NOTE IMPORTANTE : Les choses se corsent à partir de ce chapitre donc si vous êtes sensibles, cette fanfic n'est pas faite pour vous ! Le rating est pas là pour faire joli ! Je voulais aussi remercier ceux qui ont commenté, ça fait super plaisir et je transmettrai à l'auteure évidement! :)
Maintenant accrochez-vous parce que, oh boy, il s'en passe des choses dans ce chapitre :(
« Oi, lèves-toi. »
Izuku se réveilla en sursaut. Roulé en boule sur le sol et emmitouflé dans la douce couverture blanche, il avait brièvement oublié où il était. Où ils étaient. Les cauchemars et autres rêves inquiétants avaient toujours été courants pour Izuku, évoluant lentement avec le temps, de blessures dans la cour de l'école et d'espoirs brisés à des scénarios de fin du monde plus vif et sanglants. Ça n'aurait pas été si étrange que son cerveau fatigué invente tout ça.
Mais il avait rarement autant de chance.
Un rapide contrôle flou de l'horloge à travers ses yeux embrumés lui indiqua pendant combien de temps il avait dormi. Il restait moins d'une demie heure. A un moment, Kacchan avait réussi à s'extirper de la couverture sans réveiller Izuku, et portait maintenant le pantalon blanc, faisant distraitement tourner une des bûches restantes dans ses mains. Le feu n'était plus que des braises.
« Est-ce que t'as dormi ? » demanda Izuku, somnolant, se relevant en position assise.
« Hah ? Non abruti, l'un de nous deux devait garder un œil sur le chronomètre. Ou monter la garde. Mets ça. » ordonna Kacchan, ramassant et lançant le déshabillé à Izuku. « T'es plus en hypothermie. Et je veux être sûr qu'on n'a rien loupé, mais je me sens pas de te traîner à travers toute la pièce. »
Kacchan avait laissé Izuku dormir pendant trois heures, en plus des deux premières où il s'était évanoui. Même s'il ne s'était pas reposé, Kacchan avait l'air d'aller bien – un peu tendu – mais il était comme ça. Izuku, de son côté, se sentait comme une pile de déchets mouillés.
Laissant la couverture tomber par terre, Izuku se glissa dans le déshabillé, l'enfilant par-dessus ses bras rigides et le nouant autour de sa taille alors qu'il se levait. Il était doux et blanc, comme la couverture, et n'aurait vraiment pas dû être aussi réconfortant mais Izuku était reconnaissant d'être un peu moins nu. Même si le déshabillé ne cachait pas grand chose.
« Ton cul dépasse. » fit remarquer Kacchan, crûment.
Izuku sentit son visage se réchauffer alors qu'il tourna son postérieur en dehors du champs de vision de Kacchan – même si l'avant était à peine plus décent. « T'es pas obligé de...regarder ! » protesta Izuku, enroulant automatiquement ses bras autour de son cou sous la gêne. Vraiment ? Après ce qu'ils avaient fait, où ils étaient, ce qu'ils avaient vécu, Kacchan allait le taquiner à propos de ça ? Et comment Izuku pouvait-il encore être aussi troublé par cela ?
« Attention tu va encore t'évanouir avec tout le sang qui va dans ta tête débile. » fit remarquer Kacchan, le ton de sa voix plat et sec. Il désigna le mur derrière Izuku avec son menton. « Bouge. Qu'on en finisse. »
Ils firent le tour de la pièce, cherchant passages secrets et autres indices qu'ils avaient potentiellement raté avant, quand ils se remettaient de leur escapade aquatique. Mais même après avoir vérifié deux fois, cherchant dans les petites bouches d'aérations et grattant les joints, ils ne trouvèrent rien d'intéressant. Izuku ne se sentait pas très bien après le premier tour, et très étourdi après le second.
Kacchan sorti un juron, brouillé et agressif, en saisissant le bras d'Izuku pour l'empêcher de tomber alors qu'ils retournaient devant la cheminée. Izuku tangua, luttant désespérément contre l'assaut sur sa conscience jusqu'à ce que la sensation se disperse un moment après. Comment Kacchan s'en sortait-il aussi bien ? C'était Izuku qui s'était reposé. Mais, oh, la main qui tenait le coude d'Izuku était moite et de légers tremblements passaient du bras de Kacchan jusqu'au sien. Les yeux rouges et furieux qui le regardaient étaient vitreux, malades.
Ils étaient tous les deux mal en point.
Kacchan était juste plus doué pour le cacher.
Avec un grognement, Kacchan lança à Izuku le dernier morceau de bois restant. Ce n'était pas grand chose, mais c'était ce qui se rapprochait le plus d'une arme. En un clin d'œil ça pourrait faire un bâton efficace mais, ils n'avaient vu personne, vilain ou autre depuis qu'ils s'étaient réveillés ici. Il était peu probable que leurs ravisseurs aient l'intention d'engager le combat.
Ramassant la couverture et la pliant consciencieusement, Kacchan la plaça juste devant la porte comme s'il allait s'y asseoir. Mais à la place, il adopta une position défensive juste derrière. Izuku pencha la tête, confus ; est-ce que Kacchan avait l'intention de rester là pendant quinze minutes ? Ils avaient sûrement le temps de s'asseoir pendant encore un petit moment non ? Ils avaient vraiment besoin de tout le repos possible. « Uh, Kacchan – »
Kacchan le fit taire avec à un regard menaçant.
