Coucou tout le monde^^

Bienvenus sur mon premier OS HP (Harry, pardonne-moi pour ce premier essai totalement absurde^^). J'espère que ça vous plaira, que ça vous fera rire, et surtout, que vous irez aussi lire mon ami Rivertale qui a relevé le même défi

Mais avant la lecture, quelques explications s'imposent^^

Le défi : cet OS est né à cause d'une photo hilarante ─ qui est celle de la couverture, pour info. L'auteur Rivertale et moi en avons ri, puis il s'est lancé dans l'idée d'écrire le OS que l'on imaginait. Alors j'ai suivi son initiative et j'ai, moi aussi, relevé ce défi.

Résumé : Depuis tout petit, River a un secret : il peut voyager à travers les récits. Mais ce don lui vaut bien des déboires alors, devenu adulte, il refuse de l'utiliser. Du moins, jusqu'à ce qu'il rencontre un personnage du livre fétiche de sa sœur. Sauf que cette fois, c'est son don qui le boude et lui refuse de réaliser son fantasme !

Détail Important : Tous les personnages (sauf River et Sakkouille) appartiennent à J. K. Rowling, je ne fais qu'emprunter^^ Fans de HP, ne m'en voulez pas SVP^^

Deuxième Détail Important : À NE SURTOUT PAS PRENDRE AU SÉRIEUX !


Le fantasme de River

(ou «Gros délire entre cinglés»)

Le jour où il avait découvert son aptitude extraordinaire, il était à lire Peau d'Âne. Il était encore un petit garçon à l'époque, et pour ne pas être moqué d'aimer lire des « contes pour filles » ─ comme disait sa sœur ─, il s'était caché sous sa couette dans son lit, avait allumé sa lampe torche et s'était régalé d'une histoire enfantine.

Quiconque serait rentré dans sa chambre à cet instant aurait vu une forme amorphe sous un édredon et aurait entendu un petit rire cristallin.

Et puis, en une fraction de seconde, alors qu'il riait de sa lecture, la lampe lui échappa des mains et il fut aspiré avec force. Il avait fortement fermé les yeux, sa tête se faisant ballotter comme s'il s'était trouvé en plein milieu d'une tornade ! Lorsqu'il les rouvrit, il faisait face à une jeune fille vêtue d'une peau d'âne.

Malgré la situation incongrue, il s'était montré très courageux : cri totalement viril, panique évidente, arrachage de cheveux et course frénétique autour de la jeune fille éberluée ! « Je suis dans un livre, je suis dans un livre », s'était-il égosillé durant de longues secondes.

Puis soudain, il s'était immobilisé avant de prendre son visage en coupe, d'ouvrir béatement la bouche et de crier : « Je veux sortir du livre ! ». Et PAF, la seconde suivante, il se faisait de nouveau ballotter dans tous les sens pour se retrouver sous sa couette. Tremblant, il avait quitté son lit pour aller se blottir dans celui de ses parents, auxquels il raconta sa courte mésaventure.

Il va sans dire que les mois suivants, ses parents l'avaient emmené voir pas loin d'une vingtaine de psychiatres et autres médecins du genre. Il avait entendu trop de personnes lui dire : « River, les pouvoirs magiques n'existent pas ! », en fait, il avait entendu tous les médecins lui dire ça ─ excepté une vieille folle d'ermite légèrement effrayante. Alors il avait joué le jeu et avait fait passer sa mésaventure pour une blague.

Mais lui savait que ce n'en était pas une ─ lui et l'ermite cinglé ! Il avait vraiment atterri devant la jeune fille habillée d'une peau d'âne, ce n'était pas un rêve.

Et cette mésaventure s'était reproduite. Dans le plus grand secret, ce petit garçon nommé River, avait grandi en parcourant toutes les histoires qu'il lisait.

