Note : Désolé pour l'attente, j'avais beaucoup trop de choses à faire cette semaine ! Merci aux personnes qui ont posté des commentaires, ça me fait super plaisir :) N'hésitez pas à en laisser surtout ! :)

C'est le chapitre où je suis le plus content de ma traduction, j'espère que ça se ressentira haha

Accrochez-vous, il s'en passe des choses dans ce chapitre !


Pour la quatrième ou cinquième fois depuis qu'ils étaient entrés dans le conduit d'aération, le bruit derrière Katsuki s'arrêta. Il tourna la tête par-dessus son épaule, sachant déjà ce qu'il allait voir, même avec le peu de lumière passant par la grille la plus proche. Espérant que par miracle, ce soit quelque chose d'autre.

Le garçon qui était affalé contre le mur du conduit ressemblait à peine à un être humain. Le peu d'énergie qu'avait Deku en réserve avait diminué jusqu'à zéro, l'adrénaline fourni par leur évasion retombant comme un ballon dégonflé en quelques minutes. Il avait fréquemment eu besoin de faire des pauses, pendant qu'ils rampaient à travers le passage étroit. Un éclat blanc illuminait les nombreuses perles de transpiration coulant le long du bord de sa joue, sous ses yeux fermés.

« Oi. »

Il ne reçu que le bruit d'une lourde respiration en réponse.

Katsuki serra les mâchoires. Il sentait qu'il pourrait dormir encore une semaine, chaque avancée était comme progresser dans de la mélasse. Mais les six heures de repos dont il avait bénéficié l'avaient au moins rendu capable de bouger à nouveau. Deku, dans son besoin exaspérant d'en faire plus que Katsuki peu importe le domaine, avait à peine dormi et en payait le prix.

L'abruti n'avait même pas besoin de son Alter pour se sacrifier à peine remis sur pied.

Qu'allait-il arriver si ils devaient se battre contre quelqu'un ? Katsuki pouvait à peine prendre soin de lui-même, encore moins de porter le poids mort qu'était Deku. Mais ce n'était pas comme si Katsuki pouvait le laisser derrière, et le réprimander n'apporterait rien de bon non plus.

« Le nerd. Faut qu'on bouge. »

« Je sais » gémit doucement Deku. « J'vais bien, juste... Vertige. Chaud. »

Ça, attira l'attention de Katsuki. Il faisait excessivement froid dans les conduits d'aération, l'air froid se heurtant à eux comme si il essayait de les pousser en dehors de son chemin.

Un carrefour se trouvait quelques mètres plus loin. Katsuki se dépêcha pour faire demi-tour, la chaîne attachée confortablement autour de sa cheville cliquetant doucement alors qu'elle frôlait le sol du conduit. Le bout de chaîne auparavant attaché à Deku, était serré autour de sa taille.

Les paumes calleuses de Katsuki n'étaient pas vraiment adaptées pour prendre la température, alors il plaça le dos de sa main contre le front de Deku, écartant plusieurs boucles grasses. Deku frissonna au contact, même s'il n'était pas froid. Il était chaud. Beaucoup trop chaud.

« Bordel, Deku » jura Katsuki. Sa voix trembla alors que son écho se répercutait dans l'écrin en métal fermé hermétiquement autour d'eux. « T'as de la putain de fièvre. »

« Oh ? » Deku répondit comme si Katsuki lui avait fait remarquer quelque chose de banal et à peine intéressant. Comme si il allait pleuvoir demain, ou que Kirishima trouvait que quelque chose était viril. Il n'avait même pas ouvert les yeux.

Un léger bruit sourd résonna quand Katsuki laissa reposer sa tête contre le mur froid en métal, non sans rappeler le bruit qu'il avait fait quand il avait essayé de sortir de la pièce d'eau. Il expira par le nez. L'état de Deku se détériorait rapidement et allait continuer à empirer si ils continuaient comme ça. Il n'était pas seulement fatigué ; il était vraiment en danger. D'une manière ou d'une autre, malgré tous ses efforts – malgré avoir enduré la chaleur et le poison et avoir tiré seul la poulie de la guillotine – Katsuki ne pouvait pas empêcher cet abruti de vouloir rendre visite à la mort.

La seule façon qu'ils avaient de sortir d'ici était en suivant le courant d'air jusqu'à la sortie du bâtiment dans lequel ils se trouvaient. Et ils devaient le faire rapidement ; leurs adversaires étaient sûrement au courant de leur détour non-autorisé, mais il espérait tout de même avoir réussi à les surprendre.

Mais plusieurs mauvais virages et culs de sacs leur avaient déjà fait perdre du temps. Katsuki ne savait pas où il allait. Si il laissait Deku derrière, il pourrait avancer plus rapidement ; localisant potentiellement la sortie en vitesse avant de revenir en arrière.

Mais Katsuki avait peur de ce qu'il allait trouver – ou ne pas trouver – à son retour.

« Deku, tu dois bouger » dit silencieusement Katsuki.

Avec un froissement, la tête de Deku glissa du mur dans un arc de cercle, se cognant paresseusement contre la clavicule de Katsuki. « J'bouge. »

« Tu bouges pas. » Katsuki leva une main de façon hésitante à l'arrière de la tête de Deku, l'amenant doucement contre son torse. C'était bizarre, et il ne voulait pas penser à ce qui l'avait poussé à faire une chose pareille.

« Je gêne ? »

Des boucles emmêlées chatouillèrent le cou de Katsuki et son cœur se serra. Il cligna des yeux pour chasser le picotement qui s'y était logé.

« Oui, idiot. Maintenant pousse-toi du milieu. »

« C'est Kacchan qui gêne maintenant. »

« Fils de... OK, petit malin, j'y vais, et t'as intérêt à me suivre putain. »

Katsuki délogea la tête de Deku le plus gentiment possible avant de reculer jusqu'au carrefour, le fusillant du regard tout le long. Avec un faible sourire, Deku se poussa du mur et avança douloureusement, son bras droit recroquevillé juste assez pour ne pas être traîné contre le sol du conduit.

