Bonjour à tous,
C'est toujours Nictocris, le temps est tellement ralenti que les choses changent peu : Al est toujours en vacances zyzolées (merci Katymyny pour ce joli néologisme).
Aujourd'hui, résolution de cet embrouillamini qui a fait couler tant d'encre et de larmes (de rire). Je ne divulgâcherai rien, je vous laisse découvrir.
Lisez, mangez, dormez et surtout faites une bonne sieste après tout ça.
Bonne lecture
Nictocris
Réponse à la review :
Katymyny : Al est en forme (de quoi je me le demande parfois, mais tout va bien). Je te laisse apprécier Chang dans toute sa splendeur dans ce chapitre (elle est particulièrement niaise). Nous nous relisons donc plus vite que prévu. Claquemure-toi confortablement pour profiter pleinement de nos délires et surtout, comme dirait la grande philosophe Céline (Dion), ne change pas. Merci pour ta loooongue review !
« Si je vous ai tous réunis ici, c'est que j'ai enfin résolu mon enquête. »
Maugrey observa son assemblée.
Drago Malefoy, nonchalamment avachi sur un pouf vert et argent, regardait d'un air dédaigneux et aristocratique – seul un Malefoy était capable de combiner les deux – les gens qui peuplaient la pièce.
Minerva McGonagall, dans un coin, bougonnait : elle avait dû signer huit attestations pour la peine et vérifier que l'espace compris entre chaque suspect était d'au moins un mètre.
Bien entendu, Albus Dumbledore n'avait pas levé la baguette pour l'aider : il suçotait un sucre d'orge, le regard légèrement lointain, assis dans un fauteuil rembourré qu'il avait fait apparaître.
Cho Chang et Cedric Diggory n'étaient séparés que de quatre-vingt dix centimètres, mais une certaine tension transparaissait entre eux.
Quant à Harry Potter, il était, comme d'habitude, encadré de deux acolytes qui étaient cette fois différents des habituels : Luna Lovegood se tressait les cheveux en regardant les mouches voler à sa droite, et Neville Londubat fixait Maugrey d'un œil chaleureux. Le fait que Maugrey venait de lui passer trois gallions pour une réserve de saule blanc devait aider à attirer sa sympathie.
« Je vous accuse tous de tentative d'assassinat contre la personne de Severus Rogue. »
Personne ne s'offusqua. Malefoy eut même une petite moue :
« Et vous appelez ça résoudre une enquête ?
- Toi, le futur tatoué, je t'ai pas causé !, claqua Maugrey. Je vais vous expliquer ce qui s'est passé. Par le menu. Parce qu'il s'en est passé des choses, pour Severus Rogue, cette nuit. »
Tous se suspendirent métaphoriquement à ses lèvres :
« Tout a commencé chez Londubat, parrain de la drogue local, il y a trois jours. »
Tous se tournèrent vers Londubat qui fit mine de prendre un air surpris.
« Londubat a étendu son marché sur une bonne partie de l'Écosse, si on considère qu'à Pré-au-Lard on se fournit chez lui. Diggory lui achète, comme tous les dix jours, de l'herba Racouda pour régler ses problèmes d'incontinence.
- Eurk, réagit Malefoy. Et dire que j'ai fantasmé sur toi… »
Diggory rougit. Maugrey se demanda si c'était à cause de sa propre indiscrétion ou du compliment déguisé du Serpentard.
« En même temps, Minerva lui achète de l'ivraie pour ses Gryffondor qui ont été coincés dans son bureau par Severus Rogue pendant cinq heures consécutives. Il faut bien calmer ces pauvres enfants.
- Et aérer la pièce, ajouta Minerva.
- Et Cho Chang achète du folium folii avec l'intention d'empoisonner son professeur de potions qui a dû s'attirer ses foudres en refusant ses avances. »
Cette fois, personne ne moufta. Ils se tournèrent vers Chang pour guetter sa réaction.
