Note : J'ai eu l'autorisation de la merveilleuse cinnabee de traduire une de mes fanfictions préférées et j'en suis extrêmement heureuse ! Si vous savez lire l'anglais, allez lire l'histoire dans sa version originale pour soutenir l'auteure, mais sinon j'espère que cette version traduite vous plaira ! N'hésitez pas à laisser des commentaires que je traduirai et transmettrai à l'auteur !

J'essaierai de mettre en ligne un chapitre par semaine, selon mon emploi du temps, mais si vous avez une question dites le moi ici, sur Tumblr ou Twitter (lien dans ma bio)

J'ai pris quelques libertés dans la traduction pour l'adapter au français (ceux qui ont déjà fait de la traduction savent à quel point ça peut être chiant haha) mais j'ai fait de mon mieux pour que ça reste fidèle au texte original ! Je me suis surtout amusée pour les insultes de Kacchan haha

Si il y a la moindre typo s'il vous plaît dites le moi !

Lien de la fanfiction originale : /works/19388929/chapters/46136923

Twitter de l'auteure : cinnabii


« C'est une putain de blague. »

Katsuki était allongé sur le dos. Il n'était pas dans son lit, ou sur le sol de sa chambre, ni même sur le canapé de la salle commune. La surface sur laquelle il était allongé était dure, froide et étrangère.

« Kacchan, Kacchan, réveille-toi ! » La voix de Deku était remplie d'inquiétude et de panique. Ce qui n'était pas anormal en soi – cet abruti de nerd s'inquiétait à propos de tout et n'importe quoi – mais ce n'était probablement pas une bonne chose quand on ajoutait le fait qu'il ne se soit pas réveillé dans son lit.

« C'est quoi cette merde » siffla Katsuki, donnant un coup de pied avec sa jambe gauche. Une menotte était confortablement installée à la base de son tibia, juste au-dessus de sa cheville et sous le revers de son jogging. La longue chaîne qui s'en échappait claqua violemment sur le sol métallique. Katsuki attrapa une poignée des liens en métal pour les exploser en morceaux, mais...rien. Pas d'étincelles, pas de fumée. Pas d'explosion.

Grognant, il jeta la chaîne en direction de Deku, qui recula pour l'éviter.

« Mon Alter ne fonctionne pas non plus » marmonna Deku. Son t-shirt imprimé 'pyjama' et son short étaient froissés, et il avait l'air d'avoir été, lui aussi, réveillé en sursaut. S'ils s'étaient fait enlever depuis le dortoir de UA, ça n'annonçait rien de bon pour leurs camarades. Mais Katsuki avait ses propres problèmes à régler pour le moment.

« On est mal Kacchan. »

« La. Ferme. » Katsuki sauta sur ses pieds, la chaîne le retenant, alors qu'il faisait rageusement le tour de la pièce. C'était une pièce de trois mètres sur trois, faite d'un métal ordinaire, avec des murs d'environ sept mètres et demi de hauteur. Il claqua la paume de sa main sur l'un, le son produit se réverbérant autour d'eux. « Oi ! » aboya Katsuki. « Faites-moi sortir bande d'enculés ! »

« Kacchan, je pense pas – »

« Lâche-moi, connard ! J'en ai rien à foutre de ce que tu penses ! » Katsuki bouillonnait ; il traversa la pièce pour tester un autre mur. Le poids autour de sa cheville n'arrêtait pas de le narguer, et dans un accès de rage, il attrapa la chaîne et tira violemment dessus. Deku tomba à plat sur le dos avec un petit cri. Katsuki le regarda, puis la chaîne entre ses mains. Son regard passa sur sa longueur serpentant au sol, puis sur un épais anneaux de métal au milieu de la pièce dans laquelle elle passait, pour finir sur la cheville droite de Deku à laquelle elle était attachée.

C'est une putain de blague.

