Note : Voilà le deuxième chapitre ! Un chapitre plus calme avant la suite de l'histoire... Je pense que je m'améliore dans ma traduction (j'espère que des fautes ne m'ont pas échappé haha), je reprendrai sûrement le premier chapitre pour le modifier un peu...

Bonne lecture !


Ils allaient atteindre la porte lorsque celle-ci s'ouvrit.

Une main attrapa Izuku par son col, et d'un coup sec, il bascula sur le seuil. Il pouvait seulement prier qu'il s'agissait de Kacchan qui le traînait sur le sol ; il était incapable de lever sa tête, bien trop lourde, encore moins de se défendre.

La porte se referma derrière eux d'un coup.

S'arrêtant à, ce qu'Izuku pouvait vaguement identifier comme étant le centre de la pièce, la main lui tenant la nuque le lâcha sans avertissement et il s'effondra sur le sol. Izuku se sentait moins comme une personne et plus comme un sac d'organes et d'os, mouillé et engourdi.

« Déshabille-toi. Maintenant. »

Ok, c'était la voix de Kacchan. Mais ce qu'il disait n'avait aucun sens.

Un splash mouillé alerta Izuku que le débardeur de Kacchan avait été jeté au sol, où son visage était toujours pressé. Avant qu'il ne comprenne ce que cela impliquait, son propre t-shirt trempé était retiré de sa peau humide. A un autre moment, Izuku aurait probablement été mortifié, aurait pousser un cri aigu en protestation ou aurait bafouillé sous la gêne.

Mais il ne pouvait rien faire.

Il était juste tellement fatigué.

« Tu vas vraiment me faire t'enlever ton putain de short ? Deku. » Un orteil vint pousser les côtes nues d'Izuku sans gentillesse. « Tu vas... Tu vas juste crever là, hein ? Me faire traîner ton cadavre, attaché à ma cheville, en dehors de ce trou à rat ? »

Les mots de Kacchan étaient durs mais le ton n'y était pas. Il n'était pas en colère.

Il avait...peur.

Kacchan n'était pas censé avoir peur.

« Kacch » essaya faiblement Izuku. Tellement fatigué. Mais il devait, il devait. Pour Kacchan. Ses mains s'enroulèrent mollement autour de la ceinture détrempée de son short, le faisant passer lentement et douloureusement par-dessus ses hanches. Il ne savait pas pourquoi il enlevait ses vêtements, mais si Kacchan avait une raison, Izuku lui faisait confiance. « Enlève tout, sale nerd ! Putain, tu... t'es dans les vapes à ce point ? Merde. Merde. Putain ! Ok, ok. Je gère. »

Quelque chose de chaud s'infiltra dans la poitrine d'Izuku ; la seule chaleur qu'il sentait depuis une éternité.

Le sous-vêtement d'Izuku suivi rapidement son short, les deux vêtements regroupé à la base de son pied droit, juste au-dessus de la chaîne le reliant toujours à Kacchan. Les mains sur son corps le déplaçaient de droite à gauche, jusqu'à ce qu'il soit assis. Son dos se retrouva pressé contre de la peau humide et oh, c'était bizarre non ? Mais il faisait confiance à Kacchan. Quelque chose de doux l'enveloppait, et la douleur dans sa poitrine s'apaisa petit à petit quand il expira.

« Je sais pas pourquoi ils nous donne ça si ils veulent nous tuer. » marmonna Kacchan, le timbre cassé de sa voix passant à travers le corps d'Izuku. « Mais putain... reste envie, Deku. »

Izuku allait essayer. Il le devait.

Kacchan n'avait pas encore mangé son cheveux.


Juste un petit peu plus longtemps accroches toi tu peux le faire ça va le corps humain peut survivre sans oxygène pendant à peu près quatre minutes ça en fait à peine une je veux dire j'ai à peine pu respirer mais c'est bon Kacchan va l'avoir il est plus grand ses bras sont plus longs j'en peux plus oh mon dieu oh mon dieu ça fait tellement mal je lui ai pas donné One For All tout est fini non non non Kac ch a n

Respirer de la glace et du feu et du verre, l'obscurité tout autour, creusant, brûlant, il s'étouffe, crie –

Izuku se réveilla en sursaut, son cœur battant la chamade, se débattant contre la pression l'étouffant – jusqu'à ce qu'une voix brusque n'arrête sa panique.

