Chers lecteurs,

Fic terminée, 11 chapitres. Donc vous aurez bien la fin bientôt.
Merci pour vos retours, as always, et vos poursuites, as usual.
Portez-vous bien, attention à vos doigts quand vous maniez un couteau de cuisine, à dimanche,

Al

PS : réponses aux anonymes (que je connais, aka Nictocris) et aux je n'accepte pas les mps (que je me réjouis de lire, aka Katymyny) :

Katymyny : don't worry i saw your commentaire. et le but c'est de vous perdre (niark niark). merci pour ta review ! et bonne lecture.

Nictocris : je suis d'accord avec toi. c'est toujours la même chose : rien ne vaut l'original, les copies ne sont jamais à sa hauteur. bises virtuelles le plus loin possible (une planète c'est honnête ?)


« Déclinez vos nom, prénom, maison, âge.

- Alastor, voyons…

- Non, ça, c'est mon prénom, pas le vôtre. Répondez aux questions que je vous pose, s'il vous plaît.

- Très bien. McGonagall, Minerva, directrice de Gryffondor. Quant à mon âge, vous savez très bien qu'on ne pose pas ce genre de questions à une lady. »

Elle lui tendit une boîte de biscuits secs au gingembre.

« Vous affectionnez toujours ces gâteaux secs qui arrachent le palais, nota Maugrey.

- Que voulez-vous, chacun sa faiblesse… Rogue, c'est les bonbons au citron, vous la goyave, moi le gingembre. »

Maugrey fronça les sourcils :

« Je croyais que c'était Albus qui en raffolait et en mangeait tous les matins. »

Les informations de Lovegood étaient-elles erronées ?

« Albus est diabétique, expliqua McGonagall. Il doit prendre régulièrement des doses de sucre. Il déteste ça : il en fait même une fixette dans ses mots de passe pour se venger. Résultat, il prend des bonbons au citron pour faire passer le goût. Ça le change des dragées de Bertie Crochue, qui ne sont pas sucrées à chaque fois, d'ailleurs. »

Maugrey avala une gorgée de thé. Si les biscuits le rebutaient quelque peu, le thé était délicieux.

« En tant que directrice adjointe, vous avez quelques privilèges, non ? Comme connaître les mots de passe de tous les portraits, même ceux des professeurs ? »

Minerva coinça ses deux mains croisées sous son menton :

« Vous devez comprendre que, pour des raisons de sécurité, et non pas d'intimité, il est de mon devoir d'avoir accès à toutes les salles du château. Me soupçonneriez-vous d'avoir tué Severus ?

- Plusieurs indices convergent vers vous. Primo, commença Maugrey, vous êtes une des rares à pouvoir entrer chez lui. Deuzio, vous avez un excellent mobile : vous le détestez depuis belle lurette. Tertio, je vous ai vue vous promener avec l'épée de Gryffondor, qui est potentiellement une des armes qui a tué Rogue.

- Une ?, tiqua Minerva.

- Une. »

Elle soupira :

« Ma culpabilité semble malheureusement avérée.

- Justement, c'est ça qui me dérange. Primo, je vous connais, vous êtes trop frontale, ce n'est pas votre genre d'attaquer par derrière. Deuzio, c'est trop évident : vous vous promenez avec l'arme du crime si elle est bien l'arme du crime. C'est comme si ça devait vous accuser. Ça me semble trop simple. Tertio, pourquoi l'avoir tué maintenant ? Ça fait au moins seize ans que Rogue enseigne ici, pourquoi l'avoir tué maintenant ? »

Elle eut un petit rire de gorge, qu'il ne lui avait pas entendu depuis l'ancienne époque où Kevin O'Catarina lui faisait du charme.

« Je suppose que vous n'avez pas d'alibi ?

- Vous supposez bien. La parole des tableaux ne vaut rien légalement, et mon fauteuil n'est pas encore doué de parole. »

Évidemment. Minerva McGonagall avait toujours été très solitaire.

« Vous attendez de moi que je me défende ?

- Je ne sais pas. Je vous avoue, Minerva, que je suis un peu perdu. »

Elle lui reversa complaisamment une tasse de thé.

« Qui d'autre, à part vous, connaît le mot de passe de Rogue ? »

Elle réfléchit un instant.