Deku utilisa ses coudes pour se redresser, fixant le plafond. « Aïe. Kacchan, regardes. »

Katsuki regarda. Une ouverture rectangulaire était découpée dans un des murs, contre le plafond. C'était la seule issue et elle était faite d'un métal lisse à sept mètres au-dessus de leur tête. Sans son Alter il avait peu d'espoir de l'atteindre, surtout attaché à Deku depuis le sol.

« Il y a une clé je crois. Suspendue en face de l'entrée. » Deku était toujours en train de parler. Il se mit debout et avança vers le centre de la pièce, faisant cliqueter la chaîne sur le sol.

« J'imagine qu'elle déverrouille ceci » s'aventura-t-il à dire, montrant l'anneau de métal à travers lequel passait la chaîne. « Il y a un verrou avec une serrure dessus. Oh, là aussi. » Il secoua sa jambe menottée.

Katsuki avança pour le voir de lui-même. Épais et solide, l'anneau n'avait pas l'air décidé à bouger. Donc Katsuki décida de le faire bouger. Ramassant trente centimètres de chaîne de chaque côté de l'anneau, il se pencha en arrière et tira. Et tira. Ses muscles le démangeaient et son cœur battait trop rapidement alors qu'il bataillait vicieusement contre la forme de métal ancrée dans le sol, criant « Crève ! » le plus fort possible.

Deux mains couvertes de cicatrices rejoignirent les siennes sur la chaîne. Katsuki serra les dents mais accepta à contrecœur que Deku prenne place à ses côtés pour y ajouter sa force – pas comme si ça allait changer quelque chose. Ils tirèrent et tirèrent mais l'anneau ne bougea pas. Leurs efforts n'avaient pas l'air de l'avoir à peine endommagé.

En dernière tentative, Katsuki commença à frapper le bracelet contre l'anneau. Les bords mordirent sa peau et l'onde de choc résonna jusque dans ses os.

Mais rien à faire, ni l'anneau ni la menotte ne cédèrent.

« On pourra pas le briser sans nos Alters : le métal est beaucoup trop épais. La clé doit être la solution, il faut juste qu'on trouve un moyen de l'attraper ! Et évidement, c'est bien trop haut pour qu'on l'atteigne. Même en montant sur les épaules de l'autre ce serait toujours trop haut. Qu'est-ce qui nous échappe alors ? Je vois rien d'autre dans la pièce. Je pense qu'il doit y avoir – »

Katsuki fit taire Deku avec sa main. « Jamais. Tu. La. Ferme ? » siffla-t-il entre ses dents.

Deku cligna des yeux une fois, deux fois, avant de plisser les yeux et de faire un pas en arrière, faisant lâcher prise à Katsuki. « Kacchan, on... on est attachés ensemble, il faut qu'on travaille en équipe, comme à l'examen final – »

Avec un hurlement de rage, Katsuki se retourna vers le mur le plus proche, mit tout son poids dans sa jambe menottée et frappa le mur de son pied libre. Le bruit de peau cognant sur le métal fut rapidement effacé par l'écho étourdissant du son qu'il réfléchit. Il se recula et frappa encore. Et encore.

Et encore.

Quand le bruit s'effaça enfin, Deku lui lança un regard noir, ses mains couvrant ses oreilles. « T'as fini ? »

La lourde respiration de Katsuki remplissait la pièce. Techniquement, pouvoir frapper quelque chose aidait à étouffer la colère qui bouillonnait en lui. Techniquement. « Non » cracha-t-il.« Ces murs sont creux. Et fins. Tu veux qu'on travaille en équipe ? Fais marcher tes stupides pattes de lapin. »

« Mes... ? Tu veux casser le mur ? Sans nos Alters ? Et la clé alors ? Je pense qu'on est censés – »

« Censés ? » Katsuki se retourna brusquement. « Censés ? Écoutes toi putain. On s'est réveillés dans un donjon et tu veux qu'on joue le jeu d'un vilain, abruti de Deku ? Comme si c'était une putain d'énigme à résoudre ? » Il fit un geste brusque vers le petit objet suspendu bien loin au-dessus de leur tête. « Cette clé stupide ne marche sûrement même pas. Tu la veux à ce point ? Frappe le mur en dessous, elle tombera peut-être, parce que je sais foutrement pas comment on est censés l'avoir autrement. »

Il leva sa jambe pour reprendre là où il en était, mais s'arrêta juste avant d'entrer en contact avec le mur.

