Chapter 3 : Tout le bonheur du monde
Hello chers lecteurs, lectrices, tout d'abord je tiens à m'excuser pour l'immense attente dont vous avez dû faire preuve, je crois bien que cela faisait plus de cinq mois que je n'avais rien posté. Je mets beaucoup temps car j'écris avec mon cœur et pour moi écrire avec son cœur c'est quand on a de l'inspiration, j'ai l'impression que lorsque je me force à écrire, c'est mauvais. Bref sortez les violons ! ^^ J'espère en tout cas que vous penserez que ça valais le coup d'attendre aussi longtemps. Mais je vais me répéter encore :p mais je préfère prendre mon temps à vous faire quelque chose de bien plutôt que du pipi de chat qui se dit austenien ;) Voilà voilà
Un grand merci à ceux qui me suivent, qui me mettent dans leurs favoris (je me sens aimée ^^), qui mettent des reviews anonymes ou non (d'ailleurs je vais y répondre) car cela me fait tellement plaisir que... trop d'émotions en moi ! Merci de me faire vivre cette belle aventure (bon qui traîne en longueurs parfois je l'avoue :p mais n'est-ce pas qu'elle est belle quand même ? :)
Marie : je te remercie beaucoup, ça fait plaisir de savoir que son travail est apprécié :) bonne lecture
Amelilia : Jamais au grand jamais je n'abandonnerais cette fiction ! Je le jure sur le livre des 30 commandements du fan austenien (je vous rassure je viens de l'inventer ^^). Merci je suis contente que mon style te plaise ;) bonne lecture
Yvette : Merci beaucoup car je trouve que c'est ça le plus dur, écrire sans longueurs ! :) Quant à Mrs Gardiner, pas d'inquiétudes, elle a toujours eu une grande place dans le cœur de Lizzy alors je ne la mets pas de côté de sitôt ! Merci de votre soutien chère lectrice assidue :) bonne lecture
Guest1 (je mets les numéros en fonctions de l'ordre des commentaires) : Merci beaucoup, la suite est là alors allons à l'assaut de ces centaines de mots ! :) Bonne lecture
Guest2 : Juste ciel non cette fiction n'est pas abandonnée :)) juste que l'auteure est un peu lente du cyboulo mais chut faut pas le dire...
Bonne lecture !
Austennement vôtre
Sissi-Gina
Darcy était fébrile. La plupart des invités étaient présents et assis dans l'église, seul quelques-uns continuaient encore à arriver. Mais aucunes traces d'Elizabeth ni de Jane. Et si jamais Lizzie ne voulait plus l'épouser à cause de ses appréhensions ? Il avait pourtant tout fait pour la rassurer... A côté de lui, Bingley ne valait guère mieux, son regard ne cessant de faire le chemin entre les fleurs disposées le long de l'allée et la porte en bois massif. Seuls les témoins composés d'un ami de Bingley et du Colonel Fitzwilliam paraissaient sereins. Soudain, Darcy vit Maria Lucas entrer dans l'église, glisser quelques mots à l'oreille de Charlotte Collins et les deux jeunes femmes sortirent. Le pouls des deux futurs-mariés s'accéléra, sachant tous les deux que Charlotte était la demoiselle d'honneur d'Elizabeth et que la raison de sa brusque sortie était certainement dû à l'arrivée de leur fiancée respective…
Entourées de leurs sœurs, mère, tante et cousines, Jane et Elizabeth descendirent tant bien que mal de la voiture. Elles furent accueillies par Charlotte et Maria ainsi que par leur père qui patientait devant l'église en discutant avec Mr Gardiner et Sir William. Les messieurs s'éclipsèrent dans l'église avec Mary, Lydia, les filles de Mrs Gardiner et elle-même ainsi que Mrs Bennet non sans que les deux femmes aient serré dans leurs bras les futures mariées avec beaucoup d'émotion. Seuls Kitty, Charlotte et Mr Bennet restèrent, la première étant la demoiselle d'honneur de Jane et la seconde celle d'Elizabeth. Elles aidèrent les deux futures mariées à réarranger leur coiffure et leur robe puis elles se positionnèrent derrière Jane et Lizzie et Mr Bennet prit le bras de chacune de ses deux filles aînées. Les portes s'ouvrirent en grand et le cortège s'engouffra alors dans l'église, accompagné des notes de la marche nuptiale que l'orgue jouait… Bingley et Darcy qui échangeaient quelques mots à mi-voix, face à face, en attendant que la cérémonie commence, firent volte-face et ne quittèrent plus des yeux leurs fiancées qui avançaient, chacune à un bras de leur père. Jane ne savait plus où regarder tellement elle était émue, son regard passant de Bingley au bas de sa robe alors qu'Elizabeth avançait, la tête fièrement relevée et le regard étincelant, ne quittant pas des yeux ceux de Darcy. Une fois arrivés devant l'autel, Mr Bennet s'éclipsa, cachant ses yeux humides d'émotion et ses deux filles prirent place aux côtés de leurs futurs époux. Tandis que Bingley et Jane gardaient le silence à l'exception d'un « vous êtes belle » qu'il lui adressa, la faisant rougir ; Darcy dit à mi-voix à Elizabeth :
- J'ai cru que vous aviez changé d'avis en ne vous voyant pas venir.
- J'aime me faire désirer, fit-elle avec un sourire amusé. Me croyez-vous capable de faire une telle chose à ma mère ? Elle ne s'en remettrait pas…
Darcy sourit et ce fut à ce moment-là que commença la cérémonie. L'échange des consentements arriva chargé d'émotion, suivit par les vœux et l'échange des alliances. Jane et Lizzie irradiaient de bonheur et le timide soleil de Novembre paraissait éclairer leurs seuls visages tant elles étaient heureuses. Les deux couples sortirent de l'église sous l'ovation de l'assistance qui leur jetait des pétales et des pétales de fleurs comme pour remplacer la neige, étonnamment absente à cette période de l'année. Ils s'engouffrèrent tous les quatre dans une voiture toute neuve, spécialement commandée pour l'occasion par Darcy et Bingley, qui l'avaient fait décorer avec art, selon les préférences en matière de fleurs de leurs épouses. Jane et Elizabeth regardaient émerveillées toute la décoration qui avait été spécialement réalisée. Chacune regardait ses fleurs préférées – des œillets pour Jane et des roses pour Elizabeth – qui formaient un camaïeu de rose sur le carrosse. Les nouveaux mariés se tenaient amoureusement les mains tout en faisant des signes à l'assistance lorsque la voiture s'ébranla. Tous les invités prirent d'assaut les voitures, les phaétons ou tout autre moyen de transport pour se rendre à Netherfield, à la suite des deux couples, pour le grand banquet du mariage.
Ils arrivèrent tous en grande pompe au domaine où était déjà dressées décorations, table et salle de bal. Mrs Bennet était aux anges de voir à tel point l'endroit où sa chère Jane vivrait était magnifique et se réjouissait de l'instant où elle la verrait s'y établir pour de bon. Oh quelle bonheur elle aurait de dire qu'elle était la mère des bienheureuses Mrs Bingley et Mrs Darcy, maîtresses de Netherfield Park et de Pemberley ! Son bonheur dépassait l'entendement et elle le faisait savoir sans retenue à toutes les personnes qui étaient présentes au grand désespoir d'Elizabeth qui tentait d'y soustraire Darcy et tous les invités qui pourraient développer du mépris envers sa mère et donc elle-même et sa famille. Mais les efforts de la jeune mariée n'avait pas empêché quelques débordements de la part de Mrs Bennet qui mortifièrent quelques peu ses deux filles aînées…
- Oh mes chères sœurs ! Vous rendez-vous compte dans quel château ma chère Jane va vivre ? N'est-ce pas merveilleux ? Et ce n'est rien à côté de ce que sera Pemberley … s'écria-t-elle à l'attention de sa sœur Mrs Philips et de sa belle-sœur Mrs Gardiner alors qu'elles pénétraient toutes trois dans la salle de réception qui accueillait tous les convives pour le repas du mariage.
