Auteur : Nat, qui poste encore un truc random. Voilàààà.
Disclaimer : J'ai une figurine d'Elrond dans ma bibliothèque. Là s'arrête ma possession de la Terre-du-Milieu. Sinon ce texte est bourré de personnages originaux plus ou moins secondaires histoire de donner un entourage à mon semi-Elfe préféré pendant ses études de médecine !
Warning : Que dire, que dire ? Déjà, profusion de OC, en espérant qu'ils ne soient pas insupportables. Certains chapitres pourront être un peu drôles, d'autres un peu déprimants, ça dépendra. L'histoire générale concerne les études d'Elrond, et il se trouve que je ne connais absolument rien au domaine de la santé. J'essaye de faire des recherches (et d'adapter le tout à un univers pseudo-médiéval avec de la magie) pour ne pas dire trop d'âneries dans mes textes, mais je présente d'avance mes excuses si je fais des erreurs ! Ah oui, et ça se passe au tout début du Deuxième Age, si jamais ça vous parle.
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L'arrivée
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2
Erestor
Erestor surveilla du coin de l'œil la course descendante du soleil. Il dardait encore ses rayons à travers le verre teinté de la fenêtre de l'office, mais son éclat ne tarderait plus guère à disparaître derrière les hautes toitures des Maisons de Guérison; et maître Thavroniel ne reparaissait pas. Cela commençait à faire long.
Le regard sombre du Noldo dériva du ciel jusqu'aux parterres de fleurs, là-bas dans le jardin intérieur, auprès desquels la guérisseuse s'était entretenue avec Elrond le matin même. Ainsi que le secrétaire royal l'avait escompté, elle n'avait pas tardé à revenir le trouver pour l'informer de la nécessité d'interroger plus avant son jeune protégé. Erestor n'avait pas pris la peine d'en paraître étonné : ni lui ni Thavroniel n'avaient de temps à perdre avec ces faux-semblants. Il s'était contenté de laisser Elrond entre les mains compétentes des maîtres guérisseurs et s'en était retourné au palais. Il était revenu à la mi-journée, mais le semi-elfe subissait encore les interrogatoires des éminents érudits qui enseignaient à l'Institut; il en avait donc été quitte pour retourner au cabinet ministériel. Une bonne partie de l'après-midi s'était écoulée avant qu'il ne remît le pied aux Maisons de Guérison, et les maîtres n'en avaient toujours pas fini avec Elrond. Erestor avait questionné un apprenti qui n'avait pas pu le renseigner. On lui avait finalement proposé de patienter dans l'office de Thavroniel. Un assistant avait tout de même fini par paraître, suivi par un Elrond aux traits tirés : la journée avait dû être éprouvante pour lui. Son regard fatigué s'était toutefois éclairé lorsqu'il avait croisé celui de son ami, et Erestor avait salué les deux arrivants d'un signe de tête. L'assistant avait vaguement expliqué que maître Thavroniel s'entretenait avec les autres guérisseurs quant à la validité de l'inscription. Elle reviendrait les informer dès qu'une décision aurait été prise à ce sujet. Et il avait disparu.
Depuis, Erestor et Elrond attendaient. Erestor avait trompé son ennui en feuilletant le registre d'inscription oublié sur le bureau. Elrond, assis dans un des sièges disposés de part et d'autre de l'imposant meuble, jouait machinalement avec l'anneau qu'il portait au doigt. Il ne cessait de jeter des coups d'œil furtifs vers la porte de l'office, et Erestor le considéra avec attention.
« Tu me sembles bien nerveux, commenta-t-il. Tes entrevues avec les maîtres guérisseurs ne se sont-elles pas bien déroulées ? »
Elrond tourna vers lui son regard clair.
« Oh, si, répondit-il doucement. Il me semble que si.
-Je n'en doute pas non plus. Qu'est-ce qui te perturbe donc tant ? »
Le garçon haussa une épaule.
« Rien. Seulement… »
Ses yeux gris se plissèrent, une seconde à peine, et leur éclat se para un court instant d'un léger reproche.