« Severus était très secret. Albus et moi connaissions son mot de passe. Je suppose que, parmi ses élèves, il avait donné son mot de passe uniquement à Drago Malefoy, pour calmer ses craintes nocturnes durant sa première année. Malefoy a bien des défauts, mais il n'aurait jamais donné le mot de passe à ses camarades. »

Maugrey bouillonnait intérieurement. Il sentait que d'autres choses lui échappaient. Toutes les notions de sécurité de Poudlard, par exemple. Qui avait pu entrer chez Rogue, et par quel biais ?

« Dites m'en plus sur la sécurité à Poudlard. »

Minerva se resservit une tasse de thé et se lança dans des explications compliquées. Au bout de trois quarts d'heure, Maugrey appréhendait un peu mieux le problème.

« En gros, seule la cheminée du bureau du directeur est reliée à toutes les cheminées pour des raisons de sécurité.

- Exactement.

- Et qui connaît le mot de passe d'Albus ?

- Les professeurs des différentes matières, Rufus Scrimgeour, probablement quelques élèves.

- Comme Potter ? »

Maugrey avait entendu parler de ces cours particuliers que Dumbledore donnait à Potter, apparemment pour le former à vaincre Lord Voldemort.

« Possible. Et donc par extension Miss Granger et Mr Weasley. »

Il était aussi possible de sortir tous les noms de friandises connues en attendant de trouver le bon. Mais la gargouille refuserait, n'est-ce pas, de laisser le passage à un individu qui aurait tenté six ou sept mots de passe différents ?

« Potter a toujours sa carte qui indique les déplacements des gens dans Poudlard ?

- La Carte du Maraudeur ? Je crois, oui. Et dire qu'il croit que personne n'est au courant… »

Elle ricana. Elle connaissait tous les petits secrets des élèves de sa maison. Elle avait couvert le trafic et les expérimentations des jumeaux Weasley pendant des années – Maugrey supposait qu'elle était aussi un des premiers investisseurs de leur entreprise de farces et attrapes.

« Minerva, ce thé fut un véritable délice.

- Alastor, la flatterie vous mènera loin. »

Maugrey quitta le bureau de Minerva McGonagall. Il décida de passer prendre une friandise aux cuisines : il avait besoin de sucre. Il se souvenait que les cuisines se trouvaient tout en bas : il emprunta donc tout escalier descendant – c'est-à-dire dans le sens de la descente, puisque c'est bien connu qu'on peut descendre et monter un escalier, sauf celui qui menait à la salle d'astronomie, qu'on n'empruntait qu'en montée. Pour redescendre, Maugrey s'en souvenait parfaitement, il fallait se laisser tomber dans le vide. Affreux.

C'était bizarre de traverser des couloirs déserts. D'habitude, il y avait toujours des élèves surexcités qui se promenaient entre les différentes salles pour leurs différents cours. Et là…

Quand il se retrouva devant la coupe de fruits qui ouvrait la porte des cuisines, l'émotion le saisit à la gorge. Il caressa la poire et la porte s'ouvrit.

Même dans les cuisines, l'effervescence habituelle avait laissé place à une langueur reposante.

« Bonjour, maître, l'interpella un vieil elfe rabougri. Que voulez-vous ?

- J'ai un petit coup de mou. Vous auriez une friandise à me donner ?

- Bien entendu, maître. »

Il claqua des doigts et une assiette couverte de loukoums apparut dans ses mains. Maugrey en saisit un et le fit glisser dans sa bouche.

Un régal…

Dumbledore ne savait pas ce qu'il ratait.

D'ailleurs :

« Vous avez des bonbons au citron ?

- Non, Maître. Le maître Severus Rogue a tout pris.

- Dumbledore n'en a pas mis de côté ?

- Si, Maître. Mais le maître Severus Rogue a tout pris. »

Maugrey demanda quelques précisions : non, les stocks de bonbons au citron n'avaient pas pu être refaits pour cause de délai de livraison ; oui, les deux plus grands consommateurs étaient Albus Dumbledore et Severus Rogue ; oui, le stock de loukoums était toujours conséquent.

« L'elfe libre Dobby apprécie beaucoup Harry Potter. Harry Potter est un ami des elfes. Et l'ami d'Harry Potter, Ronald Weasley, aime beaucoup les loukoums. Pour faire plaisir à Harry Potter, Dobby a toujours un gros stock de loukoums. »

Cette mention à Harry Potter fit réagir Maugrey :

« Puis-je voir vos couteaux ?

- Nos couteaux ?

