Chapitre 9_ Frature brutale

Ce matin-là, Hermione s'attarda longuement sous la douche, se laissant momentanément croire que l'eau chaude pouvait la laver de toute la fatigue et tristesse qu'elle avait accumulé les semaines passées. Elle repensa à la nuit qui venait de s'écouler, aux bras de Fred qui l'avaient bercée et protégée de tous ses cauchemars...

Elle sentit ses joues s'empourprer en même temps qu'une vague de gêne montait en elle. Et si quelqu'un les avait vu ainsi, dans les bras de l'un et l'autre ? Mais elle sentit surtout un autre sentiment gonfler en elle, celui d'une désagréable déception qu'elle savait liée au fait que le garçon eut disparut à son réveil et aussi un peu de regret, amer. Au fond d'elle-même, la brune aurait seulement souhaité que ce moment qu'ils avaient partagé dure plus longtemps, ne serait-ce qu'une minute de plus.

Prenant conscience de ce que vers quoi ses pensées convergeaient, elle se résolu finalement à quitter le jet et dix minutes plus tard, elle était la première élève à sortir de la tour Gryffondor, le pull de Fred soigneusement plié au fond de son sac. Se sentant d'humeur légère, elle se rendit dans la Grande salle pour prendre un déjeuné rapide, préférant conserver son enthousiasme et sa bonne humeur pour aller étudier dès l'ouverture de la bibliothèque. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi motivée, autant en profiter ! Elle retrouverait bien ses amis plus tard. Durant un peu plus d'une heure, elle se plongea avec plaisir dans l'ambiance confinée et silencieuse de la bibliothèque, Mrs. Pince la salua d'un hochement de tête stricte, comme à son habitude et Hermione se trouva enfin le courage de débuter des recherches sur les rêves qu'elle faisait. Elle dû tout de même abandonner son volume et l'odeur du parchemin vieillissant une heure plus tard pour se diriger vers son cours de potion, dans les cachots et elle songea que c'était une journée tout à fait banale. Comme avant. Merlin qu'elle aimait ça ! Enfin un semblant de normalité !

Elle tacha cependant de ne pas trop afficher sa bonne humeur lorsqu'elle se trouva dans le domaine des serpents. En réalité, elle ne s'était jamais vraiment sentie à l'aise quand elle devait traverser ces longs couloirs sombres mais depuis la dernière sortie à Pré-au-lard, c'était pire. Bien pire. Elle aurait dû se sentir pourtant enfin libre et en sécurité maintenant que les brimades et les moqueries des serpentards à son encontre avaient cessé. Simplement par la surprenante intervention de Nott et Zabini auprès de Malfoy. Elle bénéficiait certes d'une nouvelle tranquillité mais le résultat de tout cela était surtout qu'elle se méfiait bien plus qu'avant, restant toujours sur ses gardes lorsqu'elle entrait en zone ennemie. C'était trop beau, trop beau pour être vrai. Les deux élèves à l'origine de ce brusque changement passèrent justement à cet instant devant elle et la saluèrent alors qu'elle posait sa sacoche contre le mur, le temps que leur professeur leur ouvre la porte. Ce simple geste suffit à renforcer son malaise et elle se mit à espérer que Ron et Harry ne tardent pas trop. Mais ils n'étaient pas là. Et toujours absents lorsque le seuil claqua violemment, marquant le début des cours. Encore en retard !

Elle les attendit jusqu'à la dernière seconde bien qu'elle aurait maintenant dû avoir l'habitude de leurs fréquents retards, si bien que Rogue dû intervenir pour lui demander d'entrer :

- Miss Granger, entrez ou restez dehors si vous voulez, ce qui évidement m'enchanterai, mais s'il vous plait, ne restez pas planter sur le pas de la porte comme une idiote !

Hermione avait depuis longtemps apprit à ne pas répondre aux piques doucereuses du maitre des potions et déclina l'invitation de Neville de venir à ses côtés pour aller s'installer, résignée, dans le fond de la salle sur une paillasse vide en attendant ses deux crétins de meilleurs amis.