Ce n'était pas comme si Izuku avait le choix, vu comment ils étaient toujours enchaînés l'un à l'autre. Il poussa leurs vêtements mouillés à l'écart et se mit en position à côté de Kacchan.
Quand le chronomètre arriva à treize minutes, deux choses se passèrent en même temps : la porte s'ouvrit, et la cheminée explosa.
Izuku ne pu retenir le cri qui s'échappa de sa gorge alors que tout son côté droit brûla d'une douleur vive, écrasant ses synapses avec rien d'autre que de la statique et de l'agonie. Des morceaux de bois et de métal en fusion s'incrustèrent dans le tissu du déshabillé, faisant fondre les fibres dans sa chair. Parce que j'avais vraiment besoin de plus de cicatrices sur ce bras, pensa-t-il, hystérique, alors que Kacchan le poussa en avant dans l'autre pièce, un hurlement intelligible grondant à ses oreilles.
Se tordant de douleur sur le sol, Izuku remarqua à peine sa manche être déchirée – sans se soucier de la peau et de la chair qui partit avec. Son bras était si douloureux qu'il ne sentit rien. Mais ça devait être horrible ; Kacchan se détourna de lui et eu un haut-le-cœur, de la bile verdâtre arrosant le sol en métal froid.
Izuku n'osa pas regarder.
« Merde, merde, merde ! » Kacchan dissipait les dernières braises sur son pantalon, largement épargné par l'explosion. Le bras d'Izuku avait pris la majorité des dégâts, même si sa jambe droite nue tremblait aussi sous les brûlures dispersées dessus.
Tout était douloureux. Izuku s'était à peine remis de sa noyade et maintenant, la seule chose qu'il pouvait faire était de regarder dans le vide, en état de choc, et prier pour que son bras droit lui accorde une faveur en se détachant. Il ne lui ferait aucun bien de toute façon. Il haletait sous la douleur, quand Kacchan l'attrapa soudainement, surplombant la forme couchée d'Izuku, un long morceau de la couverture légèrement carbonisée entre ses dents.
« Non » s'étrangla Izuku, la terreur s'enroulant dans son estomac. « Je peux pas – tu peux pas – » Mais ses protestations ne furent pas entendus alors que Kacchan lui fourra son morceau de bouleau entre les dents, juste avant que son bras ne soit rapidement, efficacement et brutalement enrobé dans du tissu.
Même avec un bout de bois se brisant entre ses dents, Izuku cria.
Le tissu était enroulé tellement serré, ça faisait tellement mal ; Izuku était envahi par une douleur brûlante, brûlante, dévorante et bizarrement, tellement pire que l'explosion elle-même. Il laissa le bout de bois tomber de sa bouche, haletant, gémissant, voulant désespérément griffer le tissu suffocant pour l'enlever de sa peau brûlée et boursouflée. Izuku se risqua à regarder, sachant qu'il ne devrait pas : du rouge s'échappait déjà du blanc, comme de l'encre se répandant dans du lait. Un sanglot étranglé s'échappa de sa gorge alors qu'il était violemment relevé par son bras non blessé.
« Merde, putain – Je – Le chronomètre marche toujours, Deku, on doit commencer. » La voix de Kacchan tremblait, et cela suffit à ramener la conscience d'Izuku dans la pièce dans laquelle ils se trouvaient, pour la première fois depuis qu'ils s'y étaient échappés. Avec des larmes brûlantes dans les yeux, Izuku serra les mâchoires, ravalant son agonie pour se concentrer sur la prochaine épreuve. Il pourrait panser ses plaies plus tard – ça n'avait aucun sens de le faire maintenant, s'ils échouaient.
Comme la pièce avec l'eau, celle-ci était banale, en métal et étroite – mais longue au lieu d'être haute. Elle était aussi divisée en plusieurs séries de double habitacles tout du long, séparés par des murs transparents en plexiglas. Le premier n'était qu'à quelques pas d'eux, et il pouvait voir au moins trois cloisons parallèles, avant une sortie floue de l'autre côté. Mais, plus alarmant encore étaient les mots écrits dessus : 'Chacun à sa place pour que la course puisse commencer, être ensemble saurait moins nous amuser.'
« Je déteste tellement cet endroit de merde. » gronda Kacchan.
Izuku scanna le reste de la pièce, son regard s'arrêtant sur le sol. Deux cercles avec des empruntes de pas à l'intérieur étaient peints de chaque côté, face aux couloirs de verre. Les endroits où ils devaient se tenir pour 'que la course puisse commencer' sans aucun doute.
« Moins amuser qui ? Nous ? Eux ? » marmonna Izuku, essuyant les larmes qui continuaient de couler sur ses joues abîmées. La douleur était impossible à ignorer. Mais il ne pouvait rien y faire, alors il se força à l'endurer grâce à sa seule volonté.