- Oh oui quelle chance assurément ! renchérit Mrs Philips. Cette grande tablée est vraiment très raffinée. Croyez-vous qu'il y en a de pareilles dans les grands dîners mondains de Londres ?
- Oh mais j'en suis certaine. Quelle fortune mes chers gendres ont dû dépenser pour faire tout cela ! s'exclama Mrs Bennet en désignant de la main la pièce entière.
Celle-ci était décorée dans les tons beige doré et rosé, s'accordant parfaitement avec toutes les fleurs disposées un peu partout pour satisfaire les deux jeunes mariées qui les aimaient tant. Au centre de la pièce trônait une immense table tout aussi raffinée que le reste de la salle. La moitié du service de la table étaient estampillées des initiales de Jane et Bingley tandis que l'autre moitié portait celles d'Elizabeth et Darcy. Chaque invité possédait, juste à côté du carton indiquant sa place, une rose et un œillet. Les deux bouquets des mariées avaient été disposés au centre de la table. Bien qu'ils fussent très simples, ils avaient été élégamment assemblés par des doigts habiles et mettaient une touche de feuillage dans la salle inondée de fleurs. Au fond de la pièce, deux portes ouvertes laissaient deviner, en enfilade, la salle de bal, tout aussi décorée. Le léger brouhaha enthousiaste qui régnait dans la salle de réception car bon nombre d'invités c'était mis à converser par petits groupes, fut interrompu par l'arrivée des deux couples de la journée. Toutes les femmes se précipitèrent vers Jane et Elizabeth pour les féliciter tandis que les hommes plaisantaient avec Bingley et Darcy sur leur liberté perdue.
Ils finirent tous par prendre place autour de l'immense table avec les mariés situés au centre, Jane et Bingley d'un côté tandis que Lizzie et Darcy se trouvait de l'autre. Jane et sa sœur avait habilement manœuvré pour le plan de table et avait placé Mrs Bennet à un endroit stratégique de la table, assez loin des personnes qu'elle pourrait froisser mais point trop éloignée pour qu'elle ne se sente pas trop mise à l'écart puisque celle-ci se trouvait entre Lady Lucas et Mr Philips, le tout entouré de diverses connaissances aussi elle pourrait parler sans danger. L'obstacle suivant venait du couple fraîchement marié Wickam. Jane et Lizzie les placèrent face à face, en bout de table, à l'opposé de Mrs Bennet, avec autour de Lydia les filles Gardiner et Mr Wickam fut laissé aux bon soins de Mrs Philips - dont la vulgarité n'était plus un problème vu sa distance avec les mariés – et de Maria Lucas. Le dernier « problème » de placement émanait de la personne de Mr Collins dont la servitude et la flatterie éprouvait tout le monde sauf son épouse et sa belle-famille.
Il fut donc placé non-loin d'elle, à côté d'une des filles Lucas. Darcy se trouvait en face de Jane et avait à ses côtés son épouse et sa sœur Georgiana tandis que Lizzie se tenait en face de Bingley, situé entre Jane et Mrs Gardiner, et aux côtés de Charlotte, en vertu de son rôle de demoiselle d'honneur tout comme Kitty avait pris place à côté de Jane. Bien-sûr, non-loin se trouvait Mr Bennet, Mary, Mrs Annesley et le Colonel, placé stratégiquement par Mrs Bennet qui avait insisté, aux côtés de Mary tout comme on avait placé un ami de Darcy et Bingley aux côtés de Kitty. Caroline et Louisa se trouvait face à face et pouvait alors critiquer à leurs souhaits en échangeant bon nombre de regards pour que rien ne parvienne aux oreilles de Mr Gardiner qui était situé deux places plus loin que Caroline. Quant au reste de la famille Lucas et des connaissances comme les Goulding, on les avait disposés pêle-mêle autour de la table car elles ne représentaient aucun danger pour les futures réputations des nouvelles Mrs Bingley et Mrs Darcy.
Tout se passa sans trop d'encombres, Mrs Bennet s'extasiant sur tous les plats qui passaient et faisant remarquer à toutes les dames qui l'écoutaient ou faisaient semblant de l'écouter, que ses gendres avaient dû dépenser des fortunes pour offrir tout cela. Mr Collins racontait à qui voulait l'entendre et même à qui ne voulait point l'entendre qu'il n'avait pas lu plus beau que les serments de Fordyce et qu'assurément la bibliothèque de sa protectrice contenait les plus beaux livres du Kent, Sir Lucas contait bien bas à William Goulding comment Collins entrerait en possession de Longbourn un jour, le flot de paroles qui sortait de la bouche de Lydia ne semblait que parler d'elle-même, de son bonheur, de son mariage, de son cher Wickham et de ses robes ce qui n'avait point l'air de déranger Camilla et Alice, les petites Gardiner, qui buvaient les mots de leur cousine.
Wickham quant à lui, tentait de faire comprendre à Mrs Philips qu'il avait besoin d'argent, mais celle-ci étant sourde à tout sous-entendu tellement elle était peu fine en matière de conversation, ne réussissait qu'à lui répondre avec vulgarité et à lui vanter les mérites de Netherfield un peu à la manière de sa chère sœur. Mr Hurst et Mr Philips paraissaient avoir bu plus de vin que de raison mais cela n'avait pas l'air de déranger l'épouse du premier, Louisa, qui depuis le début du repas ne cessait d'échanger avec Caroline des œillades et les deux sœurs promenaient leur regard sévère sur la foule attablée. En somme tout allait bien.
Elizabeth était heureuse tout comme Jane de voir que chaque convive paraissait prendre du plaisir à être présent et elle le fut encore plus lorsqu'elle vit avec quelle animation son père discutait avec ses gendres et un de leurs amis. Elle le fut un peu moins quand elle regarda les membres les plus enthousiastes de sa famille mais rien de pouvait entacher son bonheur et toute gêne ou malaise disparu au moment où elle croisa le regard de son époux.
- Etes-vous heureuse Elizabeth ? lui glissa-t-il à l'oreille.
- Doutez-vous vraiment de ma réponse ? lui répondit-elle amusée.
- Je préfère m'en assurer, fit-il avec un sourire en coin.
- Il n'y a pas de femme plus heureuse que moi à présent ! Mon cher monsieur Darcy… dit-elle d'un ton enjôleur.
- Ne croyez-vous pas que nous pourrions nous appelez plus familièrement ? lui glissa-t-il sur le même ton.
- Hum, je ne sais pas… Dans l'alcôve secrète de notre chambre peut-être… sourit-elle, presque surprise de son aplomb sur le sujet.
- Bien Mrs Darcy, c'est noté… fit-il avec un sourire charmeur avant d'être interrompue bruyamment par Mrs Bennet qui on ne sait trop comment, avait réussi à échanger discrètement sa place et à se rapprocher des deux jeunes couples.
Darcy lui jeta un regard noir à glacer le sang qui suffit comme réponse à la question de Mrs Bennet sur le coût d'une réception à Londres. Elle préféra accaparer Charlotte en lui disant qu'elle était la jeune femme la plus chanceuse de Meryton et de toute l'Angleterre en ayant été choisi pour être la demoiselle d'honneur de la toute nouvelle Mrs Darcy. Ce fut à ce moment-là que Mr Collins se leva, une cuillère à la main qu'il fit teinter contre son verre. Pratiquement tous les convives se turent et Elizabeth le regarda avec inquiétude s'éclaircir la gorge. Qu'est-ce que son cousin allait-il encore raconter ?
