Chapitre 11 - Riddikulus
Harry et Hermione avaient chacun reçu, peu après leur acceptation du défi, une grande enveloppe crème estampillée du blason de Poudlard : à l'intérieur, les conditions de leur prise de poste et les horaires des cours à dispenser, suivies d'une convocation pour une pré-rentrée fixée une semaine avant celle des élèves. Il était convenu que, pour l'occasion, ils transplaneraient directement à Pré-au-Lard, évitant ainsi d'avoir à relier la cheminée directoriale à celle du Terrier et, par la même occasion, la paperasse nécessaire à l'obtention des autorisations du Département des Transports Magiques.
Tous deux retrouvèrent avec bonheur la salle commune des Gryffondors et leurs dortoirs respectifs et, à la grande joie d'Hermione, se virent attribué un bureau commun, situé au cinquième étage, tout près de la statue de Grégory le Hautain et du marécage des frères Weasley, que Fred semblait avoir élu comme son quartier général. Après une nuit à Poudlard, ils s'y réunirent pour préparer leurs premières interventions.
- Mes petits lionceaux préférés ! hurla une voix, proche de l'hystérie, quand ils parvinrent sur le palier du cinquième étage.
- Tu es là, Fred, soupira Hermione.
- Et je vois ce ça ne te plaît pas.
- On a besoin d'être tranquilles, appuya Harry.
- Oh, moi aussi. N'oublie pas, Hermy, que tu me dois un service.
Hermione prit une teinte pivoine.
- De quoi est-ce qu'il parle ?
- De rien, un truc que je lui avais demandé à l'infirmerie...
- Un jour, j'aurai besoin d'un nègre, Hermione, et comme Ron a refusé la proposition alléchante que je lui faisais en préférant celle de mon fieffé frère jumeau, j'en viendrai à toi ! Ne m'oublie pas, Hermy !
Et il s'enfonça dans le sol, mimant une noyade.
- Il est fou, conclut Harry.
- Il... Il est Fred. Repellum spectrum, lança-t-elle vers la porte, une fois qu'ils eurent pénétré dans la salle.
Harry s'effondra sur une chaise recouverte de cuir ridé.
- Je n'arrive tellement pas à organiser mes idées ! se plaignit-il, d'entrée de jeu.
- Bon, ça me paraît assez simple. Il faut un peu de théorie en première année, quand même, mais pas trop, pour ne pas les ennuyer. Parler de choses captivantes sans pour autant les faire fantasmer, peut-être même leur raconter ton histoire et évoquer des choses que nous avons rencontrées.
Harry soupira. Dehors, l'air était limpide et de grands oiseaux se laissaient porter par le vent, juste sous leur fenêtre. Le lac étincelait et projetait sur les murs intérieurs des éclairs de lumière ondulants et éblouissants.
- Il faut aussi faire une liste de sorts, ajouta Hermione, griffonnant sur son parchemin, tentant de l'extraire de ce qu'elle identifiait comme une très grosse envie de voler sur un balai. Soudain, une grande ombre se dessina au mur.
- Qu'est-ce que c'est que cet oiseau ? s'exclama Harry, s'avançant pour ouvrir le châssis.
Hermione l'aurait reconnu entre mille : milan royal. Harry décrocha le pli noué à sa patte et le libéra. Elle déroula alors le parchemin devant eux, il était destiné à : Miss Hermione Granger, Mr Potter, Ecole de Sorcellerie de Poudlard, cinquième étage, salle n°23. Une note tomba sur la table.
Miss Granger, Mr Potter,
Veuillez trouver ci-joint les plans de cours de Défense Contre les Forces du Mal établis sur plusieurs années et tenant compte de l'évolution des tendances en matière de Magie Noire.
Encouragements,
SRP
Harry reconnut immédiatement l'écriture de Rogue, ce qui était plus difficile pour Hermione, qui ne s'était jamais résolue à lire le manuel de préparation de potions du Prince de Sang-Mêlé.
- Mais pourquoi est-ce qu'il ferait ça pour nous ? s'étonna-t-il, soupçonneux.