Il s'était fait cramer les fesses en aidant le prince Philippe à vaincre Maléfique en forme de dragon ; Ursula lui avait volé sa voix lorsqu'il avait voulu chanter à la place d'Ariel ─ un omake sur cette aventure lui a été nécessaire pour récupérer sa voix, il va donc de soi qu'il a volé le premier baiser du prince Éric ! ─ ; il avait proposé au prince charmant de trouver la propriétaire de la pantoufle de verre et s'était fait draguer avec insistance par Javotte… Javotte ! Il ne l'avouerait jamais, mais il avait fait des cauchemars à cause d'elle.

Et tant d'autres histoires…

Lassé des contes pour enfants ─ où effrayé par la sorcière après sa visite à Hanzel et Gretel ─ il avait décidé de s'attaquer à des livres plus…, moins…, pas des contes quoi ! Il avait ainsi découvert l'univers des mangas et s'y était glissé.

Il s'était alors fait électrocuter par Pikachu ; il avait été avalé par Cell avant même de croiser San Goku ; s'était mangé en pleine face le frisbee lunaire de Sailor Moon ; avait servi de bouclier à Nicky Larson contre sa tortionnaire d'acolyte…, et j'en passe. C'est lorsqu'il avait atterri dans l'univers de Naruto et qu'il s'était pris un râteau par Killer Bee qu'il décida de ne plus jamais visiter d'histoire.

Il s'était dit que, finalement, que ce soit des contes pour enfants ou des mangas pour adolescents, cela revenait au même. Ses plongeons dans les livres étaient toujours de mauvais augure. Ce pouvoir magique, cette aptitude extraordinaire, n'était pas un don aussi marrant qu'il l'aurait voulu. Dès lors, il se mit à fuir les bibliothèques, médiathèques et autres FNAC.

Alors, quand il devint adulte et que sa sœur lui suggéra de lire sa saga préférée, il refusa. Il n'avait pas peur, qu'est-ce que vous allez vous imaginer ? Il était un homme dorénavant, un vrai mâle, viril et musclé ! Ce n'était certainement pas un livre qui allait l'effrayer ─ à part s'il parlait d'une sorcière au nez crochu, d'une dénommée Javotte, d'un frisbee magique, d'un marteau pesant dix tonnes ou d'une souris jaune électrique !

Malheureusement pour notre brave River, quand sa sœur avait une idée en tête, elle ne l'avait pas ailleurs. Et durant des mois et des mois, elle le bassina avec ses livres favoris. À un tel point qu'il dû se résigner à les lire. Mais attention, il prit bien soin de ne surtout pas désirer plonger dans le roman. C'était fini les mésaventures qui ne lui valaient que des hématomes !

Les premières lignes du bouquin le laissèrent indifférent, ou peut-être que sa réticence à lire l'engrainait dans une maussaderie sans nom. Le héros de l'histoire, ce jeune collégien doté d'une cicatrice sur le front et d'une paire de lunettes, ne l'intéressait pas. Qu'est-ce qu'il se fichait bien de savoir que ce gosse parlait aux serpents, ou qu'il était injustement traité par sa famille… ! Mais il continua de tourner les pages, ne serait-ce que pour ne pas être foudroyé par sa frangine ─ elle l'apeurait plus que Javotte, c'est dire !

Et puis ce fut le coup de foudre, littéralement. Il sentit une décharge électrique ─ une appétissante décharge électrique, entendons-nous bien ! ─ remonter le long de sa colonne vertébrale en faisant la rencontre d'un personnage secondaire. Il était grand, tellement grand. Et River avait toujours eu le béguin pour ces personnes imposantes qui le dépassaient de plusieurs dizaines de centimètres. Ce visage arrondi virilisé d'une barbe touffue le fit fondre, sa chevelure brune mal peignée l'attira au point qu'il rêva d'y glisser ses doigts.

Et lorsque ce personnage sortit un gâteau de sa poche et qu'il le déposa de ses grosses mains sur la table, River se sentit chavirer. Enfin il rencontrait son idéal. Ce fut la raison pour laquelle son subconscient imagina la crème du gâteau et les mains boudinées du demi-géant sur son corps. Il en saliva. Sa lecture devint beaucoup plus alléchante et après quelques lignes, il se répéta l'identité de cet idéal qu'il rêvait de rencontrer : Rubeus Hagrid.

