Note : Un peu de repos après le dernier chapitre! Enfin...peut être ? Merci beaucoup à ceux qui ont laissé des reviews, ça me fait super plaisir :')

Désolé si les chapitres mettent un peu plus de temps à être postés, j'ai tellement de taff avec la fac... anyway

J'espère que j'ai pas fait trop de fautes, bonne lecture !


Quoi que marmonnait Deku de façon inaudible s'effaça et mourut dans sa gorge, ses yeux s'écarquillant à la vue de ce qui les attendait, au centre de la pièce ronde. En voyant les murs blancs et selon le modèle des trois premières pièces, on pouvait imaginer qu'il s'agissait là d'une autre opportunité de repos – un moment de répit après la dernière épreuve, leur permettant au moins de repartir de zéro pour que leur numéro merdique soit plus animé aux yeux de leur public invisible. Mais la putain de guillotine qui semblait les fixer n'avait pas vraiment sa place ici : blanche elle aussi, la lame inclinée tel un sourire, étincelante et macabre, illuminée par les lumières au sol.

Katsuki se traîna vers l'avant. Marcher n'était pas présentement dans sa liste de compétences, et même s'il détestait ça, il avait besoin de Deku -Deku, qui avait été noyé et brûlé et électrocuté - pour l'aider à s'approcher de l'ancien dispositif d'exécution qui les dominait de toute sa grandeur.

« Attends, attends, Kacchan – »

Un post-it rose était collé au poteau gauche. Katsuki l'arracha, ignorant les plaintes continues de son compagnon. Une plus petite version de l'écriture noire qui se trouvait dans la pièce précédente était gribouillée dessus :

« Désolé pour le bras ; Mieux vaut s'en débarrasser avant qu'il ne s'infecte – On ne voudrait pas que vous vous fassiez plus de mal. »

Les genoux de Deku cédèrent sans prévenir ; il s'effondra au sol en emportant Katsuki avec lui.

« Oi ! » aboya Katsuki, sentant son équilibre changer et le monde tanguer sous ses pieds alors qu'il tombait au sol dans un bruit sourd. Antidote ou pas, il avait toujours l'impression d'avoir été traîné le long d'une autoroute derrière un cheval, en plus du papier de verre dans ses poumons qui produisait plus de rouge que d'air. Il savait que Deku ne devait pas s'en sortir beaucoup mieux que lui, mais est-ce que cette petite merde avait besoin de le lâcher comme ça putain ?

« Mon – Je – Je peux pas, ils, Kacchan – Je peux pas c-couper m-mon bras ! » Deku était pratiquement en train d'hyperventiler, sa main gauche effleurant sa blessure. Celle-ci n'était pas belle à voir : le bandage improvisé grâce à la couverture était saturé de rouge et de jaune, sale et trempé de sueur. Se faire électrocuter n'avait sûrement pas aidé non plus. Ils étaient dans ce merdier depuis moins d'un jour, mais impossible de savoir combien de temps il restait avant qu'ils ne s'échappent. Encore un jour ? Une semaine ? Jamais ? Même s'ils ne perdaient pas la vie, il était toujours possible qu'ils perdent d'autres choses – comme des membres. Surtout s'ils bénéficiaient seulement de temps pour se reposer et pas de soins médicaux.

« Tu vas pas putain de couper ton bras débile » cracha Katsuki, mais sa voix était faible et gutturale. Son grognement habituel était considérablement affaibli à cause de cette merde violette qu'il avait inhalé trois fois dans la dernière pièce de torture.

Deku éclata de rire. Ce n'était pas la première fois qu'il avait réagit à cette horreur avec un rire, et une fois encore celui-ci était vide de gaieté. Katsuki se rendit compte qu'il détestait ça.

« J'ai – J'ai détruit ce bras, encore et encore, et j'ai enfin... J'en prends enfin soin, et c'est... Je vais le perdre de toute façon. Oh mon dieu, je vais perdre mon bras. »

« Deku » gronda Katsuki, saisissant le bras qui allait bien. « Est-ce que tu pourrais. Te calmer ? Ils se foutent de notre gueule. »

« T'en sais rien ! Et si on devait le faire pour continuer ? Et si le truc de cette pièce – comme la cheminée – oh non, le chronomètre – » la tête de Deku se tourna violemment vers l'horloge accrochée au-dessus de la sortie, identique aux deux autres situées de chaque côté de la porte de la première salle de repos. Neuf heures restantes. Généreux. Mais, si c'était la même chose que la première fois, c'était neuf heures avant que la prochaine épreuve ne commence – la porte allait sûrement s'ouvrir un peu avant. Et quelque chose allait sûrement exploser.