Un nouveau son avait commencé à retentir progressivement.

Katsuki baissa lentement la jambe et se retourna vers la seule autre personne dans la pièce, espérant qu'il était la cause du bruissement qui ne faisait que devenir plus bruyant encore.

Mais Deku n'en était pas le responsable. Il tourna plusieurs fois sur lui-même, une expression troublée sur son visage. « T'as entendu ça ? On dirait... »

De l'eau.

Un torrent d'eau éclata depuis l'ouverture en haut de la pièce et vint rapidement cascader le long du mur. L'eau éclaboussa violemment le sol, se répandant rapidement et recouvrant l'espace, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent tous les deux pieds nus dans quelques centimètres de liquide froid.

Génial putain.

« Oh, non » dit Deku, sa voix à peine audible avec le vacarme environnant. Il leva la tête vers Katsuki. « Kacchan – »

« Boucle la » gronda Katsuki, se retournant vers le mur pour lui asséner un autre coup. Un couinement s'échappa de son pied mouillé qui glissa sur le mur en métal, atténuant l'impact.

Des éclaboussements rapides l'alertèrent que Deku venait dans sa direction, la chaîne se mouvant derrière lui dans l'eau leur arrivant aux chevilles. « Ça ne va pas marcher ! »

Katsuki attrapa une poignée de la chaîne et tira dessus.

Deku tomba dans un éclaboussement et un cri. « Qu'est-ce qui va pas chez toi ? » s'étouffa-t-il, ses poings tremblants et des larmes se formant aux coins de ses yeux alors qu'il tentait de se relever. Génial, c'est vrai qu'ils avaient besoin d'encore plus d'eau.

Jetant les chaînes dans l'eau, qui leur arrivait déjà aux mollets, Katsuki écrasa le côté de son poing contre le mur. Il serra les dents. « On est en train de perdre du temps jusqu'à ce qu'on puisse plus rien faire à part laisser l'eau nous emmener à ta précieuse clé, alors si c'est du flan, on est baisés. » Il frappa le mur à nouveau. « Alors arrêtes de me gueuler dans les oreilles. Rends toi utile et démolis ce putain de mur avec moi. Si on peux pas le casser, on devra juste flotter jusqu'en haut de toute façon. »

Avec une rotation vertigineuse qui aurait dû être accompagnée d'étincelles vertes, Deku envoya un coup de pied destructeur contre le mur. La réverbération était assourdissante et Katsuki dû s'en écarter.

Mais le mur tint bon. Il n'était même pas bosselé.

« Ça. Ne. Marchera. Pas ! » cria Deku. Ses yeux scintillaient d'un incendie émeraude quand ils se posèrent sur Katsuki. « Si le mur s'effondre, on sera toujours enchaînés au milieu de la pièce ! Et on peux pas juste flotter jusqu'en haut. Kacchan. Kacchan. La chaîne n'est pas assez longue. »

Katsuki regarda à ses pieds. La chaîne s'enroulait autour d'eux sous presque dix centimètres d'eau.

Puis il leva les yeux.

Et en bas à nouveau.

Bon, Deku n'avait pas complètement raison. La chaîne était juste assez longue pour atteindre la clé.

Pour un des deux.

« Putain de merde » râla-t-il.

L'eau montait à un rythme soutenu alors qu'ils restaient immobiles en silence. Deku frissonna.