- Mes chers amis, vous n'êtes pas sans le savoir que ma protectrice se nomme Lady Catherine de Bourgh et qu'elle est la tante de Mr Darcy ici présent…
Ce dernier lui lança un regard noir pendant que Charlotte baissait les yeux, honteuse du manque de tact de son époux.
- …je suis d'ailleurs certain qu'elle vous adresse à présent, ses plus sincères félicitations…
Elizabeth se retint de rire et un sourire moqueur qu'elle essaya de cacher, se forma sur ses lèvres.
- …comme moi-même je vous les adresse pour vous souhaiter beaucoup de bonheur et vous remercier de cette charmante réception. Mais je dois également faire une annonce qui me réjouit au plus haut point et j'attendais cette occasion spéciale pour vous l'apprendre, mais ma chère et tendre épouse attend un enfant !
Elizabeth et Darcy soufflèrent de soulagement : le discours harassant de Collins était enfin terminé. Pratiquement toutes les jeunes femmes présentes se levèrent pour féliciter Charlotte tandis que les mères parlaient avec enthousiasme à Lady Lucas et que les hommes serraient la main de Collins qui jurait par tous les saints qu'il était persuadé qu'il s'agissait d'un garçon.
- Votre cousin a toujours des manières très…particulières de faire ses discours, remarqua Darcy.
Elizabeth, tout de même un peu mortifiée que son cousin ait profité de cette occasion pour se faire remarquer ne répondit pas.
- Vous n'êtes tout de même pas jalouse qu'il vous ait volé la vedette ? plaisanta gentiment Darcy.
- Vous êtes bien taquin aujourd'hui Mr Darcy. Que vous arrive-t-il ? demanda Elizabeth avec un sourire.
- Ah, je ne sais pas, peut-être est-ce à cause d'une femme… fit-il mystérieux.
La fin du repas ne tarda pas à arriver et tous les convives se pressèrent dans la salle de bal qui rivalisait de beauté avec la salle de réception. Les musiciens qui s'étaient installés peu avant que les portes ne soient ouvertes, commencèrent à jouer et les deux couples fraichement mariés ouvrèrent le bal. Toute l'assemblée regardait émerveillée l'élégance et la souplesse avec lesquelles Jane et Bingley ainsi que Lizzy et Darcy se mouvaient au centre de la pièce. Même les serviteurs s'étaient discrètement arrêter pour regarder, fascinés, les deux couples qui paraissaient glisser sur des nuages tellement ils étaient en symbiose, les yeux dans les yeux et un sourire inexplicable sur les lèvres. Après un regard de connivence, d'un geste commun de la main, les deux sœurs invitèrent le reste des invités à s'avancer eux aussi sur la piste de danse.
Ils furent rejoints tout d'abord par les personnes mûres ou mariés, les jeunes gens célibataires étant plus réservés du fait qu'ils ne connaissaient pas encore assez leurs semblables et préférèrent attendre la deuxième danse pour pouvoir songer à inviter quelqu'un. Kitty eu de la chance que Mrs Bennet soit invitée par son frère Mr Gardiner, car même si elle tournait la tête à chaque fois dans sa direction, au moins n'était-elle pas à côté d'elle à vouloir lui trouver un cavalier. Mais elle n'eut pas besoin de l'aide de Mrs Bennet car à peine les instruments se turent qu'un jeune homme avec qui elle avait brièvement conversé à table, s'inclina devant elle.
- M'accorderiez-vous cette danse Miss Bennet ?
Kitty n'hésita qu'un léger instant et quand elle vit que Mrs Bennet discutait à présent avec animation avec Lady Lucas et Mrs Goulding, elle hocha la tête avec un sourire entendu. Elizabeth qui s'apprêtait à danser encore avec Darcy tout comme Jane avec Bingley, s'aperçut de la situation et glissa quelques mots à l'oreille de Jane située non loin d'elle qui tourna la tête pour regarder leur jeune sœur avec un sourire.
- Maman ne va pas s'en remettre…
- Kitty tente de la fuir depuis le début de la réception, pouffa Elizabeth. Est-il un homme honnête ? demanda-t-elle à son mari. Il me semble que c'est une connaissance à vous et Mr Bingley.
Darcy posa son regard sur le jeune homme en question et sourit. Tout en répondant à sa femme, il se tourna vers Bingley.
- Je pense que Charles pourra vous répondre mieux que moi, je ne l'ai que très peu côtoyer par rapport à lui.
- Oh Matthew est un très bon ami ! Je l'ai rencontré sur les bancs de l'université mais il s'agit aussi du fils d'un ami de mon défunt père. Malgré qu'il soit plus jeune que moi nous nous sommes tout de suite très bien entendus. Ne vous inquiétez pas Elizabeth, ce n'est pas un personnage peu recommandable si telle est votre interrogation ! rit-il en se tournant vers Jane pour commencer à danser.
- Oh mais alors je n'en doute pas venant de vous ! renchérit Lizzy avec un sourire.
Les premières notes de violons se firent entendre et tous les couples se mirent face à face. En reconnaissant la musique, Elizabeth fit un sourire moqueur à son mari. Il s'agissait du morceau sur lequel Darcy et elle avaient dansé pour la première fois.
- De quoi pourrions-nous parler Mr Darcy ?
- Est-ce une règle chez vous de parler en dansant ? fit-il sur le même ton.
- Non ! Non je peux me montrer plus sociable et taciturne. Mais en cette occasion est-ce vraiment la meilleure chose ? demanda-t-elle avec un sourire charmeur.
- Non en effet, répondit Darcy en se rapprochant d'elle. Croyez-vous que le bal va durer encore longtemps ? Il me tarde de n'être qu'avec vous…
- Hum j'ai bien peur encore plusieurs heures, dit-elle avec une moue faussement navrée.
- Quel dommage. Je crois que votre père est heureux, il vous regarde depuis tout à l'heure.
Elizabeth tourna la tête pour croiser le regard pétillant de son père. Mr Bennet et sa fille partagèrent toutes sortes d'émotions en échangeant un regard et Elizabeth su ce qui lui manquerait le plus lorsqu'elle partirait d'ici. A la fin de la danse, après avoir glissé quelques mots à son époux, elle se dirigea vers son père mais fut interceptée par Mr Collins qui lui demanda sans grande élégance d'être sa cavalière pour la danse suivante. Elizabeth n'eut pas le cœur de lui refuser, après tout il s'agissait de son cousin. Alors qu'elle s'avançait vers la piste de danse, elle croisa le regard de Darcy qui se retenait de faire un sourire à la Lizzy. Il s'empressa d'aller inviter sa sœur qui discutait avec animation avec le Colonel Fitzwilliam et Mrs Gardiner.
Il se plaça aux côtés de Collins pouvant ainsi surveiller et sa femme et sa sœur. La danse avec son cousin fut la plus ennuyante du bal pour Elizabeth mais elle ne laissa rien paraître sauf lorsqu'elle croisait le regard de Darcy. Celui-ci écoutait attentivement Georgiana qui lui rapportait la conversation qu'elle venait d'avoir. Son frère lui posait de temps à autre des questions auxquelles elle répondait gaiement. Malgré sa timidité en société, la jeune fille se montra beaucoup plus sociable ayant son frère et des gens qu'elle connaissait autour d'elle. Sans parler du fait qu'il ne s'agissait pas de la même société que Georgiana côtoyait à Londres lors de dîners privés. Elle se sentait mille fois plus à son aise dans cette salle de bal qu'elle ne l'aurait été dans les plus grandes et les plus prestigieuses réceptions organisées par les plus hauts personnages mondains.
