Chapitre 6 : Nidification de dragon ! À provoquer à vos risques et périls !
.
.
Sephiroth devait admettre avoir aimé le dessin animé. Ce dernier… lui avait montré que l'on pouvait finir par être accepté, malgré ses différences. Même s'il devait avouer envier le personnage principal du film. Pouvoir voler à dos de dragon… devait être assez extraordinaire. Ici, les dragons attaquaient généralement à vue… ou si l'on commettait l'erreur de s'approcher de leur nid. Un mouvement devant lui attira son attention, et il baissa les yeux, croisant le regard ambré du Chien de Garde que Caroline avait appelé Trico. L'animal avait posé sa tête sur ses jambes à un moment quelconque du film, l'argenté aurait été incapable de dire quand, et la jeune femme le caressait distraitement, blottie contre lui. Son propre bras l'entourait, et Zack tenait sa main également, la main de Sephiroth frôlant la sienne. Le contact… l'aidait à croire que tout ça n'était pas un rêve… même s'il doutait de pouvoir les quitter des yeux avant des mois… et surtout Caroline. Par contre… d'où sortait Trico ?
Après quelques instants de réflexion, il décida qu'il n'y avait aucun mal à poser la question… et Zack était sans doute tout aussi curieux.
–Caroline ? Demanda-t-il doucement, la tirant visiblement de ses pensées.
–Oui ? Dit la jeune femme, levant les yeux dans sa direction.
–Je me posais juste une question… d'où est-ce que Trico sort ? Questionna-t-il avec curiosité. Comment est-ce qu'il est arrivé ici exactement ? Je sais que tu as dis que le Lieutenant Nokia l'avait recueillit, et qu'il aurait été utilisé dans des combats de chiens, mais est-ce que tu as des détails ?
Zack s'éclaira immédiatement, visiblement curieux.
–C'est vrai ça, comment ça se fait que tu aies un Chien de Garde ? Demanda le brun avec intérêt. Je pensais pas qu'une civile pouvait en avoir un ?
Caroline gloussa doucement en réponse.
–C'est une longue et amusant histoire les garçons. Et, vous vous en douterez, Chuck y a une place de premier choix.
Seph ricana doucement en entendant ça.
–Quand est-ce qu'il n'a pas une place de premier choix dans une histoire le concernant ? Demanda-t-il avec amusement, les faisant rire.
–Pas faux, Seph. Ça s'est déroulé i peu près 4 ans, quand Chuck a été envoyé en mission…
Et les deux hommes se laissèrent emporter par la voix de Caroline, heureux de la voir sourire de nouveau. Et remerciant Chuck pour l'avoir protégé lorsque eux en avaient été incapables.
oOo
Chuck était en train d'insulter les scientifiques de la Shinra, les abrutis ayant décidés de construire la Plaque en laissant des taudis au niveau du sol, la voirie en général pour ne PAS entretenir lesdits taudis, et à peu près toutes les forces existantes en ce monde actuellement. Il ne savait pas si c'était Minerva qui avait créée les Maisons Infernales ou un crétin de scientifique de la Shinra qui avait trop picolé la veille, mais si jamais il mettait la main sur la personne, celle-ci allait l'entendre !
Le vieux SOLDAT avait déjà dû fait trois détours entre deux exterminations de nids de ces saloperies, les bâtiments étant en si mauvais état dans ce secteur que plusieurs s'étaient effondrés, bloquant son chemin. Tout ça le retardait beaucoup trop à son goût, et même si Hojo semblait avoir retenu la leçon pour le moment… il doutait que le cinglé hésite encore longtemps avant de faire une nouvelle tentative. Et ça ne l'étonnerait pas que le connard se mette à apprendre à crocheter les serrures juste pour essayer de mettre la main sur Caroline. Il était bien trop silencieux ces derniers mois. La jeune femme commençait tout juste à se remettre de son intrusion, et il ne tenait pas à mettre en péril sa récupération. Surtout qu'elle peinait à récupérer à cause du fait qu'il était forcé de la laisser seule en s'absentant. Grommelant entre ses dents contre l'idiot qui lui avait collé cette mission dans les pattes (même en sachant que c'était lui ou un des petits jeunes), il contourna un énième bâtiment, avant de s'immobiliser brusquement, les sourcils froncés.
Ce que les gens avaient tendance à ignorer, c'était que la raison pour laquelle les SOLDATS continuaient à porter des casques en passant 3èmes Classes, comme les miliciens… c'était à cause de l'amélioration des sens, particulièrement la vue et l'ouïe. Durant cette période d'adaptation, certains trouvaient difficile de fonctionner ou même simplement de se concentrer, tant leurs sens étaient sollicités. Certains mettaient jusqu'à un an pour se faire à leurs nouveaux sens, et ne pouvaient pas grimper pendant ce temps. Chuck adorait la punition utilisée pour calmer les nouveaux 3èmes Classes qui faisaient les idiots… qui consistait à faire sonner une corne de brume dans la salle jusqu'à ce qu'ils soient tous à terre. Ce qui ne prenait pas plus de quelques secondes en général. Heureusement, le temps qu'ils montent en grade était assez long pour qu'ils s'habituent à leurs nouveaux sens… mais une corne de brume restait largement suffisant pour les mettre à terre… ou même un sifflet à ultrasons pour les 1ères Classes. Et particulièrement Sephiroth. Ses sens avaient été les plus aiguisés de tous, le contraignant à faire isoler phoniquement son bureau pour être capable de se concentrer.
Et c'était justement à cause de ses sens qu'il s'était arrêté à cet endroit, sortant son PHS pour passer un appel. Un humain normal n'aurait rien entendu… mais lui pouvait entendre des cris excités, qu'on retrouvait dans les foules qui admiraient des combat… et des aboiements/grognements canins. Ainsi que des cris de monstres. Ses yeux s'étrécissant, il se dirigea vers la porte, la démolissant d'un coup de pied sans la moindre hésitation, écrasant quelqu'un qui devait probablement être le portier dessous. Ignorant le vague gémissement sous le battant comme il avançait en tapant distraitement du pied, Chuck cogna le premier individu qu'il rencontra, assommant tous ceux qui avaient le malheur de se trouver sur son chemin. Épargnant seulement ceux qui avaient l'intelligence de fuir en l'apercevant… et sortant son épée contre les quelques idiots qui pensaient pouvoir le battre. Un 3èmes Classe avait la force d'une dizaine d'hommes… alors en un contre un, face à un 1ère Classe, ce n'était même pas la peine d'essayer.
Le vieux SOLDAT ne tarda pas à se retrouver au niveau de « l'arène », et pinça les lèvres de dégoût. Il pouvait voir un jeune Chien de Garde d'une couleur inhabituellement claire se battre pour sa vie, face à une Canine de Kalm adulte et probablement bien plus expérimenté que lui. L'animal se débrouillait bien, remarqua Chuck, l'observant combattre avec attention. Il ne restait pas en place plus de quelques secondes, bondissant en avant et s'écartant immédiatement après, que son attaque ait réussi ou non. Il ne tiendrait cependant plus très longtemps, le guerrier pouvait le voir, étant trop jeune encore pour ça, n'ayant probablement pas plus de six mois. Cependant… son intelligence était manifeste, et il se demanda s'il pourrait le sauver. Il ne dirait pas non à un peu d'aide pour protéger Caroline… resterait juste à le dresser. Mais vu son intelligence apparente, se dit-il en le voyant éviter un coup de croc qui aurait pu l'égorger, ça ne serait pas difficile. Son PHS vibra soudain, le tirant de ses pensées, et il le sortit de sa poche, le consultant. Un sourire digne d'un requin étira ses lèvres au message laconique de Rude, qui disait juste « En place. ». Saisissant son épée, il sauta immédiatement dans l'arène, tuant la Canine de Kalm au moment où elle allait achever le Chien de Garde au sol, celui-ci trop épuisé pour réagir autrement qu'en plaquant ses oreilles sur son crâne devant la colère de l'humain.
Un silence choqué s'abattit sur l'arène, avant que les parieurs ne se mettent à crier avec colère devant son intervention. Chuck rugit sans hésiter en réponse, sa voix rauque couvrant aisément les leur et les faisant taire, habitué à engueuler des SOLDATS bien plus forts que des civils depuis des décennies. Les flagellant verbalement comme seul un instructeur de l'armée savait le faire, et prenant plaisir à les voir tressaillir sous ses mots. Il leur suggéra ensuite de courir, son ton autoritaire les faisant obéir sans réfléchir. Ils avaient de toute façon le choix entre fuir ou l'affronter, et aucun n'était assez stupide pour ça. Le vieux SOLDAT se détourna, ignorant la foule qui s'enfuyait, et vint s'accroupir à côté du Chien de Garde, lequel le regardait avec méfiance, les oreilles couchées en arrière. Un grognement sur le côté attira son attention, et il se tourna, venant fixer un homme au crâne rasé, couvert de tatouages, avec agacement. Ce dernier était accompagné de deux Chiens de Garde adultes, contrairement au chiot qui se tenait près de lui, et semblait assez con pour venir le défier. Chuck leur gronda littéralement dessus, bien content d'avoir passé quelques années à aider sa famille à s'occuper des Chiens de Garde qu'ils élevaient, et surtout d'avoir apprit à imiter le grondement d'un alpha suffisamment bien pour qu'un Chien de Garde se soumette immédiatement devant lui.
Le dresseur marqua un temps d'arrêt en voyant ses bêtes se soumettre, son regard alternant avec confusion entre le vieux SOLDAT en face et les animaux à côté de lui. Il n'avait encore jamais vu ça, et recula instinctivement d'un pas en voyant comme une aura se déployer autour du gars en face de lui. Pas exactement une Limite, mais quelque chose qui lui sembla assez similaire, malgré ses connaissances limitées sur le sujet.
–Tu ferais mieux de dégager de là, connard, si tu veux pas que je te fasse un deuxième trou de balle ! Aboya Chuck avec colère, ajoutant un grondement menaçant en direction des Chiens de Garde, lesquels prirent immédiatement la fuite en couinant de peur, vite suivis de leur maître.