Elle dormait.
De son côté, Diggory semblait déçu, mais pas surpris.
Maugrey continua.
« Chang suit Rogue depuis un bon bout de temps car il ressemble à Alan Nickfam, ou un truc du genre, un acteur moldu qu'elle affectionne particulièrement. Il y a donc trois jours, Rogue quitte précipitamment son bureau pour régler un début de zizanie dans la salle commune de Serpentard, sûrement due à l'incroyable et nouvelle union maudite de Drago Malefoy. »
Cette fois, tous se tournèrent vers Malefoy qui eut le bon goût d'assumer :
« Je vous demande ce que font vos mères ?
- Malefoy, cinq points en moins pour Serpentard, s'exclama Minerva.
- La mienne est morte, puisque tu le demandes si gentiment, répondit Potter.
- La mienne aussi !, s'exclama Lovegood. Ça nous fait encore un point commun.
- Épargne-nous les autres, grinça Malefoy.
- Et, reprit Maugrey pour reprendre le contrôle de la situation, dans la précipitation, Rogue oublie de fermer la porte. Chang en profite : elle entre et se planque dans l'armoire du salon. Elle s'endort, fatiguée par ces événements. »
Il ménagea une pause.
« Première étape : introduire Chang dans le placard de Severus Rogue. Check. »
Londubat tiqua :
« Et elle est restée trois jours sans bouger ? À mâcher en douce son folium folii pour avoir quelque chose dans l'estomac ?
- Tout à fait. Elle sortait du placard quand Rogue quittait ses appartements, puisque c'était le seul professeur de Poudlard à continuer à assurer ses cours durant cette période. Elle lui mangeait son fromage et ses petits biscuits.
- Donc le professeur Rogue n'était pas fou. Ses réserves disparaissaient bien. »
Malefoy semblait vachement rassuré.
Maugrey reprit :
« Rogue va voir Pomfresh hier, en fin d'après-midi, persuadé que ses absences sont dues à un manque de calcium ou à un sort mal géré. Quand il ressort, il est invité à prendre une tisane chez Albus Dumbledore. »
Tout le monde se tourna vers Albus Dumbledore qui en était à la moitié de son sucre d'orge.
« Quoi ? J'adore être accompagné quand je bois ma tisane.
- Rogue pourrait trouver ça bizarre, le directeur paraissait distant, ces derniers temps. Peut-être que c'est pour enterrer la baguette de guerre. Il s'y rend. Il s'assied dans le canapé en face du bureau. Et là… »
Théâtral, Maugrey pointa le doigt vers Dumbledore :
« Là, Rogue se blesse ! À l'aisselle, parce qu'il s'est assis sur un coussin dans lequel est caché un crochet de Fred !
- Weasley ?, demanda Potter.
- J'aurais dû me douter que Fred Weasley avait perdu une dent, nota rêveusement Lovegood.
- Frederick le basilic !
- J'ai toujours aimé les noms en…
- On sait ! »
Silence dans la pièce.
« Vous avez tenté de tuer Severus Rogue en l'empoisonnant par venin de basilic. Le niez-vous ?
- Non, j'avoue !, s'exclama Dumbledore, soudain hors de lui. Il m'avait volé tous les bonbons au citron, le saligaud ! Je n'avais plus de sucreries non sucrées à me mettre sous la dent !
- Albus, vous n'avez pas osé ?
- Les garde-manger des elfes étaient vides ! Rogue avait tout pris ! Et dire que c'est moi qui l'ai engagé comme professeur… Ma bonté me perdra… »
Tout le monde paraissait surpris. Dans l'œil de Potter brillait une lueur d'admiration.
« La blessure sous le bras par crochet de basilic, check. Mais ce n'est pas fini. »
Tous se tournèrent de nouveau vers Maugrey, l'oreille avide. Ils allaient finir par attraper un torticolis, nota Maugrey. Et il n'avait aucune envie d'avoir cette bande d'incapables débarquer dans le domaine de Pomfresh !