Du côté de Kitty, tout se passait à merveille. Comme toutes les jeunes filles rencontrant un beau garçon, elle était sous le charme. Matthew Campbell était un jeune homme d'esprit et bien fait de sa personne si bien qu'on ne comptait plus le nombre de jeunes filles qui avaient succombées à son charme lorsque celui-ci était de passage à la capitale. Un joli sourire ornait le visage de la jeune fille alors que son cavalier venait de lui raconter une de ces aventures espérant la faire rire lorsque Lydia surgit devant eux, jalouse de l'intérêt que Mr Campbell portait à sa sœur. Malgré son statut de femme mariée, Lydia aimait toujours autant que l'on s'intéresse à elle et elle ne parvenait pas à comprendre que les hommes ne l'approchaient plus à cause de l'anneau qu'elle portait à l'annulaire gauche.
- Alors Kitty tu ne me présente pas ? fit-elle en minaudant.
- Mais bien-sûr, murmura-t-elle mal à l'aise en baissant les yeux. Mr Campbell voici ma sœur Mrs Lydia Wickham et Lydia je te présente Mr Matthew Campbell, une connaissance de Mr Bingley.
- Oh mais je suis enchanté de vous rencontrer ! s'écria-t-elle en lui tendant la main.
- Moi de même, fit le jeune homme en s'inclinant.
Lydia retira son bras, les lèvres pincées, furieuse qu'il ne lui ait pas serré la main. Mais elle se radoucit et commença à lui poser des questions.
- Et de quel comté venez-vous Mr Campbell ? J'espère du Derbyshire ! Ainsi nous pourrons nous voir souvent à Pemberley !
- Et bien pour tout vous dire … Madame, ajouta-t-il en voyant son alliance qui brillait à son doigt, je viens du Northamptonshire.
- Oh je suis sûr que c'est un comté magnifique ! N'est-ce pas Kitty ?
- Oui certainement, répondit sa sœur d'une petite voix.
- Oh allez Kitty, ne fais donc pas ta timide ! Qu'est-ce que Mr Campbell va penser de toi après ? Je suis certaine que Maman sera heureuse de voir que tu as su trouver un homme toute seule ! Bien que j'aurais pu t'aider avec mon expérience…
- Il me semble qu'une danse est sur le point de commencer, Miss Bennet venez-vous ? demanda brusquement le jeune homme voyant sa jeune amie mortifiée et rougissante qui ne savait pas quoi répondre à sa sœur.
Kitty saisi sans un mot la main qu'il lui tendait et ils s'éloignèrent rapidement de Lydia. La jeune fille n'en revenait pas de la manière dont sa sœur s'était adressée à son cavalier et à elle-même. Elle avait tellement honte qu'elle garda la tête obstinément baissé, même lorsque l'orchestre commença à jouer et qu'elle s'avança vers Mr Campbell qui cherchait son regard.
- Ne vous tourmentez pas ainsi Miss Bennet, vous n'y êtes pour rien, lui glissa le jeune homme alors qu'un pas de danse les rapprochait.
- Ce que Lydia enfin je veux dire Mrs Wickam a dit était quand même largement déplacé, laissa échapper sa cavalière en rougissant. J'espère que vous ne croyez pas ce qu'elle a dit en dernier…
- Pourquoi ? Le devrais-je ? demanda-t-il en levant les sourcils d'un air amusé.
- Oh surtout pas ! fit Kitty en ouvrant de grands yeux et en relevant enfin la tête vers lui. Je… Je ne suis pas de ces femmes dont le seul but est de … courir les salons pour… trouver la … compagnie de la gente masculine… termina-t-elle avec difficulté. Ma sœur fait parfois preuve d'un trop grand … enthousiasme… A l'instar de ma mère d'ailleurs, murmura-t-elle pour elle-même. J'espère en tout cas qu'elle ne vous a point offensé Mr Campbell ?
- Ne prenez pas cet air inquiet ! rit-il. Il en faut plus pour m'effrayer ! Londres regorge de jeunes filles aussi « enthousiastes » diront-nous, voir plus que votre sœur Lydia.
Ces paroles firent sourire Kitty et achevèrent de la convaincre que celles de Lydia n'avait en aucun cas changé le début d'amitié entre elle et le jeune homme. Pendant ce temps, Lizzy qui tentait désespérément de danser en rythme avec son piètre cavalier qu'était Collins, ne cacha pas son soulagement de voir la danse s'achever et s'éloigna vite à la recherche de son père après avoir fait signe à Darcy. Elle trouva Mr Bennet assis sur une des banquettes disposées le long des murs pour permettre aux danseurs de souffler un peu. Le Colonel Fitzwilliam avec qui il conversait se leva aussitôt en la voyant et les laissa discuter après avoir salué la jeune femme. Alors que le père et la fille discutait comme toujours avec enthousiasme sur plusieurs sujets différents, le Colonel se dirigea vers Mary qui jouait dans son coin avec la petite Alice, un air mélancolique sur le visage.
- Voulez-vous m'accordez la prochaine danse Miss Mary ? demanda-t-il aimablement.
Mary ne sut quoi répondre, personne ne l'avait jamais invité à danser surtout qu'elle ne le connaissait pas intimement. Elle se contenta de dire qu'elle devait s'occuper de la petite.
- Oh mais je suis sûr que cela ne gênera pas du tout Mrs Annesley de la garder quelques instants, fit-il en voyant la dame de compagnie de Georgiana non loin d'eux.
- Oh mais pas du tout ! s'exclama gentiment la dame de compagnie en s'approchant d'Alice.
- Soit. J'accepte donc votre invitation à danser, laissa échapper Mary d'un ton peu chaleureux en se levant.
Le Colonel plia alors le bras pour qu'elle y pose sa main et ils s'avancèrent vers le centre de la pièce. Mrs Bennet qui avait suivi le manège ne put s'empêcher de s'exclamer à haute voix dans l'oreille de Mrs Phillips que Mary allait enfin trouver un prétendant.
- Voyez-vous cela ma sœur ? Finalement Lizzy a eu bien raison de se marier avec Mr Darcy puisque pour l'instant il n'apporte que des bonnes choses à notre famille ! Imaginez-vous ? Mary, femme de Colonel ! Comme c'est élégant ! Sans compter qu'il est le neveu de Lady Catherine de Bourgh et qu'elle lui laissera peut-être quelques biens à sa mort !
- Peut-être même séjournera-t-elle souvent à Rosings ! On dit que le Colonel s'y rend régulièrement !
- Oh quelle chance, quelle chance nous avons ! J'ai tout à l'heure aperçue Kitty qui discutait avec un beau jeune homme, c'est bien, elle a suivi mes enseignements ! Allons donc à sa recherche ma sœur pour voir s'il s'agit d'un bon parti… dit-elle sur un ton de conspiratrice en s'éloignant dans la foule avec Mrs Philips.
Après avoir dansé avec Mr Campbell, Kitty s'éloigna pour aller chercher un rafraîchissement alors que le jeune homme venait de croiser un de ses amis et discutait. Elle passa devant la banquette où sa sœur et son père était assis et en voyant sa mine, Elizabeth l'interpella.
- Tout va bien Kitty ? Tu as l'air contrarié. Tout s'est bien passé avec Mr Campbell ?
- Oh oui à merveille, sauf que… fit-elle en s'arrêtant.
- Sauf que ? demanda Lizzy en levant un sourcil.
- Lydia… répondit simplement sa sœur.
- Je vois… Allons chercher à boire ensemble, proposa-t-elle en levant. Papa, voulez-vous quelque chose ?
