Hello tout le monde ! J'espère que vous allez bien ^^ On se retrouve pour un nouveau chapitre du Souffle du Diable ! En espérant que ça vous plaise.

Je souhaite revenir sur une petite remarque qu'on m'a faite ces derniers temps : oui, je mets du temps entre deux chapitres, c'est vrai. Le gros souci, c'est qu'entre mon travail qui ne me laisse que peu de temps libre, mes projets personnels et deux ou trois autres trucs, je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire. Je fais ça dès que j'ai 5 minutes, mais c'est long. Je conçois tout à fait que certains d'entre vous trouvent pénible d'attendre plus d'un mois entre deux chapitres, mais je ne peux pas aller plus vite. Je fais vraiment au mieux. Je comprendrais que cela vous saoule, et que vous ne vouliez plus suivre la fic à cause de ça. Je le regrette, mais je respecterai votre décision.

Je vais maintenant répondre aux Reviews, et vous laisser avec le chapitre )

Camillesenoussi.30 : Merci pour ton commentaire ) Contente qu'il t'ait plu. Je comprends tout à fait ton ressenti, et je vais essayer d'accélérer le rythme de la fic, mais j'ai un peu de mal XD Mais je tiens compte de ta remarque, et j'essaierai de faire mieux ^^ De plus, la fiction est beaucoup basée sur le psychologique, sur les émotions et les ressentis des personnages, ce qui donne ce rythme un peu lent. Voilà ^^

Elta : Navrée de te décevoir, mais même si j'adore ce couple, il ne sera pas présent dans cette fiction ^^ Peut-être une prochaine, pourquoi pas ?

Elle réintégra le divan un peu plus tard, et ils étaient en train de discuter tranquillement quand la sonnette retentit. Benvolio venait d'arriver au pied de l'immeuble. Son ami lui ouvrit, et quelques instants plus tard le blond débarquait dans l'appartement. Après une franche accolade à celui qu'il considérait comme son frère, il pénétra dans le salon et salua la jeune fille, qui s'était levée.

Chapitre 10 : Avancée

Ellanor sourit, heureuse de retrouver Benvolio. Elle adorait ses amis, qui le lui rendaient bien. Elle avança un peu, mais ne chercha pas à le toucher. La crainte était encore là, et ne voulait pas s'en aller. Mais son sourire était sincère et chaleureux.

-Contente de te voir, Ben.

Il lui rendit son sourire, et hocha la tête, un peu gêné :

-Moi aussi Ella. Content de voir que tu vas bien.

Elle haussa les épaules, mi-figue mi-raisin :

-Je ne peux pas rester à me recroqueviller sur moi-même, j'imagine…Mercutio adore prendre soin de moi, mais je vais vite le saouler si je continue.

L'intéressé arriva derrière elle, et posa son menton sur le sommet de son crâne.

-Toi, me saouler ? Jamais, trésor…

Elle sourit, et secoua la tête pour se dégager. Benvolio rit doucement et posa ses affaires sur le canapé. Les deux Escalus remarquèrent qu'il avait apporté son matériel de photo, mais personne ne dit rien. Le silence allait s'installer quand une sonnerie retentit, presque trop forte pour être supportable. Le bouclé arracha son téléphone de sa poche et grogna :

-Foutue alarme…

-Tu devrais la mettre plus fort encore, gémit sa sœur en se frottant les oreilles. Des fois que les voisins ne l'aient pas entendu…

Mercutio ne tint aucun compte de son intervention, et lui embrassa le front :

-Il faut que j'y aille…Je vais finir par être en retard. Sois sage, princesse…

Elle leva les yeux au ciel sans répondre, mais avec une grimace éloquente. Il ne fallait pas encourager le jeune homme. Elle lui rendit pourtant son baiser, et le regarda saluer Benvolio avant de filer, lui laissant comme la veille le double des clefs sur le buffet du couloir. Un léger silence s'installa, avant que le blondinet ne se glisse dans le divan et la contemple avec douceur :

-Tu avais des projets pour aujourd'hui ?

Elle réfléchit en se mordillant les lèvres, avant de se tourner vers lui :

-En fait…j'avoue que je ne sais pas. J'aurais voulu m'entraîner, mais je ne veux pas que tu t'ennuies…Mais d'un autre côté, je…

Il l'encouragea du regard, voulant lui montrer qu'elle pouvait dévoiler le fond de sa pensée sans craindre de jugement. Elle fixa ses yeux d'azur, et put y puiser un certain courage pour murmurer d'une voix étouffée :

-J'ai besoin d'avancer…Mais je ne sais pas comment…

Elle se racla la gorge, soupira en fermant les yeux et se laissa tomber à même le sol, se rapprochant autant que possible du canapé sans toucher Benvolio.