« Oi, arrêtes, abruti ! »

Kacchan. Izuku soupira de soulagement. C'était juste Kacchan. Kacchan, dont les bras nus enveloppaient les épaules nues d'Izuku ; ses jambes nues entourant ses côtes nues, son torse nu pressé contre le dos nu d'Izuku. Une couverture était enroulé autour d'eux et Izuku se sentait presque au chaud, même si aucune chaleur entre eux n'était de taille face à celle qui se répandait sur son visage.

C'était juste un rêve à cause de la fièvre, pas vrai ?

N'osant pas bouger, Izuku lança un regard furtif à la pièce. Il n'y avait presque rien dedans : mise à part la couverture, eux-même ainsi que leurs vêtements, les seules choses présentes étaient une cheminée éteinte pleine de bois et un seul ensemble d'habits (un court déshabillé et un pantalon) était accroché à côté. Une porte sur leur gauche devait être la sortie. Une horloge digitale avec un compte à rebours était accrochée au dessus, menaçante, les chiffres décroissants toutes les minutes indiquaient qu'il restait seulement quatre heures.

« T'es vivant ? » La voix de Kacchan était basse et rauque, et Izuku eu du mal à réprimer le frisson qui le parcouru quand elle résonna si près de son oreille. Ils étaient dans une des pires situations dans laquelle ils pouvaient être et ce n'était pas le moment d'être embarrassé par leur proximité, même s'ils n'avaient aucun vêtement et que leur corps se touchaient.

Izuku essaya de répondre mais seul un charabia inaudible sortit de sa bouche. Sa propre voix n'était pas reconnaissable, encore plus grave que celle de Kacchan – on aurait dit qu'il avait avalé des pierres. Il déglutit et recommença.

« On est nus. »

Kacchan renifla. « Rend pas ça putain de bizarre, pervers. 'Seule façon de rester au chaud. »

Hypothermie. Le cerveau embrumé d'Izuku réussissait à arriver à cette conclusion. Leur entraînement basique à la survie leur avait appris que garder la chaleur corporelle était primordial, que les vêtements mouillés étaient une peine de mort, et que le contact peau contre peau pouvait sauver une vie. Kacchan était tiède désormais, mais il devait avoir encore bien froid quand il les avait enveloppé tous les deux dans la couverture. Izuku n'avait aucune chaleur corporelle à lui rendre.

Le fait que Kacchan accepte de son plein gré de serrer son corps nu contre Izuku pour lui sauver la vie était...hum. Izuku était sûr que s'il avait demandé, la veille, si Kacchan voulait bien faire tout ça, au mieux il aurait reçu un crève en réponse, et au pire Kacchan aurait menacé Izuku de le jeter dans un lac glacé pour lui prouver le contraire.

Mais Kacchan était un héro. Donc ce n'était pas une surprise, pas vraiment.

« Merci, Kacchan » murmura Izuku.

« Peu importe. »

Un faible sourire étira les lèvres d'Izuku avant que son attention ne se reporte au-delà de leur bulle protectrice. Contrairement aux murs et au sol en acier gris de la salle où ils avaient failli se noyer, cette pièce était peinte d'un blanc aveuglant et éclairée par des bandes de lumières d'un blanc similaire le long des bords au sol. On aurait dit une image sortie d'un magazine de décoration moderne : minimaliste et froide, mais étrangement intime et rien à voir avec le donjon d'un vilain. Et tout était blanc. Les vêtements suspendus étaient blancs, la couverture les enveloppant était blanche, même le bois était blanc. Du bouleau, lui dit inutilement son cerveau.

La seule chose de couleur était l'horloge digitale noire et rouge, juste au-dessus de la porte. « Pou'quoi le compte à r'bour ? » demanda Izuku paresseusement. Il toussa sèchement, essayant de chasser le chat dans sa gorge. « J'en sais foutre rien. Ceux qui nous ont mis là ont dit que dalle. La porte est verrouillée. Quoi qu'il arrive, ça se passera sûrement dans quatre heures, 'a commencé à six. J'essaie de pas crever entre temps. »

Les yeux d'Izuku parcoururent la pièce avant de retourner sur la cheminée. « J'magine qu'on p'pas 'llumer...ça » dit-il d'une voix rauque en inclinant la tête vers la cheminée. Izuku avait retrouvé un peu de sa force, mais la température de leur corps était toujours dangereusement basse. Le simple fait de formuler des mots à travers l'épais brouillard qui enveloppait sa tête et sa bouche demandait un véritable effort.

