Chapitre 2 : Sephiroth se fait crier dessus, « mère a dit » n'est pas une excuse
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Cloud… ne savait honnêtement pas trop quoi penser. Arriver jusqu'au bureau du Président Shinra avait été ridiculement facile, quand il y pensait. Même avec l'aide de Domino et de ses hommes… ça avait été presque trop facile.
Et le Président Shinra… était encore plus lâche que ce qu'il pensait. Le blond regarda l'homme supposé être le plus puissant de la planète se recroqueviller devant la rage de Barrett, qui exigeait qu'il dise la vérité sur ce qu'il s'était passé aux Réacteurs et pour la chute du Secteur 7. Cloud était presque dégoûté devant l'espèce de limace qu'était devenu le Président, qui ne cessait de reculer… jusqu'à ce qu'il arrive à son bureau et sorte soudain un pistolet d'un tiroir. Jurant, l'épéiste tira brusquement les filles en arrière pour les protéger, même si le Président semblait actuellement plus concentré sur leur leader que sur eux. Red XIII avait prit une position défensive également, tête baissée et la queue qui s'agitait de droite et de gauche, feulant avec colère.
–Vous êtes vraiment trop naïfs, dit le Président avec dérision. La vérité… l'honneur, la gloire, la liberté… que de vanités frivoles ! Que croyez-vous que serait le monde sans la Shinra et l'énergie Mako ? Rien ! Tout serait vide et mort !
–Et c'est ce qui arrivera à la Planète si vous continuez ! Feula Barrett avec colère. Vous puisez, vous puisez, et vous ne laissez pas le temps à la Planète de récupérer ! Les réserves ne sont pas illimitées espèce de con !
Le rire méprisant de Shinra fit grincer des dents à Cloud, qui resserra sa prise sur son épée. Sérieusement, si ça continuait il allait se charger de soulager le Président de sa tête. Vu le peu qu'il s'en servait… ça ne serait pas une grosse perte, se dit-il distraitement.
–Et vous croyez que les gens seront prêts à vivre une vie de misère ? Tout ça pour échapper à la menace abstraite d'une catastrophe potentielle ?
Barrett gronda en réponse.
–Sauf que si on ne fait rien, cette « menace abstraite » deviendra bien réelle ! Aboya-t-il. Et ce n'est pas comme si on les laisserait sans rien, ajouta-t-il avec un geste de sa main valide. Il y a encore le charbon, l'énergie solaire ou du vent, ou même l'énergie de l'eau ! Tout ce que vous avez qualifié de « pas viable » parce que ça demandait trop d'argent à investir pour être un peu plus efficace, et que ça vous ferait concurrence !
–Humf. Ça a dû vous plaire, de jouer les justiciers pour la planète, répondit Shinra, méprisant. Mais c'est fini, maintenant, dit-il en levant le pistolet, visant la tête. Je vous laisse vous demander si votre vision de la juste était vraiment légitime… et ne vous pressez pas pour trouver la réponse. Vous aurez tout le temps d'y réfléchir dans l'au-delà.
Barrett jura mentalement en voyant le doigt du Président commencer à appuyer sur la détente… avant de se figer en entendant le bruit de bottes qui résonnaient sur le sol, accompagné du grincement d'une épée raclant le sol. Et ça ne pouvait pas être Cloud, en plus, parce qu'il pouvait le voir immobile du coin de l'œil. Tenant son épée devant lui avec les deux mains, blanc comme un linge et arborant une expression où se mêlaient colère, haine… et de la peur aussi ? Shinra mit plusieurs secondes à réagir… et puis il se retourna. Laissant échapper un couinement de terreur en reculant, il libéra le champ visuel de Barrett, qui sentit un frisson glacial lui courir dans le dos en voyant ce que le porc lui avait caché. Ou plutôt, qui il avait involontaire dissimulé avec son corps. Impossible… il est supposé être mort ! Pensa le colosse. Ou alors est-ce qu'ils ont mentis sur ça aussi ? Mais il aurait été où alors pendant ce temps ?
Presque distraitement, il remarqua qu'il y avait quelque chose qui ne collait pas avec l'expression de Sephiroth, lequel avançait en direction du Président Shinra, qui bégayait en exigeant de savoir où il était passé depuis 5 ans. L'argenté gloussa doucement en réponse, et Barrett frissonna. Le son… avait quelque chose de vaguement brisé, au mieux, et au pire il sonnait complètement dérangé.