Celui-ci était assez idiot pour venir confronter un SOLDAT de mauvaise humeur… mais pas assez pour s'attarder quand des Chiens de Gardes dressés à tuer depuis leur plus jeune âge préféraient prendre la fuite. Le chiot à côté de lui avait tressaillit, se plaquant encore un peu plus au sol, mais n'avait pas osé les imiter, la main de Chuck posée sur sa nuque, le maintenant fermement en place. Celui-ci le souleva ensuite, lui tirant un couinement de surprise, avant d'ouvrir suffisamment son manteau pour le placer à l'intérieur, remontant la fermeture éclair pour le caler. Passé les premiers instants de surprise où le chiot se débattit, l'animal se calma rapidement en entendant le vieux SOLDAT émettre une espèce de ronronnement grondant, comme les Chiens de Gardes avec leurs petits. Calmé, le jeune Chien de Garde s'installa plus confortablement dans la veste comme son porteur faisait demi-tour, légèrement calmé. Première chose à faire en rentrant, trouver un vétérinaire pour le faire castrer d'urgence, nota mentalement Chuck. Les Chiens de Gardes étaient bien plus faciles à contrôler en étant castrés, il le savait, et c'était le cas de la plupart de ceux qui travaillaient avec l'infanterie. Quelques-uns restaient entiers, bien sûr, pour assurer l'obéissance des autres, et étaient généralement assignés aux officiers supérieurs.
Pendant que Chuck organisait mentalement ce qu'il allait faire en rentrant, les parieurs qui était dans le bâtiment jusque-là avaient été capturés par les Turks appelés en renfort par le vieux SOLDAT. Tout le monde savait que le Secteur 6, là où se trouvait Wall Market, était le seul endroit de la ville (sur la Plaque comme en-dessous) où certaines choses, considérées comme illégales, étaient tolérées. En-dehors ? Quiconque se faisait prendre à faire des choses illégales (comme organiser des combats de monstres/chiens) finissait en prison s'il se faisait attraper. Ceux-là avaient voulu éviter de se retrouver à devoir payer un pourcentage à Don Cornéo, s'installant en-dehors du Secteur 6 pour ça. Ils en payaient maintenant le prix… mais bien différent de ce qu'ils auraient payés au pervers obèse, et probablement bien plus lourd. La grande majorité s'était arrêté net en se retrouvant face à face avec Reno, le Turk aisément reconnaissable grâce à sa chevelure rousse… et au grand sourire inquiétant qu'il arborait.
–Ah merde, murmura une des personnes, le reconnaissant. Queue de Rat-Garou est là… et s'il est là…
–Mr Chauve à Lunettes n'est pas loin, marmonna un autre. J'ai pas vraiment envie de me faire démonter la gueule, perso.
–QUEUE DE RAT-GAROU RENO ! Rugit un des organisateurs des combats clandestins, le reconnaissant également. TU FOUS QUOI ICI ? T'ES PLUS LE BIENVENU DANS LES TAUDIS, AU CAS OÙ TU L'AURAIS OUBLIÉ !
Les miliciens échangèrent des regards confus alors que les yeux bleus de Reno se posaient sur l'idiot en question, haussant un sourcil. À côté de lui, un homme fronça les sourcils, signant rapidement « Va te faire foutre Renton ! », lui faisant un doigt d'honneur en même temps, faisant hausser son autre sourcil à celui-ci. Tiens, cette vieille chaussette cours toujours ? Se dit-il en regardant le vieil homme se glisser sur le côté, ignorant les miliciens, les évitant comme s'ils n'étaient pas là. Reno lui avait donné le surnom de « Vieille Chaussette » à cause de la manière dont il s'habillait, donnait l'impression qu'il portait littéralement des chaussettes, le vieux schnock le lui rendant en lui donnant son surnom de « Queue de Rat-Garou Reno ». Il lui avait également apprit tout ce qu'il y avait à savoir sur la survie dans les Taudis, et le rouquin ne l'avait pas oublié. Pour cette raison, il n'attira pas son attention sur lui, préférant se concentrer sur l'abruti qui l'avait reconnu.
–Tiens tiens… on dirait que j'ai encore quelques détails à régler, murmura le roux en souriant comme un requin, faisant frissonner les miliciens les plus proches. Tu t'occupe des autres, partenaire ? Lança-t-il par-dessus son épaule, sautillant en direction de celui qui l'avait interpellé.
–Comme toujours, partenaire, répondit Rude, laconique, sortant des ombres.
Sortant sa matraque, Reno se dirigea vers l'organisateur, qui commençait à sérieusement transpirer en voyant que les autres s'écartaient de lui. Ils n'avaient peut-être pas reconnu le roux… mais ses habits indiquaient clairement qu'il était un Turk. Et sa démarche… montrait qu'il était un habitué des Taudis. Juste ce qu'il fallait d'arrogance et d'assurance pour montrer qu'il était loin d'être une proie facile… bien au contraire.
Rude haussa un sourcil en voyant Chuck sortir du bâtiment quelques minutes plus tard, ignorant Reno qui jouait avec sa proie, apercevant une tête canine dépasser de son manteau. Le Turk chauve décida sagement d'ignorer la nouvelle lubie du Dragon, et reporta son attention sur les prisonniers, surveillant le triage. Ceux qui faisaient clairement partie des organisateurs étaient soigneusement fouillés pour essayer de mettre la main sur les livres de comptes, s'ils avaient eut la présence d'esprit de les prendre avec eux. Quelques miliciens avaient été envoyés fouiller le bâtiment, au cas où les livres de comptes y seraient cachés, et Rude voyait bien cette mission durer encore un bon moment. C'était pas encore ce soir qu'ils rentreraient tôt, se dit-il avec un soupir mental.
oOo
Caroline pestait contre son jeu, grognant en réalisant qu'il s'agissait encore très certainement d'une course perdue. Elle commençait à s'améliorer malgré tout, parvenant de plus en plus souvent à rester dans le top 5, frôlant même le top 3. Elle n'était pas encore prête à monter en puissance, cependant, pas avant d'avoir maîtrisé tous les personnages auxquels elle avait accès. Son préféré restait malgré tout le petit Mog, avec son kart en forme de Chocobo, et elle avait souvent tendance à le prendre juste pour son côté mignon, en attendant de se faire totalement au jeu, remerciant les créateurs de celui-ci de permettre à plusieurs personnes de prendre le même personnage. Elle se serait bien passée des « newbie » que lui balançaient les autres joueurs sur le chat vocal, par contre, mais on ne pouvait pas tout avoir, avait-elle raisonné avec ennui. Elle n'activait encore jamais son micro, en tout cas pour le moment, préférant juste écouter les gens. Les entendre s'insulter la faisait parfois bien rire, certains étaient vraiment imaginatifs. Pour le moment, elle attendait encore le feu vert de Chuck pour allumer le micro, bénissant le fait qu'elle ait longuement écrit des fanfictions, lui permettant de ne pas avoir à trop quitter la télévision des yeux pour répondre à son groupe.
Par contre, d'où est-ce que Chuck sortait cette console ? Se demanda-t-elle distraitement tout en évitant une bombe lancée par quelqu'un jouant un Reno. De justesse, soit dit en passant, insultant copieusement le joueur prenant un personnage visiblement un peu trop avancé pour un circuit avec des karts de bas niveau. Encore heureux qu'elle ait sélectionné l'option « pas de Légendaires » pour la course ! Même si le joueur ne pouvait pas l'entendre parce qu'elle n'avait pas de micro, ça faisait du bien, se dit-elle en récupérant un bonus… parvenant à transformer « Reno » en grenouille par pure chance, la faisant caqueter malicieusement tout en le dépassant. L'entendant hurler de désespoir comme son personnage se retrouvait soudain en mode chibi sur une grenouille qui sautillait. Ça ne durerait même pas trente secondes, mais c'était largement suffisant pour se retrouver bon dernier, lui permettant de grappiller une place. Effectuant un dérapage plus ou moins contrôlé, elle parvint à gagner une nouvelle place, se plaçant dans le top 3. Ne restait plus qu'à réussir à conserver sa place jusqu'au bout… en évitant de se prendre un coffre-fort sur la tronche, se dit-elle en jurant à mi-voix. Caroline soupira de soulagement en réussissant finalement à finir la course, toujours en troisième position. Le circuit n'était pas exactement difficile, mais il n'était pas non plus facile pour autant, même si elle commençait à le maîtriser, se dit-elle tout en sélectionnant une nouvelle course.
Tout en attendant qu'elle commence, la jeune femme repensa à la console. Chuck l'avait honnêtement surprise en la sortant de nulle part ou presque, lui suggérant d'essayer de débloquer certains personnages dans les jeux qu'il possédait. Les cartouches de jeux lui faisaient beaucoup penser à celles de la NES, mais de la taille d'une simple disquette… en plus épaisses. Le fossé technologique restait assez étrange de son point de vue, malgré tout. Parce que d'un côté, ils avaient des salles de réalité virtuelles ultra-réalistes (Zack l'y avait emmenée une fois en cachette dans une simulation pour apprendre à monter les Chocobos), au point que, selon son petit ami, les monstres (et Chocobos) se comportaient comme des vrais, et avaient l'air vrais, au point que s'il l'avait emmenée à l'intérieur les yeux bandés, elle aurait pu s'y méprendre et penser qu'elle était dehors. De l'autre, certains points de leur technologie, comme les voitures ou les ordinateurs, avaient presque une décennie de retard, voire plus. Et à côté de ça, ils avaient des robots géants ultra-sophistiqués, sans parler des SOLDATS. Enfin, soupira-t-elle comme la course commençait, sur Terre ils s'étaient concentrés principalement sur le divertissement après les guerres… et surtout, se dit-elle en accélérant, ils avaient encore un minimum de morale, contrairement à Gaïa. Ici… la propagande était telle que la population ignorait probablement que le programme ayant créé les SOLDATS avait ses origines dans l'expérimentation humaine… et de la pire sorte, pensa-t-elle avec chagrin, se rappelant de ce que Sephiroth avait subit. Shinra n'avait placé aucune limite à Hojo, exception faite d'accepter les femmes dans le SOLDAT.
Apparemment… la misogynie n'était pas mal non plus ici, se dit Caroline avec un mélange de chagrin et de colère. Zack… avait été un peu la perle rare, elle en avait conscience. Toujours à son écoute, respectant ses choix et ses opinions, et prompt à la gâter à la moindre occasion, sans jamais lui faire un quelconque chantage affectif. Lui laissant toujours l'initiative dans leur relation, et l'écoutant quand elle avait un avis différent du sien. Il n'avait jamais initié de dispute non plus, se rappela-t-elle avec le cœur serré. S'il n'était pas d'accord avec elle, il expliquait pourquoi, et écoutait son avis en retour. Et s'ils ne parvenaient pas à trouver un terrain d'entente sur un sujet, ils le laissaient tomber, ne l'abordant plus avant que l'un d'entre eux ne change d'avis ou tombe sur de nouvelles informations les faisant réfléchir. Et elle l'avait aimé encore plus profondément pour ça. Malgré ce qui s'était passé… elle ne regrettait pas d'être tombée amoureuse de lui. Tout ce qu'elle espérait… c'était que Chuck pourrait le sauver, lui et Cloud.