Ils continuèrent.

Ils passèrent d'une grille d'aération à une autre, jetant des coups d'œil aux pièces en contrebas pour voir si elles auraient pu leur être d'une aide quelconque. De ce que Katsuki avait vu, on y trouvait encore plus d'énigmes dans des murs métalliques et de pièces de repos blanches. Pleines de machines menaçantes et d'objets faussement réconfortants. Au moins, elles étaient vides. Pour la première fois depuis des heures, Katsuki accorda une pensée à ses camarades, et se sentit soulagé qu'ils n'étaient pas là-dedans. Mais est-ce que toutes ces pièces étaient vraiment seulement pour eux deux ? Comment aurait-on pu s'attendre à ce qu'ils survivent ?

Enfin. Personne ne s'y attendait sûrement.

Katsuki s'arrêta au-dessus d'une pièce complètement remplie d'eau. Son cœur rata un battement. Est-ce qu'ils avaient juste fait un tour pour retourner au début ? Même sans vraiment savoir où ils étaient, il avait essayé d'être attentif pour s'éloigner des pièces dans lesquelles ils avaient été.

Quelque chose de gros et sombre bougea dans l'eau.

Ils accélérèrent.


« Kacchan » appela faiblement Deku derrière lui. Katsuki s'arrêta pour jeter un regard noir au garçon derrière son épaule, de plus en plus mal en point à mesure que le temps passait.

« Quoi ? »

« 'Te souviens... Le truc. Avec... Mon cheveux ? »

S'essuyant le front, Katsuki recommença à ramper. « Ferme la, le nerd. On parle pas de ça. »

« C'est pas grave » soupira Deku. « Kacchan m'a embrassé avec la langue. Ça doit compter. »

Katsuki arrêta de bouger. Il sentit son visage chauffer dans ce conduit d'aération glacé.

« Je te jure. » Les mots arrivaient à peine à sortir, la colère, la frustration et la peur faisant trembler son corps. « Si tu me donnes ton Alter de merde, t'as intérêt à crever parce que je t'étranglerai avec mes propres mains. »

Silence.

Plic-ploc.

Katsuki risqua un autre regard en arrière. Les larmes cascadaient silencieusement des joues couvertes de tâches de rousseur, les petits points à peine visibles sous un rayon de lumière d'une grille d'aération située entre eux deux. Le liquide coula du menton de Deku, éclaboussant le sol froid en métal entre sa bonne main et celle abîmée, même plus tenue mais pliée à un angle bizarre contre le sol du conduit. Oh, merde.

« Je veux pas mourir » sanglota-t-il de sa voix brisée et sèche. « J'ai juste – J'ai juste – ça fait tellement mal. » Deku trembla violemment, s'écroulant encore une fois sur le côté du conduit, sa poitrine se soulevant violemment.

Katsuki se tourna mais ne pouvait pas se retourner complètement. Son cœur battait rapidement contre sa cage thoracique, le besoin de faire quelque chose se manifestant de façon inutile contre le fait qu'il ne pouvait absolument rien faire.

« Kacchan devrait y aller » murmura Deku, sa voix mouillée. « Tu, hah, devrais pas...v-voir ça. »

« Je te laisse pas, putain » gronda Katsuki, résistant au besoin d'abattre son point contre le métal qui le piégeait. Ils faisaient déjà assez de bruit comme ça.

Deku rit, avec cette intensité qui signalait de la peur plutôt que de l'amusement.

« C'est pas juste. C'est pas juste du tout. Kacchan devrait partit. Il devrait me détester. Il devrait pas être gentil. Kacchan devrait certainement pas m'embrasser. Pas quand je pourrai pas le faire à nouveau. Pas quand je vais mourir. »

« Deku, la ferme » Katsuki essaya de se faire ferme, mais les mots sortirent comme une demande désespérée. « Tu délires. »

Claquant des dents, Deku se recroquevilla sur lui-même, ses yeux vitreux se fermant.

« O-Ouais, probab. Probablement. »

« Oi, t'endors pas. Juste... C'est juste un peu plus loin. » Les mots étaient comme du papier de verre sur sa langue.

« J'dois d'lirer » bafouilla Deku. « Kacchan est pas un menteur. »

Katsuki se renfrogna.

Peut être qu'il n'avait pas à en être un.

Se disputer sans bouger dans un conduit d'aération n'allait les mener nulle part. Si Katsuki arrivait à trouver la sortie, si il savait où elle se trouvait... il pourrait revenir et tirer Deku de là. C'était précisément ce qu'il voulait éviter – et si leurs ravisseurs le trouvait pendant que Katsuki n'était pas là ? Mais ils étaient à court d'option.

« Je vais continuer et vite revenir, Deku. OK ? »

Les yeux verts s'ouvrirent doucement, brillant faiblement dans la lumière pâle. Katsuki avait vu beaucoup de choses dans ces yeux au fil des années, mais le doute y était rarement. Surtout à propos de Katsuki.

« Je suis sérieux, connard. Je reviens direct. »

Kacchan est pas un menteur.


Le silence.

Le bruit blanc du courant d'air étouffait tout. L'avancée de Katsuki, le fer contre le métal, sa respiration hachée. Ses pensées.

C'était à gauche, droite, encore droite, et tout droit avant que Katsuki ne trouve quelque chose. Ce n'était pas la sortie, mais ce n'était pas une pièce de torture non plus. On aurait dit un genre de centre de commande avec des écrans, des interrupteurs et des lumières clignotantes. Il se dit qu'il s'agissait peut être de leur ticket de sortie ou au moins un moyen pour appeler à l'aide. Le seul problème était qu'il s'agissait d'un ticket unique ; si Katsuki quittait les conduits d'aération, il ne pourrait pas y remonter.

Et c'était probablement un énorme putain de piège.

Pourquoi la salle était-elle vide sinon ?

Mais c'était la meilleure chance qu'il avait.