« Pas à moins que tu me rendes mon Alter. »

Huh. Qu'est-ce qui supprimait leur Alter ? Izuku avait d'abord pensé qu'ils avaient été drogués, mais aucun suppresseur d'Alter dont il avait entendu parlé ne durait plus de deux heures sans ré-application. Les menottes accrochées à leur cheville étaient sa théorie suivante, mais ils les avait enlevé... Attends. Izuku pouvait toujours la sentir sur sa jambe droite, et celle de Kacchan était pressée contre sa jambe gauche. Il réalisait vaguement qu'ils avaient traîné la chaîne avec eux tout ce temps.

« Qu'est-ce 's'est passé avec l'clé ? »

« S'est cassée. Une seule utilisation, si t'arrives à imaginer qu'une merde pareille existe. Devais l'utiliser sur l'anneau au sol. En tout cas c'était ce qu'il y avait marqué sinon t'aurais été bien baisé. »

Oh. Oh. Kacchan continuait de sauver Izuku encore et encore. S'il l'avait utilisé sur lui-même, Izuku serait sûrement resté coincé dans l'eau. Il serait mort. Mais Kacchan aurait pu sortir de l'eau plus rapidement et il n'aurait pas eu aussi froid et il n'aurait pas eu à traîner Izuku ou à se serrer nu contre lui et si les menottes étaient ce qui supprimait leur Alter alors il aurait retrouvé le sien donc il pourrait allumer la cheminée et –

« Putain... T'es sérieux là ? Tu pensais vraiment que j'allais te laisser crever ? »

Izuku s'immobilisa. Même si les mots qu'il avait marmonné étaient brouillés et incohérents, ils avaient apparemment étaient assez clairs. Il ne pouvait même pas couvrir sa bouche traîtresse de ses mains car celles-ci étaient piégées sous la couverture.

Au moins, la montée d'adrénaline l'avait pleinement réveillé.

« N-Non, j'ai juste » bégaya Izuku, ses joues en feu. Kacchan était génial, il était un héro. Évidemment qu'il n'allait pas choisir la facilité par rapport à la vie d'une personne. Mais. Est-ce qu'il n'aurait pas fallu que Kacchan survive, plutôt qu'ils meurent tous les deux d'hypothermie ?

« J'ai juste... juste pensé que tu aurais eu plus de chances sans moi, sans ça, avec ton Alter, si les menottes sont ce qui les bloquent. Sans ça, on pourrait mourir tous les deux. »

Kacchan se pressa sèchement contre les côtes d'Izuku, et si Izuku ne le connaissait pas aussi bien, il aurait pu catégoriser ça comme un câlin.

« T'es juste un putain d'idiot qui se sacrifie tout le temps, abruti de Deku. » grogna Kacchan juste dans l'oreille d'Izuku, ce qui lui envoya des frissons directement dans la colonne vertébrale. « T'étais prêt à sacrifier ta vie à la seconde où l'eau a débarqué. J'aurais dû savoir que t'aurais fait cette connerie de te noyer quand t'as agité ton cheveux dégueulasse sous mon nez, en disant de la merde comme quoi t'allais pas t'en sortir. C'était quoi ce bordel d'ailleurs ? »

Le corps déjà glacé d'Izuku se refroidit encore plus. A ce moment-là, il était désespéré – il n'y avait pas le temps d'expliquer, et honnêtement aucune garantie qu'il n'aurait pas donné le One For All juste pour qu'il disparaisse avec le dixième porteur quelques minutes après. Et il l'aurait donné à Kacchan quand il aurait perdu connaissance. Mais Izuku avait, contre toute attente, survécu, et, parce que Kacchan avait refusé, l'héritage d'All Might reposait encore dans ses veines.