C'était peut-être parce qu'elle avait ouvert son livre et était totalement absorbée par la lecture des pages que le tableau indiquait. Mais elle n'avait pas vu venir ce qu'il se passait. La sorcière était concentrée, même très concentrée mais au bout de plusieurs minutes de chuchotements incessants que même le ton acerbe du professeur Rogue n'avait pas réussit à faire taire, elle leva le nez de son manuel. Elle rencontra d'abord le regard de l'enseignant, impassiblement en colère bien-sûr, mais affichant tout de même un sourcil arqué, témoignant de septicité, ce qui ne la rassura pas le moins du monde. C'est en tournant la tête qu'elle comprit. Elle ne les avait pas entendu marcher vers elle ni s'installer à sa droite. Elle ne les avait pas vu mais ils étaient là, et c'était trop tard pour espérer partir maintenant. Blaise Zabini et Theodore Nott. A côté d'elle.

Elle réprima un hoquet de surprise et se décala directement vers sa gauche, presque par réflexe, comme si les deux garçons étaient toxiques. Après tout, s'ils étaient là, cela ne pouvait être que parce qu'ils préparaient quelque chose. Nott, qui se trouvait à sa droite, en profita pour s'étaler et le cour débuta, trop tard pour changer de place ! Aujourd'hui—et heureusement pour Hermione—pas de pratique, il s'agissait de détailler et comprendre les propriétés magiques de la prochaine potions qu'ils auraient à concocter. La brune en profita pour rentrer sa tête dans ses épaules, se maudissant de ne pas avoir été s'assoir directement à côté de Neville, puis ses meilleurs amis de ne pas être arrivé en même temps qu'elle ! Où étaient-ils d'ailleurs ? Le cour passait lentement et ils ne firent pas une apparition, entre eux et les deux serpents assis à quelques centimètres d'elle, Hermione écoutait à peine la voix monocorde de Rogue, bien trop stressée pour cela. Si tôt que l'heure fut terminée, elle bondit sur ses pieds et fut la première à quitter l'humide cachot dans lequel elle étouffait.

Comme elle le craignait, les garçons ne se présentèrent pas à l'heure suivante, ni le reste de la matinée. Ce qui ne faisait qu'accroitre son inquiétude. S'était-il passé quelque chose ? Ou bien avaient-ils découvert une chose capitale et étaient parti Merlin sait où dans les tréfonds de Poudlard pour en avoir le coeur net ? A cette idée, un vif sentiment de jalousie vint la piquer assez honteusement. Elle les imagina, tous les deux partir découvrir de sombres secrets et la laissant seule à la merci des deux autres serpentards... S'ils l'avaient prévenue, à cet instant elle serait avec eux... En réalité, elle regrettait surtout qu'ils ne soient pas avec elle maintenant... Un mauvais pressentiment l'habitait, elle devait en savoir plus !

Mais, à qui demander ? Ginny ? George ? Fred ? Ils étaient leurs amis oui, mais pour autant, ce n'était pas vers eux qu'ils avaient l'habitude de se tourner lors de leurs aventures... Cho était proche de Harry—très proche même—mais Hermione était certaine que s'il devait partir, Harry ne prendrait pas vraiment la peine de la prévenir. Alors à qui parler ? Quelqu'un devait bien être au courant ou au moins en mesure de lui donner une piste ! Elle se remémora tous les étudiants du château dont ils étaient proches et repensa rapidement à Neville. Le garçon partageait son dortoir avec ses amis, il devait bien avoir entendu ou vu quelque chose, même un petit rien du tout qui lui aurait permit de les retrouver. La fin de la matinée lui parut alors d'autant plus longue, les minutes ne faisant que s'étirer toujours plus et quand finalement l'heure du déjeuné sonna, elle couru après le garçon ne pouvant plus attendre plus longtemps.