Une carapace bleue percutant son personnage et manquant l'envoyer dans le décor la fit jurer, se concentrant de nouveau sur le jeu. Se demandant si Chuck était celui qui avait créé l'autre profil sur la console entre deux esquives/attaques. Elle ne l'aurait jamais catalogué comme étant un gamer… mais l'univers était plein de surprises. La preuve, elle était là, sur GAÏA, à jouer à un jeu vidéo qui avait une furieuse ressemblance avec Mario Kart, en pleurant après un personnage de jeu vidéo. Un soupir échappa à Caroline en pensant à ça. Sa vie était décidément devenue… intéressante, dans le sens maudit du terme. Mais… elle ne l'échangerait pour rien au monde. Pas même rentrer chez elle, se dit la jeune femme en effectuant un dérapage pour récupérer un bonus. Elle ne regrettait pas sa décision… et, même si elle était triste d'avoir en quelque sorte abandonné sa famille derrière elle… la douleur de la séparation d'avec Sephiroth et Zack avait été bien pire. Elle ignorait encore à quoi elle était due, exactement… et peut-être ne le découvrirait-elle jamais, estima-t-elle en haussant les épaules, lançant un éclair sur un autre joueur.
Continuant à jouer, elle progressa lentement dans le classement, gagnant à peu près autant de courses qu'elle en perdait, jusqu'au moment où elle entendit Chuck toquer à la porte pour qu'elle vienne lui ouvrir. Le code était celui utilisé lorsqu'il était seul, sans invité indésirable avec lui, et c'était également celui que Tseng utilisait lorsqu'il devait amener des papiers au vieux SOLDAT. L'autre code signifiait qu'il était avec une personne qui n'était pas au courant de sa présence, et qu'il fallait qu'elle ouvre rapidement le verrou intérieur avant d'aller se cacher dans sa chambre. Heureusement, Chuck lui avait expliqué la couverture pour ce code, et ça la soulageait, car il ne quittait pas son invité des yeux lorsqu'il était obligé de l'utiliser. Par chance, le second code était rarement utilisé, ça la terrifiait à chaque fois.
Heureusement, elle avait quasiment fini sa course, étant presque à la ligne d'arrivée… et ricanant en voyant un des membres de son « équipe » pousser un concurrent dans le vide pour lui permettre de gagner une place à la dernière seconde. Écrivant un rapide « je reviens tout de suite » dans le chat, elle se leva, ôtant son casque et le posant sur le canapé à côté de la manette et du clavier. Chuck rentrait assez tard comparé à ce qu'il lui avait dit en partant le matin même, même s'il lui avait envoyé un message pour lui assurer que tout allait bien au moment où elle commençait à s'inquiéter. Ouvrant les verrous intérieurs, vérifiant bien qu'il s'agissait de lui au cas où, elle recula un peu afin d'éviter qu'on ne l'aperçoive, encore légèrement paranoïaque malgré le temps écoulé depuis que Hojo avait essayé de la kidnapper. Les cauchemars commençaient à se calmer, mais elle faisait encore au moins un par semaine.
Caroline cligna des yeux avec surprise en voyant Chuck ouvrir la porte, une tête canine dépassant de son manteau, clignant des yeux d'un air drogué, la langue pendante. La vision était à la fois mignonne et hilarante, mais ce qui la frappa le plus ce fut les marques du chiot. Le museau sombre et les marques noires autour des yeux de l'animal lui rappelaient furieusement Trico de The Last Guardian, par contre, et elle ne put retenir une exclamation presque émerveillée.
–Un Trico !
Faisant rire Chuck, qui referma la porte derrière lui avec un sourire. Il ne l'avait que rarement vue ainsi, et ça lui réchauffait le cœur de la voir aussi… détendue, presque. Même s'il devait admettre qu'elle avait raison, les marques sur la fourrure du Chien de Garde ressemblaient énormément à celles de l'espèce de griffon géant du jeu. Il fit descendre la fermeture éclair, récupérant le chiot, et le plaça dans les bras d'une Caroline plus que surprise, qui les referma sur l'animal avec un grognement d'effort sous son poids. Heureusement, il n'était pas encore assez lourd pour lui poser de réel problèmes… mais il n'était pas léger pour autant non plus. Il était également encore trop drogué pour réagir plus qu'avec un couinement de surprise, ce qui était une bonne chose. Il était cependant assez lucide pour remarquer que l'humaine qui le tenait, si elle était surprise, n'était pas réellement effrayée ou furieuse. Tout au plus confuse. Le vieux SOLDAT reprit la parole, attirant l'attention de la jeune femme, qui le regarda avec étonnement.
–Et il est à toi, petite, si tu arrive à l'apprivoiser.
Caroline ne put s'empêcher de rouler des yeux.
–J'avais 33 ans quand je suis arrivée ici, Mr Chuck. Même si j'en ai pas l'air, je dois approcher des 36 ou 37 ans, là.
Le vieux guerrier marqua un temps d'arrêt à ça alors qu'il retirait son harnais, ayant déjà accroché son manteau et son épée au mur, la regardant d'un œil légèrement nouveau. Ça expliquait une ou deux choses en tout cas, notamment pourquoi elle avait tant attendu avant d'accepter les avances de Zack. Jusque-là, il pensait qu'elle approchait tout juste de la trentaine, tant elle ne faisait pas son âge. Son caractère avait beaucoup aidé dans l'histoire, même si elle pouvait se montrer mature quand elle le voulait. Et la manière dont elle s'était efforcée d'aider Sephiroth… de l'altruisme pur et simple, car elle n'avait jamais exigé quoi que ce soit de sa part. Le traitant comme un être humain, et pas comme un héros ou un monstre, ou, pire encore, tel un objet, comme Hojo le faisait. Lui témoignant… de l'affection ? De l'amour ? Chuck en était toujours incertain… et c'était un sujet trop personnel pour qu'il vienne y fourrer son nez.
Cette année… surtout depuis fin janvier/début février… l'argenté s'était montré bien plus détendu qu'avant. Et le Chiot, en particulier pendant une semaine, complètement claqué. Même si Chuck n'avait pas les besoins des jeunes, ayant été amélioré après la puberté, il connaissait leur endurance. Il savait aussi à quel point il était dangereux de refuser ses besoins pour un 1ère Classe. Rares étaient ceux qui refusaient longtemps de s'en occuper, finissant par se rendre à l'évidence. La seule bonne chose, se dit-il tout en guidant Caroline en direction du salon, le chiot ayant fini par poser sa tête sur l'épaule de la jeune femme, encore trop faible pour la soutenir seul bien longtemps, c'était qu'il n'y avait pas de réelle homophobie dans le SOLDAT. Les jeunes qui ne supportaient pas l'idée de relations entre hommes renonçaient généralement à devenir SOLDAT lorsqu'ils apprenaient les besoins sexuels de ces derniers lors des premières leçons avant le début des injections, graphiques et témoignages de 1ères Classes à l'appui. C'était cependant leur dernière chance de renoncer, et, même si peu la prenaient, ils étaient avertis que toute démonstration d'homophobie serait durement punie.
La jeune femme posa gentiment le chiot sur une couverture que son aîné lui apporta dans un coin du salon, veillant à installer confortablement le jeune Chien de Garde. Elle pouvait voir son tentacule bouger doucement malgré son état drogué, un peu comme la queue d'un chat qui remuerait nerveusement. Le pauvre était clairement sous-alimenté, ses côtes saillantes. Heureusement, lui expliqua Chuck, les Chiens de Gardes descendaient de monstres à l'origine, et étaient beaucoup plus résistants que des chiens ordinaires, sans compter qu'ils récupéraient plus rapidement. Cependant, ça voulait aussi dire qu'ils redevenaient dangereux plus rapidement. Pour l'instant, le chiot était encore sous l'effet de l'anesthésie pour sa castration, le rendant à peu près inoffensif. Caroline n'était cependant pas idiote, et étant donné que le vieux SOLDAT lui avait expliqué que la pauvre bête avait été utilisée dans des combats de chiens/monstres, elle ne comptait pas le submerger en cherchant trop tôt à l'approcher. Se relevant, elle alla dans la cuisine, sortant une assiette à soupe et la remplissant d'eau fraîche, avant de retourner la déposer devant le museau du jeune Chien de Garde, faisant tressaillir ses oreilles et sa truffe.
Retournant ensuite en direction du canapé, elle reprit sa session de jeu, signalant son retour aux autres, et les avertissant que le Dragon avait ramené un chiot avec lui, mais que le pauvre avait été maltraité. Donc elle risquait de ne plus être aussi présente qu'avant. Ils lui assurèrent que ce n'était pas grave, s'inquiétant malgré tout pour elle. La jeune femme ne put retenir un sourire en répondant par écrit, leur assurant que, pour l'instant, il était encore sous l'effet de l'anesthésie, et qu'il ne risquait pas de bouger avant un bon quart d'heure. Donc ils pouvaient encore faire quelques courses.
Ils venaient juste de finir un circuit quand Caroline aperçut un mouvement du coin de l'œil, et elle tourna doucement la tête dans cette direction, venant croiser le regard ambré du chiot, lequel la regardait avec une méfiance manifeste, les oreilles couchées en arrière. Elle se rappelait avoir vu des chartes montrant le langage corporel des chiens et, si les Chiens de Garde n'en étaient pas vraiment… ils en étaient suffisamment proches pour qu'elle puisse s'en servir comme base. Et là, son attitude indiquait une anxiété/nervosité claire, montrant qu'il ne comprenait pas ce qui se passait. Il n'était pas hostile, se rappelant visiblement de ses actions, mais pas en confiance non plus. Détournant calmement le regard, elle tapa rapidement un « je dois m'absenter un moment, je vais tenter de le nourrir » sur le clavier, attendant la confirmation des autres avant de se lever tranquillement. S'étirant en bâillant largement, elle le vit se détendre légèrement du coin de l'œil, relevant un tout petit peu la tête.
Elle retourna dans la cuisine, sans oublier de refermer les portes coulissantes derrière elle en sortant du salon, se dirigeant immédiatement vers le frigo. Caroline ouvrit le réfrigérateur, le fouillant rapidement du regard. Le menu de ce soir était apparemment pâtes à la bolognaise, ce qui l'arrangeait d'un côté. Le meilleur moyen pour calmer le jeune chien, actuellement, passait très certainement par son estomac. Elle n'était pas assez stupide pour tenter de le toucher, dans son état actuel ça lui vaudrait à coup sûr une morsure. La jeune femme trouva rapidement ce qu'elle cherchait, et s'empara des steaks que Chuck lui réservait. Pas que ce soit bien compliqué de les différencier, les siens étaient trois fois plus gros que ceux qu'elle mangeait. Le voyant hausser un sourcil dans sa direction comme elle s'emparait d'un couteau, elle ne put s'empêcher de rougir légèrement.
