Le casse
Pendant que Thomas et Daud volaient les effets personnels de Cienfuegos avant les enchères, Corvo attendait sur le toit. Une fois les assassins revenu, le somnifère glissa dans le conduit d'aération et fini dans un bruit de verre. Le plus jeune resta en retrait pour ne pas gêner les deux hommes. Une fois la porte d'accès au toit passée, les professionnels descendirent les escaliers, rencontrant une garde avachie par terre. Avec la légèreté du Vide, Daud apparu en un instant de l'autre côté du garde, la dépouillant de ses affaires. Corvo le suivi aussitôt mais passa par la porte derrière l'assassin. Il étudia le plan accroché au mur ainsi que les chiffres qui apparaissaient sur une spirale sans fin. Quelqu'un n'aimant vraiment pas Jindosh avait inscrit les numéros d'ouverture sans parvenir à mettre de l'ordre dedans. Le protecteur les mémorisa avant de rejoindre son compatriote.
Descendant au deuxième et ouvrant la porte, les hommes contournèrent le comptoir en pillant allègrement les caisses sans les refermer. Continuant par une porte au fond de la salle, les compagnons contournèrent le garde au sol et tombant dans une salle où une employée dormait. Corvo pilla la caisse la plus loin pendant que Daud atterrissait tranquillement à l'accueil. Après avoir vidé les enregistreuses en les laissant ouvertes, l'assassin appuya sur le gros bouton rouge qui contrôlait l'ouverture générale des portes magnétiques.
Corvo le retrouva en bas et ouvrit une porte sur sa droite, la salle des comptes abritait un garde étendu sur un chariot et deux employés endormis. Après avoir volé tout ce qui avait de la valeur, ils remontèrent au troisième étage retrouvant la première garde qu'ils avaient croisés. Passant par la porte magnétique, protecteur et assassin progressèrent à travers le balcon circulaire jusqu'aux bureaux, ramassant papier et objets de valeur. Ils avaient obtenu le code d'un coffre au sous-sol avant de continuer dans l'autre pièce, qui s'avérait être une salle de réunion vide. Les deux compères passèrent une autre porte en faisant attention au garde au sol. Daud s'empara alors du tableau représentant le Grand Vide.
"-Cienfuegos n'est jamais allé dans le Vide autrement que par ses rêves, pensa l'assassin. Comment a-t-il pu faire une représentation aussi fidèle ? Et comment un simple pharmacien a pu attirer l'attention des Aveuglés ? Il était peut-être l'un d'eux."
Reprenant les escaliers jusqu'au premier étages, le duo s'engagea dans une réserve qui donnait dans le couloir pour accéder à l'atrium. Alors que Corvo allait passer dans les cabines en face de lui, Daud le retint, attirant son attention sur les deux pilonnes foudroyants. Un geste reconnaissant secoua la tête du garde du corps, avant qu'il ne se téléporte sur le plafonnier. Le vétéran le retrouva très vite et indiqua les alcôves où était contenu les réservoirs. Chacun s'occupa du sien et passèrent le couloir jusqu'à la grande porte qui les séparaient de l'atrium.
Dans la grande pièce circulaire, l'ascenseur de luxe remonta sous l'œil blafard de la sentinelle mécanique. Le portail foudroyant bloquait l'accès aux escaliers, les deux amis devaient donc trouver le système d'alimentation. Longeant discrètement les bureaux, ils glissèrent par-dessus la rambarde, récupérant toujours les objets de valeurs çà et là, ils arrivèrent enfin au réservoir de l'autre côté. Une fois devant le système, Daud préféra le recâbler plutôt que le couper, cela aurait attiré l'attention de la machine et réveillé le garde devant le portail.
Une fois passé le carboniseur, les deux quinquagénaires descendirent au sous-sol, lestement, ils s'approchèrent des coffres, pillant leurs contenus en laissant la porte ouverte, le tout en évitant facilement le garde et la machine. Daud en profita pour récupérer le dernier tableau de Cienfuegos et le code sur le garde endormi.
N'aillant plus rien à faire ici, le petit groupe monta jusqu'au deuxième étage avant de se poster devant le microphone où un garde dormait au sol. Avec mille précautions, Daud appuya sur le bouton et la voix endormie de l'autre côté raisonna. Corvo gardait un œil sur le soldat par terre.