« Kacchan » dit-il doucement. Il plaça une main sur le coude de Katsuki, à présent sous l'eau. « S'il te plaît, élabore une stratégie avec moi. »

Katsuki le secoua pour lui faire lâcher prise, faisant clapoter l'eau, un « Crève » marmonné sous son souffle.

Le rire de Deku résonna de façon soudaine et maniaque. « C'est... C'est ce qui va arriver ! » Il éclaboussa Katsuki d'une violente vague comme s'ils étaient juste des enfants s'amusant à la piscine. Katsuki laissa l'eau couler sur son corps. Dans quelques minutes, ça ne fera plus de différence.

« On va littéralement mourir, Kacchan. »

Inspirant brutalement à travers ses dents, Katsuki résista à l'envie de l'éclabousser en retour. « On va pas mourir, abruti. On va juste respirer par roulement jusqu'à ce que l'un d'entre nous arrive en haut. Voilà. Content ? Stratégie. »

« Oh, bien sûr, c'est vrai qu'on est tellement synchronisé, là, maintenant ! On pourra pas se parler quand ça commencera. Il nous faut un système. » L'eau caressait leurs épaules ; ils auront besoin de nager pour se maintenir à la surface d'un moment à l'autre.

Les lumières du plafond étaient bien loin au-dessus de leur tête, mais leur reflet dans l'eau illuminait quand même le dessous du visage de Deku de lumières vacillantes et intenses. La panique et le désespoir se reflétaient dans ses yeux brillants.

« S'il te plaît. »

Katsuki déglutit.

C'est pas comme si il ne pouvait pas coopérer avec Deku s'il y était forcé.

Mais il en avait marre que ce soit la seule fois où ça arrivait.

« La...chaîne. On peux tirer dessus. Quand on a besoin d'échanger. »

Un demi sourire se forma sur les lèvres de Deku, le soulagement évident dans ses yeux. « Ok. Testons ça pendant qu'on peux encore parler. » Ils se maintenaient à la surface en nageant désormais, la chaîne, un poids mort accrochée à leurs pieds en mouvement. Ils n'avaient probablement que quelques minutes avant de devoir commencer à alterner – quand l'eau serait à peu près à la moitié du mur. Deku chercha sous l'eau la chaîne et tira dessus. « Est-ce que tu as sentis ça ? »

Katsuki secoua la tête. Il y avait encore trop de mou, il faudrait plus de –

Soudain, il était arraché à la surface. Il remonta à l'air libre en bafouillant.

« Connard ! » Katsuki donna un coup de pied vers le haut pour se venger, et fut récompensé quand Deku se retrouva immergé à son tour. Quand l'autre garçon remonta à la surface, ses cheveux étaient plats, dans tous les sens et hilarants. « Hah, on dirait un tas d'algues. » ricana Katsuki.

« K-Kacchan ! » protesta Deku, mais il était en train de rire. Comme si leur vie ne tenaient pas au bout d'un fil. Mais la légèreté du moment ne dura pas. « Plus on s'approchera du plafond, plus ça deviendra difficile. Il faudra qu'on retienne notre respiration plus longtemps, celui qui sera sous l'eau ne saura pas quand l'autre atteindra la surface. »

« On tire plusieurs fois alors. On tire quand on arrive en haut comme ça celui sous l'eau ne va pas trop profond. On tire quand on est au fond et qu'on a besoin d'échanger. On tire à nouveau à la surface pour confirmer. Ensuite on bouge tous les deux. Le premier qui chope la clé déverrouille d'abord sa menotte avant de signaler, ensuite on déverrouille l'autre quand on est tous les deux en haut. Compris ? »

Et le sourire était de retour, cette fois brillant et accompagné d'étoiles dans ses yeux. « Compris. Je te fais confiance, Kacchan est génial après tout. »

« Tch. Dis moi ça quand on sera sortit de là. On a presque plus de temps, on fait un vrai test. Je descend et je signale en premier. »

Quand Deku hocha la tête, Katsuki pris une inspiration et glissa sous l'eau. Le liquide remplissait ses oreilles et brouillait sa vue; le calme soudain, déconcertant.