- Non merci Lizzy, il est grand temps que je me dégourdisse les jambes au lieu de ma langue, je vais inviter ta tante à danser.
Les deux sœurs s'éloignèrent et la plus jeune raconta en détail ce qui venait de se produire à l'aînée. Elizabeth entreprit de la rassurer.
- Rappelle-toi, Lydia est toujours Lydia et il n'y a rien à y faire. A part l'éviter et ne surtout pas devenir comme elle, sourit-elle. En plus te voilà complètement assuré du fait que ses paroles n'ont eu aucun effet sur ton Mr Campbell au vu des réponses qu'il t'a faites !
- Ce n'est pas mon Mr Campbell, protesta Kitty. Pour l'instant nous sommes juste cavaliers et bons amis ! On ne se marie pas en une soirée !
- Et à qui vas-tu faire croire cela ? A Jane peut-être, mais certainement pas à moi ni à Maman. Tiens d'ailleurs la voilà, sauve-toi avant qu'elle te voit !
Kitty partis en riant alors que Mrs Bennet et sa sœur se faufilait entre les différents invités.
- Ah ma chère fille ! Comme je suis heureuse de vous voir ! Figurez-vous que le Colonel Fitzwilliam a invité Mary à danser ! Cette pauvre sotte a failli refuser mais Dieu merci, il a su la convaincre ! D'ailleurs il me semble avoir aperçu Kitty non loin d'ici, ne l'auriez-vous point vu ?
- Pas le moins du monde Maman.
- J'ai l'impression qu'elle cherche à m'éviter, je me demande bien pourquoi…
Elizabeth tenta désespérément de retenir son rire mais n'y parvient pas et Mrs Bennet la regarda d'un air courroucé.
- Voyons Lizzy, peut-on savoir ce que vous trouvez de si drôle ?! Vous vous moquez de moi ?!
- Pas le moins du monde Maman.
- Cessez donc de répéter cette phrase. Je disais donc que je cherchais Kitty car il semblerait qu'elle ait trouvé un prétendant !
- Je n'irais pas jusque-là mais en effet, elle a lié connaissance avec un jeune ami de Bingley…
- Quelle bonne idée ! Est-ce un bon parti ?
- Maman vous devriez la laisser, elle se débrouille très bien toute seule…
- Voyons Lizzy, je suis sa mère : dois-je vous rappelez que vous êtes mariée et donc en sécurité, ce que vos sœurs ne sont pas !
- Maman je n'ai pas envie de me quereller avec vous à propos d'un sujet pareil, un jour pareil. Mais promettez-moi de laisser Kitty s'amuser. Jane et moi sommes là pour la surveiller et Mr Campbell est une personne parfaitement fréquentable...
- Ah je vois que vous connaissez son nom ! A-t-il une bonne situation ?
- Maman…
- Bon, bon, je n'insiste pas.
- En revanche, vous devriez surveiller Lydia, j'ai peur qu'elle ne gêne certains des convives par ses manières.
- Lizzy enfin Lydia est à présent une femme mariée qui sait se gérer toute seule !
- J'en doute… murmura Lizzy pour elle-même alors que sa mère s'éloignait vers Mrs Goulding pour lui raconter les aventures de ses cadettes.
Le moment tant attendu par Darcy arriva enfin, et après une dernière danse menée par les deux couples du jour, il fut tant pour tous ceux qui n'était pas de la famille proche de rentrer chez eux. Les mariés remercièrent chacun des convives pour leur présence au mariage. Elizabeth embrassa avec effusion Charlotte qui devait repartir dans la semaine pour Hunsford en compagnie de son époux et de Maria et qu'elle ne reverrait très certainement pas avant longtemps, tandis que le reste de la famille continuait de saluer les autres invités. Kitty dit au revoir à regret à Mr Campbell, Georgiana se montra très courtoise bien que crispé du fait qu'elle n'était pas habituée à saluer autant de personne comme si elle était chez elle.
Le flot de voitures, phaétons et calèches ne cessait d'augmenter au fur et à mesure que les convives sortaient et certains même continuaient de se parler d'une voiture à l'autre alors que celles-ci s'ébranlaient. Le calme revint peu à peu et l'ambiance festive qui avait duré pendant tout le banquet laissa la place à une intimité plus que bienvenue aux yeux de Darcy que toute cette assemblée avait fatigué même si ce jour avait un goût de miel pour tout le monde. Bingley non plus n'était pas fâché que les invités aient été mis dehors, préférant retrouver le calme de son nouveau cadre familial même si lui et Darcy devaient supporter Mrs Bennet. Celle-ci ordonna à toutes ses filles de monter se changer à l'étage où, prévoyante, elle avait fait apporté des tenues de rechange. Les sœurs de Bingley en firent tout autant de leur côté et Darcy fit un signe de tête à Georgiana pour lui montrer qu'elle pouvait elle aussi les rejoindre l'étage pour se rafraîchir.
La troupe des filles Bennet, escortée par Mrs Bennet, se faufila bruyamment dans les longs couloirs de Netherfield tandis que Georgiana regagnait la chambre qui lui avait été attribuée et où sa femme de chambre l'aiderait à se changer. Elles pénétrèrent dans une chambre où trônait un lit à baldaquins, simple mais élégant, décoré de boiseries qui rappelaient les reliefs des murs et du plafond sculpté. Il s'agissait là d'une simple chambre d'ami comme il en comptait beaucoup à Netherfield, décorée dans le même faste que si elle eut été habitée par les maîtres de maison. Aussi Mrs Bennet ne put s'empêcher de s'exclamer sur la décoration et la proportion de la pièce, à la grande gêne de Jane qui en était maintenant la maîtresse de maison.
- Je n'en crois pas mes yeux ma chère Jane ! Regardez comment les tissus des rideaux sont somptueux ! Et le marbre de la cheminée ? Avec quelle délicatesse ces boiseries ont été sculptées ! Me voilà toute émue de me dire que vous allez habiter ici dans cette richesse et à deux pas de Longbourn en plus !
- Maman est-ce réellement nos robes ? demanda Kitty en touchant du bout des doigts le tissu d'une des robes étalées sur le lit.
- Voyons, bien-sûr que non Kitty ! Tu vois bien qu'il s'agit des robes de Jane et Lizzy que leurs maris leur ont offerts, répondit-elle comme une évidence.
- Comment ? firent les deux mariées en s'approchant, surprises.
- Ah oui, lorsque que j'ai exprimé le désir de faire amener ici quelques robes pour vous changer toutes pour le souper, vos maris ont insistés pour vous en procurer une. Ils doivent en avoir bien d'autres à vous offrir tout comme des bijoux, des tableaux, des calèches, des…
- Maman… soupira Jane.
- Bien bien, mes filles ne perdons pas de temps, vous avez à présent toutes la vie devant vous mais puisqu'il s'agit de votre dernière journée avant votre départ en lune de miel, pressons-nous ! Et vous aussi Lydia, Kitty et Mary !
Les cinq sœurs assistées de Mrs Bennet s'empressèrent de s'habiller, aidant l'une à agrafer sa robe, l'autre à replacer ses rubans et une troisième à effacer les plis qui parsemaient le tissu. Elizabeth, d'un air rêveur, se contemplait dans le joli miroir sur pied de la pièce tout en lissant sa robe entre son index et son majeur. La robe était faite dans un tissu très fluide d'une couleur bleu foncé qui apportait une gracieuse légèreté dans tous les mouvements d'Elizabeth et la rendait très élégante. De ce fait, la tenue bien que simple correspondait aisément au rang nouveau de la jeune femme puisqu'elle pourrait très bien la porter à un souper à la fois intime et mondain. Jane était élégamment vêtue d'une robe couleur vert menthe qui mettait en valeurs son teint clair et ses boucles blondes qui encadraient son visage ainsi que sa jolie silhouette. Bingley avait bien de la chance et sa jeune épouse ne tarderait pas à faire l'unanimité londonienne !