Il désira ardemment plonger dans le roman comme il avait toujours su le faire, malheureusement, son don extraordinaire ne lui répondit pas. River s'énerva, répétant en boucle qu'il voulait atterrir dans le Londres sorcier de J. K. Rowling, en vain. Il ne comprenait pas. Pourquoi avait-il pu embarquer dans des contes pour enfants et des mangas de toutes sortes alors qu'il lui était interdit d'aller à la rencontre de son adorable géant ?

Il n'en trouva pas la réponse.

Alors il continua sa lecture avec bien plus d'intérêt, bavant à chaque apparition du gardien des clés et des lieux à Poudlard ─ les livres souffrirent d'ailleurs de taches de bave qui obligea River à racheter la saga à sa sœur. Lorsqu'il quittait son roman afin de dormir un minimum, son subconscient lui faisait délicieusement fantasmer son cher Rubeus Hagrid. Il s'imaginait nu avec lui dans la forêt interdite, à califourchon sur son demi-géant dans la cabane de celui-ci, haletant de plaisir lorsque le gardien lui prouvait l'habileté de ses grosses mains boudinées…

Il fut assailli d'une incontrôlable jalousie lorsqu'il lut le tome 4 de la saga et que la directrice de Beauxbâtons, Olympe Maxime, mit le grappin sur SON géant aux doigts de fée ! Des envies de meurtres le prirent et ses rêves ne furent plus bercés de passion charnelle, mais de sang et de vengeance contre la géante aguicheuse. Il fut néanmoins satisfait qu'au tome suivant, la gourgandine insipide soit retournée dans son pays, loin de son amour secret.

Il continua donc sa lecture avec le sourire et ses nuits redevinrent charnelles. À un tel point qu'il se réveilla de nombreuses fois avec des draps souillés et un corps réclamant passionnément son fantasme. Néanmoins, malgré toutes ses tentatives, il ne put jamais plonger dans le livre et rencontrer son idéal masculin. Alors, quand il termina le septième volume de l'histoire, il déprima.

Il déprima longtemps, avachi sur son bureau ou blotti dans son lit sous les draps qui avaient tant été témoins de ses passions inassouvies.

Puis, il eut une illumination.

Il se remémora l'ermite complètement cinglé qui avait cru son histoire lors de son enfance. D'après ses souvenirs, c'était une femme bizarre dotée d'une chevelure informe et grisonnante, d'un nez proéminent, d'une bouche souriante qui laissait apercevoir des dents pointues ─ et pas très blanches ─ et habillée par plusieurs couches superposées de haillons. Il grimaça, pas certain d'avoir envie de lui refaire face. Était-ce vraiment un médecin ?

Malgré ses doutes ─ et une crainte totalement compréhensible ─, il décida de retrouver ce charlatan qui avait cru en lui. Elle était son seul espoir pour récupérer son don et plonger à la rencontre de son demi-géant.

. . .

« Mazette ! Qu'est-ce que je fous ici ? », pensa notre brave River lorsqu'il se trouva enfin à l'adresse qu'il avait dénichée. Il eut soudainement envie de retenter l'expérience d'Hanzel et Gretel, leur sorcière avait, à l'évidence, plus de goût en matière de décoration. La maison qui lui faisait face était un mélange douteux entre une chaumière style Hobbit ─ non, il n'avait pas lu Le Seigneur des Anneaux pour la simple et bonne raison qu'il n'était pas suicidaire, mais il avait regardé l'adaptation cinématographique ! ─ et un cachot poisseux provenant potentiellement de l'univers de Games Of Thrônes ─ qu'il n'avait pas lu non plus, évidemment.