Ça n'allait faire qu'empirer.

Il nagea presque jusqu'au sol et rassembla la chaîne jusqu'à la sentir se tendre. Il tira. Le métal froid sous ses doigts indissociable de celui de l'eau l'oppressant de tout part. Après un temps, il sentit la chaîne être secouée dans ses mains. Katsuki passa à côté de Deku, nageant vers le fond alors que lui-même remontait vers la surface. Jusque là tout allait bien.

Katsuki tira sur la chaîne pour indiquer qu'il était à l'air libre. La tête de Deku surgi juste après le signal retour, envoyant dans toutes les directions des gouttes d'eau brillant comme de minuscules diamants.

« Ok pour toi ? »

« Ok pour moi » confirma Deku, haletant. Il secoua vainement la tête pour enlever ses cheveux et l'eau de ses yeux. « Je pense qu'on est presque au milieu. »

Katsuki grogna. A ce compte-là, il avait juste envie de commencer pour qu'ils en finissent.

« Hum, écoutes, Kacchan » commença Deku, s'approchant assez près pour que Katsuki arrive à compter ses tâches de rousseur. « Ça va paraître bizarre, mais j'ai besoin que tu heu, manges un de mes cheveux. »

Katsuki s'attendait à ce que le nerd lui dise un tas de choses avant que l'épreuve déterminant leur survie ne commence. Bonne chance, tu peux le faire, je crois en toi, Kacchan est génial, je t'aime, ce genre de chose. Ça, c'était pas l'une d'entre elles.

« Hah ? Non. Qu'est-ce que racontes Deku, putain. »

Ils avaient arrêté de monter avec l'eau, la chaîne tendue de façon égale entre eux de chaque côté de l'anneau les gardant ancrés au sol.

« Il faut juste que tu me fasses confiance, All Might t'expliquera, mais j-juste au cas où je m'en sors pas, et que toi oui – »

Seuls leur visage étaient hors de l'eau.

« Genre tu vas mourir sans moi, abruti de nerd. » cracha Katsuki « La. Ferme. »

Les dents de Deku claquèrent et le volume de sa voix augmenta avec la panique alors qu'il tendait un seul cheveux qu'il avait arraché de son crâne. « S'il te plaît, s'il te plaît, Kacchan, j'ai besoin de – »

Mais Katsuki n'entendit pas ce dont Deku avait besoin. L'eau le recouvra avec un gargouillement ; les quelques centimètres qui les séparaient en taille donnant à Katsuki l'avantage de ne pas être submergé en premier. Le poing tenant le follicule incriminant sortait de l'eau, tendu vers l'avant de manière insistante.

Katsuki s'en éloigna, et le soudain mouvement tira complètement Deku sous l'eau. Après avoir regardé de manière insistante l'image déformée de Deku lui renvoyant un regard noir pendant une minute tendue, un coup ferme à sa cheville lui signala le premier échange.

Ça avait commencé.

Le début était simple. Ce système de 'tirer pour signaler' semblait exagéré alors qu'ils montaient et descendaient de seulement quelques centimètres. Même quand le niveau de l'eau monta, la distance à laquelle ils avaient besoin de descendre pour que l'autre puisse respirer était toujours courte, et échanger restait faisable.

Jusqu'à ce que ça ne le soit plus.

Les muscles de Katsuki étaient douloureux et ses poumons le brûlaient. Nager menotté et enchaîné à la cheville était une tâche lente et éprouvante. S'ils ne se déplaçaient pas tous les deux à la même vitesse, la chaîne rendait le tout encore plus difficile en les entraînant vers le haut ou le bas. A chaque fois qu'il plongeait à son tour, Katsuki devait retenir sa respiration un peu plus longtemps. Quand il recevait le signal de Deku comme quoi celui-ci était remonté à la surface, il avait déjà envie de signaler pour échanger leur place. Il résistait. Il devait laisser Deku reprendre sa respiration. Enfin, il résistait au début en tout cas. La situation arriva rapidement au point que leur tour à la surface étaient extrêmement brefs – à peine quelques bouffées d'air avant que le poids de la chaîne de les attire à nouveau dans les profondeurs.