-J'en ai marre de me cacher, Ben…Je…Je veux avancer, je veux redevenir celle que j'étais…Je ne veux plus avoir peur…

Elle avait entouré ses jambes de ses bras et se balançait doucement d'avant en arrière, le visage triste tourné vers le sol. Le jeune homme, ne pouvant supporter de la voir ainsi prostrée, se laissa glisser et s'accroupit devant elle :

-Tu es la fille la plus courageuse que je connaisse Ella. Personne ne t'arrive à la cheville. Après ce que tu as traversé, n'importe qui se serait effondré sans se relever. Mais toi tu t'es redressée, et même si c'est dur, tu avances…

-Non j'avance pas ! s'écria-t'elle avec colère en se levant brusquement pour faire les cent pas dans la pièce, se frottant les bras.

Il ne put que la regarder, trop surpris pour réagir, mais elle enchaîna :

-Je ne peux pas sortir seule parce que j'ai trop peur de la foule, j'ai perdu toute ma souplesse qui faisait ma fierté pour la danse, je ne supporte pas de rester seule, et par-dessus tout JE N'ARRIVE MEME PAS A SUPPORTER LE CONTACT DE MES AMIS LES PLUS PROCHES !

Sa dernière réplique s'était transformée en hurlement de rage et de désespoir mêlés. Elle lâchait enfin ce qu'elle avait sur le cœur, qu'elle gardait en elle depuis si longtemps. Ce qu'elle ne pouvait pas dire devant son frère, pour ne pas lui faire de mal. Elle se tourna vers le blond, désemparée et à demi folle de…de quoi au juste ? Un mélange de douleur, de rage et de désespoir. Elle voulait, elle devait en parler, pour pouvoir avancer ! Il soutint son regard car il ne pouvait pas se détourner. Il se redressa, et avança vers elle en tendant les mains, avant de s'arrêter, indécis, sans la toucher :

-Mais tu acceptes notre présence, notre compagnie, et c'est déjà…

-CA NE SUFFIT PAS !

Elle se prit la tête entre les mains, et gémit doucement, les yeux clos :

-Ça ne suffit pas… ça ne suffira jamais. Il faut que j'avance, il faut que…

Lorsqu'elle s'assit brutalement sur la chaise la plus proche, effondrée, Benvolio s'agenouilla devant elle, ses yeux bleus levés vers elle avec inquiétude :

-Ella…S'il te plait, ne te fais pas si mal…Il n'a pas réussi à te détruire, tu t'es relevée. Tu as été plus forte que lui.

Ellanor secoua la tête avec acharnement, se cachant derrière ses cheveux.

-Il m'a cassée…Il m'a…Il…

Elle leva le regard, et se mit à hyperventiler, en pleine crise de panique. Des souvenirs lui revenaient, toutes ces horreurs qu'elle avait vécu pendant un an, tout ce qu'elle refoulait depuis trop longtemps. Beaucoup remontaient, comme la crise qu'elle avait déjà faite le jour où les policiers étaient venus l'interroger. Ce n'étaient pas les mêmes, et peut-être était-ce ça le pire, il y en avait tellement qu'à chaque « flash-back » ils différaient. Les larmes débordèrent de ses yeux, inondèrent ses joues, et elle émit un son étranglé par les sanglots qu'elle retenait à grand-peine. Le blond, impuissant, ne put que rester près d'elle.

Mais en voyant au bout de plusieurs minutes qu'elle ne se calmait pas, il prit une décision. Espérant ne pas aggraver les choses, il la prit dans ses bras et l'attira dans son giron, la faisant descendre de sa chaise pour se retrouver eu creux de ses bras. Elle se recroquevilla contre lui, ses mains accrochant le tee-shirt de son ami par réflexe. Elle éclata en sanglots violents, semblant se libérer enfin de trop grosses souffrances. Et, entre deux inspirations entrecoupées, elle réussit à murmurer :

-Ben…Ben, s'il te plait…

Il resserra son étreinte et chuchota à son oreille :

-Je suis là, je ne te lâche pas. Je suis là, près de toi.

Elle mit longtemps à se calmer, et même lorsque ses pleurs se tarirent, elle ne bougea pas. Blottie contre lui, Ellanor se laissa bercer, les yeux dans le vague, cramponnée à son ami comme une enfant qui a peur du noir. Le blond se recula juste assez pour s'appuyer contre le mur, sans jamais la lâcher. Elle se libérait, et lui devait être à ses côtés, puisque Mercutio ne pouvait être là. Il l'accompagnerait jusqu'au bout, la laissant s'accrocher tant qu'elle en aurait besoin.