Katsuki colla le post-it directement sur le front de Deku, ramenant ses yeux verts brillants sur lui. « Ils. Se. Foutent. De. Notre. Gueule. » Il ponctua chaque mot avec une petite tape sur le papier rose. « Quelqu'un est venu ici depuis que ton bras s'est fait carboniser. Ils ont vu ce qu'il s'est passé, puis sont venus ici et ont collé ce papier de merde. OK ? On va pas couper ton bras. »

« Alors pourquoi il y a une guillotine ici ? » demanda doucement Deku, enlevant le papier de son visage.

Ouvrant sa bouche pour répondre, Katsuki fut pris d'une quinte de toux, le coup soudain dans son sternum envoyant son estomac faire un bond. Il sentit du sang dans sa bouche et sa main fut recouverte de gouttes rouges sombres. Les yeux de Katsuki se rétrécirent.

Deux yeux verts inquiets firent de même.

Sur le sol, à côté d'eux et aux pieds de la guillotine, se trouvait une seule bouteille d'eau et un oreiller. Généreux. Katsuki essuya ses mains sur son pantalon maintenant bien moins blanc, avant de prendre la bouteille et d'enlever le capuchon. Il la tendit brusquement vers le visage de Deku. L'autre garçon avait l'air de vouloir protester – Katsuki était celui qui toussait du sang après tout. Mais c'était une raison de plus pour laquelle il ne devait pas boire en premier et possiblement la contaminer. Deku fini par prendre l'eau qui lui était offerte, après avoir brièvement examiné le papier menaçant, en quête de numéros, et le laissa tomber au sol.

Katsuki regarda la gorge de Deku bouger alors qu'il buvait lentement et prudemment la moitié du liquide.

Peut-être que c'était aussi du poison.

Deku lui passa la bouteille à moitié vide et Katsuki bu le reste.

« Écoutes, notre priorité pour le moment c'est de trouver quand, ça » grinça Katsuki, s'essuyant la bouche et montrant la porte du doigt. « Va s'ouvrir. Ensuite on peux se reposer. » Il secoua l'oreiller avant de le pousser derrière lui, à l'abri de la guillotine. « On s'occupera de la grande faucheuse plus tard. »

« ...Est-ce que tu arrives à te relever ? »

Ses oreilles brûlants, Katsuki ravala le besoin de dire à Deku d'aller se faire voir. Qu'est-ce que pouvait faire sa fierté quand il ne pouvait même pas se tenir debout ? Sa fierté ne pouvait pas fouiller la pièce pour trouver des indices. Sa fierté ne pouvait pas le sauver.

Elle ne pouvait pas sauver Deku.

Donc il la mit de côté. Pour l'instant.

Avec quelques manœuvres utilisant le bon bras de Deku – et, de façon un peu inquiétante, la guillotine – ils arrivèrent à se relever. Katsuki balaya la pièce du regard. Comme celle avec la cheminée, elle était complètement blanche. Mais c'était là leur seule similitude ; celle-ci était ronde et petite, ses murs composés de briques superposées et larges. C'était comme s'ils étaient dans la tour d'un château ou un donjon. La pièce était entièrement dominée par la guillotine en son centre. Les murs étaient recouverts de cadres vides. Peints d'un blanc fantomatique, encore une fois.

Katsuki fit un mouvement de tête dans leur direction, toussant dans son poing. Les deux garçons se traînèrent dans la pièce côte à côte, comme ils l'avaient fait dans la pièce avec la cheminée. Excepté qu'ils n'était pas enchaînés l'un à l'autre ; cette fois ils étaient maintenant liés bien plus solidement par une situation difficile et par le besoin. Et peut être par quelque chose d'autre.

« J'espère que ça va les déranger que je redécore » dit Katsuki sèchement, faisant courir une de ses mains sur un cadre et y laissant une marque rouge. Il l'arracha du mur d'un coup sec. Après avoir vérifier au dos – rien – il le jeta au sol dans un fracas. L'espace que le cadre avait libéré était tout aussi vide.

Ils continuèrent comme ça jusqu'à ce que pratiquement tous les murs soient vides.

Jusqu'à ce que l'avant dernier cadre ne bouge pas.

« Bingo » Katsuki s'autorisa à sourire, retirant son bras de l'épaule de Deku pour saisir son prix à deux mains. Il tira, et tira, et tordit et poussa. Il serra les dents alors que Deku le rejoignit avec un seul bras, ajoutant le peu de force qu'il avait. Mais leurs efforts combinés ne les amenèrent nulle part ; le cadre restait solidement accroché au mur. Peut-être que s'ils avaient été au maximum de leurs capacités, ils auraient pu l'enlever. Mais ils étaient tous les deux épuisés. « Je déteste cet endroit » grogna Katsuki. « Je déteste tellement ce putain d'endroit. »

« Moi aussi » ricana Deku, sans joie. « Avec les jurons et tout. »

Katsuki haussa les sourcils. « Ah ouais ? Je t'écoute alors. »

Le rouge qui envahit les oreilles et les joues de Deku était adorable. Adorable ? Merde, mais cet endroit était vraiment en train de niquer le cerveau de Katsuki.

