Ce que je suis vraiment
Les grognements avaient attirés Corvo hors de sa cabine, retrouvant Daud assit sur le canapé, le visage sombre et les yeux morts. Le protecteur l'appela une première fois, sans réponse de sa part, puis une seconde. Comme il ne réagissait toujours pas, Corvo s'accroupit devant lui, posant sa main sur le sienne.
"-Daud, est-ce que ça va ? demanda doucement le garde.
Le regard bleu s'illumina un peu, comme si il voyait la lumière pour la première fois.
-Corvo ? Que...?
Le cœur du garde se ratatina devant l'attitude du serkonien et alors il comprit que quelque chose avait changé en lui. Un sentiment doux et tendre, qu'il n'a pas vu grandir et qu'il ne comprit qu'à l'instant ou les rides contrariées de l'assassin tordaient son visage. Il était tombé amoureux de Daud. Son cœur chavirant devant lui, sa joie de le voir et d'être à ses côtés, la satisfaction de l'entendre parler, le féliciter, planifier chaque mouvements, chaque actions avec lui. Corvo lui avait donné son pardon et maintenant il voulait lui donner plus de chose, un compagnon, un bras sur lequel compter, une âme à aimer. Mais cela n'était pas si simple. Est-ce que Daud accepterait ce qu'il ressent aussi bien que lui ?
Il devait lui dire, lui avouer se qu'il venait de découvrir et espérer que l'homme en face de lui comprendrait et partagerait sa vision.
"-Daud, interpella une dernière fois le protecteur. Je dois dire quelque chose.
Le garde hésita soudain, devait-il vraiment imposé se qu'il ressentait ?
-Depuis peu, il y a un sentiment qui ne me quitte pas. Je n'ai jamais vécu ça pour un homme.
L'incertitude gagna encore plus de terrain, faisant presque devenir honteux le soldat.
-Tout ceci avait l'air tellement plus simple dans ma tête, soupira Corvo.
-Si tu as quelque chose à dire, exprima Daud avec force. Fais le, ou ne le fait pas.
Plus de retour en arrière possible donc, soit il devait mettre son cœur a nu, soit il devait enterrer à jamais cette nouvelle façon de voir Daud. Le protecteur n'aurait jamais cru que l'assassin le laisserait s'expliquer aussi loin, il avait pensé qu'il couperait court à ce moment confus. C'était peut-être un signe, alors Corvo s'engouffra dans la brèche ouverte.
-Je crois...que je t'aime Daud.
La décision en revenait au plus vieux, soit il étouffait dans l'œuf la tentative maladroite de son compagnon, soit il faisait parler cette partie de lui qu'il n'avait jamais laisser vivre.
-Dans une autre vie, commença Daud en se redressant. Tout ceci aurait été très différent.
Corvo se dressa à son tour, toujours face à son allié.
-Notre mission est primordiale. Je ne dis pas que tu dois étouffer tes sentiments Corvo, gronda l'homme devant l'abattement du soldat. Juste, qu'une autre situation s'y serait mieux prêtée."
Ce n'était pas un non explicite, ni un oui définitif, mais un entre deux assez étrange pour un homme tel que la lame de Dunwall. Le plus jeune n'étais pas dupe, étudiant l'attitude distante de Daud, il comprenait que lui non plus ne savait pas quoi faire des sentiments de Corvo et que peut-être lui aussi avait les mêmes doutes.
Le protecteur se détourna et retourna dans sa cabine. Daud regrettait quelques peu de voir le héros des Kaldwin mettre de côté ses aveux, mais il le fallait, pour l'instant.