« Quand Rogue sort de chez Dumbledore, il ne se sent pas bien, ce qu'on peut comprendre, et tombe dans les bras de Londubat qui l'attendait dans le couloir. Qui tient un chaudron rempli de philtre d'euphorie et est assez énervé parce que d'une, il veut se venger de l'humiliation que Rogue lui a fait subir le jour même en cours de potions, et de deux, il vient de se disputer bruyamment avec son amoureux, j'ai nommé Drago Malefoy. »
Cette fois, seul Diggory réagit, preuve que Radio-Potins-Poudlard était toujours fonctionnelle.
« Quoi, Londubat ? Tu sors avec Malefoy ? »
Les ondes de la RPP ne dépassaient jamais l'enceinte de l'école.
« Que veux-tu, j'ai toujours apprécié les grands blonds avec des chaussures noires bien cirées, ricana Londubat.
- Et je peux pas résister à ma dose quotidienne, surtout quand elle aussi bien pourvue. » ajouta une voix traînante et égrillarde.
Malefoy s'attira un regard circonspect de Potter, et Londubat rougit violemment.
« Bref, reprit Maugrey, Londubat profite de la faiblesse de son professeur et lui plonge la tête dans le chaudron débordant de potion.
- Neville, t'as fait ça ?, s'exclama Lovegood.
- J'ai toujours su que t'avais des couilles, nota Potter.
- Oh, oui, ça je vous le certifie, répliqua Malefoy.
- Albus, combien de points devons-nous retirer pour cette agression envers un professeur ?, demanda Minerva.
- N'amenez pas l'attention sur vous, Minnie, je vous garde pour la fin, répliqua Maugrey. Comme Londubat est grand et baraqué, et que Rogue est fatigué, l'élève n'a aucun mal à surpasser le maître. Quand Londubat pense que Rogue est mort, il cache le chaudron derrière une statue, prend le corps de Rogue et le pousse dans l'escalier. Asphyxie par le philtre d'euphorie, check. »
Le silence fut troublé par Chang qui émergeait.
« J'ai raté quelque chose ?
- Non, vous êtes toujours dans le placard pour le moment. Continuons. En bas de l'escalier se trouve un redoutable croche-patteurs, celui que vous connaissez tous : Drago Malefoy. »
Tous tournèrent la tête vers Malefoy, sauf Chang qui s'était rendormie puisqu'elle avait dû prendre pour assentiment la remarque selon laquelle elle n'était pas encore concernée.
« Malefoy l'a mauvaise : il s'est disputé avec Londubat quelques minutes auparavant en faisant sa ronde de préfet. Il veut attirer à tout prix Londubat dans le dortoir serpentard pour cette nuit : il ne veut pas dormir seul, mais Londubat lui en veut, ça va être compliqué de le faire changer d'avis. Solution trouvée : ne pas le faire changer d'avis, mais lui tendre un traquenard. Une fois assommé, Londubat n'émettra aucune objection à aller dans son lit. Parce que, rappelons-le, Malefoy a peur de l'orage. En première année, il gérait ses terreurs nocturnes en allant chez Rogue. Bref. Il entend quelqu'un descendre, croit que c'est Londubat, tend la jambe. Le piège est prêt à se déclencher. »
Tous retenaient leur respiration, alors que l'issue de cette intrigue était tout de même assez évidente :
« Ce n'est pas Londubat qui descend, mais le corps de Rogue qui glisse dans les escaliers, se prend la jambe tendue de Malefoy et termine sa course par terre et se brise la nuque. »
Malefoy se leva soudain et cria, presque désespéré :
« C'était un accident ! Vous aviez raison, je visais Londubat. Désolé, Neville ! T'avais promis de dormir avec moi, tu pouvais pas changer tes plans au dernier moment !