« Eux, sûrement. » cracha Kacchan. « Ils vont nous séparer et nous faire faire la course. Même pas en rêve. On devrait rester d'un côté, on les emmerde. »
« Comment est-ce qu'on serait censés être séparés ? On est enchaînés ensemble. »
Kacchan haussa les épaules. « Qu'est-ce que j'en sais. Peut être que les menottes vont se détacher quand le passage s'ouvrira. »
« Oh. » souffla Izuku, grimaçant à cause d'une pulsation particulièrement douloureuse dans son bras. Il regarda entre les menottes, les marques au sol, et les instructions mystérieuses. « Alors... Elles vont sûrement pas se détacher si on reste ensemble. C'est sûrement ça le compromis. Kacchan, on pourrait retrouver nos Alters ! »
« T'es sérieux ? » Kacchan se tourna vers Izuku, l'incompréhension collée au visage. « Tu veux qu'on se sépare ? »
Izuku jeta un œil au chronomètre au-dessus de la porte fermée derrière eux, le même que celui qui se trouvait dans la pièce blanche. Plus que quatre minutes ; pas beaucoup de temps pour prendre une décision, en imaginant que le chronomètre avait quelque chose à voir avec tout ça. Attends.
« Comment tu as su ? »
« Hah ? »
Izuku gesticula brutalement, montrant l'horloge avec son bras valide. « Le chronomètre. Tu étais prêt quinze minutes avant que le temps soit écoulé, et ensuite la porte s'est ouverte genre une minute plus tard. Pourquoi ? »
« Deux minutes. A treize. Le numéro sur le papier, t'as dit que c'était un code mais la seule chose avec des chiffres dans la pièce c'était cette horloge. 'Me disais que quelque chose arriverait à treize. Heureusement qu'on n'était pas toujours assis devant le feu, eh. »
Izuku le regarda, bouche bée. Le sang pulsant dans ses veines tambourinait de façon insistante dans son crâne et dans ses brûlures. « Quoi ? Pourquoi tu m'as rien dit ? »
Kacchan se renfrogna devant l'emportement d'Izuku. « Tch. C'est pas comme si je savais que j'avais raison ! Et je voulais pas qu'ils... qu'ils comprennent et changent le code putain ! Je t'ai dit de te préparer non ? »
« Non ! » hurla Izuku. Il n'en croyait pas ses oreilles. Et juste quand il croyait qu'ils travaillaient enfin ensemble ! « Tu l'as pas fait ! Tu m'as juste...regardé ! Je lis pas dans les pensées Kacchan ! Et maintenant mon bras est à moitié fondu ! »
« T'as pas intérêt à dire que c'est ma faute. » siffla Kacchan, montrant son torse avec son pouce. « Je savais pas que la pièce allait putain d'exploser ! Je pensais qu'une bande de connards allaient sortir et nous attaquer. Et ça aurait rien changé de toute façon ! » rugit-il, ses yeux s'illuminant dangereusement. « Putain. C'est les remerciements que je reçois après tout ce que j'ai... Tu sais quoi ? Ok. Va de ton putain de côté. Je vais faire la course avec toi. Et je vais gagner aussi, abruti de nerd. » Kacchan fit un pas de côté jusqu'au côté droit de l'espace, la chaîne claquant à chaque mouvement, et s'arrêta à la marque désignée. Il regarda droit devant, bras écartés, pliant ses doigts comme des griffes.
Izuku se calma. Il ne voulait pas faire la course avec Kacchan, ou se disputer avec lui. Mais il ne restait qu'une minute, et pas le temps d'argumenter plus longtemps. Alors il prit place sur l'autre cercle. Jusque là les simples instructions et indices qui leur avaient été données n'étaient pas complètement des mensonges Izuku priait pour que le modèle continue et qu'ils prenaient la bonne décision en suivant les instructions. Il espérait désespérément qu'il avait raison et que leurs Alters leur seraient rendus en choisissant de continuer séparément.
L'horloge atteignit zéro.
Kacchan ne lui renvoyait pas son regard et Izuku retint sa respiration.
Avec un bruit suraigu assourdissant, une paroi en métal tomba brusquement du plafond, entre eux deux, découpant la chaîne comme une guillotine. Izuku se détourna du choc violent et des liens coupés en deux. Son cœur battait extrêmement vite, il se prépara, ravalant la douleur omniprésente dans son bras et sa jambe pour être prêt à courir. Mais. Seulement le premier mur en plexiglas, celui avec le message, remonta dans le plafond. Le mur suivant était à environ un mètre cinquante et restait abaissé, leur bloquant le passage.
Izuku avança dans l'habitacle, observant Kacchan faire de même de l'autre côté de la nette séparation entre eux. Le premier mur se referma immédiatement derrière eux, les emprisonnant dans un carré d'un mètre cinquante sur un mètre cinquante.
Kacchan envoyait un regard noir à Izuku à travers le plexiglas. « Toujours pas d'Alter, tête de cul. Mais au moins je suis plus enchaîné à toi. » Sa voix était étouffée mais toujours audible. Toujours chargée de mépris.
« Ouais » marmonna Izuku. Son estomac se tordit. Voir la chaîne être coupée ne lui offrait que peu de réconfort. Ils étaient piégés depuis qu'ils s'étaient réveillés ici, mais maintenant ils étaient complètement isolés. Aucun moyen de s'entraider.
Une pulsation parcouru le bras d'Izuku.
Aucun moyen pour Kacchan de le sauver à nouveau.
Le mur en face d'eux devint légèrement opaque, et le symbole d'une flamme orange s'alluma en son milieu, entre la paroi en plexiglas séparant leur deux compartiments. A ses pieds, un cercle vert brillant de lumières LEDs s'alluma sous la forme d'un bouton rond encastré dans le sol. Les mots 'Recevoir la sanction' étaient inscrits en son centre. Izuku fronça les sourcils.
