Chapitre 13 - Endoloris

Hermione retrouva la Salle sur Demande encore sous le choc, mais décidée à poursuivre avant d'être tentée de réfléchir. Il restait deux fioles dans la caisse. Elle récolta les deux premiers souvenirs pour les replacer dans leurs tubes et versa les deux derniers dans la Pensine avant d'y replonger, déterminée, forçant le vide dans ses pensées.

La pièce était la même que celle dans laquelle s'était déroulé le second souvenir. Les volets étaient clos, l'ambiance humide et surchauffée. Rogue était là, assis sur un tabouret de bois vieilli, épongeant son front pour éviter de suer dans le chaudron plein d'une potion indigo qu'il surmontait. Près de sa botte noire, Hermione remarqua deux flacons : l'un rempli d'un liquide visqueux, argenté, semblable au mercure. Il était libellé à la main : "licorne, sang" ; l'autre était bien plus sombre, couleur lie de vin : "maledictus, venin". Rogue semblait dans un état de concentration extrême. Ses gestes étaient d'une précision admirable. Les manches roulées jusque par-dessus ses coudes, il tournait la potion dans un sens, puis dans l'autre, accumulant les quarts et huitièmes de tours, les décomptant mentalement. Les yeux d'Hermione se posèrent sur la Marque des Ténèbres : elle était bien plus estompée que dans le premier souvenir, mais plus vive que dans le second. Les yeux de Rogue se posèrent sur la pendule et il jeta un regard vers la porte ouverte qui donnait sur une petite pièce faiblement éclairée. Ce devait être la cuisine, supposa Hermione. Il y avait quelqu'un, là-bas, on toussotait, on trépignait, on grattait.

- Retourne dire au Seigneur des Ténèbres que sa potion sera prête dans deux heures, Queudver, lança-t-il.

Ledit Queudver apparut dans l'embrasure de la porte.

- Hors de question que je revienne à lui sans la potion, Severus. Et puis, c'est toi qu'il veut voir, aujourd'hui, il m'a demandé de te ramener, couina-t-il.

- Alors, sors ou monte à l'étage, je n'arrive pas à me concentrer.

Étonnamment, Queudver obéit. C'était dans ses habitudes, songea Hermione en se remémorant toutes les fois où elle l'avait croisé. Sous le Saule Cogneur, suppliant, ou chez les Malefoy, aplati devant Voldemort. D'un coup de baguette, Rogue mit fin au feu qui ronronnait sous le chaudron et se saisit des deux fioles. Il posa le sang de licorne sur le linteau de la cheminée et ouvrit le flacon qui contenait le venin de Maledictus pour le placer à côté du premier. Il en fit alors tomber, dans une bouteille pleine d'un liquide transparent, un nombre de gouttes qui semblait précis et qu'il compta une à une, avant de répéter l'opération avec la première fiole. Les fluides se mêlèrent dans une volute rosée. Jetant un regard méfiant vers les escaliers où avait disparu Queudver, il murmura :

- Retentio.

Une bandelette de cuir s'enserra autour de son biceps gauche. Un lumos minima informulé fit légèrement scintiller l'extrémité de sa baguette qu'il coinça sous son bras droit. Sans quitter les marches des yeux, il sortit de la poche de sa robe une seringue moldue et l'assembla, avant de l'emplir du mélange réalisé quelques secondes plus tôt. D'un geste habitué, il faufila l'aiguille dans la plus grosse des veines du creux de son coude et pressa lentement le piston, crispant les paupières.

Les images tourbillonnèrent et Hermione se retrouva dans une pièce humide et sombre, aux odeurs de moisi et de salpêtres mêlés, teintées de celle d'un feu ronflant.

- Viens près de la cheminée, Severus.

Hermione ne voyait pas celui - ou ce - qui se trouvait dans le grand fauteuil qui faisait face à la cheminée et elle ne souhaita pas s'approcher pour en distinguer davantage. Rogue passa devant elle, si proche qu'elle eut à nouveau peur qu'il la touchât.