« C-C'est pas le moment, Kacchan ! On se concentre ! »

« Hmm » fredonna Katsuki. Il continuait de tirer sur le cadre, mais n'arrivait pas à réprimer le sourire qui tirait sur les coins de sa bouche.

Deku arrêta de bouger. Taquineries oubliées, il s'enferma soudainement dans une tempête de marmonnements, mots indiscernables se déversant à toute allure de ses lèvres. Katsuki l'observa silencieusement, surprit par sa propre patience. Après une bonne minute d'absurdités, Deku attrapa la chaîne attachée à sa cheville avec sa main gauche, l'agitant sous le nez de Katsuki.

« Un levier, Kacchan ! On peux à peine attraper le cadre, ce qui fait qu'on ne peux pas tirer assez fort dessus. Mais si on y attache la chaîne – je pense qu'on peux attacher un maillon à la poignée dessus – on pourra l'arracher ! »

« ...Avec ta jambe toujours accrochée. »

« Uh » Deku fit doucement tournoyer le bout de la chaîne, puis inclina la tête vers le centre de la pièce. « En fait »

Katsuki écarquilla les yeux. « Tu veux utiliser ce putain de truc ? »

« Pas pour couper mon bras ! » protesta Deku. « Mais si on peux l'utiliser pour enlever les chaînes, on pourra les utiliser comme outils et comme armes et elles ne nous gêneront plus. »

« Ok, peu importe. Toujours mieux que de rester éveillé pendant plus de huit heures. » Katsuki laissa Deku entourer sa taille de son bras, et ils avancèrent jusqu'à la machine intimidante. La guillotine.

« O-okay » dit Deku, tremblant, en se séparant de Katsuki qui s'accroupit près de là où il devait activer le mécanisme. « Tu tires sur le truc, et la, hum. Lame va remonter, et je ferai passer la chaîne à travers... Et ensuite tu la lâches quand je te dis. OK ? Tu penses que tu peux la t-tenir aussi longtemps ? »

« Tu m'as pris pour qui, abruti de nerd » râla Katsuki en tirant sur la corde pour soulever la lame lourde et pesante. Ce n'était pas facile, et Katsuki était définitivement en train de forcer sur ses muscles – mais putain, il allait certainement pas couper accidentellement les doigts de Deku.

« Je me demande si ça couperai aussi les menottes » marmonna Deku alors qu'il s'asseyait et commença à faire passer les maillons dans l'ouverture circulaire. Qui était faite pour y mettre la putain de tête de quelqu'un. Katsuki grogna. « Si ce truc peux couper les menottes alors c'est sûr qu'elle emportera ton pied avec. T'es prêt ? »

« P-Prêt. »

La menotte était autour de la cheville droite de Deku, maladroitement tenue, il s'en détournait, son bras gauche entouré de manière protectrice autour de sa tête et de son bras mutilé du mieux qu'il le pouvait. Quelque chose se serra dans la poitrine de Katsuki à cette vue.

« On y va. »

Katsuki relâcha son emprise, et en un clin d'œil, la lame était tombée arrivant à destination dans un fracas assourdissant, tranchant la chaîne. Elle avait été si rapide que Katsuki n'avait pas pu la suivre. Son cœur rata un battement.

S'il avait glissé, il n'aurait même pas eu le temps de crier un avertissement.

Bordel.

« Ah, hah, c'était pas si terrible. » Deku offrit un sourire hésitant à Katsuki. « A ton tour ? »

« Hah ? » cria Katsuki. « Tu peux pas faire marcher ce truc à une main. Pas question putain. »

« Oh. » Deku avait l'air abattu.

Katsuki leva les yeux au ciel. « Abruti. C'est pas grave. Allez, on vire ce truc stupide du mur, on perd du temps. J'ai besoin de dormir comme jamais. »

Deku récupéra la chaîne de l'autre côté de la guillotine, et avec l'aide de Katsuki – et un peu de la sienne – ils attachèrent le dernier maillon à un solide bouton décoratif en métal qui dépassait du centre supérieur du cadre, presque comme un crochet. Presque comme s'il avait été fabriqué dans ce but précis.

Une sensation amer s'installa dans l'estomac de Katsuki. « Tout ça c'est juste une mise en scène stupide, c'est pas malin d'utiliser la chaîne – c'est ce qu'ils veulent qu'on fasse. »

Deku le regarda, sourcils haussés au-dessus de deux yeux confus. « Ben, évidement que ça l'est, Kacchan – c'est une énigme. Peut être qu'il y a plusieurs solutions mais ils doivent bien nous donner un moyen de la résoudre, pas vrai ? Et avec le peu qu'on a ici... » Il regarda la pièce vide. « La chaîne est la solution logique. »

Katsuki se renfrogna. Si il avait laissé Deku mourir dans l'eau, il n'aurait plus eu la chaîne avec lui. Si Deku avait choisi la clé au lieu de l'antidote, et que Katsuki avait péri, il ne l'aurait pas eu non plus. A moins que Deku ai traîné son cadavre avec lui dans la pièce suivante.

