Chers lecteurs,
Grâce à Destrange, j'ai trouvé comment répondre de nouveau aux reviews. Et ça, c'est un plaisir de ouf.
Bref. J'ignore quoi vous dire d'autre. Merci pour vos lectures et vos retours, toujours.
Portez-vous bien, écoutez des vieux groupes de rock, à samedi,
Al
PS : réponses aux reviews des anonymes ou de ceux qui bloquent les messages privés (oui Katymyny c'est toi que je vise) :
Katymyny : que dire... déjà j'aimerais trop habiter au canada parce qu'ici en france il fait trop CHAUD ! dérèglement climatique ou autre, je vous maudis. j'ai pas pensé à l'herbe de patience pour maugrey, mais c'est vrai que c'est totalement possible qu'il en prenne. même nos personnages conservent un minimum leurs secrets... c'est un plaisir de voir que tu es intéressée par le testament de voldy ! quant à mettre une illustration, je laisse à mes lecteurs le soin d'imaginer la tête de maugrey ou celle de rogue, mort, comme ça chaque lecteur imagine ce qu'il veut (je suis magnanime) (ok avouons le franchement, j'ai la flemme d'en ajouter une. et je ne sais pas faire). merci pour ta review !
Nictocris : j'ai encore plus dingue en stock (tu me connais. tu sais ce dont je suis capable.) embrassades masquées (confinement oblige)
« Déclinez vos nom, prénom, maison, âge.
- Londubat, comme mes parents, Neville, comme Richard Neville, comte de Warwick et de Salisbury, Gryffondor, comme Godric lui-même, 16 ans. »
La voix fière, la tête haute, le sang pur. Londubat ressemblait à ses deux parents. À vouloir à tout prix revendiquer son affiliation, sa légitimité et son ascendance.
Maugrey le détailla. Les ongles terreux, des cals aux mains, les yeux grands et innocents. Un travailleur manuel dans un monde d'intellectuels. Le garçon faisait presque deux mètres, avec des épaules larges et des muscles saillants. À force de soulever des pots de terre sans utiliser de magie…
« Bien que vous ayez un mobile plutôt solide pour avoir voulu vous débarrasser de Rogue, c'est pour une autre raison que je désire vous interroger. Comment vont vos parents ?
- Bien. Les guérisseurs font du bon boulot. »
Déjà ce sérieux admirable chez le jeune Londubat… On sentait qu'il allait devenir, s'il ne l'était pas déjà, aussi valeureux que ses parents.
« Que faisiez-vous la nuit dernière ?
- Je dormais.
- Dans votre dortoir ?
- Bien entendu, nous sommes confinés. »
Maugrey soupira. Comment aborder le problème sans forcer le Londubat ? Il savait, pour en avoir discuté avec Minerva McGonagall, que Londubat avait toujours été timide. Il avait commencé à s'affirmer l'année précédente, grâce aux séances de défense contre les forces du mal de Potter. Quelle bonne idée, d'ailleurs…
Autant y aller franchement.
« Avez-vous récemment vendu du chanvre à Luna Lovegood ?
- Du chanvre ? À Luna ? Attendez voir… »
Londubat fouilla dans les poches de sa robe et en sortit un petit carnet. Il le feuilleta, parcourut des yeux une page en détail et répondit :
« Non, pas récemment. La dernière fois, c'était il y a trois mois. Depuis, elle est en cure de désintox.
- Vous tenez vos comptes de vente dans ce carnet ?
- Faut être organisé. »
Maugrey tendit la main et Londubat y déposa, à regret, son carnet. Les pages étaient couvertes de lignes et de colonnes, qui indiquaient la nature de la substance vendue, le destinataire, le prix au kilo, la date de transaction.
En effet, il n'y avait pas Luna Lovegood dans les dernières ventes.
En revanche, il y avait un autre fait intéressant. Une ligne.
Cho Chang avait acheté vingt-six grammes de folium folii quatre jours auparavant.
« Chang souffre d'incontinence ?
- Pourquoi vous dites ça ? Pour le folium ? Je n'en sais rien. Elle m'en demande, je lui en vends. Bizness is bizness. Je ne m'amuse pas à savoir comment se portent ses intestins. »
Eh bien en voilà une chose à laquelle il n'avait pas pensé ! Chang consommait du folium folii, elle avait peut-être préparé son thé… Non, Rogue avait une théière d'herba Racouda près de lui, alors qu'il avait l'estomac rempli de folium. Donc…
Selon toute vraisemblance, Cho Chang aurait dû mourir en buvant le thé de Rogue. Aux mêmes causes les mêmes effets.