« Tu aurais pu me prévenir que leurs interrogatoires seraient si précis. »
Erestor cilla. La remarque lui parut si singulière qu'il songea un instant à ne pas la relever, mais Elrond semblait attendre une réponse. Il se contenta donc de pencher la tête de côté, soutenant le regard du jeune semi-elfe.
« Elrond, ces gens forment les guérisseurs qui consacreront leur vie à la recherche et sauveront des vies dans le royaume tout entier, et peut-être au-delà. Tu ne t'attendais tout de même pas à ce qu'ils ne soient rien de moins que précis ? »
Les pommettes d'Elrond rosirent, ainsi que la pointe de ses oreilles. Il baissa les yeux sur sa chevalière, gêné.
« Je… Mes excuses. Les gens de Númenor n'étaient pas toujours si exigeants, expliqua-t-il à voix basse. J'ai vécu trop longtemps là-bas. »
Un léger soupir lui échappa, mais il ne semblait pas peiné. Au contraire, les traits tirés de son visage se détendirent et, l'espace d'un instant, Erestor se prit à espérer qu'il sourirait. Mais Elrond se laissa seulement aller contre le dossier de son siège, les paupières closes, et murmura :
« Cela fait du bien d'être de retour. »
Erestor hocha la tête. Il n'eut pas l'occasion de lui répondre, cependant : la porte de l'office s'ouvrit et Thavroniel entra enfin, les bras encombrés de dossiers. Elrond se remit aussitôt sur pieds, avec une dignité qui frôlait la raideur, et s'inclina profondément. Quelques mèches brunes glissèrent le long de son visage. Il n'osa pas les replacer derrière son épaule. Sa main gauche lissait discrètement un pli disgracieux de son surcot. Erestor referma le registre qu'il feuilletait et accueillit également la guérisseuse d'une révérence polie.
« Maître Thavroniel, la salua-t-il.
-Seigneur Erestor, répondit-elle en courbant de même la tête. Elrond. »
Elle avait finalement retenu son nom, nota Erestor, et lui plus que probablement son attention. Il s'écarta du bureau que Thavroniel contournait, et sur lequel elle se déchargea de son encombrant fardeau. Les deux jeunes elfes se tinrent immobiles et silencieux tandis qu'elle prenait place dans son fauteuil, ouvrait le registre à la dernière page et préparait son matériel d'écriture. Constatant qu'ils restaient debout, la maîtresse des Maisons de Guérison désigna du bout de sa plume les sièges qui lui faisaient face.
« Prenez place. Encore que cela ne soit plus très long, désormais. »
La guérisseuse soupira et se pinça l'arrête du nez, les yeux hermétiquement clos. Elrond hésitait. Erestor s'assit dans le siège le plus proche et lui fit signe de l'imiter.
« Permettez-moi de vous exprimer à nouveau mon regret d'avoir ainsi abusé de votre temps, maître, énonça-t-il posément tandis que le semi-elfe s'asseyait –et recommençait à triturer nerveusement son anneau. »
Thavroniel rouvrit les yeux pour lui épingler son regard. Erestor fut un peu surpris de ne pas le trouver aussi froid que ce à quoi il s'attendait.
« Pas seulement du mien, seigneur Erestor, et il est précieux pour chacun de nous. Mais votre protégé saura se montrer à la hauteur de celui que nous lui avons accordé ce jour.
-Assurément. »
Elrond s'agita un peu, croisant et décroisant les jambes pour essayer de se donner une contenance. Erestor perçut le mouvement du coin de l'œil, de même que Thavroniel, mais ni l'un ni l'autre ne le releva. L'elfe érudite trempa la pointe de sa plume dans son encrier et nota quelques mots dans son registre. Ce faisant, elle tapota de la main gauche sur l'une des piles de dossiers qu'elle venait de rapporter.
« Ces feuillets, annotés par mes pairs, résument les entretiens exceptionnels qu'Elrond a passés aujourd'hui. Inutile de vous préciser qu'il dépasse, et de loin, le niveau de nos premières années. Je n'ai plus qu'une dernière question : a-t-il, oui ou non, déjà exercé en tant que guérisseur ? »
Erestor la regarda poser sa plume, pointe plongée dans l'encrier, et secoua lentement la tête de droite et de gauche.