Ravalant le nœud d'angoisse qui bloquait sa gorge et tentant de maîtriser les tremblements intempestifs de son corps, il avança contre son gré vers l'habitation. Transpirant comme s'il avait couru un marathon, il se résigna à frapper trois petits coups ─ tout petit coup bien discret ─ à la porte en bois recouverte de mousse verdâtre, priant pour que l'occupante ne soit pas présente.

Comme si la narratrice allait exaucer ses prières, ah ah !

L'ermite vint lui ouvrir, déclenchant en lui un frisson d'horreur comme lors de leur première rencontre. Elle lui offrit un sourire douteux, et d'un craquement d'os mouvementé, l'invita à entrer. Un temps de réflexion lui fut nécessaire, car River n'était plus certain de son plan. Mais lorsque Hagrid se rappela à sa mémoire, il pénétra dans la demeure glauque autant de l'extérieur que de l'intérieur ─ qui avait pour déco d'intérieur des souris suspendues, des toiles d'araignées habitées et des crapauds toute gueule ouverte en guise de cendrier ?

─ Installe-toi, proposa l'ermite d'une voix nasillarde.

« Ne t'évanouis pas », se supplia-t-il muettement en posant son fessier sur ce qui devait être, à première vue, un tabouret. Quoique, après réflexion, un tabouret moelleux et ronronnant n'était pas bien rassurant !

─ Tu es en retard, accusa l'ermite. Je t'attends depuis plusieurs mois !

« Elle est cinglée », se souvint-il en la voyant trifouiller il ne savait quoi dans l'amas de trucs jonchés sur ce qui devait être un plan de travail, à supposer que ce qui entourait la cheminée soit une cuisine.

─ J'ai besoin de votre aide, Madame, engagea-t-il d'une voix plus aiguë qu'à l'accoutumée.

─ Je sais, fit-elle fièrement en déposant un service en porcelaine ─ peu propre ─ sur ce qui lui servait de table. Et tu peux m'appeler Sakkouille, « madame » est trop formel, on se connaît bien, toi et moi !

Le petit clin d'œil qu'elle lui offrit fit grimacer notre protagoniste, qui se trémoussait sur le tabouret ronronnant. Alors que l'autoproclamée Sakkouille versait une sorte de boue ambrée dans une tasse, elle l'informa qu'elle se souvenait de lui. Elle lui offrit son breuvage visqueux en le désignant comme un thé, puis s'installa à la table avant de lui décocher un autre de ses sourires douteux où ses dents cariées étaient visibles.

─ Je t'ai gardé à l'œil tout ce temps, continua-t-elle, couinant d'un contentement macabre. Ne pas savoir contrôler ta magie t'a valu quelques petites péripéties !

Si des électrocutions, la perte de sa voix, servir d'en-cas, rencontrer Javotte et se faire frapper étaient des petites péripéties aux yeux de l'ermite, River voulait bien devenir moine ! Non, il voulait Hagrid avant !

─ M-ma magie ? bégaya-t-il, son tabouret se mettant à ronronner plus fortement.

─ D'où crois-tu que vient ta faculté de voyager à travers les livres, hm ? Heureusement que j'ai intercepté ton hibou, ils t'auraient…

Alors que Sakkouille continuait de déblatérer, River resta en suspens, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. Un hibou ? Elle avait intercepté son hibou ? Ça sonnait beaucoup trop familier à ses oreilles. Alors, gorgé d'un courage impressionnant, il se leva brusquement ─ le ronronnement du tabouret s'arrêta aussitôt ─, coupant l'ermite dans sa tirade.

─ Je suis un sorcier ?

─ Beh, évidemment, haussa-t-elle des épaules en se curant l'oreille de son auriculaire.

─ Attendez, vous voulez dire que Harry Potter existe vraiment ? Mais genre, vraiment dans la vraie vie ?

─ Bien sûr, sourit-elle de toutes ses dents noires. Pas plus tard que la semaine dernière, il était assis à ta place, tiens ! On a fumé quelques herbes magico-médicinales lui et moi. Mais lui a fait preuve de plus de politesse que toi, il a bu son thé.

