Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Nuage''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.

Ce chapitre est un bonus de ma fic Quand on n'a que l'amour.

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne lecture !


Cela faisait plus d'un an.

Plus d'un an que leur petit frère était né.

Plus d'un an que leur mère était morte.

Plus d'un an qu'ils n'étaient pas retournés sur la plage.

Cela faisait trop mal. C'était leur mère qui avait pour habitude de les y emmener, de courir avec eux dans les vagues et sur le sable.

Mais leur mère n'était plus là.

Et depuis qu'elle les avait quittés, ils n'avaient plus jamais eu envie d'y retourner. Cela n'avait plus de sens sans elle.

La vie était devenue triste, depuis que Mère était morte. Père n'était presque plus jamais là, passant son temps à Port-Réal, où il occupait le poste de Main du Roi. Leur petit frère était trop petit pour jouer avec eux, et de toute manière, Cersei avait décidé qu'elle ne l'aimait pas, déclarant qu'il avait tué leur mère en venant au monde.

Qu'il aurait mieux valu qu'il ne soit pas là, et que leur mère le soit encore.

Même Jaime et Cersei n'était plus l'un avec l'autre la journée, occupés par les leçons qu'ils étaient obligés de suivre séparément, parce qu'elles n'étaient pas les mêmes.

Et Jaime et Cersei n'aimaient pas ça, être séparés, mais leur père le leur avait ordonné, et personne n'osait désobéir à Tywin Lannister.

Jusqu'au jour où Jaime avait décidé qu'il voulait aller sur la plage avec Cersei, comme ils l'avaient fait avec leur mère.

Sauf que cette fois, ils seraient seuls.

Après avoir réussi à échapper à l'attention du mestre, il était parti chercher Cersei.

Elle était avec sa septa. Il lui avait fait discrètement signe derrière la porte entrouverte, et Cersei avait demandé si elle pouvait se rendre aux latrines. La septa, ne se doutant pas une seconde de la supercherie, avait accepté, et Cersei avait rejoint Jaime, qui l'attendait.

Il l'avait prise par la main, et l'avait entraînée en-dehors du château.

Si leur père le découvrait, il serait furieux.

Mais il s'en moquait.

Il l'avait emmenée sur la plage.

Cela faisait un an qu'ils n'y étaient pas allés, mais Jaime s'en souvenait comme s'ils y étaient venus la veille.

Ils s'étaient allongés sur le sable, comme ils le faisaient quand ils venaient de courir pendant longtemps avec Mère et qu'ils s'effondraient, exténués.

Jaime avait enroulé ses bras autour de Cersei, qui s'était blottie contre lui.

Ils n'avaient pas dit un mot, regardant seulement les nuages blancs qui défilaient dans le ciel bleu.

Jusqu'à ce que Jaime rompe le silence :

''Pourquoi crois-tu que Père ne veuille pas que nous étudiions les mêmes choses ?''

Il savait que Cersei aurait adoré apprendre à monter à cheval, à se battre avec une épée et à tirer à l'arc.

Il adorait ça, lui, et ils étaient pareils.

De plus, elle lui avait déjà dit plusieurs fois combien elle détestait les leçons de danse, de chant et où elle apprenait à parler et à se comporter comme une dame.

''Je crois que c'est parce que je suis une fille, et que tu es un garçon...''

Jaime trouvait cela absurde. Quelle importance leur sexe avait-il ? Pourquoi, parce qu'elle était une fille, elle ne devait pas avoir le droit de faire ce qu'elle voulait ?

Il lui avait alors murmuré à l'oreille, comme un secret :

''Un jour, je t'épouserai. Quand nous serons grands, et que je serai le seigneur de Castral Roc, comme Père, personne n'osera me dire non, et tu pourras apprendre ce que tu voudras, et nous serons heureux.''

Quand elle avait tourné vers lui ses yeux d'émeraude brillants, il avait rougi.

Il s'était senti idiot. Pourquoi Cersei, qui était belle et intelligente voudrait-elle l'épouser ?

Mais elle avait souri, et lui avait dit :

''Oui, nous serons très heureux.''

Et, comme pour sceller leur promesse, il l'avait embrassée sur ses petites lèvres charnues.


Et maintenant qu'ils étaient tous les deux allongés sur le lit de Jaime dans la Tour de la Blanche-Épée, à regarder les nuages, comme quand ils étaient petits, Jaime ne pouvait pas s'empêcher de se sentir coupable.

Des serments, il en avait brisé.

C'était comme ça qu'on l'appelait, quand on pensait qu'il n'entendait pas.

Le parjure. Le briseur de serments.

Il s'en fichait.

De tous les serments qu'il avait fait, seul un lui importait réellement.

Et il l'avait brisé aussi.

Et il se sentait tellement coupable, de ne pas avoir pu tenir la promesse qu'il avait faite à Cersei il y a toutes ces années.

De l'épouser. D'être heureux avec elle.

Il n'avait pas pu l'épouser. Leur père l'avait mariée de force à Robert Baratheon, le nouveau roi, pour qui Jaime avait libéré le Trône de Fer.

Il n'avait pas pu être heureux avec elle. Bien sûr, ils étaient heureux quand ils étaient ensemble, mais il était évident que Cersei était malheureuse de sa vie. Comment pourrait-elle ne pas l'être ?

Robert passait ses journées à chasser, à boire et à baiser, et, quand il s'intéressait enfin un peu à elle c'était seulement pour l'insulter, lui crier dessus, la rabrouer, la frapper ou la violer.

Jaime voyait tout ça à travers les ecchymoses et les marques que Robert laissait sur sa peau, se jurant qu'un jour, il le tuerait pour ça.

Mais, en attendant, il devait juste jouer le rôle d'amoureux et de protecteur.

Ils passaient toujours des heures à regarder les nuages, comme quand ils étaient enfants.

Sauf que maintenant, ils n'étaient plus des enfants, et ils regardaient les nuages allongés, à l'abri des regards.

Alors, Jaime enveloppait doucement Cersei dans ses bras par derrière, et posait sa joue contre la sienne, en lui murmurant à l'oreille tout ce qui aurait pu se passer dans une autre vie.

C'était ça, la seule chose qu'ils avaient désormais. Des rêves d'une autre vie, qui ne se réaliseraient jamais.

Quelques fois, Cersei rêvait d'être un oiseau, pour pouvoir s'envoler parmi ces nuages.

Dans un sens, elle était un oiseau.

Mais à cet oiseau-là, on y avait brisé les ailes, jeune, très jeune, trop jeune, pour qu'il ne s'envole jamais.


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