- Neville ! l'appela-t-elle en criant dans le couloir, se souciant peu qu'Ombrage ait pu être dans les parages et l'entende "crier pour perturber l'ordre" ou quelque chose dans le même genre.

Son ami se retourna un peu surprit en l'entendant et lui sourit. Il s'apprêtait à lui répondre mais elle ne lui en laissa pas le temps.

- Tu n'aurais pas vu Harry ou Ron ce matin ? Ils n'étaient pas en cours et je n'ai aucune idée de là où ils pourraient être..., expliqua-t-elle rapidement.

- Oh, ils n'étaient pas là quand je me suis réveillé. Et puis, tu sais vu que Harry a tendance à crier dans ses cauchemars, je mets ça maintenant, dit-il en lui montrant une petite boite, si rapidement qu'elle n'eut même pas le temps d'en voir le contenu. Tu les connais, ils sont sûrement entrain de trainer dans la forêt ou dans une autre salle interdite, reprit le brun. Je suis étonnée que tu ne sois pas avec eux d'ailleurs... Est-ce que ça a un rapport avec Nott et Zabini ? hasarda-t-il en baissant les yeux, rougissant.

- Quoi ?! s'exclama tout de suite la brune ayant occulté momentanément ce fait, trop concentrée sur ses deux amis. A vrai dire je n'en sais pas plus que toi, Neville. Merci pour ton aide, ajouta-t-elle, filant déjà en direction de la Grande salle pour retrouver les jumeaux et leur soeur.

Mais rien. Aucune crinière au roux familier, attablée parmi les gryffondors. Pas la moindre trace d'eux, nul part. Et l'inquiétude qui l'accompagnait depuis que les cours avaient débuté vira à la terreur pure et profonde à l'idée qu'il soit arrivé malheur à ses amis.

Et à Fred.

Il s'était passé quelque chose.

Sans trop réfléchir, elle aperçu du coin de l'oeil Lee Jordan, le meilleur ami de Fred et de George, et se rua vers lui, au bord de la crise de nerf. Merlin si jamais... Elle n'arrivait même pas y penser...

- Est-ce que tu sais ce qu'il se passe ? l'interrogea-t-elle après avoir tout juste prit le temps de le saluer, tentant vainement d'empêcher ses membres de trembler.

- Je ne sais pas, murmura le garçon, lui-même un peu anxieux. McGonagall est venu les chercher en plein milieu de la nuit, sans rien préciser. George a juste eu le temps de prévenir Fred à son tour avant qu'ils ne partent tous les deux, tenta-t-il d'expliquer clairement, les sourcils froncés sous l'effet de la concentration.

McGonagal, les Weasley, Harry... Ensemble... Réveillés en pleine nuit... Soudain, la lumière se fit dans l'esprit de la jeune fille, cela devait forcement concerner l'ordre ! Elle tourna les yeux vers la longue table des professeurs, au bout de la salle. Le siège de celle qui enseignait la métamorphose était encore vide, ce qui signifiait qu'elle était encore probablement encore dans sa salle de classe. Elle pivota le regard à la droite de la place de son professeur favori et vu que le directeur n'était pas la non plus, elle était prête à parier que les deux étaient ensemble !

Elle allait repartir lorsque Lee la rappela.

- Tu me diras ? demanda-t-il simplement, penaud et peut être un peu trop fier pour formuler franchement sa requête.

- Promis, répondit-elle machinalement sans vraiment y prêter attention alors qu'elle n'était même pas sûre de pouvoir divulguer les informations qu'on allait lui donner.

Enfin, elle pu s'élancer à la recherche du directeur et de l'enseignante. Et dire que pour une fois la journée avait bien débuté !

—•—

Fred soupira de soulagement encore une fois puis avala encore un peu de viande qu'il fit passer avec une rassade de bière-au-beurre. Son père était faible, oui, mais hors de danger. Il était en vie. Toute la pression qui l'accablait depuis qu'ils étaient arrivés quartier général commençait enfin à le quitter. Dire que la nuit d'avant il était avec Hermione...

