Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Deux''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne lecture !


Jaime et Cersei ont toujours été destinés à n'être qu'un.

S'ils étaient deux, ce n'était qu'à cause d'un caprice du destin.

Rien qu'à la naissance, ils étaient liés. Jaime était né, tenant le pied de Cersei, accroché à elle comme si elle était la seule qui lui permettrait de vivre.

Ils avaient été liés avant cela. Sinon, pourquoi auraient-ils été les deux dans le même ventre ensemble ?

Cela avait continué après leur venue au monde.

Quand ils étaient bébés, il était pratiquement impossible de les différencier. Même leur propre père ne savait pas qui était Jaime et qui était Cersei.

Déjà à cet âge-là, ils avaient refusé d'être séparés, hurlant dès qu'on les mettait dans deux berceaux différents, et semblaient se blottir l'un contre l'autre quand ils étaient ensembles.

Puis, enfants, il n'avait pas été plus simple de les reconnaître. Ils étaient identiques, avec leurs boucles d'or et leurs yeux d'émeraude.

Ils jouaient toujours ensemble, aux mêmes jeux. Ils dormaient toujours ensemble, dans le même lit lovés comme deux lionceaux. Ils ne formaient qu'un.

Mais ils avaient grandi. On avait mis une épée dans les mains de Jaime, une aiguille dans celles de Cersei.

Ils n'avaient pas compris.

Pourquoi étaient-ils traités tellement différemment quand ils étaient tellement pareils ?

C'est à partir de ce moment-là que le monde avait cessé de les traiter comme n'étant qu'un, mais deux.

C'était idiot. Ils ne formaient qu'une seule personne, qu'une seule âme, ils le savaient bien.

Pourquoi le reste du monde était trop aveugle pour le voir ?

Et les choses avaient continué de changer alors que les années passaient.

Quand ils étaient petits, pour montrer qu'ils n'étaient qu'une unique personne, ils échangeaient souvent leurs places, Jaime mettant les habits de Cersei, et vice-versa, se faisant passer l'un pour l'autre.

Maintenant qu'ils étaient devenus grands, ils avaient trouvé une autre manière de ne faire plus qu'un.

Ils y étaient d'abord allés doucement. Jaime avait toujours été doux et gentil avec Cersei, et il le serait toujours. Il ne voulait pas la blesser, d'aucune manière, jamais.

Cela avait fait un peu mal à Cersei, au début, mais la sensation de plénitude et d'entièreté qui avait coulé dans leurs veines valait toutes les douleurs du monde.

Ils n'étaient plus deux.

Ils n'étaient qu'un.

Ils avaient tellement apprécié le sentiment encore inconnu que cela leur procurait qu'ils avaient recommencé, et que c'était devenu une habitude.

Mais les années avaient encore passé, et ils avaient été arrachés l'un à l'autre, plusieurs fois, comme une fleur à laquelle on enlèverait ses pétales.

Ils avaient été à nouveau séparés en deux.

Cersei avait d'abord dû se rendre à Port-Réal, et quand Jaime avait enfin réussi à la rejoindre, quand ils avaient enfin pu se sentir entiers, Cersei avait dû repartir, à cause de la guerre qui faisait rage dans le royaume.

Quand Jaime avait tué le Roi Fou, et s'était assis sur le Trône de Fer, il avait pensé que Cersei et lui pourrait à nouveau ne faire qu'un, pour l'éternité et aux yeux de tous. Mais c'était avant qu'Eddard Stark n'arrive dans la pièce avec ses hommes et ne le contraigne à descendre.

Cersei avait dû épouser Robert Baratheon, avait été forcée par leur père à ne faire qu'un avec lui, alors que c'était avec Jaime qu'elle aurait dû se tenir dans le Grand Septuaire de Baelor.

Mais qu'à cela ne tienne.

Le mariage de Cersei ne pourrait les empêcher de se retrouver, et de ne faire qu'un, comme ils étaient censés être.

Rien, ni personne.

De leur union était nés trois enfants, tous à la crinière blonde et aux iris verts.

Ils avaient grandi à leur tour.

Jaime s'était toujours demandé si l'un de ses deux fils entretenait la même relation avec sa fille que celle qu'il entretenait avec Cersei.

Si c'était le cas, s'il avait pu faire quelque chose à ce sujet, jamais il ne les en aurait empêchés.

Après tout, il ne savait que trop bien le bonheur que cela procurait.

Mais Joffrey était mort.

Et, à cause de lui, de ses désirs égoïstes, Cersei et lui s'étaient séparés en deux plus violemment qu'ils ne l'avaient jamais été.

A cause de lui.

Cersei avait eu beau lui dire plusieurs fois qu'elle lui avait pardonné, jamais il ne se le pardonnerait.

Et Myrcella et Tommen étaient morts.

Mais cela, contrairement au décès de Joffrey, les avait réunis, avait comblé les fissures.

Ils s'étaient retrouvés, ils avaient pansé mutuellement leurs blessures.

Et au moment où Jaime pensait qu'ils allaient basculer à nouveau, qu'ils allaient s'écarter à nouveau, le miracle était arrivé.

Cersei était enceinte.

Dès qu'elle le lui avait annoncé, Jaime avait essayé de prendre soin d'elle le plus possible. D'être encore plus doux, plus gentil avec elle qu'à l'accoutumée.

Quand ils se couchaient, il la tenait tout près de lui, posant une main aimante et protectrice sur son abdomen où y grandissait à nouveau la vie.

Un nouveau petit lionceau.

Une nouvelle manière de n'être qu'un.

Ils ne savaient pas encore qu'ils allaient être sur le point de se déchirer à nouveau. Mais ils s'aimeraient encore de tout leur cœur, comme il en avait toujours été. Après tout, nous ne choisissons pas qui nous aimons.

Ils ne savaient pas que Jaime allait aller au Nord se battre aux côtés de leurs ennemis juste pour pouvoir faire un avec Cersei et leur petit pour l'éternité.

Mais il allait revenir, comme il l'avait toujours fait. S'ils n'étaient pas deux, comment Jaime pourrait-il laisser Cersei mourir seule ? Comment pourrait-elle mourir sans lui alors qu'elle lui avait promis qu'ils quitteraient le monde tous les deux, comme tous les deux ils y étaient entrés, comme une seule personne ?

Dans un sens, ils allaient n'être qu'un pour l'éternité. Jaime mourrait dans les bras de Cersei, Cersei mourrait dans les bras de Jaime, ensemble.

Comme ils l'avaient toujours été.

Impossible de dire où l'un des deux s'arrêtait et où l'autre commençait.

Une âme. Un cœur. Une personne.

Un.

Pas deux.


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