Ils passaient l'un à côté de l'autre dans un silence flou. C'était ce que Katsuki avait voulu depuis qu'il s'était réveillé dans l'habitacle froid et métallique ; que Deku arrête son flot incessant de jacassement. Maintenant qu'ils étaient complètement isolés dans ce sinistre combat sous-marin pour leur vie, il n'était plus sûr que c'était pour le mieux.

Les bords de sa vue étaient en train de s'obscurcir quand il refit surface.

Katsuki tendit son bras le plus, plus, plus, haut possible, jusqu'à ce qu'il sentit son pied être tiré vers le bas ; il frappa l'eau de frustration. La clé était toujours hors d'atteinte. Mais il savait qu'ils nageaient pratiquement jusqu'au sol et qu'ils ne leur restait presque plus de mou. Ils y étaient presque, Deku ou lui l'attraperait au prochain tour.

Deku ne l'attrapa pas quand ce fut son tour.

Émergeant de l'eau avec force, Katsuki se jeta sur la clé. Ses doigts froids et fripés n'agrippèrent que l'air, et il n'arrivait même pas à jurer à chaque essai manqué à cause du claquement de ses dents. Allez, allez ! Deku allait signaler à nouveau d'une seconde à l'autre et il devait, il devait attraper la clé maintenant. C'était à peine s'il avait réussi à atteindre la surface cette fois. Enfin, après ce qui sembla être une éternité, la clé se détacha du crochet auquel elle était accrochée. Un rire hystérique lui échappa alors qu'il teint la clé en l'air. Victoire.

Alors que Katsuki la dirigea vers sa menotte pour se délivrer, une petite carte attachée à la clé scintilla grâce aux lumières réfléchies par le liquide. Ses mains tremblantes arrivaient à peine à rester immobiles pour lui permettre de lire la petite inscription : 'Ne fonctionnera qu'une fois.'

Si Katsuki se libérait, il pourrait sortir de l'eau immédiatement. Deku serait capable de remonter à la surface mais la menotte désormais vide de Katsuki ne passerait pas dans l'anneau – il resterait coincé à nager pour se maintenir hors de l'eau jusqu'à ce que son corps ne s'épuise et qu'il ne se noie.

Pour qui ces enculés le prenaient-ils ?

Katsuki serra les mâchoires, attendant le signal.

...

Mais il ne vint pas.

Il tira sur la chaîne.

...

Rien.

« Putain » jura Katsuki avant de plonger, la clé entre ses dents. Son cœur, déjà épuisé et battant rapidement pour donner à son corps le peu d'oxygène mit à sa disposition, battait à ses oreilles alors qu'il descendait. Deku ne remontait pas. Deku ne remontait pas.

Katsuki le vit à travers le liquide trouble : flottant sans vie au fond de l'eau, ses cheveux verts ondulant autour de sa tête.

Ça avait intérêt à putain de marcher.

Si ça ne marchait pas, Katsuki ne pourrait pas tirer Deku jusqu'à la surface. Il se noierait.

Il était déjà en train de se noyer.

Il n'y avait pas le temps de réfléchir. Les doigts de Katsuki étaient lents et engourdis quand ils attrapèrent la clé dans sa bouche et la dirigèrent vers la serrure ; les lumières du plafond et sa vision floue lui offrant à peine assez de visibilité pour réussir du premier coup.

Il sentit le mécanisme se détacher alors que la clé se brisa net. Le son résonna dans ses os au lieu de ses oreilles et le soulagement le traversa en même temps.