Mais Hermione s'était déjà plongée dans la dissertation de Rogue. En plus de lister les sujets à aborder avec chaque promotion, le plan de cours communiqué tenait une liste de sortilèges classés d'après leur homologation, précisant même quelques incantations inventées par les Mangemorts desquelles se prémunir et joignant des extraits de Sorts et enchantements anciens et oubliés.
Rogue ne préconisait aucun sortilège en première année si ce n'est le contrôle de la charge défensive, son cours était d'ailleurs passablement ennuyeux, mais les élèves se devaient ensuite de maîtriser les sorts suivants :
- secondes années : sortilèges du Bouclier (Protego), Désarmement (Expelliarmus), de Répulsion (Lashlabask) et d'Immobilisation (Immobulus) ;
- troisième année, sortilèges de Confusion (Confundo), de Ligotage (Incarcerem), de Stupéfixion (Stupéfix) et de Revigorage (Enervatum) et révision de sorts de deuxième année ;
- quatrième année : sortilèges d'Entrave (Impedimenta), d'Oblitération (Oblitero), du Patronus (Spero Patronum), du Saucisson - ridicule... - (Petrificus Totalus) et révision de sorts de deuxième et troisième années ;
Pour les élèves doués, s'ajoutaient la remontée des Sortilèges (Priori incantatum) et les sortilèges de protection (Salveo maleficia, Repello moldum, Protego totalum, Fidelitas, Assurdiato et Impassibilitas), en plus de la maîtrise totale et nécessaire des sorts appris les trois années précédentes.
Chaque année étudiait en sus une créature humanoïde dangereuse (Vampire, Loup-Garou, Maledictus, Détraqueur) et la quatrième année commençait à aborder les sortilèges impardonnables. S'en suivait une bibliographie colossale que Hermione lut avec délectation pour y découvrir des manuels dont elle n'avait même jamais supposé l'existence.
- Ok, Harry, ponctua Hermione, sonnée. Je pense que nous avons assez d'éléments.
- Ah oui, tu penses ça ? Dis, tu as toujours ton retourneur de temps ? questionna-t-il, riant jaune.
- Non, mais j'ai une bien meilleure idée. Je fais la théorie, tu fais la pratique, on alterne d'une semaine sur l'autre, qu'est-ce que tu en penses ?
Harry sembla hésiter un instant, sûrement par principe, plus conclut, l'air enjoué :
- Ok, ça me paraît bien.
ᚖ
Il était étonnant et très inhabituel de voir Poudlard sans élève. Pour Harry, cela ressemblait assez aux vacances de Noël, mais Hermione, elle, n'avais jamais vécu un parc si vide et un château si désert. Le temps était encore assez clément pour passer de longues après-midi près du lac. Alors que Harry s'était résolu à surtout ne pas commencer à travailler avant la date officielle de rentrée des élèves, Hermione se penchait déjà sur une traduction sérieuse des Contes de Beedle le Barde.
- Tu as repensé à ce que nous a dit Lovegood ? demanda Harry, l'un de ces jours où il était étendu dans les hautes herbes, presque invisible, alors qu'Hermione lisait pour la cinquième fois d'affilée le Sorcier au Cœur Velu, griffonnant des notes sur un petit carnet à la couverture de cuir.
- Oui.
Le crissement de sa plume rivalisait avec le chuintement du vent dans les aiguilles lâches des mélèzes.
- Et alors, qu'est-ce que tu en dis ?
- Rien de plus.
Une pomme de pin tomba à terre dans un bruit mat.
- Tu sais, je pense qu'il faudrait que j'aille chez mes parents. En fait, je me dis de plus en plus qu'il faut habiter cette maison.
Hermione écoutait attentivement Harry, laissant tout de même l'impression qu'elle accordait plus d'importance à sa recherche, comme toujours.
- Je crois que je pourrai trouver là-bas des pistes sur les Peverell. Imagine, si Ignotus avait laissé, en plus de la Cape, des instructions et des informations sur les Reliques ? Il n'y avait rien qui y ressemblait dans mon coffre à Gringotts, mais Sirius m'avait assuré que tout était resté en place dans la maison de mes parents et, comme elle est soumise au Fidelitas, j'imagine qu'il n'y a aucune raison qu'elle ait été pillée par des... fans ou des admirateurs sordides.