- Je te pardonne, mais j'aurais préféré qu'on s'engueule pas comme on l'a fait devant le bureau du directeur. J'aime pas me disputer avec toi… »
Les deux se rapprochèrent, sûrement pour s'étreindre ou se rouler un patin, mais Minerva siffla, au grand bonheur de Maugrey :
« Un mètre de distance, jeunes gens ! Un mètre ! »
Maugrey nota le regard énamouré que les tourtereaux s'échangeaient et reprit son récit.
« Malefoy prend peur. Il croit avoir tué Rogue en lui faisant un croche-patte mortel. Au lieu d'aller chercher les autorités compétentes, il suit l'exemple de ses parents et se débarrasse du corps encombrant comme un grand. Il le porte jusqu'aux appartements de Rogue, ouvre la porte car il connaît le mot de passe, rappelez-vous, terreurs nocturnes de première année, le couche dans son lit et sort. Je suppose qu'il se réconcilie avec Londubat et que ces deux-là ont passé une très bonne nuit. Mais après tout, je m'en fous. Nuque brisée, check. Et Rogue est maintenant dans son lit. »
Maugrey avala une lampée de goyave et de prune dirigeable : parler autant lui donnait soif !
Non. Il avait soif tout le temps. Mais bon, autant avoir une bonne excuse…
« Passons à Miss Lovegood.
- J'ignorais que Malefoy était si romantique, nota rêveusement la jeune sorcière.
- Persuadée que Rogue est possédé, elle décide d'aller pratiquer un exorcisme corsé à minuit tapantes. Elle convainc Boniface Bonvivant de la laisser entrer. La seule énigme que je n'ai pas résolue, c'est si Boniface en avait ras le chaudron d'être au service de Rogue, ou si les explications alambiquées de Lovegood ont eu raison de sa patience. En tout cas, elle entre, trouve Rogue dans son lit et pratique son exorcisme. C'est d'ailleurs grâce à votre épilation parfaite du mollet droit de Severus Rogue que trois affaires non-classées des Aurors ont pu être résolues rapidement.
- C'est un plaisir de faire avancer la cause des chercheurs d'or, répliqua Lovegood.
- Un plaisir que Severus Rogue ne partageait pas. Miss Lovegood est d'ailleurs la seule à avoir été honnête avec moi. Je lui en sais gré. »
Les autres parurent penauds, sauf Dumbledore, qui avait l'œil qui frisait, et Chang, qui dormait toujours.
« Exorcisme, check. Rogue dans son lit, Lovegood quitte la place. Et c'est à Mr Potter d'entrer en scène. »
Maugrey sut avant qu'ils le fassent que tous allaient tourner leur regard vers Potter. Et cela ne rata pas. Le match de Quidditch continuait…
« Merlin ! Qu'est-ce qui m'a trahi ?
- Bizarrement, je n'ai aucune preuve, juste des suppositions, mais vous venez de vous trahir. Vous êtes un des rares à pouvoir passer par la cheminée d'Albus Dumbledore pour arriver dans le salon de Rogue, vous avez un mobile : Rogue a interdit le Quidditch, et chacun sait que c'est l'unique moyen pour vous d'échapper à votre fan-club.
- J'avais besoin de prendre l'air, répliqua amèrement Potter.
- Vous êtes passé dans la chambre, avez planté un couteau dans le ventre de Rogue, refermé sa robe pour cacher l'arme, et fait ce qui a compromis grandement ma compréhension de l'enquête. »
L'attention de toute l'assemblée était de nouveau portée à son comble. Avec raison, pour une fois.
« Connaissant vos lectures assidues de romans policiers moldus, vous avez voulu éloigner les soupçons et faire planer un doute sur l'heure du décès de Severus Rogue. Vous avez déplacé le corps de Severus Rogue devant la cheminée : la chaleur du feu allait empêcher le refroidissement trop rapide du cadavre. Vous l'avez placé de sorte qu'il ne tombe pas : les deux mains sur le manteau, les pieds bien plantés dans le sol. Puis vous êtes reparti comme vous êtes arrivé. Par la cheminée. Couteau, check ! Et Rogue est maintenant devant la cheminée.