« Kacchan, est-ce que tu as – »
Un lourd piétinement, et le bouton d'Izuku s'éteignit. Il se tourna vers la paroi, horrifié.
« Kacchan ?! Qu'est-ce que t'as fait ? »
Ses yeux rouges flamboyants brûlaient vers Izuku à travers le mur transparent. « Pris la sanction. »
Izuku resta bouche-bée. « Kacchan ! P-Pourquoi ?! Tu n'as pas... On n'en a même pas discuté ! On sait même pas ce que c'est ! » Sa voix montait en octaves dans sa poitrine en même temps que la panique. Qu'est-ce que Kacchan venait d'accepter ?
« C'est du feu abruti ! Et t'as des brûlures au troisième degré sur la moitié de ton putain de corps ! Y'avait rien à discuter ! » enragea Kacchan, en serrant les dents dans un grognement sauvage. Il essuya violemment une goutte de sueur sur son visage avec son bras, haletant.
Izuku déglutit, ses doigts effleurant le bandage improvisé. Kacchan avait raison. Son bras lui faisait atrocement mal en ne faisant rien ; Tout ce qui avait trait au feu était sûr de pousser Izuku à s'évanouir.
Mais ils auraient quand même dû en discuter.
« Kacchan » commença Izuku, avant d'être coupé sous le choc à la vue du garçon de l'autre côté. Kacchan était entièrement couvert de sueur ; sa poitrine découverte se soulevait lentement et de façon calculée. « Kacchan ? »
« Il fait chaud » lâcha Kacchan. Il secoua la sueur de ses cheveux hérissés. « Ils ont fait monter la température. C'va. Je peux le faire. »
Izuku se mordit la langue. Il faisait des vas et viens, essayant de voir si il y avait autre chose dans ce test. Cela ressemblait moins à une sorte de d'énigme et plus à une série d'épreuves de torture qu'ils n'auraient qu'à endurer. Ce n'était pas du tout comme un escape game. Tout ce que voyait Izuku était le symbole, les boutons, et Kacchan. Il n'y avait même pas de chronomètre cette fois. Combien de temps Kacchan allait-il devoir endurer cette épreuve ?
Et si jamais il y avait quelque chose qu'ils devaient faire pour l'arrêter ?
La panique s'installa complètement à cette pensée. Izuku commença à faire les cents pas dans le petit habitacle, la chaîne s'enroulant autour de lui comme une queue. Il passa les doigts de sa main gauche sur tout ce qui était à portée de main. Le sol, les murs, le bouton, le symbole du feu. Mais. Il n'y avait rien. Rien à déclencher, rien pour sortir Kacchan du véritable enfer dans lequel il se trouvait.
Izuku ne pu que regarder alors que Kacchan se pliait en deux, grognant, serrant le tissu au niveau des genoux de son pantalon d'emprunt, dans ses poings. De la sueur s'écoulait de lui. Il ne dit rien. Izuku ne dit rien. Il ne pouvait rien faire.
Il était complètement inutile.
Plaçant sa bonne main tremblante sur la paroi qui les séparait, Izuku sentit sa gorge se serrer. La surface dure était chaude sous sa paume. Il ne pouvait pas supporter de regarder ni de détourner le regard.
« Deku » grogna Kacchan, ses yeux fermés, sa voix serrée par l'effort. Il s'effondra au sol. « C'est quoi le sujet de ta rédac' pour le cours de Mic » siffla-t-il entre ses dents serrés.
Izuku cligna des yeux.
Quoi ?
« Quoi ? » répéta Izuku, à voix haute. « P-Pourquoi tu me demandes ça ? »
« Parce que j'suis en train de me faire cuisiner à mort là, et que j'ai besoin d'une distraction, connard ! » s'étrangla Kacchan, donnant un coup contre la paroi les séparant avec son pied gauche.
« Kintarou ! » cria Izuku. « Le...garçon doré. » précisa-t-il, comme si Kacchan en avait besoin.
« Sérieux ? » demanda Kacchan, à bout de souffle, ouvrant un œil pour le regarder avec mépris à travers la sueur accumulée dans ses cils. « Pas sur...un vrai héro ? »
Izuku ne pu empêcher la chaleur picotant ses joues, même si ce n'était rien comparé au brasier de l'autre coté de la paroi. « C'est juste un travail de traduction. J'écris déjà assez sur les vrais héros ! Genre, tout le temps. Et Kintarou est un vrai héro, il a été inspiré d'une vraie personne ! Je veux dire, c'était bien avant les Alters, mais il était très puissant même quand il était enfant, et il vivait dans les montagnes et se battait contre des ours et des poissons géants et – »
« Putain ! » hurla Kacchan, se redressant d'un coup. Il essaya furieusement de pousser le bout humide de la jambe gauche de son pantalon à l'intérieur de la menotte autour de sa cheville. « Il fait...cent degrés ici putain ! Cette merde est en train de me marquer ! »
Le cœur d'Izuku sauta dans sa gorge.
Il ne pouvait rien faire pour l'aider.
Il ne pouvait rien faire.
