Cette histoire me tient particulièrement à cœur puisque je l'ai imaginé il y a plusieurs années lors d'un voyage particulièrement éprouvant psychologiquement et physiquement. Alors que j'étais malade, soigné par le médecin/sorcier du village, je me suis raccroché au développement de cette histoire. Aussi, la version actuelle ne me plaît pas, j'y apporterais sans doute plusieurs changements au fil du temps, j'attends aussi beaucoup de vos avis et retour pour perfectionner cette première version loin d'être parfaite. Merci à vous et merci à J.K Rolling d'avoir créé des personnages qui m'ont évité un rapatriement médical d'urgence.


❝ 𝐏𝐀𝐑𝐓𝐈𝐄 𝟏 ❞

𝑃𝑒𝑡𝑒𝑟 𝑃𝑒𝑡𝑡𝑖𝑔𝑟𝑒𝑤

❝ 𝑄𝑢𝑒𝑙𝑞𝑢'𝑢𝑛 𝑞𝑢𝑖 𝑝𝑟𝑜𝑚𝑒𝑡 𝑡𝑟𝑜𝑝 𝑒𝑠𝑡 𝑞𝑢𝑒𝑙𝑞𝑢'𝑢𝑛 𝑞𝑢𝑖 𝑡𝑟𝑎𝒉𝑖𝑟𝑎… ❞

31 Octobre 1981- Godric's Hollow - 22h46

Un jour, j'ai rêvé que le monde s'effondrait sous mes pieds. Que le jour cédait sa place à la nuit. Une nuit froide et éternelle, silencieuse, mortelle. Une nuit comme celle qui m'entoure alors que je me recroqueville, tout contre le petit portail, trempé par la rosée du soir tombant, glacé par le souffle du vent d'automne.

J'ai passé ma vie à fuir ce sentiment, l'impression de perdre pied, de n'avoir rien n'y personne à qui s'accrocher. Tomber éternellement, à travers l'ombre, rongé par la peur, abandonné de tous, à tout jamais oublié des vivants. Depuis ce jour, chaque instant, j'ai cherché. Un jour, une heure, une minute, sans relâche, j'ai cherché la lumière, le chemin qui me garderait loin de l'ombre et de l'oubli. Car la vérité, l'unique vérité, c'est que je suis terrifié à l'idée de la mort, figé à sa simple évocation. Parce que je veux vivre. Une longue vie baignée dans la lumière du soleil à respirer l'air du monde qui m'entoure. Vivre, est-ce trop demander ?

Mais cette guerre, celle pour la vie, pour notre survie, nous la perdons, irrémédiablement. Les autres ne veulent pas l'admettre, ils préfèrent se voiler la face, persuadés que le bien ne peut que triompher, à la fin. Mais ils se trompent, il n'y a que dans les romans, dans les histoires qu'on raconte aux enfants que les héros gagnent à la fin. Nous ne sommes même pas des héros, juste des enfants, jetés dans le feu de cette guerre où tant d'autres ont déjà péris.

Alors j'ai choisi, j'ai choisi la vie, au détriment de la gloire et de l'héroïsme, au détriment de mes amis. J'ai trahi.

Il apparaît soudain alors qu'une noire pression s'abat sur le jardin. Le Maitre. Le Seigneur des ténèbres, celui que j'ai choisi. Je n'avais pas d'autre choix, il est si puissant, déjà, il nous tient au creux de sa main et, après ce soir, il sera le maître du monde. Ce monde, auquel je veux désespérément appartenir, peu importe le prix.

Il ne me voit même pas, accaparé par la petite chaumière et ce qui se trouve à l'intérieur, je ne suis rien pour lui, à peine un outil vaguement utile. Mais cela m'importe peu. Je me recroqueville un peu plus, presque entièrement dissimulé par la petite haie alors qu'il entre dans le jardin. Je pourrais partir, mais je veux qu'il me voie, qu'il voit que j'ai accompli ma mission, que peu importe ce qu'il en coûtera, je veux une place dans le monde qu'il façonnera.

Un premier sortilège s'abat contre la porte de la chaumière qui tient bon, j'entends l'agitation à l'intérieur, les cris de James. James. Mon ami. Le souvenir fugace de notre première rencontre s'impose à moi avant de disparaître aussitôt remplacé par d'autres cries alors que la porte cède.

James comprendrait, il comprendrait mon choix, peut-être même aurait-il fait la même chose. Non, bien sûr que non, James aurait préféré mourir que de trahir Sirius ou même Remus. Parce que James Potter est comme ça, il ne craint pas la mort.

Le maître entre, mais le combat que j'attendais ne vient pas, James ne se défend pas. Un éclair vert illumine la maison et le bruit d'une chute. Une mort rapide, impersonnelle, je ne peux m'empêcher de penser que James méritait mieux.

Le silence est maître à nouveau, plus rien ne me parvient. J'imagine, nombre de scénarios, peut-être Lily a-t-elle eu le temps de fuir avec bébé Harry, peut-être n'étaient-ils pas à la maison. Je suis déchiré entre l'envie d'espérer qu'ils ne soient pas là, et la froide certitude que s'ils ne meurent pas alors ça sera mon tour.