Ils savaient exactement quels choix ils allaient faire.

Parce que ce n'étaient pas vraiment des choix.

Il détestait vraiment, vraiment ce putain d'endroit.

Katsuki tira violemment sur la chaîne. Rien. Il planta ses pieds sur le mur et tira avec le peu de force qui lui restait, et Deku en fit de même avec son bras gauche.

« Mais tu vas crever putain ! » rugit Katsuki, sans effet.

« Tu te fous de moi là » haleta-t-il. La chaîne tomba de ses doigts tremblants et il s'affala contre le mur, glissant au sol. Il enterra son visage dans ses mains. Le sang dans ses oreilles battait contre son crâne, lui donnant le vertige et le rendant étourdit. Le goût du sang devint plus amer sur sa langue. « Je peux pas, Deku. » Les mots avaient un goût infect et son estomac se recroquevillait sur lui-même. Des larmes de colère chaudes et indésirables s'accumulèrent sous ses paupières.

« H-Hé, ça va aller » dit la voix incertaine au-dessus de lui. « On peux faire une pause. Le numéro est sûrement bas, on p-peux se reposer un peu. On n'a pas trouvé le premier avant plusieurs heures. »

Kacchan serra les dents. « Raison de plus pour que ce numéro soit dans cinq putain de minutes » s'énerva-t-il. Il leva les yeux, envoya un regard noir à la guillotine se tenant fièrement devant eux. « Dommage qu'on puisse pas couper le cadre, vu que j'arrive encore à soulever cette stupide merde. »

Deku alla lentement vers le dernier cadre, le décrochant du mur. Rien dessus, rien derrière. « Je vérifie » chuchota-t-il. « Peut être...Peut être dans l'oreiller – »

« Attends » l'interrompit Katsuki. Son cœur commença à s'accélérer alors qu'une idée germait dans son cerveau fatigué. « Peut être qu'on peux l'utiliser. Oi, relève-moi. » Il tendit la main vers Deku, qui le regarda avec des yeux ronds avant de relever Katsuki. Il fit un mouvement vers l'appareil précédemment mentionné, et ils s'en approchèrent. « Regarde si y'a aucun endroit au-dessus de la lame ou on peux attacher la chaîne. »

« Il y a quelques gros boulons... Ce sera pas assez long par contre. » fit remarquer Deku, montrant la chaîne qui traînait derrière lui avec sa tête. Tendue, elle atteindrait à peine le bas de la guillotine.

« Parfait. »

« Quoi ? »

« Écoutes, nerd » Katsuki montra du doigt le haut de la la structure. « Tout en haut, c'est au niveau du crochet sur le cadre, et la distance est plus courte. On fait monter la lame, on y attache la chaîne, on la laisse tomber. Si la chaîne est plus résistance que de la colle ou je sais pas avec quoi elle tient, ça décrochera cette merde du mur. Boom. Théorème de Pythagore. »

Deku fixa Katsuki du regard pendant un moment avant que les rouages ne se mettent en marche. « Oh ! Évidemment ! » Il eu un sourire un coin. « Kacchan est tellement intelligent ! »

« Tch. T'emballes pas. Il faut encore que tu montes là-haut pour l'attacher. »

« Oh, c'est vrai. »

Katsuki mordilla le bout d'un de ses ongles alors qu'il regardait la guillotine de haut en bas. « OK. Je pense que si tu te mets debout sur mes épaules, je pourrai encore tirer la corde. Tu devras t'appuyer sur le poteau avec ton ventre, et t'auras peut être besoin d'utiliser ton bras foutu. Tu penses que tu peux y arriver ? »

Deku ne regardait pas dans la direction de Katsuki. Il était complètement rouge.

« Oi, abruti de Deku. Tu m'écoutes ? Tu penses que tu peux y arriver ? »

Il ne pouvait pas enrouler ses deux bras autour de son visage, alors seulement le gauche fut positionné dans sa position gênée habituelle. « Kacchan » couina Deku « Je porte pas de pantalon. »

Kacchan ricana. « Ouais, je sais putain. Ton cul et tes couilles sont exposés depuis tout à l'heure. Tu penses que tu peux y arriver ou pas ? »

« Kacchan ! » couina Deku, mortifié. « Si je monte sur tes épaules... ! »

Quoi.