–Bonsoir… Président Shinra. Je pense… que vous savez pourquoi je suis là. Vous l'avez faite disparaître… il est temps que vous payez.
–Je… je ne vois pas de quoi vous parlez… Urk ! Grogna Shinra comme Sephiroth l'empalait avec Masamune, son expression aussi froide que le Continent Nord.
Barrett trébucha dans sa hâte de s'éloigner des deux hommes, la pointe de l'épée beaucoup trop proche à son goût, et il se retrouva au sol, rampant presque à quatre pattes pour s'éloigner.
–Vous savez très bien de qui je parle, siffla-t-il ensuite, faisant frissonner les spectateurs. Hojo l'a harcelée avec votre bénédiction, malgré tous mes avertissements. Elle en venait à ne plus oser sortir pendant des semaines à cause de lui ! La seule chose qui m'empêche de m'occuper de lui est que Mère a dit qu'il était encore utile. Vous, en revanche… vous ne nous servez à rien. Alors adieu, Président, gronda-t-il en arrachant Masamune du corps de l'homme, provoquant une gerbe de sang.
Shinra s'écroula au sol, se vidant de son sang bien trop rapidement pour que les membres d'AVALANCHE présents aient le temps de le sauver… en admettant qu'ils en aient envie. À l'heure actuelle, cependant, indépendamment qu'ils se préparaient pour un combat qui s'annonçait long et difficile au mieux, presque tous pensaient la même chose sans le savoir. Elle ? Qui ça, elle ? Tous, sauf Aerith. Elle savait de qui il parlait… tout comme elle savait que cette personne n'était plus là. Elle n'était cependant pas morte pour autant, ce qui la rendait confuse. Elle n'était plus sur la Planète… mais elle n'était cependant pas dans la Rivière de la Vie, la jeune femme en était certaine. Où était-elle dans ce cas ? Se demanda-t-elle tout en se préparant comme les autres.
Barrett déglutit en voyant l'attention du Général de Glace se tourner vers lui, se demandant dans un coin de son esprit s'il aurait le temps de lever son arme avant de se faire transpercer. Sephiroth… avait l'air complètement cinglé, réalisa-t-il, une lueur folle et meurtrière dansant dans son regard comme il levait son épée. Le colosse, toujours assit par terre, fit mentalement ses prière, s'excusant envers Marlène pour ne pas avoir tenu parole. Désolé ma chérie, on dirait bien que ton père ne rentrera pas cette fois. Avant de sursauter comme tout le monde au rugissement qui résonna dans le bureau opulent, s'adressant à Sephiroth de toutes les personnes.
–SEPHIROTH ! Tonna quelqu'un, faisant se figer l'ancien général au milieu de son coup d'épée, ouvrant de grands yeux terrifiés. JE PEUX SAVOIR CE QUE TU FOUS ENCORE COMME CONNERIES CES TEMPS-CI ?
–Rien ? Couina presque le concerné sur un ton hésitant, à la surprise générale.
Comme s'il répondait par réflexe plus qu'autre chose, ne semblant même pas s'en rendre compte avant que le mot ne sorte de sa bouche. Et Barrett cligna des yeux avec surprise en le voyant se faire tout petit, rentrant la tête dans les épaules avec un air terrifié, regardant en direction des grandes portes du bureau. Profitant de l'occasion pour s'éloigner de l'ex-général, Barrett se releva précipitamment et rejoignit Cloud et les autres, le blondinet donnant l'impression d'être un poussin Chocobo qui venait de croiser un Loup de Nibel. En d'autres circonstances, le grand black aurait trouvé la façon dont son cadet se cachait derrière lui amusante, voire peut-être même adorable, mais vu comment Sephiroth lui-même ressemblait soudain à un Chocobo prit dans les phares, il ne savait pas s'il devait s'inquiéter de leurs chances de s'en sortir ou pas. Surtout considérant que le type qui venait d'entrer devait avoir facilement la quarantaine, si ce n'est plus, et était couvert de cicatrices. Pourtant, vu la réaction des deux anciens SOLDATS, on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un Tomberry. Avec la voix d'un dragon, se dit le chef d'AVALANCHE, contemplant la scène avec une certaine inquiétude, même si le vieux guerrier avait l'air de les ignorer pour l'instant.