Si quelqu'un les observait, Izuku en avait sûrement dit déjà trop ; il ne pouvait pas en dire plus pour le moment. Mais la pièce suivante pourrait se révéler fatale pour lui. Ne devrait-il pas faire ingérer son ADN à Kacchan juste au cas où ? Comment est-ce qu'il allait y arriver sans l'expliquer bon sang ?

Izuku passa ses options en revue, décidant finalement de croire en les capacités de déduction de Kacchan.

« Tu, hum. Te souviens de notre combat au terrain beta ? »

Kacchan était silencieux. Évidemment qu'il s'en souvenait, c'était arrivé il n'y a pas si longtemps – quand Kacchan avait mis Izuku au pied du mur à propos d'avoir reçu son Alter d'All Might. Si Kacchan avait réussi à deviner ça, alors peut être qu'il arriverait à –

« Je prends rien de ce que tu me donnes, connard » lâcha Kacchan, sa phrase ponctuée par un claquement de dents sec.

Ah. Kacchan était génial après tout.

« C'est pas – Je veux dire, c'est pas automatique... Je heu, finaliserai la chose seulement si j'allais vraiment mourir. » grimaça Izuku. Il en disait définitivement trop. Il invitait pratiquement des vilains à prendre le One For All, ou que Izuku explique de quel bordel ils étaient en train de parler. Sûrement par d'horribles moyens que Izuku ne voulait absolument pas expérimenter.

« La ferme. Tu meurs pas. Point final. »

Izuku ferma les yeux avec force. C'était vraiment très dur de digérer tout ce qui les avait amené jusque là : à quel moment Kacchan était passé de lui dire de sauter du haut d'un immeuble, à insister fermement que Izuku ne mourrait pas ici ? De vieux sentiments déroutants refaisaient surface et Izuku pouvait sentir son pouls s'accélérer en réponse.

C'était vraiment pas le moment pour ça.

Il prit plusieurs inspirations lentes et profondes par le nez pour essayer de calmer les battements assourdissants de son cœur que Kacchan pouvait sûrement sentir avec leur corps pratiquement imbriqués l'un dans l'autre. Ce qui n'arrangeait pas les choses ! Inspirer, expirer. Inspirer, expirer. Inspirer... Attends. Son cerveau reconnu quelque chose qu'il inspirait : quelque chose qu'il était si habitué à sentir qu'il ne l'avait pas reconnu comme une odeur inhabituelle.

Au diable la prudence, Izuku chercha une des mains de Kacchan sous la couverture, l'arrachant à sa tâche de garder leur poche de chaleur fermée. Kacchan siffla au moment où l'air froid entra en contact avec lui, la refermant vite avec son autre bras.

« Qu'est-ce que tu fous, le nerd ? » grogna Kacchan, mais permis à Izuku d'amener sa main à son visage.

Fumée, sucrée, comme du sucre brûlé.

L'eau l'aurait nettoyé si ça n'avait été qu'un reste datant d'avant leur capture.

« Kacchan » dit Izuku, tremblant. « Ta sueur. Elle est toujours efficace. »

Kacchan lança immédiatement son bras vers l'avant, fléchissant sa main. Mais, rien.

« Tch » cracha Kacchan. « Je peux pas la faire exploser. »

Le cœur d'Izuku se serra. Ils devaient vraiment allumer ce feu. Mais cela voulait au moins dire que le suppresseur ne pouvait pas aller à l'encontre de la biologie de Kacchan, même si il pouvait empêcher ses explosions. C'était toujours ça.

« P-Peut-être qu'on pourrait l'utiliser pour aider à enflammer le bois ? Si on arrive à faire une étincelle en entrechoquant les menottes ou les chaînes ensemble par exemple ? »

Kacchan fit claquer sa langue et resta silencieux pendant un moment. « Ça vaut le coup d'essayer. » dit-il finalement. Il se leva, emballant adroitement Izuku dans la couverture avant d'aller vers les vêtements accrochés au mur. Nu.

Izuku détourna le regard.

Même si c'était une très belle vue.

Sérieusement Izuku ?

« On peux se battre après pour savoir qui porte quoi, mais pour l'instant je met cette merde. » dit Kacchan. Izuku gardait ses yeux fixés au sol pendant qu'il se changeait ; quand il les leva à nouveau, Kacchan remontait la fermeture éclair cousue sur la jambe gauche du pantalon. Huh. C'était presque attentionné, généreux – un pantalon normal n'aurait pas pu passer sur la chaîne. Mais ce n'était pas attentionné, c'était réfléchi. Généreux aurait été de leur donné un autre pantalon. D'autres clés. Un chauffage. De la nourriture. Quelqu'un pour les soigner.