Abandonnant sa tâche impossible, Kacchan enterra son visage dans ses bras sur ses genoux qu'il avait rassemblé vers lui. « Ça a, putain, hah, pas d'importance. Je, hah...vais, hah... m'évanouir putain, il fait, hah, trop chaud. »
« Kacchan, non ! » cria Izuku, son sang ne faisant qu'un tour, alors qu'il tapait de la paume de sa main le mur transparent qui les séparait. « Tu dois rester éveillé ! Je peux pas te rejoindre ! »
Pas de réponse, mais une respiration lourde et labourée.
Izuku chercha frénétiquement du regarda autour de lui pour quelque chose – n'importe quoi – jusqu'à ce que ses yeux tombent sur le bouton au sol. Il était à nouveau allumé. Cette fois, il y avait marqué 'Prendre la récompense'.
« Kacchan ! » Izuku commença à taper le mur entre eux de façon répétée. « Le bouton ! Appuie sur ton bouton ! »
« Hah ? » Kacchan releva son visage transpirant et misérable pour contempler Izuku avant de tourner paresseusement la tête sur le côté. « Récompense... ? Et...Et si t'en as besoin ? »
« Maintenant tu veux en discuter ? » cria violemment Izuku, martelant le plexiglas de son poing. « Tu vas mourir ! Appuie sur le putain de bouton ! »
Avec un cri quelque part entre un grognement et un sanglot, Kacchan roula au-dessus du bouton et claqua sa main dessus. La porte givrée devant lui s'ouvrit immédiatement, et Izuku pu entendre le bruit de ventilateurs tournant violemment.
« Putain merci » gémit Kacchan, rampant vers l'avant hors du premier habitacle et dans le deuxième. Le mur se ferma derrière lui alors que la chaîne passait le seuil. Il resta sur ses mains et ses genoux, haletant, la sueur s'écoulant encore de lui par couches. « J'aurai jamais pensé que je...voudrai avoir encore froid un jour. Putain. Merde. Ça fait un putain de bien. Hah. Hah. » Kacchan s'immobilisa, tournant sa tête par-dessus son épaule. « ...Deku ? »
Le côté d'Izuku ne s'était pas ouvert.
Il était toujours dans la pièce du feu.
Sur son bouton pouvait être lu 'Recevoir la sanction'.
« Merde » cracha Kacchan.
« Chacun à sa place pour que la course puisse commencer » murmura Izuku.
Kacchan se retourna, faisant face à Izuku, accroupi. Leur pièces étaient en diagonales l'une par rapport à l'autre, les deux garçons toujours visibles à travers les murs transparents et semi-transparents. « Oi, juste... Fais rien pour l'instant, ok ? Donne moi une minute. »
Izuku forma un poing avec sa bonne main. Tout son corps commença à trembler violemment alors que l'adrénaline montait en lui et que le soulagement le quittait pour laisser place à l'horreur. Il n'avait rien évité. Ils devaient prendre une sanction chacun leur tour, une à la fois. Il allait être grillé vivant comme Kacchan. La douleur dans son bras brûlé allait devenir insurmontable, insoutenable. Il allait s'évanouir. Il ne pourrait pas appuyer sur le bouton récompense.
Il allait mourir.
De grosses larmes roulèrent sur ses joues alors qu'il se décomposait. Non, il devait être fort. Il devait croire qu'il pouvait le faire. Il pouvait tout faire, n'est-ce pas ? Izuku n'avait pas donné le One For All à Kacchan, alors mourir ici n'était pas une option. Ça n'en était pas une. Ça n'en était pas une.
« Tu m'écoutes le nerd ? »
« Qu'est-ce qu'il y a Kacchan ? » demanda Izuku, sa voix à peine assez forte pour passer à travers le plexiglas. « On fait que retarder l'inévitable. Autant en finir. » Il leva son pied au-dessus du bouton.
« Non ! Putain...Juste attends. Laisse moi faire la suivante d'abord. »
Izuku s'arrêta, la confusion interrompant ses mouvements. « Kacchan, est-ce que t'es vraiment en train de faire la course avec moi ? Tu viens juste de sortir d'un four. Tu as besoin de te reposer pour le moment, quelques minutes vont pas changer grand chose pour moi – Hé ! »
Mais Kacchan avait profité de l'hésitation d'Izuku, et avait activé sa sanction.
Le bouton d'Izuku s'éteignit.
Il le fixa, les yeux écarquillés.
« Est-ce que...t'es sérieux là Kacchan ?! » Izuku était pratiquement hystérique. Il allait devoir regarder Kacchan souffrir deux fois d'affilée. « Et tu penses que je suis celui qui me sacrifie tout le temps ? Qu'est-ce que tu fais ? »
« Je prends la sanction » dit Kacchan avec un ton bourru avant que tout son corps ne s'immobilise. Il trembla, presque comme s'il vibrait, avant de s'effondrer à plat sur le sol. Le cœur d'Izuku s'arrêta de battre. Il fonça vers le coin de la pièce, ses ongles s'accrochant de manière inutile autour du symbole du feu. Il pouvait vaguement distinguer le zigzag jaune d'un éclair à travers la cloison givrée.
« Kacchan ! » s'étrangla Izuku. « Kacchan ! »
Mais il n'eut aucune réponse.