- Maître, salua Rogue en se postant près du siège.

- Ssseverus... grinça une voix inhumaine et méconnaissable. Je suis ravi de ta venue...

Hermione se sentit soudain comme glacée.

- Votre potion est prête.

Il tendit à Queudver le flacon vert bouteille. Ce dernier en versa une lampée dans une cuillère à soupe qu'il approcha du fauteuil. Les bruissements de déglutition qui s'échappèrent de la créature donnèrent la nausée à Hermione et elle eut un mouvement de recul, jusqu'à toucher une paroi sale et grasse de suie.

- Nous en aurons pour trois jours au moins, Maître, couina Queudver.

- Laisse-nous, lança Voldemort.

- Mais, Maître...

Nagini, qu'Hermione venait de remarquer tapie dans le coin opposé de la pièce, contre les pierres chaudes de la cheminée, remua à peine : assez pour terrifier Queudver.

- Bien, Maître...

Il quitta la pièce.

- Severusss... je te remercie pour cet excellent repas. Maintenant... J'aimerais que tu me fasses un rapport exhaustif de tes lacunes.

Rogue était tout comme lors de la première entrevue à laquelle Hermione avait assistée : imperturbable et fermé.

- Je vous demande pardon, Maître ?

- Il y a treize ans... J'ai été réduit à l'état dans lequel je suis aujourd'hui... Par un... rejeton... A peine né... Que j'aurais dû pouvoir éliminer sans même prononcer un sortilège, ou même... en lui tranchant la gorge de l'ongle... Et ce... Sous la protection et la bénédiction de... Ton Felix Felicis. Pourquoi cela n'a-t-il pas fonctionné ? Voudrais-tu... voudrais-tu m'avouer ta trahison, Severusss ?...

Un râle expirant ponctua la déclaration.

- Maître... je n'ai pas d'explication. Cette Felix Felicis était parfaite.

Rogue ne cilla pas. Hermione, elle, savait bien que la potion de Rogue avait été volontairement sabotée. Voldemort ne réagit pas.

- Albus Dumbledore pense...

- Albusss Dubledore pense ? ironisa-t-il.

- Il pense qu'en se sacrifiant pour son fils, Lily Potter lui a offert une protection qui dépasse tous les sortilèges et toutes les potions possibles, y compris les plus puissantes, et face aux sorciers les plus expérimentés. Il pense à une ramification de la... Magie de l'Amour.

Un rire, un rire poussif, forcé, aigu et nasillard, s'échappa du cœur des coussins.

- Ce bon vieux Dumbledore... Regarde-moi, Severus.

Quand Rogue tourna la tête, Hermione remarqua que, depuis le début de leur conversation, il n'avait pas observé une seule fois Voldemort en face.

- Ai-je donc l'air si pitoyable que tu n'oses même plus poser les yeux sur moi ? Ta potion aurait dû permettre d'éviter ça, cracha-t-il.

- Mais, Maître...

- Suffit, siffla-t-il. Je n'ai pas... envie de t'entendre dire que ce n'est pas de ta faute... Ne t'abaisse... ne t'abaisse pas à ça, Severus.

Il y eut un long silence ponctué par les craquements du feu et les inspirations peinées de Voldemort.

- Endoloris !

Rogue se tordit de douleur avant de s'écrouler sur le plancher poussiéreux, pris de spasmes incontrôlables. Hermione porta la main à sa bouche, toute aux souvenirs des sensations du sortilège Doloris. Cette douleur, comparable à de multiples aiguilles enfoncées une à une dans des blessures béantes, associée à la contraction simultanée de tous les muscles du corps, même les plus insoupçonnés, elle la connaissait bien : elle l'avait expérimentée sous la baguette de Bellatrix Lestrange. Soudain, les mouvements cessèrent.

- Je pensais que tu me supplierais... Endoloris !

Rogue n'émettait toujours aucun son. La seconde salve du sortilège impardonnable n'apparut pourtant pas moins cruelle que la première. Son corps se déformait inexorablement. La vision était si pénible qu'Hermione se résigna à détourner les yeux.