"-Hein...Qu'est-ce que ? Bredouilla la sentinelle de l'autre côté de la porte. Merde, le Sergent Peña va me tuer s'il me surprend en train de dormir.
Puis réalisant qu'il parlait dans le micro, il se racla la gorge.
-Le code ? Interrogea le soldat.
-B15D, articula Daud."
Un cliquetis ouvrit la porte accueilli par le ronflement de l'élite au sol. Les deux hommes profitèrent de l'inattention de l'ouvreur pour avancer dans le couloir, passant par les réserves pour contourner le sol électrifié. Restant dans les airs pour éviter le sol électrique, les deux hommes arrivèrent à la salle qui contrôlait l'élévation du coffre. Daud appuya sur le bouton pour que l'ascenseur grimpe jusqu'au bureau de la directrice. La voix du garde de la porte raisonna dans le micro près de Corvo.
"-Eh, brailla l'homme. C'était pas prévu.
-C'est un test, répliqua aussitôt l'assassin d'une voix sûre et autoritaire.
-Quoi ?! Je suis pas au courant, grincha le garde. Pourquoi on me dit jamais rien à moi !"
Daud s'accorda un bref sourire amusé avant de quitter la pièce par la porte à droite.
Corvo le suivit jusqu'au troisième étage et pénétrèrent dans le bureau de Michaels, continuant à piller tout ce qui pouvait avoir de la valeur. Corvo s'approcha du bureau, Daud sur ses talons. Ils observèrent la gravure du couteau, puis l'étrange œil. Fronçant les sourcil, l'assassin étudia l'orbite et grimaça de dégoût.
"-On dirait l'œil de l'Outsider, fit chuchota Corvo.
-Oui, grinça le plus vieux. Continuons...
Le protecteur trouva le bouton de commende qui fit glisser un des tableaux sur le mur. Il vola le charme d'os et la dernière clé alors que le meurtrier étudiait les argentiques.
-C'est un camp minier, remarqua Daud.
-Regarde, commenta Corvo en lui tendant une lettre. Cienfuegos a volé une argentique et l'a envoyé au conservatoire royal. C'était l'un d'eux mais il était trop gourmand, ils l'ont éliminé.
-Au moins on a une piste sur l'accès au Vide, reste à trouver le couteau.
-Le coffre nous attend, argumenta le garde du corps en s'écartant."
Le plus jeune glissa la clé de la directrice pour ouvrir la porte avant de s'approcher des coffres. La suite de chiffres qui avait vu plus tôt lui revenait à l'esprit ainsi que l'une des discussions qu'avait eu Joplin et Sokolov. La suite de Fibonacci, représenté par une spirale infinie. Tournant le cadran des coffre, l'homme en bleu pilla les coffres alors que Daud ouvrait celui où était le couteau. Après quelques secondes, l'assassin tendit le bras et se retrouva projeté dans le Grand Vide, l'Outsider attrapa l'arme et jouait avec.
"-Le temps est une boucle qui se répète sans cesse, commença l'apparition. Et le temps te rattrape même dans le Grand Vide.
-Épargne moi tes petits récits, tu sais ce que je prépare, gronda Daud.
-Il y a quatre mille ans, continua tout de même l'entité. Ce coteau a tranché mon nom pour qu'il soit oublié et ma chair pour faire de moi ce que je suis. Tu sais quel effet cela fait n'est-ce pas, d'être celui que les autres veulent que tu sois ?
-Justement, grinça l'assassin. Je vais mettre un terme à tout ça. Le monde n'a plus besoin d'hommes comme nous.
-Je t'attends Daud, répliqua le jeune homme en lui tendant l'épée. Au centre de toutes choses, là où la réalité se mêle au Vide."
L'assassin se retrouva dans la banque, le couteau crissait dans sa paume, mais le Vide hurlait toujours dans son esprit. Une tempête violente et insupportable faisait rage dans ses pensées. La main de Corvo se posa sur son épaule le ramenant à la réalité, mais les échos de la lame raisonnaient encore au loin. Daud enferma la lame dans son écrin quitta la banque par le toit, Corvo sur les talons. Les deux hommes retrouvèrent Thomas et rentrèrent au Trying Leviathan.