Si il avait eu quelque chose pour y attacher la chaîne, il aurait pu avoir un plan de secours. Mais au contraire des crochets parfaitement adaptés et des boulons de la pièce avec la guillotine, il n'y avait rien fait pour eux cette fois. Pas de solution à l'énigme servie sur un plateau. Alors Katsuki continua jusqu'à ce qu'il arrive à un carrefour pour pouvoir se retourner, et il retourna jusqu'à Deku.

Il retourna au-dessus de la salle des commandes, tout droit, gauche, gauche et droite.

Deku était toujours là où il l'avait laissé, endormi.

Il dort il dort il dort.

Katsuki le secoua, gentiment au début, puis plus fermement quand il ne se réveilla pas. Enfin, Deku grogna, ses yeux s'ouvrant d'un coup pendant une seconde avant de battre des cils.

« J'en ai vraiment marre de ces frayeurs, Deku » dit Katsuki de façon légère, mais son cœur était lourd dans sa poitrine. Ils n'auraient sûrement pas droit à une nouvelle chance.

« Désolé, Kacchan » soupira Deku. On aurait dit qu'il n'avait pas entendu ce que venait de dire Katsuki.

« Viens. J'ai trouvé quelque chose. »

Une fois à gauche, une fois à droite, encore à droite, et tout droit. C'était comme si retracer le chemin prenait des heures.

Katsuki hésita au-dessus de la grille.

« Deku » murmura-t-il, de façon tendue, son sang battant à ses oreilles. Katsuki s'était reposé pendant si longtemps sur la colère et la vantardise. Mais ici dans le silence, le froid et l'obscurité, avec son plus vieil ami derrière lui et tenant à peine à la vie, il se sentait petit et effrayé. « Je sais pas ce qui va se passer. »

« Hmm. Personne ne le sait jamais, Kacchan. C'est pas grave. »

Le cœur au bord des lèvres, Katsuki souleva la grille d'aération, ne se souciant pas de ses ongles recouverts de sang. Détachant la chaîne libre autour de sa taille, il la donna à Deku. C'était juste pour la forme Deku serait incapable de remonter Katsuki dans le conduit. Mais le geste leur permettait au moins de faire semblant.

Agrippant le bord de l'ouverture, Katsuki se glissa dans la salle en dessous. Il resta accroché un instant, retenant sa respiration, attendant une sirène ou une alarme. Quand aucun son ne retentit, il se laissa tomber au sol comme un chat. Un rapide regard autour de lui ne lui donna pas beaucoup plus d'information que ce qu'il avait déjà vu : un couloir ouvert qui avait été juste hors de vue dans le conduit. Avec un dernier regard dans les yeux malades et inquiets de Deku, Katsuki se tourna vers le mur d'écrans et de consoles.

Si il s'agissait d'un système de communication, Katsuki se disait qu'il avait une chance d'envoyer un genre de message de détresse avant que la sécurité ne le trouve. Si c'était le système de sécurité, peut être que Katsuki pourrait l'utiliser à son avantage, ou pour trouver une sortie.

Katsuki jeta un œil aux écrans. Des images filmées en direct. Les habitacles à sanctions. La pièce avec l'eau. Plein d'autres salles de torture vides. Le système de sécurité donc. Ses yeux se rétrécirent. Il ne voyait aucune pièce blanche. Est-ce qu'elles n'étaient vraiment pas filmées ? Il y avait des pièges à l'intérieur aussi ! Peut être qu'ils avaient vraiment de la chance et encore du temps avant de se faire repérer. Le regard de Katsuki balaya les autres images et se figea.

Les conduits d'aération.

Ils avaient des caméras dans les conduits d'aération.

« Quels rats intelligents, quels rats ingénieux ! »

Katsuki se retourna, un froid glacé gelant ses veines, tombant en arrière sur la console avec ses deux mains. Devant lui se tenait un homme, un vieil homme de petite taille qu'il n'avait jamais vu de sa vie. Il portait une blouse de laboratoire blanche et pointait un pistolet vers Katsuki.

« Je dois dire, c'est la première fois que quelqu'un arrive dans les conduits de ventilation. Je les avais, évidemment, mis sous surveillance pour être méticuleux, mais ! Tu es juste plein de surprise, n'est-ce pas, Katsuki ? Je peux t'appeler Katsuki, pas vrai ? » L'homme sourit, ses yeux brillant derrière ses épais verres de lunettes.

« Qui vous êtes bordel ? » Katsuki devait creuser profondément en lui pour grogner. Il tremblait.

« Oh, tu n'as pas besoin de savoir ça. Nous n'étions pas censés nous rencontrer, hein ? Mais tu es spécial Katsuki, donc j'imagine que je ne suis pas vraiment étonné. Tu sais, normalement je paie beaucoup d'argent pour des rats comme toi. Mais cette fois, c'est moi qu'on a payé ! C'est quelque chose non ? » Il fit un geste brusque avec l'arme. « Les mains où je peux les voir, si tu veux bien ! »

Katsuki retira ses mains de la console, grondant pour couvrir le clic qu'elles traînèrent dans leur sillage.

« Toi aussi, petite souris » appela joyeusement l'homme vers le plafond. « Je sais que tu es là-haut, Izuku. Descends nous rejoindre, tu veux bien ? »

Deku était à peine visible dans l'ombre du conduit d'aération, sa main gauche couvrant sa bouche sous ses yeux écarquillés et horrifiés.

« Non » aboya Katsuki.

L'homme soupira. « Les rats spéciaux sont ceux qui posent le plus de problèmes. » Il leva son arme et tira.

Pendant un moment angoissant, tout ralentit.

« Kacchan ! »

La douleur explosa dans le biceps gauche de Katsuki, et il baissa bêtement le regard pour voir la ligne rouge qui s'était créée à cet endroit, ne bougeant pas pendant un instant avant de s'ouvrir et de déverser du sang le long de son bras. Il chancela, couvrant la blessure de sa main droite, le coup de feu résonnant toujours à ses oreilles. La balle s'était logée dans le mur à côtés des écrans.