Les yeux de River descendirent sur le breuvage boueux qui emplissait sa tasse, puis remontèrent sur la sorcière. L'air mécontent de celle-ci l'incita à se rasseoir ─ le ronronnement du tabouret reprit ─ et à se saisir de la porcelaine. Un haut-le-cœur l'avertit que son estomac ne voulait en aucun cas boire ce truc, mais le regard appuyé de Sakkouille lui ordonnait le contraire. Il hésita un instant avant de reprendre la parole dans l'unique but d'éviter la nausée :

─ Pourquoi avoir intercepté mon hibou ?

─ Ma boule de cristal m'a averti qu'en dernière année, tu serais une victime du Seigneur des Ténèbres, révéla-t-elle en allumant une pipe à herbes. J'ai empêché ça. Faut bien que mon don divinatoire serve à quelque chose !

─ Et les autres morts ? Fred Weasley ?

─ Pas important. Les autres n'étaient pas des Transplaneurs Littéraires comme toi.

River arqua un sourcil sceptique, ne sachant quoi penser de sa réaction désinvolte ni de ce don qu'elle lui octroyait.

─ Et pourquoi je ne peux plus…, transplaner dans un livre ?

─ Tu le peux toujours.

─ Non, je n'ai pas réussi à…

─ Tu ne peux pas transplaner dans un livre dont l'univers est tiré du nôtre, précisa-t-elle, crachant un épais nuage de fumée.

Notre héros acquiesça d'un lent hochement de tête. Les mini-river vivants dans son cerveau finirent par pointer la plus importante information qu'il devait tirer des propos de l'ermite cinglée : Hagrid existait en vrai de vrai !

Pris d'un élan d'enthousiasme amoureux, les fesses de River quittèrent de nouveau le tabouret ─ qui stoppa son ronronnement ─ pour brandir le poing en l'air et s'écrier :

─ J'veux voir Hagrid !

─ Bois ton thé d'abord.

L'enthousiasme descendit d'un cran à la réplique de Sakkouille. River déglutit douloureusement en abaissant les yeux sur l'objet souillé qui contenait le breuvage dégoûtant. Il jeta un coup d'œil à l'ermite, revint sur la tasse, puis recommença la manœuvre plusieurs fois. Il dut cependant exécuter l'ordre et porta douloureusement la tasse à ses lèvres.


*La narratrice s'excuse pour la censure de cette scène. Après qu'une ambulance soit intervenue pour conduire le protagoniste de l'histoire à l'hôpital ─ soi-disant à cause d'une intoxication alimentaire ─, elle a aidé l'ermite à nettoyer consciencieusement la maison ravagée par les vomissements jaillissants d'un certain River. Elle n'a donc pas pu écrire la suite*


. . .

Les mini-river habitant le cerveau de l'authentique étaient tout aussi groggy que lui, assis dans l'immense labyrinthe leur servant d'habitation. Il faut dire qu'après le léger incident survenu chez Sakkouille, notre robuste héros était tombé dans les vapes. Une lumière blanche lui était apparue, attirante, bienveillante. Elle lui promettait de ne plus jamais revoir Javotte, d'être exonéré d'électrocution, de coups, de brûlures et autres atrocités. Il avait voulu la suivre.

Mais un certain géant à la barbe aguicheuse s'était matérialisé. Il lui avait tendu la main, en lui offrant un de ces sourires… ! Alors il s'était détourné de la lumière. Son fantasme valait bien quelques électrocutions, non ? Il en douta en pensant à Javotte, hésita un instant, puis continua vers Hagrid. C'est ainsi qu'il put enfin ouvrir les yeux. Cependant, les mini-river restèrent groggy. Il cligna des paupières en accueillant un mal de tête agressif, des nausées et la sensation d'aller à l'inverse du sens giratoire de la planète.