Personne ne peut voir si on pleure sous l'eau.

Avec le verrou défait, l'anneau s'ouvrit facilement et Katsuki libéra la chaîne de son emprise, il referma l'anneau d'un coup sec pour ne pas que la chaîne s'y accroche pendant leur remontée – quelque chose comme ça leur serait fatale.

Il était entouré d'eau mais ses poumons étaient en feu.

Et sa tête le martelait et ses muscles hurlaient mais merde, comme si il allait les laisser se noyer maintenant alors qu'ils avaient gagné.

Katsuki attrapa la chaîne accroché à la cheville de Deku, le remorquant à l'envers alors qu'il fonçait vers la surface. Il aurait dû être ralenti avec deux personnes et l'utilisation limitée de son bras droit, mais la poussée d'adrénaline dans son sang le faisait traverser l'eau aussi vite qu'un dauphin à pleine vitesse malgré le poids qu'il transportait.

Les ténèbres autour de lui se rapprochaient.

Presque, presque.

Des bulles passèrent la barrière des lèvres de Katsuki.

J'y suis presque.

Ses poumons s'agitaient dans sa cage thoracique, ayant désespérément besoin d'une inspiration.

Crève !

...

Avec une dernière poussée brutale, Katsuki échappa à la mort glacée qui s'accrochait à lui, envoyant gouttes d'eau et salive autour de lui alors qu'il haletait brusquement, inhalant tout l'air qu'il pouvait. Il sortit la tête de Deku de l'eau et dans le passage de la sortie, mais. Pas de respiration. Pas de puissante prise d'air ou de toussotement. Pas de sourire ensoleillé ou de surnom venu de leur enfance.

L'eau s'était arrêté de couler et était miraculeusement au niveau de la sortie au moment où Katsuki et Deku étaient remontés à la surface pour la dernière et ultime fois. La moindre molécule de son corps hurla en contradiction avec ses actions quand Katsuki souleva Deku hors de l'eau, par le passage, avec un bruit mouillé.

Katsuki rampa au-dessus du corps inconscient de Deku. Son visage était anormalement pâle. Bien plus pâle qu'il aurait dû l'être. Pas de rougissement subtil à cause de leur proximité, pas de rougissement évident à cause de la gêne d'être passé à côté de la mort.

« Allez, abruti de nerd » aboya faiblement Katsuki ; il était lui-même tremblant et pantelant. Il souffrait probablement d'hypothermie. « Meurs pas tout de suite. »

Risquant un regard dans le couloir à la recherche de danger immédiat – juste un long passage et une porte – Katsuki laissa son entraînement prendre le dessus et commença la procédure de réanimation.

Pas de respiration. Pas de pouls.

Ne pense à rien. Ne pense à rien. Fais le, c'est tout.

Compression thoracique, vérifier la respiration.

Pas de respiration. Pas de pouls.

Est-ce que c'était la fin ?

« Putain, Deku » s'étouffa Katsuki. C'était pas comme ça que c'était censé se passer.

C'était pas comme ça qu'il était censé gagner.

Ses doigts tremblants, Katsuki inclina la tête de Deku vers l'arrière et releva son menton. Pincer son nez fermement. Lui donner deux insufflations, suivies de compressions de la poitrine.

Un premier baiser bien merdique.

Deux insufflations. Compresser la poitrine.

Sa peau était aussi gelée que de la glace.

Pas de respiration.

Pas de vie.

Plus de Deku signifiait plus de gamin chiant traînant derrière lui, toujours assis derrière lui en cours, lui posant des questions stupides, se battant à ses côtés, marmonnant sans cesse –

« Dis quelque chose, putain, espèce de sous-merde ! » rugit Katsuki, et enfin, enfin, Deku bredouilla, toussant violemment avant de rouler sur le côté pour vomir, crachant encore plus d'eau sur le sol métallique trempé.