« Pas de panique, pas de panique ! C'est juste une éraflure » dit l'homme d'une façon nonchalante. « Mais ça ne sera pas le cas la prochaine fois, d'accord ? Donc. Izuku, si tu veux bien. »

« Il. Peux pas. Tout seul » lâcha Katsuki. « Il est malade » expliqua-t-il, comme si ça allait faire une différence aux yeux du monstre qui en était responsable.

Le vilain le fit taire, comme il aurait grondé un enfant. « Oh, aies un peu de foi en ta petite souris, Katsuki ! »

« Je d-descends, n-ne lui faites pas de mal, s'il vous plaît ! » s'exclama Deku, avant de descendre brusquement dans la pièce en se balançant avec un bras, celui blessé pressé contre son entrejambe pour préserver le peu de dignité qui lui restait. Il tomba au sol et s'effondra. Katsuki voulu se précipiter sur lui mais l'homme l'arrêta en pointant le pistolet vers son visage.

« Tu vois ? Il en est parfaitement capable. » Laissant le pistolet pointé sur Katsuki, l'homme se baissa et attrapa Deku par le bras, le redressant brutalement. Il l'attrapa par le bras droit. Du sang et du pus s'échappèrent entre les doigts recouverts de latex s'enfonçant dans le bandage sale improvisé. Les yeux de Deku se renversèrent et sa bouche s'ouvrit dans un cri silencieux.

« Arrêtez ! Qu'est-ce que vous foutez ?! » Le cœur de Katsuki battait furieusement dans sa poitrine, à peine contenu par les os qui l'entourait. Jamais dans sa vie il ne s'était sentit aussi impuissant.

« Tu sais ce qu'il faut faire quand les rats s'échappent du labyrinthe, Katsuki ? »

Katsuki ne pouvait que regarder le démon devant lui, bouillonnant.

L'homme sourit.

« Il faut construire des murs plus hauts. »


C'était de pire en pire.

Ça en avait l'air en tout cas. Mais Katsuki ne pouvait pas s'enlever l'idée de la tête qu'il avait de meilleures chances de s'en sortir si un vilain taré le faisait marcher au bout de son pistolet, plutôt que si le bâtard était resté dans l'ombre. S'il pouvait juste se rapprocher, s'il pouvait juste éloigner Deku de lui... Si Katsuki pouvait juste attraper de ses mains ensanglantées le coup de ce connard, il avait de bien meilleures chances de les sortir de là qu'en résolvant des énigmes mortelles.

« On regarde droit devant, si tu veux bien ! »

Katsuki ne voulait certainement pas bien. Il n'arrêtait pas de jeter des coups d'œil derrière lui, où le taré était toujours en train de tirer Deku par son mauvais bras. Le pauvre idiot avait déjà assez souffert. Le peu que Katsuki pouvait apercevoir ne lui donnait pas beaucoup d'espoir d'amélioration ; Deku était plus pâle qu'il ne l'avait jamais été, et il avait l'air complètement ailleurs. Les pleurs avaient cessés, tout comme les autres sons et signes de vie, et ses yeux ternes fixaient simplement le sol alors qu'il suivait maladroitement.

Pas d'autres personnes à l'horizon, vilains ou autres. Ils passèrent devant des portes fermées, des pièces ouvertes, des placards à balais... Même quelque chose qui ressemblait à une cafétéria. Vide. Personne pour les aider. Personne d'autre pour les faire souffrir.

Juste cet homme.

Un homme avec un flingue.

Ses réflexes rapides étaient la fierté de Katsuki, mais il ne les avait pas pour le moment. Lents et émoussés par l'épuisement et la douleur, il n'avait pas pu compter dessus quand la balle l'avait effleuré. Quel espoir avait-il de pouvoir lui arracher le flingue quand cette espèce de sous-merde pouvait lui tirer dessus avant ? Sans parler de l'Alter qu'il avait sûrement en réserve.

« On y est » annonça gaiement le vilain. Ils s'étaient arrêtés devant une porte ouverte, donnant sur pièce modeste et banale. Il fit un mouvement de tête dans sa direction. « Allez, hop. »

Hésitant, Katsuki essaya de gagner du temps sur le seuil ; ils étaient déjà piégés, mais quoiqu'il y avait à l'intérieur de cette pièce, ce n'était sûrement pas bon pour eux.

Avec un soupir, l'homme pressa le canon du pistolet contre la tempe de Deku. Deku ne sursauta même pas.

« D'accord, merde ! D'accord ! » Katsuki se précipita dans la pièce, tremblant. La dernière fois, Katsuki s'était fait tiré dessus sans avertissement il n'allait pas prendre de risque avec la vie de Deku. Il se retourna vers les deux toujours à l'entrée.

« Malheureusement je n'ai pas de jouets avec lesquels tu pourrais t'amuser, tu vas devoir t'asseoir et attendre jusqu'à ce qu'on soit prêts. A tout de suite ! » Et sans plus de cérémonie, la porte coulissa jusqu'à se fermer, laissant Katsuki fixer un espace vide.

Complètement seul.

« Q-Quoi » s'étouffa-t-il. Son pouls s'accéléra, le vide battant à ses oreilles. Il pouvait à peine comprendre ce qu'il venait de se passer. Pour la première fois depuis qu'ils étaient arrivés dans cet endroit de merde, Katsuki et Deku étaient complètement séparés. Pas juste par de l'eau, où du plexiglas transparent, où par le sommeil. Deku n'était plus là. Deku n'était plus là.

« Non, vous... Oi ! C'est quoi ce bordel ?! Revenez ! Ramenez-le ! Putain vous pouvez pas... Vous pouvez pas l'avoir putain ! » hurla Katsuki, rôdant dans la petite pièce comme un tigre en cage, grognant et s'effondrant et sanglotant. Le sang coulait à flot depuis la plaie à peine coagulée qui s'ouvrait en deux, tel un sourire le narguant. Il était suivi par des éclaboussures, peignant le sol de cercles rouges et douloureux. Il avait à peine assez d'énergie pour être furieux hélas, et il s'effondra sur ses genoux au centre.