–Je pense qu'il doit avoir faim, expliqua-t-elle doucement en commençant à couper la viande en petits morceaux, les plaçant dans un petit saladier/grand bol. Et il sera certainement mieux disposé envers moi si je lui offre à manger.
Chuck renifla avec amusement en réponse.
–Ça c'est certain, gamine. Et oui, je sais que tu es plus vieille que tu n'en as l'air, ajouta-t-il devant son froncement de sourcil, mais j'ai quand même l'âge d'être ton père… même si je t'aurais eut assez jeune, gloussa-t-il en reprenant les préparatifs.
Le silence régna pendant quelques secondes, avant que Caroline ne prenne timidement la parole.
–Vous n'avez jamais été marié ? Demanda-t-elle avec hésitation, curieuse malgré elle.
Le vieux SOLDAT haussa les épaules.
–Jamais trouvé la bonne personne, pour commencer… et puis mes préférences n'étaient pas vraiment acceptées dans ma ville. Même si après la troisième fois où j'ai suspendu les idiots qui harcelaient mon petit frère par les orteils les gens ont compris qu'il valait mieux laisser tomber le sujet, dit-il calmement, la surveillant du coin de l'œil.
La jeune femme n'avait pas vraiment besoin de détails pour comprendre que son aîné était gay… ce qui l'indifférait totalement pour être sincère. C'était sa sexualité, et tant qu'il n'était pas attiré par les enfants il faisait ce qu'il voulait de ses fesses. Ce qu'elle lui dit honnêtement et à peu près en ces termes lorsqu'il lui posa la question, curieux de sa quasi-absence de réaction. Il pouvait préférer les hommes, les femmes, les deux ou aucun, ça ne la regardait pas. Sa réponse le fit rire avec amusement, et il lui ébouriffa les cheveux, la faisant protester avec frustration. Ces derniers avaient été comme… réinitialisés lorsqu'elle avait été renvoyée dans son ancien monde, et n'avaient pas changés lorsqu'elle était revenue. Du coup, elle avait prit la décision de les laisser pousser de nouveau. En partie parce qu'elle avait apprécié quand Zack ou Sephiroth lui brossaient les cheveux avec douceur, et même tendresse, l'argenté se chargeant même de lui couper les pointes, étonnamment doué pour ça, et en partie parce qu'elle ne voulait pas risquer d'aller chez un coiffeur. Quant à Chuck, il avait admit ne pas être doué avec des ciseaux, et encore moins une tondeuse, confiant le soin de s'occuper de ses cheveux à un autre SOLDAT. Et elle ne voulait pas subir une coupe militaire, même si Chuck décidait que le SOLDAT en question était digne de confiance.
Un soupir lui échappa en pensant à ça, rangeant les steaks qu'elle n'avait pas coupés dans le frigo, retournant dans le salon. Sephiroth et Zack… lui manquaient plus que tout. Elle avait bien expliqué à Chuck que Sephiroth allait plus ou moins… ressusciter dans cinq ans, mais elle ignorait s'il pourrait l'aider. Elle savait que Sephiroth n'aurait jamais massacré les habitants de Nibelheim ou tenté de détruire le monde en temps normal. Ce n'était pas son genre. L'honneur n'était peut-être pas la chose la plus importante pour lui, comme pour Angeal, mais il avait eut le sens de l'honneur lui aussi, et s'en prendre à des civils sans défense était juste inconcevable à ses yeux, en particulier dans leur propre pays. Même à Wutaï, il avait refusé de toucher aux civils innocents. Peu importe s'il y avait des suspicions de ninjas ou de guerriers dans les villages, on ne touchait pas aux civils pour lui. Jenova… avait vraiment enfoncé profondément ses griffes dans l'esprit de son compagnon, se dit-elle avec chagrin. Au point qu'elle n'était pas certaine qu'il puisse être sauvé, même si elle continuait à l'espérer, et priait pour ça.
Elle secoua la tête avec lassitude, se tirant de ses pensées. Pour le moment… elle ne pouvait rien faire pour lui, et ça lui déchirait le cœur. Elle l'aimait autant que Zack, même si d'une façon différente, et savoir qu'elle était impuissante à les aider lui brisait le cœur. Après tous ses sacrifices pour les revoir… c'était une pilule amère à avaler. Alors elle s'efforçait de ne pas trop y penser. Reportant son attention sur le Chien de Garde, encore un chiot, elle le regarda calmement, veillant à ne pas le menacer en le regardant dans les yeux. S'asseyant lentement en face de lui, elle commença à lui parler sans le quitter du regard, gardant sa voix douce et égale, essayant de lui faire comprendre qu'elle ne lui voulait pas de mal. Caroline n'avait aucune idée de l'intelligence exacte de ces animaux, même si elle soupçonnait qu'ils l'étaient sans doute bien plus que des chiens normaux. Cependant, pour l'instant, le ton de sa voix était certainement ce qu'il y avait de plus important. Elle parla pendant plusieurs minutes, racontant tout et n'importe quoi, le regardant se calmer peu à peu, penchant la tête sur le côté en la fixant avec attention.
Après quelques minutes passées à lui parler ainsi, elle prit le risque de se relever doucement, étudiant sa réaction au cas où. À part coucher les oreilles en arrière en la voyant se remettre debout, il n'eut aucune réaction négative, aussi se détourna-t-elle pour retourner dans la cuisine, allant chercher le bol de viande en morceaux. Revenant dans le salon, elle se rassit au même endroit, le voyant dresser les oreilles en reniflant dans sa direction, sentant manifestement l'odeur de la viande fraîche. Prenant un morceau en main, elle le tendit dans sa direction, le faisant clairement hésiter. Son regard passait du morceau de viande à elle, et ainsi de suite, mais il ne bougeait pas. Après quelques instants, elle hocha la tête, comprenant qu'il ne se sentait pas assez en confiance pour oser approcher. Sans hésiter, elle lança le bout dans sa direction, le faisant atterrir juste devant lui, le faisant tressaillir de surprise. Reposant sa main sur le bol, elle attendit patiemment. Il la regarda alternativement avec la viande encore quelques instants, les oreilles dressées, avant de pencher prudemment la tête et la gober, ne la quittant pas réellement des yeux. Caroline le félicita doucement, tendant un autre morceau de viande dans sa direction. Une nouvelle fois, il refusa de bouger, et elle le lança dans sa direction.
Morceau après morceau, elle nourrit le chiot avec la viande contenue dans le bol, jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus qu'un seul morceau. Cette fois-ci, elle refusa de la lancer, tendant la viande dans sa direction, le message clair. Si tu veux la viande, approche-toi. Et ce fut ce qu'il fit, s'approchant doucement, avec hésitation, les oreilles couchées en arrière, mais ne grondant pas, heureusement, montrant qu'il ne se sentait pas menacé. Modifiant sa prise sur la viande pour qu'elle repose à plat sur sa paume, la jeune femme le laissa la prendre sans réagir, souriant juste doucement, veillant à ne pas dévoiler ses dents, ce qui était signe d'agressivité chez les prédateurs, le félicitant doucement en même temps à voix haute. Le chiot resta près d'elle, la regardant en penchant la tête sur le côté, visiblement intrigué, mais sa posture était bien plus détendue qu'au début. Elle le laissa renifler doucement sa main, souriant légèrement.
–Désolée, plus de viande pour toi mon grand.
Le chiot émit un léger gémissement, sonnant presque… désappointé ?, la faisant sourire un peu plus. Lentement, veillant à ce que ses gestes restent visibles et non menaçants, elle approcha la main du jeune Chien de Garde. Celui-ci hésita, baissant la tête en grondant légèrement, mais ne manifesta aucune agressivité, la laissant le toucher sans réagir autrement qu'en tressaillant à peine. Gentiment, elle le caressa, le laissant se détendre sous ses doigts en voyant qu'elle ne lui faisait pas mal… et appréciant même les caresses, si elle se fiait à la manière dont son tentacule bougeait doucement, tout comme l'espèce de moignon de queue que son espèce possédait, un peu comme les Dobermans ou Rottweilers. Elle se releva lorsque Chuck fit coulisser les portes en verre dépoli, les regardant avec un certain amusement affectueux.
–À la soupe, gamine. Il a été sage ?
Caroline hocha doucement la tête, se remettant debout. Elle baissa la tête avec une certaine surprise en sentant le chiot frôler sa jambe juste après, l'apercevant regarder Chuck et elle alternativement. Comme s'il essayait de décider à qui il devait obéir. Gentiment, elle le gratta derrière les oreilles, le faisant tressaillir de surprise, mais pas de peur, visiblement, vu comment il s'appuya contre elle, la faisant sourire. Il les suivit dans la cuisine, s'asseyant près de la table en les observant l'un après l'autre, visiblement confus. Le chiot ne cherchait même pas à mendier, non, paraissant juste désorienté. Ce qui était tout à fait normal, son monde venant d'être mis sens dessus-dessous.
Après le repas, la jeune femme retourna dans le salon, reprenant son casque et sa manette pour continuer à jouer, son aîné s'installant sur son ordinateur pour sa part, afin de rédiger son rapport de mission probablement. Le jeune Chien de Garde les regarda de nouveau l'un et l'autre, avant de s'allonger entre eux. Son attention était plus prise par Caroline, cependant, celle-ci jurant et insultant à voix basse les autres joueurs, martelant les boutons de sa manette, complètement concentrée sur le jeu. L'intriguant plus que Chuck, qui se contentait d'écrire tranquillement à l'ordinateur, maugréant vaguement de temps en temps.
oOo
Zyddie babillait au sujet de ses vacances à Costa Del Sol, ravie du temps qu'elle avait pu y passer grâce à ses économies durement acquises, surtout en connaissant l'avarice de Shinra, et encore en plus concernant les employés au bas de l'échelle comme elles. Zina l'écoutait avec un amusement bienveillant, répondant aux moments opportuns avec des fredonnements, une partie de son esprit concentrée pour se souvenir de ce qu'elles avaient déjà fait, et ce qui leur restait à faire. La gamine avait du potentiel, en tout cas. Intelligente, avec une bonne mémoire et juste ce qu'il fallait d'initiative. Ainsi que l'instinct de préservation, restant aussi loin que possible du département scientifique. Donc, beaucoup de potentiel.