Katsuki tomba sur le cul, tremblant, son cœur battant contre son crâne et l'adrénaline créant un courant d'électricité sous sa peau.

« Putain » souffla-t-il.

Le silence en l'absence du torrent d'eau était assourdissant ; seulement brisé par des claquements de dents et des toussotements humides. Le réservoir d'eau clapotait gentiment à côté de l'entrée, comme s'ils n'avaient pas failli s'y noyer quelques instants avant.

« Ka » dit finalement Deku d'une voix rauque. Ses yeux verts perdus dans le vide regardèrent autour d'eux avant de se poser sur Katsuki. « 'M'a sauvé. » murmura-t-il doucement, accompagné d'un sourire vacillant.

« Ouais, ouais » grommela Katsuki. « T'y habitues pas. Est-ce que t'as fait exprès de pas faire le signal ? »

Quand Deku ouvrit la bouche, sa voix était calme et rauque. « 'Savais que je tiendrai pas le prochain tour. 'Savais que tu l'aurais. 'Devais te faire gagner du temps. »

Soufflant, Katsuki commença à bouger la chaîne. Ils devront avancer avec. « Abruti. T'aurais pu mourir. »

« 'Savais que ça arriverai pas. 'Savais que tu me sauverais. Kacchan est génial. »

Katsuki sentit ses joues se réchauffer, sensation si étrangère sur son visage glacé.

« Tch.»

Il lança un regard vers le couloir et la porte. Est-ce que ça y est ? C'était fini ? Katsuki avait du mal à croire qu'ils étaient hors de danger. Seraient-ils capables d'affronter ce qui allait suivre ? Ils étaient tous les deux à moitié morts, Katsuki s'en sortait un peu mieux parce qu'il ne s'était pas noyé.

Deku tenta pathétiquement de couvrir son corps frissonnant de ses bras, comme s'il avait une chance de trouver de la chaleur dans ses membres frigorifiés. « J'froid, Kacchan. » articula-t-il.

Un frisson traversa le corps de Katsuki. Lui aussi avait froid. Il avait juste envie de s'allonger et de dormir pour toujours, de sombrer dans le doux cocon offrant le chaleureux confort qu'il méritait amplement à son esprit terrifié et son corps douloureux. Mais est-ce qu'ils avaient survécu à ce cauchemar seulement pour mourir dans un couloir ?

Fuck that.

« Lève-toi » grogna Katsuki.

Un gémissement soufflé fut la seule réponse qu'il reçu.

« Debout. Maintenant. Je peux pas porter ta carcasse à ta place, tête de cul. » Katsuki se releva sur ses pieds d'un coup, s'appuyant lourdement contre le mur alors que sa vision noircissait complètement. Pas un bon début ça.

Deku réussi à se relever sur ses mains et ses genoux, mais s'arrêta là. Katsuki aurait dû rire. Le voilà cet emmerdement constant, prostré devant lui, incapable de lever sa tête débile. Mais maintenant, tout ce que voulait vraiment faire Katsuki était de ramasser cet idiot et le mettre dans un lit d'hôpital, juste avant de se laisser tomber dans un lit lui aussi.

Katsuki doutait beaucoup qu'il y aient des lits derrière cette porte.

« Si tu dois ramper, rampes » lâcha Katsuki. Il avança d'un pas tremblant. « Cette porte va soit nous aider, soit nous blesser, mais on mourra si on reste ici dans tous les cas. Alors bouges putain. »

Alors ils bougèrent.

Ils devaient donner une piètre image d'eux-mêmes, avançant petit à petit vers la porte, la chaîne cliquetant derrière eux alors qu'ils chancelaient, vacillaient et rampaient. Ils laissaient derrière eux un chemin humide laissé par des vêtements trempés et des larmes versées. Des sanglots à peine retenus faisaient écho autour d'eux, mais de savoir à qui ils appartenaient resterait une vérité prisonnière de ce couloir pour toujours.