Vaincu.

Il avait laissé le stupide nerd lui glisser entre les doigts, courant à sa mort. Katsuki n'avait même pas pu lui dire au revoir.

Katsuki serra les poings. Inutile.

Il s'assit, croisant les jambes devant lui. Il prit sa tête dans ses mains, et pleura.

Et attendit.


Minutes, jours, heures, semaines. Katsuki ne savait pas combien de temps on l'avait laissé pourrir dans cette boite fade, blanche et grise. Il alternait entre sommeil et éveil, entre sommeil paisible et cauchemars incessants. Il se réveilla plusieurs fois dans son lit à l'internat, Deku à ses côtés, si soulagé qu'il fondait immédiatement en larmes en riant et ne se demandait même pas pourquoi son rival dormait avec lui. Mais il se réveillait toujours. Juste Katsuki, seul, mourant de faim au purgatoire.

Il devait accepter que c'était la fin. Katsuki n'avait jamais vraiment, complètement ressentit le désespoir jusqu'à maintenant. L'espoir qu'ils allaient s'en sortir d'une manière ou d'une autre avait toujours été caché derrière chaque énigme, chaque face à face avec la mort, chaque vertige l'entraînant plus loin dans les profondeurs. Maintenant, Katsuki n'était plus aussi sûr. Deku le pensait capable de tout accomplir. Kacchan est génial. Mais Deku n'était plus là. Et Katsuki ne pouvait rien faire.

Il ne pouvait rien à faire à part attendre la mort.

Seul.

Quand l'homme vint pour lui, il était également seul, sa blouse blanche immaculée était striée de tâches sombres sur un côté.

Katsuki ne prit même pas la peine de demander. Il ne voulait pas savoir pourquoi.

Mais tout de même, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander. Est-ce que Deku avait résisté ? Est-ce qu'il avait pleuré ? Est-ce qu'il avait appelé Katsuki, est-ce qu'il était au moins suffisamment conscient pour se rendre compte de ce qui se passait ? Cette pensée était la plus douloureuse, malgré le fait qu'elle soit aussi réconfortante, d'un côté. Parce que, n'était-ce pas mieux si Deku ne savait pas ? Que plus de souffrances lui soit épargné dans son dernier souffle avant l'au-delà, s'il y en avait un ? Peut être. Mais ses derniers mots et ses dernières pensées allaient lui être volé. Tout ce qu'ils n'avaient pas encore découvert ensemble allait leur être volé.

L'homme fit un geste pour indiquer à Katsuki de sortir de la pièce. Si tu veux bien.

Katsuki n'avait aucun moyen de se souvenir du chemin qu'ils suivaient dans ce labyrinthe, même si il avait eu la volonté de le faire. On le conduisait à sa mort. Ou peut être jusqu'à une dernière énigme ; le résultat serait le même.

Toutes les portes dans cet endroit avaient été banales, coulissantes et automatiques. Katsuki leva les yeux avec un minimum de surprise sur les portes en pierre sculptées, avec lesquelles leur voyage se terminait. Elles n'étaient pas à leur place. Mais, malgré leur apparence ancienne, elles s'ouvrirent d'elles-même, révélant une pièce circulaire entourée de plusieurs rangées de sièges vides d'amphithéâtre. La respiration de Katsuki resta bloquée dans sa poitrine.

Deku était au centre.

Il était suspendu dans un liquide violet au milieu d'une cuve cylindrique, des câbles étaient reliés à son corps, tel un horrible réseau de veines externes. Des particules dorées ressemblant à des paillettes scintillaient autour de lui. Un masque respiratoire noir recouvrait le bas de son visage, le tube qui y était relié passait à travers le toit de la cuve et s'alimentait directement dans le système de ventilation du plafond. Le même par lequel ils avaient tenté de s'échapper. Est-ce qu'ils étaient passé au-dessus de cette pièce ? Katsuki n'arrivait pas à se souvenir. Il n'arrivait pas du tout à penser.

Le déshabillé miteux et le bandage n'étaient plus là. A leur place, Deku portait ce qui ressemblait à un simple maillot de bain noir ou un caleçon ; Katsuki n'était pas persuadé que ce soit moins dégradant que de simplement le déshabiller.

Mais il était en vie. Les yeux de Deku étaient fermés et il avait l'air à moitié mort, mais il était vivant et tout cette fureur brûlante vint envahir à nouveau le corps de Katsuki par tous ses pores. Il allait sortir de ce putain d'endroit. Et il ne partirait pas sans Deku.

Les portes se refermèrent derrière lui.

« Ça te plaît ? »

Katsuki sursauta. Il avait pratiquement oublié que le vilain était toujours là, trop absorbé par le maelstrom tourbillonnant en lui.

« C'est nouveau, et je n'ai pas encore eu la chance de le tester complètement. Vous serez des cobayes, en plus d'être des rats ! N'est-ce pas excitant ? » Le sourire de l'homme était vraiment perturbant. Il rendait Katsuki malade.

« Qu'est-ce que vous lui avez fait putain ? »

« Oh, ne t'inquiètes pas, ta petite souris va bien. Il ne ressent aucune douleur ! Il est dans mon réservoir de privation sensorielle très spécial ; j'ai tout contrôle de son système nerveux. Je peux lui enlever toute douleur pendant que le gel le soigne. Mais. » Il sortit une petite télécommande de sa poche, son autre main pointant toujours le pistolet vers Katsuki. « Si jamais tu te comportes mal. » Et il appuya sur un bouton.

La forme inerte et tranquille de Deku se mit à s'agiter violemment dans le liquide épais, des bulles s'échappant en masse des bords du masque alors que ses yeux s'ouvraient d'un coup. Katsuki ne pouvait rien entendre, mais il savait que Deku était en train de crier.