- Passer par la cheminée, je n'y aurais jamais pensé !
- C'est bien la preuve que vous n'avez pas l'esprit tordu nécessaire à tout Gryffondor et que vous étiez parfaitement à votre place chez les blaireaux, Diggory. Passons d'ailleurs à votre cas. Venir à balai était plutôt intelligent, si ce n'est que vous vous êtes pris une drache sur le paletot. En vol stationnaire à la fenêtre, sûrement ouverte un peu avant par votre fiancée qui voulait respirer un peu, vous voyez Rogue debout, devant la cheminée, en train de contempler le feu. Ensuite, rien de plus facile : vous lâchez un cognard dans le salon de Rogue et le renvoyez deux trois fois avec votre batte de rechange. Les livres tombent par terre, Rogue tombe dans le fauteuil, vous faites un trou dans le mur. Puis vous récupérez le cognard et rentrez à Pré-au-lard, sans vous douter que vous avez nui au sommeil de votre dulcinée. Et que vous avez déclenché la deuxième offensive de Miss Chang. »
Diggory réveilla Chang en la secouant :
« Diggory ! Pas de contact !
- Minerva, nous n'en sommes plus à ça, remarqua Albus, prenant la défense d'un de ses élèves préférés – Maugrey l'avait toujours soupçonné d'avoir truqué la Coupe de feu pour que cet abruti de Poufsouffle sorte champion.
- Assommeur mystère, check. Passons à l'empoisonneuse. »
Chang émergea :
« C'est à moi ?
- Tout à fait, Miss, répliqua Maugrey. Vous aviez déjà fait boire du folium à Rogue en douce. Il vous fallait dorénavant lui faire boire de l'herba pour que votre empoisonnement à double détente fonctionne. Vous avez préparé un thé que vous avez posé à côté de lui, sur la petite table en bois près de l'accoudoir. Rogue semblait dormir dans le jour naissant, vous avez décidé de le laisser avoir le plaisir de trouver sa théière prête à côté de lui au réveil. Et vous êtes retournée vous faire une petite sieste dans votre placard. »
Elle cligna des yeux, encore tout endormie :
« Merlin, vous savez tout. »
Et elle se rendormit aussi sec.
« Tout cela est bien gentil, Alastor, mais je ne vois toujours pas pourquoi vous m'avez demandé de venir, coupa Minerva McGonagall.
- Parce que vous êtes la plus finaude, Minerva. Vous saviez que, si on dépêchait quelqu'un pour démêler cette affaire, ce serait moi. Vous vouliez vous venger de l'affront que Rogue vous avait fait : votre bureau n'avait toujours pas retrouvé son état original depuis l'invasion gryffondorienne. Donc vous avez agi exactement à l'opposé de ce que je connais de vous. Vous êtes entrée dans le salon de Severus Rogue, l'épée de Gryffondor à la main, vous avez vu sa tête dépasser du fauteuil et avez donc planté l'arme dans le dossier, transperçant ainsi le dossier rembourré et l'abdomen de votre ennemi de toujours. Épée dans le dos, check. »
McGonagall redressa fièrement la tête sous les regards ahuris de l'assemblée.
« Vous, une Gryffondor, attaquer par derrière ? C'est impossible !, s'exclama Albus.
- C'était pour éloigner les soupçons, s'excusa Minerva. Apparemment, je suis la seule à avoir pensé à ce point à mon meurtre.
- Votre tentative de meurtre, corrigea Maugrey.
- J'ignorais que Rogue était déjà mort. Ma vengeance perd de sa saveur…
- Attaquer frontalement par derrière, vous promener avec l'épée de Godric Gryffondor dans les couloirs, me donner les informations sur les mots de passe, ne pas chercher à vous disculper, rien ne collait ! Tout vous pointait du doigt, et je ne pouvais pas vous inculper : c'était trop évident pour être vrai, et vous le savez, que je ne me fie jamais aux évidences ! Je vous connais depuis tellement longtemps, ça ne pouvait pas être vous ! Et puis vous vous êtes trahie.