Le sol tangua dangereusement lorsqu'il s'assied le dos contre le mur en bois. Il lui fallut quelques secondes pour prendre conscience de l'endroit où il se trouvait. Des flammes dansaient dans une cheminée, éclairant une forme imposante qu'il ne parvenait pas à distinguer. Il se frotta les yeux, puis les écarquilla.

Tous les mini-river reçurent la décharge électrique qui traversa l'authentique, les mettant au garde-à-vous.

« OH-MY-GOD », résonna dans son esprit. Là, sous ses yeux, se tenait son fantasme dans une tenue des plus sexy. Un flan allongé sur une magnifique peau d'ours, il était entièrement dénudé, seuls ses bijoux de famille étaient couverts du Choixpeau. River sentit un frisson délectable le chatouiller en accrochant le regard ténébreux du demi-géant.

─ Je suis en train de rêver, pensa-t-il à haute voix, un sourire niais aux lèvres.

─ Qu'est-ce que vous faites là ? s'apeura Hagrid en se cachant derrière la peau de bête. Qui êtes…

─ NON, ne te couvre pas, s'élança-t-il en papillonnant des yeux. Imagine je me réveille ! Laisse-moi profiter, s'il te plaît.

S'approchant de son idéal, il dut lever la tête bien haut pour ne pas quitter son regard. Il ne put se contrôler et laissa sa main caresser la virile joue barbue.

─ Embrasse-moi !

Joignant le geste à la parole, River s'élança pour attraper les lèvres charnues qui l'appelaient. Le blocage easy qu'orchestra Hagrid de son index gauche ébranla notre héros.

─ Euh…, t'es un échappé de Ste Mangouste ? chuchota le demi-géant d'un air compréhensif.

─ Hein ?

─ T'es apparu, pouf, comme ça, mima-t-il une explosion. Tu t'es échappé de Sainte Mangouste ? J'dirais rien…

River recula de plusieurs pas, déboussolé. Les mini-lui couraient dans tous les sens dans le labyrinthe. Jamais, ô grand jamais, son fantasme l'avait repoussé durant ses nuits charnelles ! Pourquoi le faisait-il maintenant ? « Un sale coup de Sakkouille, peut-être ? », pensa-t-il.

─ Mais en échange, tu ne dis rien sur mon hobbie, hein ? continua le demi-géant. Dumbledore s'est moqué de moi quand je lui ai avoué que j'aimais me prendre en photo dans des petites tenues ! J'me suis pas moqué de lui, moi, quand j'ai appris qu'il fricotait avec Sakkouille et Minerva en même temps !

« Hein ? », fut le seul mot que les mini-river clamèrent en chœur dans le labyrinthe du cerveau de l'original.

─ On est d'accord ? poursuivit Hagrid. Je garde ta fuite secrète, tu gardes mon passe-temps secret.

─ O-kay, répondit-il fébrilement alors que les mini-lui se réveillaient. Euh…, tu peux me montrer tes photos ?

─ Tu veux les voir ? s'enthousiasma le géant.

River secoua la tête de haut en bas avec entrain, très content de pouvoir regarder des clichés de son fantasme à demi nu. Il patienta difficilement pendant que Hagrid sortait une boîte en bois qui semblait avoir été fabriquée par le même menuisier que Sakkouille avec son tabouret ronronnant.

─ C'est quoi ton petit nom ? questionna le demi-géant en caressant la boîte qui se mit à ronronner avant de s'ouvrir.

─ River.

─ Moi c'est Hagrid, sourit-il, le faisant frissonner de contentement. Tiens, celle-là je l'ai prise dans la forêt interdite.

River posa son regard sur la photo où son fantasme était appuyé contre un arbre, portant un panty très sexy ─ en toile d'Acromantula d'après le géant ─ qui émoustilla notre héros. Puis il continua d'écouter Hagrid, qui lui montra de nombreux clichés, tous plus érotiques les uns que les autres. River déglutit à maintes reprises, sentant son pantalon l'enserrer de plus en plus à mesure qu'il reluquait le magnifique modèle poilu dont il rêvait depuis trop de lecture.