Ne pas les enlever en premier lieu.

Kacchan plongea ses mains dans les poches du déshabillé et en sortit quelque chose de petit et sombre. « Un silex. Peut être qu'on va pas mourir de froid après tout. »

La chaîne claqua derrière lui alors qu'il alla s'agenouiller devant la cheminée, traînant son jogging et boxer sur le sol. Ce qui aurait pu être drôle si ça n'avait pas été un rappel brutal à la dangereuse situation dans laquelle ils étaient toujours : enchaînés l'un à l'autre dans une chambre froide et verrouillée, sans même un ensemble de vêtements secs pour chacun.

Izuku regarda silencieusement Kacchan frotter et arranger le bois dans la cheminée avec des mouvements assurés, plaçant les plus grosses bûches sur le côté. L'entraînement en milieu sauvage de Kacchan était clair – même si ça faisait probablement un moment qu'il n'avait pas allumé de feu sans son Alter. Izuku n'aurait même pas su comment allumer un feu avec un silex.

Regarder les mouvements méthodiques de Kacchan commencèrent à le faire somnoler. Imaginer se réchauffer devant un feu chaleureux ne faisait pas vraiment fuir l'horreur de la situation dans laquelle ils étaient. Pourquoi y avait-il une cheminée ici en premier lieu ? Pourquoi leur offrir une chance de survie ?

« Oh » s'écria Izuku, se secouant pour se réveiller alors que Kacchan relevait sa jambe pour mieux positionner la menotte dans le but de créer des étincelles. « Vérifie la cheminée d'abord ? »

Kacchan lui lança un regard sceptique mais pencha tout de même la tête sous la petite ouverture. Après avoir regardé dans le conduit, il y plongea son bras et le ressortit avec un rouleau de papier dans sa main.

Le cœur de Izuku se mit à battre plus fort.

« Comment t'as su putain ? »

« Je savais pas » admit Izuku. Il batailla contre la somnolence floue dans son cerveau pour s'expliquer clairement. « Juste une intuition. Le fait qu'il y avait un moyen de survivre à la salle avec l'eau, et que celle-ci existe, veut dire que quiconque a fait ça ne veut pas seulement nous tuer. Je veux dire, pourquoi ne pas juste nous enchaîner au sol si ils voulaient nous noyer ? Pourquoi mettre une clé ? Pourquoi avoir un moyen de sortir ? D'ailleurs, pourquoi ne pas juste nous tuer pendant qu'on dormait ? »

Kacchan grogna, interrompant les questions d'Izuku. « Va à l'essentiel ! »

Izuku déglutit. « Ils nous donnent une chance mais ils ne nous rendent pas les choses faciles. Une clé qui ne peux s'utiliser qu'une fois pour trois options. Abandonne quelque chose pour avoir autre chose. Il y avait un silex dans le déshabillé, et du bois... ils voulaient qu'on allume ce feu. Ils savaient qu'on n'aurait pas le choix. Je me suis dit qu'il y aurait une ruse ; quelque chose qui serait compromis si on allumait le feu. »

Avec un soupir, Kacchan déroula le papier et plissa les yeux. « Zéro, zéro, un, trois. C'est tout. Juste un putain de numéro. »

« Oh mon dieu » gémit Izuku, tirant la couverture pour qu'elle recouvre son visage. « On est dans un vrai escape game. »

« Hah ? Un quoi ? »

Izuku sortit la tête, fronçant les sourcils. « Je veux dire, pas vraiment mais... C'est des activités de groupe où tu résous des énigmes, et il faut toujours rassembler une série de codes et de clés. Je pense que le nombre doit possiblement déverrouiller quelque chose. Dans la pièce suivante sûrement, puisqu'il n'y a pas de clavier sur la porte. »

« Donc on est juste en train de jouer à un jeu malsain pour sauver nos vies, génial. » gronda Kacchan, fourrant le papier dans sa poche avant de retourner à sa tentative d'allumer le feu. « Tu vois abruti de Deku ? Si je t'avais laissé te noyer j'aurai juste allumé ce truc et brûlé le papier. Donc voilà. »

C'était beaucoup plus le genre de Kacchan de considérer l'implication de quelqu'un d'autre comme une gêne que d'admettre que ça l'avait aidé. C'était une petite concession, même pas un merci direct, et pourtant Izuku ne s'était jamais sentit aussi touché.

