Merci à Hinanoyuki pour le follow. J'espère que ma fiction vous plais et que vous apprécierez la suite.
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Le bon docteur
Les deux hommes débarquèrent au sanatorium, la pluie qui était apparue en chemin rendait le lieu lugubre, froid et fantomatique. Corvo ne put s'empêcher de déglutir. Comment la frêle femme, dont il avait vu le portrait chez elle, faisait pour travailler dans des conditions pareilles. D'après l'audiographe qu'elle avait laissé chez elle, Hypathia n'appréciait pas vraiment. Le garde du corps se reprit, explorant les lieux grâce à l'œil du Vide nouvellement acquis. Un autel, cinq charmes d'os et six runes. Le protecteur récupéra celui dans une cache derrière lui avant de revenir vers l'assassin. Un bref signe de Daud incita Corvo à faire profil bas, un garde faisait des rondes près de l'entrée pendant que deux autre se plaignaient de l'étrange créature qui faisait des va et vient la nuit, reconnaissant sans difficulté le Tueur de la couronne d'après les lugubres détails de l'un des soldats. Passant par les poutres, les deux hommes arrivèrent dans le hall, accueilli par deux gardes et un soldat d'élite. Ceux-ci ne leur prêtaient pas attention, trop occupés à malmener une pauvre minière mère de famille.
Daud lança un signe de tête, montrant du nez le portail électrique juste derrière. Corvo suivi le système des yeux, se téléportant au balcon à droite avant de réapparaitre devant le réservoir. Le plus jeune retira le système de sécurité avant d'explorer l'intégrité du balcon, trouvant le cadavre mutilé et décapité d'un soldat mort. Il ramassa les quelques pièces et le plan dans le coffre à côté. Il retrouva l'assassin perché non loin de là où se trouvait un portrait et passa avec lui le système de sécurité hors service. Le duo étudiait le plan quand un léger bruit métallique attira leur attention. Vif et silencieux, Corvo attrapa le bras de Daud et se téléporta derrière l'ascenseur. Une fois l'engin stoppé, un soldat sorti, étudia quelques secondes les lieux avant de passer une porte à sa gauche.
Assassin et Protecteur poussèrent un soupir soulagé. Daud lança un regard reconnaissant à son allié et l'entraina vers la cage de la machine et de grimper à l'étage suivant. À eux deux, ils neutralisèrent rapidement et silencieusement les soldats qui trainaient çà et là avant de les cacher dans un coin. Les chiens enfermés pouvaient leur causer du tort, l'assassin décida de les tuer avant que cela dégénère.
Ils en profitèrent pour récupérer ce qui trainait, argent, runes, journaux et charmes d'os. Les deux hommes arrivèrent enfin au dernier étage accessible par le monte-charge, le pallier accueillant le bureau de la savante et de deux soldats. Le plus gradé insistait lourdement auprès de son subordonné sur le fait que la doctoresse ne quittait jamais son poste et ceux malgré les disparitions inexpliquées de cette dernière. Après le départ des autorités, Daud et Corvo passèrent la porte du bureau et étudièrent les lieux.
"-Hypathia est clairement prisonnière de cet endroit, cracha Corvo après avoir écouté l'audiographe.
-Oui, mais il semblerait aussi qu'elle ait des moments d'absence, argumenta l'assassin. Et que malgré l'enfermement, elle échappe parfois à la vigilance de ses hôtes. Il n'y a pas vraiment de mystères.
-Tu pense que c'est elle, le Tueur de la couronne ! Mâcha Corvo incrédule.
-Tout va dans ce sens !"
Un goût amer envahi la bouche du Protecteur. Il quitta le bureau et si dirigea vers la terrasse où été parti les soldats. Daud savait que sous ses airs de dur à cuire, Corvo était quelqu'un de sensible, voyant l'humain avant le monstre en dessous. C'est pour ça qu'il s'était fait duper il y a quinze ans et que l'impératrice avait failli périr dans l'attentat il y a onze ans. Mais ce trait de caractère l'avait amené à épargner la vie de l'assassin à son QG et collaborer avec lui pour chasser les Régenteurs. Daud sorti à son tour et grimpa sur le toit avant d'atteindre le point le plus haut d'Addermir pour récupérer un charme d'os, l'ombre de Corvo s'infiltra par l'ouverture en dessous, récupérant une rune et son pouvoir de possession. L'assassin senti un fourmillement dans sa main gauche, il avait accès à cette nouvelle faculté lui aussi. Le Protecteur appela l'engin électrique et s'installa sur le châssis.
"-Qu'est-ce que tu fais ? Interrogea Daud.
-Le sous-sol est condamné, expliqua Corvo en dépliant son épée. Je vais passer au travers le planché grâce à ça.
Le plus jeune frappa deux coups sur le ressort, qui céda. Un grincement et un grattement s'échappa de l'autre ressort, lâchant aussitôt. Corvo disparu avec l'engin quatre étages plus bas. Une grimace tordit le visage de Daud en entendant les derniers soldats hurler, il se laissa tomber sur les supports métalliques et se réceptionna en bas.
-Heureusement que l'on a neutralisé la plupart des soldats, gronda Daud en discernant les autres qui sortait des couloirs adjacents.
-Il va me falloir de nouvelles bottes, siffla le Protecteur en faisant semblant de n'avoir rien écouté.
L'assassin étudia quelques instant réserve sous les quelques centimètres d'eau, les effets personnels bien rangés à sa gauche contrastait avec le pêlemêle de matériels à l'opposé.
-Vera Moray a séjourné ici il y a longtemps.
-Je suis ravis d'apprendre que Mamie Chiffon se dorait la pilule ici, cracha Daud en arrachant le portrait de Sokolov. Mais interroger Hamilton nous aidera plus.