Elles venaient d'arriver au 42ème étage, la porte s'ouvrant, quand Zina s'empara du chariot pour l'empêcher de sortir, son regard fixé droit devant elle. Chuck allait et venait devant sa porte, ressemblant furieusement à ces descriptions de dragon en train de nicher, et qui étaient d'autant plus dangereux à cause de ça. Sans lâcher le chariot, elle appuya sur le bouton pour l'étage suivant, appuyant ensuite sur celui pour fermer les portes afin que ça aille plus vite, à la confusion de sa cadette.
–Mais, Miss Zina, on n'a pas fait cette étage ? Demanda Zyddie sans comprendre.
–Peu importe, dit fermement cette dernière, secouant la tête. Il y a un dragon en colère qui nidifie, alors on va éviter cet étage. Je suppose que tu sais à quel point les dragons sont dangereux, n'est-ce pas ? Demanda Zina en haussant un sourcil.
–Oui m'dame ! Couina la jeune femme, terrifiée.
–Mmmmh… fit pensivement Zina, perdue dans ses pensées. Il faudrait vraiment qu'on fasse un panneau « Faites attention, Dragon à cet étage ! » pour ici. Même si ce dragon est généralement paisible… un dragon reste un dragon, même paisible. Et là, il montre clairement des signes de nidification… alors il vaut mieux rester à l'écart. Est-ce bien compris, Zyddie ?
–Oui m'dame… répondit la concernée, toujours aussi confuse. Donc… on ne fait pas cet étage aujourd'hui ?
–Non, et peut-être même pas avant quelques jours, ça dépendra de l'état d'humeur de ce dragon, dit Zina fermement.
Zyddie ne comprenait toujours pas la moitié de la conversation, mais elle avait la sagesse de ne pas insister. Quelques jours plus tard, un SOLDAT, ayant entendu les femmes de ménage parler de Dragon et de Nid, s'amusa à rédiger un écriteau, le collant dans la zone de détente au 42ème étage. « ATTENTION, NIDIFICATION DE DRAGON EN COURS ! RESTEZ À DISTANCE ! » proclamait le panneau, faisant ricaner la plupart des habitants de l'étage. Personne ne savait ce qui avait pu provoquer ce comportement chez le Lieutenant Nokia… en-dehors, justement, de ceux vivant aux étages proches, et de celui-ci. Mais aucun n'en aurait parlé. Les SOLDATS protégeaient les leurs… et c'était encore plus vrai pour les plus anciens, comme Chuck.
oOo
Sephiroth comme Zack ne purent s'empêcher de ricaner doucement pendant le récit de leur compagne. Étrangement, aucun d'eux n'avait de peine à imaginer la situation. Et savoir que Chuck avait fait de son mieux pour la protéger… refusant probablement des missions pour ça… leur réchauffait le cœur. Et tous les deux savaient à quel point un Chien de Garde pouvait être loyal, une fois qu'il avait accepté un maître. La plupart de ceux qui étaient dans l'infanterie… n'acceptaient pas leur partenaire comme un maître. Un membre de la meute, oui, mais pas forcément un supérieur absolu. C'était probablement leur dresseur qui avait ce rôle. Même si c'était de peu d'importance ici.
–Et moi qui pensait que tu étais plus chat que chien, plaisanta Zack avec amusement, ses yeux violets pétillant avec malice.
Caroline ricana avec amusement.
–Avec toi, j'ai appris à apprécier le côté « chien fou », Zack, plaisanta-t-elle joyeusement, ignorant les protestations bon enfant de son petit ami. Et puis si j'ai envie d'un chat, j'ai toujours Seph, ajouta-t-elle en levant les yeux vers lui, souriant.
Sephiroth ne put s'empêcher de rire en réponse, le noiraud éclatant de rire, avant de se mettre à tousser, le faisant rouler des yeux.
–Doucement, Zack, le réprimanda-t-il gentiment, vidant le reste de la carafe dans son verre.
Il l'aida ensuite à se redresser, le soutenant contre lui pour qu'il puisse boire, le garçon le remerciant d'un signe de tête alors même qu'il remettait le masque en place, plissant le nez.
–Seph…
–Oui ? Demanda le concerné, se rasseyant.
–Tu pue, dit Zack sans s'embarrasser de tact, le faisant cligner des yeux avec surprise.
Caroline tourna la tête, le regardant avec un certain étonnement confus.
–Seph… à quand remonte la dernière fois que tu as pris une douche ? Demanda-t-elle doucement mais fermement.
L'ex-général bloqua à la question, marquant un temps d'arrêt en clignant des yeux.
–Je… ne me souviens pas ? Admit-il avec un certain embarras.
Il devait avouer que la question avait tellement surgit de nulle part qu'elle l'avait prise au dépourvu… ce qui n'excusait pas son incapacité à répondre. Zack laissa échapper un soupir.
–Si tu ne te souviens pas… alors ça fait trop longtemps, pointa-t-il. Je sais que tu en a prit une en arrivant à… Nibelheim, ajouta-t-il avec une légère hésitation, mais je ne suis pas arrivé à te convaincre d'en prendre une durant cette… semaine-là, dit-il doucement, son ton coupable.
Sephiroth laissa échapper un soupir, avant de serrer gentiment sa main libre.
–Ce n'est pas ta faute, Zack, répondit-il doucement. Je te suis… déjà très reconnaissant d'avoir fait ton possible pour me nourrir et m'apporter à boire. Je ne pense pas… que tu aurais pu me convaincre de prendre une douche.
–Même en me promenant à poil devant toi ? Demanda Zack avec humour, essayant de dédramatiser la chose.
L'argenté ne put retenir un léger ricanement à ça, soulageant le brun en voyant que ça fonctionnait en partie.
–Même comme ça. Quoiqu'il aurait été… amusant de voir la réaction des gens si tu avais pu me convaincre de cette façon, dit-il, les faisant rire en réponse.
–Ouais, 'fin faisait un peu froid là-haut pour me balader cul nul, ajouta Zack, continuant à plaisanter.
–Oh, je ne doute pas que la majorité des femmes aurait sans doute apprécié le spectacle, fit Caroline en roulant des yeux. Mais je tiens juste à te dire, Zack, il n'y a que moi et Seph qui avons le droit d'admirer ton postérieur sans rien dessus.
Les deux autres rirent avec amusement, la tension se dissipant. Sephiroth… était juste tellement soulagé de retrouver cette ambiance détendue entre eux, où il pouvait être réellement lui-même et abandonner son masque. Il savait… qu'ils ne lui en voudraient pas si jamais il faisait une erreur, et prenaient le temps de lui expliquer si jamais c'était le cas, ainsi que ce qu'il était socialement accepté de dire ou faire selon les circonstances. Le brun reprit ensuite la parole, attirant leur attention et le sortant de ses pensées.
–Quoi qu'il en soit, Seph, tu devrais prendre une douche, maintenant. Parce que je pense que Caro ne va pas tarder à sentir ton odeur elle aussi. Et puis… c'est pas comme si j'allais sauter hors du lit dans l'immédiat, admit-il en regardant son corps, toujours relié aux équipements.
L'argenté soupçonnait sérieusement que la seule raison pour laquelle la masse musculaire de son cadet n'avait pas complètement fondue à cause de son immobilisation forcée était la Mako et/ou les cellules de Jenova qui lui avaient été injectées lors du traitement pour devenir SOLDAT. Il se rappelait vaguement avoir lu ça dans les notes laissées par Hojo à l'intérieur de cette bibliothèque/laboratoire sous le Manoir… et c'était l'un des rares souvenirs relativement clairs de cette semaine. Le reste… était incomplet, fragmentaire d'une façon particulière, certains morceaux presque atrocement nets… et le reste complètement flou.
Un mouvement contre lui attira son attention, le tirant de ses pensées, comme Caroline se relevait. Gentiment, elle le prit par la main pour qu'il se lève lui aussi, offrant un sourire doux à Zack.
–De toute façon, j'ai besoin d'une douche moi aussi, dit-elle doucement, se penchant sur lui pour l'embrasser sur le front. On revient aussi vite que possible, Zack.
Ce dernier lui sourit, levant la main pour caresser sa joue, peinant déjà moins pour faire ce simple geste.
–Prenez votre temps, assura-t-il doucement, malgré l'inquiétude que Sephiroth pouvait lire dans son regard. Je ne bougerais pas de toute façon.
Caroline renifla, roulant des yeux, posant la souris à côté de lui sur le matelas.
–Je doute sincèrement que Seph ait plus envie que moi de te quitter des yeux plus de cinq minutes s'il peut, Zack. Et moi non plus. Si jamais tu veux regarder quelque chose d'autre en attendant, fais-toi plaisir
Le faisant hocher la tête en réponse, le noiraud souriant avec un amusement attristé. Même si la tristesse reflua en voyant sa petite amie tirer son ex-supérieur derrière elle en direction de la salle de bain, le faisant glousser doucement.
Il n'y avait pas réellement réfléchit à l'époque, lorsqu'ils avaient commencé à coucher avec Sephiroth pour l'aider avec sa frustration, mais… ça avait subtilement changé les choses. Pas que ça le dérangeait, honnêtement. C'était juste qu'à l'époque… il n'avait pas vraiment réfléchit à ça. Les choses étaient juste ainsi. D'accord, Caro avait prit l'initiative, mais… il avait accepté. Il y avait une raison, après tout, pourquoi les SOLDATS restaient généralement dans la même Classe que la leur pour les relations sexuelles. Au final, ça se résumait à la quantité de Mako dans leurs corps. Les 3èmes Classes restaient entre eux, à moins qu'ils ne soient sur le point de passer 2ndes Classes. Et, parfois, ils se retrouvaient dans la même situation qu'eux, formant des relations qui étaient littéralement polyamoureuses, parce qu'ils ne pouvaient pas forcément rester seulement deux lorsque l'un grimpait trop dans les rangs, et finissait avec un niveau supérieur de Mako, contrairement à son compagnon. Tout le problème était qu'indépendamment du sexe, il fallait aussi que le troisième partenaire (parfois plus, même si c'était rare) s'entende avec les deux autres. Certains mettaient parfois plusieurs années avant de trouver la personne pouvant être complémentaire dans leur couple. Et ça demandait beaucoup de discussion de la part de chacun, voire parfois des concessions.
