Je n'en finirai jamais avec cette série, j'adore bien trop m'y replonger régulièrement. Cette fois-ci je me concentre sur un de mes personnages préférés qui est je trouve parfois injustement maltraité, Mycroft ! Et sa relation plus que compliquée avec Sherlock.
Ce texte a été écrit dans le cadre la nuit FoF, une heure pour un thème durant toute la nuit. Le thème ici est jeunesse.
Bonne lecture à toustes.
-Mycroft que me vaut le déplaisir de ta présence ? Il est pourtant l'heure de tes saints petits gâteaux qui sont la cause de ton enrobement prématuré.
-Voyons Sherlcok, je ne suis là que pour avoir quelques nouvelles de mon cher petit frère.
Le regard de Sherlock était glacial et il ne daigna pas se lever du canapé dans lequel il était allongé de tout son long. De l'autre côte du salon, John ne leva pas les yeux de son journal. Il avait salué Mycroft lorsque celui-ci était arrivé mais savait de guerre lasse qu'il ne servait à rien de tenter d'interférer dans la conversation entre les deux frères. Pas qu'il ne le désirait d'ailleurs, les relations entre frères Holmes étaient bien trop obscures et étranges.
-Docteur Watson, serait-il possible d'avoir une tasse de thé ? Je souhaiterai m'entretenir de certaines choses avec mon frère.
Le grognement énervé de son frère et le léger soupire que laissa échapper le docteur lorsqu'il se dirigea vers la cuisine ne laissèrent pas planer le doute sur ce que les deux colocataires pensaient de la présence de Mycroft dans leur salon. Qu'importe, Mycroft avait l'habitude bien qu'il se souvenait avec une certaine mélancholie des premières années de Sherlock lorsque celui-ci, simple enfant bien que plus intelligent que la moyenne, courrait après son grand frère pour jouer aux pirates.
Une époque qui lui paraissait si lointaine qu'il arrivait presque à douter de son existence.
-Père et mère demandent de tes nouvelles, quand es-tu allé les voir pour la dernière fois ? reprit Mycroft après que John lui tendit une tasse contenant le sacro-saint thé anglais.
-Peuh, je suis certain que par toi ils ont toutes les nouvelles nécessaires, répondit Sherlock avec un dédain certain.
-Cela ne remplace pas les nouvelles venant directement du principal intéressé, j'en ai bien peur.
Sherlock répondit par une moue ne laissant pas planer le doute, il ne les contacterait pas. Quand donc l'enfant cadet de la fratrie Holmes, choyé comme seul les plus jeunes le sont, s'est détourné avec tant de froideur de ses parents ? Mycroft se souvenait encore de l'intelligence déjà si aiguisée lorsque Sherlock n'était encore qu'un enfant. Il faisait la fierté des parents Holmes. Mais là où l'ainé avait réussi à modeler très rapidement un but, un carquois pour permettre à son intelligence de rester sous contrôle, chez le plus jeune ce génie explosait de toute part et était incontrôlable. Laissant deux parents perdus, ne sachant pas quoi faire pour aider cet esprit unique.
-Sherlock, ce sont tes parents, tu pourrais tout de même faire un effort de temps en temps, rajouta tranquillement John.
-Et toi, à quand donc date la dernière fois que tu as pris de nouvelles de ta sœur ? répondit Sherlock sur la défensive.
-Il y a deux mois, merci elle va très bien, répondit tranquillement John sans quitter du regard son journal.
-Le docteur Watson a raison Sherlock.
Mycroft sut qu'il venait de réduire à néant l'intervention du docteur Watson au moment même où il ouvrit la bouche. Sherlock avait toujours fait l'exacte opposer de ce que lui conseillait son grand frère. Et ce depuis le moment où, étant plus vieux que lui, il quitta le domaine familial pour laisser Sherlock seul. Rancune tenace de ce sentiment d'abandon qui prit place dans le cœur de Sherlock alors que Mycroft n'avait jamais imaginer que sont geste aurait de telles conséquences. Ce que lui imaginait comme un moyen d'atteindre son but fut compris comme une trahison par Sherlock qui continu de lui faire payer, de façon plus ou moins consciente.
-Qu'importe, je suis occupé, répondit Sherlock en se renfonçant dans le canapé donnant ainsi raison à Mycroft. Graham m'a de nouveau demandé de l'aide, et cette enquête mérite bien un six, tout déplacement aussi futile est impossible pour l'instant.
-Greg, reprit machinalement John.
-N'abuse pas des patchs à nicotine petit frère, rajouta Mycroft.
Le temps sembla suspendu quelques instants, froid, glacial, Mycroft sentit les deux regards posés lourdement sur lui.
-Ne t'inquiète donc pas ainsi mon cher frère, tu devrais savoir avec toutes tes caméras que tout est sous contrôle, répondit Sherlock d'une voix pleine de moquerie et de dédain.
Des caméras arrivées lorsque Mycroft comprit que Sherlock ne ferait jamais appel à lui de son plein gré, que son dédain affiché comme un étendard cache toutes les ombres de façon efficace. Que son mépris pour l'inquiétude de Mycroft pour lui, qu'il a toujours considéré comme faux, le faisait quitter les instituts dès que le médecin avait le dos tourné. Que son mépris, cachant sa peur et sa perte de contrôle n'avait permis d'arracher qu'une promesse sans sens, prenant la forme d'une liste qui l'accompagnait à chaque overdose sachant que ces caméras permettraient à Mycroft de toujours le retrouver.
Le portable de John se mit à sonner, coupant l'échange de regard entre les deux frères.
-Oui allô, Greg ?
Le docteur Watson n'eut pas le temps de rajouter quoi que ce soit que déjà Sherlock s'éjecta du canapé et vola presque vers son colocataire pour lui prendre son portable.
-Un nouveau corps ? Oui. Non. On arrive tout de suite, j'espère que vous n'avez touché à rien Graham !
Sherlock coupa l'appel sans attendre une nouvelle réponse, lança la portable au médecin qui le rattrapa in extrémis, et se dirigea d'un pas sûr vers la sortie, le regard brillant comme jamais.
-Il faut y aller John. Mycroft, au plaisir de ne pas te revoir de sitôt.
Mycroft quitta l'appartement, les suivant du regard, observant le génie de son frère faire office. Après des années à le voir grandir, évoluer, se chercher et se perdre sous yeux impuissants et effrayés, Mycroft reconnaissait que son frère avait enfin trouvé son équilibre. Un équilibre dont il n'était pas l'instigateur et qu'il ne pouvait qu'observer de loin, simple spectateur en ayant le douloureux sentiment de ne pas avoir été là au moment où son petit frère avait eu besoin de lui.