- Tu es trop fier, Severus. Trop fier. Endo...

Mais la respiration de Voldemort s'était faite de plus en plus laborieuse. Une toux ridicule, sèche, s'éleva. Alors, Rogue se remit à genoux, puis parvint à se redresser. Traînant une chaise près du grand fauteuil, il fit tourner le bouchon de la fiole de potion et en versa, à son tour, dans la grande cuillère abandonnée par Queudver. Le bruit de succion qui suivit confirma à Hermione que Rogue avait sauvé Voldemort. Cette idée la révulsa.

- Pour savoir... Maître... Pour en être sûrs... Il nous faut connaître la totalité de la prophétie.

Le lendemain soir, quand les plats habituels, aussi appétissants que savoureux par avance, étaient apparus devant elle, Hermione avait pâli et porté la main à sa bouche. Ginny, assise près d'elle, l'avait immédiatement remarqué.

- Je ne me sens pas très bien, avoua-t-elle. Je crois... Je vais aller faire un tour dans le parc.

Une fois la porte de chêne passée, l'air humide et frais vint soulager sa nausée. Depuis la veille, depuis qu'elle avait assisté aux souvenirs de Rogue, les hauts le cœur ne l'avaient pas quittée. L'avoir vu dans de telles positions de vulnérabilité l'avaient projetée dans un état d'incertitude et de malaise incontrôlable : il était si facile de le considérer comme une sorte de Coeur Velu insensible, qu'accéder à cette facette de sa personnalité faisait vaciller toute la représentation qu'elle s'était faite de lui. Elle le revoyait, pèle-mêle, piquer dans ses veines le venin de Nagini, hurler de désespoir, épargner Voldemort qui venait de le soumettre à la torture... A présent, il était aisé de comprendre par quel miracle Rogue avait survécu à la morsure du Maledictus : depuis des années, il s'était créé une sorte d'immunité. Cela n'avait sans doute pas été sans effet indésirable et il était probable que son apparence récemment rajeunie soit à relier à son sevrage. Ou peut-être était-ce dû à l'abandon des souvenirs insoutenables qu'il avait laissés aller ? Sans compter que ceux qu'elle avait vus ne devaient pas être les seuls qu'il ait perdus.

Hermione s'assit près du lac noir, incapable de pleurer, incapable même de vomir, ce qui ne l'aurait, de toutes façons, soulagée que pour un temps. Un crissement de plumes lui parvint. Le grand pygargue noir faisait passer sa tête effilée sous les plumes de ses ailes, dans une niche de la falaise, à quelques pieds.

- Ca va, Hermione ?

Ginny avait surgi à côté d'elle. Hermione constata avec soulagement qu'Harry n'était pas là : elle aurait été incapable de lui cacher ce qu'elle avait vu dans la Pensine de la Salle sur Demande et il lui paraissait par ailleurs tout aussi inconcevable qu'inutile de le mettre au courant.

- A vrai dire, ça pourrait aller mieux.

Elle tourna son visage vers elle.

- Tu sais, à l'infirmerie, Rogue a perdu une quantité affolante de souvenirs. Mrs Pomfresh n'a pas su l'expliquer. Bête et curieuse comme je le suis, j'ai tout récupéré avec un gemino. Dans la Salle sur Demande, j'ai pu assister à ces mémoires-là... Je ne sais pas si j'aurais dû, en fait.

Et elle lui rapporta absolument tout ce à quoi elle avait assisté la veille. Au milieu de son récit, l'aigle avait poussé un cri semblable à un rugissement aigu, puis s'était éloigné, disparaissant peu à peu sur l'horizon, en quête probable de son repas. Quand elle eut terminé de narrer les moindres détails de la dernière vision, Ginny y apporta un ponctuation finale par une grimace de dégoût.

- Sauver Voldemort, mais quelle idée. Parfois, je me dis que Harry n'a pas complètement tort sur toute la ligne à son sujet, pesta-t-elle.