Mais un hurlement, déchirant de douleur et de colère, brise de silence. En un instant, un puissant flash de lumière suivi d'une terrible déflagration éventre la maisonnette. Les débris pleuvent durant de longue minute s'abattant sur moi comme autant de souvenirs arrachés. Les bras couvrant mon visage, je n'entends rien durant plusieurs minutes, persuadé d'avoir été rendu sourd par l'explosion.

Ce qui me revient en tout premier, c'est l'odeur âcre de brûlé, çà et là, quelques petites flammèches viennent dévorer les souvenirs de ce que fut la vie des Potter. Lentement, les sons parviennent à nouveau à mes oreilles, mais le monde demeure atrocement silencieux.

Durant de longues minutes, je contemple la façade endommagée de la chaumière sans réellement savoir quoi attendre, quoi espérer. Après un temps qui me semble affreusement long, je rassemble un peu de courage, pour peu que j'en ai un jour eu et me relève, avide et terrifié de découvrir ce qui m'attend à l'intérieur.

Le petit hall est ravagé, au milieu des décombres gisent les souvenirs, portrait de nos vies brisées désormais détruites. James aussi est là, aussi brisé que les souvenirs qui nous entourent. Entendu dans l'escalier, son regard me scrute, désapprobateur, mais dénué de peur ou de colère. Je ne peux mettre de mot sur cette expression, mais elle me terrifie, réveille en moi la dévorante culpabilité. James, mon ami, pardonne moi d'avoir eu peur, de ne pas avoir été brave, de ne pas avoir eu ton courage. Je n'ai jamais pu être comme toi, courageux, fort et fière, un véritable Gryffondor, j'ai pourtant tant de fois essayée. Pour ne finalement exister que dans votre ombre, condamnée à échouer là où tu réussissais toujours.

Mais aujourd'hui tout a changé, car je suis celui qui contemple ton cadavre, froid et sans vie.

Je gravis les escaliers avec précaution, pour éviter qu'il ne s'écroule. Arrivés au premier étage, mes pas me guident vers la chambre de Harry, épicentre de l'explosion qui a ravagée le reste de la bâtisse. Les premiers sons qui me parviennent sont ceux des pleurs du bébé, assit dans son petit lit, le front ensanglanté et le visage baigné de larmes. Aux pieds du lit, le corps sans vie de Lily, tournée vers son fils en une ultime protection. Mais aucune trace du Seigneur des Ténèbres.

Alors que mes yeux fouillent désespérément les lieux, ils tombent un peu par hasard sur un morceau de bois sombre dépassant à peine de sous la commode. Je passe rapidement devant le bébé sans faire attention à lui et me penche pour extirper la baguette de sa cachette. Je suis frappé de stupeur alors que je comprends qu'il s'agit bien de celle du Seigneur Noir. Jamais il n'aurait quitté la demeure sans elle.

Paniqué par les différentes possibilités qui s'imposent à moi, je fais rapidement marche arrière. La baguette toujours fermement encrée dans la main, il ne fait aucun doute que le seigneur des ténèbres est mort ou tout du moins qu'il a disparu et Harry Potter, seul être encore vivant dans la maison en est la cause.

Je dois fuir. Car si le seigneur n'est plus, ses disciples seront traqués sans fin. Personne ne sait encore, que je suis celui qui a trahi les Potter, personne ne doit savoir. Ils accuseront Sirius, mais pour ça, je dois disparaître, vite. Je dévale les escaliers dépassant James sans un regard.

Je trébuche dans le jardin à tombe à genoux dans l'herbe humide. Sans que je ne puisse le contrôler, un rire m'échappe. Il résonne, saccadé, dément, brisé, dans le petit jardin alors qu'autour de moi, le monde semble s'effondrer. J'étouffe, étranglé par mon propre rire et les larmes qui dévalent mes joues sans que je ne puisse les retenir. Ma gorge brûle, ma vision se brouille et je me recroqueville sur moi-même une brève minute alors que l'horreur de ma situation me frappe et qu'un plan commence déjà à se former dans mon esprit. C'est fini, tout est fini. Mais je vais Vivre.

❝ 𝐿'𝑒𝑛𝑛𝑒𝑚𝑖 𝑛'𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑐𝑒𝑙𝑢𝑖 𝑞𝑢𝑖 𝑡𝑒 𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑓𝑎𝑐𝑒, 𝑙'𝑒́𝑝𝑒́𝑒 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑚𝑎𝑖𝑛. 𝐶'𝑒𝑠𝑡 𝑐𝑒𝑙𝑢𝑖 𝑞𝑢𝑖 𝑒𝑠𝑡 𝑎̀ 𝑐𝑜̂𝑡𝑒́ 𝑑𝑒 𝑡𝑜𝑖, 𝑙𝑒 𝑝𝑜𝑖𝑔𝑛𝑎𝑟𝑑 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒 𝑑𝑜𝑠. ❞

– 𝑃𝑎𝑢𝑙𝑜 𝐶𝑜𝑒𝑙𝒉𝑜