Pourquoi est-ce qu'il agissait comme s'il était gêné par sa nudité ? Quand leur vie étaient en jeu ? Et pourquoi les oreilles de Katsuki étaient en feu ?

« Oh mon dieu, Deku » bafouilla-t-il. « Comme... Comme si on n'était jamais allés à un onsen ensemble ! On s'est changés dans les vestiaires en même temps ! On viens juste de partager une couverture à poil putain. J'ai besoin de te rappeler que c'est une question de vie ou de mort et qu'on n'a pas le temps pour tes conneries de collégienne ? Je regarderai pas ta bite bordel, maintenant monte sur mon dos putain ! » Katsuki était en train de bouillir, sa rage incontrôlable en opposition avec toute cette affaire qui n'était pas censée en être une.

Ils s'étaient connus toute leur vie et s'étaient vus nus plein de fois. Katsuki n'en avait rien à foutre de la nudité de toute façon ! Pourquoi est-ce que c'était gênant maintenant ?!

Deku ne dit rien mais arrêta de tirer sur le devant de son déshabillé en lambeaux avec la main de son bras blessé. Il acquiesça, et alla silencieusement se placer derrière Katsuki. Il avait l'air d'être sur le point de pleurer.

Katsuki détestait cet endroit.

« O-Kay » souffla Katsuki en s'accroupissant. Il ramassa la chaîne derrière lui, la tendant à Deku, qui la prit avec précaution dans sa main droite, grimaçant. Le poteau était à portée de bras. « Monte » ordonna Katsuki.

Deku grimpa sur ses épaules, s'aggripant du mieux qu'il le pouvait avec ses pieds nus. Les quelques maillons restants sur sa cheville droite étaient froids contre le dos de Katsuki.

« Prêt ? »

« O-Ouais. Prêt. »

Avec une grande inspiration, Katsuki commença à se relever, ses mains s'aidant avec le poteau de la guillotine, se reposant entièrement sur ses bras. Le poids supplémentaire rendait la tâche atroce ; la brûlure sous sa menotte, qu'il avait ignoré comme il avait pu, le brûlait par vagues de douleurs aiguës dans toute sa jambe. Ses muscles le tiraient, de la sueur suintait par tous ses pores et il serrait les dents si fort qu'il pouvait le sentir de sa mâchoire à son crâne. Pourquoi avait-il pensé qu'il pouvait le faire ? Il ne pouvait même pas se relever seul.

« Kacchan est génial » lui fut murmuré avec admiration d'en haut.

Putain oui, Kacchan est génial.

Avec un grognement dur et guttural, Katsuki se leva avec son passager, jusqu'à se tenir debout. Il avait du mal à respirer, appuyant sa tête contre le poteau pour essayer de reprendre sa respiration et calmer les battements de son cœur. Il savait qu'il devait bouger – faire simplement tenir Deku droit était déjà un gros effort, et ne pas bouger n'était pas vraiment reposant – mais putain si il pouvait avoir juste une seconde.

Non. Il serra les mâchoires. Il ne pouvait pas. Bougeant ses mains avec précaution du poteau jusqu'à la poulie sans trop bousculer Deku, il commença à faire remonter la lame. C'était beaucoup, beaucoup plus dur cette fois-ci. La lame remontait centimètre par centimètre. Petit à petit. Inspiration par inspiration. Tension après tension. Goutte de sueur après goutte de sueur. Jusqu'à ce qu'elle atteigne enfin le sommet, Deku se pencha en tremblant, trifouillant la chaîne pour l'attacher à la lame. Trifouillant, trifouillant.

« Deku » siffla Katsuki entre ses dents serrées, son corps entier secoué par de violents spasmes alors que son emprise menaçait de lâcher.

« Pardon, pardon, oh mon dieu, j'y suis presque – ça y est ! Ça y est ! »

Katsuki failli lâcher.

Ce qui aurait été si facile.

« Descends. » siffla-t-il.

Pour une fois dans sa vie, Deku ne posa pas de question. Il se précipita sans grâce pour descendre des épaules de Katsuki, aussi vite qu'il le put avec un seul bras en bon état.

« MAINTENANT ! »

Katsuki laisse la corde s'arracher de ses mains alors qu'il s'écartait de sa trajectoire, emportant Deku avec lui. Moins d'une seconde plus tard, la guillotine s'écrasait, immédiatement suivie du cadre partant avec, la chaîne fouettant l'air au-dessus de leur tête, à un cheveux de les décapiter.

« Putain » grogna-t-il, se laissant tombant sur son estomac à côté de Deku. Toutes les cellules de son corps hurlaient sous l'agonie. Son réservoir d'énergie était vide. Vraiment à zéro cette fois-ci.

« J'y crois pas » murmura Deku à côté de lui.

« Hah ? » Katsuki releva la tête du mieux qu'il le put, suivant le regard de Deku.