Peut-être qu'ils avaient tous les deux besoin l'un de l'autre après tout.

Une pluie d'étincelles atterrie sur le bois quand le silex entra en contact avec l'acier, et rapidement celles-ci prirent feu. Kacchan aida les petites flammes à devenir plus grandes avec une délicatesse à laquelle Izuku n'était pas habitué, mais avec une habileté qu'il avait appris à prévoir.

« Ça ira. » déclara Kacchan. Il se leva, s'étirant et étirant ses membres, avant d'enlever le vêtement emprunté et de se tenir à nouveau complètement nu. La lumière du feu dansait dans ses yeux rubis et illuminait ses cheveux moins pointus que d'habitude. Il était à couper le souffle.

« Ramène-toi le glaçon. »

Izuku évita délibérément de regarder la nudité impudemment exposé devant lui alors qu'il se rapprochait du feu. La couverture était étroitement enroulé autour de son corps Kacchan l'arracha des épaules d'Izuku en soufflant avec impatience.

Le cerveau d'Izuku n'eut pas le temps de court-circuiter sur le fait d'être à découvert. Kacchan repris rapidement sa position derrière et autour d'Izuku, reprenant la couverture pour les enrouler dans un cocon. Maintenant le cerveau d'Izuku pouvait, à la place, court-circuiter à nouveau sur le fait que le corps nu de Kacchan était pressé contre le sien. Est-ce que le contact peau contre peau était toujours nécessaire maintenant qu'ils avaient une source de chaleur ?

Mais le feu commença à diffuser sa chaleur à travers les os glacés d'Izuku, et il se rendit compte qu'il n'était pas aussi gêné et embarrassé qu'il le pensait. Il était en vie, il était au chaud, et Kacchan faisait en sorte qu'il le reste et c'était tout ce qui comptait.

Izuku espérait juste qu'il pourrait lui rendre la pareille.

« Bon, dis m'en plus sur ces escape games. » La voix de Kacchan vint résonner à nouveau contre le dos d'Izuku lui faisant réaliser à quel point ça lui avait manqué, même s'ils avaient été séparés pendant peu de temps. Chaque mot apaisait un peu plus l'horrible douleur dans son sternum.

Luttant contre le sommeil qui menaçait de l'emporter sur lui, Izuku retraça tout ce dont il se souvenait à propos de l'activité : les codes, les énigmes, le temps compté, enchaîner pour suivre les indices jusqu'à d'autres énigmes pour avoir d'autres indices jusqu'à trouver une clé finale pour la sortie. Il décrivit les deux activités différentes qu'il avait fait avec ses amis avec les énigmes complexes qui les avaient piégé. Quand il eu fini, Izuku réalisa qu'il avait tout expliqué en marmonnant et que Kacchan ne lui avait pas dit une seule fois de se taire.

Quelle journée bizarre.

« C'est... c'est pas exactement pareil là c'est plusieurs pièces avec – j'imagine – une seule énigme très dure par pièce. Je pense pas que celle-là compte... Même si il y a un compte à rebours. » Izuku regarda nerveusement le chronomètre descendre au-dessus de la porte. « Ce qui voudrait dire qu'il nous reste quelques heures pour trouver un moyen d'ouvrir cette porte, ou on perds, ce qui veut probablement, heu, dire qu'on meurt. Mais je sais pas où chercher des indices à part dans la cheminée et les habits. Peut-être qu'on peut regarder dans les conduits d'aérations ? »

« T'as besoin de chaque seconde pour te remettre, abruti. » dit franchement Kacchan, et la chaleur dans la poitrine d'Izuku fleurit à nouveau. Était-ce vraiment il y a seulement quelques heures qu'Izuku devait le supplier pour qu'ils coopèrent ? Maintenant Kacchan élaborait des stratégies avec lui de son plein gré, et en prime, prenait soin de lui. Ils devaient absolument sortir d'ici vivants seulement parce que personne d'autre n'y croirait autrement.