« Putain, stop ! Arrêtez ! »

La télécommande s'éteignit et Deku recommença à flotter sans vie, à peine visible à travers le brouillard dans la cuve. Sa poitrine se soulevait rapidement, quelques bulles s'échappant encore.

« Malheureusement, je n'ai qu'une seule de ces cuves, alors tu devras attendre ton tour. Mais ne t'inquiète pas, il ne reste que » il regarda sa montre, pratiquement identique aux horloges noires et rouges, « quatre heures avant qu'il ne soit comme neuf. Une fois que vous serez tous les deux remis sur pieds, nous pourrons nous y remettre ! »

Le cœur de Katsuki rata un battement.

Ce malade comptait les garder ici pour toujours. Si quelque chose de fatale leur était vraiment arrivé dans une des pièces de torture, est-ce qu'ils les aurait juste faire revivre ? Peut être leur faire recommencer du début ?

Il regarda Deku dans le réservoir de privation sensorielle. Son bras mutilé avait déjà l'air d'aller mieux, même si il allait sûrement avoir de nouvelles cicatrices horribles, mais bien moins gores que ce à quoi Katsuki s'attendait. Est-ce que cette merde violette était vraiment en train de le soigner ?

« Bien, commençons, voulez-vous ? Le travail d'équipe n'a pas été testé dans le cas présent, je vais donc devoir rester pour superviser. Mais j'ai très hâte de voir ce que ça va donner. Prends place, si tu veux bien. »

Katsuki le fixa du regard. « Quoi ? »

L'homme ne prit même pas la peine de soupirer cette fois-ci, alors qu'il souleva les deux objets menaçants dans ses mains. Katsuki leva les siennes, aboyant « Je le fais, je vais le faire, attendez putain » avant que l'un des deux ne puisse être utiliser. « Expliquez avant, au moins ! »

« Ta place. Au sol. » Il montra avec la télécommande un ensemble d'empreintes de pas, peint à côté de la cuve. « Commence le programme. Et pas d'entourloupe, si tu veux bien ! Pas d'évasion dans les conduits cette fois. Tu sais combien de temps ça prends de redémarrer les chaudrons d'huile, dans la pièce que vous avez passé, de façon si impolie ? »

Les quoi ?

Katsuki alla difficilement se placer devant la cuve, et les empreintes de pas s'allumèrent en vert. Il leva les yeux et rencontra ceux de Deku pour la première fois. Ils étaient à peine ouverts, plissés comme si le gel lui faisait mal. Ce qui était probablement le cas. Mais le connard avait dit qu'il ne ressentait pas la douleur, non ? Katsuki appuya sa paume droite contre le verre par réflexe, insouciant de la punition que son geste pouvait entraîner. La paroi était froide sous ses doigts rugueux. La main gauche de Deku fit de même, et le cœur de Katsuki se serra.

« Izuku a déjà été briefé. Vous allez chacun voir la même série d'images, mots ou phrases, dans un ordre différent. Izuku en choisira un. Tu devras choisir la même option, ou bien. » L'homme secoua la télécommande dans sa main. « Mais ce sera automatique. »

« C'est quoi cette merde » murmura Katsuki, rompant le contact visuel avec Deku pour fusiller du regard le vilain, sans enlever sa main de la cuve. « Donc on doit jouer aux putains de charades ? »

« Hmm » fredonna l'homme en réponse. « Tu peux toujours essayer. Izuku aura sûrement quelques difficultés pour mimer quoique ce soit, par contre. » Et il sourit. « Il ne peut pas t'entendre, mais tu ne peux pas parler ou faire de geste après qu'il ai fait son choix, ou vous perdrez la manche. N'essaie pas de quitter ta place non plus. Ce sera aussi considéré comme un échec. »

Katsuki se concentra devant lui. Six cercles blancs illuminaient le verre. Avant même que Katsuki ai compris ce qu'il se passait, Deku avait enlevé sa main de l'autre côté de la sienne et avait appuyé sur l'un d'eux. Même dans cette gelée le soignant, il protégeait toujours son bras blessé.

Une sonnerie retentit et Deku ramenant sa main vers celle de Katsuki.

Les cercles se remplirent à l'extérieur de la cuve, chacun avec une image ou un texte différent comme expliqué précédemment. Fronçant les sourcils, Katsuki regarda Deku, confus ; il avait fait son choix si rapidement, et il ne mimait rien, et... Oh. Katsuki fini de lire les options : une cuisinière, la devanture d'un magasin, le mot 'peur', une forêt, un haïku, des fleurs, et une montagne. Mais pas n'importe quelle montagne ; le mont Hakusan, que Katsuki mourrait d'envie d'escalader. C'est techniquement un volcan.

Il appuya dessus avec sa main libre.

Deux sonneries cette fois-ci, et les images s'effacèrent. Katsuki failli sourire.

« ...Impressionnant » marmonna l'homme, même s'il n'avait pas l'air impressionné. « Continuez. »

Ils continuèrent donc.

Manche après manche, images et phrases se succédèrent, et la cuve ne se retourna jamais contre son occupant. Il y avait toujours quelque chose qui se démarquait du reste, comme un fil coloré dans la tapisserie qui représentait leur vie, et Katsuki n'avait qu'à laisser brièvement ses doigts courir dessus pour savoir lequel tirer.

Il était vrai que Deku ne pouvait pas vraiment faire de geste en étant alourdi par des branchements et en se mouvant lentement dans le gel épais. Si il s'agissait réellement d'un réservoir de privation sensorielle, et que le vilain avait éteint son système nerveux, il ne sentait sûrement rien. Il n'avait que sa vision brouillée, fronçant les sourcils parfois devant les images devant lui avec une concentration intense. Il fit plusieurs fois des mouvements avec ses bras, mais fini simplement par se pointer du doigt (carnet de notes) ou Katsuki (piment rouge) si deux options étaient possibles.

La main droite de Katsuki ne bougea pas du verre un seul instant. Deku ramenait toujours la sienne dessus.