Ils restèrent ainsi un long moment, sans bouger. Elle resta recroquevillée dans ses bras, le visage enfoui dans son cou et les yeux clos. Benvolio n'osait remuer, de crainte qu'elle ne panique et ne le repousse à nouveau. Même si elle n'en faisait pas montre pour le moment, il doutait que sa peur se soit envolée si vite. Et pourtant elle ne faisait pas mine de s'écarter. Elle finit par lever les yeux vers lui, ses prunelles encore embuées, mais pourtant plus calmes que tout à l'heure. Elle sécha ses larmes d'un revers de main, et posa sa tête contre le torse de son ami, ses bras se glissant autour de sa taille pour l'étreindre doucement.

-Tu…es resté…murmura-t-elle faiblement, comme épuisée par sa crise.

-Je n'allais quand même pas te laisser comme ça, chuchota-t'il sur le même ton. Tu avais besoin de moi…Et puis, imagine la tête de ton frère si je t'avais laissé en plan. Il m'aurait massacré, termina-t'il en riant doucement, sa main venant caresser les cheveux sombres de la jeune fille.

Elle rit aussi, et soupira un bon coup, avant de faire remarquer tout bas :

-On dirait que…cette crise aura eu un effet bénéfique finalement… (Enfin, j'espère que ce sera un peu plus qu'un seul effet…)

Benvolio haussa un sourcil surpris, avant de comprendre et de sourire. Ellanor n'avait toujours pas bougé. Elle ne faisait même pas mine de se débattre, pelotonnée contre lui comme dans un cocon. Or, jusqu'à maintenant même un effleurement était impossible ! Et voilà qu'on passait de rien du tout à un contact plus que rapproché, quoique totalement chaste et amical. Il y avait de quoi être intrigué. Mais Ella sourit à son tour, et reposa sa tête sur son épaule, apaisée.

-Je suis heureuse…d'avoir enfin réussi à…

Elle ne put finir sa phrase, mais son ami comprit bien et la rassura d'un geste.

-Moi aussi Ella. Je regrette juste qu'il ait fallu que tu souffres à nouveau pour pouvoir accepter que je te touche.

Et pour finir cette nouvelle phase de sa convalescence, le jeune homme lui embrassa le front, exactement comme le faisait Mercutio, ou comme ils avaient l'habitude de le faire auparavant. Elle ferma brièvement les yeux, et chuchota :

-J'espère ne pas retourner en arrière… Je ne le supporterai pas. Maintenant que ça commence à aller mieux, il faut que je continue. Que je m'accroche…

Benvolio la contempla et serra fort ses bras autour d'elle pendant une seconde :

-On sera toujours là pour toi ma belle. Tous autant que nous sommes. Tu peux t'appuyer sur nous, sans problèmes.

Le petit visage pâle s'éclaira, et elle s'écarta lentement :

-Merci… Pour tout. Je vous dois tant, à tous. Et je ne sais pas comment effacer ma dette…

-Il n'y a aucune dette Ella. Tu es notre amie, notre sœur, et rien ne saurait rompre ces liens. Entre nous il n'est pas question de rembourser quoi que ce soit, d'accord ?

Elle hocha la tête, et se leva avant de s'étirer, les bras levés vers le plafond. Elle avait besoin de bouger un peu. Mais oserait-elle sortir ? Même avec son meilleur ami à ses côtés, cela s'annonçait un peu délicat. Il se redressa à son tour, et plissa les yeux dans l'attente de son choix. La jeune fille finit par demander, un peu confuse :

-Ca… Ça te dérangerait beaucoup si je m'entrainais un peu ? J'ai besoin de bouger… et de retrouver ma fluidité et ma souplesse. J'ai pas le droit de me laisser aller ici non plus.

Il sourit, et secoua la tête :

-Pas du tout. Mais pourquoi on irait pas faire un tour ? On pourrait se caler dans un coin, et tu ferais tes exercices à l'abri des regards…

-Non. Non Ben…s'il te plait, murmura-t-elle avec inquiétude. Je ne peux pas faire les deux à la fois, pas encore. C'est trop tôt…

Il hocha la tête, semblant comprendre à quel point elle était fragile encore.

-D'accord…ne t'inquiète pas Ella, on ira à ton rythme, murmura-t'il avec un sourire doux. Restons ici alors, je vais me caler dans le canap', et je te laisse gérer.