–NE ME SORS PAS « RIEN », GAMIN ! Aboya-t-il en réponse. JE PEUX SAVOIR CE QUE TU GLANDES EXACTEMENT ?
Chuck marqua un temps d'arrêt en voyant le corps du Président Shinra au sol, baignant dans son sang, avant de renifler avec un certain mépris.
–Humf, ça n'aurait pas pu arriver à une meilleure personne, MAIS ÇA N'EXCUSE PAS TOUTES TES AUTRES CONNERIES DE CES DERNIÈRES ANNÉES ! Dit-il, haussant de nouveau le ton à la fin de sa phrase.
Barrett éprouvait la furieuse envie d'éclater de rire d'un côté, le légendaire Sephiroth, le SOLDAT le plus puissant qui soit, qui se faisait engueuler comme un sale gosse, osant à peine répondre ! La seule chose qui l'en empêchait était le fait que l'argenté craignait clairement ce vieux briscard, et rien que ça le faisait se méfier, malgré le fait qu'il ne leur prêtait pas attention.
–Mère a dit… commença timidement Sephiroth, ressemblant à un gamin prit dans le sac à faire une bêtise.
Il se fit interrompre d'un grognement agacé, déglutissant d'un air effrayé.
–Aux dernière nouvelles, gamin, ta mère était morte ! Est-ce que tu es en train de me dire que tu écoutes les voix de gens morts ? Demanda Chuck, croisant les bras et le toisant d'un air peu amène. HEIN ?
Sephiroth secoua la tête d'un air terrifié, oubliant complètement la voix qui criait en arrière-plan de son esprit, la bloquant sans hésiter pour ne plus avoir à l'entendre lui dire de tuer le vieux guerrier. Il préférait encore aller affronter une meute de Béhémoths à mains nues plutôt que son ancien instructeur. Il avait au moins une chance contre les monstres, pas contre le Lieutenant Nokia. Lequel n'avait clairement pas fini de lui passer un savon, car il reprit la parole, son ton sévère.
–Maintenant, où est-ce que tu étais passé pendant cinq ans, gamin ? Tu as une idée de ce qu'il est arrivé pendant que tu prenais des vacances sans demander ? Pas que tu ne les ait pas méritées, MAIS LA MOINDRE DES CHOSES C'ÉTAIT DE DEMANDER BORDEL ! Aboya-t-il, faisant tressaillir l'argenté. MAINTENANT, TU VAS ME NETTOYER TES CONNERIES, OU JE VAIS TE TRAÎNER PAR LE CALEÇON JUSQUE DANS LA SALLE DE RÉALITÉ VIRTUELLE LA PLUS PROCHE POUR TE BOTTER LE CUL !
–Je suis mort, répondit Sephiroth d'une toute petite voix. Cloud Strife… l'ami de Zack… m'a projeté dans le cœur du Réacteur… après que j'ai mit son village à feu et à sang.
Chuck haussa un sourcil étonné en entendant ça, jetant un bref regard en direction du blond, lequel se tenait la tête avec une grimace, comme s'il avait subitement la migraine. L'accès sembla disparaître aussi vite qu'il était venu, le Chocobo secouant la tête comme pour se remettre les idées en place, avant de pâlir en voyant que l'attention du vieux SOLDAT était sur lui. Le garçon se planqua immédiatement derrière son aîné, ne voulant pas être le sujet de l'attention du Lieutenant, à la surprise de Tifa, qui le regarda avec incrédulité. Il avait littéralement sauté à la gorge de Sephiroth lorsqu'ils s'étaient croisés il n'y a pas si longtemps que ça, et il avait peur d'un vieux SOLDAT couvert de cicatrices ? La situation était tellement cocasse pour Aerith qu'elle avait presque envie d'éclater de rire, se retenant par compassion pour le pauvre Cloud. Il faudrait qu'elle l'aide à se remettre les idées en place, se dit-elle distraitement comme Chuck reportait son attention sur un Sephiroth penaud, tel un gamin prit en faute par son père sévère.
