E comme Escorte
Tous les jours, des élèves se pointaient à la salle des professeurs.
Tous les jours, de jeunes lycéens s'y pointaient durant la récrée ou durant la pause déjeuner.
Tous les saints putains de jours, elle se retrouvait à devoir manger avec lui. Comme si se le coltiner à la baraque ne lui suffisait pas.
« Tu manges pas ? »
Elle l'ignora superbement, tandis que quelqu'un toqua à la porte de la salle.
« Entrez », grogna-t-elle, sachant pertinemment qu'elle verra un jeune homme entrer. Cela la rendait irritable à la mort.
Tout ce qu'elle voulait c'était profiter de ses pauses en paix, sans avoir personne sur son dos, à la suivre comme si elle avait besoin d'un garde du corps.
« Bonjour madame.
- Mon jour n'est pas aussi bon, vois-tu. »
L'élève baissa les yeux.
« Je voulais juste...euh...avoir un peu plus de précisions concernant le devoir que vous...nous avez donné. »
Elle souffla, sachant pourquoi le jeune garçon se retrouvait aussi apeuré.
Sa main tapota le torse de l'homme, mangeant à côté d'elle.
« Pourriez-vous, s'il-vous-plaît, arrêter de dévisager ce pauvre gosse bon sang ?! »
En réponse, l'homme grogna et rajouta :
« Ces satanés gamins ne sont pas des hommes et ils se prennent pour tel pour tes...aïe !...Vos beaux yeux.
- Si vous pouvez juste éviter de spéculer de telles inepties.
- Hein ? Ever tes mots sont trop...aïe ! Mais arrête ! »
Ladite Ever soupira et détourna son attention de l'homme vers le lycéen.
« Quelles types de précisions ?
- L'exercice 5 et 7 sont un peu trop vagues. »
Elle posa son panier repas et s'occupa alors de l'élève sous le regard surveillant de l'homme. Comment tout ça avait commencé déjà ? Parce qu'elle n'en pouvait plus de le savoir assurer ses arrières, lui donner un de ses énormes manteaux pour « cacher ses fesses » ou encore d'autres connerie de ce genre.
Ah oui, c'était un soir comme un autre, où elle avait passé une journée des plus épuisante. Elle avait juste retiré son manteau et s'était allongée négligemment sur le canapé. Il s'était approché d'elle, la surplombant de manière fascinante. Elle lorgna deux secondes sur le corps de l'homme avant d'entendre le timbre de sa voix grave et rauque :
« Franchement c'est pas juste. »
Un énième soupir.
« Quoi encore ?
- Natsu il a bien le droit d'appeler Lucy par son prénom et même par son surnom. Et toi tu ne veux rien de ça.
- Mes élèves n'ont pas besoin de savoir que nous sommes proches.
- Ouais non évitez s'il-vous-plaît. »
Un jeune garçon aux yeux bleus se posa nonchalamment sur le canapé et dévisagea les deux adultes.
« Déjà qu'à l'école je suis « le fils de Monsieur Strauss », j'ai pas envie qu'on m'associe à toi m'man, sans offense.
- Je n'y vois pas d'offense. Bien au contraire, je te comprends.
- Non. Mes potes ne savent pas que t'es ma mère et ils sont...erk.
- Ils sont ? »
Allen regarda son père qui fronçait des sourcils. Ah.
« Bah ils trouvent m'man...jolie.
- Dis les bons termes. »
Tous les yeux se tournaient vers la nouvelle arrivante qui s'allongea sur le canapé, la tête entre les jambes de sa mère qui instantanément caressa les cheveux blancs de la jeune fille.
« Ils la trouvent bonne et fort baisable. »
Elle arrêta tout mouvement et regarda soudainement son mari qui s'était figé.
« Bonne ?, répéta la mère pensive. Il est vrai que j'ai gardé mon corps de jeune adulte, c'est assez satisfaisant, se complimenta la mère de famille en riant.
- Tu ne vas rien dire ? C'est pas digne d'un…
- Elfman, le coupa-t-elle. Ce ne sont que des gosses, on s'en fout.
- Ouais bah j'avais pratiquement leur âge quand on a eut Allen et Ellen.
- Tu avais vingt ans, ils en ont quatorze.
- Et alors ? »
Elle l'ignora regardant sa fille qui souriait lorsqu'elle reprit de caresser ses cheveux.
« Je resterais auprès de toi.
- J'ai pas besoin d'une escorte, triple idiot.
- Ever…
- Non.
- M'man, tu devrais peut-être…
- Non. »
Les deux hommes se regardèrent. Ils se comprirent alors.
C'est ainsi, qu'à chaque fois qu'elle se retrouvait au sein du lycée, elle pouvait sentir le regard désapprobateur de son fils et de son mari à chaque fois qu'un élève s'approchait d'elle.
Elle soufllait longuement à cette constatation et pouvait remarquer que les élèves qui venaient lui demander plus de précisions, prenaient cette exaspération pour eux.
Vraiment quelle plaie.
Bonsoir bonsoir !
Eh bien non, je ne vous ai pas oublié ! (en réalité je pensais avoir posté les deux chapitres suivants sauf que...ça n'était pas le cas ahah...)
Oh, je pense que vous avez remarqué que j'aimais beaucoup trop notre autoproclamée Reine des Fées. C'est un peu un Evergreen stan account ahah.
Bon en tout cas, merci de m'avoir lue, j'espère que ça vous aura plu !
Sur ce à -très- bientôt !