Petit à petit, Hagrid laissa la peau d'ours qui le recouvrait glisser sur son corps dénudé, hypnotisé par ce qui gonflait dangereusement entre les jambes de l'échappé de Ste Mangouste. Qu'il éveille un tel désir chez autrui le rendait tout chose. Alors il finit par prêter une attentive attention à son visiteur impromptu.

Hagrid avait secrètement une attirance démesurée pour les hommes, bien plus que pour les femmes, qui l'avaient toujours mis mal à l'aise ─ pas étonnant qu'il n'ait pas réussi à conclure avec Olympe Maxime ! Et le prénommé River était peut-être un fou échappé de Ste Mangouste, il n'en était pas moins séduisant.

Le cliché montrant le demi-géant vêtu uniquement d'une feuille de vigne échappa aux mains de River lorsqu'il sentit les doigts boudinés effleurer l'une de ses cuisses. Immédiatement, il regarda son idéal masculin dans les yeux alors que les mini-lui dansaient la samba dans son labyrinthe de cerveau.

─ Tu aimes mes photos ? chuchota le géant d'un ton mielleux.

─ Ouaiiiiiiis, répondit niaisement notre protagoniste, un filet de bave débordant de ses lèvres.

─ Tu aimerais être photographié avec moi ?

─ Ouaiiiiiiis, réitéra-t-il, rougissant d'enthousiasme.

Hagrid sauta de joie, laissant complètement tomber la peau de bête ─ il va sans dire que River dû se pincer le nez pour que le sang ne gicle pas ─, et vérifia correctement le cadrage de la scène via l'œil de son appareil photo magique posé sur un trépied. Le cœur de notre protagoniste palpitait vigoureusement alors que ses yeux ne pouvaient dévier de l'imposante bistouquette érigée qui se mouvait au rythme des mouvements de son propriétaire.

Hagrid le perçut et s'amusa à couvrir le sol du salon de sa cabane avec la peau de bête tout en laissant l'échappé de Sainte Mangouste le reluquer comme bon lui semblait. Puis il s'allongea comme il l'était quelques minutes plus tôt, repositionna le faux Choixpeau sur son érection et invita son jeune éphèbe à venir se blottir contre lui d'un clin d'œil séducteur. Et tel un âne poursuivant sa carotte, River vint s'installer contre son géant poilu.

─ Tu es trop habillé, le réveilla Hagrid d'une voix suave. Attends, je vais t'aider.

Comme promis, il déboutonna lentement la chemise de notre héros pour l'en délester. Et avant même qu'il ne vienne attaquer la braguette de River, le demi-géant ne put s'empêcher de venir lui titiller les tétons du bout de la langue.

─ Aaaaaaaah ! gémit River, les paupières closes.

Il savourait l'offrande et ne fit même pas attention aux gestes de son fantasme. Celui-ci venait de lui retirer son jean, ainsi que son boxer. Le cliquetis distinctif de l'appareil photo se mêla aux halètements et gémissements qui emplissaient la cabane du gardien des clés et des lieux à Poudlard.


*La narratrice s'excuse pour la censure de cette scène. Après qu'elle ait vu Hagrid s'occuper chaleureusement de la quéquette de River, puis celui-ci lui rendre la pareille, elle a pris un coup de chaud et s'est évanouie. Du coup, elle n'a pas assisté à l'accouplement passionné de l'homme et du demi-géant. Sakkouille a donc envoyé la narratrice à Ste Mangouste avant de la remplacer*


« Hi, hi, hi, c'est délectable d'observer avec quel dynamisme mon petit protégé River encaisse les coups de reins du protégé de Dumbledore ! »

─ Oooooh, Hagrid, mon Dieu !

─ Tu es tellement serré…, c'est, wow !

« Hm ! Intéressant cette position, Albus ne me l'a jamais faite, celle-là ! Faudrait que j'en touche un mot à Minerva. »

─ Hagrid !