Jusqu'à une manche, où Deku mit bien plus de temps à faire son choix, et quand les options se dessinèrent, il compris rapidement pourquoi. Chaque option lui correspondait d'une manière ou d'une autre. Sa peau le démangeait. Tout semblait avoir été choisi au hasard jusqu'à maintenant, mais cette fois c'était intentionnel. Il risqua un regard à leur ravisseur, qui le regarda également, du même regard calculateur qu'il arborait quand cette épreuve avait commencé. Il n'avait pas l'air de faire quoi que ce soit, mais Katsuki ne savait pas ce que la télécommande contrôlait d'autre. Ou si ce gars avait un Alter qui pouvait contrôler la technologie. Ça lui aurait bien allé.

Katsuki évalua ses options : des baskets rouges, des cheveux bouclés, le mot 'nerd', la couleur verte, du katsudon, et les mots 'sans Alter'. Son cœur s'arrêta sur la dernière.

Mais ensuite Deku montra Katsuki du doigt.

Quoi ? Aucune de ces options ne concernaient Katsuki. Vert peut être ? Comme ses grenades ou les touches de couleur sur son costume de héro ? Ou 'sans Alter', ces mots qu'il avait changé en arme tout comme leur passé commun ? Ou...non. Katsuki du se retenir de sourire alors qu'il pressait sa main contre le verre.

« S'pèce d'enfoiré » rit-il sans pouvoir s'en empêcher. Deku ne pouvait pas l'entendre, mais il dit quand même, « Parce que je le dis, ou est-ce que tu me traites de putain de nerd, le nerd ? »

La sonnerie de la victoire résonna et les yeux de Deku se plissèrent.

Juste avant de se révulser et qu'il ne commence à crier.

« C'est quoi ce bordel ?! » Katsuki tourna violemment la tête vers leur vil gardien, qui pressait son pouce contre la télécommande. La colère laide et incontrôlée masquait toute autre expression sur son visage.

« Vous trichez » cria-t-il. « C'est statistiquement impossible d'avoir toutes les bonnes réponses ! Il ne mime rien ! »

Deku continuait de se tordre de douleur, et Katsuki eu l'impression que cela le frappait directement au cœur. Même en faisant ce qui leur était demandé correctement, il étaient punis.

« Vous– Vous avez dit que c'était en cours de test ! C'est pas sa faute ! Éteignez ça ! »

« Le programme n'a pas besoin d'être testé ! Les rats ont besoin d'être testé ! » hurla le vilain, et il visa Katsuki avec le pistolet. « J'aurai du me douter qu'il y avait quelque chose de bizarre avec vous deux. Pourquoi est-ce qu'on m'aurait payé pour vous prendre, quand j'ai deux sujets gratuitement ? Non, non, vous n'êtes pas du tout des rats spéciaux. Vous êtes des aberrations, et les aberrations doivent être retirés des résultats. »

Katsuki s'arrêta de respirer, ses doigts se pliant en vain contre le verre, horriblement chaud sous ses paumes.

Attends. Non.

Dans ses paumes.

Deku se faisait déjà punir, alors Katsuki ne regarda même pas les lumières rouges sous ses pieds alors qu'il quittait sa place, fonçant directement sur l'homme qui tenait leur vie entre ses griffes de latex. Les balles envahirent l'air autour de lui. Katsuki n'y fit pas attention non plus. Il en attrapa une dans sa main.

Et l'explosa.

Il entra en collision avec l'homme dans un enchevêtrement de membres, de sang et de poudre à canon, donnant des coups et mordant et luttant et explosant tout ce qui passait à portée de main. Ils tombèrent lourdement au sol, roulant, et quand ils s'arrêtent de bouger, la blouse de laboratoire de l'homme était brûlée sur une douzaine d'endroits et Katsuki avait un pistolet appuyé contre son front. Mais il avait aussi sa main explosive enroulée autour du bras tenant l'arme, et il la détona sans hésitation.

Un cri à glacer le sang résonna dans la pièce et l'odeur agressive de la chair brûlée emplie ses voies respiratoires.

« Désolé pour le bras » cracha Katsuki à travers ses dents serrées.

Cherchant la télécommande à travers le carnage qui enduisait ses doigts, Katsuki empêcha enfin la cuve de tuer Deku. Maintenant il devait juste l'en sortir et... Ensuite... Ils...

Katsuki roula sur le côté et baissa les yeux sur son corps, sur les cercles pourpres florissant sur son pantalon sale et sa peau nue. Oh. Il tomba sur le dos, sa vision commençant à tanguer. C'était sûrement pas bon, hein ? A sa gauche, l'homme remua, cherchant le pistolet avec son bras non-blessé.

Un tintement à sa droite amena Katsuki à faire rouler sa tête de l'autre côté. Et, oh, une centaine de fissures telles des toiles d'araignée couraient sur la surface de la cuve, cachant à peine le démon vert incandescent derrière. Le liquide remua, traversé par des éclairs, du liquide violet scintillant suintant à travers les fissures dans un volume de plus en plus important, jusqu'à ce que la machine entière ne se brise, dans un rugissement assourdissant et cacophonique.

Deku s'en échappa couvert de gelée, le masque s'arrachant de son visage, et les câbles ainsi que les diodes quittant violemment sa peau, allant rejoindre les débris mécaniques qu'il laissa sur son chemin. Il tomba au sol avec un bruit sourd et un couinement. Inspirant fortement, il essaya de se lever, seulement pour glisser et déraper dans le gel, ses membres tremblant comme ceux d'une girafe qui venait de naître. Des éclairs verts dansèrent sur sa peau alors qu'il s'élançait tout de même, ses traits grotesquement tirés dans un terrifiant grondement de rage et de fureur. Juste au moment où Katsuki entendit le pistolet racler contre le sol derrière lui.

Une pression pareille à celle d'un train passa au-dessus de lui, et Katsuki suivit son chemin alors qu'elle s'écrasa sur sa cible, envoyant Deku et le vilain rouler à travers la pièce. Katsuki étouffa la douleur et le vertige, luttant pour se mettre debout et les suivre. Le sang continuait de déborder comme d'un robinet ouvert, mais c'était maintenant ou jamais.