Hermione leva les yeux de son parchemin. Au loin, un très grand oiseau prenait son envol depuis une anfractuosité de la falaise qui portait une partie du château et plongeait à pic vers le lac. Il était immense et sombre, "un pygargue à queue blanche", aurait-elle répondu à son père, s'il lui avait demandé de quel rapace il s'agissait. En fait, elle n'en connaissait pas d'autre. Pas d'autre si grand, tout du moins.
- Tu penses que Ginny voudrait vivre avec moi ? demanda soudain Harry.
- Alors ça, ça n'est pas à moi qu'il faut le demander, pouffa Hermione, hochant la tête. Vivre avec toi, c'est une chose, vivre avec toi dans la maison où tes parents ont été assassinés par Tu-Sais-Qui, c'en est une autre.
- Ouais, tu as raison.
L'aigle vit tournoyer au-dessus d'eux, et même Harry le remarqua et le suivit du doigt.
- Tu sais, moi aussi je me demande bien pourquoi Rogue veut nous aider, concéda Hermione. En fait, je me dis qu'il y a peut-être un tout petit peu de reconnaissance par rapport au fait que je lui aie évité d'y passer...
- Il pourrait ! s'étouffa Harry.
- Juste avant que tu entres dans son bureau, la fois où il nous a convoqués, il me parlait d'ectoplasme. Je me demande s'il n'y a pas eu une... Une sorte d'hallucination où il aurait vu ta mère, au moment où il a été sur le point de mourir. Du coup, il n'est pas du tout disposé à entendre que j'aie pu le sauver tout à fait rationnellement. Tu te souviens, il a insisté pour que tu le regardes. Et tout le monde sait que tu as les mêmes yeux que Lily...
Harry resta interdit un moment.
- C'est un peu dégoûtant d'être instrumentalisé comme ça.
- Je ne t'ai pas dit...
Dans la forêt interdite, un Augurey fit retentir son cri d'outre-tombes, annonçant la pluie. Alors qu'Hermione rangeait ses livres avec empressement, Harry secoua ses cheveux pour en faire tomber les graminées qui s'y étaient agrippées et l'aida à rassembler ses notes. Ils se levèrent et se pressèrent vers la grande porte de chêne du château. Passant devant la cabane encore vide de Hagrid, l'averse s'abattit sur eux et ils durent courir jusqu'à l'entrée.
- Bienvenue à Poudlard, lança Harry à Hermione qui le rejoignait dans le hall. Qu'est-ce que tu me disais, avant qu'on prenne cette douche ?
"Je ne t'ai pas dit... j'ai récupéré dans le bureau de Mrs Pomfresh tous les souvenirs de Rogue..."
- Euh... Je ne sais plus. Ah ! Oui ! Je te n'ai pas dit : j'ai réussi à dénicher à la bibliothèque une série de livres qui pourraient t'aider à commencer ton Mémoire Magique !
ᚖ
La cérémonie de rentrée fut une liesse sans précédent. L'école avait pansé ses plaies, les parois éventrées avaient été soigneusement renforcées, une herbe molle et verte, brûlée par l'été, avait recouvert le sol du parc, les murailles se dressaient à nouveau fièrement, solides, ancrées, pour ses élèves : Poudlard était redevenu le refuge imprenable de la jeunesse sorcière britannique.
L'absence de Rogue à la table des professeurs s'était faite remarquer : le monde sorcier ne cessait de murmurer sa supposée fidélité à la Magie Noire. Ni Poudlard, ni le Ministère, ni même Harry n'avait tenté de dissiper le flou qui persistait autour de sa disparition. L'annonce des cours de Défense Contre les Forces du Mal tenus par Harry et Hermione fut accueillie avec fougue et enthousiasme à la table des Gryffondor et parut un peu plus difficile à accepter du côté Serpentard : certains y applaudirent mollement, la plupart, pas du tout.