–Maintenant, tu vas me nettoyer ta merde, gamin, et venir chez moi, ordonna-t-il sur un ton un peu plus doux. Il y a quelqu'un à qui tu as beaucoup manqué ces dernières années.
–Pardon ? Fit Sephiroth, sonnant soudain perdu.
Comme s'il n'arrivait pas à croire que son père n'était finalement pas si en colère que ça contre lui, réalisa Tifa avec stupeur. Maintenant qu'elle y réfléchissait… ce jour-là, à Nibelheim… Sephiroth… avait semblé complètement cinglé. Lui et Zack… semblaient inquiets à propos de quelque chose… ou quelqu'un ? Réalisa-t-elle soudain. Le noiraud, malgré son caractère aimable et joyeux… avait semblé préoccupé par quelque chose. Elle se rappelait vaguement les avoir entendu parler de quelqu'un… une fille ? La copine de Zack, si elle se rappelait bien ? La barmaid remarqua la manière dont le vieux guerrier roulait des yeux, comme un grand-père exaspéré devant les frasques de son petit-fils.
–Sincèrement, gamin, j'en ai assez d'éjecter ce fils visqueux de Zenene d'Hojo de mon appartement, à chaque fois il faut que je me lave les mains parce qu'il a décidé qu'il voulait mettre la main sur la petite copine de ce gamin de Fair.
Confirmant par la même les soupçons de Tifa sur ce dont ils avaient parlé quand ils étaient à Nibelheim… mais lui faisant se demander qui était cette fille pour Sephiroth, exactement. Une amie ? Plus ? Est-ce que Zack était au courant ? Sephiroth, en tout cas, donnait l'impression qu'on l'avait giflé avec un poisson. Le mélange de choc, d'incompréhension et d'espoir dans son expression habituellement impassible serra presque le cœur de la barmaid et combattante. Comme si le vieux guerrier avait juste tiré le tapis de sous les pieds de l'argenté, lui coupant net l'envie de combattre. Et que plus rien n'avait d'importance pour lui, comme le montra sa nouvelle question.
–Caro… est vivante ? Demanda faiblement Sephiroth.
Sa voix donnait presque l'impression qu'elle allait se briser, plus proche du gémissement douloureux que du ton assuré dont Tifa se rappelait, avant qu'il ne pète les plombs dans son village. Le son qu'il émit devant le hochement de tête affirmatif du Lieutenant Nokia (et la jeune femme avait finit par le reconnaître, ce dernier n'était pas passé souvent à la télévision pour des interviews, disant « qu'il avait autre chose à faire que répondre aux questions de crétins ») surprit Tifa, lui brisant le cœur sans qu'elle s'en rende compte. C'était un geignement douloureux, qui lui rappelait les sons qu'émettaient les Loups de Nibel quand ils perdaient l'un des leurs, particulièrement le couple alpha. Les gémissements à fendre le cœur qu'ils émettaient lorsque ça se produisait étaient déchirants… et, étrangement, c'étaient presque les mêmes sons que Sephiroth laissait échapper. Qui que fut « Caro » pour lui… c'était clairement quelqu'un à qui il tenait plus que tout. Et le Lieutenant le savait aussi, visiblement, si elle en jugeait par la manière dont son expression s'adoucit légèrement, se faisant moins sévère.
–Allons, allons, garçon. Viens, elle t'attends tu sais ?
Et Sephiroth le suivit comme un petit Chien de Garde, ignorant complètement AVALANCHE, qui avait l'impression que le monde s'était arrêté de tourner, totalement perdus. Au bout de quelques minutes, ce fut Cloud qui brisa le silence.
–Il vient de se passer quoi là bordel ?
–Est-ce qu'on vient juste de voir Sephiroth se soumettre à un vieux type couvert de cicatrices comme un gamin prit en faute la main dans la boîte de cookies ? Demanda Tifa en réponse sur un ton confus. Et quasiment pleurer au sujet d'une fille ? Lui qui était presque réputé pour être asexué ?
–Yep, c'est le cas, répondit le colosse.
Barrett éclata ensuite bruyamment de rire, faisant sursauter tout le monde, et Red XIII lui jeta un regard de reproche, s'asseyant tout en le contemplant d'un air torve de son œil unique.