« Pas en tant que guérisseur, maître, répondit-il prudemment. Mais la Guerre de la Colère lui a maintes fois donné l'occasion d'en assister. Ainsi qu'à Númenor, si je ne fais pas erreur. N'est-ce pas Elrond ? »
L'attention de Thavroniel se détourna vers le jeune métis, et celui-ci se raidit sous le poids de son regard interrogateur. Il s'éclaircit la voix et expliqua, les yeux rivés sur ses mains :
« Certains avaient appris que je savais préparer quelques infusions. Ils venaient me voir pour des maux bénins ou de petites infections saisonnières. Il m'est également arrivé de nettoyer et recoudre quelques plaies légères. Avant cela… »
Ses doigts glissèrent de nouveau sur sa chevalière. Il parut sur le point d'ajouter quelque chose, mais il se ravisa. Thavroniel dut comprendre, quoi qu'il eût voulu dire, car elle hocha lentement la tête. Elle se détourna enfin de lui et parcourut rapidement la pile de dossiers, s'attardant peu sur chacun d'eux.
« Excellente connaissance du traitement de la douleur, je dois l'admettre, ce qui ne m'étonne guère étant donné votre… passif, dirons-nous. D'une manière générale, de solides bases en pharmacologie. Des bases également suffisantes en anatomie elfique pour traiter des blessures superficielles, énonça-t-elle. Des lacunes sur les articulations et certains systèmes, toutefois. Ensemble fragile en histologie et physiologie, mais une approche éclairée des biostatistiques démontrant un esprit logique et initié aux méthodes d'analyse scientifiques. Sans grande surprise, un niveau plutôt convenable en connaissance des maladies propres aux… »
Erestor surveilla d'un rapide coup d'œil les réactions d'Elrond. Sa chevalière ne tournait plus entre ses doigts. Il avait incliné la tête sur le côté et écoutait, l'air vaguement pensif, mais le secrétaire royal le connaissait assez bien pour voir au-delà de son calme de façade. Il pouvait presque imaginer les rouages tournant dans sa tête tandis que le semi-elfe, il en était sûr, retenait avec attention chacun de ses points faibles –inutile d'essayer de deviner quelles seraient ses prochaines lectures… ni combien de bougies se verraient englouties au cours de ses futures longues veillées de révisions frénétiques. Erestor reporta son attention sur Thavroniel, qui arrivait au terme de son énumération.
« En résumé, conclut-elle, des connaissances pratiques évidentes, mais avec un manque théorique flagrant. C'est souvent ce qui arrive lorsque l'on est formé en urgence sur le champ de bataille, et nous aurons maintenant tout le loisir de pallier à ces lacunes. »
Erestor opina silencieusement. Elrond risqua un bref coup d'œil vers la figure de la maîtresse érudite, avant de fixer son regard sur la plume qu'elle saisissait de nouveau.
« Mes collègues sont unanimes sur ce point, seigneur Erestor : vous aviez raison de réclamer pour lui le passage de la première année. La majorité d'entre eux sont favorables à son entrée en deuxième année. Cependant… »
Erestor perçut un mouvement du côté d'Elrond. Sans détacher ses yeux de ceux de Thavroniel, il se contenta d'opiner de nouveau du chef, attendant la suite. Le regard de la guérisseuse était droit et franc, dénué de la moindre trace de plaisanterie lorsqu'elle déclara :
« Maître Dorollin, maître Nestahir et moi-même estimons qu'il peut entamer dès à présent les cours de troisième année. »
Silence. Erestor cligna des yeux. Lui et Elrond devaient avoir l'air pareillement incrédules, car la maîtresse érudite se sentit apparemment obligée de préciser :
« Si telle est sa décision, une remise à niveau dans ses domaines lacunaires s'impose. Nous pouvons lui proposer une formation accélérée lors de cours du soir. Si bien évidemment… »
Pour la seconde fois, Thavroniel se tourna vers le jeune métis pour s'adresser directement à lui.
« …Vous vous sentez capable d'en supporter la charge. Je tendrais à penser que oui, mais le choix vous revient. »
A ces mots Erestor coula son regard sombre vers son compagnon. Elrond se mâchonnait la lèvre inférieure, visiblement tiraillé entre son désir d'apprendre et sa crainte d'échouer. Cela faisait des années, des décennies presque, qu'il n'avait pas réellement étudié sous la tutelle et la pression de maîtres formateurs. Il s'en sortirait, évidemment, mais au prix de combien de nuits blanches ?