- Comment ça ?
- Vous n'avez défendu aucun élève. »
Elle pinça les lèvres alors que tout le monde s'exclamait :
« Quoi ? Vous nous avez accusés ?
- C'est justement là que le bât blesse. Vous n'avez pas éloigné les soupçons que je portais sur vous, mais vous m'avez gentiment mené sur la piste d'un innocent, enfin, pas vraiment, disons-le franchement : Potter.
- Moi ? »
Le ricanement de Malefoy ne passa pas inaperçu dans le silence ambiant créé par l'exclamation outrée de Potter.
« Merlin. J'y étais presque, souffla McGonagall.
- Tout à fait. Vous y étiez presque. Vous auriez pu ne jamais être soupçonnée. »
Maugrey avait passé tout le monde. Tous se tournèrent encore une fois vers lui, dans l'attente de ce que l'ex Auror allait révéler.
« Six tentatives de meurtre, un exorcisme et un accident, ça fait beaucoup pour un seul cadavre, nota Malefoy. Vous croyez que ça se défend devant le Magenmagot, votre histoire ?
- Je ne compte pas en parler au Magenmagot, répliqua Maugrey, pour la simple et bonne raison que personne parmi vous n'a tué Rogue. Je vous accuse bien de tentative d'assassinat. »
Les regards se firent étonnés.
« Rogue se mourait du virus, lâcha enfin Maugrey. Il n'avait aucune chance. Pomfresh venait de le lui annoncer avant qu'il vienne vous voir, Albus. »
Le seul à paraître soulagé par cette annonce était Malefoy : ainsi, il n'avait tué personne. Il allait pouvoir continuer à mener sa terreur de serial croche-patteur sans victime sur la conscience – si tant est qu'il ait une conscience !
« Dommage. J'étais pourtant fier de moi, nota Londubat.
- En tout cas, moi ça m'a bien défoulé, ajouta Potter. Je suis un peu déçu de ne pas avoir été la cause de sa mort, mais bon.
- L'exorcisme a donc marché, nota Lovegood. Dorénavant, le ronflak est libre. Le virus se répandra encore plus.
- En tout cas, virus ou pas, je n'ai toujours pas de bonbon au citron, râla Dumbledore.
- Tu me promets de ne pas tomber amoureuse d'un autre acteur moldu ?, demanda Diggory à Chang.
- Tu ne tueras plus personne, Cedric, j'ai compris avec cette histoire que je t'aimais d'un amour pur et sincère, répliqua Chang.
- Un mètre !, s'exclama Minerva.
- T'inquiète, Londubat, on trouvera d'autres sujets de disputes que Rogue pour pimenter notre relation, remarqua Malefoy en lançant un clin d'œil à Londubat.
- Je ne veux rien savoir, dit Potter dans un sursaut.
- Allez-vous raconter vos élucubrations à la presse ? » demanda Diggory.
Tous se tournèrent une dernière fois vers Maugrey.
« Non. Des histoires comme ça, personne n'y croirait. C'est digne d'un roman d'Agatha Christie, ça ne ressemble pas assez à la réalité. »
Ils poussèrent tous un soupir soulagé.
« Je donnerai uniquement la conclusion de l'enquête : Rogue est mort à cause du virus. Le dossier est clos. Et je passerai sous silence votre manque de morale. »
Il avait hâte de quitter cette école de fous. À croire que le confinement n'avait pas tant forcé que ça la nature perverse des habitants de Poudlard.
« Je repasse à l'infirmerie et je vais directement au ministère. J'espère bien ne plus jamais remettre les pieds à Poudlard. »
Finalement, chasser du Mangemort était plus reposant que résoudre ces histoires de fous.
