Cela fais trois jours depuis ma discussion avec Mira.

J'ignore toujours Luxus, et toute la guilde commence à s'en inquiéter.

Rien à battre.

Sirmio est rentré hier.

Il ne m'a rien dit, mais il a du se douter que l'état de la barmaid avait un rapport avec moi ou une de mes actions.

C'est mon petit génie de frère après tout.

Je suis tellement déprimée que mon plan ait foiré que j'ai fait la grasse matinée. Sirmio ne m'a pas attendu pour aller à la guilde. Il a bien fait.

Je rentre dans le bâtiment et constate l'absence de Mira.

Bizarre... Je n'ai pas renvoyé de message...

Je demande à Lissana, mais elle me répond qu'elle n'a pas vu sa sœur depuis hier soir.

Là, je commence sérieusement à m'inquiéter.

Je m'assois au comptoir à côté de mon petit frère qui a le nez dans un livre, pour changer.

A 13h00, un message arrive au maître.

- QUOI !?

Son hurlement fait se stopper tout le monde.

- Qu'y a-t-il maître ? Demande Erza.

- Mira a été enlevée !

- Pardon ?!

Toute la guilde est en ébullition.

- Par qui ?

Mon frère pose une question intelligente.

- Je ne sais pas... Mais ils vont regretter de s'en prendre à Fairy Tail !

- Ouais !

- Je m'enflamme !

- Gihihi. On va se marrer !

Luxus ne bronche même pas.

Il m'épuise.

Je suis fatiguée, en colère et mes nerfs vont craquer.

Rectification : ils craquent !

Je prends un verre vide et le rempli d'eau.

Sirmio me regarde et a compris ce que je vais faire. Il fait une grimace.

Je me dirige vers Luxus, mon verre en main.

Les mages de la guilde me regarde perplexe.

Arrivé à la hauteur de mon parrain, je mets le verre au-dessus de sa tête et vide son contenu.

Il se lève brusquement.

- Putain ! Je peux savoir ce qui te prends ?

- Je te retourne la question. Lui répondis-je ne posant violemment le verre.

- Quoi ?

- Je peux savoir pourquoi tu ne réagis pas ?

- T'es sérieuse ?

- Luxus. Mira a été enlevé !

- J'ai entendu...

Mais il le fait exprès !

- C'est tout ?

- Tu veux que je te dises quoi ?

- Oh, je sais pas moi. Peut-être que tu pourrais dire ce que tu vas faire à ces types qui ont osés la toucher, ou alors tout faire péter, mais réagis bordel !

- T'es chiante.

Il commence à partir.

Ah non, pas cette fois !

- T'as pas changé Luxus. T'es toujours aussi lâche.

Le mot le fait s'arrêter.

Toute la guilde nous regarde, perdue et inquiète.

- Tu peux répéter ?

- Quoi ? Tu es sourd maintenant ? J'ai dit que tu es un lâche, Luxus Draer.

- Je ne suis pas...

- Ah oui, tu n'es pas lâche ? Alors pourquoi est-ce que tu fuis toujours quand je te confrontes à ce sujet ? Pourquoi es-ce que tu fuis quand je te dis ce que tu as peur d'entendre ? Pourquoi est-ce que tu refuses d'affronter la vérité en face ? Vas-y, dis-moi, je suis curieuse.

Je n'ai jamais été aussi en colère contre lui, je me surprends moi-même.

- Tu veux quoi à la fin ?

- QUE TU METTES TA PUTAIN FIERTÉ DE MERDE DE CÔTÉ ET QUE TU ASSUMES ENFIN T'ES PUTAIN DE SENTIMENTS ! C'EST PAS COMPLIQUÉ, MERDE !

Quatre gros mots en une phrase, supplément hurlé, devant toute la guilde.

Une première.

- Mais de quoi tu parles Laure-chan ? Me demande Fried.

- Et en quoi ça a un rapport avec l'enlèvement de Nee-chan ?

- Tout et rien à le fois.