Quant aux autres demoiselles, elles revêtirent une de leurs tenues habituelles qu'elles mettaient en général lorsqu'elles allaient dîner chez des amis ou voisins. Toutes descendirent au salon et il ne manquait plus que Caroline. Alors que les hommes se mirent à discuter de leur côté, Bingley et Darcy gardant tout de même un œil amoureux sur leurs épouses respectives, celles-ci s'assirent pour discuter, Kitty et Georgiana commencèrent à converser de diverses choses, Mrs Bennet et Lydia parlaient de la manière dont Jane et Lizzy devraient vivre leur vie et Mrs Gardiner et Mary jouaient avec Camilla, Alice et les deux petits derniers, Charles et Louis.
- Tu es chez toi maintenant Jane ! sourit Elizabeth.
- Oh oui Lizzy, c'est tellement…
- Peu réaliste ? Etrange ? finit-elle en faisant rire sa sœur.
- Oui. Oui c'est vrai, qui aurait pu imaginer que nous serions à présent ici, mariées, portant le nom d'un autre que celui de notre père et sur le point de partir en voyage de noces ?
- Je suis sûr que Maman s'en doutait. Ou que du moins elle l'espérait. Elle pense qu'elle a des talents de voyance depuis qu'elle t'a envoyé sous la pluie à cheval ici-même !
- Je ne suis pas très étonnée venant d'elle, elle s'inquiétait terriblement pour nous et en particulier pour toi avec ton caractère… dissuasif ! fit Jane en souriant de toutes ses dents.
- Prends garde à ne point devenir comme moi, je sens pointer l'ironie. Mr Bingley va être désarçonné et croire qu'il m'a épousée, renchérit Elizabeth.
- Je vois que vous riez bien jeunes filles ! s'exclama Mrs Gardiner avec un sourire en s'approchant de ses nièces.
- Eh oui ma tante, je tente d'apprendre à Jane à manier l'ironie. Cela pourrait lui être très utile dans la société londonienne.
- Oh je ne crois pas que j'oserais l'utiliser…
- Moi non plus, admit Lizzy. Du moins au début. Quand j'aurais étudié tous ces personnages, je pourrais leur lancer quelques piques s'ils viennent troubler ma sérénité, dit-elle mutine.
- Je ne me fais point de soucis pour vous Lizzy, sans compter que Mr Darcy sera également là pour vous protéger.
- Et vous avez bien raison ma tante car ma chère sœur ne se laisse jamais marcher sur les pieds, reconnut Jane.
- Quoiqu'il en soit, vous allez profondément me manquer mes chères nièces, fit Mrs Gardiner en serrant dans ses bras les deux jeunes femmes.
- Mais nous ne sommes pas encore parties ! plaisanta Elizabeth.
- Vous pourrez venir nous voir autant que vous voudrez. Tout comme le reste de la famille. Après tout ma situation ne change pas tellement puisque que nous sommes seulement à trois miles de Longbourn.
- Je le sais bien, mais ce ne sera tout de même pas la même chose. Vous êtes à présent des femmes mariées et bientôt des maîtresses de maison accomplies, vous n'aurez sûrement guère le temps de vous préoccuper de votre tante.
Jane et Elizabeth se récrièrent.
- Je ne crois ne vous l'avoir jamais dit mais pour moi vous êtes une personne très importante ma tante. Vous êtes de ma famille certes, mais vous occupez une place particulière dans mon cœur. Je ne saurais expliquer pourquoi, peut-être grâce à votre gentillesse et à l'écoute attentive dont vous faites preuve avec Jane et moi-même, mais vous ne serez jamais oubliée même si nous avons quantité d'autres occupations.
- Je ne pense pas à avoir beaucoup de choses à ajouter à ce que Lizzy viens de dire mais j'ajouterais que c'est avec vous que nous avons fait d'excellents séjours que ce soit à Londres ou dans le Derbyshire avec Lizzy, vous vous êtes toujours occupée de nous comme vos propres filles et c'est vous qui nous avez fait découvrir Londres en tant que londonienne. Nous aurons besoin de vous pour nous guider lors de nos premiers séjours à la capitale, sourit Jane.
- De plus je tiens officiellement à vous inviter pour les fêtes de Noël à Pemberley ! s'exclama Elizabeth.
Mrs Gardiner ne sachant que répondre à cette avalanche de mots gentils de la part de ses nièces se contenta de les serrer encore plus forts contre son cœur et de les embrasser sur le front avec des larmes émues dans les yeux. Elles furent interrompues par l'arrivée de Caroline qui sonna le début du repas. Contrairement au banquet, le souper paru interminable à Lizzy qui fatiguée, n'aspirait qu'à se retirer dans sa chambre et Jane n'en pensait pas moins. Les conversations étaient devenues très limitées en raison du nombre relativement peu important de personnes autour de la table et du fait également que nombre de sujets avaient été évoqués lors du banquet. Darcy ignorait royalement Wickam et celui-ci faisait de même en lui lançant tout de même quelques petits regards.
A la fin du repas, Caroline proposa de se rendre aux tables de jeu. Elle fut suivi par sa sœur - Mr Hurst s'était assoupi une énième fois sur son fauteuil – par Mrs Bennet à leur grand désarroi, par Mrs Gardiner ainsi que Mr Bennet, Mr Gardiner et le Colonel. Mary et les enfants somnolaient tous à moitié sur un des sofas du salon. Darcy et Bingley se tournèrent vers leurs épouses pour savoir ce qu'elles désiraient faire. Voyant qu'elles ne cachaient plus leur fatigue, ils les laissèrent se retirer après s'être assuré que le fait qu'ils restent un moment avec les autres ne les dérangeaient pas. Elles prirent congés de tout le monde avec émotion surtout quand elles serrèrent dans leur bras Mrs Gardiner et que Lizzy dit au revoir à Mr Bennet. Il lui glissa quelques mots à l'oreille qui la firent sourire et ils s'étreignirent mutuellement avec force.
Mrs Bennet poussa de fortes exclamations lorsqu'elle serra ses deux filles sur son cœur, disant sa tristesse de les voir partir de la demeure familiale, si loin d'elle mais elle se reprit en affirmant qu'elles feraient à présent parties des plus hautes sphères de la société, qu'elles porteraient les plus belles robes ainsi que les plus beaux bijoux… Ce bruyant discours ne ravit pas Jane et Lizzy qui s'empressèrent d'y mettre fin de la plus délicate des manières possible. Après ce moment chargé en émotion, elles montèrent à l'étage en compagnie de Kitty et Georgiana après avoir pris congé de tout le monde. Lydia avait préféré sans grand étonnement de la part des personnes présentes, de rester pour jouer, Wickham restant en retrait derrière elle, silencieusement. Pendant ce temps-là, Elizabeth et Jane se préparaient pour la nuit dans leur chambre respective, non sans appréhensions pendant que Georgiana s'habillait, aidée de Kitty qui était restée avec elle.
Elizabeth s'assit devant la coiffeuse de sa chambre et se dévisagea dans le miroir. « Mrs Darcy ». Que ce nom était à la fois doux et étrange dans sa bouche, surtout à présent qu'elle le portait. Elle aimait Darcy plus que tout, elle en était maintenant certaine. Peu lui importait pour l'instant le regard de la société mondaine sur leur mariage et sur elle-même, elle était encore à l'abri de tout, encore chez elle, près de sa famille et de l'homme qui partagerait désormais le reste de sa vie. Georgiana serait une alliée de taille parmi tous ceux qui la mépriserait lors de leurs futures sorties et l'amitié que lui portait sa belle-sœur avait été au-delà des espérances de Lizzy. Après un certain temps, Elizabeth fut sorti de ses réflexions par des voix qui provenaient du couloir.