Le jeune garçon dut parvenir à la même conclusion que lui, puisqu'il répondit poliment :
« Votre confiance m'honore, maître. Mais je préfère ne pas présumer de mes capacités. Après toute l'attention que vous m'avez accordée je m'en voudrais de vous causer quelque déception. »
Thavroniel esquissa un sourire.
« Un garçon intelligent, et qui plus est raisonnable. Je commence à comprendre pourquoi Erestor fait si grand cas de vous. Je vous inscris donc en deuxième année, mais vous pourrez toujours assister à des cours particuliers visant à vous préparer à la troisième année, si vous le souhaitez. A l'issue des premiers examens, nous dresserons ensemble un bilan de votre progression, et nous verrons comment vous souhaiterez alors envisager la suite de votre parcours. Cela vous convient-il ? »
Son regard clair oscilla d'Elrond à Erestor, d'Erestor à Elrond. N'ayant plus la moindre objection à émettre, ce dernier se contenta de secouer la tête. La maîtresse érudite recueillit sa signature au bas de la page, sur laquelle elle appliqua aussitôt un buvard. Erestor se leva de son siège, conscient que leur entretien parvenait enfin à son terme. Thavroniel referma donc le registre d'inscription avec un indéniable contentement.
« Bien, déclara-t-elle en se levant à son tour. Ceci étant vu, il me semble que nous en avons enfin terminé. »
La guérisseuse alla d'un pas vif ouvrir la porte de son office, permettant à ses deux visiteurs d'en sortir. Tout en refermant la porte, elle expliqua à Elrond :
« Je vais m'occuper des derniers détails administratifs. Attendez ici, je vous enverrai un de vos futurs camarades pour vous faire visiter les lieux, vous indiquer le programme des cours de ce mois-ci et vous montrer votre chambre. Libre à vous d'y emménager dès à présent. Pour ce qui est des frais de scolarité, je vous laisserai vous arranger demain avec mon intendant. Ah, et une dernière chose, mon garçon. »
Thavroniel chercha à croiser le regard d'Elrond, mais il s'obstinait à le garder baisser. Elle eut finalement un geste d'impatience promptement tempéré.
« Rares ici sont ceux qui ont eu la chance de connaître votre aïeule, Elrond. Alors n'hésitez pas à regarder vos condisciples dans les yeux, ne serait-ce que pour faire semblant d'être poli. »
Le timide Elrond s'empourpra aussitôt. Sur cette bonne parole, et visiblement satisfaite de son effet, Thavroniel tourna les talons et s'éloigna énergiquement en direction des ateliers. Erestor la suivit des yeux jusqu'à ce que ses robes eussent disparu au tournant du couloir. Il reporta alors son attention sur son compagnon.
« Bien. Personne au palais n'est au courant de ton retour, tu as une place ici et tu ne t'ennuieras pas en première année. Es-tu soulagé ? »
Elrond hocha la tête, mais son expression tracassée parlait un autre langage. Erestor devina sans peine ce qui le chagrinait.
« Ne t'inquiète pas des frais de scolarité. Je prendrai à ma charge tes premiers mois de formation et toutes les dépenses qui en découlent jusqu'à ce que tu stabilises ta situation. Les apothicaires de la ville sont très friands des services des étudiants de l'Institut, tu ne devrais pas avoir de difficulté à trouver un emploi chez l'un d'entre eux. Tu peux également t'adresser à l'administration des Maisons de Guérison, ou au service d'entretien des locaux ou des jardins. Nombre d'apprentis travaillent pour eux afin de payer leurs études. Et certaines expériences sont toujours bonnes à prendre. »
A nouveau, Elrond hocha.