–HA ! ÇA C'EST CE QUI S'APPELLE SE FAIRE ENGUEULER COMME UN SALE GOSSE ! S'exclama-t-il avec une grosse voix, relâchant ses nerfs. Par contre, ajouta-t-il en reprenant son sérieux, ça voudrait dire que si j'ai bien compris, il aurait perdu sa copine sans prévenir, et du coup, il a fait un carnage pour se venger ? Et c'est juste une impression, ou il aurait eut un « petit » effondrement nerveux au passage ? Parce que là, il n'avait pas l'air des plus stables psychologiquement avant que ce gars se ramène.
Aerith hocha doucement la tête, avançant un peu, contemplant le corps de Shinra avec une certaine tristesse.
–C'est un peu ça, Monsieur Wallace (appelle-moi Barrett gamine, bougonna le concerné), dit-elle d'une voix douce. Même si, d'après ce que je sais… Caroline était plus la petite amie de Zack que la sienne. Mais il n'a jamais été la personne la plus stable mentalement, même avant ça. Beaucoup… auraient certainement craqués bien avant lui, acheva-t-elle, levant les yeux du cadavre qui avait commencé à se décomposer en lucioles vertes, se dissolvant rapidement.
–Et maintenant, que fait-on ? Demanda Red XIII, fixant la porte avec méfiance, comme s'il s'attendait à ce que Sephiroth change d'avis et ne revienne s'occuper d'eux.
Barrett se secoua à la question, réalisant que c'était bien beau tout ça, mais qu'ils étaient encore en plein territoire ennemi… et que leur moyen de transport était supposé venir les récupérer d'un moment à l'autre maintenant, réalisa-t-il en sortant son PHS.
–On ferait mieux d'aller sur l'hélipad, dit-il en voyant l'heure. On a des… alliés, disons, qui sont supposés nous récupérer par hélicoptère. Et t'inquiète pas mon gros, tu viens avec nous… si tu as envie de te barrer de cet endroit pourri bien sûr ? Demanda le colosse en regardant le fauve. Je suis sûr qu'on doit pouvoir les convaincre de te déposer quelque part si tu veux.
Red XIII le contempla avec attention, sa queue remuant lentement de droite et de gauche comme il réfléchissait, avant de hocher la tête, se remettant debout.
–N'importe où sera toujours mieux qu'ici… ou entre les mains d'Hojo, ajouta-t-il, un grondement se glissant dans sa voix au nom du scientifique. Pour le moment… je vais rester avec vous.
Barrett hocha la tête comme ils sortaient sur l'immense balcon entourant le sommet de la tour, se dirigeant en direction de l'hélipad. Il était impatient de sortir de là, la tour ainsi que les laboratoires lui donnant la chair de Chocobo. Hojo était encore plus taré que ce qu'il avait cru, et ce que Cloud ainsi que Tifa avaient surpris lors de ce conseil d'administration… lui faisaient se demander pourquoi le Président pensait que c'était une bonne idée de garder un taré pareil… même si cette Salope en Chef de Scarlet ne valait pas mieux, se dit-il avec colère en serrant le poing, sentant sa vieille blessure se réveiller. De tout le conseil d'administration… le seul qui semblait à peu près récupérable était ce gars appelé Reeves, qui dirigeait apparemment le secteur de l'Urbanisme. Peut-être un autre allié au sein de la Shinra, pensa-t-il en levant les yeux, guettant leur moyen de transport. Le problème serait de se contacter sans se retrouver avec les Turks sur le dos, se dit-il, apercevant finalement les lumières de plusieurs hélicoptères au loin. Mais c'était un problème pour un autre jour, se dit-il en les regardant approcher. Pour l'instant, il fallait déjà qu'ils se tirent de là sans problème. Le reste attendrait qu'ils soient à l'abri.
oOo
Pendant ce temps, Sephiroth suivait Chuck dans les couloirs de la Tour, ignorant le personnel de ménage qu'ils croisaient et qui se plaquait contre les murs en le voyant, une expression de confusion sur leurs visages devant sa présence… avant de croiser le regard sévère du Lieutenant Nokia, et de décider que, quoi qu'il se passe, ils ne voulaient pas savoir. Sortant son trousseau de clé, le vieux SOLDAT ouvrit sa porte, faisant signe d'entrer à l'argenté, qui s'exécuta timidement, hésitant à entrer sur le territoire de son aîné, seul l'espoir de revoir Caroline lui permettant de rassembler le courage nécessaire.