Il tapa faiblement contre la flamme orange. « Merde » sanglota-t-il. « Merde, merde ! Kacchan s'il te plaît ! Relève-toi ! » Izuku glissa le long du mur, berçant son bras détruit sur ses genoux. Les larmes qui tombaient étaient chaudes et lourdes désormais, s'échappant par torrents d'angoisse et de chagrin amer. Non, non, ça ne pouvait pas arriver. Kacchan allait bien, son corps n'était pas tordu à un angle non naturel, sa poitrine n'arrivant pas à se soulever, étalé dans une imitation cruel de sommeil alors qu'il laissait sa vie sur le sol d'une pièce de torture d'un vilain anonyme, lumière aveuglante éteinte trop tôt sans but ni raison.
Avec un bruit soudain et horrible, le corps de Kacchan tressauta, se soulevant de plusieurs centimètres au-dessus du sol. Ses yeux s'ouvrirent d'un coup alors qu'il prenait une grande inspiration, et c'était le plus beau son qu'Izuku ai jamais entendu.
« Kacchan ! »
« Putaaaiiiiinnnnn » grogna le garçon au sol. Il recouvrit son visage de ses mains. « OUTCH putain. Ça craint. Un peu comme embrasser l'autre Pikachu mais en cent fois pire. »
Le soulagement d'Izuku quand à la survie de Kacchan se transforma rapidement en quelque chose de laid, qui prit racine dans son estomac. « Tu...l'as fait ? »
Kacchan haussa un sourcil à travers la paroi givrée. « Qu'est-ce que ça peut te faire ? »
Tournant sur lui-même, Izuku cacha son visage qui devait être aussi rouge qu'une tomate. Mais avant qu'il ne puisse baragouiner une réponse, ses yeux tombèrent à nouveau sur son bouton. Même à l'envers, il pouvait désormais lire 'Prendre la récompense'.
« Oh » souffla-t-il.
« Oh ? »
« Je peux prendre ta récompense » dit prudemment Izuku. « Hum, je veux dire, si tu – »
« Prends-la putain, Deku. » grogna Kacchan, écrasant son poing si fort contre la vitre les séparant qu'Izuku sursauta. « Pourquoi tu penses que j'ai voulu en faire deux d'affilée ? Merde. Se faire électrocuter c'est pas une promenade de santé mais c'est mieux que de cuire. Appuie sur ton bouton stupide. »
Izuku acquiesça silencieusement, ne se faisant pas confiance pour dire quelque chose à cause des émotions tourbillonnant dans sa poitrine. Il appuya sur son bouton. Le mur s'ouvrit et Izuku avança.
Quand le mur se referma derrière lui, le plafond descendit lui aussi.
« Bordel de merde » jura Kacchan, sautant loin de là où la pièce du feu était, maintenant remplacé par un solide bloc de métal derrière le plexiglas. Il parcouru ses cheveux de ses mains tremblantes.
Izuku piétina son bouton.
« Oi, qu'est-ce que tu fous ? Deku ! »
Tout devint blanc.
« –ku ! Deku ! Réveilles-toi putain, abruti de merde ! »
Un bruit sourd résonnait à ses oreilles, et une horrible pulsation fut tout ce qu'Izuku remarqua alors qu'il reprenait conscience. Par miracle, il n'avait pas atterrit sur son bras blessé, maintenant étalé à côté de lui sur le sol métallique et froid.
« Ow » grinça Izuku, sa langue lourde et engourdie. Il ne savait pas pourquoi il avait pensé avoir mal avant. Ce n'était rien comparé à maintenant. Une douleur intense et horrible pulsait de façon insistante dans à peu près tous les endroits où il arrivait à sentir quelque chose.
« Sous-merde. » siffla Kacchan. Ses paumes étaient pressés contre la paroi, ses yeux rouges brillant de colère et de quelque chose d'indéchiffrable fixaient Izuku.
Izuku grogna et roula sur son bon côté. Il sourit au blond en colère.
« Maintenant tu sais ce que ça fait. »
« Ouais ? Tu te crois malin ? Prends ta récompense connard. »
« Non. Prends la toi. Je vais en faire deux. »
« Même pas en rêve » dit brusquement Kacchan.
« D'accord, alors je vais avancer et faire deux de la salle suivante. » Izuku tendit la main vers son bouton.
« Même pas en rêve ! » rugit Kacchan, enfonçant son talon dans le sien.
Le mur suivant s'ouvrit et Kacchan fonça en avant, activant la sanction suivante avant même que l'habitacle ne soit clos. Izuku n'en revenait pas.
« Arrêtes. De. Faire. Ça ! » gémit-il, impuissant, alors qu'il regarda de la fumée violette tourbillonner depuis la ventilation, dansant et remplissant la pièce jusqu'à cacher Kacchan de sa vue. Qu'est-ce que c'était que ça ? « Ne... Ne respire pas ! »
Mais Izuku savait que Kacchan ne pourrait pas l'éviter. Bien trop tôt, il entendit haleter et tousser, alors que le temps les avait rattrapé. Très vite, le brouillard se dissipa, révélant Kacchan accroupie au centre de la pièce, un linge couvrant son visage – déchiré d'une des jambes du pantalon, facilité par les trous faits par les brûlures laissées par l'explosion de la cheminée.
Le bouton récompense ne s'alluma seulement quand la fumée violette disparu complètement.
