Une nouveauté pour moi ce fandom, mais que voulez-vous, le nouveau report de la date de sortie du derniers James Bond me frustre alors je m'en accommode comme je peux. Ce texte a été écrit dans le cadre de la nuit du FoF : une heure, un thème, et ça durant toute la nuit. Le thème ici est Désir. James Bond est donc parfaitement dans son élément ici.
Bonne lecture à toustes.
-Bond, James Bond.
Une main fine et féminine accepta la main tendue de son interlocuteur qui porta doucement cette tendre main vers son visage pour un baise-main délicat. Le petit sourire et ses yeux d'un bleu glacial qui semblait pouvoir tout brûler sur son chemin firent le reste. Un léger rougissement orna les joues de la jeune femme qui répondit par un sourire déjà conquis.
« Bond à quoi jouez-vous ? Pas le temps pour ça, ce n'est pas elle qui pourra vous renseigner. Arrêtez donc votre éternelle numéro de charme. »
La voix du quatermaster, légèrement traînante sonna à l'oreille de 007, un peu désespéré comme lorsque l'espion revenait encore une fois de mission sans son équipement. Q sermonne tout en sachant que rien ne fera changer l'agent double zéro.
James eut un nouveau sourire, pas charmeur, plus spontané et moins calculateur qui fit frémir la jeune femme en face de lui. Q avait raison, jamais il n'arrêterait son ''éternelle numéro de charme'' comme le décrivait à juste titre le quatermaster. Cela devenait une habitude, quel que soit le lieu il fallait bien le dire, au grand désespoir de Q. L'entrée de l'espion ne passait jamais inaperçu et James se plaisait pour en profiter pour laisser traîner son regard. Croiser les regards, comprendre les attentions. Il était devenu au fil du temps particulièrement bon à ce petit jeu et se plaisait parfois à faire quelques paris avec Q lorsque la mission le permettait. Le gosse était étonnement doué mais il lui manquait un peu d'expérience et était trop prosaïque. Le gamin l'avait d'ailleurs traité de grand romantique, une première qui avait fait rire de bon cœur l'agent double zéro.
Le regard qui lui faisait face n'avait aucun mystère, que cela soit pour lui ou pour son jeune quatermaster. Un regard brulant d'un désir brut, à peine caché ne laissant pas de place au doute. C'était un regard dont James avait l'habitude, il était réaliste et savait le plus souvent l'effet qu'il produisait sur la gente féminine et aussi parfois masculine.
Parfois un regard de jugement dédaigneux, haineux aussi, de la curiosité en premier puis qui se transforme en intérêt plus ou moins prononcé le plus souvent et parfois sa silhouette est simplement effacée de l'esprit. Bond aime voir ces regards changer, prendre leur parti.
La haine réveille ses habitudes d'espion qui tente alors de décrypter les raisons : ennemie de Sa Majestée ? Jalousie ? Enervement quelconque ? Il est amusant de constater qu'un regard se voulant amical entraîne le même acheminement de pensées chez l'espion.
Des centaines de regards, des centaines de sentiments et d'interprétations différentes. James s'amusait à en deviner la signification avec Q pour une partie, l'autre il trouvait encore plus divertissant de laisser son imagination. Cela le calmait, le détendait avant de devoir se reconcentrer sur sa mission.
Et il appréciait aussi de plus en plus les petits échanges et les paris avec Q.
Mais certains regards ne laissent pas placer l'imagination, ni les paris. Ce désir, plus ou moins intéressé, pas toujours sain mais toujours difficile à cacher, et impossible à dissimuler aux yeux d'un espion entrainé. James aimait bien ces regards. Si simple de savoir quoi répondre, quoi faire et c'est un regard plaisant. Pour son orgueil d'abord, puis pour cet échange entre deux corps. Des mouvements répétés un nombre de fois qu'il ne saurait dire mais qui trouvent toujours leur résultat final dans le plaisir. Après tout si il n'y avait plus d'attrait il ne répondrait pas au regard doux de la rouquine en face de lui ?
« Bond ! Christ, s'il-vous-plait, arrêtez tout de suite, vous avez du travail ! Finissez donc enfin cette mission. »
Bond finit par s'éloigner de ce regard plein de désir et se dirigea vers la table du banquet pour prendre un verre de whiskey. Profitant du mouvement du verre, Bond répondit à Q :
-Allons bon, Q, je vous manque déjà ?
« Un repos amplement mérité me fait de l'œil, j'en suis privé tant que vous ne daignez pas finir cette fichue mission car personne à part moi n'arrive à travailler avec vous sans vous raccrocher au nez. Vous êtes impossible Bond. »
Bond ne put s'empêcher un petit sourire arrogant et continua sur sa lancée :
-Que voulez-vous, j'ai fini par vous adopter. Je ne veux travailler qu'avec vous, rajouta Bond avec une voix joueuse.
Il entendit distinctement le quatermaster soupirer lourdement et l'imagina presque se masser les sinus, son éternelle tasse de thé fumant devant lui. Il le faisait toujours rire ce gosse.
-Si vous voulez que cette mission se termine plus rapidement, je suis certain que vous connaissez les mots magiques pour me motiver, lâcha James Bond alors qu'il se dirigeait de façon évidente vers une jolie blonde portant le même regard de désir que la précédente, presque à l'opposé de sa cible. Le silence qui suivit permit presque à 007 d'atteindre ce nouveau regard avant que la voix du quatermaster ne le coupe :
« Vous désirez à ce point ce stylo explosif ? »
La voix excessivement lasse de Q fit presque rire James qui fit une légère mais discrète embardée, lui permettant de se diriger (enfin) vers sa cible.
-Mon côté vieux jeu il faut croire.
« Si vous avez la décence d'enfin ramener votre matériel dans un état convenable, peut-être, peut-être ai-je bien dit, je réfléchirai au retour de certains accessoires sur l'Aston Martin qui vous rappelleront votre prime jeunesse. »
Un petit bruit d'assentiment signa le pacte. 007 se dirigea alors d'un pas sûr vers sa cible alors que la voix de Q à l'autre bout du monde reprenait son sérieux, lui donnant les options de sortie, de sécurité mise en place, ces informations dont il s'était passé durant des années et dont il reconnaissait leur force maintenant.
Des pas sûrs vers ce moment d'adrénaline pur, permettant de protéger ce pays qui l'empêche de rejoindre le pays des morts, le poussant à toujours retourner vers le MI6 qui lui a tout pris mais qui, après tout, est tout ce qu'il désire.