─ River !

─ Aaaaaahhhhh !

─ Oh ouiiiiiiiiiiii !

« Bien, bien, l'appareil photo continue d'immortaliser l'instant. Oh ! Souple le jeune River, je n'aurais pas cru, dites donc ! »

─ Par Merlin, j'vais jouir !

─ Aaah, aaah, aaah…

« C'est la finale, je crois ! Où est ma baguette ? Faut que je mette ce souvenir en réserve pour la pensine d'Albus… Mais où l'ai-je mise…? Faudrait que je pense à mettre moins d'herbes magico-médicinales dans ma pipe à l'avenir ! Ils ne vont tout de même pas atteindre l'apothéose avant que j'aie trouvé ma baguette ! Ah ! La voilà ! »

─ Argffffff…

─ Oui, là, Hagriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiid !


*Sakkouille ne s'excuse pas pour cette transition ! Elle se faufile incognito à Ste Mangouste, réveille la narratrice ─ avec laquelle elle se prend la tête pour des soucis de scénario ─, et la renvoie illico presto dans la cabane du demi-géant avant de transplaner pour rejoindre Dumbledore, faisant un léger détour par la chambre de la professeure McGonagall pour prévoir un threesome du feu de Merlin !*


Essoufflé, River restait blotti dans les bras de son fantasme, la peau d'ours les recouvrant de moitié. Le feu de la cheminée continuait de crépiter. Il n'en croyait toujours pas ses sens ! Venait-il vraiment d'atteindre l'orgasme avec Hagrid ? Cela lui semblait si irréel…

─ Je…, hésita le demi-géant. Je n'ai jamais ressenti ça, avec personne.

─ Moi non plus… C'était intense !

─ Tu sais, je pourrai te cacher de Ste Mangouste pendant quelques jours, le temps que tu trouves comment faire pour…, te soigner, enfin…

Le rire de River coupa Hagrid dans sa presque-supplique. Notre protagoniste en avait les larmes aux yeux. Son fou rire n'était pas uniquement dû au fait que son merveilleux fantasme fut enfin réalisé, ou que le demi-géant sous-entendait clairement qu'il en voulait encore, mais au fait qu'il le croyait vraiment échappé de Ste Mangouste ! Entrecoupé par les rires qu'il n'arrivait pas à tempérer, il parla de son don, puis de sa rencontre avec l'ermite Sakkouille.

Alors Hagrid sentit des larmes de bonheur humidifier ses pupilles sombres. Et dans un élan d'affection, il se pencha sur River pour l'embrasser avec une tendresse infinie. Notre protagoniste y répondit avec amour, s'émerveillant de pouvoir glisser ses doigts dans la tignasse ébouriffée.

La boule de cristal de Sakkouille afficha un futur comme dans les contes, où River n'y trouverait plus jamais Javotte, ne serait ni battu, ni électrocuté, ni mangé. Ils vécurent donc heureux. Ils donnèrent même de l'inspiration à sa seigneurie J. K. Rowling, grande prêtresse du monde des sorciers chez les Moldus, ─ ALERTE SPOILER ─ qui écrira incessamment sous peu une saga relatant leur aventure, titrée « La revanche d'Olympe Maxime ».


*La narratrice s'excuse pour le mielleux de cette fin. Après une bataille sanguinaire contre sa jumelle maléfique ─ aka Sakkouille ─, elle est ressortie vainqueur, et a ainsi évité la chute loufoque qu'imaginait l'autre cinglée ! Elle vous a donc épargné l'attaque inopinée d'un Cerbère, des giclements de boyaux et autres trucs glauques tout droit sortis d'un esprit tordu. Remerciez-la*


FIN


Ta-dam ! Quoi ? C'est pas mal, non ?

Merci de m'avoir suivi dans ce délirant défi que j'ai pris plaisir à imaginer et écrire^^ Allez lire celui de Rivertale, vous allez rire

Bisous^^