« Kacchan ? » Izuku se risqua à demander depuis sa position, immobile au sol. Le symbole dans la pièce suivante était un crâne avec deux os croisés. Il déglutit. « Est-ce que ça va ? »
Une toux. Un grognement.
« C'est... C'est la dernière pièce. Tu peux sortir si tu prends la récompense. » dit Izuku plein d'espoir, forçant un sourire et essayant de ne pas penser à ce qu'avait inhalé Kacchan, et qu'Izuku devrait inhaler à son tour. Après devoir s'électrocuter à nouveau.
Kacchan leva son pied au-dessus du bouton.
« Non » dit-il, le reposant doucement au sol. Sa voix était enrouée, même étouffée derrière le tissu et à travers la paroi. « La première salle. Pourquoi elle a été écrasée ? »
Izuku se redressa sur son bras gauche. « Parce qu'on en avait fini avec elle ? »
Kacchan se tourna vers Izuku, secouant la tête. « Pourquoi ? Pourquoi faire ça ? On peux pas revenir en arrière. La seule raison pour laquelle le plafond de merde tomberait, c'est si il y avait une chance pour qu'on y soit toujours. »
Oh. Izuku regarda vers le plafond, une plaque de métal solide prête à s'écraser sur sa tête.
« Deux...Deux récompenses » dit-il. « Le plafond descend après que la seconde récompense ai été prise. »
« Alors ramène toi ou fais toi aplatir, abruti. » grogna Kacchan, quelque chose de désespéré suintant de ses mots durs.
Izuku appuya sur le bouton, se relevant en vacillant, et chancelant dans la pièce suivante. Il était épuisé. Il ne savait pas combien de temps il allait pouvoir encore tenir.
Il sursauta alors que la pièce électrique était écrasée derrière lui.
« Hum, je vais... faire un masque avec l'autre manche, mais je dois l'enlever d'abord – désolé mon bras – juste une minute » marmonna Izuku, commençant à défaire la ceinture pour se déshabiller. Il n'en avait plus rien à faire d'être embarrassé par sa nudité devant Kacchan ; en plus de leur câlin nu hypothermique, il portait un déshabillé à moitié détruit qui ne cachait en rien son arrière train. De toute façon , il avait sûrement été exposé quand il s'était évanoui.
Un piétinement.
La main d'Izuku s'immobilisa sur sa ceinture. Non. Non, il n'avait pas fait ça.
« Kacchan est-ce que t'es malade ? » hurla Izuku vers la pièce se remplissant de fumée à côté de la sienne. « Laisse-moi faire un tour ! Tu viens d'en faire un ! »
Il enragea silencieusement derrière le plexiglas jusqu'à ce que le brouillard se lève à nouveau.
Secouant son bras gauche pour dissiper les nuages pendant que l'autre appuyait le vêtement sur son visage, Kacchan le fusilla du regard. Le blanc dans ses yeux était sombre et vitreux, et quand il enleva le morceaux de tissu de son visage, il y avait du rouge dessus.
« Ok » dit Izuku, sa voix tremblant. Son corps entier tremblant. « Prends la récompense et sors. Je serai juste derrière toi. »
« Non » articula Kacchan avec du sang dans sa bouche. Oh non. Oh mon dieu. « Vas-y. »
De la sueur froide prit d'assaut la nuque d'Izuku, de nouvelles larmes s'accumulant dans ses yeux alors que sa gorge se serrait. « Quoi ? Pourquoi tu fais ça Kacchan ? C'est pour me punir ? Prouver que tu peux être un martyr ? Eh ben t'as gagné ! Arrête d'essayer de te tuer ! »
« C'est pas » fut la seule réponse, difficile. Kacchan fit claquer sa main contre le dernier mur en plexiglas, étalant une marque sombre dessus. « Regarde. »
Izuku regarda. Le fond de la pièce ressemblait à son entrée: un petit espace avant une porte. Mais à la place d'empruntes de pas peintes au sol, étaient deux boutons récompenses, avec 'Prendre un seul pour poursuivre' griffonné au marqueur noir entre les deux. Il y avait, devant chaque bouton, une boite en plexiglas transparent, verrouillée au sol : dans une, une petite clé, similaire dans la forme et la taille à celle qu'Izuku avait vu accrochée dans la salle d'eau, et qui servait sûrement à déverrouiller une des menottes. Dans l'autre, il y avait une seringue hypodermique remplie d'une liquide jaune.
Un antidote.
« Juste un. » Kacchan cracha du sang sur le sol. « Donc c'est encore mon tour. »
« Kacchan » Izuku arrivait à peine à respirer. « Trois fois ? Pourquoi...pourquoi tu t'es précipité ?! Pourquoi tu m'as pas laissé me faire électrocuter encore une fois ? »
Kacchan haussa les épaules. « Erreur. En colère. » Il toussa encore plus de sang dans son poing. Son visage se tordit. « ...Pensais pas que tu survivrais à un de plus. »
« Q-Quoi ? Alors t'as parié sur celui-là ? »
« Mais vas-y putain, abruti ! » grinça Kacchan, hargneux. « Laisse-moi en finir pour que je prenne le putain de remède ! Bordel ! »
Izuku appuya sur son bouton, la douleur dans ses os pesant sur son cœur.