Les numéros qu'ils cherchaient se trouvaient écrits sur le mur derrière le cadre.

Zéro. Zéro. Un. Trois.

Treize.

Le même putain de numéro que dans la première pièce blanche.

« Wow, c'est génial. Juste génial putain. Tu sais quoi ? OK. J'emmerde tout le reste. Je m'évanouis direct. Réveille moi jamais. »

Et Katsuki s'évanouit direct.


Cette fois, quand Katsuki se réveilla à l'intérieur de ce cauchemar, le visage de Deku le surplombant n'était une vision déplaisante seulement parce que c'était là la confirmation qu'ils y étaient encore. Ses cheveux étaient un désastre informe, bien plus que sa masse habituelle de boucles vertes, allant dans toutes les directions, y compris plaquée sur son front. Des cernes sombres habillaient ses yeux rougis tombants, la vive couleur émeraude atténuée et manquant son éclat habituel. Même ses tâches de rousseur semblaient avoir pâlies en même temps que la peau en dessous durant leur séjour inhospitalier.

C'était à la fois la plus belle et la plus horrible vue avec laquelle se réveiller.

« Désolé, Kacchan » dit doucement Deku. On aurait dit qu'il avait pleuré. « Je voulais te laisser dormir plus longtemps, mais je pense que je suis en train de m'évanouir – et je voudrai pas qu'on manque notre chiffre porte bonheur. »

Katsuki jeta un œil à l'horloge, tournant sa tête sur l'oreiller qui avait bougé dessous à un moment donné. Deux heures restantes. Deux heures restantes ? Il se releva brusquement en position assise, son pouls s'accélérant, débordant d'une nouvelle énergie malgré la sensation envahissante d'avoir été renversé par un camion qui était toujours présente.

« Abruti de nerd, espèce de débile » gronda-t-il. « Tu m'as laissé dormir pendant plus de six heures ?! On doit partager – qu'est-ce qui va pas chez toi ?! »

« Désolé » répéta Deku, à moitié sincère, tirant l'oreiller contre lui et basculant immédiatement sur son côté gauche. Il soupira, ramenant ses genoux contre sa poitrine, sans tenir compte de la façon dont cela exposait son derrière nu directement à Katsuki.

Furieux, Katsuki ravala le sermon qui le démangeait. L'abruti dormait déjà à poings fermés. Et puisqu'il s'était laissé si peu de temps pour dormir, Katsuki n'allait pas le tenir éveillé pour lui hurler dessus. Même s'il en avait vraiment, vraiment envie.

Putain. Katsuki fit courir ses ongles dans ses cheveux sales, essayant de faire démarrer à 100% son cerveau encore endormi. Est-ce que Deku était vraiment resté assis pendant six heures, regardant Katsuki dormir, totalement seul ? Bien sûr, Katsuki avait regardé Deku dormir environ le même laps de temps après qu'il se soit noyé, mais le nerd s'était réveillé à la moitié du temps, s'ajoutait à cela le fait que Katsuki était juste fatigué et gelé à ce moment-là. Il n'était pas rongé par une brûlure au troisième degré non soignée.

Et, s'il était honnête, le contact peau contre peau avait été apaisant pour Katsuki aussi.

Pas comme s'il allait le dire à qui que ce soit.

Deku avait l'air si petit. Si fragile. Katsuki savait que ce n'était pas le cas ; même sans son Alter, Deku était un survivant. Mais, roulé en boule, ronflant doucement, son bras droit posé de façon tendue le long de ses côtes comme un rappel macabre du danger dans lequel ils étaient, il avait l'air bien plus jeune et fragile que ce qu'il était. Et il avait laissé passer la chance de dormir presque quatre heures entières pour que Katsuki en ai six.

Katsuki le détestait.

Et pourtant.

Il se surprit à faire courir ses doigts de façon distraite le long des cheveux de Deku avant d'éloigner sa main vivement. Qu'est-ce qu'il foutait ? Il se recula d'un mètre, son cœur battant furieusement dans sa poitrine.

What the fuck what the fuck what the fuck.

Je n'ai jamais pu te le dire... Enfin. Tu le savais sûrement déjà. Tu es génial après tout.

Non, ça n'était pas en train d'arriver. Pas ici. Pas maintenant. Jamais. C'était juste... un besoin de chercher du réconfort à cause du traumatisme dans un moment extrêmement stressant, ou un truc du genre.

Katsuki se sentait soudainement très reconnaissant de l'habitude de Deku a être un martyr puisque cela voulait dire qu'il n'aurait pas à passer autant de temps seul avec ses pensées traîtresses.

L'heure allait être longue.


Avec encore quarante-cinq minutes pour lui, Deku commença à se réveiller tout seul. L'abruti ne prenait même pas la totalité du peu de temps qu'il s'était alloué. Avec un mouvement rapide, Katsuki s'écarta de l'endroit où il ne laissait définitivement pas le pied dégueu de Deku reposer sur sa cheville.