- Vos couteaux. De cuisine, à poisson, à salade, à viande, à tarte, à huître. Vos couteaux. »

L'elfe lui apporta tous les couteaux qu'il avait à sa disposition. Maugrey emprunta un pot à couverts et les entassa à l'intérieur. Puis il prit une poignée de loukoums et quitta les cuisines après avoir grandement remercié les elfes.

OoO

« Oh, Alachtor, ches loukoums chont ekchellents ! Ch'est gentil d'avoir penché à moi ! Merchi ! »

Maugrey sourit : Pomfresh se décidait enfin à l'appeler par son prénom.

« Avez-vous ce que je vous ai demandé ?

- Oui, répondit-elle en déglutissant promptement. J'ai posé les affaires de Rogue ici et les potentielles armes du crime juste à côté. »

Maugrey retourna le bac à couverts sur le lit et les étudia longuement. Puis il saisit un couteau à viande à manche court :

« Pouvez-vous me montrer l'arme plantée dans le bide de Rogue ? »

Pomfresh lui tendit l'arme. Maugrey posa le couteau qu'il avait pris dans les cuisines et celui du cadavre.

« Ce sont les mêmes.

- Alastor, vous m'impressionnez. Pourquoi rougissez-vous ?

- Je n'ai plus l'habitude d'impressionner les filles. »

Pomfresh ricana en effet d'un rire de damoiselle. Elle repartit au fond de l'infirmerie et revint avec un mannequin qui supportait la cape noire, la robe noire, les chaussettes noires, les chaussures noires et – Maugrey maudit son œil magique qui voyait tout, car il se serait passé de cette information – le maillot de corps noir et le slip noir orné de petits poussins que Severus Rogue portait à sa mort.

Il lui fallait utiliser uniquement son œil magique, songea-t-il. Il ferma son œil valide et se força à tout observer, comme il faut.

De la poussière sur les manches, au niveau des poignets. Des éraflures crayeuses sur les chaussures parfaitement cirées. Une tache verte sur le torse. Un accroc au niveau du col.

« Il a posé les mains sur une surface poussiéreuse, sûrement le manteau de la cheminée, lista Maugrey en désignant ce qu'il avait découvert. Il a dû trébucher dans les escaliers ou heurter un mur ou des marches, d'où les éraflures sur des chaussures dont il prenait apparemment grand soin. La tache verte, facile, la potion. L'accroc au niveau du col, ça pourrait être son agresseur qui le saisit au cou pour le plonger dans un chaudron plein de philtre d'euphorie. Il n'y a pas de déchirure dans le vêtement de Rogue au niveau du ventre : le coup de couteau a été donné alors qu'il était torse nu. En revanche, il y a une déchirure qui traverse le vêtement de deux côtés, sûrement due au coup d'épée. Et… »

Un bout de tissu noir qui avait failli échapper à son inspection. Un bout de tissu noir, mais d'une autre étoffe que celle de la robe. Un bout de tissu minuscule, presque rien, trois ou quatre fils, accrochés à un bouton de robe.

Maugrey savait d'où venait la pièce.

De la robe de Drago Malefoy.

« Malefoy m'a menti.

- Ce ne serait pas la première fois, répliqua Pomfresh qui avait tout écouté attentivement.

- Il a vu Rogue juste avant qu'il meure, s'excita Maugrey. Il a vu quelque chose qu'il n'était pas censé voir, c'est pour ça qu'il crevait de trouille ! »

Maugrey était super content : une énigme de résolue, même si cela compliquait vachement l'histoire dans son ensemble.

« Et à qui Malefoy voulait faire porter le chapeau ? Qui aurait, selon lui, volé le jumeau du couteau qu'on a retrouvé dans le corps de Rogue ?

- Laissez-moi deviner, fit mine de réfléchir Pomfresh, Harry Potter ?

- C'est donc si évident ? » rugit Maugrey en se tournant vers elle.

L'infirmière le regarda avec de grands yeux :

« Vous ne les connaissez pas depuis qu'ils sont mômes. Mr Potter et Mr Malefoy se détestent cordialement.

- Au point de le faire suspecter à sa place ?

- Pourriez-vous ouvrir les deux yeux ? C'est déjà pas si facile de vous regarder avec un œil magique qui se promène, alors avec uniquement celui-ci… »

Maugrey rouvrit son œil valide qu'il avait gardé fermé.

« Pomfresh, j'ai une dissension à éclaircir. »