- Je crois que ce n'est pas la peine de lui raconter ce que je viens de te dire, prévint Hermione.

- Je suis d'accord avec toi.

Hermione était incapable de dire si l'agacement de Ginny venait de la réaction de Rogue, ou du fait qu'elle-même ne savait plus très bien si elle devait le haïr ou s'apitoyer sur son sort lamentable. Une brise se levait et pliait les joncs en de longues virgules vertes, tout autour du lac. Des rires éclatèrent sur les marches du château : elles n'étaient pas les seules à avoir eu l'idée d'une balade au crépuscule.

- Attends, je vais te faire voir quelque chose, lança Hermione, soudain enjouée.

Progressant le long de la falaise sur une bande de sable à peine assez large pour y passer de face, elle s'arrêta quand il n'y eut plus d'autre solution que marcher sur l'eau pour continuer sa progression. Ce qu'elle fit : la surface du lac semblait être devenue soudain solide sous leurs pas et Ginny la suivit, ébahie, jusqu'à une petite niche creusée dans les rochers. La crevasse se prolongeait sur plusieurs mètres le long de l'eau et sa profondeur permettait de tenir assis, jambes pliées. La hauteur, en revanche, n'était pas assez importante pour que l'on puisse y cheminer debout.

- Ouah, mais qu'est-ce que c'est, ça ? s'exclama Ginny, jetant un regard derrière elles, où l'eau avait retrouvé son état liquide.

Les sons des voix s'étaient éloignés, remplacés par le murmure des vaguelettes qui venaient lécher leurs sandales, s'échouant sur la grève de pierre.

- C'est grâce au livre de Rogue, celui sur les néosortilèges informulés. En fait, il est bien plus facile de créer un sortilège sans formule, celui-là, par exemple, m'est venu tout seul par la frustration de ne pas pouvoir aller plus loin le long de cette falaise...

- Marcher sur l'eau, c'est plutôt utile !

Ginny restait abasourdie et Hermione affichait un air satisfait sans être pédant.

- Oui, je suis contente, ça fonctionne vraiment bien. Rogue n'est pas forcément inutile sur toute la ligne, finalement, ironisa-t-elle.

Un long moment passa. La couleur du ciel mutait lentement du bleu au violet et l'horizon ouest se drapait d'un dégradé irréel, passant du miel au vert. Le grand oiseau qui avait quitté son nid un moment plus tôt frôla l'étendue lisse du lac pour venir se percher plus au-dessus.

- Tu sais, c'est bien que tu ne sois plus la petite amie de Ron, en fait, lâcha Ginny.

Elle avait tourné les yeux vers Hermione, mais Hermione ne la regarda pas en retour. Elle observait la surface immobile du lac en approuvant le fait que, définitivement, quitter Ron était la meilleure décision qu'elle avait prise depuis des lustres.

- Oui, enfin, si tant est qu'on ait vraiment été ensemble un jour.

- Je pensais que vous l'étiez depuis... depuis, au moins, le début votre chasse aux Horcruxes.

- Eh bien, non. On s'est juste embrassés, tu sais.

Ginny était bouche bée.

- Oh, j'étais persuadée que...

Hermione coupa court à la discussion, sans qu'elle ne sache si c'était par lassitude ou pudeur.

- Tu voudrais bien me rendre un service ?

Après tout, elle n'était plus à cela près. Plongeant la main dans son sac de perles, elle en sortit l'une des fioles bleuâtres.

- Quand Rogue a commencé à perdre des souvenirs, c'est à dire juste après le moment où il a été sauf, j'ai récupéré un dernier fragment de mémoire que je n'ai pas eu le courage de verser dans la Pensine. Tu voudrais bien le regarder avec moi ?

Ginny avait accepté, devant son insistance et plutôt de mauvaise grâce, pour lui éviter de faire face seule à une nouvelle salve de visions funestes. Elles se faufilèrent alors jusqu'au septième étage et formulèrent leur demande à la salle, dont la porte se matérialisa entre les tapisseries.

- Hep-là ! Plus un geste, lança une voix qu'elles ne reconnurent pas immédiatement.