Or, jusqu'à nouvel ordre, elle n'était pas morte.
Ce qui signifiait qu'elle avait menti : elle n'avait pas pris de thé avec Severus Rogue.
Pris d'une intuition subite, Maugrey rechercha la dernière vente d'herba Racouda. Tiens tiens… Le même jour que la livraison de Chang, à un certain Cedric Diggory.
« Intéressant… »
Maugrey devrait retourner interroger la fille. Chang lui avait caché des choses.
Bon. Londubat ne paraissait pas être un mauvais bougre. Quand on connaissait ses parents, ça portait encore plus à croire au bon gars qui refile des herbes médicinales sans penser à mal. Il avait envie de se fier à son intuition.
D'un autre côté, Lovegood non plus ne paraissait pas mauvaise, et Merlin sait de quoi elle était capable.
Maugrey survola quelques colonnes. Peut-être que le botaniste qui était en face de lui cultivait du saule blanc. Toujours avoir un stock de saule blanc, parole d'ivrogne !
Son regard stoppa sans qu'il s'en rende compte sur le dernier achat de Minerva McGonagall : un kilo et demi d'ivraie.
« McGonagall prend de l'ivraie ?
- Non, mais ça, c'est sur le compte de Gryffondor, répliqua Londubat. Elle en a acheté un bon paquet pour que tout le monde ait sa part. »
Maugrey fronça les sourcils : sa part ?
« Explique-toi, mon garçon. Parce qu'il me semble que droguer des élèves est contraire au règlement. Et Minerva McGonagall n'est pas du genre à ignorer le règlement. »
Londubat leva les yeux au ciel :
« C'est pourtant bien simple : en très petite quantité, l'ivraie calme.
- Elle a acheté un kilo d'ivraie ! Je n'appelle pas ça une très petite quantité !
- Pas pour elle, répéta Londubat. Pour nous, les élèves de sa maison. Comme on a tous été coincés par Rogue dans le bureau du professeur McGonagall au début du confinement, elle nous en a passé pour déstresser. Vous savez, le confinement est difficile à supporter. Un peu d'ivraie ne fait pas de mal. »
Le garçon n'avait pas tort. C'était pas la première fois qu'il entendait dire que l'ivraie était un bon relaxant. Il faudrait qu'il essaie, un jour.
Bon. Il était temps de retourner au turbin, d'aller boire un coup et de retourner voir la fille Chang. Maugrey se leva et lâcha un bâillement à s'en décrocher la mâchoire :
« Vous avez mal dormi ? »
Londubat était plutôt attentif à autrui comme garçon.
« Comme à peu près tout le monde à Poudlard, répondit Maugrey. J'ai compris qu'entre le confinement et l'orage de ce matin, c'est compliqué de faire une nuit calme, ici. C'est allé, pour vous ?
- Pas entendu l'orage. J'ai dormi comme un loir. Pas même un petit réveil nocturne. »
Maugrey salua de la tête Londubat. Il n'allait pas le garder sous surveillance, puisque le jeune homme n'était pas sur la liste des suspects. À part un vague mobile, il n'y avait rien dans son discours qui pouvait le lier, de près ou de loin, au meurtre de Rogue.
Et pourtant…
Londubat n'avait rien entendu. Alors que Mordred sait que dans la tour Gryffondor, même la plus douce brise peut empêcher de dormir tant les trous dans les fenêtres laissent passer tout ce qui est vent, souffle ou bourrasque. L'orage de ce matin-là avait été suffisamment violent pour que presque tous les élèves se réveillent, sauf Chang évidemment. Et Londubat n'avait rien entendu.
Il n'y avait qu'un seul endroit où on n'entendait pas le bruit de la tempête. Un endroit sous terre, sous l'eau.
Les cachots.
Ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : Londubat lui avait menti. Il n'avait pas dormi dans le dortoir Gryffondor.
Il avait dormi chez les Serpentard.
OoO
« Vous saviez, vous, pour la consommation d'ivraie ?
- Bien sûr. Toutes les maisons y ont recours. Vous ne savez pas à quel point c'est difficile de tenir en laisse des adolescents surexcités dans leurs dortoirs, sans cours pour les occuper ni activité sportive. »
Pomfresh étudiait les viscères de Rogue, un binocle agrandisseur sur le nez. Et s'il y avait bien une chose que Maugrey avait remarquée à propos de l'infirmière de Poudlard, c'est qu'elle était beaucoup plus bavarde quand elle avait les mains à la pâte. Ou plutôt dans le corps de Rogue.