- Vous croyez que Percy est au courant ? demanda Ginny d'un ton maussade.

- Parce que tu crois que ce rat viendrait voir Papa ?! s'exclama Ron, dont la simple mention de son frère avait rendu furibond.

- Je crois que Maman lui a envoyé un hibou ce matin, en même temps qu'à Charlie, mais Ron a raison. Il ne viendra pas. A vrai dire je ne suis même pas sûr qu'il se soit donné la peine de lire la lettre de maman..., expliqua son double avec une pointe d'amertume, ce qu'il pouvait comprendre, lui aussi avait retrouvé toute la tension du matin en entendant le nom de son frère.

- Dans tous les cas, vous pouvez compter sur moi pour être sûr qu'il n'approchera pas Papa alors qu'il est dans cet état ! ajouta-t-il à son tour.

- Et tu auras toute mon aide pour cela ! lui jura Ron dont la mine renfrognée brillait soudain de détermination.

Fred le jaugea quelques secondes. Oui, il le ferait, il le savait. Mais il était temps de ramener un peu de gaieté dans la sinistre cuisine où ils se trouvaient avec Harry. Il tourna les yeux vers George et celui-ci inclina la tête en avant. Sans un mot, ils s'étaient compris. Parfait.

- Tu sais, Ronnie, que cela me va droit au coeur, commença-t-il en captant le regard de son cadet tandis que George qui était à coté de lui, s'appliquait à vider le contenu de son assiette. Mais tu te doute qu'avec un boulet de frère comme Percy à gérer, je n'ai pas très envie que tu te mettes à cracher des limaces partout... A moins que tu ne puisses les vomir sur lui, dans ce cas tu serais parfaitement utiles, claironna-t-il mimant une grande réflexion. Et puis remarque, tu seras dans le bon endroit pour...

- Ma baguette était cassée ! explosa le plus jeune des frères pour se défendre.

Furieux, il fusilla son frère du regard tout en plongeant avec énervement sa fourchette dans son assiette...vide. Le tintement du métal sur la céramique lui fit grincer des dents et c'est encore plus furieux qu'il se tourna vers George après avoir constaté l'absence de nourriture, les yeux réduits à deux fentes bleues pendant que son frère s'empiffrait avec un sourire malicieux.

- George ! s'insurgea-t-il.

- Ron ! imita-t-il à la perfection sous les éclats de rire des autres membres de la fratrie.

Les deux frères se disputèrent alors l'assiette du cadet ne faisant que rire Ginny de plus belle et Fred en fut heureux. Seul Harry resta morose alors qu'une vague de vie chaleureuse enveloppa de nouveau le Square Grimmaurd.

- Immondes bâtards ! Vous souillez le sol de cette maison, sangs impurs !

Les rires cessèrent nettement et même Ron laissa retomber sa main sous l'effet de la surprise. Fred, lui, sentit une fois de plus tous ses muscles se tendre. Sa mère était avec Sirius à l'étage pour "discuter"—autant dire qu'ils préparaient la prochaine réunion de l'ordre—, les autres étaient ici et n'importe quel autre membre qui passait régulièrement au quartier général n'aurait eu la saugrenu de réveiller le portrait de Walburga Black, à part Tonks peut être.

- Oh ! Mais vas-tu te taire, vieille chouette ! vociféra une voix féminine depuis le long corridor que Fred crut entendre lancer un sortilège de mutisme au tableau, mettant finalement fin aux exclamations outrées de l'ancienne maîtresse de maison.

Quelques secondes plus tard, le rouquin sentit son coeur se tordre à la vision de Hermione, les joues rosies par le froid et les cheveux maculés de flocons de neige, déboulant dans la cuisine en trainant une valise chargée.

- Hermione ! s'exclamèrent en choeur Harry, Ron et Ginny, cette dernière allant même jusqu'à se jeter dans ses bras.

- Dumbledore et McGonagall m'ont tout expliqué ! dit-elle en passant une main réconfortante dans le dos de la rousse. Comment va-t-il ? osa-t-elle demander du bout des lèvres.