« En d'autres circonstances, poursuivit Erestor, je t'aurais invité à demander une bourse d'étude auprès de la Maison des Erudits. Le conseil royal prend très cœur la formation de ses nouvelles élites, indispensables pour consolider son pouvoir. Mais je suppose que tu préfèrerais éviter de voir ton dossier tomber entre des mains trop bavardes, n'est-ce pas ? Je te propose donc d'attendre l'année prochaine pour faire une demande. Et, quitte à rester discret, essaye de ne pas faire de vague. Evite de te faire trop remarquer. »
Le hochement suivant n'en fut que plus énergique. Erestor se pencha entre les colonnades qui agrémentaient le long couloir pour jeter un coup d'oeil à la course du soleil. Il ne put que constater qu'il avait à présent disparu derrière les toits des bâtiments. La journée touchait à sa fin, et il avait encore beaucoup à faire. Elrond, qui avait suivi son regard, haussa un sourcil.
« Tu retournes au palais ?
-Il me reste quelques dossiers à traiter, confirma l'elfe sombre. As-tu toujours les clés de mes appartements ? »
Elrond confirma.
« Bien. Je ne sais pas à quelle heure je rentrerai ce soir, mais tu peux passer prendre tes livres et tes vêtements à tout moment. Aujourd'hui, demain, plus tard dans la semaine, je te laisse juge. Sache que tu seras toujours le bienvenu chez moi. Ne crains pas d'y croiser grand monde, je n'y reçois pas beaucoup, comme tu as pu le constater. »
Un bruit de pas se fit entendre dans le couloir adjacent, approchant tranquillement. Il s'agissait certainement du guide envoyé par Thavroniel. Erestor prit donc son congé aussi rapidement que possible. Si Elrond devait éviter d'attirer l'attention, autant qu'on ne le voit pas trop en compagnie d'officiels royaux. Il ne s'était pas éloigné de dix pas, cependant, qu'Elrond le rappelait. La vision qu'il lui offrit lorsqu'il se retourna manqua de peu de l'attendrir.
« Je te suis infiniment redevable, Erestor, dit Elrond d'une voix assez basse pour que l'inconnu arrivant dans l'autre couloir ne l'entende pas. Merci pour tout. »
Ses yeux de mithril scintillaient de cet éclat auquel le jeune secrétaire ne s'habituerait jamais, mais leur sérieux prouvait la sincérité de sa déclaration. Mais ce qui retint l'attention d'Erestor, c'était que, pour la première fois depuis l'annonce du choix d'Elros et le départ des jumeaux pour Númenor, il pouvait voir Elrond sourire.
Durant une seconde, il en oublia presque de réagir. Puis il employa un ton sévère pour lui répondre, mais il laissa ses yeux s'adoucir –ce qui, il le savait, n'échapperait pas au semi-elfe.
« Ne te méprends pas, Elrond. Je ne te rends pas service, j'investis pour l'avenir. Tout ce que je fais pour toi aujourd'hui, je compte bien me le voir rendu lorsque tu auras brillamment réussi tous tes examens de guérisseur, et que les années de surmenage au service de Gil-Galad me laisseront des élancements brûlants dans les yeux et les doigts, des céphalées à m'en cogner la tête contre les murs et une furieuse envie d'abandonner tous ces nobles gens à tête de pioche pour m'en aller élever des moutons dans la Trouée des Trolls. »
Comme il s'y attendait, le sourire d'Elrond s'illumina et alla même jusqu'à gagner ses yeux.
« Je serai là pour toi lorsque ce jour viendra, affirma le jeune métis avec sérieux. N'aies aucune crainte, j'assisterai à tous les cours de zoologie que l'on me proposera et je serai particulièrement attentif aux chapitres traitant des soins aux ovins. »
Et dans le scintillement de ses yeux clairs, l'espace d'un instant, Erestor crut retrouver l'enfant au sourire taquin qu'il s'était vu confié il y avait des décennies de cela, à la cour de Balar.
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Voilà pour le chapitre d'Erestor et l'inscription de ce brave Elrond aux Maisons de Guérison. J'espère qu'il vous aura plu ! (Et oui, j'avais totalement oublié de le poster ce soir, vous avez eu chaud.) On se retrouvera dans deux semaines pour le prochain chapitre, j'essayerai de poster un autre petit truc la semaine prochaine pour alterner. Bon week-end à vous !
Et j'en profite pour remercier Kemeri ! Comme tu peux voir, la suite directe a été prévue ! :D