-Allons le trouver, acquiesça Corvo."
Les partenaires remontèrent de quelques étages, trouvant le pauvre homme enfermé, prêt à être interrogé. Ils assommèrent les deux gardes et demandèrent des explications au funeste malheureux. Ces propos étaient épouvantés et incohérents, implorant une clémence que les compagnons ne pouvaient lui offrir. Corvo récupéra la clé de son appartement et grimpa les escaliers pour revenir au quatrième étage, Daud sur les talons. Les deux professionnels investirent les lieux, trouvant les notes allant dans le sens de Daud, Hypathia est le tueur morbide qui fait trembler la presse et le monde. Corvo se résigna jouant avec le levier d'un étau.
"-Elle n'a pas vraiment conscience de ces actes, lâcha le plus jeune. C'est une bonne personne, attentive et familiale. Ne la tuons pas.
Daud acquiesça en silence en posant le journal de Hamilton.
-Ça me rappelle l'atelier de mon père, soupira Corvo. J'aurais aimé qu'il ne parte pas si tôt.
Les deux hommes s'épanchaient rarement sur leur passé. L'attitude poignante du protecteur contamina l'assassin.
-Estime toi heureux d'avoir des souvenirs de lui, lâcha Daud un peu amer. Ne restons pas là et allons trouver ce bon docteur."
Le meurtrier quitta la pièce vivement, ne laissant aucune possibilité à son comparse de répliquer. Le défenseur de l'impératrice Kaldwin se ressaisi et suivi son guide vers la dernière partie du complexe qu'ils n'avaient pas encore exploré. L'endroit était corrompu par les nids et les mouches de sangs, les deux hommes se frayèrent un chemin à coups de carreaux incendiaires et de cocktail enflammé. Ils déboulèrent dans le laboratoire, la doctoresse s'affairant sur la dissection d'une mouche de sang. Corvo s'approcha de la femme et tenta de discuter avec elle, la femme-médecin ne prêtant que peu d'intérêt à Daud, celui-ci explora le reste du laboratoire. Il trouva ce qui devait être un ancien bureau, scrutant froidement les bouts de corps mutilés épalés au mur sous une peinture dont le style lui était étrangement familier.
L'assassin appela son comparse quand il eut fini avec le bon docteur.
L'intéressé s'approcha et observa les funestes trophées, portant son regard sur les cartes répertoriant les lieux des massacres. Cela ne faisait aucun doute, Alexandria Hypathia était le tueur. En avançant dans le laboratoire, les deux hommes finirent par trouver la tête du soldat que Corvo avait découvert sur le balcon ainsi que Vasco, l'assistant de la femme de science gravement blessé. Le Protecteur discuta un instant avec le second de Hypathia. Entendant du bruit, Daud invoqua le pouvoir du Vide et se glissa dans un nuage de fumée pendant que Corvo se retrouvait projeté par un meuble qui venait de passer la fenêtre. Les cheveux dressés sur le crâne et le visage déformé avaient remplacé celui fatigué et creux de la femme, le regard halluciné et les mains griffues se posèrent sur le pauvre bougre qui hurlait de terreur et de peur, l'entraînant avec la possédée.
"-Trop lent, siffla Daud en apparaissant devant l'ancien soldat.
Corvo grogna en s'extirpant du meuble.
-J'ai le code du coffre pour l'antisérum, je vais aller le faire.
-Je vais libérer la voie vers le mirador pour que Thomas puisse approcher."
Corvo acquiesça et se téléporta vers la salle des malades conformément aux derniers mots de l'assistant. Daud passa par le volet, endormi le soldat appuyé sur la rambarde et assomma l'élite qui veillait sur l'engin. Il arracha le réservoir d'huile avant de sauter sur un autre soldat en contre-bas pour l'assommer. Thomas accosta avec sa chaloupe.
"-Nous avons un passager surprise, mais pas celui que nous espérions. Reste là, je vais aider Corvo."
Le jeune acquiesça et attendait tranquillement pendant que son maitre retournait à l'intérieur. Un léger mouvement dans l'ombre indiqua à l'assassin que son compatriote était revenu avec le curatif. Corrompre la volonté et l'esprit d'une personne grâce à une solution qui est sensée en sauver, le Duc Abele était plus pervers qu'il n'y semblait. La forme décharnée de la femme réapparue non loin, Daud inspira en grand coup et dégaina son épée. Il s'avança vers ce qu'il restait de Hypathia en armant un carreau d'arbalète.
"-L'odeur du sang...des épices et du tabac...Quel délice...Siffla l'être en portant son attention sur l'assassin. Daud...le meurtrier...Qui de nous deux est le plus dangereux ?"
La furie se jeta sur l'homme, qui esquiva avec une rapidité et une élégance sans pareil. D'un côté un meurtrier violant, sanguinaire et grossier, de l'autre, un assassin errant, précis et discret. Daud dansait alors que Grim Alex s'acharnait avec de grands mouvements furieux. Le combat serait long et épuisant, alors Corvo se glissa derrière la femme grâce à la rapidité du Vide et injecta la dose d'antisérum. Brisée dans son élan, Grim Alex se ratatina devant l'homme, gémissant et tremblant. Quand celle-ci fut calmée, Corvo retira son masque et s'approcha de sa victime qui revenait à elle.
"-Docteur ?
-Oui...Que...
-Filons, coupa Daud, nous lui expliquerons sur le bateau."
Corvo lui jeta un regard noir et aida la femme à se lever et à se dirigea vers la barque. Durant le trajet, Thomas dirigeait l'embarcation en écoutant l'histoire que Corvo comptait à la femme, qui n'en revenait pas d'être le Tueur des journaux alors que Daud s'en grillait une en observant le paysage nocturne.