Bien sûr, il n'avait pas réalisé ça en un jour… ni quand ils étaient tous les trois. Zack avait lentement réalisé ça quand il était en fuite, seul avec un Cloud catatonique. Bien sûr, il avait babillé une bonne partie de la journée… mais la nuit, quand il n'arrivait pas à dormir, la présence de ses amants lui manquant… oui, il avait réfléchit à ça. Oui, il était intelligent, et il n'avait pas honte de reconnaître qu'il n'en faisait pas étalage. Si ses adversaires le sous-estimait parce qu'il était hyperactif et insouciant… hé bien, qui était-il pour les détromper, si c'était à son avantage ? Bien sûr, ce n'était pas quelque chose dont il avait parlé à ses parents. Pour autant qu'ils sachent… il était seulement en couple avec Caro. Pas avec Seph également. Sans compter qu'ils avaient vaguement l'espoir qu'ils leurs donneraient des petits-enfants… et Zack n'avait pas eut le cœur de les détromper. Il serait resté un 3ème Classe… peut-être, et encore, après plusieurs années d'essai et un traitement pour Caroline. Et le noiraud savait que sa petite amie n'avait pas vraiment envie d'avoir des enfants. Il n'avait jamais eut l'occasion, cependant, d'aborder le sujet avec elle. Le taux de naissance dans le SOLDAT, pour ceux qui arrivaient se marier, et surtout à rester mariés, était quasi-inexistant pour les 3èmes Classes, alors au-dessus ? Il n'y avait aucune chance. Aucun n'avait réussi à avoir des enfants dans les 2nds et 1ères Classes.
Un soupir lui échappa comme il s'installait plus confortablement contre les oreillers que Sephiroth avait placés dans son dos. Au moins, Caro avait eut la gentillesse de lui laisser l'ordinateur… même s'il était toujours sous le choc devant la puissance de la bête. La qualité du film qu'ils venaient de regarder… était ahurissante. Et l'idée qu'elle puisse faire tourner des jeux encore plus beaux que ce qu'ils avaient ici sans problème… le laissait franchement sans voix. Il espérait vraiment qu'elle leur ferait une démonstration en tout cas. Cliquant dans les dossiers, il regarda les titres avec curiosité, finissant par se décider sur une vidéo qui semblait relativement courte. Double-cliquant dessus pour la lancer comme elle l'avait fait, il regarda l'homme commencer à parler, s'éclairant en voyant qu'il comptait parler de jeux vidéos… et se mettant à rire très vite devant ses commentaires. La manière dont il démontait les jeux (à raison) était hilarante. Bien sûr, certains étaient clairement très vieux (et il prit note de demander à sa petite amie des précision là-dessus), mais ça restait à mourir de rire quand même.
oOo
Sephiroth regarda Caroline se déshabiller, mettant ses affaires au sale avant d'entrer dans la douche, l'imitant de son côté. Pourtant… le sexe était honnêtement la dernière chose lui passant par la tête à cet instant précis. Il n'avait pas honte de reconnaître qu'il l'observait, buvant son corps en un sens… mais il n'y avait pas réellement de désir pour le moment. Il venait seulement de la retrouver après l'avoir perdue, et voulait savourer leurs retrouvailles le plus longtemps possible. Et ô combien savoir à quel point il avait été proche de la perdre à jamais le terrifiait. Une déesse l'avait littéralement déposée dans ses mains… avant de lui arracher la seule personne à qui il avait offert son cœur, le tout sans le moindre avertissement. Et le fait de savoir qu'elle avait tout sacrifié pour les retrouver… une partie de lui était égoïstement heureuse, tandis que le reste se sentait coupable. Elle n'avait que peu parlé de sa famille, même après leur avoir avoué qu'elle venait d'un autre monde, mais il savait qu'elle s'entendait très bien avec son père… et n'avait plus parlé à sa mère depuis des années. Oui, lui avait-elle dit, la famille était à la fois quelque chose de merveilleux… tout comme elle pouvait abriter les pires horreurs. Et, parfois, aucun des deux parents n'était digne de respect.
Sephiroth… avait à la fois envie de lui en demander plus sur sa propre famille, si elle pouvait lui donner des réponses concernant les questions qu'il s'était toujours posé… et, en même temps, il avait peur de lui demander. De se voir confirmer ce qu'il se souvenait vaguement avoir lu dans le sous-sol du Manoir. L'idée que Hojo était son père… était horrible, pour être sincère. Et Jenova… qui avait-elle été ? Était-ce sa voix qui l'avait poussé à la folie ? Pourquoi ne l'entendait-il plus dans ce cas ? Qu'est-ce qui avait changé ?
L'argenté fut soudain tiré de ses ruminations par la main de Caroline sur sa joue, qui le regardait à la fois tendrement et avec inquiétude. Comme si elle devinait les sombres pensées qui agitaient son esprit.
–Le passé est le passé, Seph, dit-elle doucement. Tu ne peux plus le changer maintenant, alors essaie de ne pas trop y penser, d'accord ?
Il lui sourit faiblement, l'attirant doucement contre lui, fermant les yeux et enfouissant le nez dans ses cheveux. Il devait avouer… qu'il appréciait le fait qu'elle soit plus petite que lui. Elle-même avait plaisanté sur le sujet en disant qu'elle était de la taille parfaite pour les câlins. Même si elle n'aurait pas dit non à quelques centimètres de plus, pour ne pas avoir à utiliser une chaise quand elle voulait atteindre les étagères les plus hautes. Ça les avait fait rire quand elle avait dit ça, même s'ils avaient remarqués que ça ne les dérangeait pas de récupérer les choses pour elle. Un frisson lui parcourut le dos malgré lui en sentant sa main lui caresser le dos, et il laissa échapper un soupir de bien-être. Même s'il n'avait pas envie de sexe pour le moment… ces moments de simple intimité étaient agréables eux aussi.
–Comment est-ce que tu fais pour arriver à deviner ce que je pense ? Murmura-t-il doucement sans la lâcher.
Sephiroth la sentit hausser les épaules en réponse, passant la main dans ses cheveux.
–Je commence à bien te connaître ? Répondit-elle avec humour. Mais plus sérieusement… je peux deviner ce à quoi tu pense, après tout ce que tu as vécu. Et dès que Chuck pourra mettre la main sur Genesis… je pourrais tout vous raconter, à tous les trois.
Lentement, l'argenté desserra son étreinte, et la regarda longuement, sans pour autant la lâcher.
–Il est toujours vivant alors ? Demanda-t-il doucement. Vraiment ? Même après son dernier combat contre Zack ?
Caroline hocha la tête en réponse, se hissant sur la pointe des pieds pour venir l'embrasser, Sephiroth se penchant en retour pour lui permettre. C'était le seul point les ennuyant concernant leur différence de taille, le fait que ça l'obligeait à s'étirer pour l'embrasser, lui en particulier. Moins avec Zack, qui était une dizaine de centimètres plus petit que lui, mais un peu quand même. Malgré tout… il n'était pas contre le fait de se pencher un peu pour elle, bien au contraire. Il frissonna de nouveau en sentant leurs corps se frôler, mais toujours sans éveiller le désir chez lui. Il n'était juste… pas d'humeur, réalisait-il. Et sans Zack présent… ce n'était pas la même chose.
–Oui, répondit-elle doucement. Je ne sais pas exactement où il est… mais je sais que cette andouille pyromane est quelque part aux alentours de la ville. Est-ce que tu pense pouvoir attendre qu'il soit là pour que je vous explique tout ? Demanda-t-elle gentiment. Ou est-ce que tu veux que je te fasse un résumé avant ?
L'argenté pencha la tête sur le côté, réfléchissant brièvement, avant de secouer la tête.
–Je peux attendre un peu, dit-il en relâchant sa prise à contrecœur, la suivant jusque dans la douche. Comme le Lieutenant Nokia l'a dit hier soir… tu ne vas plus t'envoler, n'est-ce pas ? Demanda-t-il, incapable de dissimuler totalement son angoisse.
Caroline secoua la tête à son tour, commençant à faire couler l'eau. Les douches dans les appartements des SOLDATS pouvaient être comparées à des douches « à l'italienne », sans bac de douche, ce qui était honnêtement plus pratique, surtout qu'elles étaient en général largement assez grandes pour permettre à deux personnes bien musclées (comme la majorité des SOLDATS, justement), de se doucher en même temps. De ce fait, ils avaient largement assez de place pour se laver ensemble. Ça devenait plus étroit à trois, mais c'était encore possible. Et elle comprenait l'angoisse de Sephiroth. Elle ressentait la même chose… même si ça concernait plus le fait d'être kidnappée loin d'eux dans son cas.
–Non, dit-elle en commençant à se mouiller les cheveux. Après tout ce que j'ai sacrifié… je ne pense pas que la Déesse va s'amuser à me séparer de vous… surtout après ce qui s'est passé. Si j'avais été là… est-ce que tu m'aurais appelé, après avoir croisé Genesis ? Demanda-t-elle doucement, le regardant. Ou en trouvant les papiers laissés par Hojo ?
Sephiroth soupesa la question, l'imitant distraitement. Est-ce qu'il l'aurait appelée ? En aurait-il été capable ? Il savait très bien qu'elle détestait Hojo, en plus de le craindre. La jeune femme n'en avait fait aucun mystère. Alors aurait-elle pu l'aider ? Un soupir lui échappa.
–Je pense… que oui. Tu n'as jamais fait un grand mystère… de ton opinion de Hojo. Ni du fait que tu avais quelques bases en sciences, même si tu n'aurais sans doute pas compris la totalité du jargon scientifique, admit-il. Et même si je ne t'aurais pas appelée… Zack l'aurait fait.
Caroline hocha la tête, ses épaules se détendant avec soulagement en l'entendant. Ça la rassurait un peu de savoir ça, ça voulait dire qu'il avait plus confiance en elle qu'en Hojo… même si ça n'était pas bien compliqué sur ce point. Elle refusait de se sentir coupable, sachant que ce n'était pas sa faute si elle n'avait pas été là pour le soutenir. Mais savoir qu'il l'aurait appelée pour lui demander son avis… la réconfortait. Elle fut tirée de ses pensées par la voix amusée de Sephiroth, lui faisant lever les yeux… avant de rougir malgré elle.
–Electric Shine ? Vraiment ? Dit-il en la regardant, un sourire aux lèvres, levant la bouteille de shampooing en question.
Elle haussa les épaules, un peu gênée, comme son compagnon commençait à lui appliquer le shampooing sur les cheveux.
–Chuck… a eut la gentillesse de m'acheter ce shampooing, prenant les parfums que toi et Zack préfériez, admit-elle doucement. Vous me manquiez tellement… que chaque petit bout, comme ceux-là, aidait. Même si ta crinière est honnêtement digne des pubs L'Oréal, murmura-t-elle en se détournant pour lui faciliter la tâche.
–L'Oréal ? Demanda l'argenté, commençant à lui laver les cheveux.