« Je parie qu'ils nous font juste faire une saloperie de pause. Ce serait pas un bon spectacle si on mourrait immédiatement au prochain challenge. »

La sensation plaisante devint amère. « Un spectacle ? » répéta faiblement Izuku.

« Tch. Comme si ces connards prenaient pas le pied de leur vie en nous observant lutter pour rester en vie dans leur jeu malsain. Hah ? Ça vous fait marrer, connards ? » brailla Kacchan, élevant la voix. « Vous vous en êtes mis plein la vue de mon cul ? Vous allez bien vous branler dans la salle de bain de votre mère ? Sous merdes. » cracha-t-il.

Izuku se recroquevilla sur lui-même sous la couverture, se sentant soudainement encore plus exposé malgré qu'il soit entouré de tissu et des membres protecteurs de Kacchan. Il savait déjà ils devaient être observés. Mais de penser que leur vie ne valaient pas plus que le divertissement de quelqu'un, qu'on leur donne le minimum de temps pour se reposer seulement pour que la torture dure plus longtemps... tout ça coulait lourdement au fond de son estomac. Les indices, les énigmes, ils n'étaient pas là pour les aider, juste pour en faire un jeu.

« Ne les provoque pas Kacchan. » dit silencieusement Izuku. Ils n'avaient pas besoin de se rendre la tâche plus difficile. Il était tout à fait possible – probable – qu'ils se fassent tuer quand même, même s'ils 'gagnaient'. Mais s'il y avait une infime chance qu'ils puissent sortir d'ici en vie en jouant leur jeu, ils n'avaient pas besoin de rendre l'épreuve impossible à réaliser.

« Me dis pas quoi faire. » répondit Kacchan, mais c'était plus impulsif que venimeux.

L'absurdité de leurs disputes habituelles, pendant qu'ils étaient empêtrés nus ensemble dans un piège mortel frappa Izuku aussi fort qu'un camion, et il n'arriva pas à contrôler le rire qui s'échappa de lui. Petit rire qui se transforma en rire à gorge déployée, qui évolua en rire hystérique, assez fort pour lui faire mal aux côtes, jusqu'à ce qu'Izuku soit en train de sanglotter.

Kacchan ne dit rien.

Mais il ne le dégagea pas non plus.

Quelque chose se tordit dans la poitrine d'Izuku. Ils avaient franchi un seuil dans leur relation à un moment donné, et il savait qu'ils ne pourraient pas revenir en arrière. Les larmes tombèrent plus fort à la pensée qu'Izuku ne puisse pas avoir la chance de voir où cela allait les mener à l'avenir.

« Tu vas te déshydrater abruti. » dit finalement Kacchan, poussant le côté gauche d'Izuku. « Même si t'as bu la moitié d'une piscine. » La douceur dans sa voix était étrangement tendre et incroyablement étrangère et ne fit qu'ajouter plus d'eau coulant sur les joues d'Izuku. Mais Kacchan avait raison, et Izuku essuya ses pleurs avec le coin de la couverture.

Le compte à rebours continuait de descendre.

Qu'allait-il se passer quand ils seraient à court de temps ?

Izuku espérait que Kacchan avait raison et que la porte allait s'ouvrir, plutôt que de la remplir d'un gaz empoisonné qui les tuerait lentement et douloureusement. Quoi que, c'était peut être ce que la prochaine pièce leur réservait de toute façon.

Refaire un escape game ne serait sûrement pas quelque chose qu'Izuku ferait dans le futur.

S'il y avait un futur.

Kacchan ajusta la position de ses bras et ses jambes autour d'Izuku, les arrangeant dans une position un peu plus confortable. « Repose toi le nerd. J'ai besoin que tu sois en forme pour ce que le deuxième round nous réserve. »

Izuku était faible face aux demandes de Kacchan en temps normal, alors il l'était encore plus quand le blond hargneux l'avait ramené à la vie et avait enveloppé ses membres nus autour du corps en hypothermie d'Izuku. La chaleur du feu, son compagnon et son instinct avaient emportés Izuku dans l'étreinte accueillante du sommeil, juste après que ses lourdes paupières ne se ferment dans une sûreté temporaire existant quelque part entre rival et ami.