Fermant la porte derrière lui, Chuck reprit la tête, et éleva la voix en arrivant dans le salon, sonnant amusé.
–Hey, gamine, y a quelqu'un qui te cherchait qui est là !
Sephiroth sentit son souffle se bloquer en entendant une porte s'ouvrir, avant que Caroline n'entre dans le salon, se frottant les yeux avec un air à la fois agacé et fatigué, soulevant ses lunettes.
–Mr Chuck, vous pourriez baisser d'un ton s'il vous plaît ? Demanda-t-elle sur un ton las. Il vient juste de… Seph ? Souffla-t-elle sur un ton choqué et surpris en rouvrant les yeux, son regard tombant sur l'argenté.
Ce dernier resta cloué sur place pendant quelques secondes, la regardant sans arriver à croire qu'elle était bien réelle. Avançant sans même s'en rendre compte, il s'empara de la jeune femme, la serrant contre lui aussi fort qu'il l'osait, oubliant presque qu'elle était bien plus vulnérable que lui. Son « Ooof, Seph, fragile ! » prononcé d'une petite voix essoufflée lui rappela qu'elle n'était pas aussi résistante que lui. Le reste de son esprit n'arrivait pas à penser autre chose que le fait qu'elle était là, qu'elle était réelle, dans ses bras, et, et…
Et là, Sephiroth s'effondra littéralement, dans tous les sens du terme, fondant en larmes tout en serrant Caroline dans ses bras, se laissant glisser au sol sans la lâcher, la tenant contre lui comme si elle était faite de verre filé, le nez enfouit dans ses cheveux. Il la sentit vaguement passer la main dans ses cheveux, lui caressant le dos de l'autre main alors qu'il sanglotait comme un homme brisé, ce qu'il était s'il devait être honnête avec lui-même. Murmurant des mots réconfortants à son oreille alors que tout ce qu'il parvenait à laisser échapper en-dehors des sanglots à fendre le cœur étaient des gémissements brisés.
Finalement, au bout de quelques minutes ou d'une éternité, Sephiroth aurait été incapable de le dire, il finit par se calmer. Les sanglots s'espacèrent, et il parvint à respirer de nouveau à peu près normalement. Parler, en revanche, restait hors de sa portée. Il craignait de se remettre à pleurer ou à hurler, voire les deux, s'il essayait de dire quelque chose. Et il avait peur qu'elle disparaisse si jamais il la relâchait. S'évanouissant dans les airs comme un rêve au réveil. Il n'était pas sûr de le supporter si jamais ça arrivait. Tremblant comme une feuille, il la serra délicatement un peu plus contre lui, craignant de la perdre. Sa main passait doucement dans ses cheveux, le geste lui rappelant ces rares fois où il avait put se détendre, s'allongeant sur le canapé en posant la tête sur ses cuisses, somnolant à moitié comme elle le caressait, presque comme un chat. Reniflant, il remarqua vaguement que son odeur n'avait pas changé, l'aidant à croire qu'il s'agissait bien de la réalité. Elle avait posé la tête sur son épaule, réalisa-t-il vaguement en sentant sa respiration contre son cou, le chatouillant.
Une présence le fit relever la tête, serrant instinctivement Caroline contre lui pour la protéger, avant de relâcher sa prise, penaud, quand il l'entendit protester doucement qu'elle n'arrivait pas à respirer. Chuck regarda l'argenté avec une expression où se mêlaient amusement et compassion, comme s'il comprenait les réactions de Sephiroth.
–Tu te sens mieux maintenant, gamin ? Demanda-t-il gentiment sur un ton bourru.