- Hors de danger ! répondit Molly en débarquant à son tour dans la pièce, suivie de Sirius.

Hermione quitta immédiatement les bras de Ginny pour aller étreindre la mère de famille.

- J'étais morte d'inquiétude ! souffla-t-elle. Et vous Molly, comment vous sentez-vous ? Il faut absolument vous reposer !

- Ne t'en fais pas, ma chérie. Tout va bien, nous retournons le voir tout à l'heure, la rassura-t-elle, le visage encore marqué par les heures sombres qu'elle venait de traverser.

Fred ne l'avait pas quitté des yeux, et en l'observant ainsi, aussi attentionnée envers sa mère, comme si c'était la sienne, il ne sentit monter en lui qu'une vague d'amour sincère. Il aimait ce cliché, ce portrait de ces deux femmes qu'il aimait par dessus tout, ensemble et soudées. Il réalisa alors qu'il n'avait jamais songé à quel point il était important pour lui que Hermione apprécie sa famille, et autant. Pendant ce temps, laissant Molly aux bras de sa fille, Hermione se dirigea vers Harry, une ombre soucieuse sur le visage.

- Comment vas-tu, Harry ? demanda-t-elle en guettant attentivement les réactions de son visage.

Le garçon à la cicatrice se rembrunit, restant silencieux, ses deux prunelles vertes fixées sur le mur droit devant lui. Hermione tourna la tête vers Ron, un brin désespérée et inquiète, il vint tout de suite la rejoindre auprès du brun.

- Hey, mon vieux, on s'inquiète pour toi...

- Pourquoi ? cingla-t-il brutalement, la voix vibrante d'une colère que trop contenue. Vous avez peur que je vous attaque dans votre sommeil vous aussi ?!

- Tu sais très bien que ce n'est pas ce que l'on pense, se défendit Ron, blessé.

Fred avait conscience qu'il n'avait pas à assister à cette conversation, pas plus que les autres personnes qui se trouvaient dans la cuisine. Ca ne le regardait pas mais pourtant, il se sentait incapable de détourner les yeux et de partir, les autres non plus. Ils voulaient tous comprendre maintenant et seuls les mots de Harry pourraient leur expliquer.

- Ne racontes pas de bêtises, lui dit la brune avec patience. Comme je te l'ai dit, Dumbledore m'a tout expliqué et ce n'était pas toi mais...

- Mais une vision de Lord Voldemort, oui je sais ! la coupa-t-il avec dureté. Mais vous ne comprenez pas ! J'étais le serpent ! Ce...c'était moi ! J'étais là ! J'ai tout vu ! s'écria-t-il.

- On le sait Harry, fit calmement Ron. Je le répète, on s'inquiète juste pour toi, mon vieux...

- Oui, et bien moi aussi je m'inquiète pour moi, lâcha-t-il en se levant pour quitter la pièce.

Sa sortie se fit en silence et laissa tous le monde hébété jusqu'à ce que George réagisse, les sortant tous d'une sorte de léthargie. Sirius et Mrs. Weasley chassèrent alors les jeunes de la cuisine, Remus, Tonks et Maugrey devant arriver rapidement. Une fois dans le couloir, Ginny et Ron décidèrent de retourner voir Harry, ou du moins vérifier que tout allait bien. George hésita un moment dans l'escalier, partagé entre l'idée de retourner dormir et travailler ou bien d'espionner la réunion. Il allait consulter son frère quand celui-ci lui fit signe qu'il souhaitait rester un peu avec la brune et il monta.

Bientôt, Fred se retrouva seul avec Hermione, il s'apprêtait à lancer une plaisanterie, comme à son habitude mais en tournant la tête vers la sorcière, il ne lu pas la moindre trace de joie dans son regard.

- J'ai à te parler.

Le ton était sec et froid, la voix tranchante. Il lui emboita le pas vers le salon en fronçant les sourcils et à peine la porte fut-elle fermée que la brune pivota vers lui, des éclairs dans les yeux.