Derrière elles se tenait Fred, mains sur les hanches.

- Que peuvent bien farfouiller deux petites Gryffondor dans les couloirs déserts de Poudlard à une heure où elles devraient être en train de se goinfrer dans la Grande Salle ?

- Tu es pire que Peeves, soupira Hermione.

- Je suis d'accord. Bon, je veux bien me retenir de vous espionner.

Il resta immobile, un sourire figé sur sa bouche rieuse.

- Alors, qu'est-ce que vous faites ? répéta-t-il.

- Truc de filles, Fred, lâche les basques.

- Si tu t'ennuies, tu peux décourager un éventuel prétendant à la Salle sur Demande qui s'approcherait un peu trop d'ici.

Effectivement : Fred s'ennuyait. Il accepta.

- Repellum spectrum.

La pièce avait pris le même aspect que la veille, excepté le fait que seule la Pensine trônait au centre de la table centrale. Sans hésitation, Hermione y vida l'intégralité du flacon et remua légèrement le liquide évanescent.

- Il faut approcher le visage de la surface, là, on est comme happé et on se retrouve dans le souvenir. Il n'y a pas de risque, précisa Hermione, c'est comme un rêve.

- Allons-y, alors.

Elles plongèrent ensemble. Lentement, la Cabane Hurlante se forma devant leurs yeux. Le décor était très flou, presque tremblant, les couleurs restaient pâles, mal définies, vieillies. Au sol, chacune reconnut le corps de Rogue, appuyé de moitié contre un mur tapissé miteux. Par-dessus lui, Hermione, s'affairait parmi les pages du Guide du Guérisseur. Elles assistèrent alors au Sanguis Oblatus et, de l'extérieur, les vingt secondes parurent à Hermione passer bien plus vite que lorsqu'elle était au sein de l'action, le sang siphonné par le sort de transfusion. Puis le soin se termina, Rogue eut un haut le cœur et prononça le nom d'Hermione. Ensuite... rien.

- C'est tout ? lança Ginny, de retour dans la Salle sur Demande.

- Bon, tu as vu comme moi qu'on était seuls dans la pièce, je n'ai pas rêvé, il n'y avait aucun fantôme. J'ai une idée ! Viens, on y retourne.

Toutes deux replongèrent dans la mémoire tourbillonnante. Hermione regarda ses mains, sa baguette, tout était bien là. Ginny était là, également, entière et telle que dans la réalité.

- Ça doit pouvoir marcher... Legilimens ! s'exclama-t-elle.

Le souvenir se modifia totalement. Tout devint noir. Hermione se retrouva, comme elle l'avait espéré, à l'intérieur de l'esprit de Rogue, voyant par ses yeux et ne sentant plus son corps. Et ses yeux virent... les yeux de Lily Potter. Le visage de Lily Potter. Jeune, lisse, enjoué, rassurant. "Reposer, reposer à jamais dans les yeux de Lily Evans", songea-t-elle. Ou plutôt... songea-t-il. Tout était tellement rassurant et suave, tout sentait le lys, l'humidité posée sur l'herbe et le feu de bois. Le repos promettait d'être éternel et éternellement doux, dans ces yeux-là. Hermione ressentit dans sa poitrine cette vague chaude qui semble saisir le coeur quand on pense à l'être aimé. A ce moment précis, l'être aimé était Lily Potter : elle aimait Lily Potter de toute son âme. Il aimait Lily Potter de toute son âme. Elle se figura alors à quel point cet amour-là était sincère et profond. Soudain, une sensation semblable au crochet d'un crampon se saisit de son cœur et elle retrouva les sensations d'un corps vivant : la douleur, excessive, lancinante, insupportable, le battement de son pouls dans ses tempes, le goût du sang, l'odeur du sang, le sang, la vie, détestable et... l'espoir ?

Devant elle, les yeux de Lily Evans avaient été remplacés par ceux d'Hermione Granger. La plénitude de la mélancolie avait laissé place à l'étonnement.