Le concerné ne put que hocher la tête en réponse. Dire qu'il se sentait mieux… était un peu exagéré. Il se sentait surtout complètement lessivé émotionnellement, comme une serpillière que l'on aurait essorée pour en enlever le plus de liquide possible. Son estomac grogna à cet instant en sentant les odeurs de nourriture, et il réalisa qu'il était affamé. À quand remontait la dernière fois qu'il avait vraiment mangé ? Se demanda-t-il avec hésitation. Ses souvenirs de cette semaine à Nibelheim… étaient particulièrement flous, réalisa-t-il avec confusion. Les moments les plus nets… étaient l'apparition de Genesis… et ses propos à la fois déconcertants et blessants… ainsi que sa mort aux mains de Cloud. Une main sur sa joue le tira de ses pensées, et il baissa les yeux, croisant le regard à la fois triste et soulagé de Caroline. Son cœur se serra en la voyant. Elle avait l'air encore plus fatiguée que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, avant sa mission pour le village. Et maintenant qu'il arrivait à réfléchir… il y avait quelque chose de louche avec celle-ci. Pourquoi n'y avait-il eut aucun Turks avec eux ? Pourquoi deux SOLDATS de leur classe pour une mission d'inspection ?
Trop de questions… et les quelques conclusions auxquelles il arrivait ne lui plaisaient pas… et soulevant encore plus d'interrogations. Mais il était trop épuisé pour ne serait-ce que réfléchir à ça, réalisa-t-il avec lassitude. Il avait besoin de manger… et il avait besoin de se reposer. Lentement, il se releva à contrecœur, ne relâchant pas réellement Caroline pour autant. Craignant, tel un petit enfant, qu'elle disparaisse à l'instant où il la lâcherait. Cette dernière lui prit gentiment la main, lui adressant un sourire las et inquiet. Lui faisant réaliser qu'elle ressentait probablement les mêmes choses, s'il en jugeait par ses yeux rougis. Comme si elle avait pleuré elle aussi. La vision lui serra le cœur, et il la suivit sans résister quand elle le tira doucement derrière elle, l'emmenant jusque dans la cuisine, où le vieux SOLDAT avait déjà préparé les couverts, la jeune femme le remerciant doucement, et lui balayant ses remerciements à sa façon bourrue.
–Ce sale gosse avait plus besoin de toi qu'un vieux schnock comme moi. Et tu en fais assez comme ça le reste du temps. Maintenant posez vos culs sur les chaises et mangez. Tu peux la lâcher, gamin, ajouta-t-il en direction de Sephiroth, roulant des yeux en voyant que celui-ci n'osait pas lâcher Caroline. Crois-moi, elle ne va pas s'envoler.
L'argenté relâcha sa prise à contrecœur pour s'emparer de ses couverts, sursautant presque malgré lui quand il la sentit s'appuyer contre son bras, ayant rapproché sa chaise pour qu'ils puissent rester en contact. Chuck roula des yeux devant leurs bêtises mais ne dit rien, conscient que c'était le mieux qu'il pourrait espérer. Il doutait que Sephiroth se sente assez à l'aise pour la quitter du regard avant des mois, au mieux. Peut-être plus longtemps encore, se dit-il en les regardant manger. Maintenant… il ne lui restait plus qu'à remettre la main sur ce sale morveux pyromane, et il avait deux mots à lui dire concernant ses conneries.
Le repas fini, il chassa gentiment les deux jeunes gens de la cuisine, leur disant qu'il était peut-être vieux et avec une patte folle, mais il était parfaitement capable de faire la vaisselle tout seul. Et il y avait quelque chose qu'il fallait qu'elle montre à Sephiroth.
Ce dernier avait reprit la main de Caroline, la suivant sans résister, déconcerté. Qu'est-ce qu'elle pouvait avoir de si important à lui montrer ? Se demanda-t-il sans comprendre, la regardant ouvrir une porte un peu plus loin dans l'appartement… avant de se retrouver avec le souffle coupé en voyant la silhouette allongée sur le lit, connectée à des appareils qu'il ne connaissait que trop bien pour les avoir vus si souvent dans les laboratoires d'Hojo, surveillant le rythme cardiaque, la respiration et tant d'autres paramètres vitaux. Mais ce fut le visage de cette personne allongée, en train de dormir, qui lui fit le plus grand choc.
–Zack ? Chuchota-t-il doucement, regardant le noiraud dormir sur le lit, presque paisible si ce n'était pour sa pâleur, ses cheveux noirs en bataille contrastant avec les draps blancs.
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À suivre…
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Oui, Zack est vivant !
Les choses deviennent un peu plus sérieuses désormais, et ne suivent plus le jeu. La raison pour laquelle Zack est en vie sera expliquée dans le prochain chapitre.