- Par Merlin, Fred ! Comment as-tu pu me laisser là-bas toute seule ?! commença-t-elle à le sermonner. Je me suis réveillée seule et il n'y avait plus personne. Pas de Ron, pas de Harry, ni de George ou de Ginny. Pas de toi ! Et personne pour me dire ou vous trouver ! fit-elle en frappant d'un petit coup hargneux son poing contre le torse du garçon. As-tu la moindre idée de l'inquiétude que j'ai ressentit ! Avec la guerre qui se prépare ! Je vais voir le directeur et qu'est-ce que j'apprends ? Que l'homme qui m'a recueilli est gravement blessé et que vous êtes tous partis à son chevet ! explosa-t-elle laissant monter une légère culpabilité dans le coeur du rouquin. Mais enfin Fred, il ne t'ait pas venu à l'idée, une seconde, de m'envoyez un hibou ?! Ou de laisser un mot ?! Ou mieux encore, me réveiller car moi aussi je pouvais être inquiète ?!

Elle s'arrêta pour reprendre son souffle, les joues toujours rouges, mais de colère. Aïe. Maintenant il se sentait coupable. Oui, il n'avait clairement pas assuré mais il fallait qu'elle comprenne.

- Hermione, essaya-t-il de commencer, profitant de son silence.

Mais c'est à peine si la jeune fille l'avait entendu, déjà repartie dans ses vociférations.

- Non ! Ca ne t'a même pas effleuré l'esprit ! cracha-t-elle. Tu...

- Hermione ! la coupa-t-il en haussant la voix pour capter son attention. Ecoutes moi s'il te plait ! Je ne pouvais pas savoir ce qu'il se passait, expliqua-t-il d'un ton plus calme maintenant que la jeune fille l'écoutait en réprimant son énervement. Quand le professeur est venu nous chercher, j'ai préféré te laisser car il n'était pas encore question de partir. Pour une fois tu semblait si bien, et détendue !

- Mais pourquoi..., commença-t-elle à s'énerver de nouveau.

- Parce que tu es épuisée, Hermione ! claqua-t-il sans douceur. C'est à peine si tu tiens debout ! Evidemment qu'à la minute où on est arrivé ici j'ai regretté de ne pas t'avoir prévenue mais je me suis dit que finalement ce n'était pas si mal que tu sois rester à Poudlard, loin de ça !

Elle recula, soudainement déboussolée face aux paroles du garçon.

- Quoi ? Mais ça n'a aucun sens ! s'exclama-t-elle maintenant calmée. J'aurais pu vous aider ici et...

- Réfléchis, la coupa-t-il encore mais plus doucement cette fois. Tu penses vraiment que venir ici et attendre sans savoir était une bonne idée ? Tu ne crois pas que ça aurait été trop dur pour toi après ce qu'il t'ait arrivé ? expliqua-t-il.

Cette fois, Hermione resta muette, assimilant peu à peu les paroles du rouquin. Elle leva finalement vers lui des yeux embués de larmes.

- Tu... pensais que ce serait trop dur pour moi ?

Il hocha la tête.

- Mais tu aurais dû écrire au moins ! protesta-t-elle encore, incertaine, se trouvant incapable de réagir.

- Est-ce que tu m'en a seulement laissé le temps ? demanda-t-il avec un petit sourire.

Elle secoua négativement la tête, réalisant alors ce que le garçon avait fait. Elle fixa les yeux du jeune homme et s'approcha de lui pour le serrer dans ses bras, mesurant son geste et...ce que cela signifiait pour elle.

- J'étais morte de peur, confia-t-elle. Ne recommences jamais !

A ces mots, elle se posa sur la pointe de ses pieds et leva la tête sans prendre le temps de réfléchir aux conséquences de son geste. Elle planta un baisé sur les lèvres chaudes et douces de Fred.

L'instant d'après, elle avait déjà quitté la pièce.