Tout le monde se retourne vers mon petit frère. Heureusement qu'il a répondu à ma place, sinon j'allais tout déballer sur les sentiments de Luxus pour Mira.

- Ça nous aide vachement à comprendre Sirmio. Rétorqua Lucy.

Pour toute réponse, mon petit frère hocha les épaules.

Le silence est la meilleure des stratégies.

Luxus me fusille du regard. Une personne normale tremblerait de peur. Sauf que le mage de foudre ne m'a jamais fait peur. Je lui réponds avec un regard noir et rejoins Sirmio.

J'ai besoin de me défouler, et je vais le faire sur les kidnappeurs de Mira.


Cela fait 8 heures qu'on a eu la nouvelle de l'enlèvement de notre amie, mais aucun indice sur l'imbécile qui l'a fait.

Les deux Strauss décident de rester dormir à la guilde pour être les premiers informés si quoi que ce soit arrive. Ever décide de rester avec son fiancé, en soutien émotionnel.

Je fais un câlin à Lissana et lui promets qu'on va sauver sa sœur.

Elle me sourit et me souhaite une bonne nuit.

Luxus est partit depuis longtemps.

Je m'en moque.

Sirmio m'a attendu et nous rentrons à l'appartement.

Je sors mes clés et les insèrent dans la porte, mais elle est déjà ouverte.

Je sais très bien ce que cela veut dire.

J'entre, mon petit frère à ma suite.

Dans le salon, assis sur un fauteuil, mon parrain m'attendait.

Sirmio nous regarde tous les deux et nous dit :

- Éviter de détruire l'appart, se serait sympa.

Et il s'en va dans sa chambre.

Nous sommes tous les deux seuls dans le salon, se toisant du regard.

Il brise le silence oppressant qui c'était installé :

- Pourquoi t'as fait ça ?

- De quoi tu parles ?

- Tu sais très bien.

- J'hésite entre le verre d'eau sur ta tête et ce que j'ai dit.

- Deuxième option.

- Tu te demandes vraiment pourquoi ?

Il ne répond pas. Son regard veut tout dire. "Oui et non."

Je soupire.

- Je suis fatiguée Luxus. Fatiguée de t'entendre complimenté Mira, fatiguée de voir les regards que tu lui lancent, fatiguée de te voir te faire du mal, fatiguée de devoir te convaincre. Je... Je n'en peux plus. C'est tout.

- Et c'est pour ça que tu m'as insulté devant tous le monde ?

- J'ai juste dit la vérité. Qu'elle te plaise ou non. Et pour tout te dire, si Sirmio n'était pas intervenu, j'aurais peut être craché le morceau sur tes sentiments pour Mira.

- PARDON ?!

- Je ne l'ai pas fait.

- Mais tu aurais pu !

- Grand-frère. Tu connais mon code, pas vrai ?

Le regard si dur que m'avait lancé Luxus s'adoucit.

- Bien sûr.

- La dernière règle ?

- "Si je révèle volontairement ou involontairement une information sur les sentiments d'une personne, cette personne pourra me punir de la manière qu'elle le veut".

Cette règle est préventive, et c'est une preuve de ma bonne foi. Je ne divulgue pas d'information sur ce sujet. Point barre.

- C'est tout ce que tu me voulais ?

"Tu penses vraiment ce que tu as dit ?"

J'ai compris cette question silencieuse, mais je ne veux pas répondre. Je ne veux pas me répéter. Pas encore. Il y a 10 ans, quand il avait tenté de renverser le maître, j'ai essayé de le convaincre, par tous les moyens possibles. Ça a presque marché. Mais Sirmio et moi n'étions pas là le jour de la fête des moissons. Si nous l'avions été, il n'aurait pas agit.

10 ans qui ont été gâchés.

J'en ai plus que marre.

- Tu connais le chemin.

Il a mal.

Je le sais.

Je ne lui ai pas répondu, et il est dévoré par les doutes.

Ça ne peut lui faire que du bien.

Je vais me coucher.

J'ai besoin de toute mon énergie pour faire regretter à ses types d'avoir enlever ma future belle-sœur de cœur.