« Rendors-toi, idiot. »

« Nnn, nyahh, Kacchan » bailla Deku. « Je veux...veux me lever. Je suis debout. Je suis debout. »

On aurait dit un chaton endormi et encore une fois, what the fuck.

Frottant ses yeux, Deku grimaça alors qu'il bouscula son bras droit dans un effort pour se relever. Sa respiration était rapide et courte, et son état semblait avoir empiré par rapport au moment où il était allé dormir.

« Comment va ton bras ? » Katsuki ne savait pas vraiment pourquoi il avait posé la question. Il connaissait la réponse.

« Mal. »

« ...M'en doutais. »

Le silence s'étendit entre eux pour la première fois depuis qu'il leur avait été imposé sous l'eau. Ils avaient rarement arrêté de se hurler dessus, et maintenant Katsuki se retrouvait soudainement sans rien à dire. Même Deku, avec ses marmonnements qui semblaient inarrêtables, était silencieux et discret.

Leurs yeux étaient fixés sur l'horloge chronométrée. Ils pensaient probablement la même chose.

Qu'est-ce qui allait arriver à treize minutes ? Est-ce qu'ils allaient se blesser encore plus ?

Survivraient-ils à la pièce suivante, alors qu'ils arrivaient à peine à rester en vie ?

Est-ce que...un seul d'entre eux allait survivre ?

« Je peux plus te regarder mourir. »

Les mots étaient doux et à peine audible, et pourtant Katsuki tourna ses yeux incrédules vers son compagnon, une fureur familière s'allumait dans son sternum. « C'est gonflé de ta part, quand je t'ai vu crever bien plus de fois, connard. »

L'expression morose de Deku se transforma rapidement en quelque chose de provocateur. La lumière qui avait disparu revint dans ses yeux étincelants. « Non ? T'as oublié toute la pièce précédente qu'on vient de faire, où tu as pris cinq sanctions ? »

« J'ai pas pris cinq sanctions, abruti » railla Katsuki. « Et j'ai dû regarder ton corps de débile se faire électrocuter et plus bouger pendant genre, trois minutes ! »

Luttant pour se mettre debout comme un faon chancelant, Deku rassembla sa main gauche pour la serrer en un poing tremblant. Sa voix tremblait aussi. « J'ai dû voir ça aussi ! Et c'était cinq fois ! La chaleur, l'électricité, et trois ! Trois attaques au poison ! Cinq fois ! Et ensuite tu es mort ! Tu es mort, Kacchan ! »

Katsuki était sur ses pieds avant même qu'il ne réalise qu'il n'avait plus besoin d'aide pour se tenir debout. Son cerveau retraçait les événements de la pièce précédente. Est-ce qu'il avait vraiment pris cinq sanctions pour que Deku puisse passer à travers les obstacles le plus indemne possible ?

« Ben, toi aussi ! » Katsuki rétorqua, piétinant en avant jusqu'à ce qu'il soit dans l'espace personnel de Deku. « Comment tu penses que je me suis senti en voyant ton cadavre flotter au fond d'une piscine ? J'ai du de traîner en dehors ! Ton cœur battait plus ! Tu respirais plus ! J'ai du te faire du bouche à bouche ! » Il criait maintenant, même s'il ne savait pas vraiment pourquoi.

Toute la couleur restante s'évapora du visage de Deku.

« Tu...quoi ? »

« Hah ? Tu te souviens p – »

Oh. Évidement qu'il ne se souvenait pas.

Il était mort.

La main gauche de Deku vint couvrir ses lèvres, ses yeux écarquillés et paniqués. « J'ai...J'ai jamais... »

La sensation de ses oreilles brûlants arrivait bien trop fréquemment à son goût, et Katsuki était en train de la détester presque autant qu'il détestait tout ce qui arrivait dans sa vie en ce moment.

« C'était pas... C'était pas un baiser, trou du cul ! »

Même si c'était exactement ce que Katsuki avait pensé.

Des larmes commencèrent à cascader le long des joues de Deku alors qu'il grimaçait, son visage prenant une couleur rouge écarlate familière. Il agrippa ses cheveux. « Mon premier baiser, et je m'en souviens même pas ! »

« C'ETAIT PAS UN – » Katsuki s'étouffa avec ses mots.

« T'es... » commença-t-il, prenant de grandes inspirations par le nez. « Contrarié parce que tu t'en souviens pas ? Pas parce que... Pas parce que c'était... moi ? »

Un rire mouillé s'échappa de la gorge de Deku, sincère pour une fois, et pas en réponse à la peur. Sa lève inférieure tremblait alors qu'il essayait de sourire. « P-Pourquoi je serai contrarié que ce soit Kacchan ? Pourquoi je voudrai que ce soit quelqu'un d'autre ? »

Katsuki se saisit du revers déchiré du déshabillé emprunté de Deku, dans un point tremblant. Il fixa de haut les yeux verts mouillés d'un visage fatigué, sale et, de façon exaspérante, toujours aussi charmant. Sa mâchoire se serra. Ses narines se dilatèrent.