La jeune femme se détendit rapidement, savourant les gestes familiers qui lui avaient tant manqué.
–Une marque de shampooing assez célèbre chez moi… même si la majorité des personnes dans les pubs étaient des femmes. Il n'était pas socialement accepté que les hommes laissent autant pousser leurs cheveux, ajouta-t-elle avec un certain agacement. Le plus long acceptablement socialement était au niveau des omoplates. Et encore. Certains n'hésitaient pas à dire que les cheveux longs faisaient gay.
Sephiroth renifla en entendant ça.
–L'homophobie semble bien ancrée, quelque soit la situation. Il n'y a guère que dans le SOLDAT que ce ne soit guère le cas, et je pense que c'est uniquement à cause de la Mako.
Caroline renifla avec ironie en fermant les yeux, penchant légèrement la tête dans sa direction. Elle aimait le sentir lui laver les cheveux, sa délicatesse lors de ces moments formant un contraste presque frappant avec la force dont il pouvait faire preuve. Elle n'avait jamais regretté de lui accorder sa confiance, bien au contraire. Avec elle… il avait toujours été doux et tendre, malgré ses hésitations.
–Avec vos besoins concernant le sexe, ça serait difficile de rester homophobe bien longtemps, remarqua-t-elle. Et puis franchement, de ce que j'ai vu, la plupart des SOLDATS ont un corps digne des pubs Old Spices, pouffa-t-elle sans pouvoir s'en empêcher.
–Old Spices ? Demanda Sephiroth avec amusement, massant gentiment son cuir chevelu et la faisait soupirer de plaisir.
–De ce que je sais… c'est une compagnie qui fait des soins pour le corps, déodorants, anti-transpirants et tout ce qui est soin de la barbe, pour les hommes, gloussa-t-elle. J'ai quelques vidéos de ces pubs sur mon ordinateur… et le moins qu'on puisse dire, c'est que certaines sont vraiment très… spéciales, ricana Caroline. Ça se voit que les américains sont aussi spéciaux que les japonais pour ça.
–Américains ? Japonais ? Questionna Sephiroth avec curiosité, descendant le long de ses cheveux.
–Ce sont deux pays… enfin, plus exactement, un continent et une île principale avec quelques petites îles autour dans le second cas, un peu comme Wutaï, expliqua Caroline. La culture du Japon ressemble un peu à celle de Wutaï, d'ailleurs. Après… l'Asie, où se trouve le Japon, comporte des dizaines de cultures et sous-cultures, et c'est vraiment quelque chose de compliqué.
–Et tu n'es pas ethnologue, renifla l'argenté avec amusement, finissant sa tâche.
–Loin de là, répondit la jeune femme avec un petit rire. Je connais un peu la culture japonaise, parce qu'elle me fascinait énormément, et que j'adorais ce qu'ils produisaient, mais pas si bien que ça. Par contre, pourquoi est-ce qu'il faut que tu sois si grand ? Demanda-t-elle, boudant légèrement.
Sephiroth ne put s'empêcher de rire en la voyant faire, surtout qu'elle s'était emparée de la bouteille de shampooing à son tour, le contemplant en faisant légèrement la moue. Le changement de sujet était assez brutal, mais il avait prit l'habitude avec Caroline, la jeune femme pouvant passer d'un sujet à l'autre sans avertissement par moments, suivant son train de pensées ou ce qu'ils faisaient. Ça demandait presque de lire dans ses pensées pour ça, mais après presque trois ans à la côtoyer… il arrivait généralement à suivre. Il lui arrivait de devoir demander des précisions sur ce dont elle parlait, mais 90 % du temps, l'argenté arrivait à reprendre le fil tout seul. Il se pencha pour l'embrasser gentiment, lui souriant tendrement.
–Parce que c'est la taille parfaite pour te tenir contre moi pour un câlin, répondit-il avec amusement, la faisant glousser. Donne-moi juste un instant pour arranger ça… ajouta-t-il en tournant la tête, cherchant un tabouret.
Heureusement, même si Chuck ne s'était pas servit de cette salle de bains depuis très longtemps, jusqu'à l'arrivée de Caroline, puis Zack, il n'avait jamais touché au mobilier. De ce fait, Sephiroth trouva rapidement ce qu'il cherchait, et s'assit, Caroline s'emparant doucement de ses cheveux pour l'aider à éviter de les coincer sous lui. L'argenté se mit rapidement à ronronner de plaisir en la sentant laver ses cheveux, fondant de plaisir comme elle lui massait délicatement le cuir chevelu, complètement détendu. Même s'il ne se souvenait pas clairement de ce qu'il s'était passé dans la Rivière de la Vie… il savait que ces gestes lui avaient manqués. Une tension qu'il n'avait pas remarquée en se réveillant glissait littéralement de ses épaules, et il devait lutter contre l'envie de se laisser totalement aller contre elle pour l'instant. Même s'il se sentait enfin en paix depuis qu'il l'avait retrouvée… ses instincts restaient encore sur leurs gardes pour le moment.
Il prêta à peine attention au fait qu'elle rassemblait ses cheveux pour les laver, les couvrant soigneusement de mousse, jusqu'au moment où il sentit ses doigts s'attarder sur son épaule droite, le faisant frissonner de surprise et de confusion mêlées. Sephiroth la sentit vaguement s'immobiliser, murmurant « qu'est-ce que c'est ? » avec confusion, ses doigts… suivant le tracé de quelque chose sur son épaule ? Se demanda-t-il, désorienté. La sensation était à la fois surprenante… et extrêmement agréable, causant un picotement jusque sous la peau, sous son omoplate plus exactement, plus profondément et plus largement que ce que ça aurait dû… le plaisir lui tirant un son étrange malgré lui, une espèce de… trille doux, très bas, depuis sa poitrine.
–Seph ? Est-ce que ça chatouille ? Demanda Caroline doucement, sonnant à la fois confuse, curieuse et légèrement inquiète.
Il mit quelques secondes avant de pouvoir répondre, hésitant.
–Je… ne crois pas ? Répondit-il avec hésitation. C'est juste… sensible ? Agréablement sensible ? Ajouta-t-il, confus.
Il frissonna en la sentant continuer à tracer quelque chose sur son épaule, toutes sortes de sensations se bousculant en lui, l'empêchant d'en isoler une en particulier, en dehors du fait que c'était… agréable. Sephiroth pouvait plus ou moins visualiser le parcours de ses doigts, ceux-ci dessinant une forme en croissant de lune, à peu près de la taille de sa main, peut-être un peu plus longue, et assez fine. Finalement, elle reprit la parole, ses doigts s'immobilisant, le faisant presque geindre de dépit, sa voix douce.
–Est-ce que tu te souviens de comment tu as eut cette cicatrice, Seph ?
Une partie de lui voulait juste lui dire qu'il était impossible qu'il ait des cicatrices. Avec ses capacités de guérisons… il n'avait quasiment aucune cicatrice, et certainement pas qui soient assez visibles pour qu'elle les voit. Et puis il hésita comme un souvenir remontait à la surface. Sephiroth… était à peu près certain qu'il s'agissait d'un événement très récent… cinq ou six jours tout au plus… pourtant, il était extrêmement brumeux, à peine compréhensible.
Ce dont il se souvenait le mieux… c'était la douleur atroce qui lui parcourait tout le corps. Une douleur… qu'il connaissait bien, étant celle de la Mako, dans laquelle Hojo le submergeait complètement quand il était plus jeune, ne le faisant plus que rarement lors des… dernières années avant sa mort. Il se rappelait avoir fait quelques pas hésitants, son corps répondant difficilement, avant que la douleur ne continue à monter dans son épaule droite… juste à l'emplacement où se trouvait la main de la jeune femme. Pendant plusieurs longues minutes, il avait été incapable de bouger, malgré la voix dans son esprit qui lui sifflait de se relever, qu'il avait à faire, mais la douleur trop forte pour qu'il puisse bouger. Il était même tombé à genoux lorsque celle-ci avait atteint un pic soudain, lui donnant l'impression que quelque chose essayait de s'extraire de son corps. La sensation que quelque chose… déchirait son dos avait été horrible, et il se rappelait vaguement avoir hurlé de douleur. Pourtant, avec tout ce que Hojo lui avait fait subir quand il était enfant… pratiquement rien n'en était capable. Même les fractures le distrayaient à peine. Sephiroth se rappelait avoir senti quelque chose bouger lorsque la douleur avait commencé à se calmer, la sensation proche de celle qu'il ressentait en bougeant un bras ou une jambe. Il en avait conscience, oui, mais il n'avait pas besoin de se concentrer spécifiquement dessus pour le faire bouger.
L'argenté ignorait combien de temps il était resté à genoux, incapable de se remettre sur ses pieds, mais ça lui avait parut à la fois durer une éternité… et quelques minutes à peine. La douleur avait lentement reflué de son corps, même si son épaule avait continué à le faire souffrir encore un long moment, et il se rappelait avoir… rétracté ? le nouveau membre qui avait fait son apparition à l'intérieur de son corps, ravivant brièvement la douleur. Une partie de lui lui soufflait qu'il n'aurait pas dû faire ça, mais la voix qui lui ordonnait avait été la plus forte. Sephiroth… ne savait pas exactement combien de temps s'était écoulé en tout. Quatre jours ? Cinq ? Six ? Plus ? Il aurait été incapable de le dire. Ou de savoir comment il s'était nourri pendant ce temps.
La fin du souvenir était à peine plus claire, une sensation… de se désassembler et de se réassembler quelques secondes plus tard, suivant un appel insistant, deux voix résonnant en lui. L'une était celle qu'il entendait depuis Nibelheim… et l'autre celle d'un jeune garçon. Il se rappelait vaguement de son visage… mais surtout de sa crinière. Encore un peu enfantin sur les bords, avec des cheveux blonds en bataille lui rappelant fortement Zack, lui faisant se demander s'ils n'étaient pas apparentés. Il y avait aussi… un mélange de haine et de culpabilité dans ses émotions, dirigées contre lui, qu'il n'était pas certain d'arriver à comprendre.
La main de Caroline sur sa joue, cependant, le fit tressaillir, le tirant de ses pensées, et il rouvrit les yeux, confus, ne se rappelant pas les avoir fermés. Le regard de la jeune femme était doux, sans aucun signe de rejet ou de dégoût. Tout ce qu'il lisait dans son regard… c'était de l'acceptation et de l'inquiétude. Elle s'était légèrement baissée pour être à sa hauteur, le fixant sans aucune peur.
–Est-ce que tu veux en parler ? Demanda-t-elle doucement, caressant sa joue.