Malgré le retour réconfortant de Ginny, les conversations légères menées avec un Neville rassurant, les encouragements de Harry, Hermione était tout bonnement terrorisée à l'idée d'être confrontée à une salle entière d'adolescents prépubères et un peu trop sûrs d'eux. Le hasard avait voulu que les mystères de l'enseignement lui soient dévoilés par un groupe mixte de Gryffondors et Serpentards de deuxième année, et que son associé ne soit pas disponible pour assurer l'introduction à ses côtés : les réunions concernant l'équipe de Quidditch avaient repris.
Quand elle avança dans l'allée centrale, entre les tables griffonnées, s'efforçant de rester la plus droite possible, sans être rigide, la plus souriante, sans être niaise, la plus ferme, sans être autoritaire, elle songea soudain à Rogue. Pour lui, la pédagogie devait être relativement aisée : on se contentait de museler le premier qui mouftait, on régnait à la peur et à l'ironie. C'était-là une probable bonne parade. Un avion enchanté passa sous son nez, qui explosa contre le tableau pour le recouvrir d'une improbable nappe verticale d'un liquide gluant.
- Pas mal, Collins. Vous avez le choix entre l'éponge ou l'incantation de nettoyage. Cela vous fera une petite remise à niveau.
Contre toute attente, l'auteur de ce sort pour le moins imaginatif était un Gryffondor.
- Vous savez, je connais très bien les frères Weasley. Il en faut un peu plus pour m'impressionner, ajouta-t-elle.
Le brouhaha cessa à peine quand Hermione lâcha sur le bureau les quatre volumes qu'elle avait transporté sous son bras depuis le rez-de-chaussée.
- Vous n'allez tout de même pas me forcer à utiliser un sortilège de Langue de Plomb dès le premier jour ? s'exclama-t-elle, d'une voix qu'elle ne se connaissait pas, mais qui lui plaisait assez.
Un calme relatif s'installa et elle put embrayer sur une présentation de l'organisation des cours. On parla Protego, Expelliarmus, Lashlabask et Immobulus.
- Rangez vos baguettes.
Elle se souvint de son dépit le jour où Ombrage, avec sa face de crapaud souriant, leur avait intimé de sortir leurs livres et de museler leurs baguettes alors que la deuxième guerre des sorciers se soulevait.
- Ouvrez vos manuels, page trois.
Le tumulte reprit, ornementé par les cliquetis des fermetures éclair des sacs, les chaises qui traînaient, grinçaient, les voix qui appelaient, hélaient, riaient. Franchement, étaient-ils les mêmes, cinq ans auparavant ? Ledit Collins avait choisi un Recurvite qu'il avait maladroitement exécuté et l'ardoise du tableau en était à présent ouverte en deux.
- Reparo, tergeo, lança Hermione. Collins, à votre place, dix points de mois pour Gryffondor et une première règle : choisir une méthode que l'on maîtrise plutôt qu'une que l'on convoite. Méfiez-vous de votre égo, il vous jouera des tours. J'aimerais le silence, à présent !
Son ton s'était rapproché de la voix de Minerva McGonagall sans pour autant en égaler l'autorité naturelle. Il lui fallait une solution.
- N'oubliez pas que le professeur Rogue peut revenir à tout moment pour assurer ces cours, nous ne sommes à cette place qu'à titre de remplaçants, je n'aimerais pas que vous preniez de mauvaises habitudes qui le forceraient à user avec vous d'une discipline plus... stricte.
Une chape de plomb tomba sur la salle de classe. Les regards effrayés fusèrent. Elle avait sous-estimé l'effet qu'aurait la simple évocation de Rogue auprès de ceux qui avaient vécu leur première année à Poudlard sous son directorat, assisté d'Amycus et Alecto Carrow. Elle fut soudain presque prise de remords, puis les ravala, jouissant du silence qui s'était à présent solidement établi dans la classe. Le cours avança, presque serein, mais un peu ennuyeux. Plus personne n'osait protester.
- Maintenant que nous avons introduit le sortilège de protection, je vous invite à lire les exemples des formes qu'il peut prendre, page cinq.