Il avança, et le mur se ferma derrière lui. Il détourna le regard de la fumée violette tourbillonnant dans l'habitacle, essayant de bloquer les bruits horribles qui venaient de l'intérieur quand Kacchan n'arriva plus à retenir sa respiration.
Le dernier mur s'ouvrit, Kacchan tombant en avant dans les bras d'Izuku alors qu'ils s'écrasaient tous les deux sur le sol. L'atroce douleur dans son bras droit se répercuta dans la colonne vertébrale d'Izuku, mais il l'ignora, tout comme il ignora les larmes qui coulaient le long de ses joues et qui se mélangeaient avec l'humidité sur le visage de son ami d'enfance.
« Ça va aller » murmura-t-il de façon appuyée, faisant un mouvement vers le bouton de l'antidote, maintenant allumé et prêt à être activé. Mais Kacchan attrapa son avant-bras avant qu'il ne puisse appuyer dessus, son emprise étonnement puissante.
« Tu disais... les menottes. Elles bloquent nos Alters ? » haleta Kacchan, ses yeux lourds et vitreux, sa poitrine se soulevant de manière erratique. Sa main glissa, laissant un bracelet de sang sur le poignet d'Izuku.
« Je – C'est juste une théorie, je – »
« Prends la clé. Retrouve ton Alter. Casse la deuxième boite. »
Izuku s'immobilisa.
Est-ce que ça allait marcher ? Il regarda le plexiglas dans lequel se trouvait la seringue – épais de plusieurs centimètres et verrouillé au sol, mais pas un problème pour le One For All. Oui, même dans son état il serait capable d'arracher la boite et de récupérer l'antidote. Il pourrait soigner Kacchan, et il récupérerait son Alter pour ce qui les attendait après.
Si les menottes étaient ce qui supprimaient leur Alter.
Si la clé était bien pour les menottes.
Si l'antidote fonctionnait vraiment !
« Kacchan » gémit Izuku. « Je sais pas, je sais pas ! »
Mais Kacchan n'écoutait pas, sa tête s'affaissa sur le côté, pressée contre l'épaule brûlée d'Izuku.
« K-Kacchan ? »
Silence.
Izuku dû prendre seul la décision.
Il écrasa son poing contre le bouton.
Izuku n'était pas sûr combien de temps il avait passé enroulé autour de la tête de Kacchan, posée sur ses genoux. Ses sanglots silencieux, le seul son audible dans ce véritable enfer abominable. La porte suivante était ouverte. A l'intérieur, Izuku pouvait voir du blanc : pas une sortie, juste une autre pièce pour se reposer. Une bienveillance moqueuse pour seulement prolonger ses souffrances. Mais ça n'avait pas d'importance. Izuku allait mourir ici de toute façon, autant que ce soit aux côtés de son plus vieil ami. Quel confort pouvait offrir la pièce suivante, maintenant qu'Izuku avait tout perdu ?
« Je suis désolé, Kacchan » dit-il pour la millième fois, au moins. Il lissa gentiment les mèches hérissées, pleines de sueur, du front de Kacchan, comme il n'avait jamais osé faire avant. « Je n'ai jamais pu te le dire... Enfin. Tu le savais sûrement déjà. Tu es génial après tout. »
« T'as besoin d'une nouvelle réplique » fut la réponse gutturale qu'il obtint, et le cœur d'Izuku s'arrêta.
« Kacchan ! » pleura-t-il, se redressant d'un coup. « Tu...Tu es vivant ! »
« Ow. Arrête de bouger. Évidemment que je suis vivant, abruti de Deku. Tu m'as donné l'antidote nan ? Putain, arrête de me pleurer dessus ! » Kacchan roula loin des genoux d'Izuku, s'accroupissant en vacillant. Il regarda la clé, toujours enfermée dans la boite en plexiglas. « T'as pris l'option A, hah ? »
Essuyant son visage, Izuku hoqueta, incapable de s'arrêter de pleurer. « D-Désolé, p-pouvais pas prendre le risque. Et e-ensuite j'ai pensé, j'ai pensé que c'était trop tard de toute façon et je – je – »
« Oi. »
Izuku leva les yeux.
« C'est bon. Merci. »
Izuku le regarda incrédule, bouche bée.
« Quoi ? Je peux être reconnaissant. Va chier ! » Kacchan tenta de se mettre debout mais retomba sur ses genoux. « Merde, ok. Donc c'est comme ça que ça va se passer. »
Izuku se leva, pas vraiment plus stable sur ses pieds, mais toujours en meilleure condition que Kacchan, ayant seulement pris une sanction alors que Kacchan en avait pris cinq. Il lui tendit son bon bras. Kacchan le fixa, longtemps. L'esprit d'Izuku revint à toutes les fois où il avait fait la même chose – seulement pour que son bras soit éloigné d'une gifle.
Kacchan prit sa main.
« Merci à toi, Kacchan. Je sais ce que tu as fait. Je ne serai jamais arrivé jusque là sans toi. » dit doucement Izuku alors qu'il relevait Kacchan sur ses pieds. « Même si il faut vraiment qu'on travaille sur notre communication. »
« 'Tch. » siffla Kacchan à travers ses dents, et Izuku essaya d'ignorer le filet de sang qui vint avec.
Ils trébuchèrent maladroitement dans la pièce blanche.
« Oi, c'est quoi ce truc que t'as 'jamais pu me dire' au fait ? »
La porte se referma derrière eux.