Elle se leva et alla entrouvrir la porte de sa chambre. Elle pencha légèrement la tête à l'extérieur et aperçu une chambre plus loin, Jane sur le seuil de sa porte et Kitty et Georgiana face à elle. Les jeunes femmes étaient vêtues de longues robes de nuit sur lesquelles elles avaient passées un déshabillé en dentelle sauf Kitty qui était toujours vêtue de la robe qu'elle avait passée pour le dîner. Elles discutaient avec animation mais Lizzy ne pouvait percevoir ce qu'elles disaient. Elle sortit donc complètement dans le couloir et s'approcha de ses sœurs et de sa belle-sœur.
- Je vois que vous êtes bien bavardes, dit-elle en s'avançant avec un sourire.
- Oui, lui répondit Jane en tournant la tête vers elle. Kitty venait me souhaiter bonne nuit, elle va rentrer à Longbourn avec le reste de la famille.
- Oh, fit simplement sa sœur, prenant à présent conscience que le moment de se quitter arrivait.
- Mais ne t'inquiète pas Lizzy, sourit sa plus jeune sœur, je suis certaine que Papa nous fera toutes lever à l'aube pour que nous puissions vous voir partir demain matin !
- Mais j'y compte bien ! rit Elizabeth. C'est donc cela la surprise de demain qu'il a évoqué au creux de mon oreille tout à l'heure.
- Seigneur que va dire Lydia ! s'exclama Jane malicieusement.
- Je n'ose même pas imaginer sa réaction, sourit Kitty.
- Démesurée très certainement, soupira Elizabeth.
Une femme de chambre apparu dans le couloir et annonça que Mr et Mrs Bennet ainsi que les autres invités attendaient Kitty pour rentrer à Longbourn.
- Ainsi il est temps pour nous de nous quitter, sourit Lizzy
Elle serra sa sœur dans ses bras.
- Tu es la bienvenue à Pemberley quand tu le souhaite, fit Lizzy avec gravité.
- Je vais d'abord te laisser t'y installer tu ne crois pas ? rit doucement Kitty en se tournant vers Jane.
- Je ne crois pas nécessaire de préciser que c'est aussi le cas à Netherfield, fit-elle sur le même ton. Surtout que trois miles à peine nous séparent !
- Merci milles fois mes sœurs, dit Kitty, émue.
- Quant à moi je m'engage à vous écrire dès que possible, s'exclama Georgiana avec qui la jeune fille s'était liée d'amitié depuis que la sœur de Darcy était arrivée. Mais je pense que nous nous reverrons, nous ne partons que demain soir je crois.
Kitty lui serra la main avec amitié.
- Je suis heureuse de vous avoir rencontrée en tout cas Georgiana. Espérons à demain alors ! Vous ne venez point en bas ? demanda-t-elle à ses sœurs et son amie.
- Dans cette tenue ? plaisanta Elizabeth. Je ne crois pas que ce serait très convenable…
La jeune fille serra alors une dernière fois ses sœurs dans ses bras en leur souhaitant beaucoup de bonheur et après un signe de la main à Georgiana, elle suivit la femme de chambre à l'étage inférieur. Jane et Elizabeth regardèrent leur petite sœur s'éloigner avec nostalgie. Le temps où elles étaient petites filles à courir dans le jardin était maintenant révolu. Après un soupir de concert, elles se tournèrent avec Georgiana.
- Vous partez donc vous aussi demain, la questionna Jane.
- Oui en effet. Je rentre à Londres avec le Colonel où je continuerais à suivre mes cours habituels et je me retirerais à Pemberley pour y passer la période de Noël.
- J'aurais hâte de vous revoir ! s'exclama Elizabeth.
- Oh ne soyez pas trop pressé Elizabeth, je crois que mon frère vous réserve une belle surprise pour votre voyage de noce. Ainsi que Mr Bingley pour vous Jane. Ces messieurs sont rendu très peu discret par l'impatience aussi ils leur arrivent d'en parler lorsque je suis présente, rit la jeune fille. Mais je ne dirais plus rien à présent, à vous de découvrir demain.
- Tout cela est bien mystérieux ma chère belle-sœur ! Vous en avez trop dit ou pas assez ! s'amusa Lizzy, curieuse.
- Je pense que le mieux est d'attendre demain, dit Jane avec sagesse. Mais que cela est cruel Georgiana, nous allons trouver la nuit bien longue à présent, finit-elle en la taquinant.
- Le crois-tu vraiment ma chère Jane ? demanda Lizzy avec une voix pleine de sous-entendus qui firent rougir allégrement sa sœur aînée.
- Oh Lizzy ! Comment peux-tu dire cela ! dit sa sœur faussement en colère.
- Ne t'énerve point, sourit Elizabeth, je te taquinais tu le sais bien. Je crois bien qu'il est temps pour nous de nous coucher, ajouta-t-elle en voyant Georgiana cacher tant bien que mal son bâillement derrière sa main.
- Me permettez-vous de me retirer ?
- Mais bien-sûr Georgiana, faites comme chez vous, assura Jane.
- Je vous souhaite une bonne nuit à toutes deux, en s'inclinant légèrement.
Les deux sœurs lui rendirent la pareille mais elle eut néanmoins le temps de glisser quelques mots à l'oreille de Lizzy :
- Et vous êtes la femme parfaite pour mon frère, ne l'oubliez jamais.
Ce qui alla droit au cœur de Lizzy. Darcy avait dû parler quelques peu à sa sœur des craintes d'Elizabeth. Georgiana ne se rendit pas compte à tel point ces paroles réconfortèrent la jeune femme et à tel point ils la touchèrent. En revanche Jane l'avait bien compris. Et elle s'empressa de dire que sa sœur avait eu tort de s'inquiéter. Ce à quoi elle répondit qu'il fallait toujours mieux n'être sûr de rien.
- Toujours aussi…
- Têtue ? termina Lizzy. Evidemment, sinon tu te demanderais qui est en face de toi à présent !
- Cesse donc de me faire rire ! Que va penser Mr Bingley lorsqu'il montera ? la gronda Jane avec un sourire.
- Il pensera que tu es contente de le voir, pouffa sa sœur.
- Lizzy ! fit Jane en riant pour de bon.
Les deux jeunes femmes rirent pendant quelques instants encore puis le silence prit place. Elizabeth le brisa, un air un peu plus grave et sérieux sur le visage.
- Jane. Crois-tu que nous serons heureuses ?
- Je ne le crois pas Lizzy. J'en suis certaine.
- Comment fais-tu pour rester si sereine ?
- Je ne sais pas si je le suis vraiment mais en tout cas j'essaye de ne pas me poser trop de questions. Ce que tu ne manques pas de faire je crois… répondit-elle.
- En effet. Mais nous allons toutes deux vers une forme d'inconnu alors il faut bien que je m'inquiète un peu ! remarqua-t-elle avec un sourire.
- Pendant toute notre vie nous serons confrontées à des choses inconnues et cela vient de commencer alors tu ne pourras pas constamment t'inquiéter chère Lizzy !
- En effet ! C'est pourquoi je mettrais mon cher mari à contribution ! rit Elizabeth.
- Seigneur ! Mais que vas-tu donc faire vivre à Mr Darcy !? renchérit Jane.
- Oh quelques petites sautes d'humeur, sans plus, sourit malicieusement sa sœur.
