ne parvint pas jusqu'en bas. Elle attendit, essayant de descendre encore un peu, mais non, son corps semblait refuser cet effort. Elle replia les jambes et se laissa glisser au sol, et faillit hurler de frustration. Tout ce travail, tous ces efforts ! Des jours et des nuits entiers passés à s'entraîner, à repousser ses limites, pour enfin réussir cet acte ultime, ce Graal ! Et tout ça pour quoi ? Pour se le voir refuser maintenant ! Toutes ces années… pour rien. Une larme roula sur sa joue et se perdit dans son col, alors qu'elle repliait ses genoux contre sa poitrine. Démoralisée, elle resta plusieurs minutes sans bouger, fragilisée par cet échec. Elle finit par se relever, et sortit les plats du four avant de les laisser brûler, ce qui aurait gâché toutes les heures qu'elle venait de passer aux fourneaux. Une fois tous ses plats au frais, protégés et prêts à la consommation, elle se blottit dans le canapé, et serra le coussin dans ses bras, perdue. Elle finit par s'assoupir, toujours avec la musique en fond sonore, le nez caché dans le col de chemise de son frère, qu'elle n'avait pas retiré.

Lorsque Mercutio franchit la porte, la première chose qu'il entendit fut la musique, assourdie et calme. Il posa ses clefs dans le vide-poche de l'entrée, retira ses chaussures et s'avança avant de s'approcher lentement. Et la scène lui coupa le souffle. Sa petite sœur reposait sur le divan, recroquevillée, un coussin dans les bras et la tête posée sur l'accoudoir. Il remarqua, un peu surpris, qu'elle portait l'une de ses chemises, et que l'appartement brillait comme jamais. Avançant doucement, de crainte de la réveiller, il retira sa veste et la posa sur le corps endormi, avant de lui frôler les cheveux du bout des doigts. Il se rendit ensuite dans la cuisine, et écarquilla les yeux en voyant, dans le frigo, tant de plats préparés avec minutie. Ellanor avait cuisiné pour au moins une semaine là ! Voire plus ! Elle s'était occupée comme elle avait pu, pour ne pas penser, ne pas réfléchir. Les larmes aux yeux, il retourna au salon, éteignit la musique et s'assit à-même le sol, la tête reposant contre la main de la jeune fille, veillant sur elle, encore. Il ne lâcherait jamais, pour elle il serait prêt à tout. Et il avait eu raison, elle n'avait pas supporté de rester seule. Alors elle avait briqué son appartement, fait à manger, et il ne savait quoi d'autre pour se rassurer. Fermant les yeux, il posa ses lèvres sur la main d'Ella, et s'appuya un peu plus contre le meuble, attendant patiemment qu'elle ouvre les paupières.

Ce qu'elle fit environ une heure plus tard, toute ensommeillée. Elle gémit, se replia un peu plus sur elle-même, et ouvrit de grands yeux. Cette veste n'était pas là quand elle s'était allongée. Donc…Elle se redressa si vite qu'elle faillit dégringoler du canapé, et seuls les bras de son frère l'empêchèrent de se casser la figure.

-Oh là, doucement princesse ! rit-il en la serrant doucement contre lui.

-Tu…tu es rentré depuis longtemps ? demanda-t'elle en se lovant dans ses bras, encore un peu secouée de son réveil brutal.

Il lui sourit et l'embrassa sur la tempe, avant de piocher son portable dans sa poche pour vérifier :

-Une heure, à peu près, répondit-il simplement, avant de la rassoir sur le siège. Ça fait longtemps que tu dors ? D'ailleurs je croyais que tu détestais les siestes…

-Tu aurais dû me réveiller, murmura-t'elle en se frottant les yeux pour tenter de se réveiller. Et non, je n'aime pas ça, mais…je sais pas, je me suis allongée et…

-Et tu t'es endormie, termina-t'il gentiment en lui caressant les cheveux. Mais si j'en crois l'état de l'appart, tu as eu une journée plutôt remplie, pas vrai ?

Elle rougit, et rentra la tête dans les épaules, embarrassée, et grommela quelque chose d'inintelligible. Il fronça les sourcils, et la fixa :

-Tu peux répéter ? Parce que là je n'ai rien compris…

-J'avais besoin de m'occuper… chuchota-t'elle, évitant soigneusement son regard.

Il se leva pour venir s'asseoir à côté d'elle, passant son bras autour de ses épaules.

-Tu avais besoin de quelque chose qui te fasse oublier que tu étais…seule, pas vrai ? Ella, je t'ai dit que tu pouvais m'appeler si…

-Mais je peux pas dépendre de toi éternellement ! s'écria-t'elle en s'écartant de lui, les yeux écarquillés. Tu es déjà assez gentil de m'accueillir chez toi, je peux pas t'accaparer sans cesse ! Tu as une vie toi aussi !

Elle s'était levée, et déambulait dans la pièce sous les yeux de son frère, ébahi.

-Et tu en fais partie ! Riposta Mercutio, chamboulé. Tu es ma sœur, bon Dieu ! Comment pourrais-je t'abandonner ? J'ai besoin de toi Ella, sans toi je suis rien ! Sans toi… Ma vie n'aurait aucun sens.

Elle baissa la tête, refusant de croiser son regard vert si sincère. Il se leva et la rejoignit, l'enlaçant tout doucement :

-Sans toi je suis rien trésor… Rien du tout. Tu es ma sœur, mon tout, une part de moi…Tu es mon garde-fou, la seule personne qui puisse vraiment m'arrêter si je déconne… Tu es ma force…

Elle frissonna et se cramponna à lui, luttant contre les larmes et la panique :

-Mais…Mais tu seras pas forcément toujours là…Je veux dire…Tu auras envie de…d'une famille, d'une…compagne peut-être…Et moi, je deviens quoi après… ?

Il se figea complètement, hébété. C'était ça le fond du problème ? Soupirant faiblement, il la serra plus fort :

-On n'en est pas encore là, tu sais. Et puis d'ici à ce que ça arrive, tu seras peut-être casée toi aussi, qui sait ? Et même, dans tous les cas, jamais je pourrais te laisser. Toi et moi…

Il prit sa main et glissa ses doigts sur son poignet, tendrement :

-Toi et moi c'est pour toujours, d'accord ?

Elle hocha la tête et se détendit, avant de soupirer :

-Tu sais…je pense pas pouvoir retomber amoureuse…Pas vraiment. Pas après…tout ça.

Il lui embrassa les cheveux, et chuchota :

-On n'en est pas là…Tu verras ce que le futur te réserve, ok ? Ne t'en fais pas…

Après encore quelques minutes à rester simplement enlacés, se réconfortant mutuellement, il s'écarta doucement et lança :

-Bon, et si tu me faisais goûter aux merveilles que tu as faites aujourd'hui ? Rien que de les voir j'en ai eu l'eau à la bouche !

Elle sourit, et hocha la tête :

-Allons-y alors, ça serait dommage que tu meures de faim pour si peu !

Il éclata de rire, attrapa brièvement Ellanor par la taille pour esquisser des chatouilles, la faisant crier de rire, et la suivit dans la cuisine. Ils passèrent ainsi une soirée tranquille, juste entre eux. Et Mercutio forma le projet d'aider sa sœur à se réadapter, et pour ça, il allait avoir besoin de l'aide de ses amis.

Voilà, petit chapitre sans prétention, mais avec l'inspiration qui revient peu à peu, et ça c'est super ! Qu'en avez-vous pensé ? N'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir ) A très vite dans un prochain chapitre !