Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Peur''
- Nombre de mots : De 100 à 1000 mots.

Ce chapitre est un bonus de ma fic Pour Cersei (il n'est pas forcément nécessaire de l'avoir lue auparavant).

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne lecture !


Cersei avait l'horrible impression que les murs du château se resserraient autour d'elle, qu'ils se rapprochaient dangereusement d'elle, comme pour l'étouffer, l'empêcher de sortir de là, l'empêcher de survivre.

Elle était seule, complètement seule, plus seule qu'elle ne l'avait été pendant tous ces mois passés au Donjon Rouge à se demander si Jaime était mort, de la main de Bronn ou de celle des Marcheurs Blancs, de sa main ou de celle des Marcheurs Blancs, plus seule qu'elle ne l'avait jamais été.

Qyburn était mort, en essayant de les sauver, elle et son bébé.

La Montagne avait retrouvé son frère, et avait refusé de lui obéir depuis.

Et Jaime était parti.

Il était parti à cause d'elle. Elle l'avait fait fuir, loin d'elle, alors qu'elle avait besoin de lui, comme cela avait toujours été le cas.

Elle aurait dû envoyer ses armées au Nord, rien que pour que Jaime ne la quitte pas en la haïssant, en la détestant.

Un souvenir revenait la hanter depuis son départ, depuis qu'elle se sentait comme si sa chair lui avait été arrachée, comme si son cœur avait été brisé, comme si son sang avait été drainé, comme si la vie l'avait déjà désertée.

Tu es habitée par la haine. Pourquoi les dieux m'ont-ils condamné à aimer un être mauvais ?

Il la détestait. Il la détestait, alors, il est parti.

Il n'y avait plus personne pour la faire se sentir aimée, plus personne pour la faire se sentir désirée, plus personne pour la faire se sentir protégée.

De toute manière, il n'y avait jamais eu personne pour cela.

Personne ne lui avait jamais trouvé assez de valeur pour lui accorder cela.

A part Jaime.

Mais Jaime n'était pas là, Jaime n'était plus là.

Une partie du toit du couloir dans lequel elle s'était réfugiée s'effondra, la manquant de très peu.

Cersei se colla au mur, dans l'espoir d'y être ne serait-ce qu'un peu à l'abri, à l'abri de la mort qui pleuvait sur elle, comme elle avait plu sur les Reyne de Castamere.

Sauf que ce ne serait pas noyée par l'eau qu'elle finirait. Ce serait noyée par les flammes, noyée par les pierres.

Noyée par la solitude, noyée par la peur.

Elle sentit une poussé d'adrénaline monter en elle.

Elle regardait la mort en face comme elle ne l'avait jamais regardée.

Plus que quand Stannis Baratheon avait assiégé la ville et qu'elle avait cru devoir empoisonner son fils avant de se tuer elle-même, par crainte qu'il ne leur arrive quelque chose de bien pire.

Plus que quand elle avait pensé mourir de soif quand elle avait été faite prisonnière la Foi Militante.

Plus que quand Tommen avait déclaré que les ordalies par combat seraient prohibées.

Plus que quand Daenerys Targaryen était arrivée à Westeros, apportant avec elle des dragons et des rêves.

Plus que quand Daenerys Targaryen était arrivée à Port-Réal, apportant avec elle le feu et le sang.

Et cela la terrifiait.

Quand elle était petite, il y avait toujours eu Jaime pour la rassurer, quand il y avait de l'orage et que les vagues venaient se briser avec violence sur les falaises de Castral Roc, quand la foudre tombait et que les éclairs illuminaient le ciel de leur lueur mortelle.

Ce sont les lions qui rugissent, lui disait-il, et un jour, nous rugirons bien plus fort qu'eux.

Mais maintenant, Cersei aurait eu beau rugir de toutes ses forces, il n'y avait personne pour l'entendre.

De toute manière, elle n'avait plus la force de rugir, plus comme avant, elle était trop consumée par la terreur insufflée par les flammes et la mort sortant de la gueule du dragon.

On avait beau dire que quand l'hiver vient, le loup solitaire meurt, mais la meute survit, tout était pareil avec les lions.

Sauf qu'il n'y avait plus que des lions solitaires, maintenant. Il n'y avait plus de meute.

Ils allaient donc tous mourir.

Un pan du mur contre lequel elle était appuyée tomba à son tour un peu plus loin.

Elle devait partir d'ici.

Elle devait absolument se mettre à l'abri, si ce n'était pour elle, pour son bébé.

Son petit lionceau.

Même si cela voulait dire qu'elle ne reverrait plus jamais Jaime.

Cela la déchirait, plus qu'aucun mot n'aurait jamais pu le décrire, mais une lionne ne fait-elle pas tout pour protéger ses bébés ?

Elle était arrivée dans la cour intérieure où elle avait fait peindre la carte de Westeros, afin de ne jamais perdre de vue son objectif.

Elle s'agrippa à la rambarde de marbre couverte de minuscules éclats de verre et de pierre, qui lui meurtrirent les mains quand elle les posa dessus, s'accrochant à la balustrade comme elle essayait désespérément de s'accrocher à la vie.

Le sol se fissurait, et des pierres et des gravats tombaient de tours invisibles de là où elle était, comme s'ils tombaient du ciel sur elle, comme si les Sept qu'elle avait offensés à maintes reprises la punissait à son tour.

Cersei continua de longer le mur, posant ses mains blessées dessus, et descendit au centre du patio.

C'était une mauvaise idée, d'être venue ici, une très mauvaise idée.

De là, elle était totalement à découvert, totalement à nu, comme elle l'avait été pendant la Marche d'Expiation.

Si la Targaryen venait à passer juste au-dessus d'elle, elle la verrait, et elle pourrait la tuer tout de suite.

La mise à mort de la Lionne d'Or.

Tout continuait de s'écrouler autour d'elle, alors qu'elle sentait la terreur monter en elle et la mort approcher.

Il lui sembla entendre des pas, et elle ferma les yeux.

Etait-ce Tyrion, venu accomplir la prophétie qui lui avait été faite quand elle était jeune ?

Etait-ce Daenerys, venue tuer sa plus grande rivale, le seul obstacle qui lui restait pour accéder au Trône ?

Etait-ce une des seules personnes qui restaient parmi les innombrables qui l'avait haïe avant Daenerys et le feu ?

Mais elle se retourna, et elle le vit.

C'était Jaime.

Son Jaime qui était revenu.


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