L'homme était sur le dos avec Deku au-dessus de lui, le frappant sans retenue de son poing gauche, retenant la main avec le pistolet de la droite. Des cris rauques qui auraient pu être une tentative de parole s'échappaient de lui dans un torrent de détresse. Katsuki trébucha jusqu'à eux, tendant la main, arrivant à leur niveau juste au moment ou l'homme se relevait, le pistolet au niveau de la gorge de Deku.

Et son visage au niveau de la paume ouverte de Katsuki.

C'était fini en un instant ; le corps de l'homme tomba au sol alors que Katsuki en éloigna Deku et le prit dans ses bras. Ils s'effondrèrent sans grâce au sol ensemble, roulant loin de la scène macabre.

Leur cœur battaient dans un seul rythme alors qu'ils se calmèrent, côte à côté dans la gelée violette s'étalant autour d'eux. Katsuki laissa sa tête tomber au sol et ses yeux se fermer. Des larmes se formèrent sous ses paupières, l'étouffant, menaçant de sortir comme jamais auparavant. Il serra le corps de Deku contre lui, remarquant à peine l'autre garçon étalant furieusement le gel sur ses blessures. Katsuki venait de tuer un homme. Il l'avait tué. Il était un assassin, il avait tué quelqu'un.

Et il savait qu'il referait le même choix encore et encore.

Deku s'extirpa de ce qu'on pouvait à peine considérer comme une étreinte, se déplaçant vers les jambes de Katsuki. Il pleurait, tremblait, et sa bouche était en train de bouger comme s'il marmonnait mais aucun son n'en sortait. Katsuki réalisa soudainement à quel point il avait envie d'entendre ce surnom de ces lèvres.

« Deku » souffla-t-il. Il tendit les bras tel un enfant demandant un jouet. « Reviens. »

Son visage se froissant, Deku secoua la tête, envoyant des larmes dans toutes les directions alors qu'il continuait obstinément ce qu'il faisait. Le gel picotait la peau de Katsuki. Ça l'aidait vraiment à se sentir mieux. Les pétales dorées dans les cheveux de Deku brillaient sous les lumières fluorescentes, lui donnant l'apparence d'une sorte de créature féerique.

« S'il te plaît » implora Katsuki, tendant les bras avec insistance. « Je vais bien. Ça a rien touché d'important. »

« Tout est important chez toi, connard » Deku essaya de répliquer, mais les mots ne sortirent que dans un souffle, comme s'il avait crié et perdu sa voix. Ce qu'il avait fait. Néanmoins, il se résolu, appliquant la pommade gluante sur une dernière blessure sur la hanche de Katsuki, avant de ramper dans ses bras.

Ils se serrèrent l'un contre l'autre en silence, se contentant de respirer.

En réalité, Katsuki ne savait pas si les balles avaient touché quelque chose d'important, mais ça n'avait pas d'importance. Il se sentait suffisamment bien. Et la télécommande avait été endommagée dans le combat ; ils n'arriveraient sûrement pas à ouvrir les imposantes portes en pierre de toute façon. Peut être que Deku pourrait les ouvrir s'il était à 100% de sa forme, mais même avec son passage dans la gelée soignante, il avait toujours l'air épuisé. Katsuki avait scellé leur destin quand il avait prit une vie.

Mais c'était toujours mieux que l'inverse.

« P'quoi tu pen, penses que nos A-Alters sont revenus ? » demanda doucement Deku, déglutissant plusieurs fois pour faire marcher sa voix. « C'était pas les menottes j'imagine. »

Katsuki permit à ses lèvres de s'étirer dans un sourire satisfait. Il avait fait ça complètement au hasard, mais ça avait marché. « Interrupteur sous la section de filtration, dans la salle de contrôle. Je l'ai éteint. J'imagine que l'autre tête de cul ne pouvait pas prédire tous nos mouvements. Y'avait marqué Suppresseur-A ; il a du enfin s'évacuer dans l'air, hors de nos corps. »

Deku s'exclama, ses yeux s'élargissant : « Kacchan est génial ! »

Reniflant, Katsuki ébouriffa les boucles vertes, mouillées et brillantes avec sa main la moins ensanglantée. « Oi, Deku est génial aussi, idiot. » Il plissa le nez. « Tch. Ça sonne pas aussi bien. »

Avec un sourire tremblant, Deku ajusta sa tête sous le menton de Katsuki, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Le cœur de Katsuki sauta dans sa poitrine.

« Tu veux savoir quelque chose de stupide ? » murmura Deku après quelques instants.

« Hah ? »

« …J'aurai aimé qu'on n'en ai pas besoin. »

Katsuki grimaça.

« Tu... Tu penses qu'il n'avait pas d'Alter ? »

Katsuki ne répondit pas, alors Deku continua. « Si le suppresseur était dans l'air... Ça paraît improbable qu'il veuille supprimer son propre Alter. Et je ne pense pas qu'il en avait un de type mutant. Et il utilisait un pistolet. Et– »

« Deku » grogna Katsuki, le coupant dans sa tirade. « On s'en fous. C'était un vilain, Alter ou pas. »

« O-Ouais » acquiesça Deku silencieusement. Il se pressa encore plus contre le torse de Katsuki. Katsuki fit courir ses mains le long de son dos.

Leur respiration se ralentirent à l'unisson.

« Est-ce que c'est fini ? »

Les narines de Katsuki se dilatèrent alors qu'il inhala lentement. « On dirait bien. »

Deku fredonna doucement. « Je... Je suis content que ç'ait été toi, Kacchan. »

Quelque chose d'épais et d'impossible à avaler se logea dans la gorge de Katsuki.

« … Ouais. Moi aussi. »


Note : J'adorerai connaître vos moments préférés/ce que vous avez pensé de ce chapitre où de la fanfic entière, alors n'hésitez pas à laisser une review :) Le prochain chapitre sera le dernier ! Bye :)