« Je t'ai dit, c'était pas un baiser. Ça c'en est un. »

Et il l'attira vers lui sans cérémonie, écrasant leur bouche l'une contre l'autre.

Pour être franc, malgré son comportement désinvolte dans la pièce électrique, Katsuki n'avait pas plus d'expérience que Deku. Il connaissait les mécaniques de bases en ayant regardé des films et ses parents, mais tout ça fut majoritairement balancé par la fenêtre et il se contenta d'y aller les yeux fermés. Ils étaient tous les deux sales, Katsuki pouvait sentir le sang, la sueur et la douleur, pas la menthe, et le soleil et les roses et peu importe le goût que les baisers étaient censés avoir. Mais sous la crasse et le désespoir, un courant les connectait. Ce qui dominait tout le reste, c'était que ça avait le goût de quelque chose de juste.

Ils se séparèrent comme ils s'étaient rencontrés : violemment, trébuchant en arrière, et haletant. Se regardant éberlués, leur poitrine se soulevant, l'ampleur de la situation vint s'abattre sur eux deux.

« Qu'est-ce qu'on est en train de faire » chuchota Deku, pas vraiment comme une question mais plus comme une plainte. Pourquoi faire ça maintenant, alors qu'ils allaient juste mourir de toute façon ?

« On se casse d'ici » siffla Katsuki. Ça y est. Il en avait assez. Ils avaient essayé à la façon de Deku, jouant à ces petits jeux, mais Katsuki en avait marre. Pas question de perdre et de mourir dans la salle de torture d'un vilain de seconde zone quand il avait cette merde à comprendre.

Jetant des regards frénétiques dans la pièce, Katsuki revint au premier plan qui lui était venu, envoyant chier le peu de précaution qu'il avait en lui. Il prit la guillotine d'assaut et commença à faire monter la lame.

« Kacchan... ? »

« Quand le poids est tout en haut » grogna Katsuki. « Tires sur la chaîne. Fais la passer au-dessus. Elle va atterrir juste sous la grille d'aération. »

Deku le regarda bouche bée. Sa main gauche vint immédiatement frôler son bras blessé et inutile.

« Je sais que tu peux juste utiliser un bras et que t'as dormi deux secondes, tête de cul. Mais je sais aussi que tu peux le faire. Plus Ultra. »

Deku acquiesça, ses lèvres formant un sourire un peu tordu et déterminé. Il attrapa la chaîne alors qu'il se dépêchait. « ...Plus Ultra. »

Quand la lame fut tout en haut, Deku tira, hurlant, et Katsuki inclina la corde pour y ajouter sa propre force. Doucement mais sûrement, l'appareil tout entier commença à pencher, soulevant complètement la base du sol, jusqu'à ce que la gravité l'emporte et que le haut se coince entre les briques, trente centimètres environ en-dessous du plafond. Après avoir tiré plusieurs fois dessus violemment pour s'assurer qu'elle ne bougerait pas, ils firent doucement redescendre la lame, espérant que la guillotine ne se redresserait pas toute seule.

Elle resta en place.

Katsuki relâcha la respiration qu'il avait retenu. Il détacha la chaîne de la lame, pour ensuite commencer à escalader la structure toute entière comme une échelle sans barreaux. Arrivé en haut, il enroula la chaîne autour de son poing. Il donna ensuite un coup dans la grille d'aération.

« Allez, Deku » l'appela Katsuki alors qu'il se hissait dans le conduit d'aération, sa propre menotte et chaîne pendant derrière lui.

« Est-ce qu'ils ne vont pas nous poursuivre, si on est surveillés ? » Malgré son hésitation, et sa respiration hachée, Katsuki pouvait entendre Deku monter – quoiqu'un peu plus lentement avec un seul bras. Quand il arriva en haut, Katsuki lui tendit son bras.

Deku le regarda avec quelque chose d'indéchiffrable dans son expression, mais il prit tout de même sa main. Katsuki le fit monter dans l'étroit passage.

« Y'a des chances » Katsuki haussa les épaules. C'était totalement injustifié, mais il ne pouvait pas réprimer le sourire féroce qui vint étirer ses lèvres. « Mais au moins on se contente pas de suivre bêtement leur énigme de merde toute faite. C'est un tout nouveau jeu. »

Se mordant la lèvre, Deku acquiesça : il fronça les sourcils, ses yeux éclatants.

« Si c'est avec Kacchan... Je prends le risque. »