Même les mouches qui volaient semblaient battre des ailes plus lentement qu'à leur habitude. Hermione s'approcha de la fenêtre qui donnait sur le parc. C'était une belle journée pour un premier cours qui ne se passait pas si mal. S'asseyant derrière le bureau, elle observa la salle, et se la remémora meublée par de multiples Lockhart, puis habitée des créatures étranges de Lupin. Au fond, il y avait toujours cette armoire mitée de laquelle était sorti l'épouvantard qui avait terrifié le début de leur troisième année scolaire. Sur elle s'appuyait une haute bibliothèque dévorée par les vers, garnie de livres si insipides qu'ils ne pouvaient qu'être ceux d'Ombrage. Il y eut soudain une explosion, côté Serpentard. L'une des élèves dont elle n'avait pas encore retenu le nom tenait dans sa main un immense asticot qui gigotait en tous sens et semblait collé à ses doigts. Son air, à la frontière entre la tétanie et la répugnance, faisait beaucoup rire son camarade de table.
- Finite ! Merryl !
Le dénommé Merryl, ravalant son dernier beuglement, se raidit.
- Dix points de moins pour Serpentard. Parfait, vous êtes à égalité. Les objets provenant du magasin de Farces pour Sorciers Facétieux sont interdits dans l'école, ce n'est pas nouveau, vous m'en verrez forcée d'en référer à Mr Rusard. Posez-donc cette baguette farceuse dans l'armoire et fermez bien. Et vous...
- Rosier.
- Rosier ? s'étonna Hermione.
Peut-être était-elle une parente d'Evan Rosier, tué par Maugrey, et qui lui avait volé son œil ? Après tout, on ne pouvait pas empêcher les Mangemorts de se reproduire.
- Eh bien Miss Rosier, deuxième règle : ne jamais utiliser un objet magique dont on ignore la provenance. Vous n'avez pas connu le cas de Katie Bell, mais je peux vous assurer qu'être envoûtée n'est pas forcément une sensation des plus agréables.
Il y eut soudain un cri alarmé, suivi d'un silence. Merryl venait d'ouvrir la porte du grand meuble et, par Merlin, voilà qu'en sortait Severus Rogue, drapé dans sa cape, affichant un regard si sombre qu'il aurait pu pétrifier sur place la moitié de la salle, tel Méduse à la couronne de serpents.
- Ah, bonjour, professeur, ironisa Hermione, un sourire en coin. Je vous remercie d'avoir répondu à mon appel, sincèrement, ceux-là sont vraiment, vraiment difficiles, vous ne serez pas de trop pour m'aider à les maîtriser.
Ce qui s'avérait être le vieil épouvantard se tourna vers elle.
- Granger, grogna-t-il, d'une voix assez fidèle à celle de l'ancien directeur tant redouté.
Tous retenaient leur respiration. Les regards étaient hagards, les phalanges serrées sur les assises des chaises de bois, les yeux écarquillés, les bouches closes, les narines palpitantes. Dans son mouvement vers Hermione, Rogue perdit sa cape, sa poitrine se couvrit d'une auréole vermillon, sa gorge fit apparaître deux énormes gouffres et il s'écroula à ses pieds dans une marre de sang, serrant son mollet de ses mains glacées. Elle fut tentée par un haut le cœur, mais se maîtrisa bien mieux que Molly Weasley face aux cadavres de ses enfants.
- Pas mal, n'est-ce pas ? lança-t-elle à l'assemblée, la voix légèrement tremblante.
Manifestement, aucun des élèves ne trouvait la scène "pas mal" et, dans leurs yeux, se lisait un mélange d'admiration et de terreur, qui frôlait tout de même l'incompréhension totale. Elle s'efforçait de ne pas prêter attention à l'odeur du sang qui faisait remonter à sa mémoire les détails de la scène de la Cabane Hurlante. Elle était consciente de la nécessité de s'affirmer dans ses capacités à gérer ses émotions : contrôler la terreur occasionnée par l'apparition fortuite de l'épouvantard constituait une excellente opportunité pour acquérir la crédibilité nécessaire à la sérénité de ses futurs cours.
- Riddikulus, martelela-t-elle soudain, un peu trop fort.