Elle lui sourit avec reconnaissance, et soupira de soulagement. Elle s'en voulait quand même de gâcher le plaisir du blond, et espérait être très vite capable de sortir seule ou accompagnée sans crainte. Elle partit un instant dans sa chambre pour se changer, et revêtit un leggin noir et un tee-shirt de sport, avec ses chaussons de danse habituels. Ses cheveux noués en une queue lâche, elle revint au salon, lança la musique et ferma les yeux pour se concentrer. Entrant dans une bulle qui n'appartenait qu'à elle. Oubliant tout ce qui se passait autour, pendant qu'elle commençait à s'échauffer lentement, éveillant ses muscles.

Ce qu'elle ne voyait pas, même les yeux ouverts, c'est que Benvolio avait saisi son appareil et la cadrait régulièrement, prenant photo sur photo sans bruit. Il en avait eu envie depuis des années, et là il réalisait son objectif sans bruit. Ellanor avait quelque chose d'irréel quand elle dansait, comme si tout le poids qui pesait sur ses épaules disparaissait. Un léger sourire aux lèvres, elle finit par inventer une véritable chorégraphie, la musique devenant de plus en plus intense.

Elle ne s'arrêta qu'une heure plus tard, en nage, mais heureuse et détendue. Revenant sur Terre, elle cligna des paupières et contempla la pièce, avant d'aviser Benvolio qui n'eut pas le temps de ranger son appareil. Elle écarquilla les yeux :

-Ne me dis pas…Ne me dis pas que tu m'as photographié !

-Ben si, répliqua-t'il avec un rire contenu. Tu étais trop belle en pleine action pour que je laisse passer cette occasion !

Elle retint un cri presque outré, et se jeta sur lui pour lui arracher l'objet. La bataille fut amicale mais acharnée, entrecoupée de rires. Ellanor finit par perdre, et abandonna l'appareil photo à son propriétaire avec une moue boudeuse.

-Pas cool…chuchota-t'elle dépitée.

Benvolio éclata de rire, et lui tira la langue.

-Et moi, je garde mes photos, nananère !

Elle ouvrit de grands yeux, et se mit à rire à son tour devant sa mine de gamin à qui on vient d'offrir des bonbons.

-J'abandonne, fit-elle en secouant la tête. Par contre t'as pas intérêt à les mettre sur ton site hein !

Il leva la main comme pour jurer. Considérant qu'elle avait sa parole, elle alla prendre une douche et se changer. Mercutio n'allait pas tarder à rentrer de toute manière, la journée tirait à sa fin.

Les cheveux encore humides, elle quitta la salle de bains, au moment où la clef tournait dans la serrure. Son frère était arrivé ! Elle sourit, et se jeta sur lui avant même qu'il n'ait pu poser ses affaires.

-Eh là, fit-il en riant, en voilà un accueil ! Je t'ai manqué à ce point ?

Elle hocha vigoureusement la tête, en serrant sa taille de ses bras. Il l'embrassa avec tendresse avant de se dégager doucement, au moins pour poser sa veste. Puis, son bras autour des épaules frêles, il entra dans le salon et salua son meilleur ami.

-Salut Ben. Ça a été ?demanda-t'il en se laissant tomber sur le canapé, lâchant sa frangine.

-C'est pas à moi qu'il faut demander ça, grand malin, rétorqua le blond.

Le brun se gratta la tête, et regarda sa sœur, qui sourit.

-Disons qu'il y a des progrès, dit-elle lentement, un peu rougissante.

Il lui rendit son sourire, et lui ébouriffa les cheveux. Fier de sa petite sœur, il était inquiet à l'idée qu'elle ne puisse jamais passer ses traumatismes. Mais de ce qu'il comprenait, elle luttait contre ses démons, et c'était le plus important.

Au moment de partir, Benvolio s'approcha de la jeune fille, et elle esquissa un sourire timide. Mais elle ne recula pas, et lorsqu'il pencha un peu sa grande taille, elle embrassa sa joue. Il put lui rendre son baiser, et Mercutio, les yeux écarquillés, sentit son cœur se gonfler de joie et d'amour pour elle.

La fin de soirée fut tranquille. Ellanor, débloquée, allait pouvoir avancer en paix.

Et voilà, un nouveau chapitre (enfin) terminé ! Je suis navrée, vraiment navrée du temps que j'ai mis à l'écrire…J'ai eu une grosse passe à vide, et la reprise de mes études est un peu compliquée…J'espère que vous me pardonnerez. A bientôt pour la suite !