- Moui… fit Jane, pas le moins du monde convaincue.
- En tout cas, avec toi, je ne m'inquiète guère pour Mr Bingley. Tu ne risques pas de le rendre fou, si ce n'est de toi, ce qui je crois est déjà le cas !
- Lizzy !
- Oh tu as peur qu'il t'entende n'est-ce pas ? sourit la cadette. Cela m'étonnerait que…
- En même temps, vu qu'il vient d'arriver à cet étage avec ton époux… répliqua Jane.
Ce qui cloua le bec de Lizzy qui fit volte-face, les joues soudain colorées.
- Tiens donc Lizzy je ne te croyais pas si taciturne ?... fit son aînée à son oreille.
- Rappelle-moi pourquoi ai-je eu l'idée de t'apprendre à faire de l'esprit Jane ?
- Pour me protéger des vipères de Londres ? suggéra-t-elle. Quoi ? Il faut bien que je m'entraîne avec une connaisseuse…
- Le professeur rend les armes, je dois bien admettre que tu es en train de me dépasser, dit-elle alors que les deux époux s'approchaient à grand pas.
- C'est gentil, répondit Jane avec le même sourire malicieux que sa sœur.
- Je vois que le désir de discuter a pris le pas sur votre fatigue ! s'exclama Bingley, de son ton enjoué habituel.
- Enfin Mr Bingley, c'est de jeunes femmes que vous parlez, ne soyez pas étonné !
- Vous avez raison Elizabeth, avec mes deux sœurs j'aurais dû y être habitué ! sourit-il. Mais je vais arrêter de monopoliser votre conversation ou Darcy risque de me provoquer en duel !
- Vous seriez sûr de perdre Bingley, s'avança le concerné avec un sourire en coin.
- Il ne faut jamais être trop sûr de soi, Mr Darcy, philosopha Jane en souriant, pour prendre la défense de son mari.
- Ah, nous n'allons pas nous battre pour savoir qui de nos deux maris seraient les plus forts s'ils venaient à se livrer duel puisque cela n'arrivera jamais ! s'exclama Lizzy.
- Sur ces bonnes paroles de ma chère sœur, permettez aux maîtres de maison de se retirer, annonça Bingley courtoisement.
- Nous vous autorisons dans ce cas, sourit Darcy, au grand plaisir d'Elizabeth qui n'avait pas eu souvent l'occasion de voir son mari sourire, en raison de son caractère assez taciturne mais également en raison de la présence de certaines personne qui ne méritent pas d'être citées.
Elizabeth et Jane se dirent bonne nuit une énième fois, en échangeant un regard significatif de mariées le soir de leur première nuit avec leur époux tandis que les Bingley et Darcy faisaient de même, sans le regard ! Les quatre jeunes gens pénétrèrent chacun dans leur chambre car comme le voulaient les convenances les époux faisaient chambres à part quitte à se rejoindre durant la nuit par la porte communiquant entre les chambres des époux. Lizzy tournait dans sa chambre comme un oiseau en cage. Elle finit par s'asseoir sur son lit avant de se lever brusquement pour aller se regarder dans le miroir.
Elle tira légèrement le col de sa chemise de nuit, lissa du plat de la main quelques plis qui venait d'apparaître et remit en place quelques mèches rebelles. Darcy allait arriver d'une minute à l'autre et Elizabeth se trouvait dans un état de fébrilité extrême. Si bien que lorsqu'un léger toquement se fit entendre à la porte qui séparait leurs deux chambres, Elizabeth ne put s'empêcher de sursauter. Elle reprit place sur le côté de son lit, arrangea une dernière fois ces cheveux et murmura d'une voix hésitante « Entrez ! ». Darcy ouvrit doucement la porte et pénétra dans la pièce. Lui aussi s'était changé pour la nuit. En s'avançant vers son épouse, il vit à tel point celle-ci était tendue et évitait son regard.
- Lizzy regrettez-vous déjà de m'avoir épousé ? demanda-t-il en haussant un sourcil.
- Nullement Mr Darcy, répondit-elle avec un sourire timide, osant cette fois lever les yeux vers lui.
- Seigneur allons-nous donc nous appeler Mr et Mrs Darcy pour le reste de notre vie ? sourit-il.
- Non bien sûr que non, admit Elizabeth. Mais comment voudriez-vous que je vous appelle ?
- Comme il vous plaira.
- Dans ce cas ais-je raison d'utiliser William comme diminutif de votre prénom ?
- Soit, fit-il en faisant mine de réfléchir. Très bien, proposition acceptée ! Surtout que c'est ainsi que l'on m'appelait lorsque j'étais enfant. Georgiana l'utilise de temps à autre…
- Très bien alors cela ne bouscule pas trop vos habitudes ! rit-elle. Pour moi, je crois que vous avez d'ores et déjà acquis le droit de m'appeler Lizzy, il me semble ?
- Je ne rajouterais que quelque chose.
- Ah et quoi donc ?
- Lizzy, je vous aime.
La sérénité qu'Elizabeth avait acquise en discutant avec son mari, vola en éclats et elle se mit brusquement à rougir. Darcy se rapprocha d'elle et lui releva le menton en cherchant son regard.
- M'aimez-vous également ?
- Bien-sûr… dit-elle dans un murmure. De tout mon cœur...
Darcy se pencha alors sur les lèvres de sa femme et ils s'embrassèrent passionnément. Après plusieurs longues heures d'attente bruyantes, il se retrouvait enfin seul avec Elizabeth. Celle-ci avait senti son appréhension s'envoler dès le moment où le baiser avait commencé et c'est à présent avec soulagement qu'elle se sentait planer dans un bien-être rassurant, dans les bras de son mari, des papillons dans le ventre qui commençaient à naître. Darcy, sachant où ce baiser les mèneraient s'ils ne s'arrêtaient pas, murmura contre les lèvres de son épouse :
- Lizzy si vous n'êtes pas prête, sachez que je comprends et nous pouvons attendre la lune de miel et même l'arrivée à Pemberley s'il le faut.
- Je vous aime et je vous fais confiance, il n'y a que cela qui est important, je suis prête.
Rassuré par les paroles de son épouse, il l'embrassa de plus bel et il finit par la porter délicatement sur le lit. Après lui aussi enlevé ses vêtements et s'être retrouvé en tenue de nuit, il prit place aux côtés de son épouse. Elizabeth se crispa quelque peu lorsque le moment fatidique - comme aimerait certainement le dire Mrs Bennet – arriva mais son mari lui murmura quelques mots à l'oreille et elle se détendit, lui offrant ainsi le privilège de pouvoir dire qu'elle était sa femme, corps et âme et Lizzy découvrit après quelques instants que cela n'était pas si désagréable que cela. Un bon moment plus tard, elle finit par s'endormir entre ses bras, sereine, heureuse tandis que Darcy lui embrassait la tempe. Oui, il avait fait le meilleur des choix en épousant Elizabeth Bennet. Il l'aimait de tout son être. Et il pouvait à présent se dire qu'ils avaient tout le bonheur du monde pour eux à présent…
Et pour vous prouver ma bonne foi quant au commencement de l'écriture du chapitre 4, voici quelques extraits rien que pour vous ^^ :
Quand Elizabeth ouvrit les yeux ce matin-là, réveillée par les quelques rayons du soleil qui traversaient les rideaux somptueux de la fenêtre, elle crut d'abord à un rêve […] Elle repoussa quelques mèches qui tombaient devant ses yeux fermés et osa lui caresser légèrement la joue […] « - Mr Darcy, vous mériteriez d'être privé pendant une semaine des baisers de votre épouse, fit Elizabeth, boudeuse. » A suivre !