« Et pourquoi ça n'apparaît pas sur le registre de Londubat ?
- Je suppose que Pomona est capable de faire pousser ce dont elle a besoin, et Rogue de se le procurer. Quant aux Serdaigle, ils doivent tourner à autre chose, bien que je ne sache pas quoi précisément. D'ailleurs, Luna Lovegood est clean. »
Ça se tenait. Toutes les maisons pouvaient se fournir en drogues douces pour passer le confinement dans les meilleures conditions possibles.
« Ils n'ont plus d'activité sportive ?
- Non, depuis que Rogue a interdit le Quidditch. Apparemment, c'était trop vecteur de se passer des balles sans les désinfecter, surtout quand on sait que certains ont une légère tendance à les avaler. »
Oui, il avait entendu cette histoire du premier match de Potter. Le petit avait gobé le vif d'or. Pour un attrapeur couronné de gloire, ça manquait de classe.
Rogue devait avoir mis en rogne pas mal de monde. Si le meurtre de Rogue était le fait d'une vengeance, la liste de ceux qui avaient un mobile s'allongeait considérablement : tous ceux qui jouaient au Quidditch avaient dû prendre l'annonce de Rogue personnellement.
« À croire qu'il a cherché à se faire tuer… »
Cette histoire de Quidditch le titillait.
« Donc vous êtes en train de me dire qu'ils ne peuvent plus sortir à cause de Rogue ?
- Non, à cause du virus. »
La fenêtre ouverte… Si quelqu'un était venu à balai pour assassiner Rogue… La fenêtre ouverte dans le salon de Rogue pouvait laisser passer des sorts. Et pour entrer chez Rogue, il fallait un mot de passe. Chang avait eu l'autorisation de Rogue, Lovegood avait convaincu le portrait de la laisser entrer… Mais si on passait par l'extérieur pour menacer Rogue ?
Plus de problème d'effraction. Ni de mot de passe à trouver.
« Vous êtes une perle rare, ma chère madame.
- Surtout avec ce que je vais vous montrer, répondit-elle en rougissant. Venez voir. »
Maugrey se releva en grommelant. Pompfresh lui montrait l'intérieur des narines de Rogue.
« Oui, ben il a des narines poilues.
- Regardez ces traces vertes. Ça ne vous dit rien ?
- Des crottes de nez ?
- De la potion sèche. Rappelez-vous, je vous ai dit qu'il a été étouffé. »
Maugrey hésita :
« Il a été noyé dans un chaudron. Pour un professeur de potions, il a été asphyxié dans son outil de travail.
- Peut-être, mais se promener à balai avec un chaudron, c'est difficile. »
Pomfresh lui jeta un regard indescriptible.
OoO
« Non, je vous assure, Maugrey, les balais n'ont pas été sortis du hangar à balais depuis une semaine. »
Renée Bibine avait l'air de se porter comme un charme. Contrairement aux élèves, elle pouvait faire un petit tour à balai de temps en temps, ce qui améliorait considérablement son moral.
« Aucun, vous en êtes sûre ?
- Je connais mon métier. Si vous saviez, certains élèves, je ne dirai pas que j'ai en tête Potter ou Malefoy, sont cardiaques quand leur Nimbus ou leur Éclair est menacé. Des cas de triche, de fraude de balai, ont déjà eu lieu dans le passé, il est hors de question que ça se reproduise. »
Aucun balai n'était sorti pendant la nuit, donc.
« Y a que Potter et Malefoy qui auraient pu vouloir récupérer leur balai pendant la nuit ?
- En assez fou, il n'y a que Potter. À une époque, je vous aurais bien dit Charlie Weasley ou Cedric Diggory, mais ils ne sont plus à l'école depuis longtemps. »
Cedric Diggory… Il avait lu ce mot quelque part.
Là ! Dans les carnets de Londubat !
« Et ce Cedric ?
- Confiné à Pré-au-Lard.
- Pré-au-Lard ?
- Oui. Sa petite-amie est toujours scolarisée à Poudlard, et il ne voulait pas trop s'éloigner pour ne pas la laisser seule trop longtemps. Enfin, bon, avec le confinement, c'est plutôt râpé comme résolution… »
Maugrey sentit qu'il était proche de la solution. Il posa la question :
« Et sa chérie, c'est qui ? »
Et il sut la réponse une seconde avant que le professeur Bibine lui réponde :
« La préfète de Serdaigle, Cho Chang. »
Bingo !