L'argenté hésita longuement, avant de secouer la tête, la gorge serrée.
–Non, avoua-t-il à mi-voix. Pas pour le moment. Tout ce que je peux dire… c'est que ça a… un rapport avec ce que Hojo m'a fait subir.
–Ce ne sont pas les circonstances de la naissance qui importent, dit doucement sa compagne en réponse, mais ce que l'on fait du don de la vie qui détermine qui l'on est vraiment.
Sephiroth la regarda en clignant des yeux, étonné. Ses mots… lui donnaient l'impression d'être une citation… mais c'était la première fois qu'il l'entendait. Et les phrases… le touchaient au plus profond de lui.
–Pourtant… commença-t-il, avant de se taire comme Caroline secouait doucement la tête.
–Tu n'es pas quelqu'un de mauvais au fond de toi, dit-elle gentiment. Tu me l'as montré avec tes actions. Ici, ajouta-t-elle, en touchant son cœur, tu es quelqu'un de bien. Est-ce que tu as fait des erreurs ? Bien sûr. Ce qui s'est passé à Nibelheim… ressemble beaucoup au résultat d'un burn-out. Dans ton état normal… tu n'aurais jamais fait ça. Je pense que je te connais assez pour l'affirmer, non ?
L'argenté ne put qu'acquiescer en réponse.
–Cette citation… d'où la sors-tu ? Demanda-t-il avec curiosité.
–D'un film où le personnage… a une histoire assez similaire à la tienne, admit-elle, ses yeux bleus-gris ne quittant pas son regard félin. Si tu veux le voir un de ces jours… je l'ai emporté avec moi, confirma-t-elle, un léger sourire affectueux aux lèvres.
Sephiroth ne put s'empêcher de lui sourire faiblement en réponse.
–Comment puis-je mériter quelqu'un comme toi ? Demanda-t-il doucement, appuyant son front contre le sien, fermant les yeux.
–Après tout ce que tu as souffert durant ta vie ? Questionna gentiment Caroline en réponse, caressant sa joue. Tu as le droit au bonheur, Seph, comme n'importe qui d'autre. Maintenant, finissons de nous laver, ordonna-t-elle avec tendresse. Zack nous attends… et on a mit assez de temps comme ça.
L'argenté ne put s'empêcher de rire doucement, acquiesçant aisément. Il devait admettre que maintenant qu'elle avait attiré son attention là-dessus… il voulait retrouver le brun aussi rapidement que possible. Par chance, Caroline avait fini de lui laver les cheveux avant qu'il ne soit distrait, et se laver le corps ne prenait pas autant de temps. Ce qui ne les empêcha pas de se frotter mutuellement le dos au passage, savourant les gestes familiers et intimes. L'ex-général pouvait presque sentir le désir de la jeune femme qu'il s'occupe d'elle… et pouvait parfaitement le comprendre. Elle avait été séparée d'eux pendant cinq ans, terrifiée à l'idée que Hojo parviendrait à la kidnapper pour la torturer… surtout en sachant que Zack était entre ses mains et lui mort.
Après qu'ils se soient mutuellement aidés à se sécher les cheveux, ils sortirent de la salle de bains… pour tomber sur un Zack mort de rire sur son lit, les larmes coulant sur ses joues et les flancs douloureux. Sephiroth ne put s'empêcher de sourire avec amusement en voyant ça, heureux de constater que le brun pouvait encore rire… même s'il était clair qu'il était à bout de souffle.
–Tu t'amuse bien ? Demanda-t-il avec amusement, souriant comme le noiraud opinait, incapable de parler. Qu'est-ce qui te fait autant rire ? Ajouta-t-il en s'approchant, curieux.
Zack essaya de reprendre son sérieux, sans pour autant y arriver, aussi, se résolut-il à pointer l'écran de l'ordinateur, relançant la vidéo au passage qui le faisait autant rire. L'argenté ne put s'empêcher de ricaner en voyant celle-ci. L'IA des reptiles était clairement mal codée, et ne parlons même des graphismes… autant sur le… personnage (?) que sur le jeu. Et les commentaires de la personne dans la vidéo… étaient également hilarants. Il comprenait mieux pourquoi son cadet était tellement mort de rire. Un gloussement féminin à côté de lui attira son attention sur Caroline, qui sourit avec amusement au brun, tendant un pantalon de survêtement à Sephiroth, lui faisant hausser un sourcil, celui-ci appartenant clairement à Zack. La question silencieuse dans ses yeux la fit sourire avec un certain amusement gêné.
–Chuck… est allé récupéré des affaires à Zack dans notre appartement quand il l'a secourut, expliqua-t-elle doucement. Même si c'était assez risqué. Alors il a juste prit quelques affaires à Zack… même s'il n'allait pas mettre des caleçons dans l'immédiat, gloussa-t-elle. Mais il lui a quand même prit quelques pantalons au passage… et vu que le tien est à laver, tu ne vas pas non plus te promener les fesses à l'air, pas vrai ?
Sephiroth ne put retenir le frisson lui parcourant le dos à ça. Il se rappelait encore de cette fois, quand il était un 3ème Classe, et que d'autres de sa classe avaient décidés de courir nus dans les baraquements à cause d'un défi. Bien sûr, il avait refusé, ayant mieux à faire, mais tout le monde avait entendu Chuck leur rugir dessus, et les couinements terrifiés des idiots. Ceux-ci avaient en plus été surpris juste en-dehors de ses quartiers, et il avait bien cru que son cœur allait s'arrêter de battre quand le rugissement avait résonné si près. Plus personne n'avait osé tenter ce genre de défi stupides, et rien que le souvenir était suffisant pour qu'il s'empare sans hésiter du pantalon, l'enfilant. Caroline ne lui avait pas sorti de caleçon, mais elle savait qu'il n'appréciait pas ce sous-vêtement, préférant les boxers. Il enfila le t-shirt, remarquant avec un certain amusement la manière dont Zack le regardait avec envie, visiblement désappointé par son état de faiblesse. Même si Sephiroth pouvait compatir. Il se rappelait à quel point il avait été frustré au début de l'année de sa… première mort, pouvait-on dire, et il se doutait que le pauvre garçon, qui n'avait pas été habitué à la frustration sexuelle, devait être presque à bout, psychologiquement, après quatre ans entre les mains d'Hojo… et une année de plus en fuite.
L'argenté… attendrait que House déclare Zack complètement remit… mais il ne doutait pas que le brun aurait largement assez de frustration accumulée pour que la nuit soit… mémorable. Pour lui comme pour Caroline. Laquelle gloussa en direction de Zack, attirant son attention.
–Bien sûr que j'ai les films, Zack, assura-t-elle. La première trilogie est plutôt pas mal, même si je ne la qualifierais pas de « meilleur film de tous les temps », personnellement, mais pour l'époque, elle était plutôt à jour, concernant les dinosaures. Les producteurs avaient vraiment compilés les dernière informations disponibles sur eux, voulant être aussi « réalistes » que possible, ajouta la jeune femme, mimant des guillemets tout en fouillant un sac. La suite est meilleure à tous points de vues, je trouve, car les premiers films datent d'il y a… oh, presque 30 ans de ça ? Dit-elle pensivement, revenant vers eux avec un disque dur externe en main.
Zack siffla doucement, ayant reprit son sérieux.
–Tant que ça ?
–Hé bien… ils étaient sortis environ 27 ans avant que je me retrouve sur Gaïa, expliqua Caroline en souriant. Je devait avoir… quoi, huit ans il me semble ? Murmura-t-elle pensivement. Ils sont sortis en '93, et je suis née en '86… houlà, ça me rajeunis pas, renifla-t-elle.
–C'était quelle année chez toi ? Demanda gentiment Zack, visiblement curieux.
–2020, répondit Caroline, lui offrant un sourire tout en branchant le disque dur à son ordinateur. Tu me repasse la souris, Zack ? J'en ai besoin là, tu ne sais pas comment j'organise mes dossiers.
Le brun s'exécuta en riant doucement.
–Toi ? Organiser quelque chose ? Plaisanta-t-il. Vraiment ?
Sephiroth ricana doucement au spectacle, surtout quand la jeune femme lui donna une tape sur le bras, pouffant elle-même.
–C'est l'hôpital qui se moque de la charité, Zack. Et oui, j'organise mes dossiers informatiques. Tu n'as pas idée du nombre de films que j'ai, dit-elle en roulant des yeux, cliquant dans le dossier qui venait d'apparaître. Dans ce disque dur, il n'y a que des films.
L'argenté siffla doucement.
–Tu veux dire que tu en as d'autres ? Demanda-t-il avec fascination, la regardant naviguer dans les dossiers avec aisance.
–Un pour les sauvegardes de mes données… notamment tous les livres, bandes dessinées et musiques, un autre pour les séries télévisées, et encore un autre pour tout ce qui est séries d'animations japonaises, ce qui est un sujet pour un autre jour, et oui, Zack je t'expliquerais, dit-elle en lui jetant un regard d'affection exaspérée, le brun souriant en réponse, et deux rien que pour ce qu'on appelle des Let's Play de jeux qui m'intéressent ou auxquels je joue.
–Let's Play ? Questionna Zack.
–C'est un peu ce qu'il faisait dans la vidéo, expliqua Caroline, lançant finalement le film, mais c'est une série de vidéos montrant la totalité du jeu en question, avec le joueur faisant un commentaire en même temps, du début jusqu'à la fin. Je te montrerais ça quand on aura du temps, dit-elle fermement comme Sephiroth s'installait contre elle pour regarder le film.
Pour l'instant, le début était assez confus, trouvait l'argenté… même s'il ne put s'empêcher de secouer la tête devant la scène qui montrait clairement la mort d'un employé. Ils n'avaient même pas verrouillé la cage en place pour s'assurer qu'elle ne bougerait pas. Réalisant ce qu'il pensait, Sephiroth s'obligea à arrêter. Il était supposé apprécier le film, pas penser comme un général. Et ce n'était pas comme si c'était possible de ramener à la vie des créatures apparemment éteintes depuis des millions d'années, se dit-il distraitement, se plongeant dans le film.
.
.
À suivre…
.
.
Est-ce que j'ai fait regarder un classique à Seph et Zack ? Bien sûr ^^
J'aime beaucoup Jurassic Park, parce que c'est un des films de mon enfance (même s'il a assez mal vieillit sur à peu près tous les points XD). Et oui, pour l'époque, ils étaient à la pointe de la technologie, tout comme les informations paléontologiques. Par contre, la plupart des jeux adaptés à partir du film sont à chier XD. Désolée les gars, même en prenant en compte les consoles de l'époque y avait moyen de faire mieux.
